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Chronique : La lumière lointaine des étoiles

Un huis-clos génial dans un vaisseau spatial en partance pour une nouvelle planète à coloniser afin de sauver l’humanité : Cavendish. Une intrigue d’une cohérence dingue où tout fait sens et où la tension monte, lancinante… Addictif et très réussi.

Paru en septembre 2022 aux éditions ActuSF, La lumière lointaine des étoiles est un titre de science-fiction que j’attendais avec beaucoup d’impatience. Et le voici enfin en France avec une magnifique couverture signée Zariel, et une traduction assurée de main de maître par Hermine Hémon et Erwan Devos, un couple de traducteurs qui fait son chemin dans le domaine de la SFF depuis maintenant une décennie.

Le lieu qui cristallise tous les rêves de l’humanité, à l’image d’une seconde chance : Cavendish

La Terre se meurt, et avec elle ses milliards d’habitants. La pollution fait rage depuis des décennies, et l’homme n’a pas pris assez vite la mesure des catastrophes qu’il a lui-même engendrées. Il est trop tard pour faire machine arrière et sauver la Terre… Une seule solution, quitter notre planète-mère et installer l’humanité ailleurs, si elle en a le temps. Pour cela, un premier vaisseau doit partir en éclaireur et installer la colonie nouvelle colonie… Mais ce vaisseau vient tout juste d’être volé par cinq femmes à l’âme bien trempée. Elles sont persuadées que pour sauver l’humanité, c’est par elles et uniquement par elles que le voyage pour Cavendish peut se faire. Dans un monde où les femmes sont encore et toujours des personnages secondaires, elles ont décidés de prendre les choses en main et tout faire pour sauver la Terre. A leur façon. Même si elles se mettent à dos l’humanité tout entière par le vol de ce vaisseau qui cristallise toutes les attentes.

C’est ainsi que commence un voyage hors-norme aux nombreuses révélations.

Un huis-clos haletant et réussit

Je ne dévoilerait pas plus le contenu de l’intrigue car elle est imbriquée de telle façon que tout y est cohérent, pensé et réussit jusqu’à la toute dernière phrase.
Ce que je peux vous dire avant toute chose, c’est que ça monte en puissance au fil des nombreux chapitres qui changent à chaque fois de temporalité. A chaque fois, on alterne entre les moments dans le vaisseau en direction de Mars puis de Cavendish et les moments qui se déroulent parfois des décennies avant. Mais le meilleur dans tout cela, ce sont les énormes révélations qui nous tombent dessus au fur et à mesure. Elle sont violentes, inattendues et saisissantes ! Impossible d’en voir venir certaines, et d’autres… vous n’osez même pas les imaginer.

Comment un huis-clos peut-il être aussi angoissant et passionnant alors qu’il ne réunit que cinq femmes à bord d’un vaisseau spatial ? C’est là que tout le talent de Laura Lam apparaît. Dans sa façon de nous offrir une sf féministe, originale et addictive. C’est empli de détails, de réflexions malines et de citations pertinentes… Et surtout, c’est extrêmement philosophique, si vous aimez réfléchir au concept de l’utilitarisme, ce roman devrait vous plaire, c’est certain !

Ainsi donc, voici un roman passionnant, à la construction extrêmement cohérente qui nous offre un immense sentiment de satisfaction une fois terminé. Tout trouve une réponse, et elle n’est pas toujours cousue de fil blanc… et c’est bien ça le plus savoureux. Un savant mélange de sciences, de réflexions humanistes et de suspense qui donne un roman d’une redoutable efficacité ! A découvrir d’urgence, en espérant découvrir à l’avenir d’autres roman de Laura Lam.

Chronique : U4 – Stéphane

Voici l’aventure de Stéphane, une adolescente courageuse qui va tout faire pour survivre dans une France post-apocalyptique.

La série U4 a été un énorme succès de librairie à sa sortie en août 2015. Pour rappel, il s’agit d’une série pour ados écrite par quatre auteurs français différents. Chacun d’entre eux devait donc faire évoluer son héros ou son héroïne dans une France post-apo… Les quatre histoires sont toutes indépendantes mais se recoupent (voir dans cet article dédié pour les explications plus approfondies).

Vous n’avez pas d’ordre à respecter pour lire U4. Vous pouvez lire un seul livre, ou deux ou tous, peu importe vous aurez une histoire complète. Si vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement de la saga, n’hésitez pas à consulter cet article spécialement rédigé pour l’occasion.

Comment survivre dans cette nouvelle version de notre monde ?

Stéphane est une adolescente qui vit à Lyon. Enfin… depuis le mystérieux et terrible virus qui a tué 90% de la population, on peut plutôt parler de survie. Fille d’un grand épidémiologiste, elle a un peu plus de connaissances sur le virus U4 que les autres, mais pas assez pour savoir ce qu’il s’est passé.

Ce qu’elle espère de tout cœur, c’est que son père va revenir la chercher. En attendant, la jeune femme est livrée à elle-même, se rationne, et sort le moins possible de leur appartement… Mais le danger rôde partout, même dans des visages amis. Que va bien pouvoir faire Stéphane si son père ne vient pas la chercher ? Et que cache cette mystérieuse réunion dont elle a eu vent, à Paris ? Et n’est-ce pas un voyage qui pourrait s’avérer mortel ?

Un roman post-apo terriblement efficace !

Vincent Villeminot est un auteur à la plume dynamique, acérée, et avec cet opus de la saga U4 on sent qu’il est parfaitement à l’aise. Toujours sous tension, le danger rôdant en permanence, on évolue avec précaution dans cet univers dont on ne connaît pas les codes. Tout ce que l’on sait, c’est que Stéphane va être amenée à rencontrer Jules, Yannis et Koridwen et qu’à eux quatre, ils peuvent changer les choses.

Mais comment ? Quelle fin peut être possible pour Stéphane ? Car il y a une chose essentielle à retenir : chaque fin est différente dans U4, et c’est justement ce qui en fait toute la saveur. Les quatre personnages principaux sont liés, mais pas dépendants les uns des autres au point de vivre la même fin ! (Pour ceux qui auraient lu la fin de Koridwen, que je trouve la meilleure de toutes, ils comprendront).

Ainsi, entre road-trip et roman post-apo 100% survivaliste, on se plonge sans réserve dans l’univers âpre et cruel de U4. Stéphane y est un personnage intéressant car très indépendant mais fragile, sans jamais le montrer à quiconque.

Enfin, le fait qu’elle ai une vision différente des autres sur le virus nous fait découvrir des pistes de réflexions intéressantes !

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En somme, l’histoire de Stéphane est très intéressante. Pleine d’action, de moments parfois durs (j’ai vraiment eu peur pour elle à certains passages…) et cruels, on découvre une héroïne simple mais forte, crédible. Même si j’avoue avoir préféré l’histoire de Koridwen, j’ai beaucoup aimé la partie de Stéphane. Il est certain que je lirais les autres aventures de la saga U4, il me reste Jules et Yannis.

Chronique : Dossier Alexander – Tome 1 – Illuminae

Un roman à la narration extrêmement originale et à l’intrigue addictive ! Bienvenue à bord du vaisseau Hypatia, en plein voyage galactique… mais qui risque de ne pas arriver à bon port…

Lors de la parution du premier tome de la série Dossier Alexander, ce fut l’effervescence. Beaucoup de blogs en parlaient, il y a eu un énorme bouche à oreille autour d’Illuminae… A juste titre ? Je dirais que oui, tant le mélange de genres est captivant et détonnant.

C’est ainsi qu’est paru Illuminae en septembre 2016, aux éditions Casterman. Énorme travail éditorial et de mise en page, ce roman est particulier à de très nombreux égards. C’est un monstre de plus de 600 pages que vous avez entre les mains.

Cet ouvrage ambitieux est écrit par Jay Kristoff (auteur de la saga de fantasy asiatique La guerre du Lotus chez Bragelonne) et Amie Kaufman, auteure du roman YA Vertige chez La Martinière.

Quand un lobby fait tuer des centaines de personnes

Tout commence par une fusillade par l’entreprise BeiTech sur des civils installés sur une planète colonisée depuis des années, mais isolée. C’est ainsi que la jeune Kaddy se voit embarquer en urgence sur l’Hypatia pour fuir la planète…

Son ex-petit ami depuis cinq minutes à peine – Ezra – a quant à lui réussit à embarquer sur l’Alexander. Ce qu’ils ne savent pas encore c’est qu’ils vont continuer à être poursuivis par BeiTech à travers l’espace… Et que l’IA (Intelligence Artificielle) qui gère l’Alexander est en train d’agir de façon extrêmement inquiétante au fil des heures…

Aussi inclassable que génial

Si l’on devait absolument cataloguer Illuminae, ont pourrait dire que c’est un mélange de SF militaire, de romance, d’aventure, de piratage et de survie. Tout ça mélangé de façon adroite et ultra-addictive.

Car l’expérience Illuminae est loin de se limiter à un simple roman. Vous avez une foule d’informations diverses qui rendent la dimension de lecture supérieure à ce que vous avez déjà pu lire (tout ça sans supplément numérique) : rapports, schémas, échanges mails, décomptes, calculs de trajectoires…

On pourrait croire que ces différentes formes de narrations sont trop décousues ou difficiles à appréhender, mais il n’en est rien. Je vous laisse juge avec les quelques photos intérieures que j’ai prises, mais je trouve le tout très réussit, tant au niveau graphique que narratif.

En très peu de pages, ont comprend vite les enjeux et la terrible injustice qui est en train de se dérouler sous nos yeux. Reste à savoir comment Ezra et Kaddy vont s’en sortir, (si ils s’en sortent) alors qu’ils sont dans deux vaisseaux différents aux caractéristiques diamétralement opposées.

Mais outre l’intrigue, l’ambiance constamment tendue du roman nous met à rude épreuve. En particulier le personnage de l’IA : AIDAN. Elle est absolument flippante, et ça ne s’arrange pas au fil des pages… Sans oublier la course-poursuite à travers l’espace qui met en danger les deux vaisseaux. Et aussi… le virus Phobos qui sévit un peu plus tard dont je ne peux malheureusement pas développer les caractéristiques (trop bien décrites que c’en est inquiétant).

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Si je ne vous ai pas convaincue avec cette chronique, je n’ai plus qu’une chose à ajouter : faites-moi confiance. Illuminae est un excellent roman YA dont la fin vous surprendra. Les personnages y sont tellement réalistes qu’ils prennent corps à la lecture, pour le meilleur et parfois pour le pire… Quoi qu’il en soit, ce roman est tout à fait mémorable ! A lire dès l’âge de 15 ans minium.

Chronique : Cendres et Rouge

Cendres et rougeUn roman inclassable, où l’on assiste à une descente aux enfers… dans un pays mystérieux où sévit un singulier virus

Premier roman de Pyun Hye-young à paraître en France, Cendres et rouge est sorti en 2012 aux éditions Picquier. Depuis, un autre de ses ouvrages est paru en 2015 aux éditions Decrescenzo : Dans l’antre d’Aoï Garden.

Dans ce récit, nous découvrons le pays C, qui ressemble à n’importe quel autre à notre époque, mais dont les normes sociales et tout ce qui fait le quotidien ont totalement disparus à cause d’un mystérieux virus… C’est à la loi du plus fort qu’il faut se soumettre dans le pays C.

Un job de rêve pour qui a de l’ambition ou un talent d’exterminateur…

La seule caractéristique positive de T-K, c’est sa capacité à tuer… des rats. Il n’y a pas meilleur que lui. Il n’a pas peur de les écrabouiller ni de se salir, ou même d’entendre leurs couinements d’agonie. Il est même capable d’arracher votre sac à main et de l’envoyer s’écraser sur un rat si il en voit un.

Et étonnamment, cette qualité d’exterminateur de nuisibles n’est pas passée inaperçue aux yeux de son employeur… A tel point que c’est T-K qui est choisi pour le merveilleux poste que tout le monde convoite. C’est ainsi qu’il est rapidement muté dans le pays C.

Mais rien ne va se passer comme prévu… Ce qui devait se présenter comme l’occasion de démarrer une nouvelle vie loin de ses odieux collègues et de son ex-femme va vite tourner au cauchemar éveillé. Vous pensez que le début de cette histoire et bien sombre ? Vous n’avez pas vu la suite…

Un récit sombre qui ne laisse que peu de place à l’espoir ou à la beauté

Etrange que ce roman coréen, son ambiance est sombre, sale, glauque et malgré tout, ça ne le rend pas inintéressant, bien au contraire ! Le pays de C est aussi mystérieux que précaire, et le moindre indice lâché par l’auteur nous donne envie d’en savoir plus tant l’information est distillée.

De même, le personnage de T-K est tout aussi étrange. Nous avons beau être au cœur de sa psychologie, il nous reste très ambivalent, étrange, parfois même totalement illogique. On assiste à toutes ses réflexions face à l’adversité : tantôt lâche, tantôt très avide de subsister férocement par tous les moyens, il est très difficile à cerner.

T-K est même si égoïste parfois qu’il est difficile de s’attacher à lui, il n’est pas le genre de personne à laquelle on repense avec affection. Peut-être est-ce pour cela qu’il n’est guère apprécié de ses collègues, et on les comprend peu à peu… Mais de là à penser qu’il mérite ce qu’il va endurer tout au long du roman, il y a tout un monde !

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En fait, Cendres et rouge est un roman sinistre et absolument inclassable. On apprécie avant tout son atmosphère délétère, et apocalyptique concernant le pays de C, où se déroule la majorité du livre.

Cependant, l’histoire s’articule à certains moments de façon assez désordonnée et nous laisse un sentiment d’inachevé qui persiste à la fin de l’ouvrage. En somme, c’est un roman unique, singulier mais à réserver à ceux qui aiment les histoires inattendues et aux fins très ouvertes…

Chronique : In the After – Tome 2 – In the End

In the EndSuite et fin d’un récit post-apocalyptique détonnant !

Paru en avril 2015, In the End est le second et ultime tome de la première série de Demitria Lunetta. Diaboliquement efficace, le premier tome avait su nous entraîner dans un univers happant et dangereux où le moindre son pouvait s’avérer mortel pour qui le produisait… Et le moins que l’un puisse dire, c’est que la dynamique de ce second roman ne se relâche pas !

Encore beaucoup de questionnements malgré les révélations qu’Amy a mis à nu…

L’héroïne charismatique qu’est Amy remet le couvert immédiatement après avoir trouvé ce qui ressemblait pourtant à un endroit sûr. En effet, le Dr Reynolds n’était pas ce que l’on peut appeler une bonne âme, et les machinations qu’il a fomenté contre Amy on faillit lui coûter sinon la vie, au moins la raison. C’est ainsi qu’elle a très rapidement quitté New Hope, en y laissant celle qui compte plus qu’une sœur pour elle : Baby.

Pour Amy, direction Fort Black, une ancienne prison devenue un lieu de survie où règne la loi du plus fort. C’est là-bas qu’elle découvrira peut-être les réponses qui lui manquent au sujet des créatures qui tuent les humains… Mais aussi concernant les étranges marques présentes dans le cou de Baby. Les indices sont là-bas.

Mais la jeune femme risque plus que sa peau à Fort Black, où une société violente et machiste s’est imposée comme étant la normalité, elle va devoir s’incliner sous le joug masculin si elle veut pouvoir tirer son épingle du jeu… du moins en apparence.

Accrocheur, efficace et violent

Pour ce tome, il vous faudra avoir le cœur bien accroché car certaines scènes au sein de Fort Black sont révoltantes. Le sexisme est quotidien, le harcèlement à tous les niveaux également, Amy est heureusement un personnage charismatique qui n’a pas froid aux yeux… mais on a peur pour elle.

Demitria Lunetta joue énormément sur la tension de nombreuses scènes. Elle manie les twist avec habileté et on se prend au jeu en quelques pages. Certains passages on leur lot attendu de révélations, mais on se laisse porter avec plaisir dans l’intrigue de In the End.

Seul défaut notable selon moi : l’échelle d’action d’Amy reste trop restreinte, elle ne s’occupe que de son petit monde qui est constitué de Baby… et d’elle-même. Le reste du monde passe un peu trop au second plan. On aurait aimé avoir une vision plus générale du monde en ruines laissé par les créatures monstrueuses de cet univers. Nous avons eu le pourquoi et le comment, mais pas de réelles réponses sur l’après et les survivants de façon plus précise. Mais je vous rassure, c’est l’une des seules frustrations apportées par l’histoire. Le reste, c’est de la bombe !

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Ce cycle en deux tomes était une première pour Demitria Lunetta qui se lançait dans le monde de l’écriture et du young-adult. Ses deux premiers romans font preuve d’une très grande efficacité, c’est un quasi sans fautes ! Autant dire cette auteur américaine est à surveiller de très près et n’a pas fini de nous étonner…

Chronique : É-Den – Tome 2 – La Traque

E-den 02A la découverte d’un monde déchu par un (ou plusieurs ?) mal mystérieux…

Second opus de la trilogie éponyme, La Traque permettra à son lecteur d’explorer comme jamais auparavant la Terre. Nous avions déjà eu un aperçu des dégâts dans le premier tome, mais ici, c’est encore plus visible, plus prégnant. En route donc sur le macadam désert de ce qu’il reste des États-Unis avec E-Den et ses compagnons d’infortune, la jeune fille recherchant toujours son père.

La saga est écrite par Élodie Tirel, une auteur française passionnée d’imaginaire qui a une incroyable quantité d’ouvrages à son actif : Mémoris, L’elfe de Lune, Zâa… pour ne citer qu’eux ! Le premier tome de la série É-Den a remporté le Prix Pierre Bottero 2015 du meilleur roman.

Le vrai voyage ne fait que commencer…

Vous pensiez voir É-Den enfin au bout de ses peines après ce terrible voyage à travers les différentes strates de la cité souterraine de Renaissance ? Il n’en est rien, au contraire, l’expédition débute réellement maintenant.

La Terre est devenue hostile, et ce qui a survécu à sa surface l’est tout autant… infectés assoiffés de sang, hommes de l’armée, survivants solitaires et dangereux… les dangers sont encore et toujours innombrables. C’est dans cet univers post-apocalyptique qu’évoluent É-Den et Siméon ainsi que le petit racureuil Snoop. Vont-ils s’en tirer ? É-Den parviendra-t-elle à trouver son père ?

Toujours aussi efficace

Une foule d’événements sont au rendez-vous dans ce second opus, et surtout beaucoup de situations de crise à gérer pour É-Den. Pour ne citer qu’eux, elle va croiser : un prédicateur fou, des survivants aux intentions louches, des infectés étranges… et cela sans oublier que sa mère est désormais partie à sa recherche. Bien entendu, la petite troupe qui se constitue au fil des pages va aussi faire de belles et émouvantes rencontres.

On retrouve ici les mécanismes qui avaient fait l’efficacité du premier ouvrage. Certaines sont un peu trop bien-pensantes à mon goût, mais cela est contrebalancé par la dureté de l’univers d’É-Den.

Les cent dernières pages en particulier sont d’une belle efficacité, on découvre quelques pistes possibles sur la raison qui créé les infectés… et le tout est très bien mené. J’ai en particulier apprécié le passage avec les enfants de l’orphelinat et leur façon d’être, de se mouvoir, de parler… ils sont bien effrayants.…..

Pour ceux qui ont apprécié Les survivants, La traque devrait leur plaire tout autant. Tout y est : de l’action, un peu d’émotion, de nouvelles rencontres, de nouvelles formes de danger… ! A lire dès l’âge de 13 ans environ.

Affaire à suivre avec la suite et fin de la saga : Les mutants (paru en mai 2015).

Chronique : Plus de morts que de vivants

Plus de morts que de vivantsLe roman ado le plus trash de l’année !

Guillaume Guéraud est un auteur français pour les adultes et la jeunesse. On lui doit une foule de romans pour tous les âges et dans tous les genres : Déroute sauvage (Doado Noir), La brigade de l’œil (Folio SF), Anka (Rouergue), King Kaloumar (Sarbacane)… et une foule d’autres livres encore !

Avec Plus de morts que de vivants paru en mars 2015, Guillaume Guéraud signe un ouvrage magnifiquement sanglant. Il y en a partout, c’est furieusement brutal et ça se dévore…

Une touffe de cheveux qui tombe, quelques boutons qui grattent… ou les prémices d’une hécatombe

Les signes étaient extrêmement ténus, impossible pour qui que ce soit de deviner ce qui allait se passer dans moins d’une heure au collège Rosa Parks à Marseille. Et pourtant de qui va suivre va s’avérer être un véritable carnage.

Corentin, Yasmina, Slimane, ou encore Lila ne savent pas ce qui va leur tomber dessus, mais personne n’a été préparé à cela. Que ce soient les élèves, les professeurs et même les plus hautes instances du gouvernement, nul ne sait réellement ce qui se passe au collège Rosa Parks. Tout ce que l’on peut constater c’est que de plus en plus d’élèves meurent dans des circonstances extrêmement sanglantes… et douloureuses.

Ça va saigner ! (et c’est bien)

A peine démarré, tout de suite immergé. Plus de morts que de vivants (titre très éloquent soit dit en passant) est un page-turner à la française chargé d’hémoglobine et de tensions. Le récit se partage entre les faits se déroulant dans le collège et les dialogues à faire froid dans le dos entre le proviseur dépassé par la situation et le Rectorat puis plus tard d’autres instances gouvernementales.

Dire que l’on est absorbé par ce roman est encore en dessous de la réalité. Les premiers chapitres sont tellement surprenants et surréalistes qu’il est impossible de décrocher après un début pareil.

Les chapitres sont courts, extrêmement efficaces. Constamment sous tension et surchargés d’hémoglobine, ils dopent la lecture. Bref, l’atmosphère du Collège Rose Parks devient très vite irrespirable… pour notre plus grand plaisir.

Vous aurez beaucoup de questions durant cette lecture : d’où vient cet étrange mal ? Comment va-t-il se gérer par les autorités ? Les ados que l’on suit depuis le début du récit vont-ils survivre ? Y a-t-il des gens immunisés ? Cette hécatombe va-t-elle durer longtemps ? Et encore, ce n’est qu’une petite partie de ce qui pourra vous passer par la tête.

Mais outre du sang, vous aurez également quelques beaux moments d’émotion : un garçon qui veut protéger son petit frère à tout prix, un couple d’ados qui s’aiment tellement qu’ils ne se quitteront jamais, un élève récalcitrant qui se découvre un courage insoupçonné… C’est aussi dans l’adversité que l’on trouve les plus beaux gestes de l’homme, et cela quel que soit son âge. Mais… peut-être aussi le pire ?

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Bon, que faut-il vous dire de plus pour que vous fonciez chez votre libraire découvrir cette petite merveille ? Vous n’avez plus aucune raison de ne pas vouloir vous procurer ce roman, sauf si vous êtes une âme sensible… ou que vous avez la phobie des contagions… A lire d’urgence dès l’âge de 15 ans !

Chronique : U4 – Koridwen

U4 KoridwenUn virus, un MMORPG, et une quête entre réalité et légende…

U4, c’est la saga pour adolescents à ne pas louper lors de cette rentrée 2015. A l’écriture, vous retrouverez 4 auteurs majeurs de la littérature de l’imaginaire français : Yves Grevet, Carole Trébor, Vincent Villeminot et Florence Hinckel.

Chacun développe son personnage à travers un roman, et ce dernier interagira avec les trois autres créés, le tout sur fond post-apocalyptique. Un travail titanesque pour les quatre auteurs, mais pour nous lecteurs, ça promet d’être une lecture très intense !

Enfin, il vous faut savoir deux choses : il n’y a pas d’ordre de lecture pour U4, et chaque ouvrage possède une vraie fin, unique et différente des trois autres tomes.

Vous connaissez peut-être déjà Yves Grevet pour ses sagas Méto et Nox, toutes deux d’une terrible efficacité. L’un de ses derniers ouvrages en date s’intitule Celle qui sentait venir l’orage.

Ainsi, vous pouvez commencer indifféremment par Jules, Koridwen, Stéphane ou Yannis. Nous avons personnellement décidé de débuter par l’héroïne d’Yves Grevet, d’origine bretonne : Koridwen, dont l’histoire est teintée de folklore et de légendes celtiques.

Des cendres de l’humanité ne restent que des adolescents, seuls survivants du virus U4

Le virus U4 a fait des ravages à travers le monde en extrêmement peu de temps. Les seuls survivants de cette pandémie sont les adolescents. Adultes, enfants, personnes âgées… ils ont tous succombé de façon expéditive.

Les ados survivants sont soit isolés, comme Koridwen (elle se trouve dans la campagne Bretonne), soit en bandes plus ou moins organisées et dangereuses. Les grandes perdantes de ce bouleversement étant les jeunes femmes : le patriarcat fait très rapidement des ravages dans cette nouvelle société. Les filles se doivent de trouver un protecteur si elles ne veulent pas subir de nombreux harcèlements… ou bien être très fortes et s’imposer.

C’est le cas de Keridwen, forte tête, qui pour le moment a réussi à survivre en autosuffisance avec ses vaches et ses provisions. Elle est la dernière survivante de son hameau et a enterré tous ses voisins, morts les uns après les autres.

Mais la donne va changer lorsque qu’elle va recevoir un étrange mail, juste avant que l’électricité ne soit coupée en tout lieu. Ce message provient du jeu Warriors of Times, auquel elle était accro avant que le virus ne se propage, sa signification a beau être étrange, elle motive Koridwen comme jamais. La lettre que lui a laissée sa grand-mère avant de mourir est également très nébuleuse et semble avoir un lien avec la pandémie et Koridwen. Elle a un destin, et elle se doit de l’accomplir. C’est ainsi qu’elle récupère son cousin Max, prend le tracteur familial et décide de se rendre sur Paris. Un long voyage dangereux et semé d’embuches commence…

U4 LogoStressant et haletant, un récit dont on ressort essoufflé

Du pur roman de survie, voilà ce qu’est U4. Avec le personnage de Koridwen, on découvre ce que c’est que d’avoir peur pour sa vie à chaque rencontre, chaque coin de rue, à chaque naissance d’une amitié…

La tension est constante, elle vous environne sans jamais vous lâcher… et les rencontres que va faire la jeune femme ne vont pas aider à la tranquillité d’esprit… A qui faire confiance sur la route ? Qui éviter ? Ou même tuer ?

Rationnement, gestion drastique du quotidien, prévoyance, psychologie, être une survivante solitaire est certainement ce qu’il y a de plus dangereux dans le nouveau monde de Koridwen. Tiraillée entre les événements tangibles auxquels elle fait face et les croyances ancestrales dont sa grand-mère l’a bercée, la jeune femme est aussi déterminée que perdue. Elle voit des signes dans tout ce qu’elle voit et entend. Prend-elle ses désirs pour des réalités ou y a-t-il réellement quelque chose ?

Quoi qu’il en soit, il est difficile voir impossible de ne pas s’immerger entièrement dans les ressentis et sensations de Koridwen. On se laisse emporter immédiatement par l’urgence des très nombreuses problématiques qui se posent…

Et l’écriture à quatre mains dans tout cela ?

Etant donné qu’il s’agit de ma première lecture dans la saga U4, il n’est pas aisé de se rendre compte de tous les efforts mis en œuvre par les quatre auteurs. Cependant, on voit les indices concernant la mise en place de certains personnages et situations, et c’est intelligemment amené. De plus, le calendrier mis en place comme chapitrage est une bonne façon de remarquer les crossover. Il pourrait être intéressant de lire deux passages se déroulant à la même date, mais de deux points de vue différents, voir trois… ou quatre ! Ce n’est qu’en lisant toute la saga que l’on pourra réellement se rendre compte du travail monstrueux que cela a impliqué.

Plus on avance dans l’œuvre, plus Koridwen interagit avec les autres : Yanis, Stéphane et Jules. On sait ce qu’elle pense d’eux, et on n’a qu’une hâte découvrir leur psychologie de l’intérieur à travers les trois autres romans !

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Cette première incursion dans l’univers dévasté de U4 était très intense. La lecture se fait sans heurts, d’une fluidité telle qu’il peut quasiment se lire d’une traite. La fin de l’histoire de Koridwen se suffit à elle-même, mais pousse également le lecteur à vouloir découvrir l’issue qui attend les trois autres héros de la saga. Alors, c’est parti pour une nouvelle descente en enfer avec Stéphane.

Actualité éditoriale : U4, le phénomène de la rentrée littéraire ado

U4 PrésentationC’est l’événement de la rentrée ado 2015 : U4. Une série de quatre romans écrits à quatre mains par des auteurs jeunesse et ado français reconnus pour leur travail et leurs œuvres. Une série écrite à quatre, c’est du jamais vu sur la scène éditoriale… d’autant plus qu’ils sortent en simultané le 27 août 2015 !

Tout a commencé lors d’un salon littéraire, Yves Grevet (Méto, Nox), Florence Hinckel (#Bleue, Mémoire en mi, Hors de moi), Vincent Villeminot (Instinct, Réseaux) et Carole Trébor (Nina Volkovitch) se sont lancé le pari d’écrire à quatre… pour plaisanter au début, mais le projet a très rapidement été concrétisé. Et au vu du travail de chacun, cette série va faire d’énormes vagues !

Les auteurs avaient particulièrement à cœur de travailleur avec leurs éditeurs respectifs à savoir Nathan et Syros, ce sont ainsi des livres coédités qui vont paraître sous le nom de Syros/Nathan.

U4 StéphaneMais alors U4, qu’est-ce que c’est ?

Ce sont quatre romans qui se lisent tous indépendamment et écrit de quatre points de vues très différents, tous à la première personne. Tout commence au mois de novembre, en Europe. Cela fait une dizaine de jours que le virus U4 sévit. Les morts se comptent par millions… et seuls les adolescents entre 15 et 18 ans semblent y survivre (ainsi que quelques rares et riches adultes).

A priori, nos quatre personnages n’ont rien en commun : l’un vit à Marseille, l’autre en Bretagne, l’une encore à Lyon ou encore à Paris. Et pourtant… ils jouent tous à un jeu en ligne nommé Warriors of Time. Et tous reçoivent un étrange message du jeu-vidéo qui leur annonce qu’ils peuvent peut-être empêcher la catastrophe biologique d’arriver en allant dans le passé s’ils se rendent à Paris avant le 24 décembre prochain.

C’est ainsi que Koridwen (de Bretagne), Yannis (de Marseille), Jules (de Paris) et Stéphane (de Lyon) décident d’aller au point de rencontre… mais pour des raisons extrêmement différentes. Chacun va faire des rencontres uniques et arrive avec un lourd passé.

U4 AuteursComment écrire à quatre mains ?

Les auteurs (cf photo ci-contre) l’avouent eux-mêmes : U4 a été aussi plaisant à créer que complexe à mettre en place. Ils s’étaient posé de nombreuses contraintes : calendaires, météorologiques, rédactionnelles (comme le temps présent et à la première personne qui devait être utilisé par tous pour plus de cohérence)…

De plus, ils s’étaient mis d’accord pour que leurs romans fassent tous à peu de choses près la même taille (un peu plus de 400 pages tout de même !), il y avait donc également une contrainte de densité de texte.

Au début de l’aventure, chacun a écrit le premier tiers de son roman tout seul, puis quand est venu le moment d’entrecroiser les personnages et leurs bagages, la donne a changé. Ils se sont d’ailleurs réunis tous les quatre dans un maison d’auteur à Marseille pendant une semaine et ont échangé pendant des heures sur le moindre détail.  En somme, écrire à quatre mains, c’est mettre quatre fois plus de temps (voire d’avantage !) pour écrire, d’autant que la perception du personnage de chacun n’est pas évidente à retranscrire pour l’autre, surtout quand ils se rencontrent (vous me suivez ?). Et le moindre petit objet peut prendre toute son importance, tout dépend de qui décrit la scène…

U4 YannisPourquoi un univers post-apocalyptique ?

Il y a plusieurs raisons avancées par les auteurs. L’une d’elle est qu’en effet, le post-apocalyptique séduit toujours son public. Personnellement, j’adore voir se débrouiller des ados qui sont dans la mouise jusqu’au cou… Alors quand il y a un virus mortel qui sévit, pas d’eau potable ni électricité et qu’une aventure aux allures de road-trip nous est promise on ne peut qu’être impatient de voir ce que ça va donner sur le fond.

L’autre raison est assez simple, mais il fallait y penser. Chacun des auteurs d’U4 a son propre univers de prédilection, Carole Trébor est plus sur de l’historique, d’autres sont plus sur la psychologie etc. Le plus simple pour avoir des bases d’écritures communes était de tout détruire. En effet, avoir des ruines pour décor facilite les choses.

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U4 LogoVous l’aurez compris, U4 est un bel enjeu éditorial qui mérite qu’on s’y intéresse fortement tant pour son intrigue accrocheuse que pour le nom des auteurs qui l’ont créé. C’est tout simplement exceptionnel de voir un tel projet éditorial et humain voir le jour et je suis totalement enthousiaste à l’idée de découvrir ce nouvel édifice littéraire.

Les chroniques sont à venir prochainement sur le site, et n’oubliez pas la date fatidique : le 27 août 2015 !

Chronique : Le Dernier Jardin – Tome 2 – Fugitive

Le dernier Jardin 02Un dangereux road-trip dans les Etats-Unis dévastés du futur…

Second roman de Lauren DeStefano à paraître en France, Fugitive est également le deuxième tome de sa saga Le Dernier Jardin. L’ouvrage est paru en août 2012 aux éditions Castelmore, le label ado des éditions Bragelonne.

Toujours aussi addictif et violent

Suite directe du premier tome, nous suivons les pas de Rhine, tout juste enfuie de sa prison dorée où elle était censée finir ses jours et enfanter. Elle a pu s’évader in extremis avec Gabriel, un jeune serviteur du domaine dont elle est tombée amoureuse… La fuite était sa seule chance de survie quand on sait la fascination qu’a son beau-père pour ses yeux et qu’il était prêt à la disséquer pour en percer le mystère.

Mais à peine le rêve d’évasion se concrétise-t-il, que déjà de nouveau dangers surviennent. Le monde dont Rhine a été isolée est toujours aussi violent et cruel que jamais, comme vont le prouver les lignes qui suivent.

D’une prison vers une autre….

A peine commençons-nous à respirer pour Rhine et Gabriel que déjà le jeune couple retombe entre les griffes de personnes peu recommandables. Au lieu d’un manoir aseptisé, c’est un cirque glauque où les plaisirs de la chair sont omniprésents. Entre drogues pour oublier leurs conditions d’esclave et autres substances peu recommandables, Rhine se pose encore une fois comme une victime.  Alors saura-t-elle faire les bons choix pour retrouver son frère et la maison de leurs parents décédés ?

Le mot de la fin n’est pas pour tout de suite !

Ce second tome a beau être aussi crispant et hypnotique que le premier, on ressent une légère lassitude à sa lecture car il donne l’impression de tourner un peu en rond.

On retrouve à peu près les mêmes ficelles que dans le premier tome : la notion d’enfermement, de manipulations de la vérité… Seul le décor change en fin de compte. Et le terrible Vaughn (son beau-père malgré sa volonté) est remplacé par la matrone qui aime se faire appeler Madame et prostitue toutes les pauvres filles qui tombent sous sa coupe.

On reste cependant en alerte tout le long du récit, en particulier lors des cinquante dernières pages qui sont riches en révélations aussi bien sur le passé que sur le futur…

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Cette suite est donc satisfaisante même si elle tombe dans quelques pièges faciles. On aurait apprécié découvrir plus largement l’univers dévasté de Rhine qui n’est encore qu’à l’état d’esquisse même si on en comprend les enjeux. Une explication plus creusée des motivations concernant les anti-remède au virus aurait apporté plus de cohérence à ce monde en plein délitement.

Le remède au virus n’est toujours pas trouvé, mais quelques pistes intéressantes s’ouvrent à nous…  On a hâte d’avoir le mot de la fin après plus de trois ans d’attente, le dernier tome s’intitule Rupture.

Dans la même série (cliquez sur l’image pour lire la chronique) :

Le dernier jardin 01