On ne présente plus (si ?) Tade Thompson, auteur reconnu dans le monde de l’imaginaire notamment avec sa trilogie de Wormwood (J’ai Lu). Il est initialement psychologue, métier qu’il exerce en Angleterre, mais Tade Thompson a grandi au Nigéria. Il a remporté les prestigieux Prix Nommo en 2018 et Julia Verlanger en 2019.
La survie de Molly Southbourne fait directement suite aux Meurtres de Molly Southbourne, il est indispensable d’avoir lu le précédent pour profiter pleinement de l’intrigue.
De retour dans le monde des Molly
Nous laissons Molly où nous l’avions laissée à la fin de la précédente novella, un téléphone à la main devant une maison en flammes. Charge à elle de trouver un nouveau sens à sa vie qui semble constamment en danger, mais pas forcément à cause de ce que l’on croit…
Une suite en demi-teinte
Moi qui avait été subjuguée par le rythme, l’originalité et la douce violence des Meurtres de Molly Southbourne, cette seconde novella m’a quelque peu déçue.
Je n’ai pas retrouvé cette ambiance à la fois étrange et malaisante du premier tome. Les questions que l’on se posait sur l’origine des Molly vont trouver certaines de leur réponses, mais au final il est parfois préférable de conserver le mystère… Trop de révélations déflorent l’ambiance. On sait maintenant à quoi s’attendre, l’effet de surprise a disparu et il est plus difficile selon moi d’entretenir cette atmosphère qui était si plaisante…
Bien entendu, l’intrigue reste intéressante, mais je n’ai pas réussit à m’y intéresser autant que dans le premier ouvrage. Pour moi, Les meurtres de Molly Southbourne se suffit amplement à lui-même. J’ai d’ailleurs déjà commencé à oublier les tenants et aboutissants de ce second opus… c’est dire.
Malgré cette suite dispensable, on retrouve l’écriture simple et efficace de Tade Thompson et il faut avouer que ça fait plaisir. Cela n’est cependant pas suffisant pour en faire un texte percutant. Dommage !
Le premier tome, qui pour moi se suffit largement à lui-même.
De l’aventure, un robot chien qui miaule… et un mystérieux amas de… robules ?
Delphine Gosset est une autrice française qui commence tout doucement à se forger un nom. Robules est sont troisième ouvrage il est paru fin 2021 chez Alice Jeunesse. Ses deux précédents ouvrages sont parus aux éditions Lucca, un éditeur spécialisé dans la vulgarisation pour la jeunesse.
De l’aventure sur fond de technologie…
Hator et Phocus ont disparu dans des conditions très étranges, c’est ainsi que leur frère et leur sœur ainés partent à leur recherche sans prévenir le moindre adulte… Mais ce qui devait être une petite aventure sans conséquences va se révéler beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît… Et surtout étrange ! Vous aimez les jeux-vidéos ? La technologie ? Les chiens-robot ? Cet ouvrage est fait pour vous !
Une intrigue originale et bien écrite
Robules est un roman parfait pour les 9/11 ans qui ont soif d’originalité et d’aventure… Dans le paysage éditorial si fade parfois, Robules fait office de petit bonbon acidulé et original que l’on croque avec plaisir.
L’histoire en elle-même n’est pas révolutionnaire, mais c’est surtout sa mise en œuvre et son univers qui m’ont convaincue. En effet, Robules prend place dans un lieu inattendu, avec des personnages qui le sont tout autant… Et d’ailleurs, c’est quoi ces robules ? Je ne vous dirait RIEN. Lisez ce roman ou faites-le lire à de jeunes lecteur.ices, il a tout pour plaire…
Autre argument en sa faveur : l’écriture. Delphine Gosset écrit bien, avec style et en plus de tout cela : c’est extrêmement fluide à lire… Elle réussit en outre à parfaitement équilibrer la partie aventure/suspense et le ton humoristique et parfois décalé.
Pour ce qui est de la partie technologie, les enfants se plongeront avec curiosité dans cet univers coloré et étrange. On y parle Intelligence Artificielle (IA), robots aux programmes avancés, jeux-vidéos, nanotechnologie… le tout avec simplicité.
Ah, et si vous vous demandez quelle est cette créature bizarre que l’on voit en bas de couverture, c’est bien un chat. Mais il s’est fait manger les oreilles… donc il ressemble à une loutre ! Pourquoi ? Et bien, là aussi, je vous invite à lire l’ouvrage… c’est un petit régal ! (pas les oreilles de chat, le livre).
Que dire de plus sur Robules si ce n’est que ce fut pour moi un petit coup de cœur. Il y a pléthore de romans pour la tranche d’âge des 9/11 ans. Tant que je les regroupe souvent en mini-chronique, certains n’ayant pas assez de particularités pour en parler dans un article complet. Ici, Robules a su détonner quelque peu dans cette production très souvent linéaire et trop bien cadrée… Il mérite qu’on s’y attarde et c’est l’occasion au passage de découvrir une autrice à surveiller…
PS : Toutes les illustrations sont réalisées par Julie Staboszevski, et je les trouve absolument parfaites pour ce roman !
Cassandre Lambert est une autrice française, L’antidote mortel est son premier roman. La suite, Le casque maléfique est également sorti en librairie. Ces deux romans nous offrent donc une intrigue complète de fantasy aussi dense qu’originale qui saura plaire aux fans de young-adult et d’imaginaire… Les deux ouvrages sont parus chez Didier Jeunesse en 2021.
A la découverte d’un royaume au sommet de sa gloire… vraiment ?
Nous voici dans le royaume du Grand Nord, plus précisément à Sienne, dans le palais royal, où nous allons faire la connaissance de la princesse Whisper… Mais de princesse, elle n’a que le titre, elle qui sert de pantin et de monnaie d’échange à son père le cruel roi Salomon. Le royaume semble prospère, mais il est en réalité en pleine déliquescence à cause de la gestion douteuse qu’en fait le roi… Et c’est encore pire depuis que la reine, aimée de tous est extrêmement souffrante.
Ailleurs, nous découvrons un jeune homme prénommé Jadis, aux marques de naissances qui effraient tous ceux qui le croisent. Sa tante va lui donner une mission bien étrange, livrer un coffret contenant un antidote pour la reine malade alitée depuis des années. Comment sa tante peut-elle posséder un tel trésor et pourquoi le missionner seul pour cette dangereuse quête ?
Un autre lieu encore, nous y découvrons Eden, une jeune femme qui n’a plus rien à perdre et qui décide de se fixer un dernier objectif avant de mourir. Tuer le roi et sa famille, une vengeance à la hauteur de ce qu’elle a subit…
Trois personnages très différents, trois destins qui n’ont rien en commun en apparence, mais peu à peu, les fils de l’intrigue se tissent et nous donnent un tableau plus complexe qu’il n’y paraît…
Une lecture plaisante à l’univers dense et bien creusé
Pour un premier roman, j’ai été très agréablement surprise par la plume de Cassandre Lambert. L’autrice ouvre quantité de sujets et réussi à tout clôturer et traiter sur l’ensemble des deux tomes, ce qui n’était pas forcément chose aisée.
Les personnages sont nombreux, mais elle réussi à tous leur apporter un petit quelque chose qui les rend si particuliers… et surtout, l’univers est dense. D’un point de vue géographique premièrement : il y a une petite carte en début d’ouvrage, et elle va nous servir tout au long des deux tomes, elle n’est pas là pour faire joli comme dans certains ouvrages… Vous aller voyager dans toutes les contrées mentionnées sur cette petite carte, alors accrochez-vous !
Secondement, ces deux tomes sont également dense en termes géopolitiques. L’autrice a instauré toute une mécanique autour des quatre îles qui tiennent grâce à des arrangements que l’on découvre peu à peu…
Troisièmement, les deux tomes de cette saga sauront renouveler à petits traits doux la fantasy. Rien de très révolutionnaire, mais L’antidote mortel nous fait découvrir un univers fantasy qui a germé sur les cendres de ce que l’on peut imaginer être notre monde… ainsi que sa technologie qui a presque disparu. Il reste des bribes d’objets et de postulats scientifiques, mais ils sont fort mystérieux pour le commun des mortels… Et comme il y a également une forme de magie, on est bien dans une sorte de fantasy post-apo. Cet aspect-ci m’a beaucoup plu.
Mais surtout, ce que j’ai apprécié, c’est de voir comment les trois personnages principaux qui ne se connaissent pas et n’appartiennent pas à la même condition vont faire pour se rencontrer… Et même vivre une aventure commune. De cela, je ne vous dirais rien, mais trouve que l’autrice s’en est fort bien sortie !
Et puis… il y a quelques personnages que vous allez adorer détester, ou tout simplement haïr dès le début. Certains sont quelque peu manichéens ou trop lisses, mais pas au point que ça en soit gênant.
Si vous avez envie d’une belle histoire d’aventure et d’amitié, si vous voulez une dose d’humour légère, un peu de romance et surtout un univers entier à explorer, vous êtes au bon endroit.
L’antidote mortel ne se propose pas de révolutionner le genre mais de nous faire passer un bon moment de lecture, et pour moi c’est une réussite en ce sens. Il y a de belles petites surprises, d’autres choses assez attendues, c’est un peu le jeu du premier roman. Par certains aspects, c’est peut-être un peu trop « scolaire », mais ça n’empêche absolument pas d’apprécier cette duologie.
Seul vrai bémol, mais plutôt du côté éditorial, il y a un vrai problème de relecture avec de nombreuses coquilles et fautes de syntaxe. « contre toute attendre » au lieu de « contre toute attente« , « La petit bosse sur le côté de son jupon n’avait rien de naturelle » au lieu de « naturel » et autres orthographes de ce type. C’est assez dommage quand on prend la peine d’éditer aussi joliment une nouvelle saga…
De même, j’ai relevé une petit incohérence concernant des stalagmites (p.240) qui font leur apparition au-dessus de la tête des personnages. Chose impossible puisque les stalagmites sont au sol, il s’agit donc de stalactites.
Ainsi, malgré quelques petites maladresses, L’antidote mortel est une bonne saga en deux tomes à découvrir. Elle sera parfaite à dévorer dès l’âge de 14 ans. Et je gage que Cassandre Lambert nous réservera de belles surprises une fois que son œuvre et son travail d’autrice aura encore mûri…
Voici revenu le temps des mini-chroniques jeunesse avec une petite sélection assez hétéroclite. Ces quatre titres furent sympathiques à la lecture, mais ils ont un point commun pour moi, ils ne sont guère mémorables. Certes, on ne peux pas toujours être dans l’excellence, mais aucun n’a réussi à faire vibrer mon petit cœur de libraire jeunesse… Cela arrive. Ils sont toutefois d’assez bonne qualité pour les jeunes lecteurs et trouverons sans mal leurs lecteurs !
L’enbeille – Eric Simard – Syros, collection Mini Soon
Connaissez-vous la collection de très courts romans Mini Soon ? Il s’agit d’une collection d’ouvrages pour les enfants de 9/11 ans pour découvrir le fantastique et la science-fiction avec des texte d’une cinquantaine de pages maximum. Ici, je vous propose de découvrir la série des Humanimaux créé par Eric Simard qui a rencontré un succès qui perdure encore dans les écoles avec l’Enfaon. Depuis, l’auteur a écrit quantité d’histoires courtes autour de ces fameux Humanimaux ! L’Enbeille, L’Enlouve, L’Enbaleine, etc.
Ici, l’histoire de l’Enbeille est celle d’une petite fille dont les capacités tirées des spécificités de l’abeille lui apportent parfois quelques difficultés au quotidien. Notamment son dard, qui est prêt à piquer violemment quiconque commence à la stresser, ce qui arrive très fréquemment… Elle ne maîtrise que très difficilement son corps, et n’est pas heureuse… d’autant que ses ailes sont bandées et qu’elle n’a jamais pu voler.
Ce court roman est assez touchant (assez mélancolique également), mais toutefois beaucoup moins marquant que le fameux Enfaon. Il plaira toutefois j’en suis persuadée aux jeunes lecteurs car l’aventure se déroule rapidement et avec efficacité !
Marilou et le grand incendie – Valérie Zenatti et Colette Natrella – L’école des loisirs, collection Mouche
Si vous cherchez un petit roman d’aventure mettant en scène des écureuils et des ratons laveurs, vous êtes au bon endroit ! On y suit la jeune Marilou, une petite écureuil qui vit avec ses trois frères et sœurs ainsi que leur maman. Elle n’est plus un bébé, mais pas encore une écureuil adulte… mais un grand incendie de forêt va la forcer à grandir un peu plus vite que prévu !
Pour les enfants qui aiment la nature et les animaux, ce petit roman sera parfait à découvrir dès l’âge de 7/8 ans (tout dépend de leur niveau). L’histoire est sympathique, les illustrations de Colette Natrella se marient parfaitement au texte, elles sont à la fois très classiques et colorées, tout fonctionne.
Alors, certes ce n’est pas un roman mémorable, mais il sera parfait pour les enfants qui commencent à lire de façon fluide et qui désirent lire une jolie histoire d’amitié et d’aventure. Alors, pourquoi pas ?
Punkette & Poupoune – Tome 1 – Les samedis z’électriques – Collection Pépix, Sarbacane
Fraîchement paru dans la fringuante collection Pépix, Punkette et Poupoune est le duo détonnant que forment les filles de Benoît Minville, dont il s’est fortement inspirées pour créer ses deux personnages. Elles sont drôles, complètement fans de rock (comme leur père) et ont beaucoup, beaucoup d’imagination… parfois trop ! Les illustrations sont quant à elles créés par CED, il a déjà scénarisé des bd chez Sarbacane et illustré le Pépix Noé et les animaux très dérangés.
Je dois avouer n’avoir pas eu de coup de cœur véritable pour ce petit roman malgré le vécu fort dont il s’inspire. Punkette et Poupoune sont drôles et attachantes, mais parfois l’histoire devient un peu trop fofolle et décousue à mon goût. Cela est totalement justifié par l’imagination folle des deux sœurs, mais j’ai parfois trouvé ça un peu poussif. Notamment quand il y a un groupe de rock qui s’invite à la maison… Par contre, mention spéciale aux surnoms trouvés par Vinca à ses trèèèès nombreux doudous. De même, les scènes de « discute » entre les deux sœurs sont assez drôles et vivantes.
Au final, c’est un roman sympathique qui plaira certainement à l’âge ciblé, à savoir les 8/10 ans mais c’est loin d’être mon Pépix préféré… Il lui manque un petit quelque chose.
Belle île en trésor – MOKA – Albin Michel Jeunesse
Voici un petit roman jeunesse sympathique comme MOKA en a le secret. L’ouvrage est illustré par la talentueuse et rigolote Caroline Ayrault, au dessin si reconnaissable. L’histoire ? C’est bien simple, il s’agit en réalité de trois histoires toutes trois différentes, avec des personnages qui changent. Mais un maître mot régit ces trois courts textes : l’entraide, la compassion, l’amitié… Et cela de façon très joliment amenée à chaque fois.
Dans la première histoire qui donne son titre à l’ouvrage, nous faisons la connaissance de Lucas, un garçon très inventif. Il aime jouer, taper dans un ballon et surtout… s’inventer des histoires ! C’est grâce à ce talent particulier qu’il va redonner le goût de vivre à un de ses camarades de classe très malade. Une très belle histoire d’entraide et d’amitié naissante.
La seconde histoire, Joséphine a disparu, nous raconte l’épopée que deux cousines qui ne s’apprécient pas vont vivre pour sauver le doudou de la plus petite. Preuve que les préjugés peuvent être combattus quand on possède une cause commune…
La troisième histoire, Les malheurs d’Hortense – très fortement inspirée du vécu de l’auteur, c’est dit en début d’histoire – nous fait suivre une classe de neige et la quantité de catastrophes qu’ils vont devoir endurer. La maîtresse n’en peux plus. Entre le chauffeur de bus qui veux les larguer à 30 km du chalet et le gérant dudit chalet qui mouline, ça devient très vite compliqué ! Et drôle… pour nous lecteurs.
Un ouvrage parfait à découvrir pour les 8/9 ans environ. Les caractères sont écrits assez gros pour mettre en confiance les jeunes lecteurs, et les illustrations (en couleur) de Caroline Ayrault font le reste… et la magie opère !
Le monstre des glaces – David Walliams & Tony Ross – Albin Michel Jeunesse, collection Witty
Si vous ne connaissez pas encore l’œuvre de David Walliams, sachez qu’il est présenté comme étant le digne héritier de Roald Dahl. Chacune de ses sorties est un succès de librairie aussi bien en Angleterre qu’en France. Mais je dois avouer que le temps passant, je trouve que ses ouvrages baissent en qualité… Malheureusement, Le monstre des glaces m’a confortée dans cette idée. Pour moi, David Walliams a perdu son petit grain de folie et de génie qui me faisait sourire dans ses premiers ouvrages.
L’histoire ici est celle d’un mammouth qui est retrouvé parfaitement conservé. Un savant un peu fou décide de le faire revivre pour des raisons plus ou moins avouables… Mais c’était sans compter sur Elsie, une petite orpheline courageuse qui n’a pas froid aux yeux !
La première partie du roman était assez sympathique, mais dès lors que le fameux mammouth est réveillé, l’histoire part dans tous les sens. C’est totalement ubuesque, décousu et pas très drôle… Et j’ai ce sentiment persistant sur mes dernières lectures de David Walliams, à tel point que je ne pense pas en relire avant longtemps…
Je vous conseille cependant de lire ses premiers ouvrages, ils sont géniaux et méritent le détour. C’est d’ailleurs grâce à eux qu’il est désormais présenté comme l’héritier naturel de Roald Dahl. Présentation à nuancer, donc, mais pas totalement fausse… Parmi ses meilleures titres (selon moi), lisez Joe Millionaire, Ratburger ou encore Monsieur Kipu. Ils valent le détour !
Les guerriers de glace – Estelle Faye & Nancy Pena – Nathan, collection Premiers Romans
Un super roman fantastique et français à destination des 8/10 ans, ça vous tente ? Bienvenue dans le petit village de Rosheim, où vivent Alduin et Léna, ils sont amis depuis toujours…
Leur vie est tranquille, sans aucune ombre au tableau sauf quand les Guerriers de glace réapparaissent au village pour enlever une jeune fille… Le village se réunit en secret et décide que ce sera Léna qui sera « offert » aux Guerriers pour préserver la paix. C’était sans compter sur la loyauté d’Alduin et le courage de Léna !
J’ai trouvé ce court roman jeunesse absolument parfait : écriture travaillée, univers original… En effet, il renouvelle gentiment le genre avec une histoire qui ne tombe pas dans un déroulement classique. Pour l’âge ciblé, c’est assez rare pour être souligné car nombre de romans usent d’une intrigue lue et relue…
Il faut dire qu’Estelle Faye est familière des histoires qui sortent des sentiers battus, et cela pour tous les âges (elle est surtout connue pour écrire à destination des adultes – Porcelaine aux Moutons Électriques, Un éclat de givre, Folio SF).
Après avoir terminé cet ouvrage, j’ai découvert que Les guerriers de glace est le premier tome d’une trilogie (et un quatrième tome est à paraître au moment où cette chronique est publiée) ! Il n’est pas indispensable de lire la suite pour que les enfants y prennent plaisir, mais si ils aiment… les deux suites ont de grandes chances de leur plaire !
Poules renards vipères – Tome 1 – Albin – Paul Ivoire – Poulpe Fiction
Dans la même tranche d’âge que les Pépix ou encore la collection Witty, Poulpe Fiction a réussi à se tailler une place de choix dans l’univers ultra-compétitif de la littérature jeunesse.
Ce premier tome d’une série qui en compte trois ravira tous les enfants amoureux d’aventure, de révélations et d’animaux ! On y suit trois personnages censés ne JAMAIS se rencontrer… et pour cause, il sont chacun d’une espère différentes dont les royaumes se font la guerre depuis toujours. Albin est un poussin, Célis est un serpent et Zora une renarde. A eux trois et grâce à leur rencontre fortuite, ils vont déjouer un complot terrible à l’échelle de leurs trois royaumes… Mais le chemin sera semé d’embuches et de dangers.
J’ai beaucoup apprécié cette petite lecture, les personnages y sont mignons (tant graphiquement que dans leur personnalité), l’histoire fonctionne à merveille même si c’est légèrement manichéen par moments.
L’idée de montrer aux lecteurs que tout n’est pas si évident et qu’il faut parfois remettre en questions les informations que l’on nous donne est maline. C’est sur ce chemin dangereux et incertain que va se lancer Albin avec ses amis… avec tous les risques que cela comporte.
En somme, c’est une petite réussite qui ravira les 8/10 ans fans d’animaux, c’est certain !
Comment j’ai changé ma soeur en huître (et une huître en ma soeur) – Emilie Chazerand & Joëlle Dreidemy – Sarbacane, collection Pépix
Soyons clairs, j’ai rarement lu un roman jeunesse aussi barré que celui-là. Rien qu’en lisant le titre, on devine que ça va être détonnant… mais franchement pas à ce point. C’est fou, totalement décalé et génial !
On découvre l’histoire d’un jeune homme prénommé Germain. Pour lui, tout va bien… à l’exception d’une ombre au tableau en la personne de sa grande sœur. Agaçante, désagréable, toujours en train d’appuyer là où ça fait mal… bref Judith est la grande sœur par excellence.
Alors quand Germain a l’opportunité d’échanger la personnalité de sa sœur avec celle d’une huître lors d’un dîner, il n’hésite pas une seconde ! Mais il va très vite le regretter… les huitres ont peut-être 2 de QI, mais elles sont dangereuses… méfiez-vous aux prochaines festivités de Noël.
« C’était mou et froid et visqueux mais avec quelques endroits plus solides et presque… caoutchouteux. Ça devait faire tchouin tchouin sous les dents ça, sûr. »
« – Moi, je veux pas être une huître ! Je suis allergique aux huîtres !
–Bah, t’as qu’à t’auto-manger, idiot ! a dit une autre huître à l(huître allergique aux huîtres.«
Voilà. Je pense que ces deux petits extraits sont assez explicites sur le ton de l’ouvrage : fou et génial.
Je ne puis que vous conseiller de découvrir ce roman parfait pour les enfants dès l’âge de 9 ans… que l’on aime ou pas manger des huîtres, c’est un régal !
Un roman young-adult percutant qui donne à
réfléchir, longtemps après sa lecture…
Paru en fin d’année 2020 aux éditions Casterman, l’ouvrage L’année de grâce était très attendu en France par de nombreuses personnes. Pourquoi ? Car il a eu un beau succès outre-Atlantique, et qu’il est présenté comme la fusion entre La servante écarlate et Hunger Games. Et bien ce n’est pas usurpé !
Il s’agit du
premier roman de Kim Liggett à paraître en France mais elle a déjà d’autres
ouvrages à son actif. Une chose est sûre cependant, c’est celui qui a le plus
marqué ses lecteurs…
Une société patriarcale à la temporalité floue
Nous ne
savons où ni quand se passe L’année de Grâce, il semble que ce
soit dans l’avenir mais ce n’est pas le plus important.
Ce qu’il
faut retenir, c’est que nous sommes dans un lieu et une époque où les femmes
ont à peine le droit d’exister. Elles vivent en pointillés, leur vie étant
gérée de leur naissance à leur mort par les hommes… Les femmes sont des biens
que l’on échange, troque par le biais des mariages, et l’amour n’a rien à voir
là-dedans.
C’est dans
cet univers cruel et anxiogène que vit Tierney, une adolescente qui est à
quelques heure de vivre son année de grâce. Qu’est-ce donc ? Celles qui y ont
survécu n’en parlent pas, c’est interdit. Et celles qui vont y aller craignent
le pire tant le secret autour de cette année charnière de leur vie est
complet.
L’heure est
venue pour Tierney et de nombreuses autre de jeunes femmes de partit s’isoler et
vivre leur année de grâce. Quand elle reviendrons (si elles reviennent), elles
seront privées de leur « magie » si crainte par les hommes et pourrons
se marier à celui qui les a choisies…
Un texte beau et terrible qui donne à réfléchir encore et toujours sur la condition féminine passée, présente et future
L’année de
grâce est le genre d’ouvrage à la fois
violent, terrible et nécessaire pour ne jamais céder sur le peu de droits et
libertés que les femmes ont par rapport aux hommes. Et continuer à se battre
pour avoir l’égalité sur tous les plans.
Il montre à
quel point les choses peuvent être pernicieuses, sournoises et comment il est
facile de céder à un système patriarcal très bien installé.
Heureusement,
Tierney est là pour nous réveiller et nous faire ouvrir les yeux. Son attitude
rebelle, sa « magie » que certain.e.s craignent, sa combativité sont
mémorables. Elle fait partie des héroïnes fortes issue des meilleures
dystopies.
Quand
l’éditeur présente l’ouvrage comme une fusion entre Sa majesté des mouches, Hunger
Games et La servante écarlate on pourrait penser à un argument de vente.
Mais il n’en est rien ! L’année de grâce est réellement
l’association de ces trois œuvres majeures toutes mémorables à leur façon.
Il y a de la
violence dans ce roman, mais pas nécessairement où on l’attend. Les hommes sont
manipulateurs amoraux certes, mais les femmes entre elles font les trois quart
du travail de sape pour les hommes eux-mêmes sans s’en rendre compte. C’est là
que réside le génie et l’atrocité de la chose… Les décisions courageuses et
téméraires de Tierney vont peut-être ouvrir la voie à autre chose dans
l’avenir… mais ce sera aussi long que douloureux, soyez-en sûrs.
J’ai
beaucoup aimé ce roman à la fin atypique en demi-teinte et pas nécessairement
retentissante. C’est plus un chuchotement qui va rester dans votre tête qu’une
explosion finale. Et c’est peut-être la meilleure solution pour traverser le
temps et les méfaits de la société dans laquelle vit Tierney…
A découvrir
dès l’âge de 14 ans minimum, puis sans aucune limite. Je suis persuadée que
quantité d’adultes pourront lire et apprécier cet ouvrage.
Une série en deux tomes absolument géniale et addictive ayant pour fond les jeux-vidéo et le hacking !
Marie Lu est une autrice américaine dont l’œuvre fut remarquée à l’origine pour sa trilogie Legend (Castelmore/Le livre de poche Jeunesse). Depuis, elle a fait son chemin avec d’autres romans jeunesse et séries pour ados… Parmi elles, la duologie Warcross. Deux tomes terriblement efficaces qui nous transportent de l’univers d’un jeu qui prend le pas sur la réalité et qui ressemble fortement à League of Legends !
Quelques pages pour plonger dans un autre monde baigné de technologie…
Bienvenue dans un monde qui ressemble très fortement au notre, à ceci près que tout le monde porte des lunettes connectées NeuroLink, créés par le génie de l’informatique Hideo Tanaka. A quoi servent-elles ? A se plonger à corps perdu dans le jeu le plus populaire au monde et de loin : Warcross. Son fonctionnement est simple, deux équipes s’affrontent pour récupérer l’artefact de l’équipe ennemie, la première qui réussi à gagné.
Le jeu est devenu extrêmement populaire dans le monde entier et les NeuroLink servent maintenant à bien plus que simplement jouer à Warcorss. On peut quitter sa réalité pour voir d’autres mondes à travers ses NeuroLink et s’évader… dépenser, etc.
C’est dans ce monde à la pointe que vit Emika, une petite crack en informatique qui va pirater la finale mondiale de Warcross. Cet acte va faire basculer sa vie à tout jamais et la faire connaître à des milliards de personnes dans le monde.
En très peu de pages, on plonge dans l’intrigue de Warcross comme si avait chaussé nous-même des NeuroLink. L’intrigue que Marie Lu dessine peu à peu pour ses lecteurs est maline, subtile, savamment dosée… Entre thriller technologique et roman d’action, Warcross ne nous laisse pas une seconde de repos. Et cela est valable pour les deux tomes que comporte la série.
J’ai adoré les très nombreux clin-d’oeils fait au jeu League of Legends, auquel je joue beaucoup. Ainsi retrouve-t-on des références, notamment au niveau des noms des joueurs : Jena ou encore Asher (qui ressemble à Ashe, un personnage de LoL). De même, le fonctionnement du jeu en lui-même est très similaire à LoL, et pour ce qui est de l’engouement mondial, c’est aussi le cas dans notre monde ! La seul différence, c’est qu’il n’y a pas d’équipe de LoL mixte contrairement à Warcross. Dommage.
L’intrigue de loin ce que l’on pourrait imaginer au premier abord, Warcross n’est qu’une sorte de très jolie façade rutilante… mais vous découvrirez tout cela en lisant la saga. Car vous allez la lire, n’est-ce pas ?
Les deux tomes de cette saga sont extrêmement différents mais complémentaires. Dans le premier, c’est la découverte, l’émerveillement, l’action qui monte au fil des matchs. Dans le second, c’est beaucoup plus tendu, feutré et les enjeux sont encore plus énormes qu’une finale mondiale de Warcross. Comment est-ce possible ? A vous de le découvrir !
J’ai par ailleurs également beaucoup apprécié la légère romans qui parsème les ouvrages. Pas centrale, mais bien présente, elle apporte un petit goût d’interdit et de rêve parfaitement dosé pour faire rêver…
Vous avez donc compris, Warcross est une série ado courte, géniale et impossible à lâcher. Pour moi, c’est une série de fonds à avoir dans toute bonne bibliothèque quand on aime la litté ado/jeunesse. De plus, le côté hacking et jeux-vidéo est un mélange pas assez exploité pour ce lectorat, qui en est très friand. A découvrir dès l’âge de 13 ans.
Dans le même genre, je vous conseille la série en cinq tomes La Cité, aux éditions Rue du Monde, d’une originalité folle et très mystérieuse…
Dans la famille des romans jeunesse qui font froid dans le dos, je demande la collection Hanté ! Débutée en 2016, cette petite collection de six titres pour le moment (dont le dernier est paru en avril 2021) se propose de faire découvrir des textes français courts et horrifiques aux 11/13 ans. Et ça fonctionne assez bien de mon point de vue.
A peine une centaine de pages, chapitres très courts pour tenir le lecteur en haleine. Des maquettes old-school à la fois graphiques et percutantes, un effet collection qui fonctionne… Casterman réussit à proposer des textes qui saurons plaire aux jeunes lecteurs devenus trop grands pour les Chair de Poule et pas encore assez pour les Stephen King.
La collection Hanté se positionne assez bien dans le paysage éditorial, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu de collection de romans horrifique pour cette âge-ci . Souvent, la production éditoriale se borne à la tranche des 9/11 ans. Ici, Hanté s’adresse à des enfants un peu plus âgés qui trouverons leur content de frissons.
A chaque
texte, on change d’auteur, de style, de source d’angoisse… leur point commun
outre la peur inoculée à ses lecteurs ? Une chute finale terrible qui remet en
question tout ou une partie du roman…
Pour vous en
parler plus amplement, j’ai eu l’occasion de lire trois des titres de la
collection :
La maison sans sommeil – Benoît Malewicz
Une maison fraîchement investie par une famille et des voix effrayantes qui hantent le jeune Paul.
A peine a-t-il emménagé avec ses parents que la maison semble lui parler, le menacer, lui demander de faire des choses étranges…
Le démarrage est rapide, efficace, et la chute n’est pas trop mal…
Des trois que j’ai lus, c’est cependant celui qui m’a le moins plu, mais il est malgré tout efficace.
L’amie du sous-sol – Rolland Auda
Une amitié
intense unit Létho et Alma, à tel point que quand la jeune fille commence à
être absente en cours le jeune homme va tout faire pour savoir ce qu’il se
passe. Quitte à rater lui-même le collège et ses leçons au conservatoire.
Ce qu’il va
découvrir peu à peu après avoir retrouvé Alma va le hanter. Au début, c’est
juste de la curiosité pour un trappe. Mais cette curiosité évolue en autre
chose… Et pour le coup, la chute est excellente et fait bien froid dans le
dos.
Ce roman horrifique est très réussit.
On ne s’attend pas à ce que Létho va découvrir, et surtout, la façon dont sont construits les chapitres ajoutent au sentiment d’angoisse. Impossible d’en dire plus sur la chronologie, mais c’est bien fait.
Le camping de la mort – Thibault Vermot
Une bande de
copains décide de se faire un peu frissonner en partant pour quelques jours
dans les bois. L’ouvrage est une référence constante au film Stand by me (cité dans l’ouvrage), tiré
lui-même d’une nouvelle de Stephen King nommée Le corps que vous pouvez
trouver dans le recueil Différentes Saisons (Le livre de
poche). Une nouvelle du grand maître de l’horreur qui pour une fois n’a rien à
voir avec du fantastique.
En ce qui concerne Le camping de la mort cependant, il y a des éléments étranges et surnaturels qui peu à peu prennent une place conséquentes. Et si vous aimez les anagrammes il se peut que la fin vous saute aux yeux quelques pages avant la conclusion !
C’est mon
préféré de la collection pour le moment, et les références à Stand by me n’y sont pas pour rien.
Mais outre cela, l’ambiance, l’idée de ces gamins paumés en pleine forêt, la
conclusion… Tout fonctionne à la perfection !
Gros coup de
cœur donc pour Le camping de la mort, parfait pour les 11/13 ans.
Une nouvelle série fantastique à destination des jeunes lecteurs férus de
légendes et de mystères… sans oublier une bonne dose de frissons !
Premier tome d’une trilogie, Cassidy Blake chasseuse de fantômes est
paru en début d’année 2020 aux éditions Lumen.
C’est l’occasion pour les plus jeunes de découvrir son autrice talentueuse : Victoria Schwab. Elle a écrit pour les plus grands la trilogie Shades of Magic (excellente), ainsi que la série en deux tomes Vicious. Tous ses ouvrages sont disponibles chez Lumen.
Les éditions Lumen avaient d’ailleurs réalisé un magnifique kit de presse pour le lancement de cette nouvelle saga fantastique : kit à découvrir ICI.
Ne jamais traverser le voile…
Cassidy a une particularité, depuis qu’elle a failli se noyer elle voit des
choses que personne d’autre qu’elle ne remarque. Et surtout… son presque
passage vers l’autre monde lui a fait gagner un ami en la personne de Jacob.
Personne ne le voit, il semble être une sorte d’esprit ou de fantôme qui ne
lâche pas Cassidy d’une seule semaine.
Elle ne croise jamais d’autres esprits à hormis Jacob… jusqu’au jour où le
travail de ses parents les oblignet à déménager au pays des fantômes :
L’Ecosse !
Voici venu le temps des questionnements et des dangers pour Cassidy et
Jacob. Le voile entre les mondes semble être beaucoup plus fin dans cette
région du monde…
Efficace bien que fort classique
Ce premier tome de série est fort sympathique et regorge de bonnes idées.
L’action est rapide, les mystères s’épaississent assez rapidement pour ne pas
laisser le jeune lecteur s’ennuyer… Et le tout fonctionne à la perfection.
Et surtout, on en apprend beaucoup sur l’Écosse et ses nombreuses légendes… plus certaines créées par Victoria Schwab, comme la Corneille Ecarlate (pour en savoir plus rendez-vous sur l’article dédié à l’univers du roman).
Ainsi, le tout fonctionne parfaitement, même si c’est un peu trop
classique. Le déroulé en devient par certains aspects assez mécanique. Victoria
Schwab réussit toutefois à tirer son épingle du jeu, mais je la trouve bien
meilleure sur la tranche d’âge des 14/16 ans que sur celle des 11/13 ans.
Malgré tout, ce premier tome m’a plu, et quand j’ai vu que le second opus
se déroulerait à Paris, j’avoue avoir eu très envie de le lire !
C’est donc avec curiosité mais sans impatience que j’attends de lire le
second tome des aventures de Cassidy Blake. En espérant que l’autrice saura
s’approprier un peu plus cet univers entre fantômes et magie obscure… Si elle
réussit, cela ne sera plus juste une saga sympathique, mais bien plus !
Une saga de fantasy pour la
jeunesse ambitieuse et qui fonctionne de façon originale
Débutées en 2017, Les
chroniques de Zi viennent de voir paraître en février 2020 le cinquième
et dernier tome de la saga. Jean-François Chabas signe ici une intrigue menée
de main de maitre, se jouant de références de l’imaginaire mélangée à sa propre
créativité.
Pour ceux qui ne
connaissent pas cet auteur, sachez qu’il a écrit quantité de textes pour la
jeunesse, et cela pour tous les âges : Aurélien Malte (Le livre de poche), Les
lionnes (L’école des Loisirs) ou encore La colère de Banshee
(Casterman).
Le début d’une épopée épique
Tout commence avec un
terrible enlèvement. Celui d’un prince qu’une sorcière décide de s’approprier.
De lui, nous ignoreront tout pendant une quinzaine d’années au moins…
Dans le temps présent, nous suivons le jeune Phelan, un garçon brave bien
que peu doué pour l’art du combat. Il s’est mis en tête de quitter père et mère
pour sauver une princesse disparue depuis quelques jours dans les terribles
Monts Jaunes. Terribles pourquoi ? Car les Monts Jaunes sont habités depuis des
millénaires par un terrible Ogre. Rien ni personne n’a réussit à le faire
disparaître… mais ce n’est pas ça qui arrêtera Phelan, tombé amoureux de
cette fameuse princesse en un seul échange de regards.
C’est ainsi que débutent les étranges Chroniques de Zi… Qui est Zi ?
Mystère absolu… pour le moment !
Une intrigue qui prend son temps pour se développer…
Au premier abord, on pourrait croire que cette saga est une énième série de
fantasy pour les 12/14 ans à sortir régulièrement dans le paysage éditorial. Et
bien oui… et non !
Les chroniques de Zi sont bien plus qu’elles ne le paraissent au premier abord. En effet, il y
a tant d’indices semés sur la route, tant de références (petites ou géantes)
aux contes de fées que très rapidement, on est pris dans les aventures de
Phelan et de son ami Turi.
En effet, le premier tome met un peu de temps à démarrer, mais une fois
qu’on est ferré, c’est un véritable régal de lecture ! La première partie est
d’ailleurs géniale à lire, et le changement de ton dans la seconde fait perdre
un peu le rythme, mais on s’y retrouve vite.
Chaque tome se concentre plus particulièrement sur un des personnages de la
saga et nous permet d’en apprendre plus sur chacun d’entre eux… Et peu à peu,
les mystères s’éclaircissent, mais pas toujours. Quoi qu’il en soit, on sent
que l’auteur a beaucoup travaillé l’histoire de ses personnages en amont. Rien
n’est laissé au hasard, et c’est plaisant.
On n’échappe pas à certains stéréotypes tels que ceux d’une princesse
forcément sublime et désirable – bien que celle-ci soit débrouillarde – mais on
lui pardonne ces quelques maladresses. Pourquoi ? Car tout ça fonctionne, et
diablement bien qui plus est !
Dans les deux premiers tomes, c’est assez linéaire, vous aurez droit à une
suite de péripéties certes intéressantes mais assez classiques. Dans le
troisième opus cependant, on passe à un autre niveau. Que ce soit en termes
d’intrigues ou de développement d’univers, on sent que l’auteur s’approprie
vraiment son univers à partir de ce volume… Il se fait plaisir avec quantité
de bonnes idées et nous transporte avec lui.
Ainsi, vous avez d’un côté le pays des Mille Lacs, qui ressemble à notre
Moyen-Âge occidental tel que nous le connaissons. De l’autre, vous avez le
Royaume des Trois Vagues qui semble s’inspirer de la culture Maori (l’auteur a
créé tout un vocabulaire très dense pour épaissir le réalisme de ce peuple créé
de toutes pièces). C’est original et très réussit, notamment lorsque l’on
découvre enfin le Royaume des Trois Vagues de façon concrète et non plus par
les on-dit…
C’est ainsi que peu à peu, la trame se tisse et nous offre une épopée de
fantasy qui a su s’émanciper des classiques du genre. A la fois familier mais
original, Les chroniques de Zi est une bonne saga à découvrir. En tout
cas, ses trois premiers tomes sont un vrai régal de lecture… et gageons que
la suite le soit aussi !