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Chronique : The Generations – Tome 1 – Alive

Alive 1Un premier tome se jouant des codes du suspense… en mélangeant de nombreux genres !

Premier tome de la série young-adult The Generations, voici Alive de Scott Sigler, paru aux éditions Lumen en février 2016. Très mystérieux, empli d’indices et de fausse pistes… à vous de vous faire votre propre idée de ce qu’est l’univers d’Alive et ce qu’il vaut… Car vous ne saurez rien tant que vous ne l’aurez pas lu vous-même !

Un groupe d’adolescents sortis d’un long sommeil…

Ils ne savent pas où ils sont, ni quand ils sont, ni même qui ils sont. Tout ce qu’ils savant c’est qu’ils sont là, avec des symboles différents marqués sur le front, des couloirs partant dans tous les sens à perte de vue et… aucun objectif. Voici le début succin et mystérieux d’Alive, qui va vous entraîner sur plusieurs centaines de pages dans un huis-clos sous tension où la surprise peu se trouver à chaque angle mort…

« Une petite faveur »

Voici le nom de la toute dernière partie de l’ouvrage, là où Scott Sigler s’adresse directement à ses lecteurs, mais également à la presse et aux bloggeurs, booktubeurs etc. L’auteur tient tout particulièrement à ce que l’on évite les spoilers et autres révélations qui gâcheraient l’intrigue, et on le comprend.

En effet, Alive tire toutes les ficèles du roman à suspense et plus encore. Les chapitres sont en général assez courts et se concluent sur un rebondissement assez retentissant obligeant le lecteur à lire la suite, etc.

Sans révéler quoi que ce soit – pour préserver les vœux de l’auteur et la force principale de l’œuvre – je dois avouer avoir été assez déçue de la plupart des retournements de situations créés. Je m’attendais à beaucoup plus car le marketing (très malin) créé par l’auteur autour de son œuvre nous oblige à nous attendre à quelque chose de sinon phénoménal au moins original. Et pourtant, quand on a lu une certaine quantité de romans issus de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, anticipation…), les rebondissements d’Alive ne sont pas suffisants pour vraiment surprendre.

Je ne dis pas que le contenu du roman est facile à deviner, car ça n’est pas le cas, je n’avais pas trouvé le secret qui concerne l’univers dans lequel évoluent les personnages. Mais je m’attendais à quelque chose de plus retentissant, d’incroyable et c’est au final assez commun. Impossible d’en dire plus, bien entendu, mais le débat peut très bien s’ouvrir ici (en bas d’article).

Ce que je pense, c’est que quand on joue à ce point sur le suspense et les cliffhangers, il faut vraiment assurer le spectacle derrière. Et ici, on découvre un bon roman ado, dont on veut découvrir la suite, mais pas récit à ce point haletant.

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Le mieux est encore que vous vous fassiez votre propre avis sur la question ! Pour ne pas spoiler, disons qu’Alive plaira certainement aux lecteurs avides de fantastique, de suspense et de science-fiction…le tout dans une ambiance à huis-clos à couper au couteau.

Pour l’atmosphère, on pense assez vite à la saga de James Dashner, Le Labyrinthe, ce qui n’est déjà pas si mal non ? Et puis, on veut tout de même savoir où Scott Sigler veut nous emmener maintenant que le décor est posé…

Chronique : Sovok

SovokUne sf inattendue en pleine Russie rétrofuturiste : bluffant

Peut-être connaissez-vous déjà le brillant auteur Cédric Ferrand qui doucement, se fait un nom dans le monde de l’imaginaire français. Sovok est son second ouvrage paru, mais il avait déjà marqué les lecteurs avec son très réussi roman de fantasy Watsburg. Dans Sovok, place à la sf rétrofuturiste, dans une Russie où la modernité se dispute au rafistolage et à la débrouillardise dans toutes les strates de la société… preuve permanente de sa lente déliquescence.

Colmater et réparer plus que soigner…

Dans l’entreprise Blijni, on a du mal à survivre. Toutes les économies sont bonnes à faire, on nettoie un outil médical à usage unique pour qu’il dure le plus longtemps possible, on prie pour que la jigouli (ambulance volante) que l’on conduit tienne encore une nuit de plus… Bref, on est constamment sur le fil, comme les patients dont on s’occupe.

Alors quand Méhoudar, le petit nouveau débarque chez Blijni, on lui promet de ne pas lui payer ses premiers jours de « stage ». Tout est bon pour faire des économies. Le petit jeune doit ainsi apprendre les ficelles du métier avec le duo que forme Manya pour les soins et Vinkenti au volant. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ces quelques jours auprès d’eux vont être très instructifs…

La Russie va mal, et ça ne va pas en s’arrangeant… Magouilles et arrangements à tous les étages pour sauver son patient, tractation étranges, tout est bon pour arriver à ses fins qu’elles soient nobles (ce qui est rare) ou dans un but plus personnel.

Décadence programmée d’une Russie qui n’a pas su s’adapter

Dans la capitale Russe du futur de Cédric Ferrand, la technologie est bien présente, mais ne rivalise pas deux secondes avec celles des occidentaux. Ici, on est nostalgique d’antan, et on veut fermer les yeux le plus longtemps possible sur les avancées, qu’on se le dise, c’était bien mieux avant.

Les Russes perdent ainsi sur leur propre terrain des clients dans le domaine de la santé. En effet, peu à peu, l’entreprise occidentale Second Chance vole les clients de Blijni : jigoulis rutilantes, technologie de pointe, argent qui semble couler à flot, la concurrence déloyale faite par Second Chance tue à petit feu l’entreprise Russe. Les magouilles semblent ne plus vraiment suffire à sauver un client et à arrondir les fins de mois.

Soyons clairs, ce n’est pas le sens de la déontologie qui étouffe nos protagonistes, du moins les deux anciens de Blijni Méhoudar, lui, est encore assez innocent pour voir de l’espoir dans les choses et les êtres qu’il croise. Mais si quelques bouteilles d’alcool peuvent aider à faciliter une intervention ou éviter d’appeler la milice, on ne dit pas non.

Cette plongée dans l’univers médical de cette Russie imaginée nous rend les spectateurs privilégiés de sa lente agonie. Il n’y a pas mieux placée qu’une équipe médicale pour observer toutes les carences d’une société. Les ambulanciers côtoient quotidiennement la misère, et la saleté, et eux-mêmes ne roulent pas sur l’or et sont prêt à quelques petites entorses pour se faciliter un peu la vie. Mais jusqu’à quand un système aussi défaillant et basé sur une telle pauvreté peut-il durer ? Surtout quand on sait que les politiques sont des as de la magouille à leur propre échelle… Un début de réponse est dans la fin des pages de Sovok

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Cet ouvrage assez inattendu et inclassable fut un véritable plaisir de lecture. On aurait aimé rester beaucoup plus longtemps avec Méhoudar et ses deux acolytes bardés de défauts, mais très attachants. L’ouvrage aurait pu notamment explorer beaucoup plus la veine socioéconomique de ce pays en passe de mourir de ses vices. On aurait aimé avoir une vision plus large de cet univers si magnifiquement dépeint, avec ce qu’il revêt de noirceur et d’insalubrité. Alors, à quand une nouvelle incursion dans ce Moscou en pleine faillite ?

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

Chronique Jeunesse : Zarf le troll – Tome 1 – Barouf chez les fouines

Zarf le troll 1Imaginez le Journal d’un dégonflé version fantasy avec un troll pour héros… le tout dans un monde doté  tout de même des réseaux sociaux et du téléphone portable !

Ecrit et illustré par l’américain Rob Harrell, Zarf le Troll est le premier tome d’une nouvelle série de romans jeunesse très illustrés. A classer entre le Journal d’un dégonflé ou encore Tom Gates, ou encore Big Nate. On est pile entre le roman et la bd, c’est rempli d’une foule d’illustrations, mais il y a tout de même du texte… Bref les enfants adorent ce format de livre, et c’est dès l’âge de 9 ans environ !

Le Troll, une espèce honnie et dénigrée

Zarf est donc un troll, comme vous l’indique assez explicitement le titre du livre. Mais ce que l’on ne sait pas immédiatement, c’est que les trolls sont une espèce peu appréciée… Les mots « troll » et « populaire » ne riment pas franchement ensemble, et ça risque de s’aggraver encore… Zarf est donc peu apprécié, complètement mis à l’écart ou presque, et surtout, le fils du roi se moque constamment de lui (ils sont dans le même établissement). Vous l’aurez compris, la vie de Zarf n’est pas top, et pas franchement de tout repos, mais il prend plutôt bien le tout… jusqu’à un certain point ! Mais les choses vont brutalement changer suite à la disparition du roi, mais pas nécessairement pour le mieux…

Zarf le troll dragonFranchement fun et un brin barré

L’histoire de Zarf, affublé pour seuls amis d’un cochon anthropomorphe nommé Kevin (un brin trouillard) et le fils du bouffon du roi, Chester (qui n’a pas les talents de son père en matière d’humour) est très vite entrainante.

Pas encore très connu, ce roman rassemble tout ce qui plait quand on a une petite dizaine d’années : de l’humour (en barre), des dialogues très actuels et dynamiques, un lieu d’intrigue merveilleux (un royaume entier rien que pour vous, jeunes lecteurs !), et malgré tout, les technologies de notre mondes y sont très ancrées. Ce mélange de genres est aussi original qu’efficace et on se retrouve ainsi avec un premier roman plutôt bien mené.

Plus que l’intrigue (aussi prévisible que sympathique), c’est avant tout l’esprit du livre que l’on va retenir. C’est joyeux, très drôle (parfois aux dépends de notre héros), et bien mené. Et surtout, les dessins de Rob Harrell sont très réussis. A la fois épais et précis, on apprécie qu’il y ait au moins une illustration par page au minimum, c’est parfait pour les enfants qui ont encore besoin de se rassurer avec un texte très illustré.

A titre personnel, c’est avant tout Kevin le cochon que j’ai trouvé le plus attachant parmi le trio casse-cou. Sa façon de parler et sa terreur persistante envers tout et tout le monde a de quoi étonner… et amuser.

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Pour tous les parents qui ne savent plus quoi faire lire à leurs enfants après le Journal d’un dégonflé, prenez Zarf le troll, c’est juste parfait ! L’histoire a beau se dérouler dans un royaume typé fantasy, tout y est très actuel (à part les dragons et les farfouines).

Cette nouvelle série a donc de quoi séduire… Le second tome est à paraître dans quelques semaines sous le titre Le troll qui criait au loup. Et aux États-Unis, la saga verra le troisième tome paraître dans le courant de l’automne 2016… Donc, tout roule pour Zarf !

AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Les enfants de Peakwood

Les enfants de PeakwoodEntre horreur et fantastique, découvrez un nouvel auteur français prometteur… !

Premier roman de Rod Marty, Les enfants de Peakwood est paru aux éditions Scrinéo à la fin de l’année 2015. Il s’agit d’un récit one-shot, et c’est appréciable quand on voit la profusion de séries littéraires qui sortent en librairie. Entre récit fantastique et horreur, bienvenue dans une petite ville paumée des États-Unis qui cache de très nombreux (et sombres) secrets…

Un accident de car scolaire et de nombreux traumatismes comme départ d’intrigue

Au début, c’est un amoncèlement de corps brisés et de tôle froissée que l’on aperçoit. Des voix d’enfants perdus, déboussolés pour ceux encore en vie… L’accident qui eut lieu cette nuit là a bouleversé violemment et durablement la petite ville de Peakwood.

Mais tous ces enfants morts sont revenus dans leurs maisons, leurs foyers respectifs après le drame… Ils ont continué à grandir, rire, pleurer, apprendre. Comment ? Grâce à un lourd secret mélangé à de la magie indienne ancienne…

Mais il y a toujours une contrepartie avec le surnaturel, surtout quand on ne respecte pas toutes les règles du marché. Et c’est ainsi que la communauté de Peakwood va vivre les jours les plus terribles de son existence : violents et morbides…

Un roman plutôt effrayant… qui aurait pu l’être encore plus !

Rod Marty sait manier son histoire pour la faire monter en grade vers l’inquiétant, puis l’effrayant. La montée insidieuse du bizarre et de l’étrange est très bien réalisée et les scènes d’ambiance où le mal s’installe sont les meilleures de l’ouvrage. Ses personnages et leurs façons d’évoluer sont elles aussi bien faites.

A cette lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à une sorte de mélange entre Les Tommyknockers et Simetierre, deux ouvrages de Stephen King. En effet, peu à peu, les habitants de Peakwood son « contaminés » par une force étrange, comme dans Les Tommyknockers, et pour Simetierre, et bien, je vous laisse trouver… Mais ces parties similaires au monde de Stephen King ne donnent aucunement une impression de copie, Rod Marty a su trouver son univers propre.

Certains des personnages sont assez réalistes, tant qu’ils en deviennent effrayants : du gros macho sexiste et violent au jeune garçon surdoué et mélancolique, ils évoluent tous. Certains pour le meilleur, d’autres pour le pire, mais tous changent de façon crédible et réfléchie.

En ce qui concerne l’histoire à proprement parler, elle est assez classique, mais bien menée. Les enfants de Peakwood est un roman qui a des côté effrayants, mais qui aurait pu aller encore plus loin dans l’inquiétant. J’aurais aimé que l’histoire aille un cran plus loin pour faire vraiment peur, et pas seulement passer un bon moment de lecture.

Autre remarque, on aurait apprécié que le monde des Indiens et de leur mythologie (démons, mythes, magie) soit plus développé pour mieux amener l’intrigue et ses enjeux (en particulier vers la fin). Mais pour un premier roman, c’est une histoire tout à fait honorable qui se tient parfaitement.

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En somme, Les enfants de Peakwood est un bon premier roman qui laisse présager de bonnes choses pour la suite. A lire pour se faire peur dès l’âge de 14-15 ans environ, et ce sans limites. Pour ceux qui sont déjà de grands amateurs de récits fantastiques et d’horreur, il très possible que se récit ne vous contente pas ; il est plutôt à réserver à ceux qui souhaiteraient découvrir le genre de façon mesurée.

Quoi qu’il en soit, Rod Marty est un auteur qu’il faudra suivre de près à l’avenir. Cet ouvrage était bien, mais je pense que ce nouvel auteur n’a pas encore révélé tout son potentiel.

AUTEUR :
GENRE : Non classé
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique Jeunesse : Esther et Mandragore

Esther Mandragore 1Une nouvelle héroïne pour la jeunesse débarque, et attention, elle a un chat extrêmement grognon !

L’ouvrage Esther Mandragore inaugure une toute nouvelle collection chez Talents Hauts… il s’agit de Zazou. Elle réunira des romans pour la jeunesse adaptés aux 8-10 ans, le tout parsemé de quelques illustrations bien placées signées par Marie-Pierre Oddoux…

Pour le moment, Esther Mandragore est le seul ouvrage chez Zazou, mais la collection va s’étoffer très rapidement avec un roman de Clémentine Beauvais : Les petites filles top-modèles.

En route pour le monde des humains !

La jeune Esther a remporté un bien étrange et inattendu prix lors de la remise de fin d’année à son école de sorcières : Le Prix de Curiosité ! Et en quoi consiste-t-il ? La jeune demoiselle va avoir le droit d’aller dans le fascinant et merveilleux monde des humains ! Et oui, pour les sorcières, notre monde est extrêmement curieux, fascinant et même bizarre…

C’est ainsi, qu’accompagnée de son chat Mandragore (et sacrément ronchon), Esther va faire une incursion en territoire humain. Et à peine arrivés, un mystère à résoudre tombe sur le duo de choc ! Humour, dérision et aventure… préparez-vous à aimer une toute nouvelle héroïne pleine de peps.

Une lecture fort distrayante et des personnages que l’on veut découvrir plus amplement…

A peine commencé, on se plonge immédiatement dans le monde coloré et drôle d’Esther et Mandragore… Mais la grande force de ce court roman jeunesse (dès 8-9 ans), c’est le personnage acariâtre et désagréable (et donc génial) de Mandragore. Jamais content, toujours boudeur et exigeant, il est une véritable perle à lui tout seul.

Dans cette histoire il vous faudra aimer voir même littéralement A-D-O-R-E-R les chats, car il y en a des dizaines dans cette histoire ! Ils sont l’objet même de l’enquête menée par nos deux compères.

En ce qui concerne les petites illustrations de l’ouvrage, il y en a, mais elles sont peu nombreuses. Elles sont créées par Marie-Pierre Oddoux, une grande habituée des illustrations d’ouvrages pour la jeunesse. En noir et blanc et toutes en rondeurs, elles habillent parfaitement le texte.

Esther Mandragore 1 insideCe premier ouvrage de la collection Zazou de Talents Hauts (que l’on peut comparer à Witty chez Albin Michel ou encore à Pépix chez Sarbacane) laisse présager du très bon pour la suite : le format, la pagination, la mise en page, les dessins… Tout participe à créer un début de collection très avenant, et j’ai hâte de découvrir les autres nouveautés à venir…

Seul petit questionnement concernant la ligne éditoriale, on voit beaucoup moins le penchant féministe ou prônant l’égalité des sexes auquel nous a habitué l’éditeur, même si le monde d’Esther semble dénué d’hommes, nous n’avons aucune explication…

Peut-être aurons-nous la réponse dans une potentielle suite ?

Chronique : Les Autodafeurs – Tome 3 – Nous sommes tous des propagateurs

Les Autodafeurs 03Clôture d’une saga pour ados qui restera géniale et mythique !

Marine Carteron est une auteur française qui s’est fait connaître très rapidement grâce à sa série pour la jeunesse et les ados Les Autodafeurs. Rythme soutenu, humour omniprésent le tout sur fond de complot d’ordre mondial… l’histoire des Autodafeurs est absolument captivante ! Et en voici la conclusion…

Un début où la Confrérie se terre sur une île secrète…

Il faut l’avouer, la fin du second tome de la saga laissait nos héros dans une situation loin d’être brillante ou positive… Et le tout ne va pas en s’arrangeant quand on découvre peu à peu ce que les Autodafeurs ont décidé de faire subir à Gus et à sa famille. On sous-estime le pouvoir de l’information (ou de la désinformation) avant de la voir à l’œuvre…

Ainsi, l’avenir s’annonce bien sombre pour l’humanité, la Confrérie semblant bien frêle et sans défense face à l’immense pouvoir des Autodafeurs dans les plus hautes sphères du pouvoir… Comment une poignée d’adolescents désobéissants vont-ils bien pouvoir faire face à une menace pareille ?

Toujours aussi savoureux et génial !

Pour une toute dernière partie, nous voilà avec la team élargie de Gus : Césarine, Néné, Shé, Inès et Rama sont prêts, du moins le croient-t-ils…

Comme dans les tomes précédents, nous retrouvons la plume enlevée de Marine Carteron par le biais de Gus et Césarine. Et comme dans les tomes précédents… c’est de la bombe ! Diablement bien écrit, totalement jubilatoire, la lire est un régal…

Parmi tous les passages géniaux de la saga, la meilleure de toutes est très certainement celle du combat sous-marin entre Césarine et un sbire des Autodafeurs… C’est l’une des meilleures de toutes (excepté peut-être celle du stylo à bille dans le second tome).

Et autre chose très réussie, l’arrivée de nombreux nouveaux personnages : Rama en particulier, il est aussi intéressant qu’agaçant ! Mais il y a également la belle et brutale Inès, qui excelle dans les différents arts du combat. Sa relation étrange avec Gus est aussi drôle que désespérante pendant un très long moment… !

Dernier point extrêmement réussit, l’auteur nous lance des twists totalement imprévisibles. Impossible d’en dire plus, je vous laisse la primeur de la découverte… Mais sachez que ce troisième tome nous réserve énormément de surprises d’ordre politiques… entre autres. La toute fin est quant à elle si surprenante que je dois bien vous avouer avoir été quelque peu déboussolée au début. J’ai eu besoin d’un petit temps d’adaptation pour apprécier l’idée et l’intégrer pleinement à l’histoire, mais avec le temps et en y repensant, on s’y fait.

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Il faut l’avouer, Marine Carteron sait mener ses lecteurs par le bout du nez. Elle sait créer la surprise, même à ceux qui ont lu beaucoup de romans fantastiques pour ados, et c’est pour cela que l’on ne peut qu’adorer sa saga ! Les Autodafeurs, c’est ainsi une série maline, intelligente, incroyable, superbement écrite… Aussi inclassable que géniale ! Et bravo à ceux qui auront deviné ce qu’était le livre que l’on ne peut pas lire

Je reste toutefois curieuse à propos de la conclusion de cette histoire, qui reste très ouverte… on dirait bien que l’auteur se réserve une belle porte de sortie pour peut-être prolonger sa saga ? En tout cas, on en redemande !

Chronique : Enclave – Tome 1

Enclave 1Une nouvelle trilogie dystopique à suivre de près… ou l’avenir de l’humanité survit dans les entrailles de la terre.

Enclave est une trilogie dystopique parue à l’origine chez Black Moon (nommée The Razorland Trilogy en VO), les éditions Le Livre de Poche Jeunesse prennent la relève pour la parution en petit format. La saga est écrite par Ann Aguirre, une auteur de nationalité américaine, elle a écrit plus d’une vingtaine d’ouvrages fantastiques et futuristes pour les adolescents. En France, il n’y a que la trilogie d’Enclave qui est parue pour le moment.

Un univers extrêmement sombre et dangereux

Tout ce que l’on connaissait de notre planète est devenu caduc. Pire même, il s’avère que la surface n’est même plus viable. Le peu de survivants qui ont réussi à échapper à l’apocalypse ont élu domicile dans les égouts, un vestige peu reluisant de l’humanité. C’est dans ce monde sombre et sale que vit notre héroïne, qui n’a même pas de nom au début du récit, juste un numéro : Fille 15 (on perd si facilement les bébés de ce monde… à quoi bon leur donner un nom ?). Elle est en passe de devenir Chasseuse, un poste aussi prestigieux que dangereux qui implique de sortir de l’Enclave.

Mais malgré tout ce qu’elle a beau faire pour son peuple, les règles de vie sont extrêmement strictes dans l’Enclave et tout peu basculer rapidement… comme va nous le prouver la suite des événements. Bienvenue dans un univers âpre et terriblement accrocheur, le monde de l’Enclave, des souterrains glauques et des monstres qui y sévissent…

Une nouvelle saga efficace et convaincante

Malgré le nombre toujours croissant de dystopies et autres romans d’anticipation, Ann Aguirre  réussit à signer un roman somme toute original. Bien plus ténébreux que la plupart des romans qui font juste semblant de l’être, Enclave nous entraîne dans un monde aussi aléatoire que lugubre.

L’auteur a fait l’effort de nous proposer son lot de créatures créées spécialement pour l’occasion, une espèce en particulier est aussi attachante qu’étrange.

De même, le système de castes qu’elle a créé est très bien pensé, mais également très dur, même pour ceux qui s’y investissent corps et âme comme Trèfle (Chasseuse) ou encore Sable (Géniteur). Le système est si perfectionniste et pernicieux qu’un enfant naissant avec la moindre malformation, même bénigne se voit tué sur le champ. Il existe également une troisième caste, celle des Ouvriers.

En ce qui concerne ce côté très incertain quant au déroulement de l’intrigue, il nous permet de prendre un réel plaisir à la lecture. On ne sait pas à l’avance tout ce qu’il va se passer (bien entendu il y a quelques scènes et idées attendues, mais pas seulement), et c’est tant mieux. Rien de tel qu’une histoire qui n’est pas cousue de fil blanc…

Dernier point très positif, l’histoire de Trèfle se dévore, littéralement. Lue en deux jours à peine, on ressort de cette lecture avec un souvenir plaisant. C’est le genre d’ouvrage qui prouve que tout n’a pas été fait dans le monde de la dystopie !

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Ainsi, le monde de Trèfle et Del la beau être implacable, on le découvre avec plaisir et curiosité. Je ne pourrais développer plus sous peine de vous en dire trop et de vous empêcher de découvrir pleinement par vous-même ce roman.

Alors, que dire de plus sinon que le premier tome d’Enclave est une petite réussite ? On a hâte de lire la suite et, ça tombe bien, elle vient tout juste de paraître en poche ! Affaire à suivre très bientôt… A découvrir dès l’âge de 15 ans.

Chronique Jeunesse : Popy la tornade

Popy la tornadeElle est vive, un peu fofolle et surtout attachante : voici Popy la tornade ! Ecrit par Stéphanie Richard (à qui l’on doit J’aime pas la danse ou encore Carnet de route d’un chasseur de lutins), il s’agit de sa première incursion dans la collection Pépix.

Au programme, un peu de folie et pas mal de pouvoirs extraordinaires… dont un détenu par la très dynamique (et un peu capricieuse) Popy. A l’illustration, retrouvons Joëlle Dreidemy que nous connaissons déjà pour ses dessins de La Sorcitresse. Elle a également réalisé nombre de dessins pour la collection Ratus chez Hatier notamment.

Une gamine presque comme les autres !

La vie de Popy est un peu complexe. Elle a deux maisons, deux chambres, un papa, une maman, et tout un tas de belles-mères ! Et surtout, elle a un secret… qui risque d’être éventé à force de trop en user. Et oui, il faut savoir doser tout, y compris les pouvoirs magiques !

Un roman qui démarre rapidement, mais qui se tempère par la suite…

L’idée de départ de ce roman jeunesse est fort sympathique, on est emballé par Popy et son univers un peu fou (et surtout sa famille très atypique). Mais peu à peu, j’avoue avoir eu moins d’affect pour cette petite héroïne et son histoire fantastique… Pourquoi ?

J’ai trouvé qu’il y avait un certain manque de cohésion quant à la façon dont l’histoire est développée. De plus, les instants de « récréation » (habituellement nommés Bonus dans la collection Pépix) n’apportent guère à l’histoire.

Par contre, l’un des points positifs pour moi est que ce roman parle de l’homoparentalité, et comme c’est encore très rare, cela mérite d’être souligné ! En effet, la maman de Popy a une copine, et la jeune fille le vit de façon tout à fait normale, décomplexée, y compris à l’école. Quand on lui fait des remarques sur sa maman et ses préférences, elle répond : « Oui, et alors ? ». La réponse parfaite en somme !

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En fait, le ton du roman, les dialogues et son ambiance sont sympathiques, mais cela ne suffit pas à apprécier l’histoire dans son ensemble. Pour moi, il manque un petit quelque chose qui aurait pu rendre l’histoire de Popy plus captivante, plus trépidante et aussi plus attachante. L’histoire de Popy est ainsi une demi-réussite, même si son univers était intéressant. En tout cas, les dessins de Joëlle Dreidemy sont toujours aussi merveilleux et mettent parfaitement dans l’ambiance !

A découvrir dès l’âge de 9 ans, pour les enfants qui aimeraient voir le monde de la magie mélangé à celui de la cour d’école.

Chronique : Player One

Player OneEt si pour sauver le monde il fallait gagner la plus grande chasse au trésor virtuelle de tous les temps ?

Premier roman de l’américain Ernest Cline, Player One est un livre qui met la barre franchement haut. Captivant et bourré de références au rétrogaming et à la culture pop (en particulier celle des années 80), les lecteurs entre la trentaine et la quarantaine adoreront ce récit d’anticipation… mais ils ne seront pas les seuls !

Son auteur, Ernest Cline est à la fois écrivain et scénariste. Aux États-Unis, son second roman est paru en 2015 sous le titre Armada. Par ailleurs, pour l’adaptation cinématographique de Player One, Steven Spielberg est déjà sur le coup !

L’OASIS, la seule échappatoire pour la population terrestre à l’agonie…

Le très jeune Wade Watts est comme la très grande majorité de la population : accroché comme un drogué à sa plate-forme de connexion OASIS (Ontologie Anthropocentrique Simulée Immersive et Sensorielle). Dans cette réalité virtuelle développée à l’échelle mondiale, tout est possible : vous pouvez allez à l’école, rencontrer l’amour, acheter un appartement ou un astéroïde et y faire vivre votre avatar, gagner de l’argent valable aussi bien sur l’OASIS que dans la réalité…

Mais depuis la mort de son éminent créateur, James Halliday, l’OASIS revêt une dimension cachée, mythique, qui rend le monde fou. En effet, la mort de James Halliday a déclenché la plus fabuleuse chasse au trésor du monde, et son vainqueur gagnera ni plus ni moins que des milliards de dollars… La lutte sera sans merci et tous les coups ou presque seront permis.

C’est ainsi que nous suivons les pas virtuels du jeune Wade Watts, un gamin d’une douzaine d’années, sans le sous, maltraité par sa tante, et dont la seule échappatoire est d’espérer gagner la Chasse, mais ils sont des milliards dans son cas…

Un roman qui démarre au quart de tour pour ne plus vous lâcher

Rempli de références en tous genres, vous allez en prendre plein les mirettes, et votre culture générale sera constamment sollicitée. De l’univers des livres de Douglas Adams en passant par les films tels que Sacré Graal, Blade Runner encore WarGames… Tout cela sans oublier les nombreuses références faites à la musique, aux séries tv ou encore aux animes japonais, vous serez bombardé d’infos ! Tout cela sans oublier évidemment les très nombreuses références au jeux vidéo ! Il y en a tellement qu’il nous est impossible de tous les mentionner : Asteroid, Pac-man, Brains, Adventure (et l’histoire de Warren Robinet, le premier concepteur a avoir créé le concept d’œuf de pâques dans un jeu vidéo)… Et elles sont toutes nécessaires à la Chasse à l’œuf organisée par Halliday…

Riche, malin et merveilleusement bien ficelé, Player One, c’est LA chasse au trésor la plus merveilleuse de tous les temps qui nous est offerte sur un plateau. On se prend au jeu des indices savamment imbriqués, des clins d’œil perpétuels faits à la culture geek ainsi qu’à ses nombreuses anecdotes toutes fascinantes.

De plus l’univers créé par Ernest Cline autour de l’OASIS et la façon dont il s’articule est fort bien pensé. On découvre tout un système basé sur cette réalité virtuelle (autrement dit du vent) qui supplante le réel alors que la Terre se meurt à tous les niveaux (écologiques, économiques, sociaux…). Tout est bien pensé, y compris la façon dont l’homme est prêt à se vendre pour pouvoir rester connecté, ou tout simplement en vie…

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C’est donc un nouvel incontournable de la SF et de l’anticipation que ce roman écrit par Ernest Cline. Il n’y a plus qu’à souhaiter que tous les autres romans à venir de cet auteur soient du même niveau… En tout cas, nous sommes conquis !

Une vraie fausse cassette vidéo de Ready Player One !

Chronique : Fils de l’eau

Fils de l'eauLe second roman paru en France de l’auteur des Petits pains de la pleine lune… Onirique, étrange et d’une sensualité inattendue

Si vous connaissez un peu le blog, vous devez savoir que Gu Byeong-mo est devenue ici une auteur incontournable que j’admire profondément. Son roman Les petits pains de la pleine lune est une œuvre que tout le monde devrait découvrir un jour tant il est d’une beauté douce et inclassable.

Avec son roman Fils de l’eau paru en 2013 (il vient tout juste de paraître en poche en février 2016), Gu Byeong-mo conforte sa position d’auteur incontournable de la littérature coréenne, toujours à la frontière des mondes… Pour en découvrir plus sur Gu Byeong-Mo, nous vous proposons de lire son interview ici sur le site.

Un petit garçon avec d’étranges entailles derrière les oreilles…

Le tragique parcours d’une famille va voir naître un étrange garçon possédant des ouïes. On ne sait si il est né avec ou si le fait d’avoir été plongé dans un lac aux profondeurs toxiques les a créées. Quoi qu’il en soit, ce garçon différent et ne pourra jamais se mélanger avec les hommes…

Il va être adopté par un vieux monsieur et son fils, vivant dans un village connu pour son lac qui attire nombre de gens qui souhaitent en finir…

Surnommé Gon par sa famille adoptive, il va être protégé et même surprotégé et en même temps rudoyé et malmené… Quel avenir peut donc se dessiner pour Gon, si étrange et si à part qu’il ne semble pas avoir sa place parmi les humains ?

Fils de l'eau pocheDélétère et fascinant… sans oublier un onirisme perpétuel

Encore une fois Gu Byeong-mo nous plonge dans son monde à la fois étrange, magique et parfois quelque peu morbide. L’ambiance de son œuvre est d’une beauté unique et Fils de l’eau n’échappe pas à la règle.

Plus sombre que Les petits pains de la pleine lune, on retrouve toutefois les éléments chers à l’auteur : la perte de l’innocence, la quête d’identité, les références aux contes et légendes… Clairement, ce roman a un côté malsain et dérangeant qui titillera le lecteur, le forcera à réagir, à s’indigner, mais aussi à se délecter.

Gon, cet homme-sirène aux mœurs étranges et hors de tout, n’est pas le seul à receler un intérêt. Les autres personnages du récit sont très peu nombreux (on peut en noter cinq en tout) mais complexes. Chacun revêt sa spécificité ou son trait de caractère (parfois haïssable ou noble selon les cas…), mais aucun ne laisse indifférent.

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On sera touché par ce récit encore une fois inclassable mais si doux-amer à déguster. Fils de l’eau est un très beau roman qui conte une histoire belle et triste à la fois. Cet écrit de Gu Byeong-mo est beaucoup plus difficile à conseiller cependant.

Il revêt un côté très sombre et très malsain que ne possédait pas autant son roman précédent. Il est donc à réserver aux fans de littérature coréenne ainsi qu’à ceux qui ont adoré sans réserves Les petits pains de la pleine lune.

Espérons que les éditions Picquier éditeront nombre des autres romans de Gu Byeong-mo, car l’auteur en a beaucoup à son actif dans son pays d’origine et on rêve de les découvrir…