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Chronique : Hidden Pictures

Vous ne regarderez plus jamais un dessin d’enfant de la même manière après cette lecture !

Hidden Pictures est un roman à classer entre le suspense fantastique et l’horreur, l’ouvrage est paru chez Bragelonne en septembre 2022. Il s’agit du second ouvrage de Jason Rekulak à paraître en France, son premier était publié chez Actes Sud sous le titre La forteresse impossible.
Sur la couverture française, on peut lire un bon mot de Stephen King qui nous conseille vivement l’ouvrage. A-t-il raison ? Pour moi, OUI. J’ai adoré ce livre du début à la fin.

Une réinsertion en douceur

Mallory Quinn est jeune, à peine la vingtaine, mais elle a déjà un lourd passé derrière elle. Ancienne accro à l’héroïne et autres substances hautement addictives, la jeune femme est en rémission depuis vingt mois. Tout semble donc être sur la bonne voie pour elle. Et pour ajouter une autre bonne nouvelle, son parrain vient de lui trouver un job d’été parfait : garder un petit garçon de 5 ans dans une grande maison avec piscine au sein d’une petite ville chic.

Le cadre idéal pour repartir du bon pied dans la vie… Et d’ailleurs, au début tout se passe bien. Il y a juste une chose qui gêne un peu Mallory, mais ce travail est en or, et elle est prête à fermer les yeux sur les dessins de plus en plus étranges que fait le petit Teddy… Mais jusqu’à quand ?

Une intrigue diabolique, maline et captivante !

En quelques pages, Jason Rekulak m’a happée dans son monde. Cette petite ville américaine proprette, cette famille aisée dans ce beau quartier, sa piscine, son cadre idéal… J’adore les mystères, et je les trouve encore plus savoureux quand ils ont lieu dans des quartiers à l’image de Wisteria Lane. Je m’en fait une image de perfection qui cache quelque chose d’étrange, louche, voir même pourri. Comme ça va être le cas ici… Je m’arrête là pour ce qui est de vous « vendre » l’intrigue. Je vous laisse découvrir le reste par vous même. Sachez simplement que l’ambiance et l’intrigue m’ont attrapée en très peu de pages, dessins compris.

Oui, ce sont les dessins de Teddy le noeud du problème qui enfle pour Mallory. Le petit Teddy dessine des choses très classiques au début du roman, mais peu à peu ses personnages deviennent de plus en plus glauques et flippants. C’est cette montée en puissance douce et insidieuse vers l’horreur que j’ai le plus apprécié, ça et une belle surprise dans l’intrigue aux trois-quart de l’ouvrage.
Beaucoup d’indices sont disséminés dans l’ouvrage, mais saurez-vous les voir ? Les déceler ? Les sentir ? Rien n’est moins sûr !

Pour une fois, j’ai donc réussit à être surprise par une intrigue qui a su sortir des sentiers battus et rebattus. Jason Rekulak a su me mener par le bout du nez, et je n’ai rien vu venir, si ce n’est un malaise croissant. Bravo à lui, c’est un régal jusqu’à la toute fin, qui est juste parfaite.

Hidden Pictures est donc un roman à l’intrigue géniale et à l’efficacité redoutable. Pour moi, ça a fonctionné à merveille du début à la fin. Jason Rekulak a su dès la toute première page insinuer du bizarre, et ensuite, c’est impossible à reposer. Merci à lui pour la nuit blanche, j’ai adoré. Mention spéciale aux dessins, qui sont vraiment aussi importants que le texte pour cette intrigue. Ils participent grandement à l’atmosphère glauque qui se diffuse de plus en plus tout au long du roman…

Un petit dessin creepy… le premier d’une longue série…

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Chronique YA : Les soeurs Hollow

Un one-shot young-adult détonnant, terrible, et inclassable qui saura vous surprendre !

Si vous ne connaissez pas encore l’œuvre de Krystal Sutherland, c’est l’occasion de faire sa connaissance avec Les soeurs Hollow. Elle a déjà deux romans de parus précédemment en France, mais qui ont fait moins de battage sur les réseaux que Les soeurs Hollow chez Rageot. Ses précédents ouvrages se nomment Nos coeurs en désaccord et Un jour plus que parfait, tous deux parus chez PKJ.

La disparition d’une figure mythique du monde du luxe et de la mode

La jeune Grey Hollow est devenue en très peu d’année une véritable star, à tel point qu’elle est même sa propre égérie. Elle est à la fois créatrice de mode, artiste, élevée au rang de déesse par ses fans. Elle ne peux pas dire ou faire la moindre chose sans que ce soit immédiatement relayé, copié, adulé. Alors, quand Grey Hollow disparaît, c’est un drame à l’échelle mondiale. Et cette histoire terrible et angoissante nous est contée par l’une de ses soeurs, la plus jeune : Iris Hollow.

Qu’est devenue Grey ? Que cache son incroyable charisme ? Pourquoi tout est altéré dans son sillage ? Les réponses que va trouver peu à peu Iris ne vont pas lui plaire, mais vont lui permettre de peut-être retrouver sa trace…

Dérangeant, étrange et fascinant !

Quand j’ai lu les premiers chapitres de ce roman, j’avoue ne pas avoir compris immédiatement à quoi j’avais à faire. Roman fantastique ? Horrifique même ? Autre chose ? Les soeurs Hollow est une sorte d’hybride de tout cela, entre le roman creepy et l’intrigue policière, le tout parsemé de légendes écossaises et croyances anciennes.

Le tout est savamment dosé, on bascule doucement du suspense vers l’étrange avec toutes ces fleurs et boutures qui poussent sur le corps d’Iris (un nom parfaitement trouvé). Et de l’étrange, on tombe d’une traite dans l’horreur et une course-poursuite angoissante.

Je ne dirais rien de plus sur le contenu de l’intrigue, je ne veux pas que vous perdiez une miette de cette histoire aussi bizarre que fascinante. Tout y est malaisant et fascinant à la fois, à l’image de Grey Hollow. Et si vous arrivez à deviner la conclusion de cette histoire, je vous tire mon chapeau. Personnellement, je n’ai rien vu venir et et j’ai adoré. Pour une fois, on a affaire à une histoire qui n’est pas trop classique ou cousue de fil blanc, et ça fait plaisir.

Mon seul reproche sera au niveau de la rythmique du roman, vers la seconde partie, il y a quelques longueurs et incohérences qui auraient pu être évitées. Cela alourdi le texte inutilement et fait perdre en dynamique, ce qui est dommage. Mais en dehors de cela, l’ambiance est réussie, et l’intrigue saura vous surprendre !

Alors si vous aimez les histoires glauques et les légendes écossaises, foncez sur ce roman inclassable et génial. Il a été longtemps plébiscité sur les réseaux américains, et je comprends pourquoi il a rencontré un tel succès ! C’est du jamais lu, et ça propose quelque chose de très différent de la (sur)production d’œuvres YA qui parfois se ressemblent un peu toutes. A découvrir dès l’âge de 14/15 ans. Et n’oubliez pas d’accrocher bien fermement votre petit cœur pour ne pas qu’il tombe en cours de lecture.

Chronique ado : Mon beau grimoire

Il ne fait pas bon harceler une jeune fille qui n’a rien à perdre… surtout quand elle décide de se lancer dans la magie noire pour se venger…

Chrysostome Gourio est un auteur français qui écrit pour la jeunesse et les ados mais aussi les adultes. On lui doit notamment Rufus le fantôme (Sarbacane, Pépix), Wilma la vampire (Sarbacane, Pépix) ou encore La brigade des chasseurs d’ombres (Sarbacane, Exprim’). Mon beau grimoire est paru en 2021 dans la très bonne collection d’horreur pour les 14 ans et plus chez Casterman : Hanté.

Les trois K, ou l’horreur du harcèlement personnifiée

La jeune Perséphone a un lieu d’habitation peu commun, sa maison est au beau milieu d’un cimetierre. A cause de cela seulement, elle est harcelée. Certains de ses camarades la prénomment « la sorcière », lui jettent des mots atroces à la figure. Perséphone n’en peut plus d’être une victime. Alors quand on lui propose de devenir actrice de son destin et de se venger par le biais de la magie noire, elle n’hésite pas. Quel qu’en soit le prix. Et il est terriblement lourd…

Parfait pour qui aime les histoires qui finissent mal

Vous aimez les fins pas toutes roses ? Les héros et antihéros qui en bavent ? Les contes de la crypte font partie de vos pulps préférés ? Mon beau grimoire est fait pour vous. Il y a une telle violence latente dans ce roman que ça en fait peur… ça tombe plutôt bien puisque qu’on est dans une collection horrifique !

Le format très court de la collection Hanté fait encore une fois preuve d’efficacité. C’est rapide, terrible et conclu avec une efficacité redoutable. D’autant que l’auteur adore tout ce qui touche à la mort et à ses archétypes. Il a déjà mis en scène (pour des lecteurs beaucoup plus jeunes) quantité de personnages qui vont de pair avec les ténèbres… Mais ici, on s’adresse à des 14 ans et plus et ça se voit !

C’est sombre, glauque et il est difficile de définir une frontière nette entre le bien et le mal. Perséphone souffre, c’est indiscutable, mais cela lui donne-t-il le droit de faire souffrir ? Là est toute la question ! A réserver aux fans d’histoires horribles dignes des meilleurs Chair de poule, le contenu sensible en plus.

Chronique : Molly Souhtbourne tome 2 – La survie de Molly Soutbourne

On ne présente plus (si ?) Tade Thompson, auteur reconnu dans le monde de l’imaginaire notamment avec sa trilogie de Wormwood (J’ai Lu). Il est initialement psychologue, métier qu’il exerce en Angleterre, mais Tade Thompson a grandi au Nigéria. Il a remporté les prestigieux Prix Nommo en 2018 et Julia Verlanger en 2019.


La survie de Molly Southbourne fait directement suite aux Meurtres de Molly Southbourne, il est indispensable d’avoir lu le précédent pour profiter pleinement de l’intrigue.

De retour dans le monde des Molly

Nous laissons Molly où nous l’avions laissée à la fin de la précédente novella, un téléphone à la main devant une maison en flammes. Charge à elle de trouver un nouveau sens à sa vie qui semble constamment en danger, mais pas forcément à cause de ce que l’on croit…

Une suite en demi-teinte

Moi qui avait été subjuguée par le rythme, l’originalité et la douce violence des Meurtres de Molly Southbourne, cette seconde novella m’a quelque peu déçue.

Je n’ai pas retrouvé cette ambiance à la fois étrange et malaisante du premier tome. Les questions que l’on se posait sur l’origine des Molly vont trouver certaines de leur réponses, mais au final il est parfois préférable de conserver le mystère… Trop de révélations déflorent l’ambiance. On sait maintenant à quoi s’attendre, l’effet de surprise a disparu et il est plus difficile selon moi d’entretenir cette atmosphère qui était si plaisante…

Bien entendu, l’intrigue reste intéressante, mais je n’ai pas réussit à m’y intéresser autant que dans le premier ouvrage. Pour moi, Les meurtres de Molly Southbourne se suffit amplement à lui-même. J’ai d’ailleurs déjà commencé à oublier les tenants et aboutissants de ce second opus… c’est dire.

Malgré cette suite dispensable, on retrouve l’écriture simple et efficace de Tade Thompson et il faut avouer que ça fait plaisir. Cela n’est cependant pas suffisant pour en faire un texte percutant. Dommage !

Le premier tome, qui pour moi se suffit largement à lui-même.
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Actualité éditoriale : A la découverte de la collection Hanté

Dans la famille des romans jeunesse qui font froid dans le dos, je demande la collection Hanté ! Débutée en 2016, cette petite collection de six titres pour le moment (dont le dernier est paru en avril 2021) se propose de faire découvrir des textes français courts et horrifiques aux 11/13 ans. Et ça fonctionne assez bien de mon point de vue.

A peine une centaine de pages, chapitres très courts pour tenir le lecteur en haleine. Des maquettes old-school à la fois graphiques et percutantes, un effet collection qui fonctionne… Casterman réussit à proposer des textes qui saurons plaire aux jeunes lecteurs devenus trop grands pour les Chair de Poule et pas encore assez pour les Stephen King.

La collection Hanté se positionne assez bien dans le paysage éditorial, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu de collection de romans horrifique pour cette âge-ci . Souvent, la production éditoriale se borne à la tranche des 9/11 ans. Ici, Hanté s’adresse à des enfants un peu plus âgés qui trouverons leur content de frissons.

A chaque texte, on change d’auteur, de style, de source d’angoisse… leur point commun outre la peur inoculée à ses lecteurs ? Une chute finale terrible qui remet en question tout ou une partie du roman…

Pour vous en parler plus amplement, j’ai eu l’occasion de lire trois des titres de la collection :

La maison sans sommeil – Benoît Malewicz

Une maison fraîchement investie par une famille et des voix effrayantes qui hantent le jeune Paul.

A peine a-t-il emménagé avec ses parents que la maison semble lui parler, le menacer, lui demander de faire des choses étranges…

Le démarrage est rapide, efficace, et la chute n’est pas trop mal…

Des trois que j’ai lus, c’est cependant celui qui m’a le moins plu, mais il est malgré tout efficace.

L’amie du sous-sol – Rolland Auda

Une amitié intense unit Létho et Alma, à tel point que quand la jeune fille commence à être absente en cours le jeune homme va tout faire pour savoir ce qu’il se passe. Quitte à rater lui-même le collège et ses leçons au conservatoire. 

Ce qu’il va découvrir peu à peu après avoir retrouvé Alma va le hanter. Au début, c’est juste de la curiosité pour un trappe. Mais cette curiosité évolue en autre chose… Et pour le coup, la chute est excellente et fait bien froid dans le dos.

Ce roman horrifique est très réussit.

On ne s’attend pas à ce que Létho va découvrir, et surtout, la façon dont sont construits les chapitres ajoutent au sentiment d’angoisse. Impossible d’en dire plus sur la chronologie, mais c’est bien fait.

Le camping de la mort – Thibault Vermot

Une bande de copains décide de se faire un peu frissonner en partant pour quelques jours dans les bois. L’ouvrage est une référence constante au film Stand by me (cité dans l’ouvrage), tiré lui-même d’une nouvelle de Stephen King nommée Le corps que vous pouvez trouver dans le recueil Différentes Saisons (Le livre de poche). Une nouvelle du grand maître de l’horreur qui pour une fois n’a rien à voir avec du fantastique.

En ce qui concerne Le camping de la mort cependant, il y a des éléments étranges et surnaturels qui peu à peu prennent une place conséquentes. Et si vous aimez les anagrammes il se peut que la fin vous saute aux yeux quelques pages avant la conclusion !

C’est mon préféré de la collection pour le moment, et les références à Stand by me n’y sont pas pour rien. Mais outre cela, l’ambiance, l’idée de ces gamins paumés en pleine forêt, la conclusion… Tout fonctionne à la perfection !

Gros coup de cœur donc pour Le camping de la mort, parfait pour les 11/13 ans.

Actualité éditoriale : Coup de foudre pour les images de l’album jeunesse Le supplice de la banane et autres histoires horribles

Angoissantes et sublimes, voilà comment on peut qualifier les illustrations de la polonaise Emilia Dziubak.

L’ouvrage paraît le 30 septembre aux éditions Albin Michel Jeunesse, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est aussi beau qu’atypique. C’est le genre d’univers glauque que l’on ne peut pas s’empêcher de regarder avec fascination… Une incursion dans les contes, l’étrange et la beauté…

Emilia Dziubak a déjà publié des ouvrages en France par le passé, mais rien d’aussi bizarre (et génial), la plupart sont édités aux éditions Kimane. Il y a notamment Fais-moi un câlin, Amis pour toujours, ou encore Qui a peur du grand méchant tigre ? Des histoires très classiques, rassurantes, mignonnes… tout l’opposé du fameux Supplice de la banane et autres histoires horribles.

Je pense que c’est typiquement un album jeunesse à destination des adultes, comme les sont souvent les ouvrages de Benjamin Lacombe ou de Bertrand Santini (ses albums, pas ses romans) . Aussi bien par leur thématique souvent sombre, que par leur graphisme qui l’est tout autant.

Cet album a tout l’air d’être un petit bijou… j’ai hâte de le découvrir en vrai, mais en attendant je partage ses magnifiques illustrations qui font rêver…

Belle découverte à vous !

Chronique : Nightfall – Tome 1

Un roman pour ado au pitch ultra-séduisant, mais qui ne réussit pas à tenir ses promesses au final…

Premier tome d’une série mélangeant fantastique, survie, et horreur, Nightfall est un roman à quatre mains signé par les américains Jake Halpern et Peter Kutawinski. Il s’agit de leur premier ouvrage paru en France, et c’est aux éditions PKJ que vous pourrez le découvrir. L’ouvrage est paru en avril 2017.

Une île où le jour dure quatorze longues années… et la nuit tout autant !

Bienvenue sur l’île de Bliss, merveilleuse, pleine de ressources, le temps y est clément, tout le monde y vit de façon épanouie… Du moins, il en est ainsi pendant quatorze années consécutives. Ensuite, la Nuit commence à tomber pour s’installer pendant elle aussi quatorze années…

C’est au moment où le froid arrive et où la marée change que tous les habitants de Bliss s’adonnent à un étrange rituel : ils font leurs valises et quittent l’île par bateaux entiers pour les quatorze prochaines années pour se rendre dans les Terres désertiques. Mais ce n’est pas le plus étrange, non, c’est leur « façon » de préparer leurs maisons qui est étrange…

Avant de quitter Bliss, « LES MAISONS DOIVENT ÊTRE IMMACULÉES », comme le dit l’étrange statue qui fait son apparition alors que la marée baisse…

C’est dans ce contexte fébrile que l’on découvre Marine, Liam et Kana, des ados d’environs quatorze ans. Ils vont découvrir les préparatifs liés à l’arrivée de la Nuit, et beaucoup de question les taraudent… pourquoi masquer leurs odeurs de toutes les maisons ? Pourquoi retirer les serrures et laisser les portes d’entrées ouvertes ? Pourquoi placer ces étranges tables et assiettes sur les tables ? Que cache la Nuit ? Que savent les Okranas (seuls habitants de Bliss à avoir le droit d’aller dans la forêt) ?

Une accroche géniale, mais un développement hasardeux et décevant…

D’étranges têtes à apposer sur les murs, des boîtes bizarres cachées dans les sous-sols des maisons de Bliss, des agencements de meubles à respecter absolument, une forêt qui fait de plus en plus peur au fur et à mesure que la nuit tombe, des bruits sourds et graves qui proviennent des bois…

Une fois passées les cent premières pages du roman qui sont aussi captivantes que mystérieuses, on commence à comprendre où veulent nous mener les auteurs. Ainsi, malgré un début très prometteur, le développement de Nightfall laisse cruellement à désirer…

C’est fort dommage, car l’ambiance avait un petit quelque chose qui la rendait crispante, unique, étrange… Mais dès lors que l’on a compris dans quoi nous embarquaient le duo d’auteurs, c’est décevant. Pourquoi ? Car c’est tout simplement du déjà-vu/lu et que l’idée de base ne suffit pas à sauver le reste, d’autant que le trio de « héros » n’est guère charismatique. Ils ont parfois des réactions hors de propos ou complètement disproportionnées, ce qui rend le tout un peu bancal dans certaines scènes…

Le seul avantage que l’on peut trouver à Nightfall c’est que même si il s’agit d’une série en plusieurs tomes, le premier peut se suffire à lui-même. La majorité de vos interrogations seront satisfaites et résolues. De plus la conclusion proposée ici peut tout à fait convenir et s’assimiler à une vraie fin sans nécessairement vouloir en lire plus (comme la saga fantastique NIL).

……

En somme, Nightfall est un roman qui vend du rêve mais qui au final est une réelle déception. Pour ceux que le thème intéresse, il est adapté aux ados dès l’âge de 14/15 ans environ…

Chronique : La mère des eaux

Un thriller fantastique et fou qui tire ses origines dans ce que la magie vaudou a de plus sombre…

Après Les enfants de Peakwood, Rod Marty revient ! Auteur français découvert par les éditions Srcinéo, La mère des eaux est son second roman. On y sent plus d’assurance et de maturité que dans le premier. Plus de noirceur également. Je vous laisse aviser, mais pour moi, c’est un véritable coup de cœur.

Il était une fois… dans une petite ville isolée de Louisiane : Lamarre

Emily et Chris forment un couple idéal. Ou presque. Leur manque d’enfant commence à peser, en particulier pour Emily qui a perdu tout espoir à force fausses-couches à répétition… Pour Emily, qui est fille adoptive, c’est encore plus difficile à accepter que pour d’autres…

Alors, quand arrive une lettre en provenance de la ville de Lamarre et qu’on lui annonce qu’elle hérite de la propriété de sa mère, Emily veux y aller immédiatement. Surtout que sa mère biologique n’est pas décédée, mais bien vivante ! Une surprise de taille pour la jeune femme. Mais sa mère est totalement vidée, il n’y a plus d’âme en elle, uniquement une enveloppe qu’il faut nourrir et changer… Emily doit donc s’occuper d’elle maintenant, et peut-être rester à Lamarre ?

Les habitants y sont si accueillants, gentils, prévenants… pourquoi ne pas rester vivre dans cette douce petite ville à l’écart du stress de la grande ville ? Surtout que peu à peu, on commence à promettre à Emily l’idée qu’un enfant d’elle puisse naître dans cette ville aux caractéristiques uniques. Comment ? Pourquoi ? Beaucoup de questions s’amoncellent aux portes de Lamarre… oserez-vous les franchir ?

Un roman sombre comme il faut…

Lire ce roman, c’est se retrouver dans un autre endroit, et même un autre siècle. Lamarre est une ville si isolée de tout qu’on dirait que le temps s’y arrêté. Ce qu’on y découvre est bien loin de ce qu’on aurait pu imaginer au premier abord.

Je m’attendais toutefois à un récit sombre, et j’ai justement adoré La mère des eaux pour cela. Ça fait du bien de lire un roman dont l’atmosphère est proche du récit horrifique. Sous tension constante, parsemé de visions étranges, violentes, parfois érotiques… Emily se perd peu à peu dans les méandres de la petite ville de Lamarre.

L’ambiance est lente, lancinante, invasive… on sent réellement le mal-être qu’engendre peu à peu la ville sur le couple. Rod Marty a gagné en maturité au niveau du développement de son décor. Beaucoup plus fin, efficace que dans son précédent roman. C’est délectable !

Et surtout, on en apprend énormément sur la magie vaudou. Dans ce roman, il est question de Mami Wata, la Reine des eaux. Elle peut vous donner beaucoup si vous la servez comme il se doit… sinon elle reprend tout, et pire encore. Si vous commencez d’ailleurs à chercher un peu qui est Mami Wata sur le net, vous trouverez énormément de sites web dédiés au vaudou (haïtien, africain…). J’avoue avoir tellement aimé que j’aurais voulu en savoir plus cette culture magique si bénéfique et dangereuse à la fois.

J’ai adoré découvrir le mythe pensé par Rod Marty pour expliquer les origines de la ville de Lamarre. Dans le roman, on alterne entre notre époque et une autre, une centaine d’années avant. Tout est bien ficelé pour nous amener jusqu’à la conclusion parfaite concoctée par Rod Marty.

…….

En conclusion, La mère des eaux est un roman parfait si vous aimer vous faire peur, être captivé par une ambiance étrange, malsaine et fascinante à la fois.

Rod Marty se révèle enfin avec ce roman de qualité qui plaira aux fans d’horreur et de fantastique !

PS : Petite mention spéciale pour la couverture que je trouve absolument parfaite pour le roman. Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser à un autre roman d’horreur qui utilise la couleur verte comme base, avec une petite chapelle en fond… ça vous parle ?

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Chronique : Les enfants de Peakwood

Les enfants de PeakwoodEntre horreur et fantastique, découvrez un nouvel auteur français prometteur… !

Premier roman de Rod Marty, Les enfants de Peakwood est paru aux éditions Scrinéo à la fin de l’année 2015. Il s’agit d’un récit one-shot, et c’est appréciable quand on voit la profusion de séries littéraires qui sortent en librairie. Entre récit fantastique et horreur, bienvenue dans une petite ville paumée des États-Unis qui cache de très nombreux (et sombres) secrets…

Un accident de car scolaire et de nombreux traumatismes comme départ d’intrigue

Au début, c’est un amoncèlement de corps brisés et de tôle froissée que l’on aperçoit. Des voix d’enfants perdus, déboussolés pour ceux encore en vie… L’accident qui eut lieu cette nuit là a bouleversé violemment et durablement la petite ville de Peakwood.

Mais tous ces enfants morts sont revenus dans leurs maisons, leurs foyers respectifs après le drame… Ils ont continué à grandir, rire, pleurer, apprendre. Comment ? Grâce à un lourd secret mélangé à de la magie indienne ancienne…

Mais il y a toujours une contrepartie avec le surnaturel, surtout quand on ne respecte pas toutes les règles du marché. Et c’est ainsi que la communauté de Peakwood va vivre les jours les plus terribles de son existence : violents et morbides…

Un roman plutôt effrayant… qui aurait pu l’être encore plus !

Rod Marty sait manier son histoire pour la faire monter en grade vers l’inquiétant, puis l’effrayant. La montée insidieuse du bizarre et de l’étrange est très bien réalisée et les scènes d’ambiance où le mal s’installe sont les meilleures de l’ouvrage. Ses personnages et leurs façons d’évoluer sont elles aussi bien faites.

A cette lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à une sorte de mélange entre Les Tommyknockers et Simetierre, deux ouvrages de Stephen King. En effet, peu à peu, les habitants de Peakwood son « contaminés » par une force étrange, comme dans Les Tommyknockers, et pour Simetierre, et bien, je vous laisse trouver… Mais ces parties similaires au monde de Stephen King ne donnent aucunement une impression de copie, Rod Marty a su trouver son univers propre.

Certains des personnages sont assez réalistes, tant qu’ils en deviennent effrayants : du gros macho sexiste et violent au jeune garçon surdoué et mélancolique, ils évoluent tous. Certains pour le meilleur, d’autres pour le pire, mais tous changent de façon crédible et réfléchie.

En ce qui concerne l’histoire à proprement parler, elle est assez classique, mais bien menée. Les enfants de Peakwood est un roman qui a des côté effrayants, mais qui aurait pu aller encore plus loin dans l’inquiétant. J’aurais aimé que l’histoire aille un cran plus loin pour faire vraiment peur, et pas seulement passer un bon moment de lecture.

Autre remarque, on aurait apprécié que le monde des Indiens et de leur mythologie (démons, mythes, magie) soit plus développé pour mieux amener l’intrigue et ses enjeux (en particulier vers la fin). Mais pour un premier roman, c’est une histoire tout à fait honorable qui se tient parfaitement.

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En somme, Les enfants de Peakwood est un bon premier roman qui laisse présager de bonnes choses pour la suite. A lire pour se faire peur dès l’âge de 14-15 ans environ, et ce sans limites. Pour ceux qui sont déjà de grands amateurs de récits fantastiques et d’horreur, il très possible que se récit ne vous contente pas ; il est plutôt à réserver à ceux qui souhaiteraient découvrir le genre de façon mesurée.

Quoi qu’il en soit, Rod Marty est un auteur qu’il faudra suivre de près à l’avenir. Cet ouvrage était bien, mais je pense que ce nouvel auteur n’a pas encore révélé tout son potentiel.

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Chronique : Bird Box

Bird Box pocheUn roman horrifique sur une chose mystérieuse qui rend fous ceux qui la regardent… partout à travers le monde. Un thriller fantastique dont l’ambiance est à couper au couteau.

Josh Malerman est un auteur de nationalité américaine, Bird Box est son tout premier roman, mais il a également écrit quelques nouvelles. Outre son art de manier la plume, Josh Malerman est également le chanteur du groupe de rock The High Strung.

Par ailleurs, les droits d’adaptation cinématographiques ont été vendus et Bird Box devrait arriver dans les salles obscures dans un avenir proche…

Une horreur indicible se cache sur la terre et dans le ciel

Quelle qu’elle soit, une chose rôde depuis quelque temps sur la Terre. Tout à commencé par un cas isolé, puis un autre, quelque temps après. Quelque chose à l’extérieur rend fous les gens ; à tel point qu’ils se mettent à tuer tous ceux qui sont proches d’eux puis se suicident dans un bain de sang inouï.

D’un coup, ce genre d’événement s’est généralisé très rapidement. Les cas de folie se sont déclarés en quantité exponentielle, les survivants on commencé à s’organiser, à masquer leurs fenêtre, à bander leurs yeux… Qu’est-ce donc qui rend les gens fous à la seule vue de cette chose ? Les animaux sont-ils atteints ? Ou est-ce seulement l’espèce humaine ? Quel avenir peut donc se profiler pour les survivants de cette folle pandémie ?

A travers le point de vue de Malorie, une survivante, découvrez la Terre telle qu’elle était avant ces funestes circonstances et surtout… bien des années après. Qu’est devenue notre société face à un tel phénomène ? A-t-elle seulement survécu ? Et si oui qu’en reste-t-il ?

Bird Box orbitEnfin un thriller bien sombre qui joue efficacement avec les codes de l’épouvante

Dès les premières pages, Bird Box nous captive par son ambiance et ses nombreux mystères. Entrecoupée de flash-back, l’histoire nous entraîne dans les méandres de la pensée humaine à travers l’esprit de Malorie : à la fois dans le passé, où elle tente de survivre alors qu’elle est enceinte, et dans le présent où elle a si peur de perdre ses enfants qu’elle ne leur a jamais donné de prénom.

Cette femme courageuse et vulnérable à la fois a des réactions tout à fait réalistes. Nous pourrions être à sa place, et réagir tout comme elle : entre peur et interrogations continuelles.

L’autre point fort de ce sombre récit, c’est la psychologie des personnages. Ils ont beau être peu nombreux, ils sont extrêmement cohérents, flippants (pour certains), et bien décrits. Les nombreuses scènes d’enfermement entraînent des malaises qui vont crescendo, d’autant plus quand de nouveaux personnages débarquent.

Quant à la réaction de folie causée par ces mystérieuses présences à l’extérieur, l’auteur sait entretenir le mystère sans trop entrainer de frustration. Il nous pousse à nous interroger également sur des choses auxquelles nous n’aurions pas pensé au premier abord… C’est bien machiavélique, très retors et carrément fou par moments, en bref c’est délectable et parfois un peu sanglant !

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D’une douce folie, Bird Box est un roman sombre, dérangeant et très mystérieux. Vous n’aurez pas les réponses à toutes vos interrogations, mais qu’importe. Ce roman noir et post-apocalyptique est une petite merveille qui se hisse sans peine dans mes coups de cœur. A lire et à méditer, c’est un magnifique roman à la fois poétique et implacable qui mérite d’être découvert.