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Chronique : Like Me – Chaque clic compte

Mensonges et trahisons sous le signe des réseaux sociaux… jusqu’où peut-on aller ?

Thomas Feibel est un auteur et journaliste allemand. Like Me est son premier roman paru en France, aux éditions Bayard en mai 2015.

Imaginez le plus grand réseau social qui organise un grand concours. C’est à celui qui collectera le plus de « likes » et de réactions. Mais jusqu’où le jeu peut-il aller ?

Bienvenue sur ON

Ainsi se nomme le réseau social le plus développé du pays. Alors quand un concours de popularité à l’échelle nationale est lancé, c’est un combat sans merci qui est lancé. Mais certains prennent les enjeux plus à cœur que d’autres, et certains participants sont absolument prêt à tout pour gagner… y compris à influer et à altérer la vie réelle des personnes de leur entourage. C’est ainsi que Jana va peu à peu plonger dans les méandres d’un jeu qui la dépasse… Mais quelles sont les limites de la décence sur ON ?

Un roman bien ficelé qui se lit vite

Like Me fait partie de ces romans qui se lisent très vite, et pour cause : des chapitres courts, peu de personnages, une histoire simple et parlante. Tout concoure pour donner un sentiment d’effervescence, de rapidité, comme sur les réseaux sociaux où tout peu évoluer, être partagé, diffusé très vite. Le réseau ON ressemble d’ailleurs énormément à notre Facebook.

Après cette lecture cependant, en garde-t-on un souvenir impérissable ? Peut-être pas non, mais le plaisir de lire est indéniable. Et la leçon derrière l’histoire mérite que l’on s’y intéresse… Les réseaux sociaux et leur influence sont indéniablement très importants, parfois trop d’ailleurs dans la vie de certains. Like me tire sa force de cette problématique tout en nous tenant avec une intrigue d’une efficacité simple et diabolique.

On peut également retenir d’autres thèmes très intéressants tels que l’amitié et ce jusqu’où on est prêt à aller pour aider ceux qu’on aime… Et aussi jusqu’où on est prêts également pour réussir en écrasant ses amis…

Like me est un roman young-adult qui peut se découvrir dès l’âge de 14/15 ans. Agréable, mais pas mémorable. On retiendra notamment un défaut majeur dans les personnages qui sont parfois extrêmement stéréotypés dans leur méchanceté. Sans nuances, tout en cruauté, le personnage de Jana est particulièrement détestable… et sans surprises.

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En conclusion, le sujet de Like Me a beau être intéressant, le roman ne va pas assez au fond des choses pour être vraiment marquant. On passe un moment sympathique, mais sans plus. Cependant, ce roman a le mérite de traiter d’un sujet épineux car certains ne se rendent pas compte du jeu dangereux auquel ils jouent quand ils postent certaines choses. En cela, Like Me est bien construit et amène à un début de réflexion qui mérite d’être creusé.

Chronique : Geek Girl – Tome 3

Let’s go to… New York !

Suite des aventures d’Harriet Maners avec Geek Girl 3, mais cette fois-ci, ce n’est pas par choix. Toute sa famille part à New York pour le nouveau travail de son père… et le monde de la mode va vite la rejoindre !

La série Geek Girl est écrite par Holly Smale, qui s’est servie de sa propre expérience dans le mannequinat pour créer ses romans. Le troisième tome de la saga est paru en avril 2015 chez Nathan.

Un déménagement aussi lointain qu’imprévu

Harriet et toute sa famille (y compris Tabatha, sa petite sœur toute neuve) s’envolent pour New York, aux Etats-Unis pour soutenir son père dans son nouveau choix de carrière. Au-revoir l’Angleterre et bonjour les paillettes et les lumières de la ville qui ne dort jamais ! Sauf que… petite omission de la part de son père et de sa belle-mère : ils ne s’installent pas vraiment à New York, mais dans l’état de New York… Harriet pensait voir plus souvent Nick, mais il n’en est rien puisqu’elle est à plus d’une heure de train de la ville scintillante…

Et les ennuis ne font que commencer pour Harriet qui a tout perdu : sa pire pote, son harceleur personnel et le peu de connaissances qu’elle avait réussit à conserver malgré son statut de geek…

Un roman sur le changement et les bouleversements qui sillonnent notre vie

Il faut l’avouer, ce troisième opus est le signe de très nombreux changements pour Harriet. Elle va devoir affronter beaucoup d’obstacles et devoir grandir un peu… Mais va-t-elle réussir ? A vous de voir ! Une chose est certaine, Harriet n’a pas le choix, elle va devoir changer et prendre sur elle, et cela malgré les très nombreuses déceptions qui vont lui tomber dessus. C’est le temps des changements, et cela sur de nombreux plans.

Et comme chaque tome est le symbole d’un voyage en particulier, nous allons découvrir la ville de New York à travers les yeux de l’anglaise la plus pointilleuse et geek du moment. Mais ce tome nous laisse entrevoir une Harriet beaucoup plus seule et abandonnée qu’il n’y paraissait dans les premiers tomes, même si on y retrouve Willbur et Nick. Peut-être est-ce la seule façon de voir notre jeune héroïne grandir un peu même si cela n’est pas sans mal.

Elle va devoir cerner qui lui veut du bien et qui n’a aucun intérêt à ce qu’elle réussisse, elle devra trouver qui sont ses vrais amis au milieu du monde si difficile de la mode… et faire ses propres choix. Elle devra également porter de chaussures en forme de homard. Oui.

Comme toujours, on passe un agréable moment avec Harriet Manners, mannequin malgré elle. On retrouve avec plaisir son amour pour les to do list et les faits scientifiques étranges qui tombent comme un cheveu sur la soupe…

Attention toutefois à ne pas tourner en rond car la série a beau être fort sympathique, on peut vite tomber dans la répétition, c’est en tout cas le risque qui se profile. Geek Girl était à la base une trilogie, mais la saga est finalement reconduite pour au moins 6 tomes, donc affaire à suivre, comment Holly Smale renouvellera sa saga sans tomber dans le cliché ou la répétition ?

Chronique : J’ai avalé un arc-en-ciel

Un roman assez drôle et frais sur l’adolescence… et les milliers de questions qui traversent l’esprit à cet âge là !

Erwan Ji est un auteur français. Non, en fait, il est même plus que ça : il est Breton ! Il s’agit de son tout premier roman et il vient de paraître en mars 2017 chez Nathan. Avec cet ouvrage, vous allez découvrir la vie d’une adolescente normale dans un campus aux États-Unis : ses amitiés, ses amours, ses questionnements… la vie tout simplement !

Bienvenue chez Puce !

Ou Capucine. Car en fait, Puce n’aime pas vraiment qu’on l’appelle Capucine, car elle n’est pas « une plante herbacée » mais une « homo sapiens femelle de dix-sept ans ». Elle vit aux Etats-Unis, dans un cadre scolaire très privilégié (ce dont elle est consciente) et profite de la vie à 100%. Car quand on est en plein dans l’adolescence, il y a une foule de chose qui occupent l’esprit !

Ce roman, c’est l’histoire d’une fille positive, vivante, nature et drôle et de ses nombreux questionnements sur la vie.

Un roman drôle et efficace

Si vous cherchez un roman ado simple et qui se lit aisément, c’est le livre parfait. Ecrit sous forme de journal intime au jour le jour, nous découvrons le blog de Puce, que personne dans son entourage ne connaît puisqu’elle le rédige en français !

Puce étant franco-américaine, elle est donc bilingue, et cela se ressent dans sa narration aux très nombreux anglicismes. Parfois c’est utile et intéressant, et parfois, ça fait un peu trop donneuse de leçons… J’ai eu un peu de mal avec cette forme narrative qui se veut bilingue, car il donne parfois un air suffisant à Puce alors que ça ne lui ressemble pas dans sa psychologie et sa façon d’être.

Outre la narration, ce blog/journal intime recèle de très bons passages où l’on ne peut s’empêcher de sourire, sinon de rire. Certaines scènes sont franchement mémorables, d’autres sont emplies d’émotions. Car oui, J’ai avalé un arc-en-ciel, c’est aussi un roman sur l’amour, quelle qu’en soit la forme, et Puce, elle a beaucoup de questions qui se bousculent dans sa tête sur qui elle aime !

Si vous deviez lire ce roman, ce n’est pas pour son histoire se déroulant dans un campus pour ados américains privilégiés. A nous français, ça ne nous parle que très peu, malgré les nombreuses séries et films qui nous abreuvent de ce mode de vie « rêvé ».

Non, ce roman est à lire pour la façon dont il aborde les questions sur l’orientation sexuelle, et l’amour en général… Tous ces thèmes qui sont vraiment épineux à l’adolescence et dont on n’a pas nécessairement envie de parler à ses parents ou même à ses amis. C’est le genre de livre qui rassure, tout simplement, qui offre une ouverture sur le monde pour ne pas s’emprisonner dans un carcan et réfléchir, tout simplement.

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J’ai avalé un arc-en-ciel est ainsi un roman agréable, sans prétentions, qui fait passer un excellent moment malgré son manque cruel de réalisme. En effet, on est plus dans une adolescence rêvée à la façon américaine avec campus privé, bal de promo et grosses fêtes le week-end que dans la vraie vie.

Toutefois, si vous le prenez pour ce qu’il est, J’ai avalé un arc-en-ciel est un roman ado qui vous fera passer un excellent moment entre humour et journal de la vie de tous les jours ! Et surtout, il traite des questions de l’homosexualité et de l’adolescence avec justesse : sans jugement ou parti pris, et rien que pour cela, ça vaut le coup.

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PS : Malgré les élans assez féministes du roman, j’avoue ne pas avoir aimé découvrir que Puce passe « en mode dragon » quand elle a ses règles… Cela conforte les gens dans l’image négative de : femme qui a ses règles = insupportable. C’est dommage car l’auteur a en général tout fait pour ne pas alimenter ces généralités dans son roman, mais n’a pas su éviter cet écueil.

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Chronique : Dieu roule pour moi

Un roman destiné aux ados qui ne réussit par à convaincre car traitant de tout… et de rien.

Paru en octobre 2015 aux éditions de L’école des Loisirs, Dieu roule pour moi est un roman de Dominique Souton. Elle a une foule de livres à son actif, et cela pour tous les âges (y compris les adultes) : Quand on raconte des histoires horribles, il arrive des histoires horribles, J’aime mon meilleur ami qui aime ma meilleure amie, Zélia change de look, Je hais le théâtre

Dieu roule pour moi nous permet de suivre la correspondance de Chrissie Jones, résidant aux Etats-Unis avec une jeune française de son âge.

La vie d’une fille de pasteur

Bienvenue à Sioux Falls, une ville du Dakota du Sud. Plus précisément, nous voici au sein de la famille de Chrissie Jones. Fille de pasteur, pas franchement intégrée dans le collège qu’elle fréquente, ni géniale ni impopulaire. Chrissie ne fait pas de vagues, mais le hasard de la vie va parfois dans son sens, comme en ce qui concerne certains événements décisifs dans sa vie.

Vous voici ainsi dans la correspondance de Christie qui envoie mails sur mails à une correspondante française. Mais que peut-elle bien lui raconter ?

Une correspondance à sens unique

Dieu roule pour moi est intéressant pour une chose en particulier : il nous fait découvrir certains éléments emblématiques de la culture évangélique américaine. En effet, notre jeune narratrice vit dans une famille dont la religion est le centre névralgique.

On découvre les enjeux et l’importance du métier de pasteur qu’exerce son père. Mais ce n’est pas tout : de nombreuses questions que se posent Chrissie nous sont également présentées, notamment celles traitant du bal de pureté. Ce phénomène du bal de pureté est très répandu dans les communautés chrétiennes évangélistes américaines (mais pas seulement).

Le seul problème, c’est que les questionnements de Chrissie n’en sont pas vraiment, elle ne semble pas avoir d’avis franc et laisse le hasard et le destin décider pour elle. On aurait aimé découvrir une narratrice plus curieuse et/ou plus engagée dans ses opinions. Ici, on ne fait qu’effleurer de nombreux thèmes : la religion, la virginité, les premiers amours et émois, la notion de bien et de mal, la famille…

L’auteure ne va pas assez loin dans ses explications au travers de sa narratrice. Pour des lecteurs qui n’y connaissent rien ou peu de choses sur ces questionnements, Dieu roule pour moi les laissera très interrogateurs. D’autant que les lecteurs de ce roman sont des français, et ces problématiques très américaines ne leur parleront pas nécessairement.

De plus, chose assez paradoxale, l’histoire ne nous raconte guère de choses. Il n’y a pas de réelle intrigue, ni d’enjeux, à peine quelques réflexions, mais c’est tout. Par exemple, Chrissie est en disgrâce au sein de son école pendant une bonne partie du roman, puis sans raisons, elle devient presque populaire en quelques chapitres ! C’est à n’y rien comprendre…

De ce roman épistolaire (uniquement par mail), vous ne lirez que les écrits de Chrissie. On comprend toutefois aisément ce que dit sa correspondante française car les mails de l’ado américaine sont rédigés avec la question d’origine.

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Pas assez explicatif, trop nébuleux, Dieu roule pour moi est un roman qui nous fait toutefois découvrir une autre Amérique : profonde, religieuse et ancrée dans de nombreuses traditions. Mais cela ne suffit pas à créer un récit passionnant, et il est facile de passer à côté… Dommage, l’idée de base était très intéressante. Pour les curieux, c’est à découvrir dès l’âge de 14 ans.

Pour aller plus loin sur le phénomène des bals de pureté :

http://www.barbieturix.com/2014/04/10/papa-protege-ma-virginite-lessor-inquietant-des-bals-de-purete-aux-etats-unis/

http://www.aufeminin.com/news-societe/bal-de-purete-le-phenomene-intriguant-de-ces-fillettes-qui-font-v-u-de-chastete-s385077.html

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/images-etrange-phenomene-bals-de-purete/

Chronique : Love & Pop

Love & PopQuand les adolescentes japonaises sont prêtes à tout pour obtenir des produits de luxe…

Love and Pop, c’est avant tout le roman d’un phénomène malheureux et particulier au Japon : Enjo kōsai. Il s’agit de rendez-vous que les jeunes japonaises (lycéennes en général) acceptent avec des hommes beaucoup plus âgés qu’elles contre rémunération. Cela peut aller du rendez-vous simple à… de la prostitution pure. Le but final de ces entrevues est pour les jeunes filles de se procurer des produits de luxe : Chanel, Vuiton, Prada…

L’auteur de Love and Pop est Ryū Murakami ; il est également réalisateur et scénariste. Ses ouvrages les plus connus sont Bleu presque transparent, Les Bébés de la consigne automatique ou encore Miso Soup.

Une bague si belle qu’on est prête à tout pour l’obtenir…

Le quotidien d’Hiromi est composé de son petit ami, des ses amies et de shopping. Mais le jour où elle découvre dans une bijouterie une magnifique bague en topaze, Hiromi sait qu’il la lui faut. Vite. Dès que possible avant de voir l’envie s’estomper.

Alors que ses amies sont de grandes habituées des rendez-vous arrangés, Hiromi décide d’en accepter quelques-uns afin de se procurer au plus vite la fameuse bague… Mais il semblerait qu’elle soit prête à bien plus que ce que ses amies on l’habitude de faire. Là où elles acceptent des cafés ou des karaokés avec des inconnus, Hiromi semble prête a accepter à peu près n’importe quoi et n’importe où…

Un phénomène de société à l’échelle d’une génération

Le personnage d’Hiromi et de ses amies font partie de ce que l’on appelle communément au Japon la génération perdue (rosu gene). Cette tranche d’âge de la société nippone a été nommée ainsi pour les années 1990-2000 environ et correspond à une réelle perte de repères pour certains futurs adultes : fugues, prostitution…

Ainsi découvrons-nous une sorte de Japon caché aux yeux des occidentaux, mais également inconnu pour les japonais qui ne trempent pas directement dans ces tractations louches avec de jeunes lycéennes. Ryû Murakami, l’auteur, a d’ailleurs rencontré certaines de ces jeunes filles pour être le plus réaliste possible dans son roman. Il a pu écouter des messages laissés par des lycéennes sur des téléphones-club (ou telekura) et a parcouru des love-hôtels pour être au plus près de la réalité.

L’écriture de ce roman peut paraître très déstabilisante au premier abord, Ryû Murakami ayant pris le parti d’en faire un texte très bruyant. Je m’explique, tous les bruits qui entourent ses personnages, que ce soit des publicités, quelques dialogues, des parles de chansons, tout est imbriqué dans le texte. Il n’y a pas de distinction en italique ou de saut de ligne. C’est mis tel quel, et c’est assez déstabilisant au départ. Mais l’ambiance ainsi créée est à nulle autre pareille : nous sommes dans un Tokyo bruyant et fourmillant et lumineux.

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Ainsi, Love and Pop est un récit qui pourra paraître étrange et perturbant pour certains, surtout au début. Mais ce type de narration sert très bien le texte. C’est avec curiosité et crainte que l’on suit le parcours d’Hiromi, cette jeune lycéenne qui souhaite pouvoir s’acheter ce qu’elle veut, quel qu’en soit le prix.

Un portrait en demi-teinte d’un Japon pas aussi parfait que ce que l’on peut croire en occident. Le pays du Soleil Levant a lui aussi ses problèmes de sociétés… et ils sont inquiétants. Une lecture aussi déroutante que fascinante !

Chronique : Crème anglaise

Crème anglaiseUne famille qui par à vau l’eau suite à l’AVC d’un de ses membres…

Kate Clanchy arrive en France avec Crème Anglaise, et si pour nous c’est une première, l’auteur n’en est pas à son premier roman Outre-Manche. Paru chez Plon dans la collection Feux Croisés en grand format, voici que Crème Anglaise arrive chez 10/18 !

Philip Prys, rock star de la littérature anglaise sur sa fin

Tout commence par… un AVC. C’est triste à dire, et c’est encore plus triste à vivre pour la famille de Philip Prys, devenu en quelques secondes une personne totalement dépendante d’autrui. Il ne peux plus ni bouger, ni parler. En somme, sa vie est devenue une véritable torture…

Ajoutez à cela une ex-femme arriviste, une actuelle épouse jeune et jolie qui pourrait être sa fille ou presque, une fille mal dans sa peau, et un fils totalement hors de contrôle et vous aurez une petite idée du portrait de la famille Prys. Et durant cet été caniculaire 1989, il faudra également compter avec le jeune Strudan, qui vient du nord du pays (et dont l’accent est atroce, du moins au début) recruté pour s’occuper de P. Prys. Son arrivée risque de chambouler beaucoup de chose malgré lui…

Un petite comédie familiale dramatique divertissante à découvrir

Crème Anglaise réunit tous les ingrédients qui font de la famille Prys une sorte de pièce de théâtre tragi-comique. Répliques cinglantes, rancœurs tenaces, tout le monde en prend pour son grade, en particulier Mr Prys, qui paye peut-être un peu trop cher ses frasques passées.

Certains personnages (je pense notamment à l’ex-femme de Prys) sont absolument bien campés tant on les déteste, à peine ont-ils ouvert la bouche.

Tous ces sentiments mêlés laissent peu de place à la compassion du point de vue du lecteur, sauf pour ce cher Mr Prys, totalement prisonnier de son corps. De même Strudan semble être le seul à faire montre d’humanité face à la situation, lui, l’étranger à cette famille de fous !

Le plus sympathique dans ce roman qui se lit au final très rapidement, c’est son ambiance, ses personnages bien traités et tristement réalistes (qui font parfois froid dans le dans tant ils sont égoïstes). Pour l’histoire en elle-même, elle est agréable à découvrir mais n’est pas non plus inoubliable, soyons honnêtes.

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Alors que penser de Crème Anglaise ? C’est un roman à découvrir si vous aimez les histoires de familles qui se déchirent et s’aiment à la fois. Parfait à découvrir durant l’été car c’est une lecture simple et agréable dans une atmosphère surannée et typiquement anglaise.

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Chronique : Ma raison de vivre – Tome 1

Ma raison de vivre 1Un roman terriblement fascinant sur la violence ordinaire qui peut sévir derrière les murs d’une maison comme les autres…

Premier roman de Rebecca Donovan à paraître en France, Ma raison de vivre est le premier tome d’une trilogie pour les adolescents et les jeunes adultes. Aux Etats-Unis, son cycle se nomme The Breathing Serie. En France, l’ouvrage vient de paraître en mars 2015 aux éditions Pocket Jeunesse.

Une adolescence difficile qui ne semble pas près de s’arranger

Emma vit chez son oncle et sa tante depuis quelques années maintenant. Entre son père décédé et sa mère constamment alcoolisée, il était mieux pour elle qu’elle vive chez eux. Ils sont l’image même d’une famille normale : une maison, deux enfants… mais quand Emma rentre chez son oncle et sa tante le soir, c’est un terrible calvaire qui s’annonce. Et le mal ne provient pas de son oncle. Non. La source du tourment est sa tante, constamment en train de la rabaisser physiquement et psychologiquement.

Emma sait qu’elle doit tenir le coup, il lui reste moins de deux ans avant de pouvoir quitter cet enfer, alors pas question de se laisser aller. La seule question qui reste est : Emma peut-elle continuer à faire illusion auprès de ses amis ?

Mais le jour où le mystérieux et charmeur Evan débarque dans le petit monde d’Emma, c’est clairement le début de la fin. Emma le sait : une histoire d’amour n’est pas envisageable sous peine de terribles représailles de la part de sa tante. Et pourtant… peut-on lutter contre un amour naissant ?

Extrêmement prenant et impossible à lâcher avant la fin

L’histoire d’Emma est d’un réalisme tel que l’on se sent immédiatement concerné par sa douleur. C’est ici son quotidien qui nous est dépeint dans toutes ses joies et ses soucis… L’amitié que la jeune fille entretien avec Sara (LA star du lycée) est vitale pour elle.

C’est grâce à Sara qu’Emma peut parfois sortir et prendre goût à la vie pour quelques heures, même si cela est très rare. De même, c’est la seule personne à qui elle peut se confier… et encore, Sara ne connaît que la partie émergée de l’iceberg.

La plupart des scènes du roman dépeignent le quotidien normal d’Emma au lycée. Ses amitiés, ses disputes, ses moments de liberté à travers le sport et les différents clubs auxquels elle participe. Au final, il y a peu de scènes en huis-clos avec son horrible tante. Mais l’appréhension d’Emma (et la notre) est telle qu’elle en vient à vivre à travers ces moments de supplice…

Vous vous demandez certainement pourquoi Emma ne dit rien quant aux tortures (parfois très insidieuses) qu’elle subit depuis des années, et bien là réponse est bien là et elle est d’une logique implacable.

Rebecca Donovan réussi avec talent à nous immerger dans un univers totalement réaliste où une toile se referme lentement sur Emma. Plus elle prend goût à la normalité et à la notion de liberté et plus on se sent oppressé par les dangers qu’elle encourt. Pistée, harcelée, terrifiée, on a constamment peur pour elle, à l’image de sa meilleure amie Sara.

C’est exécuté avec efficacité, et même les longs chapitres un peu trop axés sur la romance à mon goût passent très bien. Et puis, difficile de ne pas être sensible aux premiers émois d’Emma, elle n’a que très rarement connu des sentiments positifs.

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En conclusion, ce premier tome est redoutablement efficace. On se laisse entraîner dès les premières lignes dans le quotidien difficile d’une adolescente qui n’a rien demandé hormis le droit de vivre pleinement. A lire d’urgence si vous aimez les récits captivants et réalistes. Attention au dernier chapitre, il laisse pantois et avec une sérieuse envie de se jeter sur la suite… qui ne sort qu’en septembre 2015 !

Interview de Charlotte Bousquet pour la bd Bulles & Blues

Adobe Photoshop PDFCharlotte Bousquet et Stéphanie Rubini reviennent pour un troisième volume de la collection Les Graphiques, aux éditions Gulf Stream. Petite interview de l’auteur autour de cette nouveauté qui vient tout juste de paraître en février 2015.

La Bibliothèque de Glow : Bulles et Blues est le troisième opus de la collection Les Graphiques, pouvez-vous nous le présenter ?

Charlotte Bousquet : Bulle & Blues, c’est une histoire de frère et de soeur, de famille recomposée, de « place » et de quête d’identité. Chloé, le personnage principal (la petite goth de Mots rumeurs), est une ado turbulente, mal dans sa vie. Elle a un don pour le dessin, mais personne, chez elle, ne s’en soucie. Son frère, qu’elle adore, la trahit. Alors, elle fait le clown, se montre insolente… jusqu’à ce que…

La Bibliothèque de Glow : A qui s’adresse en premier lieu cet ouvrage ainsi que les autres de la collection ?

Charlotte Bousquet : Aux adolescents, bien sûr – et je ne veux même pas indiquer d’âge, ainsi qu’aux adultes. A priori, nos « graphiques » plaisent à tout le monde!

La Bibliothèque de Glow : Quelle est la thématique principale de Bulles et Blues ?

Charlotte Bousquet : La famille et la quête d’identité.

Bulles & blues inside (3)La Bibliothèque de Glow : Y a-t-il dans chacun des ouvrages un écho à un vécu de votre part ou ressentez-vous plutôt une nécessité de parler de certains tabous ?

Charlotte Bousquet : Dans Bulles & Blues, il y a plutôt de l’observation : j’ai la chance d’avoir été encouragée, depuis toujours, par mes parents et je n’ai aucun problème de fratrie. Mais, dans mon entourage, parmi mes amis, j’ai pu noter toutes ces problématiques, ces rivalités parfois involontaires que l’on entretient entre des enfants, le fait d’être seul face au reste du monde pour défendre sa passion, son futur métier, les histoires de « place » dans les fratries, les difficultés des familles recomposées…

Pour les deux précédents, j’ai puisé dans des éléments de vie personnelle.

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous déjà prévu un quatrième volume dans la collection ?

Charlotte Bousquet : Tout à fait. Son titre provisoire est Invisible, il sort en septembre et boucle le cycle « collège ».

La Bibliothèque de Glow : Autre chose à ajouter ?

Charlotte Bousquet : Dans ce troisième volume, nous avons fait appel à Léo Sapolsky, actuellement en classe de 2e arts appliqués, pour donner « crayon » aux dessins de Chloé. Léo (ce n’est un secret pour personne, c’est le fils de Carina Rozenfeld) a toujours voulu dessiner. Aujourd’hui, il  suit les études qu’il aime, il se donne peu à peu les moyens de réaliser son rêve. Pour nous, cela fait écho à l’histoire de Chloé…

Chronique : Personne ne te sauvera

Personne ne te sauveraOubliez tout ce que vous croyez savoir sur les vampires et leurs prétendus pouvoirs…

Fabrice Colin est un auteur réputé dans le monde de l’imaginaire français. Il a notamment écrit la  série Les vampires de Londres, la série Les Petits Monstres, Arcadia, ou encore Bal de givre à New York.

Fabrice Colin fait aussi partie des fondateurs de la maison d’édition Super 8 – créée en 2014  – spécialisée dans les thrillers et la littérature de l’imaginaire.

Son roman Personne ne te sauvera est tout d’abord sorti en poche, dans la collection scolaire Etonnantissimes chez Flammarion en 2012. L’ouvrage a ensuite été réédité dans la collection grand-format Tribal, destinée aux adolescents et toujours chez Flammarion.

Manon, adolescente, et peut-être déjà sa vie derrière elle

Quand on a 17 ans et que l’on découvre que l’on a un anévrisme qui peut nous faire mourir d’un instant à l’autre, impossible de prendre les choses avec philosophie. La décision de Manon est prise : plutôt que de se faire opérer et risquer sa vie sur une table d’opération, elle décide de dépenser l’intégralité de ses économies pour fuguer… à Las Vegas.

Elle qui a vu de nombreuses photos de ses parents dans la ville mythique située en plein désert a ressenti un mystérieux besoin de « retour aux sources ». Ses errances et ses rencontres dans Las Vegas vont être pour le moins surprenantes, en particulier quand Manon croisera la route de Dorian, un homme qui donne un spectacle où il raconte sa soi-disant vie de vampire… Et si Dorian était réellement ce qu’il prétend être durant sa représentation ?

Personne ne te sauvera scolaireLe mythe du vampire revu et corrigé par Fabrice Colin

Ici, la légende du vampire est esquissée et garde tout son ténébreux mystère. Le personnage de Dorian est fascinant et captivant, mais ne se livre jamais vraiment, au grand dam de Manon. Elle qui est atteinte d’un anévrisme, vous devez vous douter de l’intrigue de fond qui va être soulevée : Manon va-t-elle céder à l’attrait d’une possible vie éternelle ou risquer une courte vie sur le fil ?

Bien que les enjeux soient annoncés dès le début, ça n’est pas cela le plus important. Pour moi, tout réside dans l’ambiance si particulière de ce monde de la nuit dans la ville de Vegas. On a l’impression d’évoluer dans un monde parallèle au notre tant les gens et leurs comportements sont différents.

Du monde des vampires, vous saurez donc au final peu de choses tant Dorian est secret. On apprend cependant que le sang humain est plus une drogue qu’un réel moyen de sustentation pour eux, de même qu’ils ne sont pas vraiment immortels mais vivent plusieurs centaines d’années.

La narration est faite sous forme d’enregistrements audios réalisés par Manon tout le long du récit aux chapitres très courts. Le tout rend le récit très rapide à lire, et surtout vivant. Le roman fait à peine 150 pages en étant très aéré au niveau de sa typographie, on peut presque parler ici d’une longue nouvelle.

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Alors que penser de cet ouvrage étrange au goût doux-amer ? La conclusion de cette lecture est très positive, il s’agit d’un bon récit fantastique qui ne part pas dans de grandes intrigues. On découvre un imaginaire délicat très ancré sur des problèmes réels. L’immersion est plaisante, l’expérience agréable. Le texte est à la longueur parfaite pour nous laisser un petit goût d’inachevé qui n’est pas pour déplaire. Dès 14 ans.

Chronique : Les Autodafeurs – Tome 1 – Mon frère est un gardien

Les Autodafeurs 01Quand l’information devient l’arme la plus puissante qui existe… gare aux sociétés secrètes !

Tout premier roman de Marine Carteron, le premier roman des Autodafeurs vient de sortir en librairie en mai dernier aux éditions du Rouergue dans la collection Doado. Société secrètes, aventure à deux cent à l’heure et révélations sont au rendez-vous pour un premier tome explosif et drôle !

Tout commence mal

Quand débute le roman, nous assistons impuissants à la mort du père de nos deux jeunes héros, qui était archiviste. Sa mort, déguisée en accident n’est connue que de nous lecteurs, la police à quant à elle conclu à un accident. Mais Césarine, 7ans, sait que ça n’a rien d’un simple accident… d’autant qu’un faux policier est venu à la maison voler des plans dans le bureau de leur père ! Personne ne l’a écoutée pourtant… et ce n’est pas son « idiot » de frère qui va l’aider, du moins le pense-t-elle.

Le grand frère de Césarine s’appelle Auguste, il a 14 ans et est parfois un peu trop sûr de lui. Insouciant, parfois un peu futile mais terriblement drôle, le jeune homme reçoit la nouvelle de la mort de son père comme un coup de massue. Mais rapidement, Auguste doit reprendre ses esprits et suggère une idée pour requinquer sa mère et sa sœur : retourner à la Commanderie (il s’agit de leur lieu de vacances) et y vivre de façon permanente avec leurs grands-parents.

L’idée a le mérite de remonter ne serait-ce qu’un peu le moral de la famille qui a besoin de se serrer les coudes en ces temps difficiles. Mais le déménagement à la Commanderie implique de s’intégrer dans un nouvel établissement pour Césarine et Auguste. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les événements s’acharnent sur Auguste à un tel point qu’on est en droit de se demander si il n’y a pas un complot qui se trame derrière tout cela…

Les Autodafeurs CésarineDes personnages atypiques et une narration qui l’est tout autant

Auguste et Césarine sont les deux personnages qui nous narrent leurs aventures. Auguste prend plus souvent la parole que sa petite sœur, mais c’est elle qui a la plume la plus intéressante. Et oui… il y a une chose que j’ai oublié de vous dire, Césarine est autiste : elle a une mémoire photographique, dit toujours ce qu’elle pense et a une peur-panique des inconnus, seuls les chiffres la rassure. Elle est méthodique, observatrice et extrêmement logique, trop pour le commun des mortels, ce qui rend sa narration d’une précision diabolique. Auguste la compare d’ailleurs au célèbre personnage du film Rainman.

Pour ce qui est de l’écriture d’Auguste, elle est décontractée et fait référence à une foule d’éléments culturels biens de notre époque. Ainsi arrive-t-il à faire une analogie entre l’émission Koh-Lanta et le regard de sa mère… je vous laisse voir comment ! Mais comme sa mère est professeur d’histoire, il arrive également que ses références ne soient compréhensibles que de lui seul…

Quand action rime avec machination

Cette nouvelle série est aussi détonante que surprenante : entre le roman d’action et le récit à suspense il est impossible de ne pas accrocher à l’écriture et à l’intrigue que nous a concocté Marine Carteron ! Ce roman sera parfait pour les lecteurs et lectrices dès l’âge de 12 ans. Vous aimez les complots ? Les histoires mêlant les templiers ? Vous serez servis en ce qui concerne coups tordus, antiques secrets et autres joyeusetés ! Le mélange entre sujets extrêmement sérieux et scènes emplies d’humour est savamment pesé.

Ainsi, les dialogues savoureux et l’écriture de nos deux héros achèveront de vous convaincre de la qualité de ce tout premier roman…

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Les autodafeurs 02En conclusion, ce premier tome est plus qu’efficace, il décoiffe et se dévore ! On a hâte d’en savoir plus sur ces fameux Autodafeurs (référence aux autodafés), car pour le moment nous n’avons effleuré que la surface du complot.

Chroniques annexes :