Chronique : Des hommes sans femmes

Un recueil de nouvelles signé Haruki Murakami… et comme toujours, une franche réussite pour qui aime cet auteur et son univers.

Les éditions Belfond viennent de publier le tout nouvel ouvrage de Haruki Murakami il y a quelques jours à peine. L’auteur japonais est de retour avec non pas un roman, mais un recueil de nouvelles.

Le format de la nouvelle est un bon moyen de découvrir un auteur, surtout quand on sait que Haruki Murakami n’en est pas à son premier coup d’essai. Il avait précédemment écrit Saules aveugles, femme endormie, ou encore Les attaques de la boulangerie (une de mes nouvelles favorites), Sommeil (une de ses nouvelles les plus étranges…) et L’étrange bibliothèque.

Avec Des hommes sans femmes, ce regroupement de textes nous parle d’hommes très différents dont le point commun est de ne pas vivre avec une femme, bien qu’ils les côtoient tous de façon très distinctes.

Des tranches de vies touchantes et pour certaines mémorables

« Ce que je veux aborder avec ce recueil ? En un mot, l’isolement et ses conséquences émotionnelles. Des hommes sans femmes en est l’illustration concrète. C’est le titre qui m’a d’abord saisi – bien sûr, le recueil éponyme d’Hemingway n’y est pas étranger -, et les histoires ont suivi. Chacune de ces histoires est venue en résonance du titre. Pourquoi Des hommes sans femmes ? Je n’en sais rien. D’une façon ou d’une autre, ce titre s’est enraciné dans mon esprit, comme une graine déposée dans un champ par le hasard du vent. »

Cette présentation de l’ouvrage par Haruki Murakami lui-même explique parfaitement ses intentions et les façons dont s’articulent les nouvelles. Tout est dans ces quelques lignes.

Dans ce recueil, ce sont ainsi sept nouvelles très différentes qui vous attendent. Certaines étranges, d’autres d’une tristesse infinies, mais avec un cœur commun : le trou béant laissé par l’absence des femmes.

L’une de celles qui m’a le plus plu est sans conteste Shéhérazade. De cette femme qui raconte certains épisodes de sa vie à son amant, on ne sait que le peu qu’elle nous donne. Elle dit qu’elle fut une lamproie dans une vie antérieure, mais aussi que dans son adolescence, c’était une Voleuse d’amour. Ses différentes histoires ont un pouvoir fascinant sur nous lecteur, et on meurt d’envie d’en savoir plus sur cette femme étrange et son amant, qui semblent réunis par un mystérieux commanditaire. Le fait que le mystère plane de bout en bout dans cette nouvelle nous laisse un sentiment diffus de plaisir et d’insatisfaction mêlée, c’est juste parfait.

L’autre nouvelle qui a su me marquer est celle de ce chirurgien esthétique qui a toujours vécu entouré de nombreuses amantes : Un organe indépendant. Son histoire est belle, triste, et d’une simplicité rare. C’est percutant et d’une mélancolie inouïe, comme seuls les japonais en ont le secret…

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Chaque histoire courte est ainsi une incursion dans le cœur des hommes, si dépendants et amoureux des femmes (certains l’ignoreront toute leur vie dans certaines de ces histoires). L’écriture de Haruki Murakami réussit encore une fois à nous captiver avec des mots simples et une ambiance si particulière. C’est une réussite, et c’est à découvrir que vous soyez ou non adepte du format de la nouvelle, tout simplement pour (re)découvrir un auteur qui n’a pas fini de fasciner et de plaire par sa sobriété et son talent.

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TRANCHE d´ÂGE :

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