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Chronique : Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket – Tome 2 – Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ?

Un second tout aussi captivant et accrocheur… qui nous laisse planer dans une ambiance sombre et étrange, celle de la ville désertée de Salencres-sur-mer…

Voici le second tome des Fausses bonnes questions de Lemony Snicket : Quand l’avez-vous vue  pour la dernière fois ? Mais, ce titre de livre sous forme interrogative n’est que l’introduction d’une longue série de très mauvaises questions… qui amèneront Lemony aux mauvaises réponses…

Lemony Snicket, ce n’est pas uniquement le nom du héros de cette série en quatre tomes, c’est également le nom de l’auteur, ou du moins son pseudonyme. Lemony Snicket est avant tout très connu pour sa saga en treize tomes Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire… Les illustrations aussi uniques que reconnaissables sont toutes signées Seth.

Une suite qui ne manque pas de piquant… et de questions en cascade !

Nous avions laissé notre jeune Lemony en prise avec de nombreuses interrogations, et cela ne va pas aller en s’améliorant. Après le mystère d’une disparition et du vol d’une statuette très convoitée, les choses sont loin de s’améliorer.

Une jeune et célèbre chimiste qui fait tout pour sauver la ville de Salencres-sur-mer grâce à ses compétences disparaît elle aussi. Et c’était peut-être bien la seule à pouvoir rendre à la ville sa splendeur d’antan… Qui souhaite voir la ville péricliter jusqu’à disparaître ? Qui donc aurait un intérêt à tuer l’industrie de l’encre ? Que de nouvelles questions et très peu de réponses…

Toujours aussi savoureux et passionnant !

Si il vous fallait une chronique de confirmation pour vous plonger dans cette série policière pour la jeunesse, la voici. Je ne tarirais pas d’éloges pour cette saga inattendue et géniale menée avec brio et malice. On se délecte à chaque page des nouveaux mystères qui font surface, on s’interroge, on essaye de comprendre… et comme Lemony, on piétine ! Mais loin d’être frustrante, cette intrigue est passionnante.

Alors que l’on pense commencer à percevoir des révélations, de nouveaux éléments entrent en ligne de compte et tout s’écroule, c’est brillant.

On appréciera tout particulièrement l’écriture très décalée de Lemony Snicket : à la fois humoristique et pleine de jeux de mots, de remarques incongrues (et géniales !). Le relationnel du jeune enquêteur avec sa responsable est toujours très houleux, rien à faire de ce côté-là. Mais on appréciera le fait que Lemony réussi peu à peu à se créer un réseau fiable entre le bibliothécaire de la ville, Jake le jeune barman et les deux frères qui gèrent le seul taxi encore en exercice de la ville…

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Pour ce second tome (sur quatre), c’est encore une réussite. Vous découvrirez enfin un nom à mettre sur la mystérieuse force qui tire vers le fond la ville de Salencres-sur-mer. Vous vous poserez certainement des questions sur les mystérieux têtards qui ont mordu Lemony, mais la réponse n’est pas pour tout de suite… Mais rien n’est oublié par l’auteur, il en reparlera, soyez en sûr ! Intrigue à suivre de près avec le troisième tome de la série : Ne devriez-vous pas être en classe ?

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique album jeunesse : Je ne suis pas ta maman

Un magnifique album plein de douceur, d’amour et d’amitié…

Il vient tout juste de paraître en mai dernier aux éditions De la Martinière Jeunesse, voici Je ne suis pas ta maman ! Il s’agit dernier album en date de Marianne Dubuc, très prolifique dans le domaine de la jeunesse.

Dans cet album au graphisme touchant, nous faisons la rencontre d’un écureuil et… d’une chose poilue très étrange.

Une naissance hors du commun

Tout débute lorsque Otto l’écureuil sort tranquillement de chez lui. Il y a une grosse boule pleine de piquants devant sa porte, mais ça ne le dérange pas plus que ça, et il continue son chemin. Il passe même devant plusieurs fois dans la journée… Jusqu’à ce que l’étrange boule piquante éclose ! Et oui, il s’agissait d’un œuf !

Et de cet étrange œuf sort une créature encore plus étrange, toute poilue… qui grandit très très vite et qui ne sait que dire « Piou ».

C’est ainsi qu’Otto décide de partir à la recherche de la maman de Piou, car il n’est pas sa maman. Aussi va-t-il placarder des annonces partout dans l’arbre où il vit, puis au-delà… La trouvera-t-il ?

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Une très belle histoire d’amour et d’amitié mêlées

Je ne suis pas ta maman est un magnifique album, et cela à tous points de vue. Non seulement l’histoire est d’une tendresse rare, mais les dessins le sont également… Doux, apaisants, on est dans un vrai cocon quand on lit cet album. Et on a qu’une envie… vivre dans la même maison qu’Otto tant elle semble douillette et apaisante.

Cet album aussi génial qu’original car il offrira aux enfants dès l’âge de 4 ans une histoire qui sort des sentiers battus. Rien que pour cela, ça vaut la peine de le lire aux enfants ! Les thèmes de l’amour filial et de l’amitié y sont prépondérants et parfaitement mis en valeur.

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Bref, vous l’aurez compris, cet album c’est un COUP DE CŒUR dont il serait dommage de se passer. Tout y est : une belle histoire, de magnifiques dessins…. De quoi emplir l’imagination des petits et les faire rêver un peu…

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Hugo de la Nuit

Un roman curieux et étrange qui sait captiver par son originalité et son écriture mordante…

Si le nom de Bertrand Santini ne vous dit rien, c’est l’occasion de découvrir un auteur, mais également une plume à la verve lyrique ! En tout cas, dans Hugo de la Nuit, c’est tout à fait le cas, mais l’auteur est également connu pour une autre œuvre, beaucoup plus enfantine : Le journal de Gurty.

Paru chez Grasset Jeunesse en avril 2016, Hugo de la nuit est un roman assez difficile à classer en termes d’âge du lectorat, mais une chose est certaine, c’est un beau roman ponctué d’audace à classer dans un univers gothique à la Tim Burton mais aussi inspiré de Shakespeare… et d’une foule d’autres choses ! Dans le même style, mais pour un public plus jeune, l’auteur a écrit L’étrange réveillon chez Grasset Jeunesse.

La mort signe-t-elle le début d’une toute nouvelle vie ?

Incroyable mais vrai, le héros de cette histoire commence par mourir avant que nous en fassions pleinement la connaissance. Les circonstances de son trépas restant très étranges et obscures… Tout ce que l’on sait, c’est qu’Hugo vient de mourir, mais qu’il n’a pas fini d’influer sur le monde des vivants : la propriété de ses parents est en danger, mais il n’y a pas que cela… ce qui se trouve sur la propriété elle-même est un danger…

Une histoire de fantômes, de famille et de trahisons

A découvrir dès l’âge de 13 ans environ, Hugo de la nuit est un roman que l’on peut qualifier d’atypique pour de nombreuses raisons : son écriture mordante qui ne laisse aucun répit au lecteur. Son vocabulaire plus travaillé que sur certains ouvrages destinés au même âge (et ça fait du bien diantre !), son univers très sombre assumé (on y parle meurtre, zombies, héritage et complot et autres choses bien sombres et tristes en toute impunité).

Au niveau de l’histoire, le lecteur sera forcément surpris car il y a peu de productions pour la  jeunesse qui proposent des romans autant hors des sentiers battus.

C’est sombre, très sombre, mais ça ne manque toutefois pas d’humour, même si celui-ci est parfois morbide à souhaits. C’est en cela que l’âge du lectorat est difficile à cerner. Je trouve que 12 ans, comme suggéré par l’éditeur, c’est un peu trop tôt. Alors que pour 14 ans, l’ouvrage commence à être trop « jeunesse », je le trouve donc idéal pour 13 ans environ, mais chaque lecteur est différent, il faut donc faire au cas par cas.

« Dors bien, jus de fœtus caillé ! »

Voilà un petit aperçu des réparties bien senties qui fusent tout au long du livre. Personnellement, j’ai trouvé ça drôle, car totalement inattendu, et une histoire sortant des clichés fait toujours du bien, mais ce n’est pas facile à conseiller en librairie.

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Pour conclure, Hugo de la nuit est un roman à part dans le panel que nous offre la production jeunesse. On y trouve un terrible complot familial, des fantômes sympathiques et désuets, des zombies bien flippants, mais également une créativité qui fait du bien ! C’est sombre, parfois lugubre, et alors ? L’écriture pleine de vie de Bertrand Santini contrebalance ce sentiment, nous offrant une comédie à la fois terrible et unique !

Chronique : England’s Lane

Tout le monde a ses petits secrets… et les habitants d’England’s lane ne font pas exception…

Écrivain anglais, Joseph Connoly nous offre le portrait coloré des habitants d’une rue commerçante du nord de Londres : England’s Lane. Entre ambiance surannée, intrigues et roman historique, les commerçants des petites boutiques on de bien nombreux secrets…

Si vous ne connaissez pas encore Joseph Connoly, voici une petite liste non exhaustive de ce qu’il a écrit : S.O.S, Embrassez qui vous voudrez, N’oublie pas mes petits souliers

Bienvenue à England’s lane…

…une petite rue commerçante où il ne se passe rien. Enfin, seulement en apparence. De la femme du quincailler, au boucher en passant par le vendeur de bonbons, chacun à son petit (ou très gros) secret… Et en cette année 1959, beaucoup de choses vont basculer pour les habitants de cette rue plutôt tranquille.

Une ambiance surannée agréable mais qui ne suffit pas à nous faire aimer littéralement ce roman

L’atout principal de ce roman aux élans historiques d’après guerre, c’est son atmosphère un tantinet vétuste. L’odeur de la paraffine dégagée par les chauffages, les coquets étalages de confiseries Cadbury… ce sont ces petits détails qui font tout l’esprit d’England’s lane. Mais, l’ambiance savamment dosée du roman ne suffit pas à créer une alchimie suffisante pour être accaparé par la lecture…

En effet, les personnages d’England’s lane sont trop stéréotypés, trop naïfs ou trop marqués par un unique trait de caractère. Le boucher respire la pédanterie et la suffisance de façon constante, Milly est le stéréotype de la femme débrouillarde et soi-disant indépendante (elle se décrit elle-même comme une « femme capable » à longueur de chapitres), le confiseur quant à lui fait preuve d’un manque de réaction flagrant à tous les niveaux de sa vie, il subit.

Pourtant, la lecture débutait bien. On découvre une petite rue aux allures un peu bourgeoises et définitivement british, des personnages anglais comme il faut, des intrigues et des secrets entre voisins… Toute une promesse était contenue dans ce roman et pourtant, ça s’arrête là. Outre les personnages très marqués du roman, l’histoire ne raconte rien de bien particulier, et c’est bien là que le bât blesse.

Ma dernière remarque concernera l’écriture, beaucoup trop décousue. En effet, on passe du point de vue d’un personnage à un autre avec seulement un saut de ligne ! On comprend parfois alors un peu tard qu’il ne s’agit plus du même narrateur… C’est très déstabilisant durant les premiers chapitres car très abrupt. De même, les tournures de phrases et la façon qu’ont les différents personnages de parler sont parfois maladroites. Ce n’est pas mal écrit, mais on entre vite dans la répétition et les lieux communs et il y a beaucoup de fioritures pour donner un style qui est au final inexistant.

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En somme, England’s lane est un roman qui recelait de nombreuses promesses à mes yeux mais qui n’en a tenu aucune au final… Dommage, mais il arrive qu’un roman et un lecteur se ratent.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Kabukicho

Découvrez un Tokyo sombre et sulfureux à travers un roman noir finement écrit… coup de cœur à l’horizon !

Peut-être connaissez-vous déjà l’auteure française Dominique Sylvain ? Personnellement, au travers de la lecture de Kabukicho, c’était une première… Mais une chose est certaine, je vais y revenir car j’ai adoré !

Dominique Sylvain, auteure française, spécialisée dans les polars, s’est taillé un nom dans son domaine. Parmi les titres issus de sa plume on peut citer : L’archange du chaos, Passage du désir, Baka !, La fille du samouraï… et une quantité d’autres. En ce qui concerne Kabukicho, l’ouvrage est paru en octobre 2016 aux éditions Viviane Hamy, et c’est une franche réussite. Explications.

Bienvenue dans le quartier chaud de Tokyo

Kabukicho : LE quartier des plaisirs au sein de la capitale nippone. C’est également le lieu de travail de Kate, hôtesse dans un bar, et de son amie Marie. Mais dans ce bar à hôtesse, point de tractations d’ordre sexuel, les hôtesses sont là pour discuter uniquement. Permettre à des hommes de se détendre et d’exister au travers de conversations, voilà leur unique but.

Mais lorsque Kate disparaît en laissant un étrange sms, on est en droit de se poser la question : n’est-ce pas lié à son travail ? Elle qui œuvrait dans le quartier le plus chaud de Tokyo, s’était-elle fait des ennemis ? Ou est-ce autre chose ?

Un polar mené tambour battant qui nous fait plonger dans les mœurs étranges du Japon

Au travers de la lecture de Kabukicho, c’est non seulement un roman génial que vous découvrirez, mais également une auteure de talent.

En effet, la disparition de Kate a beau être l’élément central de l’intrigue, il y a une foule d’autres éléments qui gravitent autour. On découvre un autre pan de la culture japonaise, une partie que même en étant fasciné par ce pays, on ne connaît pas nécessairement. Tout est codifié au Japon, et le quartier des plaisirs qu’est Kabukicho n’y échappe pas.

Vous découvrirez comment fonctionnent ces fameux bars à hôtesses, mais également l’importance que les yakuzas ont dans ce genre de quartier. Ce secteur empli de sexe sous toutes ses formes à travers les néons fluorescents est aussi un lieu pour tromper la solitude pour beaucoup de japonais… C’est d’une triste poésie.

C’est ainsi que l’on découvre le Club Gaïa, où officie Marie, amoureuse du Japon depuis de nombreuses années. Son amie, et colocataire Kate y travaille également… c’est ainsi que leur amitié s’est développée. Alors quand Kate disparaît et ne se présente pas au travail, l’inquiétude monte.

L’enquête débute ainsi. Au travers du regard de Marie sa colocataire, du policier japonais qui mène l’investigation, et du meilleur ami masculin de Kate (un japonais également) qui travaille comme hôte également, dans un autre bar.

La psychologie des personnages est finement menée. On les suit chacun avec intérêt, car ils ont tous leurs petits secrets inavouables et leurs problèmes (pour certains très lourds). Dans Kabukicho, il n’y a aucun temps mort. Chaque personnage apporte sa pierre à l’édifice qu’est l’intrigue surprenante de ce roman. On est captivé, fasciné, et jamais blasé. Tout s’enchaîne efficacement, et au fil des pages, une idée germe, un malaise s’installe… mais chut !

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Je ne vous gâcherais pas l’intrigue, mais faites-moi confiance, Kabukicho est un excellent roman. On y découvre un Japon sombre, méconnu et hypnotique. Les personnages sont peu nombreux mais tous bien campés, très réalistes. Et surtout, l’intrigue est magnifiquement menée, même après le fameux point de bascule où on entrevoit les possibilités qui s’ouvrent à nous. C’est délectable et un peu inquiétant. Juste parfait en somme. A découvrir sans modération !

Chronique : [Kokoro]

kokoroUn livre différent à lire, à appréhender et à apprécier qui nous conte l’histoire d’une famille à travers des mots simples du quotidien… au Japon.

Delphine Roux est une auteur française dont l’univers est fortement lié au pays du Soleil Levant, comme le montrent ses ouvrages : Les petits sentiers d’Obaasan ou encore Bonne nuit, Tsuki san !. [Kokoro] est son tout premier roman.

[kemuri, fumée]

Voici l’histoire courte mais touchante d’un frère et d’une sœur : Koichi et Seki. Traumatisés par la disparition de leurs parents lors d’un incendie, chacun a depuis fait sa vie avec plus ou moins de réussite. Mais cela n’efface en rien la blessure qu’ils portent au fond d’eux… Cela peut-il changer ? Et si oui, comment s’émanciper de cette douleur continuelle qui donne l’impression de subir sa vie plutôt que de la vivre ?

[monogatari, histoire]

Triste, belle et étrange, [Kokoro] est une histoire qui prend son sens après l’avoir entièrement terminé, et en y repensant par la suite. Chaque chapitre (qui fait moins d’une page à chaque fois) est présenté par un mot japonais, accompagné de sa traduction. Ces mots sont ancrés dans le quotidien, nous montrent les choses simples de la vie et leur possible complexité pour les protagistes terrassés par la douleur.

Koichi n’a jamais vraiment fait son deuil, tandis que Seki, elle, semble vivre vite sa vie pour oublier son passé…

L’extrême brièveté des chapitres aide à s’imprégner de chaque mot présenté. Comme si on se devait de penser à son importance quotidienne. Qu’il s’agisse du vent (kaze), d’une fenêtre (mado), de maquillage (kesyou), tout est pensé, réfléchi.

Au début de la lecture, on pense découvrir un ensemble décousu de définitions, mais peu à peu, le tout se relie pour former une mélancolique et belle histoire.

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A conseiller à ceux qui aiment déjà le Japon, ses effluves, et son esprit. Ce court roman étant loin d’être conventionnel, certains resterons sur leur faim, mais ceux qui sont habitué à cet « esprit japonais » sauront que la fin d’une histoire au Japon n’en est pas vraiment une…

Quoi qu’il en soit, si vous êtes à la recherche d’un beau et doux récit, [Kokoro] pourrait bien faire flancher votre cœur à sa lecture. Petit conseil : ne le lisez pas d’une traite. Savourez plutôt quelques pages par jour, pas plus, sous peine de ne pas saisir toute sa poésie, et sa douce magnificence…

Seule petite remarque, je trouve l’ouvrage un peu cher pour ses 115 pages : il est à 12,50€.

AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Nos années sauvages

Nos années sauvagesUn beau roman sur l’amour filial, les sciences comportementales et… la vie qui suit son cours, tout simplement

Il vient tout juste de paraître aux éditions Presses de la Cité, voici Nos années sauvages, le second roman de l’américaine Karen Joy Fowler à paraître en France. Son premier ouvrage, Le club Jane Austen avait connu un certain succès à sa sortie, il sortira d’ailleurs en poche chez 10/18 dès septembre 2016.

Ce second roman est une ode à l’amour, au partage, à l’empathie, et à l’amour des sciences, y compris sous leur forme la plus… inattendue. Vous découvrirez ici l’histoire d’une famille blessée qui peu à peu voit ses membres s’éloigner les uns des autres…

Tout commence par le milieu

Comme le dit si bien notre narratrice Rosemary, tout commence par le milieu. En effet, tout devient plus facile pour elle à raconter en commençant par la moitié de son récit… Ainsi découvrons-nous le quotidien d’une jeune femme un peu paumée qui ne semble ni spécialement drôle ni attachante, plus suiveuse qu’initiatrice. Tout ce que l’on sait d’elle, c’est que la vie l’a déjà pas mal cabossée avec une sœur disparue et un grand frère fugueur et évanescent.

C’est ainsi, qu’au fil des pages on découvre quelque chose de plus profond et intéressant que cette ado un peu perdue ayant du mal à se faire des amis. Son passé est autrement plus intéressant et… spécial. Voici l’histoire de Rosemary et de son étrange famille, mais également celle de toute une branche de la science…

Nos années sauvages VO We-are-all-completely-beside-ourselvesUn roman touchant, drôle et inattendu

Si vous pensez avoir déjà lu ce genre de livre, ce n’est qu’une impression qui se dissipera assez vite. Nos années sauvages est un roman aussi fort que doux, aussi original qu’étrange. Certes, il ne s’y passe pas tant de choses que ça, mais certains moment de l’ouvrage sont tout simplement mémorables.

L’une des toutes premières scènes, se déroulant dans la cantine universitaire est touchante de vérité, de réalisme et de ponctualité. La suite peu parfois sembler nébuleuse, mais il n’en est rien car… la page 99 change toute notre perception du roman. Ce passage-clé du roman est un beau tour de force qui laisse coi pendant quelques bonnes secondes/minutes. Rien que pour le bel effet de surprise, ce roman vaut le coup.

Mais heureusement, Nos années sauvages, ce n’est pas juste un magnifique twist au premier tiers du roman. C’est aussi une ambiance, des réflexions et des personnages originaux et très humains. On se sent proche d’eux, ils sont aussi forts que faibles, normaux et extraordinaires… Ils aiment sans préjugé, et c’est ça l’essentiel.

On découvre par la même occasion quelques pans des sciences (dans le domaine de la psychologie et du comportemental) qui nous sont méconnus et extrêmement intéressants. Je pense notamment au phénomène de la vallée dérangeante, entre autres choses.

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Ce roman nous conte ainsi une belle histoire de famille, où quand l’amour des sciences prend peu à peu toute la place dans une fratrie jusqu’à la diviser. Parfois, le tout nous mène partout et nulle part à la fois, et pourtant… c’était un très beau moment de lecture. Je garde une sensation de plaisir diffus au souvenir de cette lecture sans pour autant pouvoir la détailler précisément. A découvrir pour faire la découverte d’une autre forme de roman.

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : La compagnie des menteurs

La compagnie des menteursUn roman historique sombre, haletant et aussi obscur que les âges dont il traite…

Karen Maitland fait partie de ces auteurs qui gagneraient à être connus. Son univers est aussi obscur que saisissant et sa plume absolument efficace ! De nationalité anglaise, sa spécialité est le roman historique sur fond de policier. Avec il y a toujours un ou deux cadavres derrière l’étable, et une quantité de suspects tous plus crédibles les uns que les autres.

En France, nous avons la chance d’avoir trois de ses ouvrages publiés : La compagnie des menteurs (le plus connu d’entre tous), Les âges sombres et La malédiction du Norfolk. Bienvenue dans un univers historique à nul autre pareil…

Un petit groupe d’itinérants qui grossit, grossit…

1348 – Tout commence avec un maître et son apprenti qui traversent l’Angleterre à la recherche de travail tout en fuyant les ports et les grandes villes, où sévit la peste. Puis, la petite compagnie se retrouve à être rejointe par un couple qui attend un enfant, dont le passé reste mystérieux, puis c’est au tour d’un marchand taciturne, etc.

Mais cette petite troupe itinérante fuyant la peste est loin de se douter à quel point elle va devoir lutter pour sa survie ! La maladie est une chose, mais les croyances populaires et les ont-dits sont parfois aussi mortels et autrement plus pernicieux…

Bienvenue dans un pays où les légendes se bâtissent sur rien, où on marie de force des infirmes entre eux pour conjurer le sort d’un village et où la superstition règne en maître… avec la saleté et la maladie…

Grandiose et captivant

Quand on est parti dans ce genre d’ambiance à la fois dure et sordide, on sait que l’on va passer un excellent moment de lecture. Cela peut paraître paradoxal pour certains, mais c’est le sentiment que j’ai quand un roman prend au tripes en passant par tous les stades de l’horreur, de la lâchetés, de la haine, des croyances…

On le devine assez rapidement, chaque personnage de la petite compagnie itinérante à un secret plus ou moins lourd à cacher, parfois même plusieurs ! Mais ce n’est pas le seul intérêt pour lire ce livre. On plonge avec délectation dans une Angleterre où l’ambiance est si magnifiquement retranscrite et où les personnages sont si creusés que l’on s’attache vite au moindre d’entre eux. Ici, point d’action à n’en plus finir, mais plutôt un rythme lent, lancinant, où chacun attend son heure, ce qui créé une atmosphère pour le moins mortifère et sur le fil… Délectable.

.Ici, on nage entre le roman historique, tout en empruntant les codes de l’imaginaire et des contes populaires, sans oublier le côté sanglant et cru des polars. Bref, c’est le mélange de genres ultime, parfait (selon moi). Karen Maitland vous tiens ici avec son histoire, et elle ne vous lâchera pas de sitôt. Même après la lecture, vous y repenserez (les dernières phrases de ce roman tournent encore dans ma tête tant tout est maîtrisé).

Il faut également saluer le travail de traduction assuré par Fabrice Pointeau, car c’est également grâce à lui que l’on se retrouve avec un ouvrage si travaillé et brillamment écrit.

J’espère avoir su vous convaincre avec cette chronique : cet ouvrage laisse un souvenir durable et plaisant. Sa lecture est profonde, captivante et surtout incontournable. Régalez-vous avec ce livre passionnant ! Et puis, la bonne nouvelle, c’est qu’il y en a d’autres… (MAJ 11/2023 – Malheureusement La malédiction du Norfolk et Les âges sombres sont épuisés, mais vous pourrez toujours les trouver d’occasion !).

J’ai lu La compagnie des menteurs sur les très bons conseils d’une amie, il y a presque dix ans maintenant… Et j’ai vendu plus de 500 exemplaires de ce roman tellement je l’ai adoré !

Chronique : Le chat qui venait du ciel

Le chat qui venait du cielUn roman tout en douceur… qui fait l’éloge des chats

Véritable classique de la littérature nippone, mais aussi ouvrage de fonds absolument incontournable aux éditions Picquier, voici le seul roman paru en France de Takashi Hiraide.

Très largement autobiographique, vous suivrez dans ce court roman le quotidien d’un couple qui se prend d’affection pour Chibi, le petit chat des voisins.

Un chat dans le jardin…

Le narrateur vit avec sa femme dans une charmante petite maison, dans la banlieue. Ils ont la chance d’y être locataires car l’atmosphère de leur lieu de vie est exceptionnelle. Leurs voisins possèdent un très beau jardin qui participe à cette impression.

Pour avoir le privilège de vivre ici, dans ce havre de paix parfait pour l’écriture, il faut avant tout remplir deux conditions : ne pas avoir d’enfants ni d’animaux. Cela tombe bien, car ils n’ont ni l’un ni l’autre et n’en ressentent pas le besoin.

Mais un jour, alors que tout semble calme, un petit chat va faire irruption dans leur vie ainsi que celle de leurs voisins. En effet, Chibi (ainsi qu’ils le surnomment) va leur montrer qu’il est possible de se prendre d’affection pour un chat à un point incommensurable.

…. puis dans la maison

Petit à petit, Chibi fait son nid, prend ses aises. La lente mais tangible installation du petit chat se fait par petits signes.

Ici, point d’action ni de suspense : il faut laisser le temps au temps, apprécier la nature et sa beauté. Il en est de même pour Chibi. On appréciera ce livre non pas pour son intrigue, mais pour son ambiance et la façon dont les sentiments de chacun pour ce chat sont décrits. Ainsi, c’est très contemplatif et d’une douceur sans pareille.

Le moindre petit événement en dehors du rituel inscrit par Chibi est un véritable chamboulement pour le narrateur et sa femme, et on se prend à s’inquiéter tout comme eux. …..

Comme très souvent dans la littérature nippone, ce roman est empli de douceur, de beautés simples. Je pensais que cette lecture m’avais fait simplement plaisir sur le moment, mais sans plus, mais… le temps à changé mon avis sur cette œuvre. Je suis comme son auteur, je repense à sa rencontre avec le chat avec mélancolie, presque tristesse. Au final, il s’agit d’un très bel ouvrage, absolument intemporel qui s’installe dans votre esprit pendant, mais surtout après la lecture…

Concours : Trois exemplaires de la bd Invisible à gagner !

InvisiblePeut-être connaissez-vous déjà la série de bande-dessinée des éditions Gulf Stream nommée Les Graphiques ? Dans l’ordre de parution il y a : Rouge Tagada, Mots rumeurs, mots cutter, Bulles & Blues et Invisible. Cependant, les ouvrages peuvent touts se lire de façon indépendante, on y retrouve toutefois des personnages redondants. Invisible est ainsi le petit dernier de la collection et clôt le cycle créé par Charlotte Bousquet et Stépahnie Rubini.

Ces bd qui font réfléchir parlent du quotidien que l’on connait quand on est adolescent(e) : les brimades, la difficulté à s’intégrer pour certains, la popularité, les amitié qui se font et se délient… Bref, tout ce qui fait la vie scolaire avec ses hauts, et ses bas….

Concours terminé, bravo aux gagnants : A2a2, Isabel et Armandine Ozaur !

Pour participer :

Si vous souhaitez tenter votre chance et lire cette bd, rien de plus simple, il vous suffit de répondre à la question suivante en commentaire du 3 au 10 janvier. Trois exemplaires sont mis en jeu pour l’occasion.

Combien de tomes regroupe la collection Les Graphiques créé par Gulf Stream éditeur ?

Invisible insidePrésentation de l’éditeur :

Marre d’être la grosse serviable, la fille gentille dont on ne se souvient jamais, l’invisible qui traverse sa propre vie en faisant bien attention de ne pas se faire remarquer.  » Tu ferais mieux de renoncer avant de te prendre la réalité en pleine face, ma grosse. Même pour tes parents, t’es invisible. Nulle. Néant. Nada. Alors pour Soan…  » J’ai chassé cette voix familière, cette voix que je haïssais. J’ai eu tort. J’aurais mieux fait de l’écouter.