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Chronique Jeunesse : Le Club de la Pluie au pensionnat des mystères

Le club de la pluie au pensionnat des mystèresDeux enquêtes à découvrir, avec pour théâtre la belle ville de Saint-Malo

Paru en juin 2014 dans la collection Neuf de L’école des loisirs, cet ouvrage regroupe deux courtes histoires policières à destination de lecteurs de neuf ans environ : L’énigme de la Tour et Le voleur de Saint-Malo. Son auteur, Malika Ferdjoukh n’est plus à présenter tant son œuvre a marqué durablement le monde de la littérature jeunesse. Parmi ses livres les plus incontournables on peut citer Quatre sœurs, Sombres citrouilles, ou encore Fais-moi peur.

Avec Le Club de la pluie, elle nous propose deux petites enquêtes dans une ambiance Club des Cinq, les dialogues actuels et funs en plus ! Un second recueil d’enquêtes est paru sous le titre Le Club de la Pluie brave les tempêtes.

Enquêtes en territoire Breton dans un internat au charme brut et désuet

Les Pierres-Noires, voici le nom du nouveau chez-soi de la jeune Rose Dupin. En effet, elle vient de faire sa rentrée dans ce nouveau collège qui semble à première vue assez austère…

Mais ça, c’est avant qu’elle fasse la connaissance d’une joyeuse bande composée de Nadget et Ambroise… mais qui risque de s’agrandir ! D’autant que le pensionnat va se révéler bien plus distrayant que Rose ne s’y attendait car les mystères s’accumulent. Disparitions, objets introuvables, mystères en série…. que se passe-t-il réellement aux Pierres-Noires ?

Deux enquêtes courtes et efficaces

En à peine quelques lignes, Malika Ferdjoukh relève le défi de nous plonger dans une ambiance de pensionnat austère avec ses murs de pierre et son atmosphère si particulière. Saint-Malo, un collège privé, des mystères à éclaircir… le décor est planté avec efficacité.

Les deux enquêtes proposées par l’auteur sont rondement menées, le tout étant joliment illustré et résumé à chaque fin de chapitre par Cati Baur. Elles sont parfaites à faire lie à des enfants dès l’âge de 9 ans environ. On se prend vite d’affection pour la joyeuse troupe toujours à l’affut d’indices… Les dialogues sont frais, drôles et surtout efficaces. Chaque personnage créé par Malika Ferdjoukh a ses petites particularités qui font qu’on ne le confond avec aucun autre.

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En somme, ce petit roman aux inspirations policières est une lecture bien sympathique à proposer aux jeunes lecteurs. S’ils n’aiment pas les longues histoires, le format de la nouvelle pourrait les séduire ! A proposer à ceux qui aiment Les cousins Karlsson ou encore Le Club des Cinq.

Chronique Jeunesse : Lili Goth et la souris fantôme

Lili Goth et la souris fantômeUn nouveau roman écrit et illustré par Chris Riddell fort attendu

Cela faisait de nombreuses années que la France n’avait pas vu publié un nouveau récit entièrement ficelé par l’auteur et illustrateur Britannique Chris Riddell. Les Chroniques du bout du monde (coécrit avec Paul Stewart), Les Chroniques du Marais qui pue (avec P. Stewart) ou encore la série Apolline, c’est à lui qu’on les doit. Avec Lili Goth et la souris fantôme, il revient en force après plusieurs années d’absence.

L’ouvrage est paru en octobre 2014 et signe l’entrée d’une nouvelle saga jeunesse, celle de l’héroïne Lili Goth. En Angleterre, la série en est déjà à son troisième opus. Le tout est bien entendu illustré de la main talentueuse de Chris Riddell.

Bienvenue au Manoir des Frissons Frissonnants !

Lili Goth vit dans un magnifique et ostentatoire manoir, ses nombreuses dépendances et ses jardins secrets (et très secrets). Elle y est élevée par son père, qu’elle ne voit quasiment pas. Ce dernier ne s’est jamais vraiment remit de la disparition soudaine et accidentelle de sa femme (la maman de Lili) et reste le plus souvent possible éloigné de sa fille.

Cette disparition a créé un fossé entre le père et la fille, mais a aussi engendré de nouvelles règles de vies plus ou moins étranges. L’une d’elles étant que la demoiselle doive porter de lourdes et bruyantes bottes afin que son père sache quand elle arrive.

Mais face à cette ambiance pesante et triste, le manoir va s’égayer un peu grâce à un événement très attendu dans l’aristocratie : La fête annuelle du manoir des Frissons Frissonnants. Voici le quotidien « normal » de Lili, mais quand une souris fantôme va venir la visiter, les journées vont devenir beaucoup plus excitantes !

Lili Goth et la souris fantôme insideUne lecture un peu trop loufoque et pas aussi passionnante qu’à l’accoutumée

Comme les précédents ouvrages de l’auteur, Lili Goth est magnifiquement illustré. Il ne fait pas exception en termes de qualité dans les détails et l’imagination. Cependant, l’histoire est beaucoup moins « tenue » que celle de ses précédents ouvrages.

Il y a plus de non-sens et moins de cohérence que ce à quoi il nous a habitués, et l’intrigue est au final peu captivante. On suit les aventures de la jeune Lili et de ses amis du Manoir des Frissons Frissonnants, mais sans réelle conviction.

Le contenu n’est donc pas extraordinaire, mais s’il y a une chose que l’on ne peut pas retirer à Milan, c’est la finition de l’ouvrage. Relié, couverture rigide, glaçage sélectif et pages d’un doré violet sur la tranche, c’est du plus bel effet ! Sans oublier le livre qu’il y a dans le livre avec Les mémoires d’une souris écrit par Ismaël Moustaches, la fameuse souris fantôme.

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C’est donc une lecture mitigée que ce nouveau roman de Chris Riddell même si l’objet-livre est somptueux. On est quelque peu déçu, surtout quand on connait le passé créatif de l’auteur/illustrateur qui nous a habitués à bien mieux ! Espérons que cela ne soit que ponctuel et que le second tome de la série Lili Goth (qui se déroulera à noël) sera plus plaisant.

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Chronique Jeunesse : Robin au fond des bois

Robin au fond des boisNe jamais avoir la meilleure note de la classe, surtout en histoire-géo… ça attire toujours des problèmes !

Paru précédemment dans la collection Voyage en page, Robin au fond des bois bénéficie d’une nouvelle jeunesse en Folio Junior. Paru en août 2014, ce court texte que l’on peut assimiler à une nouvelle est à classer dans le genre suspense, voire thriller à partir de l’âge de 11 ans environ.

Son auteur, Malika Ferdjoukh, est connue et reconnue en tant qu’auteur jeunesse depuis de très nombreuses années. On lui doit notamment : Sombres citrouilles, la série Quatre sœurs (également adaptée en bd) ou encore Minuit cinq.

L’illustration de couverture est réalisée par Philippe Munch. Les illustrations intérieures, plus stylisées sont assurées par Olivier Balez.

Une journée qui aurait pu être normale… mais le destin en décidé autrement

Robin et son petit frère surnommé Petit Jules sont liés comme les doigts de la main. Complices en toutes circonstances, sauf quand il est question de clafoutis, la journée qu’ils vont passer va les lier comme jamais. Tout ça à cause d’un 14 et demi en histoire-géographie, la matière des fayots ! Maintenant Robin est sûr de devenir la nouvelle cible de Brendan Strekfus, la brute du collège.

Pourtant, tout a commencé de façon normale, mais une fois l’école terminée et qu’ils doivent se rendre chez leur grand-mère, les choses vont se compliquer. En effet, l’exploit scolaire de Robin n’est pas passé inaperçu aux yeux de Brendan qui va se faire un plaisir de lui faire la leçon…

C’est ainsi que tout commence : Robin prend peur en voyant Brendan dans le même train qu’eux et décide de quitter la rame avant sa destination. Cette erreur de parcours n’est que la première d’une longue série qui va les mener à une course-poursuite haletante… et sanglante.

Thriller jeunesse, mode d’emploi

Ecrire un thriller pour la jeunesse, c’est possible. La preuve avec cette nouvelle de soixante-dix pages haute en crispations. Bien que l’intrigue se déroule très rapidement, tous les éléments nécessaires au genre sont là : un suspense insoutenable, une bonne dose de psychologie et… un meurtre !

Outre le côté suspense de l’intrigue, on appréciera grandement la façon dont Malika Ferdjoukh nous dépeint la famille de Robin et Petit Jules. Aimante, et surtout très drôle, on ne peut s’empêcher de tomber sous le charme de chacun de ses membres, du papa aux jeux de mots rigolos à la maman débordée et parfois pas assez démonstrative.

Pour ceux qui se poseraient la question, le titre Robin au fond des bois n’a de clin-d’œil que le titre et n’a pas de réel rapport avec le classique qu’est Robin des bois. Une nouvelle efficace et idéale pour découvrir le genre du thriller dès l’âge de 11 ans.

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Chronique : The Lying Game – Tome 5 – Croix de bois, croix de fer

The lying game 05L’étau se resserre doucement sur l’assassin de Sutton…

Paru en février 2014, Croix de bois, Croix de fer est le cinquième et avant-dernier tome de la série policière et un soupçon surnaturelle The Lying Game. Suite directe du précédent tome, nous suivons toujours l’histoire narrée par le fantôme de Sutton Mercer, qui ne lâche pas sa sœur jumelle enquêtant sur son meurtre. Le titre de l’ouvrage fait référence au mot de passe qu’utilisent les filles du Jeu du Mensonge pour jurer que ça n’est pas un mauvais tour qu’elles jouent à leurs amies.

Sara Shepard est une auteur américaine connue pour ses romans ados avec notamment la série Pretty Little Liars, les livres ont étés adapté en série télé, tout comme The Lying Game.

L’investigation solitaire d’Emma à Tucson se poursuit…

Suite directe du précédent tome, nous retrouvons Emma avec ses derniers questionnements en date sur la disparition de Sutton. Leur mère biologique est-elle à mettre en cause ? Est-ce quelqu’un de l’entourage de Sutton qu’elle a trop blessé avec une de ses énièmes blagues cruelles ? La tension mon te doucement au fil des petites révélations qui se font au sein de ce tome…

Les mêmes processus que dans les tomes précédents, mais avec un peu plus de matière

Sara Shepard renouvelle peu sa formule mais sait ajouter un peu d’intérêt à l’intrigue à travers ce cinquième opus. L’auteur nous sème quelques petits indices qui permettent de déterminer qui est le potentiel tueur – ou tueuse – de Sutton.

De nouveaux personnages font leur entrée, avec notamment Céleste, une adolescente aux allures éthérée croyant dur comme fer au surnaturel. Sa venue à Hollier, dans le lycée de Tucson est gênante pour Emma car Céleste veut tout faire pour s’intégrer en faisant sa loi… Et Emma est bien loin de la distance hautaine qu’entretenait si bien sa sœur jumelle Sutton.

Outre ces quelques nouveautés, l’enquête d’Emma et de son petit ami Ethan se poursuit et avance plus concrètement que jamais, et il faut avouer qu’il était grandement temps ! Impossible d’en dire plus sans spoiler, ce sera donc à vous de découvrir les avancées en la matière…

Un point gênant à noter au niveau du contenu du livre : comme tous les autres tomes de la série, le roman contient énormément de citations de marques. Tellement que s’en est invasif par moment, d’autant qu’il s’agit de marques de luxe totalement inconnues pour qui n’est pas à la pointe de la mode.

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En conclusion, cet avant-dernier tome relance quelque peu l’affaire mais ne suffit pas à enlever cette impression de sur-place général. On a une seule hâte, enfin savoir qui est derrière tout ça, mais guère plus…

Chronique : The Lying Game – Tome 4 – Cache-cache

The lying game 4Trahisons et faut semblants, partie quatre

Nous continuons nos chroniques de la série de romans The Lying Game écrite par Sara Shepard avec le quatrième tome : Cache-cache. La série est éditée en France par Territoire, la collection ado de Fleuve Editions. Nous en sommes maintenant au quatrième tome sur six au total, et peu de pistes valables semblent mener vers l’assassin de Sutton Mercer…

Un nouveau coupable potentiel sur le devant de la scène ?

Nous reprenons où nous l’avons laissée la jeune Emma Paxton qui remplace sa sœur jumelle Sutton Mercer assassinée. Personne n’est au courant de cette imposture hormis son petit copain Ethan qui l’aide à enquêter. Emma étant constamment menacée par l’assassin de sa sœur, elle se doit d’être extrêmement prudente dans ses agissements et ses paroles…

Cette fois-ci, c’est un nouveau personnage que nous découvrons… et il se pourrait bien que cette personne ait un lien avec la disparition de Sutton. Nous l’avons déjà vue à travers de nombreuses descriptions du passé d’Emma, quand elle avait cinq ans : il s’agit de sa mère biologique, Becky. Quel rôle joue-t-elle dans ce nouvel opus ?

De nouvelles pistes s’ouvrent pour l’enquête

Ce quatrième tome est celui des révélations familiales. Sans en dire beaucoup plus sous peine d’exposer trop l’intrigue, sachez qu’ici la filiation va ici prendre tout son sens. Les relations qu’entretenaient Sutton avec sa famille adoptive sont bien plus tendues qu’il n’y paraît au premier abord… C’est donc une nouvelle piste qui s’ouvre avec pour fond les relations mère/fille.

Est-ce que ces nouvelles informations relèvent le piment général de la série ? Pas franchement. On commence à deviner le cycle général que fait prendre Sara Shepard à ses livres : nouveau personnage potentiellement accusé, puis accumulation de preuves contre lui, puis passage à un nouveau personnage, etc. Ce tome ne fait pas exception, et malgré l’arrivée fracassante de Becky, le tout est mené de façon très linéaire et semblable aux tomes précédents.

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Pour conclure, ce quatrième tome de la série The Lying Game tourne toujours autour des mêmes mécanismes. Peu de surprises, pas de grandes tensions. On reste curieux de connaître le mot de la fin, mais le tout traîne énormément en longueur… Dommage.

Chronique : The Lying Game – Tome 3 – Action ou vérité

The lying game 3Suite du thriller chic pour ados où l’étau se resserre… à peine

La série de romans The Lying Game est composée de six tomes, tous parus dans la collection Territoires, la collection ado des éditions Fleuve Noir.

Son auteur, Sara Shepard, est spécialisée dans les séries pour ados très féminines contenant toujours une bonne part de mystères et de secrets inavouables… Elle est ainsi connue également pour sa série Pretty Little Liars. Ses deux séries de livres ont étés adaptées en série télévisée.

Suite de l’enquête d’Emma Paxton sur sa sœur jumelle, Sutton Mercer

On continue là où nous l’avions laissée Emma ainsi que son investigation autour de sa jumelle tuée dans de mystérieuses circonstances. Les recherches d’Emma piétinent, et le nombre de suspects ne baisse pas d’un iota…

La jeune fille doit pendant ce temps mener de front une vie d’adolescente « normale » tout en remplaçant sa sœur disparue et en enquêtant sur son meurtre… sans commettre de bévue.

Le fantôme de sa sœur Sutton la suit toujours malgré elle, comme si une sorte de force cosmique l’empêchait de se détacher de sa jumelle. Et comme dans les précédents tomes, le fantôme de Sutton ne peut entrer en contact avec aucun vivant et ne se souvient pas de qui a bien pu la tuer…

Une suite qui se laisse lire sans difficultés mais qui a du mal à renouer avec le suspense

De retour à Tucson en Arizona avec les personnages familiers de l’intrigue, il ne vous sera pas difficile de reprendre l’histoire où vous l’aviez laissée. En effet, Sara Shepard a pensé au long laps de temps entre les parutions et aux lecteurs qui mettraient du temps entre les tomes. Ainsi, la reprise est facile, la narratrice réexplique certains contextes potentiellement oubliés, etc.

On ne confond ainsi pas les différents personnages qui sont faciles à cerner et à retrouver grâce à des traits de caractères assez disparates.

Cependant, même si la reprise de la série est facile et reste plaisante, l’intrigue à quant à elle beaucoup plus de mal à convaincre. Cela est dû au simple fait qu’elle commence à tourner en rond de façon flagrante. Emma a toujours les mêmes suspects sur sa liste (même si elle réussi à en éliminer un) et les rouages sont les mêmes que sur les deux tomes précédents. Les doutes quant à la personne qui a fait le coup redeviennent vite les mêmes.

Pour faire simple, l’histoire de The Lying Game tourne en rond dans ce troisième tome.

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En somme, ce tome-ci nous fait très peu avancer dans l’intrigue, les révélations y étant vraiment rares. On est toujours curieux de savoir qui est derrière cette diabolique machination consistant à remplacer une jumelle tuée par celle qui est encore vivante, mais l’auteur va devoir jouer serrer pour rendre le tout attrayant. Comment Sara Shepard va-t-elle se renouveler alors qu’il reste trois tomes et surtout va-t-elle y parvenir ? La suite dans la chronique du quatrième tome de la série The Lying Game : Cache-cache.

Chroniques des autres titres de la série (cliquez sur l’image) :

The lying game - 01The lying game - 02

Chronique : Silo – Tome 1

Silo 01Pourquoi nécessairement mettre des graines dans un silo quand on peut y mettre des hommes ?

Premier roman de Hugh Howey à paraître en France, Silo est également l’ouvrage qui a ouvert la toute nouvelle collection sf d’Actes Sud : Exofictions. L’ouvrage est paru en septembre 2013, il est le premier tome de la trilogie Silo.

Pour la petite histoire, sachez que Silo était avant tout une nouvelle mise en ligne par Hugh Howey avant d’être un best-seller dans son pays d’origine.
Dans ce récit à l’idée aussi originale qu’étrange vit toute une population d’être humains dans un tube profondément enterré sur la longueur : un silo.

Survivre dans un monde apocalyptique sans perspectives d’avenir…

Nous ne savons ni où ni quand, mais des hommes (toute une communauté) vivent dans un silo géant, sous terre. Personne n’est à même de savoir depuis quand et pourquoi cela est ainsi, mais tous servent au mieux leur communauté afin qu’ils survivent. Chacun a une attribution précise et doit déclarer toute relation amoureuse. Pour avoir un enfant, il faut déposer une demande et croiser les doigts pour gagner à la loterie… voilà le tableau de la vie dans le silo.

Mais la construction a beau être souterraine, les habitants du Silo ont une vue imprenable sur l’extérieur à travers l’œil de trois caméras. Personne ne peut mettre un pied dehors à cause de l’air toxique… mais certains sont tout de même condamnés à y aller. En effet, si vous faite que ne serait-ce évoquer l’extérieur, vous êtes bon pour un aller simple et la mort garantie. C’est d’ailleurs ce qui va arriver au shérif du silo, et ce qui était arrivé précédemment à sa femme…

Et c’est ainsi qu’entre en jeu le personnage de Juliette : mécano surdouée qui travaille dans la partie basse du silo. Elle est pressentie pour remplacer le shérif du silo, mais la politique interne semble bien décidée à mettre des bâtons dans les roues de cette évolution. D’autant que Juliette préfère de loin le cambouis et le goût de l’effort aux machinations obscures qui se trament en haut…

Un roman policier ayant pour toile de fond l’anticipation

Le début du roman ainsi que la présentation de son univers est efficace et percutante. L’idée d’enterrer des hommes dans un silo est intéressante, elle attise la curiosité. Le tout est bien traité, les personnages sont assez creuses pour être attachants, en particulier Juliette : volontaire, douée, et dotée d’un fort sens de la justice. Je pense également à toutes les petites mains du fond qui sont décrite avec tant d’affection par Hugh Howey : Shirmy, Walker, Jenkins…

Au fil des pages, ce qui nous apparaissait uniquement comme un récit de sf prend de l’ampleur. Silo acquiert une dimension politique (à une échelle réduite, mais tout de même) et prend des pistes inattendues pour la suite de son intrigue.
Alors, certes le roman est avant tout un récit d’anticipation, mais il joue également sur les codes du roman à suspense. Chapitres conclus de telle façon que c’en est addictif, twists en fin de partie, tensions… Ce jeu de genres n’est pas pour déplaire, bien au contraire !

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En conclusion, Silo est un très bon premier tome avec tantôt une intrigue prévisible, tantôt des chutes choc. Il plaira aussi bien aux lecteurs de récits d’anticipation qu’aux autres, et c’est une belle façon de démocratiser la sf, Actes Sud étant réputé pour éditer des textes de qualité. L’équilibre est bien dosé entre les phases de suspense et les révélations, nous laissant toujours sur le fil du rasoir.
A suivre avec le second tome déjà paru : Silo Origines, et le troisième qui vient tout juste de sortir : Silo Générations.

Chronique : Lettres à une disparue

Lettres à une disparueLa quête poignante d’une grand-mère pour retrouver sa petite fille…

Premier roman de Véronique Massenot, Lettres à une disparue est devenu très rapidement un classique de la littérature jeunesse. Très régulièrement prescrit dans les écoles, l’ouvrage est souvent utilisé pour faire découvrir le genre épistolaire, mais également la notion de dictature aux élèves de 4ème. L’idée de ce court roman est venue à l’auteur après avoir écouté un reportage à la radio.

Véronique Massenot a écrit quantité d’ouvrages, aussi bien des albums pour enfants que des romans pour les jeunes lecteurs : Soliman le pacifique : Journal d’un enfant dans l’Intifada, La lettre mystérieuse

Des lettres sans destinataire… et pour cause

Melina écrit régulièrement à Paloma, sa fille disparue. Cette démarche d’écriture soulage Melina, qui souffre énormément de ce vide dans sa vie. Leur pays est sous le joug de la dictature, et tous ceux qui se sont soulevés contre elle ont mystérieusement « disparu », comme Paloma, son mari et sa fille, Nina. Ainsi Melina se retrouve-t-elle seule avec son mari, tous deux esseulés, désespérés et détruit par cet Etat qui leur a tout pris.

Mais un espoir renaît le jour où Mélina découvre qu’une femme a réussi à prouver que son neveu a été adopté de force par les tortionnaires de ses parents « disparus ». Cela a-t-il pu se produire pour leur petite fille Nina ? Commence ainsi une longue enquête et une bataille juridique pour faire éclater la vérité.

Un récit qui offre matière à réflexion, sans limite d’âge

Cette nouvelle est aussi simple que bien faite. En effet, l’histoire est intéressante, réaliste et donne beaucoup de matière à réflexion. Véronique Massenot a bien pris soin de ne pas donner un quelconque nom de pays ou de région. Son intrigue peut ainsi se dérouler n’importe où et sans réelle époque définie.

Sans tomber dans le misérabilisme une seule seconde, l’histoire montre un beau récit entre souffrance et force. Cette quête d’une grand-mère pour retrouver sa petite-fille et la façon dont elle y parvient sont touchants.

On appréciera donc cette nouvelle pour sa forme épistolaire qui réussit à créer une belle émotion, jusqu’à la toute dernière lettre.

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En conclusion, Lettres à une disparue est un livre intéressant qui invite à réfléchir après lecture. Un récit sympathique à lire pour découvrir un classique de la littérature jeunesse.

Chronique Jeunesse : Le mystère du majordome

Le mystère du majordomeImaginez le décor parfait : un château splendide, un cadre raffiné… et des disparitions étranges !

Écrit par Norma Huidobro – une auteur traduite de l’argentin – Le mystère du majordome est un roman jeunesse paru à l’école des Loisirs en 2013. L’histoire se déroule durant la période des vacances scolaires dans un lieu de charme : un véritable palais de style européen en pleine Amérique du Sud ! Norma Huidobro a également écrit Une soupe de diamants et Un secret à la fenêtre chez le même éditeur.

Impossible de se reposer pour Tomás… même en pleines vacances !

A chaque fois qu’un événement ou une festivité de taille se prépare dans la famille de Tomás, c’est toujours la même chose : il est mis à l’écart. Mais quelle meilleure mise de côté que d’être logé, nourri et blanchi dans un palais de charme pendant plus de 10 jours ? Pour une fois, cette situation plaît à Tomás… et on le comprend aisément.

Mais à peine arrivé, le jeune homme se montre vite trop curieux. Premièrement, Tomás n’aurait jamais dû commencer à compter les beignets qui étaient dans la cuisine : tout cela n’aurait jamais eu lieu… Alors qui vole la nourriture rangée dans la cuisine ? Est-ce quelqu’un qui gagne à ne pas être découvert ? Un bandit ? Un criminel ? Autre chose ? Et d’où viennent ces bruits étranges dans l’une des tours du château ?

Un parfait petit roman policier pour l’été… mais pas seulement

Une chose est certaine, ce roman est fort sympathique et plaira sans problèmes aux enfants dès l’âge de 9 ans. Le corps des mots est assez gros, permettant aux jeunes lecteurs de lire un vrai roman sans être submergés de texte.

L’intrigue est bien menée, l’idée de commencer tous ces mystères par des disparitions  de denrées alimentaires est amusante. Tomás est un jeune homme attachant dont la plume est simple et efficace. Il va se faire aussi bien des amis que des ennemis parmi les domestiques de la maisonnée et se faire une alliée inattendue en la personne de Camila, une petite fille fan de Barbie. Même si la communication est difficile au début, les deux enfants vont s’entendre afin de résoudre l’affaire.

« […] elle a fait demi-tour, emmenant la surprise et son sac de Barbie. Inutile de préciser que j’aurais préféré un plat de beignets à la pate de coings. S’il y a quelque chose que déteste c’est bien les Barbie. »

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Drôle et parfait pour passer un bon moment, on appréciera de découvrir une auteur qui vient d’Argentine : cela a le mérite de changer des très nombreuses traductions anglo-saxonnes. A lire pour découvrir le style policier sans oublier une dose d’humour et de suspense !

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Paroles empoisonnées

Paroles empoisonnéesUn drame d’une puissance narrative inouïe

Paru en début d’année 2013 aux éditions J’ai Lu, Paroles empoisonnées et le dernier roman en date (en France) de l’espagnole Maïté Carranza. Elle est notamment connue pour sa trilogie fantastique le Clan de la Louve parue chez Pocket Jeunesse.

Dans ce roman loin du genre fantastique, l’auteur nous a concocté un thriller diaboliquement efficace basé sur un fait divers qui l’a inspirée, celui de Natascha Kampusch (jeune femme autrichienne qui fut enlevée et séquestrée pendant plus de huit ans avant de réussir à s’enfuir). L’ouvrage a d’ailleurs reçu le prestigieux Edebé de littérature pour la jeunesse (attention, le livre s’adresse bien à des adolescents, pas moins).

Paroles empoisonnées est avant tout l’histoire de Bárbara Molina, une jeune fille disparue il y a de cela quatre ans. L’affaire est restée irrésolue jusqu’au jour où… l’enquête bascule à cause d’un simple coup de fil, capturant le lecteur dans une toile psychologique dont il devient impossible de s’extraire…

Une affaire qui piétine et en passe d’être oubliée

Quand nous commençons ce roman, c’est l’ultime jour de travail du sous-inspecteur Salvador Lozano, un homme qui a pris l’affaire Bárbara Molina à cœur. Oubliant parfois jusqu’à sa vie privée, l’homme a montré un investissement sans faille sur cette affaire. Mais la retraite arrive, et il est tant de passer l’affaire et des dizaines d’autres à un nouveau et fringuant sous-inspecteur : Toni Sureda.

Ce dernier est jeune, fringuant et ne montre apparemment pas l’intérêt qu’il faudrait sur l’affaire Bárbara Molina. Comment lui en vouloir ? L’enquête piétine depuis des années sans aucun nouvel élément. Les deux principaux suspects vivent leur vie, la disparition de Bárbara n’est plus vraiment au cœur des préoccupations, hormis pour ses proches.

Sa mère, Nuría Solis est devenue un fantôme depuis le drame, elle ne vit que parce qu’il le faut, mais tout juste. Sans opinion, sans vie, sans âme, elle erre et est devenue un poids pour sa famille tout entière. Son mari Pepe quant à lui a tout fait pour faire retrouver leur fille, combatif, tenace, parfois même trop, il a largement contribué à ce que l’enquête reste ouverte.

Les jumeaux, frères de Bárbara, ont quant à eux appris à ne pas faire de l’ombre à la peine de leurs parents.

PREMI CUBIERTA PALABRAS ENVENENADAS + 148 p3.inddUne narration qui ne laisse pas de place à l’ennui

Paroles empoisonnées est un roman à quatre voix, celle de la mère de Bárbara (Nuría Solis), celle de Bárbara elle-même, celle du sous-inspecteur presque retraité et celle d’Eva, l’ancienne meilleure amie de Barbara.

Ainsi, quand ces voix très différentes s’expriment, ont découvre peu à peu tous les non-dits, les blessures cachées et les plaies de chacun. Le voile qui pèse sur l’affaire se soulève peu à peu, mais pas au point de nous faire deviner très rapidement qui est le coupable. Des indices aux accusations divergentes fusent, et le lecteur se fait lui aussi embarquer dans des suppositions toutes plus folles les unes que les autres.

Avec ces points de vue différents sur l’histoire, on se rend compte que même si il y a un véritable coupable, tous ont à un moment ou un autre on failli à leur manière : en fermant les yeux, en étant jalouse, en ayant trop la tête dans le guidon sur l’affaire… Terriblement humains, là a été leur seule faute.

Ainsi Maïté Carranza manie avec art une plume très sensible, qui fonctionne par évocations et sous-entendus. Elle a su tisser avec bien peu une histoire cohérente qui sait nous tenir en haleine.

« Elle rate parfois des occasions de se taire et lâche des paroles empoisonnées dont le venin court dans les veines et arrive jusqu’au cœur, et fini par tuer, telle une tumeur maligne. […] La coupe était amère et elle l’a avalée seule, comme toujours. »

Pas de dialogue ici, tout est écrit au style indirect : déstabilisant au début, on s’habitue très rapidement à ce mode d’écriture pour le moins inhabituel. Pas de tiret de dialogues  à aucun moment de l’ouvrage, ni même de guillemets. On se retrouve alors avec de grands pavés de texte, mais qui se dévorent.

Pour conclure, Paroles empoisonnées est un véritable roman coup de poing. Traitant de la violence faite aux femmes, qu’elle soit passive ou bien visible, Maïté Carranza met en avant un sujet qui lui tient à cœur, et elle y excelle. Attention, âmes un peu trop sensibles s’abstenir, bien qu’il n’y ait aucun passage explicite, ce roman reste très dur.

Quoi qu’il en soit, impossible de ne pas s’immerger dans un roman d’une telle force, alors allez-y si vous êtes amateur de thriller, ce roman est pour vous. Dès l’âge de quinze ans, minimum.