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Chronique jeunesse : Angelica Varinen – Tome 1 & 2

Une nouvelle série de romans policiers à destination des jeunes lecteurs !

Si Maisie Hitchins devait avoir une grande sœur, une chose est sûre elle s’appellerait Angelica Varinen ! Toute nouvelle saga de romans à destinations des 8/10 ans écrite par l’auteure française N.M. Zimmermann, Angelica Varinen est une série qui compte pour le moment deux tomes chez Flammarion.

Si vous ne connaissez pas encore cette auteure que j’apprécie beaucoup, elle a écrit tant d’ouvrages que je ne vais pas tous vous les lister, mais voici mes préférés d’elle : Une histoire terrifiante – Le miroir aux sortilèges, la collection Le grand livre de l’horreur… L’auteure étant une amoureuse du Japon, beaucoup de ses ouvrages tournent autour de la culture nippone : L’amour le Japon les sushis et moi, Le fantôme de la tasse de thé

Une jeune demoiselle très curieuse…

Le moins que l’on puisse dire sur Angelica Varinen, c’est qu’elle est très curieuse. Extrêmement curieuse… à tel point que s’en est maladif ! Impossible pour elle de ne pas avoir la réponse à un mystère ou une énigme, c’est ainsi qu’elle se fourre dans quantité de situations compliquées. Et totalement inappropriées à sa condition ! Mais qu’importe, du moment qu’Angelica trouve la réponse…

C’est ainsi que dans les deux premiers tome, Angelica réussit à résoudre deux enquêtes que même les policiers n’ont pas réussi à résoudre.

Cette chronique réunit donc mon avis sur les deux premières enquêtes. Le tome 1 – Le voleur de bijoux et le tome 2 – L’affaire de la licorne.

… et au caractère bien trempé !

L’ambiance de cette petite saga pour la jeunesse est très agréable. Dans une ère pseudo victorienne, le tout mâtiné de fantastique, le mélange fonctionne à merveille. De plus, l’auteure a créé ses propres créatures magiques, notamment Naali, la renarde arctique d’Angelica qui a la pouvoir de se téléporter.

Et puis, la jeune enquêtrice en herbe est fort bien entourée : entre ses amies qui lui demandent d’enquêter et son majordome surprotecteur, elle n’a pas le temps de s’ennuyer ! Mais dès qu’elle le peux, elle échappe à toute surveillance…

C’est ainsi que dans le premier tome, elle va se mettre en danger pour confondre les coupables de vols de bijoux, quitte à prendre de grands risques. Angelica repère un schéma étrange dans les vols qui ont lieux dans leur ville…

Dans le deuxième opus, moins de dangers, mais beaucoup de malice. L’enquête est bien tournée, on pousse les lecteurs à réfléchir eux aussi aux potentiels coupables. Et comme il est question d’une licorne, c’est encore plus intéressant !

Alors, oui, les enquêtes sont assez réussies, les illustrations sont de toutes beauté et l’histoire fonctionne très bien. Mon seul bémol est à mettre sur la personnalité même de l’héroïne, que je trouve trop présomptueuse la plupart du temps.

Angelica est très imbue d’elle-même. Sous prétexte qu’elle est douée, elle se permet des remarques désobligeantes et une attitude qui frise l’irrespect… Cet aspect du personnage le rend pour moi peu attachant, et c’est dommage car elle avait tout pour me plaire au premier abord.

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Mais comme je n’ai que cela à reprocher à la série on peux dire sans mal que ces deux premiers tomes sont une réussite. Pour ceux et celles qui aiment les mystères et l’aventure, ce sera la lecture parfaite… Le texte est très aéré, les dessins aidant à dévorer avec encore plus d’efficacité ces deux premiers tomes. En bref, on passe un bon moment.

PS : Notons au passage les très belles illustrations de Noémie Chevalier. Que ce soit la couverture ou l’intérieur des ouvrages, les dessins sont superbes !

Chronique Jeunesse : Hector et les pétrifieurs de temps – Tome 1

D’étranges ombres planent sur la petite ville de Starkley…

Danny Wallace, auteur aussi bien pour les adultes et les enfants nous vient tout droit des Royaumes-Unis. En France, nous le connaissons avant tout pour ses publications destinées aux adultes : Tous pareil (Presses de la Cité, 2015) ou encore C’est elle ! (Pocket, 2015). Les illustrations sont quant à elles réalisées par Jamie Littler.

Avec Hector et les pétrifieurs de temps, il s’agit de sa première incursion en littérature jeunesse pour nous lecteurs français. Bien que cela ne soit mentionné à aucun moment, ce livre est le premier tome d’une trilogie.

Des disparitions inquiétantes…

Bienvenue dans la paisible et extrêmement tranquille ville de Starkley. C’est LA ville où il ne se passe jamais rien de notable. Et cela se voit assez vite en lisant le journal, les unes et brèves sont dédiées à des faits tout à fait inintéressants… « Une pomme de terre qui ressemble un peu à un chien », « Le conseil municipal envisage l’achat d’une nouvelle imprimante »… C’est d’ailleurs pour cela que Starkley a été élue quatrième ville la plus ennuyeuse de Grande-Bretagne…

Mais depuis quelque temps, la ville voit certains de ses habitants disparaître… D’autres reviennent, mais complètement changés : ils deviennent méchants, irascibles, complètement imprévisibles. Hector a remarqué cela depuis quelque temps déjà, mais le jour où la ville s’arrête littéralement, et qu’il est le seul à pouvoir encore bouger, il sait quelque chose de pire se prépare. Il ne sait pas encore ce dont il s’agit, mais une chose est sûre, Hector semble le seul à pouvoir faire quelque chose !

Une intrigue originale servie par une narration divertissante

L’un des points forts de ce roman, c’est son humour 100% british. Des tournures de phrases étranges et hilarantes, des scènes cocasses, le tout est fluide, drôle, et bien mené. L’histoire a beau être assez classique, son traitement reste inattendu, en particulier en ce qui concerne les monstres que vous aurez l’occasion de découvrir dans ce livre ! On ne sait pas immédiatement où veut nous mener l’auteur, et c’est un avantage appréciable pour se prendre d’intérêt pour cette histoire étrange où le temps se met en pause pour tout le monde sauf pour Hector !

D’un point de vue graphique, la version française fait montre d’une très belle originalité avec une impression magnifique sur la tranche, sur les pages elles-mêmes. On y découvre les ombres des monstres qui sont l’objet même de l’histoire, c’est une magnifique finition. De même, à l’intérieur de l’ouvrage, vous trouverez des pages entièrement noires où le texte se trouve en blanc. C’est aussi joli que surprenant, et l’ouvrage regorge de petites originalité en termes de mise en pages.

Par contre, un défaut notable de cette publication, c’est qu’il n’est marqué nulle part qu’il s’agit du tout premier tome d’une série. La moindre des choses quand on publie une saga en plusieurs tomes, c’est d’annoncer immédiatement la couleur aux lecteurs potentiels ! En effet, à aucun moment Gallimard ne met en avant le nom de la série ou la tomaison. Ce n’est qu’à la fin du roman que l’on se rend compte que l’histoire aura une suite. Dommage.

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Au final, l’histoire d’Hector et de ses nombreux comparses est assez sympathique. Elle n’est pas extraordinaire, mais permettra aux jeunes lecteurs de 10 ans environ de passer un bon moment de lecture. C’est un peu fantastique, rempli d’une foule de monstres bizarroïdes et surtout l’humour y est excellent sans oublier que le tout est très bien illustré ! A découvrir pour changer de lectures et rire en frissonnant un peu. Affaire à suivre concernant les autres tomes, la série ayant déjà trois opus publiés en Angleterre.

Chronique : Les filles de Roanoke

Un roman glaçant et addictif. Une histoire mystérieuse aux allures gothiques… vous ne reviendrez pas indemne de Roanoke…

Amy Engel est une auteure qui écrit aussi bien à destination des adolescents que des adultes. En France, sa série The Book of Ivy (deux tomes) est sortie en 2015 aux éditions Lumen.

Mais en août 2017, les éditions Autrement ont choisi de nous montrer une autre facette de cette auteure en publiant Les filles de Roanoke ; un ouvrage très surprenant, d’une finesse inattendue et d’une maîtrise diabolique…

Une lignée de femmes qui on souffert, souffrent et souffriront

Roanoke est plus qu’une maison, un lieu ou un nom de famille. C’est une identité dont il est impossible de se détacher, qui réside comme un poids sur les épaules…

Il y a des années de cela, c’est la leçon qu’a appris à ses dépends Lane, qui va s’est retrouveé à Roanoke par la force des choses… Le suicide de sa mère l’a conduite ainsi chez ses grands-parents, qu’elle n’a jamais connus. Étrangement, sa mère a toujours tenu à cloisonner les différents pans de sa vie…

Ainsi, quand Lane a débarqué à Roanoke elle y découvre tout : son étrange, froide et distante grand-mère, son grand-père toujours travailleurs et jovial… et sa cousine Allegra. Totalement folle et libre, Allegra n’en fait toujours qu’à sa tête. Enfin, avant, car maintenant elle est surtout portée disparue.

C’est ainsi que de nos jours, Lane, qui a tout fait pour fuir la touffeur épaisse et oppressante de Roanoke se retrouve à devoir y retourner… Pourquoi avoir fui il y a des années ? Qu’est devenue Allegra ? Que renferme Roanoke ? Pourquoi la lignée de la famille semble frappée d’une malédiction ?

Un roman merveilleux et terrible où passé et présent s’entremêlent

Dès les premières pages, nous sommes piégés. Comme Lane, on se retrouve à Roanoke sans vraiment comprendre ce qui nous tombe dessus. Et peu à peu, une idée voit le jour… terrible mais bien là. A-t-on raison de penser cela ? Nul ne sait, vous serez obligé de continuer à lire l’histoire de la lignée des Roanoke pour tout savoir et tout comprendre.

Le roman a beau être totalement réaliste, son atmosphère est si travaillée et unique, qu’on frôle le fantastique sans jamais y être. Paradoxal ? me direz-vous, mais c’est exactement ce qu’il s’y passe. Moiteur étouffante, sous-entendus glaçants, sentiments complexes, indicibles et anormaux… voici tout ce que Les filles de Roanoke va essayer de vous faire ressentir. Et bien plus encore…

Les chapitres alternent entre passé et présent sous les noms de : « Alors » et « Maintenant ». Le tout est entrecoupé de l’histoire de chaque fille Roanoke en maximum deux pages. Peu à peu, on découvre l’arbre généalogique de la famille… et ses secrets.

C’est un excellent roman qui nous entraîne dans les méandres d’une famille aisée et torturée. Si vous souhaitez lire un roman qui vous prend aux tripes, qui vous restera en mémoire, c’est LE livre qu’il vous faut. Impossible à lâcher, personnages extrêmement prégnants et mémorables (j’ai d’ailleurs comme Lane, un énorme faible pour Cooper l’un des plus fascinants personnages de cette histoire).

Et surtout, Amy Engel est si talentueuse qu’elle réussit à nous glisser quantité d’indices que l’on ne voit pas… mais que l’on redécouvre à la relecture ! Ils sont parfois extrêmement ténus, mais diablement bien placés. C’est si bien caché et disséminé qu’on se demande comment elle a fait pour nous les faire lire sans qu’on réagisse…

« Je me demande une nouvelle fois ce qu’il sait vraiment. Il a toujours été observateur, son regard dépasse ce que les gens sont disposés à dire. Et il a grandit dans les ténèbres, il sait ce qu’elles dissimulent au grand jour. Contrairement à la plupart des gens, il n’a pas peur des zones d’ombre ».

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A la fois roman, thriller, reflet d’une société parfois abandonnée à elle-même dans les campagnes américaines, on ne peut que saluer le talent d’Amy Engel. Sa saga pour ados The book of Ivy était très bien, mais avec Les filles de Roanoke, elle nous offre un tout autre niveau d’écriture. C’est le genre de roman que l’on n’oublie jamais vraiment, qui vous colle à la peau et qui vous force à y repenser… MAGISTRAL.

Chronique : Tout ce qu’on ne s’est jamais dit

Un roman déroutant aux allures de thriller et de roman de société dans les Etats-Unis des années 70. L’histoire d’une famille qui éclate suite à un drame terrible…

Paru originellement chez Sonatine, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est sorti en poche chez Pocket en mars 2017. A l’entre-deux en termes d’ambiance et de genre, ce roman est le premier de Celeste Ng sorti en France. Le roman a reçu le Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs.

1977, aux Etats-Unis, dans une famille qui semble parfaite…

La famille Lee réunit tous les attributs de la perfection. Une petite maison proprette, un couple aimant, des enfants parfaits… dont Lydia, une adolescente de 16 ans qui a tout pour réussir. Douée à l’école, d’une beauté parfaite, gentille… du moins an apparence. La disparition de Lydia va ébranler les certitudes quant à sa supposée perfection. Etait-elle vraiment heureuse ? Est-elle partie ? Morte ? Enlevée ? Nul ne le sait. Mais, le verni qui recouvre le portrait de Lydia et de sa famille va peu à peu s’écailler…

Un roman captivant où chaque détail compte et se révèle beau

Avant de découvrir les nombreuses facettes de Lydia, nous découvrons le couple atypique que forment ses parents à l’époque. En effet, James est d’origine chinoise mais né américain tandis que Marylin est américaine. Dans les années 60, ce genre d’unions était encore très mal vues… C’est ainsi que l’on découvre les nombreux obstacles qu’ils ont eus à traverser avant de pouvoir s’aimer. Mais ils n’échappent jamais à quelques remarques, même quand on revient dans le présent.

Lydia supportait-elle aussi ce genre de remarques ? Était-elle exclue de la bonne société américaine malgré ses résultats brillants ? Ou y a-t-il autre chose de pire encore derrière sa disparition ?

La disparition de Lydia est un drame, surtout quand on sait quel avenir brillant l’attendait. Ses parents avaient de très grands projets pour elle, notamment dans les sciences. Pourquoi pas la médecine ? Ou la physique ? Toutes les portes allaient s’ouvrir pour elle, la travailleuse et intelligente Lydia. Ses parents sont tellement obnubilés par sa réussite future qu’ils en oublient qu’ils ont deux autres enfants… De quoi être en mal de reconnaissance pour le frère et la sœur de Lydia.

Toutes les pistes nous sont ici contées, expliquées, mais attention, ce roman n’est pas un polar ! La partie « roman de société » y est très importante et la réponse finale n’est pas une fin en soit. C’est d’ailleurs pour cela que Pocket ne l’a pas classé dans sa collection polar, mais en littérature.

Ce roman est donc un magnifique portrait de la société américaine des années 60/70 qui nous remet en contexte le pays et sa philosophie de l’époque. Au travers de cette famille métissée qui traverse un drame, ce sont les Etats-Unis, qui nous sont décrits autrement. On découvre également la genèse d’une famille dont chaque membre est attachant et vrai. Céleste Ng possède un talent formidable pour camper ses personnages dont l’humanité et les faiblesses sont d’un réalisme bluffant.

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Tout ce qu’on ne sait jamais dit est ainsi un roman magnifique, beau, et d’une tristesse infinie… Mais qu’il faut lire absolument pour son ambiance unique ! C’est un concentré d’émotions et de poésie à l’échelle d’un roman mené de main de maitre.

Chronique : Les pleureuses

L’histoire d’un couple qui se délite vu de l’intérieur avec pour toile des fond la Grèce et ses terribles incendies…

Premier roman de Katie Kitamura à paraître en France, Les pleureuses est arrivé en librairie en août 2017, pour la rentrée littéraire. L’ouvrage est paru chez Stock dans la collection La Cosmopolite. Les pleureuses est un roman sur le couple, les non-dits, l’introspection, la perte des être chers…

Tout commence avec une disparition…

La narratrice (nous ne connaitrons jamais son nom) vient d’apprendre que son mari est parti en Grèce. Comme ils vivent séparés depuis quelque temps, elle n’avait aucun moyen de le savoir… Ainsi, c’est sa belle-mère qui lui demande d’aller rejoindre son fils en Grèce sans savoir que leur couple bat sérieusement de l’aile.

Voici donc notre narratrice partie pour la Grèce afin d’apaiser les inquiétudes de sa belle-mère… et de retrouver Christopher, pour lui annoncer sa décision de divorcer. Mais rien de ce qu’elle avait prévu ne se déroulera comme elle l’aurait voulu pour elle et pour son couple…

Un roman prenant mais qui laisse sur sa faim

J’ai adoré la première partie du roman Les pleureuses. L’écriture de Katie Kitamura est aérienne, fluide. On se plait immédiatement dans la façon qu’elle a de donner une signification précise, presque chirurgicale aux mots. Mais passée la seconde moitié du roman, j’ai eu plus de mal car je m’attendais à quelque chose de plus fort, plus puissant, presque à une révélation. Il y a certes un rebondissement de taille à la moitié du livre, mais il ne suffit pas à en faire un roman captivant ou profondément touchant dans sa finalité.

Le titre du roman est toutefois parfaitement trouvé et se prête à différentes scènes du livre. Mais cette femme qui se laisse mener par le bout du nez par son séducteur de mari m’a attristée. La narratrice n’est pas agaçante, loin de là, elle analyse, réfléchit, pense à toutes les conséquences de ses décisions sur son couple, sa belle-famille… Mais au final, elle se laisse porter par la plupart des vagues qui bouleversent sa vie (qu’elles soient positives ou négatives). Elle n’entreprend guère de choses et reste parfois trop passive dans ce qu’elle considère comme des choix, mais qui apparaissent plus comme des passages obligés dans sa vie.

Au final je n’ai pas réussi à m’immerger pleinement à l’histoire de ce roman à l’ambiance non dénuée de charme. L’intrigue a un rythme à la fois lancinant et captivant, mais ne nous emmène nulle part au final. Malgré une surprise en milieu d’ouvrage, ça ne suffit pas à rehausser la teneur globale du roman. Il reste un ouvrage très bien écrit, qui se lit avec une facilité déconcertante.

Katie Kitamura est douée pour traiter des sentiments humains dans toute leur profondeur, mais elle n’a pas assez de matière à broder autour. Le décor a beau être là, il manque quelque chose pour que son roman soit totalement maitrisé.

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Ainsi, Les pleureuses est un roman qui m’a plu dans sa forme, mais pas dans son contenu, trop banal. Je surveillerais toutefois de près les futures publications de cette auteure car je sens qu’elle pourrait bien nous révéler son potentiel à l’avenir !

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : La menace

Un roman qui réunit tous les éléments pour créer une atmosphère angoissante : une maison isolée potentiellement hantée, un mariage tout neuf, et un beau-fils qui a d’étranges visions morbides. Le décor est planté.

S.K. Tremayne est un auteur de nationalité anglaise. En France, nous le connaissons pour son précédent roman, qui avait connu un succès non négligeable : Le doute. Avec La menace, S.K. Tremayne récidive dans le genre haletant et mystérieux sur fond de drame familial. L’ouvrage est paru le 2 mars dernier aux Presses de la Cité.

Pour aller plus loin : Saviez-vous que le nom de S.K. Tremayne est en réalité le nom de plume de Sean Thomas, auteur et journaliste de métier ? Il écrit également sous le pseudo Tom Knox.

Une magnifique demeure au pied des mines, au cœur des Cornouailles

Rachel vient d’épouser David, un homme aussi séduisant et charismatique que riche. Son métier d’avocat lui permet de vivre extrêmement bien. C’est ainsi que Rachel emménage dans ce qui sera sa nouvelle demeure : un sublime manoir. Elle y vivra avec sa belle-mère, son beau-fils et une domestique. David, de par son métier très prenant, ne sera là que les week-ends, mais Rachel a de quoi s’occuper avec la restauration de la demeure…

Mais une sombre menace plane sur Rachel et Jamie, son beau-fils. L’ombre de Nina, la première épouse de David plane sur leur bien-être et celui de toute la maisonnée. Nina est morte dans d’étranges circonstances un soir de Noël, et il semblerait que toute la lumière n’ai pas été faite sur sa disparition… C’est ainsi que Rachel fouille le passé… qu’elle n’aurait peut-être jamais dû remuer.

Un roman sombre et anxiogène à l’ambiance efficace

La menace porte extrêmement bien son nom, encore mieux que le titre original du roman – The Fire child. L’ambiance de la nouvelle demeure de Rachel a tout pour créer un sentiment d’oppression : sa taille immense, son isolement, ses nombreuses pièces à restaurer qui peuvent avoir une allure glauque…

A cela s’ajoute l’étrange relation qui lie Rachel et son beau-fils, Jamie. Le petit garçon a de sombres visions, et plus le jour de Noël approche, plus ses prédictions sont terribles.

Vous pensez que c’est tout ? Et bien non. Il y a également le décor de fond : les Cornouailles. En effet, la maison est située en plein cœur de nombreux terrains d’exploitation miniers. Ces dernières recèlent en leur sein des centaines de morts, le métier de mineur étant mortellement dangereux. Mais ces mines recèlent également le corps de Nina, la première femme de David… C’est ainsi que tout concoure à une atmosphère extrêmement anxiogène, et à ce niveau là, ça fonctionne très bien.

Mais en ce qui concerne l’intrigue, j’ai été moins transportée et convaincue. Impossible d’éventer LE secret qui fait toute l’histoire, mais à sa découverte j’ai été quelque peu déçue. Je m’attendais à quelque chose de plus fort, de plus crédible. Or, la solution apportée par l’auteur est un peu trop hasardeuse… et statistiquement peu probable malgré sa tentative de justification. C’est dommage car le climat créé par S.K. Tremayne est mené de main de maitre.

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Ainsi, c’est un avis mitigé pour La menace. La mécanique de l’intrigue est très bien menée. L’ambiance sombre à souhait est parfaite, mais la conclusion finale n’est pas à la hauteur du roman dans son ensemble. Dommage car c’est tout de même un bon page-turner, on meurt d’envie de connaître le dénouement de cette sombre histoire…

AUTEUR :
GENRE : Policier
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : A Good Girl

Un thriller psychologique mené efficacement qui vous réservera quelques belles surprises…

Premier roman de l’auteure américaine Amanda K. Morgan à paraître en France, A good girl vient de paraître aux éditions Lumen. Elle s’est taillé une réputation dans le monde du thriller young-adult.

Une gentille fille bien comme il faut…

« Riley Stone est la perfection incarnée (demandez autour de vous)». Ainsi commence A good girl. Et c’est au quart de tour que commence le roman, écrit du point de vue de la fameuse jeune femme à qui tout réussit : Riley Stone.

Entrecoupé de faits à son propos qui nous éclairent sur sa vie, son parcours, ses projets, voici l’histoire inattendue de Riley : parfaite en surface mais qui cache beaucoup au-dessous…

Un thriller qui réussit à surprendre !

Riley Stone est donc une jeune fille parfaite : bonne élève, douce, attentionnée, toujours prête à faire une collecte de fonds pour une cause perdue. Et elle excelle dans toutes les matières… dont une en particulier qui la passionne : le français. Ou plutôt devrait-on dire, Riley Stone est fascinée par son professeur de français… qui est marié, mais qui semble lui faire de nombreux signes très équivoques.

Quand on a lu pas mal de thrillers (qu’ils soient à destination des ados ou non), on voit venir pas mal de choses : l’intrigue, le comportement des potentiels suspects, etc.

Mais dans A good girl, je l’avoue, j’ai tout de même été surprise. La fin est diabolique et surprenante ! A tel point qu’une seconde lecture peut être effectuée pour voir tous les éléments s’imbriquer jusqu’au final…

J’ai beaucoup pensé aux romans de Cat Clarke (Confusion, Cruelles ou encore Revanche) en lisant A Good Girl. Même tension psychologique, même jeu de dupe, mêmes confusions et volonté de parfois perdre son lecteur jusqu’à l’ultime fin.

La tension monte peu à peu, on dévore au très rapidement les quelques 370 pages que constituent le roman. C’est si bien ficelé que peu à peu, on se laisse prendre au jeu de la séduction… tout comme Riley Stone !

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Impossible de développer plus cette chronique sous peine de spoiler (ou de divulgacher comme on est censé le dire en français). Ce je peux vous en dire, c’est que A good girl est un très bon thriller psychologique. Qu’il peut se lire dès l’âge de 14/15 ans environ, qu’il vaut le détour et qu’il vous réserve une belle surprise.

Chronique : La trilogie des ténèbres – Tome 1 – L’évangile des ténèbres

Un roman qui nous montre au travers d’un polar ce qui se passe en Corée du Nord…il faut le lire pour le croire !

Peut-être connaissez-vous déjà Jean-Luc Bizien, c’est un auteur reconnu dans de nombreux domaines. Polars, jeunesse, fantasy… il s’essaye à tous les genres.

Dans L’évangile des ténèbres, il nous fait découvrir la Corée du Nord à travers le « jeu de piste » fomenté par un tueur en série… Et si vous pensez que l’auteur a une imagination débordante, c’est effectivement le cas, mais sachez qu’il a fait appel à une très solide documentation avant de ce lancer dans l’écriture de ce roman.

L’évangile des ténèbres est le premier tome de la Trilogie des ténèbres, il peut malgré tout se lire indépendamment si vous le souhaitez. Le second tome s’intitule Le berceau des ténèbres et le troisième La frontière des ténèbres.

Un prédateur sévit en Corée du Nord

En Corée de Nord, tout le monde est parfait. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de « détraqués ». Pas de personnes handicapées, pas de malades, pas de nains, pas d’êtres faibles… En réalité, bien sûr que si, il y en a, mais ils sont soigneusement « écartés ». Alors, quand un tueur en série sévit dans les rues de Pyongyang, c’est le pays entier qui est mis en danger. Enormément d’enjeux sont sur la sellette, et arrêter ce tueur devient vite une priorité d’ordre national…

Car un meurtrier n’est rien d’autre qu’un détraqué de plus, or la Corée du Nord ne produit que l’élite de l’humanité, c’est bien connu. Ajoutez à cela un jeune journaliste occidental infiltré au Nord et vous aurez une petite idée du tableau qui vous attend.

Un roman sous haute-tension qui fonctionne à merveille

Pour ceux qui aimeraient un roman noir et corsé avec pour toile de fond le pays le plus secret au monde, c’est parfait !

L’évangile des ténèbres a en effet le mérite de traiter de sujets brulants et malheureusement toujours d’actualité en Corée du Nord : malnutrition de la population, délation pour le moindre regard de travers…

L’intrigue a beau être assez simple dans l’idée, son déroulement reste fascinant pour beaucoup de raisons. Tout d’abord, la découverte totale du monde de la Corée du Nord, ses traditions, sa propagande, ses moyens de pression, son fonctionnement. On en apprend énormément sur les différentes strates de cette société à nulle autre pareille.

Saviez-vous par exemple que les coréens du Nord sont plus petits que ceux du Sud ? La cause : la malnutrition. Que l’on peut être dénoncé par son voisin pour un simple regard de travers ? Que toute personne jugée « non conforme » au régime est envoyée dans des camps de travail, ou pire : fusillé.

Outre donc l’intrigue qui se tient bien, nous avons des personnages pour lui donner corps. Mais certains m’ont beaucoup moins convaincue, du moins ceux qui viennent des États-Unis. L’un des personnages phare du roman, c’est Seth Ballahan, un journaliste américain. Mais pour moi, c’est un concentré de stéréotypes, et même si c’est voulu par l’auteur, il est très vite détestable. Imbu de lui-même, toujours pressé, blasé, égoïste… Il est pour moi loin d’être un atout pour cette histoire.

Mais en ce qui concerne les personnages Nord-Coréens, ils sont extraordinaires ! Alors, ça vaut bien ce petit désagrément.

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Conclusion ? L’évangile des ténèbres est un bon polar qui vous dépaysera à tous points de vue. Une fois dedans, vous serez pris dans les filets de cette histoire qui s’inspire à 100% de faits réels se déroulant encore (ou ayant eu lieu) en Corée du Nord de nos jours.

 

Chronique Jeunesse : Mamie Polar – Fallait pas toucher à l’école de Mamie Jo !

Un incendie mystérieux, une disparition… et donc une nouvelle enquête pour Mamie Jo !

Mamie Polar est une toute nouvelle série de romans pour la jeunesse parue chez Scrinéo Jeunesse. Deux tomes sont parus simultanément en avril 2017.

L’auteur, Régis Delpeuch, a déjà une certaine expérience dans le domaine de la littérature jeunesse. Un troisième tome de Mamie Polar est déjà à paraître en septembre2017, et chose utile à savoir, il n’y aucun ordre à respecter, lisez celui qui vous tente le plus !

L’ancienne école de Mamie Jo a été incendiée

Avant d’être une super mamie ultra-dynamique, Mamie Jo était directrice d’école. Alors quand elle apprend que SON école a été saccagée et partiellement brulée, elle décide de mener l’enquête coûte que coûte. Comme la police semble complètement larguée, ce n’est pas comme si elle était sur leurs plates-bandes !

Il y a donc le mystère de l’incendie à résoudre, mais également celui d’un vol, et d’une disparition…

Toujours aussi efficace et sympathique

C’est le second ouvrage de Mamie Polar que je découvre, et c’est toujours aussi cool à lire ! On retrouve une énorme portion d’humour, et surtout le côté fou et déluré de Mamie Jo. Elle ose absolument tout, et c’est souvent l’inspecteur de police qui en fait les frais…

Encore une fois, l’enquête est bien menée et déroulée par Regis Delpeuch avec efficacité. Tout fonctionne à merveille, des personnages en passant par leur personnalité. Chose intéressante, l’un des personnages-clé est en situation de handicap mental, et la façon dont Camille parle et s’occupe de lui est douce, attentive. J’ai apprécié qu’il n’y ai pas que des personnages dis « traditionnels ».

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C’est donc un deuxième opus réussit que l’on découvre ! La chronique est un peu courte, mais j’ai peur de me répéter par rapport à celle du premier ouvrage : Ramdam au musée. Le mieux est de lire les deux articles pour avoir une vision globale de la série Mamie Polar.

Quoi qu’il en soit, c’est réussi, drôle, et ça donnera envie de lire dès l’âge de 8/9 ans et je n’hésiterais pas à les conseiller à la librairie !

Chronique : Les disparues de Pumplestone

Un camp d’été pour les adolescents aux allures de petit paradis… sauf quand d’étranges disparitions surviennent…

Audren est une auteure de romans pour la jeunesse et les adolescents. Très prolifique, son œuvre compte plus d’une trentaine de romans : Wild Girl, Les orphelines d’Abbey Road (série en quatre tomes), Wondercat (deux tomes), Bizarre, bizarre

Avec Les disparues de Pumplestone paru chez Albin Michel Jeunesse, Audren nous propose un roman naviguant entre suspense et imaginaire.

Une disparition fort inquiétante

L’une des résidentes du très coté et prestigieux camp de Pumplestone a disparu. Mais chose étrange, personne ne semble l’avoir vue au même endroit lorsqu’elle s’est éclipsée, et personne ne la décrit de la même façon… Qui est donc Tiffany-Claire, cette étrange disparue ? Et que se passe-t-il exactement au camp de Pumplestone qui semble cacher de nombreux secrets ?

Une ambiance bien gérée, mais une intrigue développée un peu à la va-vite…

Au début du récit, on pense avoir affaire à un roman policier réaliste, mais au fil des pages, l’intrigue nous plonge dans une ambiance de plus en plus imaginaire… L’idée de départ est intéressante, avec Les disparues de Pumplestone, vous aurez une histoire rapide à lire, mais peu mémorable. En effet, les étranges et nombreuses disparitions qui parsèment le récit ont beau attiser l’intérêt, tout va très vite… Et le tout donne une impression d’écriture hâtive, et l’histoire se retrouve rapidement conclue.

En parallèle des nombreuses disparitions, on découvre peu à peu que certains des moniteurs de l’établissement ont eux aussi des choses à se reprocher, même si elles ne sont pas en lien avec l’affaire. On aurait aimé plus de développement à ce niveau là également car la conclusion est extrêmement rapide également…

Le lectorat ciblé ici est celui des 11-13 ans, mais le récit est réalisé de telle manière qu’il n’a malheureusement pas réussit à me séduire. La partie fantastique de l’intrigue ne réussit pas à s’épanouir pleinement au sein de l’histoire, rendant le tout très bancal.

De même, les personnages – adultes ou ados – ne sont pas assez personnalisés pour être reconnaissables. Les caractéristiques qui les différencient ne sont pas assez parlantes, ce qui les rend aisément interchangeables, et génériques.

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Pour conclure, cette lecture a pour moi été un rendez-vous manqué. Je n’ai été accrochée ni par l’histoire, ni pas l’univers ou ses personnages. Pourtant, l’univers d’Audren ne m’est pas inconnu. J’avais lu et apprécié chez elle Les orphelines d’Abbey Road (en particulier le premier tome). Mais ici, rien n’a su trouver grâce à mes yeux… ce qui est assez rare.

AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :