Archives du mot-clé aventure

Chronique : Le dernier hiver

Le dernier hiverUn roman post-apocalyptique grandiose

 Jean-Luc Marcastel est un auteur français de romans fantastiques. Avant d’être auteur, il était professeur d’histoire.

 Il s’est fait connaître grâce à sa première série : Louis le Galoup, publiée il y a quelques années aux éditions Nouvel Angle. Il est aujourd’hui publié chez Black Moon (il est très rare qu’un auteur français soit publié par cette maison d’édition) pour le dernier hiver, un roman apocalyptique qui nous rappelle les valeurs qui font de nous des humains : la droiture d’esprit, la bonté, l’amour. Des sentiments qui tendent à s’oublier dans les situations extrêmes créés par l’auteur. Originaire d’Aurillac, les intrigues de ses romans se déroulent souvent dans ses alentours.

Quand le soleil disparaît…

Pour une mystérieuse raison, le soleil est masqué par une couche de poussière qui englobe la Terre. Les rayons du soleil n’atteigne plus la surface, il n’y a plus de chaleur, la pénombre s’installe, la neige arrive et reste.

Mais chose encore plus préoccupante s’il est possible : les pins se sont transformés en une sorte de végétal carnivore qui absorbe le sang de ses victimes qui ont le malheur de s’en approcher trop près. Cette nouvelle espèce de pin est devenue une véritable pandémie et a recouvert presque la totalité de la surface de la Terre. Seules les villes survivent tant bien que mal en coupant tout les jours les pins qui gagnent inexorablement du terrain.

Dans ce nouveau monde de cauchemar où la cruauté devient plus aisée que la bonté, la donne a changé et les inégalités se creusent. A Aurillac se trouve Johan, qui par amour va décider de combattre ces pins-vampires pour rallier une autre ville, à plusieurs jours de voyage afin de revoir celle qu’il aime par-dessus-tout.

Pour cette entreprise risquée, son frère et son meilleur ami décident de tout quitter pour l’aider à atteindre son rêve, qui va vite se transformer en cauchemar post-apocalyptique.

Une histoire captivante à glacer les sangs

Le dernier hiver est un très bon roman est un très bon roman pour ados. L’intrigue démarre au quart de tour, et cette idée de pins vivants et mouvants qui tuent pour s’étendre est très bien pensée.

Mais outre ce côté fantastique, c’est la partie psychologique et introspective qui prend de l’ampleur au fil des pages. Plus qu’un voyage à travers les pins et le Mal, c’est aussi une lutte contre leur propres peurs et instincts de survie qu’ils vont devoir combattre.

Il faut bien l’avouer, Jean-Luc Marcastel entretien de très belles histoires d’amour avec ses personnages, qu’il travaille avec beaucoup de réalisme, en particulier les femmes.

Comme vous pourrez le constater, dans son œuvre ces dernières sont souvent fortes, indépendantes mais aussi très fragiles. Mais jamais elles ne sont infantilisées. On en a l’exemple parfait avec le personnage de Fanie : attachante et toute en beauté aussi bien sur le plan physique qu’humain.

En ce qui concerne l’écriture, on se retrouve très vite charmé par cette plume digne des anciens récits épiques. Tout en scènes grandioses et majestueuses, cette lecture ne vous laissera pas indemne.

Le seul léger bémol que l’on pourrait avancer est celui des descriptions, en particulier celles qui concernent Fanie, où l’on retrouve souvent les mêmes phrases pour la décrire, faisant tomber le lecteur dans du déjà-lu.

Pour conclure sur cet ouvrage, Le dernier hiver doit être lu et ce pour une foule de raisons. Pour son univers fouillé, son réalisme dans l’horreur, mais également pour les valeurs qu’il transmet. A conseiller sans hésitation dès l’âge de quatorze ans.

9/10

Chronique : Tom Patate – Tome 1 – La société secrète des Granmanitous

tom patate - tome 1Une fantasy animalière pour la jeunesse aux allures de retour aux sources… très belle découverte.

Sorti en septembre 2010 aux éditions pour la jeunesse Graine 2, Tom Patate est une trilogie pour la jeunesse qui séduira les jeunes lecteurs dès l’âge de 9 ans. L’histoire Tom Patate, qui est sa première œuvre, est le fruit de très longues années d’idées qui trottèrent dans la tête d’Emmanuelle Maisonneuve (plus de neuf ans). Mais avant d’être un livre, c’est un récit oral dont elle avait conté le début à ses enfants avant qu’elle n’en fasse trois romans, dont l’écriture lui pris trois années.

L’illustrateur François Gomez a déjà été édite plusieurs fois, il réalise notamment les dessins des bandes-dessinées Terres de Sienn, et des Contes du Korrigan.

Dans un jardin comme les autres… ou presque

Tout commence dans le jardin, où vivent toutes sortent d’animaux ; taupes, musaraignes, vers de terre, hérissons… mais le calme équilibre du jardin va être perturbé par une étrange créature… ou plutôt un étrange humain minuscule sorti d’une patate. Il ne se souvient de rien, ni d’où il vient ni qui il est. Mistigrise la souris, qui est la première à le rencontrer décide alors de le nommer Tom Patate.

Ce premier tome est l’intégration de Tom Patate dans le monde du jardin. Il découvre comment survivre aux prédateurs, s’abriter, trouver un foyer, subvenir à ses besoins… et va vivre de nombreuses aventures avec les six fils de Mistigrise : Têtaclac, Têtedelar, Têtedebois, Têtenlair, Têtedemule, et Têtapou.

Enfin, vous en saurez un petit peu plus sur la fameuse Société secrète des Granmanitous…

Un livre qui nous fait retomber en enfance

Tom Patate fait partie de ces livres qui savent faire voyager son lecteur, qu’il soit un enfant ou un adulte. On se plonge avec un immense plaisir dans l’univers fascinant du jardin avec ses nombreux personnages attachants, même le père Lagronle le hérisson saura attirer votre sympathie. Aventures, bêtises de petites bêtes et quête pour découvrir ses origines, Tom Patate saura vous tenir en haleine.

Les illustrations et le format du livre contribuent à rendre l’ouvrage « exceptionnel ». Les dessins de François Gomes font merveille et complètent à la perfection l’image, et même, la sublime. Toujours en noir et blanc, entre le dessin naturaliste et le croquis, les planches sont magnifiques.

Enfin, le format du livre est lui aussi très travaillé par l’éditeur, qui n’a rien laissé au hasard. Ouvrage relié, papier de qualité et légèrement jauni on a vraiment la sensation d’avoir un objet de qualité entre les mains, pari réussi.

A la fois clin d’œil aux contes de notre enfance (Tom Pouce), mais aussi à des ouvrages classiques (on ne peux s’empêcher de penser aux Chapardeurs de l’anglaise Mary Norton ou encore aux premiers roman pour la jeunesse qui ont faits la fantasy animalière, comme Beatrix Potter) Tom Patate nous offre un beau renouvellement d’un genre quelque peu oublié maintenant.

En conclusion, Tom Patate est un très bel ouvrage à faire découvrir à ceux qui ont envie de rêver sans partir trop loin de chez eux (on reste dans le jardin, c’est promis). Les animaux du jardin n’auront plus de secrets pour vous. Affaire à suivre dans le second tome de la série : Tome Patate – Tome 2 – Le pays caché d’Alba Spina.

9/10

Chronique BD : Horologiom – Tome 6 – Le ministère de la peur

Horologiom tome 06Une bd au récit futuriste et merveilleusement original d’une qualité certaine

 Sixième opus de la saga Horologiom paru en septembre dernier aux éditions Delcourt, Le ministère de la peur est un tome à part qui ne nécessite pas d’avoir lu les précédent pour comprendre et apprécier cet univers si particulier. Le scénario et le dessin sont signés par Fabrice Lebeau, la colorisation Florence Breton.

Cette suite apparaît après plus de dix ans d’absence dans le monde de la bd, et c’est un très beau retour. L’éditeur a d’ailleurs profité de le cette nouveauté pour rééditer les cinq autres ouvrages.

Dans le monde mécanique et parfait de la cité d’Horologiom

La cité d’Horologiom est hors du temps et vous un culte au « Grand Rouage ». Ainsi commence l’œuvre où en deux pages est expliquée aux néophytes et aux connaisseurs la façon dont fonctionne cet univers.

L’émotion n’a pas droit d’existence, et pour que chaque habitant soit le plus efficient possible dans le travail qui lui a été attribué, une clef lui a été implantée dans le crâne (comme les clef des jouets mécaniques) ; mais pour qu’il n’y ait pas de déviance dans ce monde parfait, chacun doit faire remonter régulièrement sa clef, pour cela il y a des « remonteurs ». Et plus la clef d’un individu a une rotation rapide, plus son rôle dans la hiérarchie d’Horologiom est élevé.

Mais malgré cette perfection et cette peur du dérèglement, certaines déviances n’ont pu être maîtrisées. Pendant la nuit, il y a eu un meurtre dans la ville, et c’est au major Meursy d’élucider les problèmes et les mystères qui vont en découler…

La recherche de perfection n’est-elle pas pire que ce contre quoi elle lutte ?

Cette bd futuriste nous montre tous les travers possibles d’une société qui devrait normalement être parfaite. La cité d’Horologiom est une véritable utopie, ou du moins s’y essaie avec plus ou moins de succès, mais c’est en creusant un peu que l’on se rend compte que la peinture si parfaite, s’écaille.

Les hommes, même mécanisés, sont faillibles et possèdent les mêmes faiblesses que ceux auxquels ils essayent de ne pas ressembler. Dans cette aventure en un tome, c’est une faille du système lui-même qui va le mettre en danger (on retrouve certains échos d’une nouvelle de Philip K. Dick ; Rapport Minoritaire). Et l’on s’immerge dans cette intrigue politique, policière et philosophique avec enthousiasme.

Horologiom tome insideUn dessin caractéristique à la hauteur d’un univers aussi singulier

Fabrice Lebault a la chance d’être aussi doué sur le plan scénaristique que graphique, nous offrant un ouvrage de qualité tout en beauté.

Les traits anguleux et stricts (parfois sévères et sans émotions) des personnages sont en accord parfait avec le régissement du monde d’Horologiom où tout est calculé pour être parfait, et où chacun à un rôle bien défini.

Les dessins sont foisonnants de petits détails, de particularités graphiques fort intéressantes. Tous les robots, téléphones, chaises, et autres objets du quotidien ont l’étrange spécificité d’être anthropomorphes. Chose amusante quand on voit que l’humain essaye à tout prix de  se rapprocher de la machine, comme s’il cherchait une symbiose avec cette dernière, mais ne l’aurais pas encore atteinte.

Pour conclure, cet ouvrage est parfait pour découvrir le monde fascinant et curieux d’Horologiom, car pour ma part, c’était ma première incursion. Ce dernier opus donne très envie de découvrir les précédents. A lire d’urgence, que l’on soit un amoureux de la bande-dessinée ou non.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Les chroniques de Kane – Tome 1 – La pyramide rouge

Kane chronicles 01 - La pyramide rougeDe retour dans le monde urbain et mythologique de Rick Riordan.

Rick Riordan est un auteur américain mondialement connu depuis quelques années grâce à sa série Percy Jackson (5 tomes) qui se base sur la mythologie grecque tout en se déroulant à notre époque.

Publié aux éditions Albin Michel Wiz, La pyramide rouge est le premier tome des Chroniques de Kane, calquée sur le même principe et se déroulement également dans notre époque, la seule grosse différence étant que c’est aux dieux égyptiens que l’on à affaire et qu’il n’y a pas un héros, mais deux : Sadie, et Carter Kane.

Mythologie, option égyptologie

La vie n’est pas simple quand on est fils d’égyptologue, c’est en tout cas ce que vous dira le jeune Carter, quatorze ans, qui traverse le globe et vit avec son père depuis sa plus tendre enfance.

Mais la vie déjà très mouvementée de Carter va l’être encore plus lors du réveillon de Noël, la seule date de l’année où il peut voir sa sœur Sadie (12 ans), avec qui il s’entend plus que moyennement. Mais tout ne va pas se passer comme prévu et la soirée de Noël va se conclure par une réunion de famille au British Muséum où leur père à décidé de faire exploser la Pierre de Rosette afin d’y libérer quelque chose… mais tout ne va pas se passer comme prévu, et ils vont devoir fuir très vite les étranges créatures qui sont à leur poursuite.

Un retour plaisant dans le monde de Rick Riordan

Après sa série à succès Percy Jackson, qui parlait des anciens dieux grecs et de leurs prophéties, nous passons au monde plus mystérieux et méconnu de l’Egypte ancienne. On y découvre les origines de la création du monde pour les égyptiens : Geb (la terre) et Nout (le ciel) ont eu pour enfants Osiris, Isis, Nephtys, Seth et Horus.

Jusque là tout va bien, mais les relations familiales dans la mythologie égyptienne sont parfois un peu complexes et il faut avouer qu’un petit guide introductif aurait été apprécié pour ceux qui la découvrent. Mais l’enchantement opère toutefois, avec une aventure et un humour à la hauteur. On se retrouve embringué dans une histoire de lutte contre le Mal qui n’est peut-être pas si évident à vaincre. Nos deux jeunes héros vont devoir apprendre à maîtriser les pouvoirs qui s’offrent à eux, et surtout tenir le coup face aux révélations.

Sadie et Carter sont tout deux très attachants, mais la force des personnages de Riordan est certainement de rendre les héros très secondaires parfois plus charismatiques que ceux en tête. Pour ceux qui n’y connaissent rien en mythologie égyptienne, n’ayez crainte, vous ne serez point perdus. L’auteur prend son temps pour expliquer les enjeux et le rôle de chacun dans l’intrigue, et il le fait bien : l’Egypte aura beaucoup moins de secrets pour vous après la lecture de la pyramide rouge.

La magie est bien plus prépondérante dans cette série : il existe celle des hiéroglyphes, très puissante, qui permet d’agir sur l’environnement quand on sait les maîtriser. Il y a également la magie de divination, très rare et peu expliquée. On découvre également les ouchebti, des figurines magiques faites de cire ou d’argile qui s’animent si l’on procède correctement, leur magie est peu expliquée, mais elle donne envie d’en savoir plus…

Autre petite chose sympathique, bien que très brève (elle tient en une seule phrase au début du roman), il y a un petit clin d’œil fait à la série Percy Jackson quand nos héros se retrouvent à Manhattan. Espérons qu’il y aura d’autres crossovers plus développés par la suite, c’est une idée qui pourrait être exploitée.

Le seul reproche que l’on pourrait faire à cette nouvelle série et de rester dans les sentiers battus de Percy Jackson. On y retrouve le schéma qui a fait le succès de la précédente série : héros ayant une affiliation avec les dieux, une prophétie, un ennemi à contrecarrer par tous les moyens. On aurait apprécié un peu plus de prise de risque et d’originalité au niveau de l’intrigue et de son déroulement.

Malgré tout, on est sous le charme des personnages, de leur humour mordant, de ces nouvelles légendes que l’on découvre, de cette magie égyptienne fort bien pensée.

La pyramide rouge est donc un très bon roman jeunesse malgré quelques petites longueurs. On se replonge avec un immense plaisir dans le monde riche et créatif de Rick Riordan qui a réussi à renouveler avec de bonnes idées son concept de dieux mythologiques dans un monde contemporain.

La suite des Chroniques de Kane dans le second tome, prévu pour 2012 : Le trône de feu. Et saluons au passage la très belle couverture signée John Rocco.

8/10

Chronique Manga : Full Moon – tome 2

Full Moon 02Un second opus qui ne convainc toujours pas…

Deuxième tome de la série Full Moon parue chez Kazé dans la collection Shônen en août dernier, nous retrouvons les sœurs Mei ainsi que Sleep Gelotte pour de nouvelles missions et découvertes dans le monde obscur de l’exorcisme et de ses démons.

A la recherche d’une mystérieuse organisation

Nous retrouvons ici tous les personnages du premier tome, plus un nouveau un peu particulier, car il s’agit d’un démon qui a gardé sa conscience humaine : Orda. Quasiment immortel, ce dernier ne vit plus que pour retrouver l’obscure confrérie qui l’a transformé sciemment en monstre… et fait maintenant équipe avec la jeune Sleep Gelotte.

Quand aux sœurs Mei, elles poursuivent leurs pérégrinations de villages en villages avec plus ou moins de succès, jusqu’à ce qu’elles fassent la rencontre d’une étrange petite fille qui a le pouvoir de faire parler les peluches…

Toujours pas d’engouement pour la série

Les chapitres se suivent et se ressemblent, chaque équipée croisant un démon ou un cas un peu particulier et mystérieux, le résolvant et s’en allant vers une autre bourgade. La trame de la série semble être pour le moment la recherche par Orda des individus qui sont à l’origine de ses souffrances, et qui transforment régulièrement des innocents en démons ou autres créatures des ténèbres dans un but inconnu.

On retrouve les mêmes schémas de construction que dans le premier tome sans grande évolution de l’histoire. Pas de nouvelles informations, peu d’action, le tout donnant un manga assez plat et sans saveurs.

Il est vrai qu’il y a eu beaucoup de sorties de mangas dans la veine gothique et baroque, tels D. Gray-Man, Black Butler ou encore Soul Eater qui ont rencontrés un succès certain. La série Full Moon fait partie des héritiers de ce succès, mais sans la qualité des œuvres dont elle s’est inspirée.

En conclusion, ce second tome est d’un niveau équivalent au précédent : des personnages sans grand charisme, une histoire qui ne se suffit pas à elle-même. Full Moon aura bien du mal à séduire les lecteurs pour le moment, trop de déjà-vu et peu de rebondissements.

En conclusion Full Moon est une série qui donne pour le moment une impression plus que moyenne et qui ne laisse pas de souvenir impérissable…

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Actualité éditorilae : Gregor, la nouvelle série jeunesse de Suzanne Collins !

Gregor 01 L’auteur de Hunger Games a plus d’un livre à son actif et sort en France une toute nouvelle série qui s’appellera Gregor – Tome 1 – La prophétie du gris, il sera publié aux éditions Hachette Jeunesse et sortira le 1er mars prochain.

Roman d’aventure destiné à un public plus jeune que sa précédente trilogie, cet ouvrage nous conte l’histoire de deux enfants qui vont se retrouver malgré eux dans un monde étrange et fascinant prénommé Souterre ou vivent des créatures très étranges. Seul problème, ils aimeraient bien rentrer chez eux à New York mais le chemin du retour va être très périlleux et empli de dangers…

Sortie aux États-Unis depuis plus de 5 ans, la série sort maintenant en France grâce au succès de  Hunger Games. Gregor sera composé de cinq tomes au total.

Gregor 02

Chronique bd : Les enfants d’Evernight – Tome 1 – De l’autre côté de la nuit

Les enfants d'Evernight 01Attention à ce que vos souhaits ne vous fasse basculer de l’autre côté de la nuit…

Les enfants d’Evernight est une nouvelle série publiée aux éditions Delcourt et destinée à un public âgé entre onze et quinze ans.

Marc Yang est le dessinateur de cet ouvrage pour le moins original et très esthétique graphiquement, il a fait la rencontre de la scénariste Andoryss, sur le site Café Salé, véritable lieu de rencontre pour les illustrateurs et graphistes en herbe de talent. Le scénario signé Andoryss est sa première publication. De son vrai nom Mélanie Chapon, elle est actuellement professeur de sciences de la vie et de la terre et écrit en parallèle, c’est également une très grande fan de bd franco-belge et de mangas.

De l’autre côté du miroir…

Camille est une jeune fille d’une douzaine d’années qui a perdu très tôt sa mère. Elle vit à Londres une enfance solitaire. Pour remédier à ce renfermement sur soi-même, le père de Camille décide de la mettre en pension… mais c’est sans compter sur les mystérieux événements qui surviennent la nuit.

Camille a rêvé si fort de ne jamais sortir de son rêve qu’elle a basculé de l’autre côté de la nuit, dans le monde d’Evernight où en principe aucun être humain n’est censé se rendre.

Un monde complexe au premier abord

La jeune Camille qui débarque dans ce nouveau monde doit très vite trouver un moyen de rejoindre la Terre sous peine d’être emmenée à l’orphelinat (apparemment redouté) du pays si elle est retrouvée par les forces de l’ordre, ce qui ne saurait tarder… mais Maximillien, marchand de sable de son état et un des seuls êtres humains à être autorisé à vivre à Evernight va aider Camille à fuir…

L’histoire n’est pas sans faire penser à Alice au pays des merveilles par certains aspects : basculement vers un autre monde, aspect physique de Camille assez similaire à l’héroïne de Lewis Caroll, petite référence dans les dialogues, cet écho léger mais visible est bien employé.

Soyons clair, ce premier tome ne nous apprendra que peu de choses sur le monde d’Evernight, son fonctionnement ou ses enjeux et fait vraiment office de « livre introductif » afin de poser les personnages et le début de l’intrigue. Ainsi, ne soyez pas surpris d’être quelque peu « dépassé » par l’histoire qui va bien plus vite que sa compréhension.

Le lecteur se retrouve plongé et aussi déstabilisé que son héroïne Camille : on débarque, on découvre tout un nouvel univers avec ses propres lois. Evernight est peuplé de personnages anthropomorphes, tigres, rats, et autres animaux sont dotés des mêmes capacités intellectuelles que les humains.

Les enfants d'Evernight 01 inside

Un graphisme onirique et esthétique

Les illustrations réalisées par Yang collent parfaitement au scénario d’Evernight : on entre dans un monde totalement surréaliste, rêveur, où les animaux marins nagent en plein ciel et où l’on peu marcher sur les nuages.

Certaines planches méritent que l’on se penche dessus avec beaucoup d’attention pour leur beauté et leur esthétisme, le jeu des couleurs assez vives est très bien rendu. Autre point fort, le dessin des personnages, en particulier de leur visages : quel que soit leur angle de vue, ils sont reconnaissables et réussis, ce qui n’est pas le cas dans toutes les bd, où selon l’angle on a affaire un personnage méconnaissable alors qu’il s’agit normalement du même.

Enfin, ce mélange graphique qui emprunte beaucoup d’éléments aux univers de la fantasy et du steampunk réunis est très réussit. C’est un vrai plaisir des yeux que d’avoir ce foisonnement de couleurs et de détails, même si quelques rares planches ont l’air légèrement trop chargées.

Pour conclure, même s’il est difficile de comprendre tous les enjeux de ce premier tome introductif, le début de la série est très prometteur, espérons que la suite soit au moins aussi enthousiasmante. L’aventure ne fait que commencer.

7/10

 

AUTEUR : ,
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Nightshade – Tome 2 – L’enfer des loups

nightshade tome 2 frChangement de point de vue pour Calla…

Andrea Cremer est une auteure américaine et Nightshade est son premier roman, mais également son premier succès. Professeur d’histoire à la base, elle se sert de ses connaissances pour étayer ses romans et les rendre plus réalistes. L’enfer des loups est le second tome de cette série, parue aux éditions Gallimard Jeunesse début novembre.

Dans les geôles de l’ennemi

A la fin du premier tome, Calla se retrouvait enfermée dans la prison des ennemis jurés des loups : Les Chercheurs. Mais ces derniers sont finalement loin d’êtres les terribles exterminateurs décrits par les Gardiens. En réalité, les Chercheurs sont tout autre chose, les Gardiens également. Fourvoyés depuis des siècles, les générations de loups qui pensaient tout devoir aux gardiens ont en fait étés lésés.

Calla est la première à devoir assimiler ces révélations et à repenser totalement son monde ; tout ce qu’elle a toujours connu n’était que mensonge… ses devoirs envers les autres, son mariage forcé… Alors que le premier tome traitait des mensonges fait à Calla pour qu’elle « rentre dans le rang », ce second tome est une remise en question totale de ce qui fait l’existence même des humains-loups. Leur mythologie basée sur l’histoire d’un homme sauvé par un loup n’est en fait qu’une fable dont la source est bien plus sombre…

Mais outre ces révélations, Calla va devoir faire un choix, celui de son camp : en qui croire ? vers quoi se réfugier ? qui combattre ?

Tout un nouvel univers révélé

Après l’univers de Calla décrit avec précision dans le premier tome, ce second opus est consacré aux chercheurs, à leur univers et à leur organisation. Ainsi, c’est tout un univers qui est mis au jour : Frappeurs, Tisseurs et autres postes aux appellations obscures n’aurons plus de secret pour vous à la fin de la lecture.

L’auteur nous offre aussi quelques légendes des origines des meutes à la période de l’Inquisition ; une sorte de préparation aux deux tomes historiques qui précéderons la trilogie chronologiquement, mais qui ne sortirons pas en France avant plusieurs années.

Le triangle amoureux Shay – Calla – Ren est on ne peu plus présent, mais sans pour autant donner des éléments déterminants quand au choix définitif de Calla sur le plan amoureux. Les jeunes filles fleur bleues adoreront cette histoire d’amour impossible et ambivalente. Calla ne donne pas l’impression d’être capricieuse sur le plan amoureux, mais plutôt complètement désorientée et c’est en ça qu’elle est rendue très humaine par Andrea Cremer. Loin d’être agaçante comme certaines héroïnes de roman Calla est une fille-femme à la fois forte et fragile, assurée et perdue mais surtout crédible.

Alors, bien entendu le schéma du livre reste très similaire à nombre d’autres : un premier tome dans le camps du héros (ou de l’héroïne), un second sur ses ennemis qui n’en sont finalement peut-être pas, et enfin un dernier tome qui conclu sur un choix, une mutation des bases mêmes qui faisaient la vie du héros. C’est donc un scénario assez commun, mais qui fonctionne très bien pour ce second tome, contrairement au premier qui laissait plus mitigé.

Plus intéressant, et plus passionnant,  l’enfer des loups nous laisse entrevoir les chemins possibles pour Calla et sa meute. Mais aussi et surtout, on a vraiment envie de connaître le mot de la fin : quel camp vont choisir certains personnages, quel destin les attends… la réponse à toutes ces interrogations en mars 2012 pour le troisième tome.

Pour découvrir l’univers d’Andrea Cremer et ses inspirations, retrouvez l’interview sur le blog !

Chronique BD Jeunesse : Hôtel Etrange – Tome 2 – La mélodie du Grogrouille

Hotel etrange 02Une nouvelle incursion dans l’univers merveilleux de l’Hôtel Etrange.

Second tome de la série de bd Hôtel Etrange, La mélodie du Grogrouille nous permet de renouer avec les personnages attachants découverts dans le premier tome : Kaki, Marietta, Mr Snarf et les autres sont là, et toujours fidèles à eux-mêmes !

Toujours édité aux éditions Sarbacanne, cet ouvrage sort un an demi après l’arrivée du premier tome, et Katherine et Florian Ferrier nous ont encore préparé de belles surprises.

L’été à l’Hôtel étrange…

Tous les résidents de l’Hôtel sont en pleins préparatifs pour la fête de la musique. Tous sauf… Kaki, la petite créature violette et polissonne qui n’arrête pas de se plaindre et encore de mauvaise humeur et ne demande qu’une chose : la paix. Mais impossible à avoir quand tout le monde est en train de clouer quelque chose ou de faire une répétition de chorale… Kaki s’en va donc le plus loin possible de tout ce tintamarre pour tomber sur… le Grogrouille.

Cette étrange créature a beau avoir un nom terrifiant elle est fait tout à fait inoffensive, et tout ce qu’elle demande, c’est de participer à la fête de la musique en chantant. Le seul problème, et de taille, c’est que le grogrouille chante faux, et même très faux et qu’il ne faudrait pas vexer une aussi grande créature.

Hotel etrange 02 livresEncore un mystère à résoudre pour Marietta et ses amis

Le problème du Grogrouille n’est qu’une partie de l’intrigue, on fait aussi la connaissance de trois brigands (ça ne vous rappelle pas quelques chose ?) qui vont faire une belle frayeur à nos héros. Comme dans le précédent tome on retrouve l’humour qui avait si bien fonctionné, mais aussi les magnifiques illustrations pleines de vies et de couleurs de Katherine Ferrier avec sa façon d’ajouter de petits détails drôles et subtils.

La plus grande force de cette série réside dans le charisme et la facilité de reconnaissance de ses personnages. Kaki, le bonhomme violet jamais content, Mr Snarf, étrange créature qui brille dans le noir et parle étrangement (quand il ouvre la parole, ses bulles sont les seules à être « dégoulinantes ») ou encore Mr Léclair, le grand érudit qui ne peut passer une seconde sans un livre. Tous on un signe de reconnaissance fort et une vraie personnalité, les auteurs l’on bien compris en cultivant cette originalité.

Et donc encore une fois, pari réussi pour le couple d’auteurs. On ne peut qu’aimer l’Hôtel Etrange, c’est drôle, beau, rempli d’imagination et ça ravira tous les enfants dès l’âge de sept ans, et nous aussi les grands.

10/10

Chronique : L’élu de Milnor – Tome 1 – La fuite

l'elu de milnor 01 - la fuitePremier ouvrage de l’auteur française Sophie Moulay, l’Elu de Milnor est un roman de fantasy destiné à la jeunesse publié aux éditions Oskar Fantasy en janvier dernier, et c’est un premier tome.

Destiné à des lecteurs âgés entre onze et quinze ans, on y trouve tous les éléments de base qui font d’un livre qu’il est efficace : personnages à la fois identifiables et très marqués, intrigue classique mais originale en même temps, un début prometteur…

Dans le royaume fantastique de Milnor…

Ici vit le jeune Almus, l’Elu découvert par les Sages il y a plus de onze années et désigné par l’Oracle. L’Elu, sur la foi d’une prophétie est le seul être à pouvoir affronter l’Ennemi, une entité inconnue et mystérieuse.

Almus vit donc dans un cocon où il doit ingurgiter le plus de livres concernant toutes les formes de magie, la faune et la flore du Royaume et une foule d’autres choses encore.

Mais tout ne va pas se dérouler selon les plans des Sages, quand, lors de la démonstration annuelle des pouvoirs de l’Elu, ce dernier est désigné comme un imposteur : Almus n’est pas l’Elu, il n’est rien. C’est ainsi que rejeté par sa famille d’adoption, Almus quitte tout ce qu’il a connu pour partir rejoindre sa famille qu’il a si peu connu…

Un roman à la fois traditionnel et nouveau

Il est évident que des histoires d’élu dans la fantasy (et d’autres genres d’ailleurs), ça n’est pas nouveau. Mais ce qui est cocasse ici, c’est que l’Elu de notre roman, voit dès le début son destin basculer, et est révélé comme n’étant rien d’autre qu’un jeune homme ordinaire.

Cette approche différente (et un peu narquoise ?) des ficelles du genre donne tout son intérêt au livre. Car là on un croyais assister à une énième histoire, on se retrouve avec un ex-Elu errant. Et c’est ainsi que l’on part d’aventures en incidents : voyages en mer, brigands de toutes sortes croisés en chemin, créatures dangereuses, mais aussi amitié avec des personnages tous très attachants.

Petit à petit, Almus arrive à s’entourer de personnes aux personnalités et aux compétences très diverses : il y a Pil, le jeune ex-voleur, Noir-Cœur, l’apprenti assassin à l’humour mordant, mais aussi Mira, une jeune voyante. Je trouve que le personnage de Noir-Cœur est le plus intéressant de tous, sa noirceur et sa personnalité à la fois agréable en font quelqu’un d’intriguant… et de séduisant. Le jeune Pil, empli de vulnérabilité, touche la corde de la tendresse que l’on ne peut qu’avoir en découvrant un jeune garçon ayant eu une vie aussi cruelle : il a été vendu comme esclave par ses propres parents. La jeune Mira, quand à elle, est une jeune fille capricieuse mais intéressante, seul petit bémol en ce qui la concerne, je trouve son entrée dans le groupe un petit peu trop « artificielle », tout comme celle de Noir-cœur d’ailleurs. Leur venue est justifiée, mais de façon un peu trop expéditive.

Hormis cette petite remarque, l’Elu de Milnor est un bon livre pour initier à la fantasy. L’histoire est sympathique : ni trop classique,  ni trop originale. Les personnages sont identifiables sans soucis, et surtout la conclusion de ce premier tome est très bien pensée. Un ouvrage à conseiller aux jeunes dès onze ans qui veulent tester une « première lecture fantasy », et à ceux qui aiment déjà le genre.

Le second tome devrait voir le jour dans pas si longtemps, déjà écrit, et maintenant en correction sur le bureau de l’éditeur ; à suivre bientôt donc !

AUTEUR :
EDITEUR : ,
TRANCHE d´ÂGE :