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Chronique YA : Anatomy – Love Story – Tome 1

Un roman gothique et déliquescent à souhait, à classer pile entre Frankenstein de Mary Shelley et Autopsie de Kerri Maniscalco !

Premier roman de Dana Schwartz à paraître en France, Anatomy est paru en France chez Albin Michel en été 2022. L’histoire nous mène en Écosse, terre de légendes et de fortes croyances où la maladie rôde en ce début de 19ème siècle.

Dana Schwartz est à la fois journaliste, scénariste et autrice. Anatomy est son premier ouvrage à paraître en France, il fait cependant partie d’une duologie. Le second tome s’intitule Immortality et sortira courant 2023 chez Albin Michel.

Une passion certaine pour le morbide et l’étrange

Hazel est une adolescente bourgeoise au destin et à la vie toute tracée : elle va bientôt se marier avec son riche cousin. Mais elle a beaucoup de mal à mettre de côté ce qui aux yeux des autres n’est qu’une lubie : sa passion pour les sciences naturelles. Hazel est avide de découvertes scientifiques et se passionne tout particulièrement pour la médecine. Mais une femme qui aime les sciences à cette époque, c’est tout bonnement inacceptable. Alors, rêver de devenir médecin ne peut être qu’impossible pour la jeune femme… Sauf si sa motivation et son courage l’amènent sur des chemins peu avouables qui lui permettrons de parvenir à ses fins.

Morbide et gothique à souhait

J’ai adoré ce roman pour quantité de raisons, mais les principales sont clairement l’ode aux sciences et le féminisme qui y sont prégnants. Il y a également de la romance avec une scène de premier baiser est géniale ! Impossible de vous donner le contexte, mais c’est juste magique et morbide tout à la fois, j’ai adoré.

Outre les thématiques fortes abordées, on découvre également toute une époque avec une Écosse du 19eme à la fois sublime et terrible. L’époque est atroce pour les pauvres, qui sont prêts à tout pour manger un peu et dormir au chaud. De même, la cruauté de cette époque envers les plus démunis est absolument terrible. Même chose concernant le traitement des femmes (quel que soit leur niveau dans la société d’ailleurs) à cette époque : infantilisées, réduites au silence, ne pouvant se déplacer sans chaperon au risque de déclencher un scandale…

Mais surtout, c’est l’alliance réussie de cette atmosphère si particulière avec cette intrigue mêlant sciences et féminisme qui m’a conquise. J’ai dévoré ce livre. J’y ai même retrouvé l’élan de mes lectures adolescentes, quand j’avais le temps de me plonger corps et âme dans un bon bouquin !

Ainsi, vous l’aurez aisément compris, Anatomy est pour moi un coup de cœur. Ce roman est malin, parfait à sa façon même s’il ne renouvelle pas le genre du roman ado gothique/historique. C’est un bon roman, très prenant et parfait dans le développement de ses personnages et différentes ramifications d’intrigues. Tout ce recoupe, est expliqué, le tout avec une plaisante logique. Alors, vivement la suite.

A mettre dans sa bibliothèque juste à côté de Stupeur aux éditions Lucca, qui mélange également sciences médicales, féminisme et Histoire… mais sans la partie fantastique (cf photo ci-dessous).

Chronique Jeunesse : The Potion Diaries – Tome 1 – La princesse et l’alchimiste

De la magie, de la romance et de l’alchimie pour sauver un royaume en perdition… tout ça à cause d’un filtre d’amour réussit et d’un destinataire qui n’aurait jamais dû le boire…

Saga jeunesse à la fois burelesque et créative, La princesse et l’alchimiste réussit à surprendre et faire sourire ses lecteurs. La série est en trois tomes, pour le moment seuls les deux premiers sont parus chez PKJ, espérons que le troisième arrivera… Mais le premier tome peut se suffire à lui-même.

L’autrice de cette série se nomme Alward Amy, et il s’agit de son premier ouvrage à paraître en France. Elle est canadienne et vit en Angleterre.

Une chasse au trésor pour sauver la princesse du royaume

La princesse Nova est amoureuse, tant mieux pour elle… Mais pour être certaine que celui sur lequel elle a flashé soit sur la même longueur d’onde qu’elle, elle lui a concoté un filtre d’amour. Sauf que la princesse n’est pas franchement douée et elle a bu son propre filtre !

C’est ainsi qu’elle tombe amoureuse… d’elle-même ! Le problème, c’est que pour désenchanter le filtre de la princesse, les ingrédients nécessaires sont rares et précieux, et pour certains, très difficiles à trouver.

Et c’est comme cela qu’est lancée la plus grande compétition d’alchimistes du royaume ! Leur mission : trouver dans les temps tous les ingrédients nécessaire à l’antidote pour que la princesse cesse de se mirer à longueur de journée… Le temps est limité car la folie guette l’héritière du royaume, et cela de façon permanente.

Et c’est là que nnous faisons la connaissance de la jeune Samantha, apprentie alchimiste dont la famille est tombée en disgrâce. Peut-être est-ce là l’occasion pour elle et sa famille de redorer leur réputation ?

Addicitf et débridé !

En quelques pages, on est plongés dans l’intrigue originale et un peu folle d’Amy Alward. Et c’est un véritable délice que cette lecture, comme un bonbon livresque.

L’ambiance du roman est enveloppante, à la fois drôle, certes, mais aussi chaleureuse, rassurante. C’est un univers plein de couleurs et d’excentricité que l’on découvre au fil des pages. Cela peux sembler bête, mais ça fait un bien fou de tomber sur des livres comme celui-ci de temps en temps : à la fois emplis d’humour sans être niais ou trop lambda.
Il y a même des réseaux sociaux dans ce monde fantastique qui semble sorti d’un conte de fées !

J’ai trouvé que le tout fonctionnait à merveille, que ce soit en termes d’originalité, de personnages, d’ambiance. C’est le genre de livre qu’on lit sans avoir besoin de réfléchir mais qui ne nous empêche pas de prendre beaucoup de plaisir à sa lecture…
Bref, j’ai beaucoup aimé et je trouve que ce qu’a écrit Amy Alward est assez atypique pour être souligné.

Si vous aimez les romans tels que Magic Charly, la série La princesse et l’alchimiste est faite pour vous. Mélange détonnant garanti ! A découvrir dès l’âge de 11 ans.

Mini-chroniques #9 : Le Japon et ses non-dits, une romance américaine, un thriller psychologique digne de Laura Kasischke et une technologie inquiétante…

Une fois n’est pas coutume, je vous propose des mini-chroniques thématiques. Ici, ce sont uniquement des romans ados qui sont présentés. Pourquoi sous cette forme ? Tout simplement parce qu’ils ne m’ont pas plu suffisamment pour que j’en parle de façon aussi poussée que dans un article complet. Mais je ne souhaitais pas non plus qu’ils soient oubliés… voici donc la toute première mini-chronique spéciale ados !

Chère Fubuki Katana – Annelise Heurtier – Casterman

C’est le troisième ouvrage d’Annelise Heurtier que je lis, et je dois l’avouer il n’a pas réussit à me toucher comme je l’espérais. Dans son précédent, Envole-moi, j’avais été tellement heureuse, transcendée par cette écriture, cette histoire hors-normes… Ce texte m’avais énormément marquée.

Ici, avec Fubuki Katana, on découvre le Japon et son fonctionnement si différent du nôtre. Un pays codifié où beaucoup de choses sont passées sous silence… Mais comme chez nous en occident, le harcèlement en fait partie, personne ne dit rien. On détourne le regard, on oublie, on se cache… Mais il y a là-bas un proverbe pour ceux qui ne rentrent pas dans le rang (assez violente cette phrase d’ailleurs quand on y pense) :

« Le clou qui dépasse appelle le marteau ».

Ainsi Fubuki est rejetée par ses camarades, les professeurs quant à eux laissent faire les petites piques, les remarques, les mises à l’écart… Pourquoi la jeune fille est-elle ostracisée ? C’est là toute la question du roman, ainsi que sa lutte pour libérer sa parole.

Ce roman est intéressant pour ceux qui connaissent très peu le japon. On découvre, on apprend tous les mécanisme d’une culture si différente de la notre. Un pays où l’apparence compte plus que tout autre chose… Je l’ai trouvé intéressant, parfois touchant, mais je n’ai pas vibré comme à la lecture de son précédent roman. Mais Chère Fubuki Katana reste un texte à découvrir, serait-ce que pour tout ce qu’on y apprend.

Sur le fil – Estelle Maskame – Pocket Jeunesse

L’autrice de D.I.M.I.L.Y (Did I Mention I Love You ?) revient avec Sur le fil, un one-shot qui mélange romance et thriller psychologique dans une petite ville des U.S.A. Et l’histoire est assez vite cousue de fil blanc…

Si vous êtes habitué à lire des romans ados mélangeant suspense et triangles amoureux dans un patelin perdu des States, vous aussi vous verrez venir l’intrigue comme un gros camion vous percutant de plein fouet.

C’est donc ici ce qui arrive : aucune surprise, des personnages extrêmement plats, sans consistance aucune. L’histoire ne fonctionne pas car totalement prévisible, les répliques sont pauvres…

C’est rare que je sois aussi dure avec un texte, mais je trouve qu’il n’y a rien à sauver qui en vaille la peine dans ce roman. Alors ne perdez pas votre temps !

PLS – Joanne Richoux – Actes Sud Junior

Alors… ce roman, je vous conseille vivement de le lire d’une traite ! Pourquoi ? Parce qu’il est extrêmement court (à peine 100 pages) et qu’il n’est pas fait pour se diluer dans plusieurs sessions de lecture. Il nécessite qu’on le lise immédiatement, sans pause, pour l’apprécier pleinement.

Si vous suivez ce conseil, sa lecture saura vous surprendre d’autant plus… son final vous laissera pantois. Vous obligera à relire certaines scènes, leur déroulement… mais je ne vous en dit pas plus !

Son histoire ? Elle est simple, c’est celle de Sacha et de sa sœur jumelle. Ils sont à une soirée qui promet d’être très rapidement arrosée voir plus. Dans cette jungle de corps mouvants, Sacha tente de concilier son temps entre ses amis, son amour véritable et sa sœur… Tout ce que l’on sait de ces fameux jumeaux, c’est que quelque chose les a brisés par le passé… et que tout ressurgi à cette soirée. Tout cela à cause de la présence d’un des invités…

Un roman choc. Une putain d’écriture à l’acide.

« La vie, c’est un truc dont on ne se sort pas. »

La fillette et le vautour de Kevin Carter. Pourquoi ajouter cette terrible photographie ? Car PLS la cite et conte l’histoire derrière l’image. Kevin Carter a eu le Pulitzer en 1994 pour ce cliché et s’est ensuite suicidé.

Pour découvrir l’histoire incroyable de cette image choc, n’hésitez pas à lire cet article fascinant du Nouvel Obs ici.

Microphobie – Emanuel Dadoun – Sarbacane, Collection Exprim’

Second roman mettant en scène l’inspecteur Kowalski (le premier étant Lazarus mais il n’y a pas d’ordre pour découvrir les ouvrages), Microphobie nous plonge dans un polar mêlant nanotechnologies et pharmaceutique. Très intéressant, rythme soutenu, on ne s’ennuie pas une seule seconde. J’ai trouvé plaisante cette lecture même si elle ne marque pas de façon persistante, c’était un bon moment.

Le personnage récurent qu’est l’inspecteur Kowalski me plaisait bien, il a roulé sa bosse, on ne la lui fait pas… Il est aussi âpre qu’une barbe de trois jours, et il a une gouaille rien qu’à lui. Mais, je me suis posé la question public, j’ai trouvé ce roman bien trop adulte sur certains aspects… Et puis, j’ai été déçue d’une chose. A la toute fin de l’ouvrage c’est marqué « à suivre »…

L’ouvrage est paru en 2012, et la suite n’est malheureusement jamais sortie… Peut-être parce que Microphobie est inclassable en terme de public. Et même si on a une idée générale de la fin, il y a tant de choses qui n’ont pas pu être évoquées !

Quoi qu’il en soit j’aurais beaucoup aimé creuser cette enquête et ce personnage original, c’est dommage…

Chronique : Zodiaque – Tome 2 – L’étoile vagabonde

Suite d’une saga qui avait su me captiver ! L’univers de Zodiaque s’épaissit… de même que ses nombreux secrets…

L’étoile vagabonde est le second tome de la série Zodiaque, paru en avril 2016 chez Michel Lafon. Nous y suivons toujours l’histoire de Rhoma qui nous a laissé avec énormément de questions à la fin du premier tome…

Comment trouver la force de continuer ?

A la fin du premier tome de Zodiaque, nous laissions Rhoma en état de choc, et sans but. Elle a perdu des personnes qu’elle aime, mais surtout la confiance de ceux qui croyaient en elle à travers tout le Zodiaque. Comme se remettre d’une suite de chocs pareils ? Quel but poursuivre quand on a tout perdu ou presque ?

Une suite plus lente en rythme, mais toujours intéressante

Après l’écriture d’un premier tome aussi dense que l’était Zodiaque, l’écriture d’une suite est toujours un exercice délicat. Et Romina Russell s’en sort assez bien étant donné la situation dans laquelle elle laissait son héroïne…

Sans en dire plus, sachez que l’auteure a réussi à rebondir assez efficacement pour continuer à garder Rhoma dans la course, tout en créant de nouveaux enjeux et statuts pour ses nombreux personnages…

Seul défaut, on se lasse légèrement de l’univers que l’on a découvert avec tant d’intérêt dans le premier tome. En effet, Rhoma continue sa « tournée » des planètes composant le Zodiaque pour les prévenir de la menace que représente Ophiuchus. Mais la mécanique utilisée dans le premier tome s’essouffle un peu dans le second, c’est qui est tout à fait normal.

C’est donc un petit passage à vide que l’on croise dans le milieu de ce tome, mais la dernière partie du roman rattrape le tout en redynamisant l’intrigue. Beaucoup de complots à mettre à jour, d’amitiés à créer, d’ambassadeurs à convaincre et de vies à sauver… Les enjeux sont toujours aussi grands pour Rhoma, mais comme toujours, elle sait tenir son rôle avec courage et pugnacité.

Et les rapprochements entre Rhoma et Hysan se concrétisent parfaitement à mon goût ! Mais chut… vous ne saurez rien de plus. Non, n’insistez pas. Mais moi qui suit peu attachée à la romance dans une histoire, j’ai adoré et j’ai encore envie de voir leur relation évoluer !

L’intrigue avance donc, même si c’est parfois un peu long à mon goût. L’histoire de Zodiaque reste toutefois assez intéressante pour vouloir continuer la saga. Il reste encore beaucoup de choses à découvrir et de mystères à sortir de l’ombre… Une chose est certaine, je lirais la saga jusqu’au dernier tome !

La couverture anglaise du second tome de la saga Zodiaque.

Chronique : Ma vie cachée

Un très bon roman à suspense doublé d’une belle romance !

Paru en fin d’année 2017 aux éditions Pocket Jeunesse, Ma vie cachée est un one-shot (pour une fois !) qui nous met dans la peau d’une ado qui est sous protection policière.

Si vous ne connaissez pas encore Becca Fitzpatrick, c’est l’occasion ! L’auteure avait eu un grand succès il y a quelques années de cela grâce à sa saga fantastique Hush-hush (je me rappelle avoir bien aimé le premier tome, mais je n’ai jamais eu l’occasion de lire la suite…).

Une vie emplie de dangers

Stella a été le témoin d’un meurtre lié à la drogue, depuis elle est sous protection policière. Pour pouvoir témoigner lors du procès, elle est donc obligée de changer d’identité, d’adresse, de vie. Avec cette nouvelle vie, Stella dit également adieu à son petit ami Reed, qui lui aussi doit changer d’identité. Ils ne pourront plus jamais se revoir sous peine de griller leur couverture et de se faire tuer. La mère de Stella, toxico reconnue, est quant à elle mise dans un centre de désintoxication… Commence alors pour Stella une nouvelle vie : adieu Philadelphie… et bonjour le Nebraska, dans une petite ville paumée qui lui promet de mourir d’ennui…

Un roman aux allures de thriller diablement efficace

Aussitôt commencé, aussitôt dévoré. Ma vie cachée est le genre de roman qui recèle toutes les qualités d’un bon roman YA, et ça se ressent très rapidement. Tout concoure à nous mettre dans cette ambiance de petite ville perdue au fin fond de la campagne américaine : un diner, des habitants un peu bruts de décoffrage qui se connaissent évidemment tous, un sheriff quelque peu surmené…

Le décor est posé, nous sommes prêts pour l’intrigue en elle-même !

Stella est une ado débrouillarde et volontaire. Bien que dotée d’un assez sale caractère, on apprend vite à l’apprécier pour son dynamisme, son humour et son envie de constamment de dépasser. C’est ainsi que lorsqu’elle est hébergée par une agente de police à la retraite – Carmina – ça fait beaucoup d’étincelles entre les deux femmes, mais leur relation va devenir un des piliers de cette belle histoire.

C’est ainsi que Stella va se retrouver contrainte par Carmina à trouver du travail, ce qui en fait va s’avérer très bénéfique pour le moral en berne de Stella… Mais ce qui va surtout l’aider à tenir, c’est de penser tous les jours à Reed, son amour qu’elle se jure de retrouver un jour, quand tout sera fini. Enfin, ça c’était sans compter sur la présence de Chet, le jeune voisin de Carmina. Un jeune homme indépendant qui a le don de la faire sourire et de la rassurer… Mais auquel elle ne peut rien révéler de son ancienne vie.

Dire que j’ai adoré Ma vie cachée est un euphémisme. Tout est génial dans cette histoire, de sa construction à son développement sans oublier sa conclusion. On est constamment sous tension à cause de la situation de danger permanent subie par Stella. Mais il y a aussi une bonne partie qui fait la part-belle à la romance avec toutes ces ambiguïtés, ses petits signes, etc. Stella cèdera-t-elle au charme rustique de Chet alors qu’elle ne restera que quelques mois dans le Nebraska ?

J’ai trouvé le tout savamment équilibré, entre suspense, romance et pas mal de psychologie également. Ce romand de près de 45O pages fonctionne à merveille, il se dévore ! On appréciera ce retour aux sources qui nous permet d’apprécier la nature, la campagne, les amitiés franches et le goût des choses manuelles, faites avec amour. Plus qu’un roman policier, c’est aussi une ode aux petites bourgades américaines et aux nombreux charmes qu’elles cachent sous leur aspect fruste. Personnellement, j’ai tout de suite été sous le charme du Nebraska et de Chet…

La partie policière de l’intrigue est très bien menée également. Nous n’avons que le point de vue de Stella tout au long du roman. Nous ne savons donc que très peu de choses sur sa mère ou sur son copain Reed, mais les réflexions de Stella qui évoluent au fil du temps nous apportent une vision très intéressante de l’intrigue. Surtout qu’il y a un secret dans le secret !

…..

Becca Fitzpatrick sait donc très bien mener sa barque et nous entraîne avec une facilité déconcertante dans cette nouvelle histoire. C’est un sans-faute, grâce à la force de ses personnages, même les pires d’entre-eux sont intéressants et crédibles… c’est justement cela qui fait peur…

Si vous voulez un bon thriller mâtiné de romance, c’est donc le roman idéal ! Vous serez immédiatement happé ! A découvrir dès l’âge de 14 ans.

Chronique : My dilema is you – Tome 1 & 2

A la découverte d’un des grands succès de la plate-forme Wattpad : My Dilemma is you. Trois tomes. Quinze millions de lecteurs. Qu’en est-il donc ?

Écrite par l’italienne d’origine moldave Cristina Chiperi, My dilemma is you est une trilogie de romance prenant place sous le soleil de Miami.

Si vous ne connaissez pas encore cette auteure, sachez qu’elle a rencontré un succès phénoménal avec la trilogie My Dilemma is You avec plus de 15 millions de lecteurs sur Wattpad, c’est un véritable phénomène. Mais alors, est-ce aussi bien que ça en a l’air ou est-ce simplement un bel achat de droits pour s’accaparer un lectorat potentiel énorme ?

Par ailleurs, un tout nouveau roman de Cristina Chiperi vient de paraître chez PKJ : I still love you. Un roman indépendant qui n’a rien à voir avec My Dilemma is You.

Un déménagement = un cataclysme dans une vie d’ado

Chris avait tout pour être heureuse à Los Angeles : deux amis extraordinaires pour qui elle aurait tout fait, un lycée où elle se sentait bien, une maison agréable… Mais tout cela va être balayé en quelques semaines à cause d’un déménagement. En effet, le père de Chris vient d’être muté à Miami, et ça n’enchante pas du Chris, qui a tout à perdre dans la manœuvre… mais qui n’a pas le choix !

Voici le début d’une nouvelle vie pour Chris et sa famille, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle va être très riche en émotions…

Une vie stéréotypée au possible au service d’une intrigue qui l’est tout autant

Avant de développer plus cette chronique, je tiens à préciser que j’apprécie la romance quand elle est bien faite. Je ne fais donc aucun reproche au genre lui-même mais bien à son utilisation ici par l’auteure.

Tout d’abord, les personnages. Ils sont tous hautement stéréotypés. Chris est évidemment la petite nouvelle, mais elle réussit en quelques jours à peine à connaître tous les mecs populaires du lycée. Chose que d’autres filles qui sont là depuis des années n’ont jamais réussit à faire… Pourquoi pas, mais c’est hautement improbable.

Parmi ces personnages, il y a la grande méchante : Susan, la petite amie de Cameron. N comprend très rapidement que Susan a décidé de faire de la vie de Chris un enfer. Pourquoi ? Parce qu’elle la considère comme une menace pour son couple. Elle fait donc tout pour éloigner Chris et la martyriser au passage. C’est bien trop manichéen, mais passons…

Il y a également le personnage de Matt, le petit copain que Chris va avoir au bout de quelques semaines à Miami. Il a l’air gentil, mais perd ses moyens dès qu’il s’agit pour elle de se lier d’amitié avec certains garçons… Mais même si Chris veut être indépendante et choisir elle-même ses amis, elle capitule en restant en couple avec Matt et subissant ses crises régulières… S’ensuit un nombre impressionnant de rupture/rabibochage entre Chris et Matt…

Ah, et j’allais oublier Lexy. LA journaliste des potins du campus. Au courant de tout avant tout le monde, elle a le rôle de la paparazzi qui n’a aucune empathie pour qui que ce soit. Ce qui compte pour elle, c’est d’avoir un scoop, et cela à n’importe quel prix.

Ils sont également bien trop familiers les uns envers les autres. Cameron rentre dans la chambre de Chris par la fenêtre à l’improviste comme si de rien n’était. Chris dors dans le lit de Cameron par mégarde… Mais qui peut dormir dans le lit de quelqu’un par mégarde ? Et plusieurs fois en plus ! Et sans aucune arrière pensée, cela se fait en toute innocence à chaque fois…

Ceci n’est qu’un extrait des nombreux exemples qui peuvent illustrer mes dires. Pour résumer sur les personnages, ils sont peu crédibles, stéréotypés et soit tous gentils soit très méchants. Et surtout, ils ont souvent des réactions totalement disproportionnées. Le tout les rend donc peu crédibles et encore moins attachants.

Tout cela sans parler du cadre lui-même qui est tout ce que le rêve américain apporte en préjugés : magnifiques villas avec piscine, plage de rêve, tous les gens y vivant étant parfaits et faisant soit du skate soit du surf, campus d’élite, soirées et fêtes nombreuses… On dirait que le roman entier est passé au travers d’un filtre Instagram pour le rendre plus beau, plus fun, plus génial.

Autre gros point noir selon moi, les nombreux concours de circonstances qui peu à peu rapprochent Chris et le beau Cameron. Ils sont tous d’heureux hasards bien trop énormes pour que l’on y croie réellement. Ça retire une part de magie à la romance que de voir aussi peu de délicatesse dans la mise en scène des événements.

Ainsi, Chris et Cameron se détestent au début du roman, mais peu à peu vont se rapprocher à force d’être fourrés ensemble malgré eux. Et sans oublier que leur petit.e ami.e respectif.ve font tout pour ne pas qu’ils se croisent car ils sentent toute la tension romantique qu’il il y a entre ces deux là… Admettons.

Quels sont donc ces concours de circonstances ? Pour commencer, la nouvelle meilleure amie de Chris n’est autre que la demi-sœur de Cameron, elle le voit donc souvent en allant chez elle. Ensuite, ils « réussissent » à se faire punir ensemble par un prof et doivent nettoyer le gymnase. Evidemment, le gymnase de l’école est un endroit qui ne capte pas. Et comme Chris est évidemment maladroite, elle réussit à s’enfermer par mégarde avec Cameron dans le cagibi. Et comme ça ne capte pas, ça dure un moment…

Tout cela sans oublier les nombreux jeux à boire et autres action ou vérité qui vont les « forcer » à s’embrasser. Bref, tout concoure de façon plus ou moins crédible à les mettre ensemble.

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Je ne peux pas tout vous raconter dans cette chronique, mais voilà mon ressenti sur les deux tomes de My Dilemma is You que j’ai lu. C’est une grosse déception, quoique pour être déçu il faut déjà avoir des attentes…

Dommage car PKJ est une maison d’édition qui globalement propose de bons textes, mais ici, on est clairement sur une manne financière apportée par le succès de la saga que sur un vrai choix éditorial.

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Mais plus que tout ce que je viens de citer plus haut, il y a vraiment une chose qui m’a choquée dans cette lecture. Il s’agit d’une révélation que l’on fait à la moitié du second tome, alors pour ceux qui ne veulent pas être spoilés (ou divulgachés pour ceux qui souhaitent franciser le terme), passez votre chemin. Pour les autres, voici.

Alors qu’elle se croyait vierge, Chris découvre qu’elle a déjà couché avec Cameron une première fois. Elle avait trop bu un soir, et elle était par un étrange concours de circonstance (encore un !) dans le lit de Cameron en train de dormir. Ce dernier, bien trop tenté par la situation a couché avec une Chris qui n’est absolument pas en pleine possession de ses moyens. Et le lendemain, Chris ne se rappelle absolument de RIEN. Et Cameron s’est bien entendu abstenu de lui dire ce qu’il s’était passé…

C’est ainsi que dans le second tome, on découvre que Chris a perdu sa virginité dans le premier ! Et que son petit ami, Cameron ne le lui a jamais dit. Il a attendu qu’elle se pose énormément de questions (elle se demande pourquoi elle n’a pas saigné lors de sa supposée première fois qui est en fait la seconde – encore un stéréotype à casser au passage, non, toutes les filles ne saignent pas lors de leur première fois !) pour lui avouer enfin que oui, ce n’était pas sa première fois. Et la réponse de Cameron est extraordinaire :

« Si tu te rappelais comment ça s’est passé cette nuit là, tu serais heureuse ». Non, mais sérieusement ? Il faudrait presque qu’elle le remercie pour ça ? Alors, certes elle était consentante et n’a jamais dit non, mais Chris n’était clairement pas en pleine possession de ses moyens… Et surtout, le fait de lui cacher qu’ils ont couchés ensemble est bien une façon de maquiller l’acte lui-même, pourquoi faire ça si il n’y a pas culpabilité et que c’est mutuellement consenti ? D’autant qu’il le lui avoue uniquement parce qu’elle se pose des questions…

Alors, oui Chris s’énerve face à toutes ces révélations… mais elle lui pardonne toutefois très rapidement !

Cette scène est pour moi choquante car elle banalise l’acte en faisant croire de façon insidieuse (volontairement ou non) que les rapports sexuels sous l’influence de l’alcool, ben c’est pas grave. Et que si tu t’en rappelles pas, tant pis, mais que tu as franchement bien aimé sur le coup et que c’est ça qui compte, non ?

Personnellement, cela m’a mise hors de moi. Autant je n’avais pas aimé le premier tome mais si les lecteurs qui aiment y trouvent leur bonheur tant mieux. Mais dans ce second tome, c’est un message grave qui est adressé aux lecteurs. Et même si chacun est à même de se faire son propre avis sur la question, je trouve ça flippant qu’une telle scène soit publiée car ce qu’elle sous-entend une certaine banalité dans la façon dont les choses se sont produites. Le personnage de Chris passe l’éponge si facilement face à ça que s’en est sidérant.

Et comme tout est conté du point de vue de Cameron, qui était sobre, impossible de savoir si elle était d’accord, enthousiaste ou apathique.

Suis-je la seule à avoir perçu cette scène de façon aussi violente ? Je l’ignore, mais je tenais vraiment à en parler car je trouve que ce n’est pas le genre de chose à laisser passer. C’est trop important pour être banalisé, y compris dans un livre.

Chronique : Izana

Un roman fantastique qui nous vient tout droit du Japon !

Initialement paru sous forme de manga aux éditions Ki-oon sous le titre Kasane la voleuse de visage, l’œuvre de Daruma Matsuura est parue en 2017 en roman sous le titre Izana, la voleuse de visages. Le manga compte actuellement 11 tomes en France, mais la série est toujours en cours au Japon.

En ce qui concerne le roman paru chez Lumen, il s’agit d’un one-shot, vous avez donc une histoire complète.

L’histoire d’une tragédie au fin fond de la campagne japonaise

Née sous les mauvais auspices, à peine venue au monde, aussitôt condamnée à mort. Bienvenue dans un petit village perdu dans ce que je Japon a de plus rural. C’est ici qu’est née Izana, une petite fille qui pour son malheur est née en étant affublée d’une laideur extrême. Cette monstruosité physique la condamne immédiatement à la mort, tout cela à cause d’une légende extrêmement prégnante dans le village… Si elle reste en vie, elle apportera le malheur sur le village tout entier. Heureusement, la petite va être prise en pitié par une âme charitable et sera protégée pendant de longues années…

C’est ainsi qu’Izana survécu à son destin funeste, et qu’elle vécu cloîtrée durant plus d’une décennie… avant de comprendre qu’il y a un extérieur qui grouille de vie. Un dehors où les gens sortent, se rencontrent, s’aiment. Tandis qu’elle doit rester enfermée pour toujours à cause de sa laideur…

Mais et si la légende qui la condamnait avait une part de vérité ? Et si Izana possédait en elle le pouvoir de renverser elle-même son destin ? Et si la vengeance était à portée de main pour faire payer à tous cette injustice ?

Un roman aux thèmes intéressant mais qui manque de rythme…

Même si l’idée de base d’Izana est fort intéressante, sa mise en œuvre est beaucoup plus laborieuse. Le rythme y est très lent, mais surtout il ne se passe guère de choses avant les deux bons tiers du roman.

Il faut toutefois avouer que l’ambiance extrême en huis-clos est très bien faite, notamment les moments avec Chigusa, la seule personne à protéger Izana depuis sa naissance. Ces moments – peu nombreux – sont touchants.

Comme son héroïne, nous sommes enfermés dans une maison du village, puis une grotte… On comprend la rancœur qui habite Izana, cela la dévore peu à peu. Cette mise en scène est tout à fait justifiée, mais ce qui est le moins intéressant c’est la longueur du texte. Le temps qu’elle met à réaliser de nombreuses choses est long…

Ce n’est qu’aux trois quarts du roman qu’Izana découvre son « pouvoir » lié à une mystérieuse couleur…

…..

Ainsi, Izana est un roman aux thèmes intéressants, mais qui malheureusement n’a pas eu de réelle prise sur moi. Trop lent, une conclusion trop hâtive, cette histoire n’a pas su me capter… dommage car en général j’adore la littérature nippone. Pour les curieux, c’est à découvrir dès l’âge de 14/15 ans.

Actualité éditoriale : Un superbe kit de presse pour le lancement du Faiseur de Rêves chez Lumen

Laini Taylor est encore peu connue en France, mais c’est pourtant une auteure majeure dans le domaine de l’imaginaire YA. Et l’année 2018 signe son grand retour avec l’arrivée d’une toute nouvelle saga : Le faiseur de rêves.

Personnellement, je trouve cette nouvelle énorme, étant une grande fan de l’auteure. Elle avait en effet été publiée aux éditions Gallimard Jeunesse il y a plus de 6 ans pour sa série Fille des chimères. Mais l’éditeur n’avait publié que les deux premiers tomes, le troisième n’ayant jamais été traduit… Étant donné la qualité de cette série, ce fut un crève-cœur…

Alors, voir que les éditions Lumen se lancent sur la publication de sa nouvelle saga, c’est tout simplement une excellente nouvelle. J’ai déjà pu entendre des échos de lecteurs, et il semble que ce soit du très bon !

Et comme toujours pour un lancement de saga, les éditions Lumen ont vu grand, et beau. Voici dons des photos du MAGNIFIQUE kit de presse créé pour l’occasion par l’éditeur. Toujours aussi originaux dans leur démarche, les éditions Lumen m’ont cette fois ci envoyé un puzzle, mais en plusieurs fois ! Ainsi, le teasing est parfaitement maîtrisé…

Je vous laisse découvrir la présentation de l’éditeur, ça donne très très envie… Sortie le 19 avril 2018 en librairie, série en deux tomes.

Présentation de l’éditeur :

C’est le rêve qui choisit le rêveur, et non l’inverse…

Il est une ville, au centre du désert, où il est interdit de se rendre sous peine de mort. De ses entrailles sortaient autrefois des caravanes chargées de trésors mais, depuis deux cents ans, la cité est coupée du reste du monde… Pire encore, un soir d’hiver, le nom de cet endroit de légende s’évanouit en un seul instant de la mémoire de tous – et notamment de celle de Lazlo Lestrange, un orphelin de cinq ans à peine. Le petit garçon est irrémédiablement fascine par cette énigme.

Quinze ans plus tard, il travaille dans la plus grande bibliothèque du monde, à Zosma, en rêvant de fabuleuses découvertes quand, de la Ville Invisible, tombée depuis dans l’oubli, émerge une étrange expédition venue recrute les meilleurs scientifiques du continent. A quoi sont donc censés servir ces esprits éminents ? Mystère… Et pourquoi Lazlo voit-il ses songes se peupler de visions étranges – à commencer par une déesse à la peau bleue pourtant assassinée, des années plus tôt, par les habitants de la cité interdite ? Qui est-elle vraiment ? Comment le jeune homme, qui ignore tout de sa légende, peut-il bien la voir en rêve ?

Rien de tout cela n’est possible bien sûr – mais depuis quand un tel détail a-t-il jamais empêché un rêveur de rêver ? Songes, monstres, dieux, fantômes, alchimie et guerre totale : après quatre années d’attente, Laini Tylor : finaliste du National Book Award américain et auteure de séries multi-récompensées, nous livre enfin un aperçu de son nouvel univers à la plus grande joie de ses nombreux fans.

Chronique : Le vide de nos cœurs

La recherche d’un partenaire de suicide peut-elle amener à autre chose qu’un terrible passage à l’acte ?

Premier roman de l’américaine Jasmine Warga, Le vide de nos cœurs est paru chez Hugo Roman en 2015. En mars 2018 paraîtra son tout nouveau roman, toujours chez le même éditeur : Là où je me suis retrouvée.

Jasmine Warga a été professeure de sciences pour les élèves en difficulté avant de se tourner définitivement vers l’écriture young-adult, en particulier dans le genre de la romance.

L’envie de mettre en terme à sa propre existence

Aysel est une ado qui va mal. Elle a l’impression d’être une pièce rapportée dans sa famille où vivent joyeusement sa mère, son beau-père et ses demi-frères et sœurs… C’est encore pire maintenant que son père biologique est en prison pour meurtre. Son nom de famille est connu à des kilomètres alentour, tout le monde sait ce qu’a fait son père… Et la plus grande crainte d’Aysel, c’est que le sang et les pulsions de son père coulent également dans ses veines.

Aysel refuse d’être un monstre criminel comme son père. Sa décision est donc prise, elle va en finir. Mais pour cela, il lui faut un partenaire de suicide car elle a peur de ne pas passer le cap seule et de se débiner au dernier moment…

Un roman aussi touchant qu’inattendu

L’idée de base de ce roman est surprenante, mais tiens la route. Au gré de ses aléas sur le net, Aysel tombe sur le site Smooth Passages, dédié au suicide. C’est très glauque, mais le ton du roman ne l’est pas le moins du monde ! C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de FrozenRobot, un jeune homme qui vit à quelques kilomètres de chez elle, et qui lui aussi veut en finir.

Difficile au début de s’apprivoiser quand on sait quel est le but de ces deux là. Le suicide est un acte très intimiste, et le concept même de compagnon de suicide pour accomplir l’acte est paradoxal. Peu à peu, ils s’obligent à se connaître, à s’apprivoiser, à décider du lieu de la fin, à apprendre comment l’autre fonctionne…

Mais où commence la démarche de suicide et où se trouvent les balbutiements d’une histoire d’amour ? Car ils ont beau faire comme si de rien était, leur relation devient de plus en plus ambigüe.

Le vide de nos cœurs est un beau roman pour ados. Il parle de la souffrance, de la sensation de ne pas se sentir à sa place dans sa famille (cela arrive à nombre d’ados), des regrets, des erreurs des autres membres de sa famille et comment les dissocier de soi-même.

L’histoire a beau avoir des facettes prévisibles, cette lecture est superbe. Les deux personnages principaux que sont Aysel et Roman sont extrêmement touchants dans leurs faiblesses. Il y a tout même quelques petits rebondissements en cours de route…

……

Une chose est sûre, c’est le genre de roman-doudou que l’on affectionne lire. On voit les personnages se démener et être bringuebalés par la vie, puis peu à peu, ils la prennent eux-mêmes en main. Malgré un sujet difficile, on arrive à rire et à positiver au final, ce qui n’était clairement pas évident en début de partie.

Donc, si vous cherchez un roman qui évolue peu à peu tout comme ses personnages, c’est l’histoire parfaite. A découvrir dès l’âge de 15 ans minimum.

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2017 – Romans ados

L’année 2017 est très intéressante en ce qui concerne la littérature pour ados car les ouvrages sont peu nombreux, mais extrêmement différents ! Outre une série en deux tomes que j’ai lu sur le tard, tout le reste est paru cette année. Mais surtout, chaque livre proposé dans cette liste idéale de Noël a un thème unique, très différent.

Ainsi, vous traverserez le Paris du 19ème siècle dans un monde totalement sf, vous partirez sur les routes poussiéreuses des États-Unis durant la Grande Dépression et nous reviendrons en France au travers deux histoires merveilleuses et poignantes. Sans oublier un petit passage dans un monde similaire (et tout aussi génial) à celui de Harry Potter ! Et un voyage en bateau qui nous mènera jusqu’aux sources de la saga Les Royaumes du Nord

Soul Breakers – Christophe Lambert – Bayard

Attention, ce roman est aussi énorme qu’ambitieux ! Il vous retrace avec précision et efficacité les États-Unis des années 30, en pleine Grande Dépression… sur plus de 600 pages ! L’histoire est celle de Teddy, un jeune homme qui va tout faire pour sauver sa petite sœur dont l’âme a été volée par des forains itinérants. Pour retrouver l’âme d’Amy, il va traverser le pays tout entier et des épreuves difficiles. Soul Breakers, c’est plus qu’un livre d’aventures, c’est un véritable roman-fleuve aux personnages forts, charismatiques et inoubliables. Découvrez le travail aux mines, celui difficile et harassant des abattoirs de Chicago, Teddy va devoir redoubler d’ingéniosité et de ténacité pour sauver Amy des griffes de ses ennemis… d’autant qu’ils possèdent des pouvoirs qui leurs permettent d’influencer son destin…

Excellent et inclassable, c’est à lire dès l’âge de 14/15 environ. Si vous cherchez un roman original et prenant sur un fond historique fouillé, ce sera parfait. Histoire unique, c’est un one-shot.

Carry On – Rainbow Rowell – Pocket Jeunesse

Si il y a un roman inclassable et génial qui a fait vibrer mon petit cœur de libraire, c’est bien Carry On. Imaginez un univers à la Harry Potter (volontairement similaire, comme une fanfiction), une imagination délurée, un système magique génial… Et des personnages inoubliables ! En quelques pages seulement, vous serez plongé dans un univers unique et à la fois très similaire à ce que vous avez pu lire… C’est extraordinaire, captivant, vous rirez, vous pleurerez, vous serez ému, bouleversé, happé.

C’est tout simplement un immense coup de cœur à découvrir dès l’âge de 15 ans. Vous trouverez dans Carry On tout ce qui fait les grands romans (ou les grandes sagas). Dernière chose, une fois n’est pas coutume, Carry On est un one-shot, c’est donc un tome unique et vous n’avez pas de série à rallonge comme souvent dans ce genre littéraire, ça fait plaisir, non ? Quoi que… on aimerait bien lire d’autres ouvrages dans le même univers tellement c’est génial !

Cité 19 – Stéphane Michaka – Pocket Jeunesse

Oui, je sais, Cité 19 n’est pas sorti cette année, mais ce n’est qu’en 2017 que j’ai découvert cette saga en deux tomes. L’histoire se déroule au XIX ème siècle, à Paris, mais mélange également science-fiction ! Série écrite par le français Stéphane Michaka, on y découvre une héroïne, Faustine, passionnée d’Histoire. Orpheline de mère, la jeune femme s’est plongée dans l’Histoire pour se rapprocher de sa mère disparue. Son père est quant à lui concierge au Musée d’Orsay… Autant dire qu’elle baigne littéralement dans l’Histoire. Mais ça, c’était avant de basculer réellement dans le Paris du XIX ème siècle ! Comment ? Je ne vous le dirais pas, mais c’est diablement bien mené et réalisé.

Cité 19 fait partie de ces romans dont on ne connaît pas l’issue avant l’ultime page. Sans concessions, parfois noir, ultra-réaliste et surprenant, les deux tomes qui constituent la série se dévorent. C’est une belle histoire qui mélange de nombreuses notions : psychologie, histoire, sciences poussées… A découvrir sans tarder donc !

Envole-moi – Annelise Heurtier – Casterman

Si vous voulez une MAGNIFIQUE histoire d’amour pas comme les autres, vous avez trouvé LE roman qu’il vous faut. Quand Swann fait la connaissance de Joanna, c’est le coup de foudre immédiat. A tel point qu’il ne s’est pas rendu compte que la jeune femme était en fauteuil roulant. Comment aimer l’autre quand il a un handicap ? Comment le regard des autres va-t-il se poser sur l’être aimé ? Le fauteuil est-il un obstacle au couple ?

Découvrez des questionnements d’adolescent au travers d’une histoire pas comme les autres… Vous lirez le handicap autrement, et surtout en souriant. Car ce qui est bien avec Swann, notre narrateur, c’est qu’il parle de tous les sujets sans filtre ! Ce qui donne nombre de scènes cocasses et génialement drôles.

Envole-moi (dont le titre a été emprunté à la chanson de Goldman avec sa bénédiction) est un merveilleux roman d’une justesse incroyable. A la fois drôle, tantôt triste, toujours génial, Annelise Heurtier est un génie tant elle écrit avec talent la psychologie des ados. Et surtout, elle a su créer des dialogues percutants et mémorables ! Dès 14 ans.

Je suis ton soleil – Marie Pavlenko – Flammarion Jeunesse

L’une de mes plus belles claques de l’année en littérature ado dite réaliste ! Marie Pavlenko est une auteur que j’appréciais beaucoup… mais maintenant je l’adore. Son roman est si plein de beauté et traite de tant de sujets différents avec vérité qu’il est impossible de ne pas en parler !

Premiers amours, relations compliquées avec les parents, grossesse chez les ados, homosexualité, tentative de suicide, adultère… On parle de TOUS les sujets dans ce roman, mais sans jamais entre dans l’horrible ou le pathos. Non. Marie Pavlenko réussit un exploit incroyable : son livre est drôle, du début à la fin.

Dans Je suis ton soleil, on fait la connaissance de Débo, une adolescente comme les autres qui traverse sa phase de questionnements et de rébellion. Et on peut dire que les obstacles sont nombreux pour elle en ce moment…. Elle vient de découvrir que son père trompe sa mère avec une autre femme ! Et pour elle qui est en pleine année du Bac, c’est très difficile à gérer. Et ce n’est que le début…

Je puis vous promettre une chose si vous lisez ce livre, vous passerez (et les adolescents aussi) un moment merveilleux. Entre rire et larmes, ce roman est une pépite de papier ! Dès 15 ans.

La fourmi rouge – Emilie Chazerand – Sarbacane, collection Exprim’

Ma dernière petite claque drôlatique de l’année, c’est La fourmi rouge. Dans le genre fou/hilarant/inattendu c’est GÉNIAL. Je viens de le termine début décembre, d’où l’ajout de dernière minute pour cet ouvrage. Si vous cherchez un super cadeau pour une ado qui souhaite rire et se distraire c’est parfait dans le genre feel good book.

L’histoire est celle de Vania Strudel, atteinte d’un ptosis (comme Colombo, son œil ne s’ouvre pas totalement, bref c’est la grosse classe). Son meilleur ami se nomme Pierre-Rachid (pour réaliser les souhaits d’intégration de ses parents), et sa nouvelle amie est atteinte du fish-odor syndrom (en gros, elle pue la mort, et c’est encore pire si elle n’évite pas certains aliments…). Bref, voici la vie de Vania Strudel, fille atypique mais géniale, même si elle l’ignore encore… Elle n’est pas une fourmi noire parmi tant d’autres, mais une véritable fourmi rouge ! C’est un mystérieux mail anonyme qui le lui a dit….

GROS COUP DE COEUR – Dès 13/14 ANS.

La Belle Sauvage – La Trilogie de la Poussière – Livre un – Philip Pullman – Gallimard Jeunesse

Quinze ans après la fin de la saga mythique Les Royaumes du Nord, Philip Pullman revient. Pour moi, c’est un rêve qui devient réalité. Jamais je n’aurais pensé qu’il écrirait un nouvel ouvrage ancré dans l’univers qui a vu naître l’une des plus grandes héroïnes de la littérature jeunesse/ado/adulte (car oui, ça se savoure à tout âge !). Et pourtant, voici une préquelle à la saga qui a marqué un nombre incalculable d’enfances ! Voici donc La Belle Sauvage, le premier tome d’une saga se déroulant 10 ans avant Les Royaumes du Nord : La Trilogie de la Poussière.

Mais Philip Pullman a-t-il assez de choses à raconter ? Assez de matière pour nous proposer une intrigue aussi construite que sa précédente saga ? La réponse est OUI ! La Belle Sauvage, ce sont de nouveaux héros à découvrir, de nouveaux dangers à traverser, un univers entier à (re)voir… On fait même la connaissance de Lyra et Pantalaimon lorsqu’ils sont bébés ! La Poussière, le Champ de Rusakov, l’aléthiomètre… on a encore beaucoup de choses à apprendre des univers de Philip Pullman.

L’ouvrage fait presque 530 pages et se dévore en quelques jours. Une dizaine de pages suffisent à vous plonger avec une facilité déconcertante dans le monde de Lyra et des dæmons. A peine franchies les portes de l’auberge de la Truite, on se prend d’affection pour Malcolm, le futur héros de cette histoire, et d’Asta son dæmon.

La Belle Sauvage nous ouvre des portes que l’on aurait pas oser imaginer et encore moins franchir, même dans nos rêves les plus fous. Découvrez à quel point l’Église règne en maître sur ce monde parallèle si semblable au notre. Entre fantastique, aventure, espionnage et sciences… Philip Pullman réussit le tour de force de nous proposer un roman aussi bien sinon meilleur que La Croisée des mondes. C’est un merveilleux sans faute, et je veux déjà la suite ! L’attente va être absolument terrible… Dès 13 ans.

Le second tome de La Belle Sauvage sort le 3 octobre au Royaume-Unis and co. Il n’y a pas encore de date pour la France… courage ! En tout cas, la couverture est encore plus belle que pour le premier tome si cela est possible !