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Chronique : Les sentinelles du futur

Les sentinelles du futurCarina Rozenfeld est une auteur française très prolifique dans le monde de l’imaginaire et du young-adult. Ses derniers romans en date sont Phaenix (deux tomes, collection R chez Robert Laffont) ainsi que la Quête des Livres-Mondes (réédition chez l’Atalante en 2012).

Avec les sentinelles du futur paru en août dernier aux éditions Syros dans la collection Soon, Carina Rozenfeld renoue avec la science-fiction et les voyages temporels !

Notre Terre en 2359

Le tableau de notre planète dans quelques siècles est peu optimiste : la végétation a disparu, de même que la faune. La planète est toxique pour ses habitants, les mers ont tué depuis longtemps les poissons et autres multitudes de forme de vie qui y régnaient. La Terre se meurt à petit feu et devient un poison pour elle-même tant elle a été détériorée.

Mais selon les sentinelles du futur mandatées par l’Académie, l’avenir de l’humanité sera radieux. Comment cela peut-il être envisagé et comment le savent-ils ? Grâce à un passage temporel qui permet aux fameuses Sentinelles de voyager et de visiter le futur dans 300 ans exactement.

 En  2659 la végétation a reprit sa place, les hommes peuvent de nouveau sortir grâce à l’air qui n’est plus pollué, la population y est pérenne, heureuse grâce aux sphères blanches. Que sont les sphères blanches ? Nul ne le sait, les Sentinelles on juste découvert qu’elles sont ce qui a sauvé l’homme de l’extinction et qu’elle apparaîtrons en…2359.

C’est dans cette ambiance fébrile que vit le jeune Elon, élève de l’Académie grâce ses aptitudes exceptionnelles. Quand notre histoire commence, cela fait quelques semaines que les sentinelles ne sont pas revenues faire leur rapport afin d ‘alimenter les cours d’histoire du futur. Mais quand elle reviennent, leur nouvelles vont créer un véritable cataclysme au sein de l’Académie… le futur est à feu et à sang…

Quand le passé tente de sauver le futur

L’histoire des Sentinelles du Futur est un savant mélange de science-fiction à petite dose, de personnages très plausibles et charismatiques ainsi que d’un peu de romance (les garçons n’en seront pas allergiques).

L’idée de voir deux époques et deux personnages se compléter fonctionne très bien. D’autant que l’intrigue démarre vite et que le mystère des sphères blanches est totalement insoluble jusqu’au dernier moment.

Encore une fois, Carina Rozenfeld réussi à nous séduire par sa plume en nous montrant un nouveau pan de ses nombreux imaginaires. Après être avoir fait du fantastique, de la romance, de la fantasy urbaine, son incursion dans la science-fiction jeunesse est réussie.

On adorera ses personnages, qui sont encore une fois réussit, réalistes et qui collent bien à ce que peuvent dire les adolescents. On aimera également les petites bonnes idées qui parsèment le roman et qui ajoutent de la force et du crédible à l’histoire : le Japon à disparu dans ce roman, les Japonais ne vivant qu’entre eux pour préserver leur traditions, leur mœurs et leur lignée… C’est le cas de Micko, l’un des personnages principaux, dont la vie est régie par ces problématiques.

Enfin, sans avoir de réel twist, la conclusion de l’histoire est très bien trouvée. Le mélange des temps futurs et passés se faisant de plus confus tant leur histoire est liée. Un joli petit tour de force qui nous fera apprécier ce roman.

Les sentinelles du futur est un one-shot, et cela est parfait ainsi. Résolument destiné à la jeunesse, c’est un roman qui peut initier à la science-fiction les lecteurs de treize ans environ. Efficace et touchant, ce récit vous donnera même envie d’en lire un autre sur les voyages dans le temps : Le voyageur imprudent de Barjavel étant souvent cité…

Chronique : Doregon – Tome 2 – La guerre de l’ombre

Doregon 02Et maintenant, l’affrontement…

Second tome de la trilogie des Portes de Doregon, La guerre de l’ombre nous offre enfin la rencontre magistrale et tant attendue entre Mia et ses plus grandes peurs : la perte de l’être aimé et la confrontation avec son demi-frère Moone. Un second tome aussi fascinant que le précédent et qui annonce de belles surprises…

De retour en Doregon

Du temps a passé depuis que Mia a découvert pour la première fois Doregon. Elle sait maintenant se servir un peu mieux de ses pouvoirs et connaît les responsabilités et les sacrifices qu’implique le fait d’être le gardien de ce monde-portail.

Mais le plus dur reste à faire pour Mia : elle va devoir affronter Moone, dont la soif de pouvoir et de beauté menace de détruire Doregon et tous les mondes qui y sont entreposés.

« Ce qui va se passer…maintenant que les lignes du temps ont été modifiées »

Encore une fois, les jeux dans les passés et futurs possibles sont très présents, et il vous faudra avoir un minimum de concentration pour bien suivre le fil de l’histoire qui se corse un tantinet.

On en apprend encore un peu plus sur les mystérieux mondes de Doregon ainsi que la façon dont ils sont créés et comment faire pour les protéger d’une possible invasion ennemie. C’est là que l’on commence à apercevoir toute l’étendue de cet univers unique qui n’a pas fini de nous étonner.

Des moments complices, de l’humour, La guerre de l’ombre n’en est pas dépourvue, car elle nous permet de voir sous un nouvel angle la relation fusionnelle qu’entretient Mia avec Josh, mais aussi celle beaucoup plus malsaine, de Moone avec sa « sœur ».

Le début d’une guerre âpre s’annonce, et nous lecteurs, en sommes les spectateurs fascinés et impuissants. Tout se précipite dans ce second tome, on passe de révélations en surprises sans discontinuer.

La guerre de l’ombre, est donc une très bonne suite, elle ravira certainement tous ceux qui auront l’envie de tenter l’avenure, toujours dès l’âge de treize ans jusqu’à beaucoup plus grand. Vivement le troisième et dernier tome : les cracheurs de lumière, à paraître au printemps 2012.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

Chronique : Doregon – Tome 1 – Les portes de Doregon

Doregon 01A la découverte d’un univers unique, fascinant, envoûtant.

Carina Rozenfeld est une auteur de fantastique de nationalité française. Elle a notamment écrit la série La quête des Livre-monde, paru chez Intervista qui a rencontré un beau succès (et qui devrait bientôt être réédité), Les clefs de Babel paru chez Soon (la collection SF ado de Nathan) qui a remporté de nombreux prix, ou encore Lucille et les dragons sourds chez Kryos.

Doregon, le monde imaginé et peint par une artiste

Mia est une jeune femme passionnée par la peinture. Elle suit des cours au Beaux-Arts ; son frère Moone quand à lui est un artiste-photographe réputé et reconnu, et sa mère disparue depuis longtemps a su elle aussi à sa façon lui transmettre cette passion.

Et la soirée de vernissage à laquelle on assiste nous lecteur, est déterminante : pour Mia, pour Moone, pour Josh, mais aussi pour Doregon… mais qu’est Doregon ? C’est simple, c’est le monde que Mia a inventé, dessiné et peint. Mais c’est en fait bien plus que l’univers qui sort de la tête d’une artiste de talent… Doregon existe et existait bien avant que Mia ne l’imagine, et ses tableaux sont en réalité des passerelles pour se rendre en Doregon…

Une intrigue fascinante, des personnages mémorables

Les portes de Doregon est un roman surprenant par bien des aspects : non contente de se réapproprier le genre fantastique, Carina Rozenfeld créé ici un univers tout à fait original.

Les mondes-passerelles ne sont pas nouveaux en soi, mais l’utilisation que l’auteur en fait, et l’explication du monde et de son agencement nous poussent à y voir un monde fouillé, très détaillé et totalement enchanteur.

Et même si au début du roman le lecteur a un peu de mal à se situer d’un point de vue chronologique, l’horreur de la situation ne tarde pas à être révélée. Car en plus de voyager entre les mondes, le temps est lui aussi une donnée malléable, d’ailleurs, les différentes parties sont distinguées selon leur chronologie : Partie 1 : Ce qui se passe, Partie 2 : Ce qui aurait dû se passer

En plus de cela, les personnages sont peu nombreux mais extrêmements fascinants, leur psychologie étant très « complexe » (quand je dis complexe, entendez très creusée et non pas compliquée).

Ainsi vous avez le personnage central, Mia, héroïne et victime à la fois. Josh, le petit ami de Mia, mais aussi bien plus que cela. Moone, le demi-frère de Mia, qui est à la fois la source de beaucoup de joies et de malheurs pour Mia de par ses ambiguïtés, c’est aussi le personnage le plus intéressant dans sa personnalité. Enfin, il y a Garmon, sorte de maître spirituel pour Mia, c’est lui qui fera son apprentissage du monde de Doregon.

Voilà pour les personnages humains, il reste juste une espèce dont nous n’avons pas encore parlé : les lymbiotes (terme créé par l’auteur, mélange du mot lynx et symbiote). Ces créatures étranges et uniques ont un don très spécial et peuvent se lier par l’esprit pour la vie avec un humain, et un seul, mais rares sont les élus à avoir cette chances.

L’univers quand à lui nécessiterai bien plus qu’une simple chronique pour le décrire et l’expliquer clairement, aussi je vous recommande plutôt de vous précipiter sur cet ouvrage qui mérite d’être connu, et qui se dévore littéralement. Bien que publié chez l’Atalante jeunesse, ce livre s’adresse à un public âgé d’au moins treize ans et plaira tout autant aux adultes.

Prochaine chronique sur la suite des portes de Doregon : La guerre de l’ombre ; quand au troisième tome : Les cracheurs de lumière, il devrait sortir au printemps 2012.

9.5/10

Chronique comics : The Traveler – Tome 1

The Traveler 01Un super-héros complexe comme on les aime !

Présentée en juin dernier par les éditions Emmanuel Proust lors d’une conférence de presse, The Traveler est l’une des trois nouvelles séries imaginées par Stan Lee, qui a présidé dans les choix des scénaristes et dessinateurs. L’ouvrage français regroupe quatre comics américains.
Kronus, notre nouveau héros, est doté d’un pouvoir bien particulier et que beaucoup aimeraient posséder : malaxer le temps à sa guise.
Le scénario est signé Mark Waid. Il a travaillé chez DC Comics avant de passer chez Marvel. L’illustration est de Chad Hardin, qui a un nombre d’œuvres impressionnant à son actif.

Kronus, un nouveau héros Marvel

De Kronus, on sait peu de choses. Son pouvoir, faire évoluer le temps à sa façon, est à la fois très puissant et très limité. Il ne peut pas l’utiliser très longtemps, et seulement sur une courte période.
Ses ennemis sont également extrêmement puissants. L’un contrôle l’électromagnétisme, un autre peut désintégrer n’importe quelle matière.

Kronus n’est pas un super-héros comme les autres. Il recèle un côté sombre que les autres n’ont pas, ou alors de façon peu exploitée. Ce qui motive ce « super-héros », c’est justement la douleur et la noirceur. Il sauve des vies, mais on ne sait pas vraiment dans quel but. On devine une motivation moins altruiste qu’il n’y paraît, mais sans pouvoir en deviner plus.

Une intrigue folle

Au début, le lecteur se sent complètement perdu : certes, il y a un héros, des méchants (les split-second men – hommes apparaissant une fraction de seconde de façon aléatoire), des gens à sauver… mais où tout cela nous mène-t-il ?
Eh bien, cela nous mène loin, très loin, dans un scénario machiavélique très bien ficelé. Le manque de compréhension du début et la sensation d’être complètement largué par l’intrigue s’estompent au fil des pages pour donner une vue générale de la situation à faire froid dans le dos. C’est dans cette construction de mystères imbriqués les uns dans les autres que l’on reconnaît la touche qui séduit dans les Marvel et les comics en général.

Un crayonné dans le plus pur style des comics

The Traveler ne fait pas partie des œuvres qui innovent au niveau graphique et c’est très bien comme cela. Le dessin est bien fait, net, assez détaillé, même si parfois les traits des personnages ne sont pas toujours bien retranscrits d’une page à l’autre. Les couleurs sont quant à elles magnifiques, avec des dégradés fort esthétiques.

On se plonge à corps perdu dans ce comics à l’histoire et aux visuels de qualité. Ce nouveau héros Marvel est digne de prendre la relève. Espérons qu’il en soit de même pour les deux autres : Soldier Zero et Starborn, chez le même éditeur.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF

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Chronique Jeunesse : Opération Trio – Tome 1 – Face aux gladiateurs

Operation Trio 01Une énième série historique pour la jeunesse…

Opération Trio est une nouvelle série destinée à la jeunesse à partir de 8-9 ans. Les quatre premiers tomes de la saga sont sortis en même temps le 16 juin dernier aux éditions Nathan.

Sur les traces du professeur Champollion…

Le professeur Champollion n’est autre que le grand père de Mina, une jeune fille passionné par l’archéologie, tout comme son grand-père. Mais depuis quelque temps déjà, le professeur ne donne plus signe de vie, Mina est certaine qu’il lui est arrivé quelque chose… mais quoi ?

C’est ainqi qu’elle part sur les traces de son grand-père, aidée par deux de ses camarades de classes : Mathis, amoureux secrètement de Nina, et Robin passionné de jeux vidéo. C’est ainsi que Mina, suivie de près par Mathis et Robin, va partir sur les traces de son grand-père et découvrir son plus grand secret…

Voyages temporels

Vous l’aurez compris, à chaque tome, nos héros se baladent dans une période de l’histoire bien spécifique. Dans ce premier tome il s’agit de l’époque des romains et de leur terribles Jeux de gladiateurs. A chaque voyage, ils sont investis d’une mission : récupérer un objet afin de le scanner pour le musée du grand-père de Mina. Tout cela en essayant de retrouver le professeur Champollion qui, semblerait-il, se serai perdu dans les méandres du temps.

Malheureusement, l’intrigue est quasiment inexistante, les voyages temporels étant un prétexte pour faire découvrir de façon légère mais plutôt ludique une période de l’histoire aux plus jeunes.

Ce que l’on peut reprocher à cette nouvelle série, c’est qu’elle n’apporte rien de nouveau au genre. Beaucoup ayant déjà traité les thématiques « jeunes enfants aventuriers », la plus connue de ces séries étant certainement La cabane Magique du côté historique, ou encore le Bus Magique, série qui elle apporte une approche scientifique.

Un début de saga un peu léger donc, qui pourra toutefois faire passer un bon moment aux jeunes lecteurs ayant soif d’aventure.

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Actualité éditoriale : Trois nouveaux super-héros signés Stan Lee sortent aux éditions Emmanuel Proust

The Traveler 01

Il y a bien longtemps que les comics n’avaient pas connu de nouveaux super-héros signés par « The Man », Stan Lee, père de Spiderman, Hulk, Iron Man etc… Il revient en France avec trois nouveaux super-héros aux éditions Emmanuel Proust, chose plutôt inattendue quand on sait que beaucoup de « gros éditeurs » étaient eux aussi en compétition. Chaque album réunit quatre comics américains et comme toujours, le dessin est sublime à l’extrême.

C’est donc trois nouveaux héros qui rejoignent la communauté des Editions Boom ! (éditions Americaine des Comics de Stan Lee). Soldier Zero,The Traveller et Starborn, avec chacun son lot de pouvoirs et de complexes.

The Traveler – Tome 1 (sortie le 16 juin) : The Traveler est un héros plus complexe que les autres personnages Marvel. Son côté sombre est beaucoup plus exploité que chez les autres héros Marvel. Le pouvoir de The Traveler est à la fois génial est horrible : il peux ralentir et accélérer le temps mais aussi voir tout les futurs possibles d’un individu qu’il croise. Cette capacité le tourmentant sur ses actes passés, présents et futurs.

Starborn 01Starborn – Tome 1 (sortie le 16 juin) : Starborn est l’histoire d’un écrivain raté. Mais sa vie va se retrouvée bouleversée quand il se rendra compte que ce qu’il couche sur le papier prend forme dans la réalité. Autant dire que son roman d’invasion sur les extraterrestres va lui donner du fil à retordre…

Soldier Zero – Tome 1 (sortie le 7 juillet) : Soldier Zero était un homme tout ce qu’il y a de plus normal avant l’Accident. Maintenant, il est mi-homme mi-extraterrestre et il lutte autant contre les nuisibles que contre sa nature double : qui est-il vraiment ? lui-même ne le sait pas.

Chronique : C’était demain

C'était demainA la poursuite de Jack l’éventreur…en 1979…à San Francisco.

Publié pour la première fois en France en 1981 aux éditions Seghers dans la collection Les fenêtres de la nuit, C’était demain fut adapté à la même période sur grand écran par Nicholas Meyer et il est possible que le lecteur connaisse mieux le long métrage de 1979 que le livre dont il fut inspiré.
Les éditions Mnémos rééditent aujourd’hui ce titre de Karl Alexander situé à la frontière des genres : mélange de polar et de steampunk, C’était demain est un roman aussi plaisant qu’inattendu.

Tout commence avec H.G. Wells…

Le héros de ce roman n’est autre que le célèbre auteur de science-fiction H.G. Wells, connu pour ses titres qui comptent parmi les précurseurs de la littérature fantastique et de science-fiction : La Machine à voyager dans le temps, La Guerre des mondes, ou encore L’Île du Docteur Moreau.

Le roman débute en Angleterre avec une scène glauque et effroyable : l’un des meurtres de Jack l’éventreur en direct, rien n’étant épargné au lecteur.
Au même moment dans la ville de Londres, à quelques pâtés de maison de là, Mr Wells a décidé de montrer le résultat d’années de recherches et de travaux à un cercle de vieux amis : la machine à explorer le temps. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu, et Mr Wells se retrouve malgré lui à San Francisco en 1979, à poursuivre le tueur qui terrorise le Londres de son époque.

Un anachronisme vivant à notre époque

Comment se fait-il que la machine passe de Londres à San Francisco ? L’explication (assez technique) nous est donnée par le biais des pensées d’un Wells tout aussi surpris que nous. La première partie du roman est donc celle de l’initiation. Les deux ennemis vont devoir apprendre et s’adapter très vite à ce nouveau monde qui est le nôtre.
L’humour est omniprésent dans le début du roman. H.G. Wells découvre de nouvelles technologies. Tout l’émerveille, l’éblouit. Le lecteur passe un très bon moment en découvrant le monde à travers les yeux d’un homme du XIXe/début du XXe siècle. Les situations sont ainsi parfois très cocasses et ce petit soupçon d’humour que l’on retrouve à travers tout le livre est très plaisant.

L’exploitation des personnages et peut-être, par contre, légèrement trop stéréotypée. Wells est le gentil « type », qui ne veut de mal à personne, qui croit en la bonté de l’âme humaine au plus au haut point. Sa bonne humeur et sa naïveté sont d’ailleurs parfois incroyables. Mais il est très attachant, et on ne peut s’empêcher de désirer la réussite de la mission qu’il s’est imposée : ramener Jack l’éventreur à Londres, en 1893, et le remettre à la justice. On peut d’ailleurs s’amuser du contraste avec le personnage réel, quand on sait que Wells, dans son dernier ouvrage (L’Esprit au bout du rouleau) montrait un certain cynisme en évoquant l’idée que remplacer l’espèce humaine par une autre forme de vie ne serait pas une si mauvaise idée.
Jack l’éventreur lui, est aussi légèrement stéréotypé, trop exploité d’un côté « maléfique ». Dans les scènes en aparté avec le meurtrier, il est question de Satan qui guide ses pas et de dialogue avec l’entité maléfique qui l’aide à accomplir sa destinée : semer le chaos et la désolation.
Ce contraste trop marqué entre les protagonistes rend l’histoire un peu trop légère, prévisible : un des rares points négatifs.

Une escalade vers l’affrontement ultime

Comme on peut s’en douter, le jeu du chat et de la souris que mènent Wells et L’éventreur se termine en affrontement ultime : celui du Bien contre le Mal. Tous les éléments techniques concernant la machine (donnés au début du roman) sont en fait des pièces à ajouter au puzzle du dénouement final. Prévisible, ce dernier laisse un léger regret au lecteur : celui de deviner sans mal la fin.
Ainsi, C’était demain peut être considéré comme un ouvrage de référence non pas pour son scénario, mais pour son caractère uchronique original et son personnage principal complètement utopiste et attachant.

Ce roman est une lecture plaisante, enrichissante, à avoir absolument dans sa bibliothèque. Fan ou pas du genre, c’est à lire sans limite d’âge ou de goût ! Chronique réalisée pour le site ActuSF

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Chronique : Hier tu comprendras

hier tu comprendrasUn jeu de piste à l’envers, une histoire des plus inattendues.

Premier roman de Rebecca Stead publié en France, Hier tu comprendras (titre original : When you reach me) a connu un grand succès outre-Atlantique avec plus de 240 000 ventes aux Etats-Unis et a remporté la Newbery Medal 2010 (prix de littérature jeunesse décerné par l’association des bibliothèques américaines). Voilà pour le palmarès de ce livre original et captivant.

L’incroyable histoire de Miranda commence le 29  avril 1980, le jour où sa mère est invitée au jeu télévisé la Pyramide des 20 000 dollars animée par Dick Clark. Cette invitation est la dernière « preuve » dont elle avait besoin pour croire à l’incroyable… car quelqu’un qu’elle ne connaît pas le lui avait prédit il y a des mois par le biais de petits papiers disséminés dans ses affaires. Pourquoi ? Dans quel but ? Que de questions qui demeureront sans réponses jusqu’à la dernière page… Un jeu de clés, des papiers, des petits pains… autant d’indices sensés sauver la vie du meilleur ami de Miranda, mais comment et quand ?

Hier tu comprendras est un OVNI, une sorte d’inclassable bizarre et génial. Plus on avance dans l’histoire et plus on a cette envie de savoir qui nous tenaille. Les indices et pistes semées sont de plus en plus déconcertants. Originalité, le thème et fil rouge de l’oeuvre : le temps qui passe pour chacun, sa perception, la relativité, avec une citation d’Einstein qui illustre parfaitement cette histoire : « Le bon sens est l’ensemble des préjugés acquis par un individu avant l’âge de dix-huit ans ».

Mais loin d’être une histoire scientifique, ce roman est une enquête traitée à l’envers, une histoire commencée par la fin. Il est ici question d’amitié garçon-fille et des problèmes qu’elle peut engendrer. Un livre original qu’il faut lire pour s’évader loin, très loin et réfléchir à nos perceptions du temps.

Chronique jeunesse : L’horloge maudite – Chair de Poule n°24

l'horloge mauditeVoici un livre de la série Chair de Poule qui m’a particulièrement marquée étant enfant, la preuve, j’ai eu un grand plaisir à le relire, dix ans plus tard. Les Chair de Poule, une collection qui commence à avoir de l’âge mais qui n’a rien perdu de sa force, et qui traverse maintenant plusieurs générations de lecteurs.

L’éditeur Bayard, d’ailleurs bien conscient de cette force a fait une refonte complète de la collection avec un relooking assez réussi tout en gardant les illustrations de couverture d’origine.

Mais revenons à nos moutons : L’horloge maudite. Un roman de frissons très simple par son concept, mais complètement accrocheur : un jeune garçon, Michael, en a marre d’être martyrisé par sa petite sœur, Tania, la chouchoute de leur parents. Elle réussit à chaque fois à lui jouer des mauvais tours et à la faire gronder par ses parents en prime. Elle a même réussi à gâcher l’anniversaire de ses 12 ans en ouvrant tout ses cadeaux et en abimant son nouveau vélo…

Dans ces conditions, ont peut comprendre que Michael souhaite la disparition de sa petite sœur… ce que va réaliser l’horloge étrange que son père vient de se procurer… en remontant le temps. Le souci, c’est que Michael se retrouve prisonnier du temps qui s’écoule en sens inverse…

Bien que j’aie lu ce livre plus d’une fois dans ma prime jeunesse, le relire ne m’a rien gâché au plaisir, de plus les descriptions que fait R.L. Stine fait de l’horloge fait froid dans le dos, un vrai plaisir ! L’auteur réussi avec des mots simples à nous transporter dans un autre monde.

8/10

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Chronique : Les Domestiques

domestiquesUne lecture décevante qui promettait tellement plus….

Quand j’ai vue la couverture de ce livre, je me suis dit « oh, c’est joli, ça donne envie de le lire » car il faut avouer que les couvertures des livres de fantastique et SF, ne sont pas toujours sublimes et que Bragelonne et Milady ont le mérite de faire un vrai travail graphique. Enfin tout ça pour dire que c’est la couverture qui m’a motivée à lire le livre, ainsi que la 4ème couverture qui résumait une histoire intéressante : grave erreur. Les domestiques de Michael Marchal Smith restera une de mes plus grosses déceptions de l’année, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, on s’attend à du fantastique historique, prenant, mystérieux : il n’en est rien, aucune référence à l’Histoire, à peine quelques références aux méthodes de travail de l’époque. De plus, le livre regorge de platitudes et de paragraphes inutiles. L’écriture ne fait pas rêver, et il faut attendre au moins la moitié du livre pour commencer à s’apercevoir qu’il ne se passera rien de plus que ce que l’on a déjà lu. La quatrième de couverture parle d’un bouleversement dans la vie de notre héros, Mark, il n’en est rien. La vie de Mark est triste, d’autant plus que sa mère a une maladie très grave (que l’on suppose être un cancer). Les conflits familiaux sont omniprésents, tellement que les fameux « domestiques » sensés tout de même tenir le premier rôle sont très peu présent, la magie n’est même pas au rendez-vous.

Vous l’aurez compris, j’ai été très déçue par cet ouvrage qui semblait très prometteur, espérons que Milady saura éditer de meilleurs ouvrages que celui-ci.

2/10

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