Chronique : Hate List

Hate List

Que faire quand on est le témoin et la victime d’une tuerie perpétrée par son petit ami ?

Premier ouvrage de l’américaine Jennifer Brown traduit en France, Hate List traite d’un sujet extrêmement sensible aux Etats-Unis : ses tueries de lycées. La presse internationale a été dithyrambique sur ce livre témoignage hors du commun. Il a été élu meilleur livre de l’année par le School Library Journal.

Loin du style racoleur, Hate List se propose de raconter l’après d’un tel traumatisme, la reconstruction d’ados complètement perdus pour aller jusqu’au pardon pour certains.

La liste de la haine

Valérie n’était pas très populaire, pas vraiment appréciée non plus. Elle était une des victimes favorite de certains lycéens, tout comme son copain Nick. C’est comme ça que Valérie a eu l’idée de la Liste : dans un carnet, elle a inscrit les noms de toutes les personnes qui lui « pourrissent la vie », et avec Nick, ils ont ajouté régulièrement de nouveaux noms. Connaissance, proches, et aussi stars de la télévision, beaucoup de monde est inscrit sur cette fameuse liste.

Et puis un jour, Nick passe à l’action. Il décide d’utiliser la liste pour éliminer toutes ces personnes qui leur gâche la vie. Il tue ainsi de nombreux élèves et même un professeur avant de se tuer lui-même, emportant avec lui les réponses à de nombreuses questions…

Qu’est-ce qui a déclenché l’envie de Nick d’en finir avec ses détracteurs ? L’a-t-t-il fait pour Valérie ? Pour eu-deux ? A-t-il été influencé ?

Une reconstruction physique et psychologique douloureuse

Le roman commence quand Valérie doit retourner au lycée pour sa dernière année ; après l’attentat. Elle va devoir faire face à l’incompréhension des « survivants » pour qui elle a été la commanditaire et non pas une victime de cet horrible fait divers. Jugements, mise à l’écart, l’après-fusillade va déclencher beaucoup de tensions au sein de l’établissement, tensions et pressions dont Valérie est l’objet central.

Le roman est entrecoupés de chapitre flash-back, contant de façon assez évasive comment on en est arrivé à ce bain de sang. Des petits signes, des remarques anodines de lycéens, quelques tours qui excluent un peu plus Valérie ou Nick. On comprend facilement comment Valérie a été tentée de faire cette fameuse liste aux vues des nombreuses rebuffades de ses camarades.

On voit le personnage de Valérie avoir du mal à réaliser que ce soit son copain qui ait commis un tel fait. Puis le choc fait place à l’incompréhension, Valérie se demande si elle n’aurait pas du voir des signes avant-coureurs, son amour pour Nick perdure malgré ce qu’il a fait, puis elle évolue, tout comme les élèves et les parents des disparus…

Hate List a beau être un roman émouvant et hyper-réaliste, je n’ai été convaincue qu’à moitié par le récit de Valérie et sa personnalité. Valérie est difficile à cerner et surtout à aimer : tantôt forte tantôt très fragile, sa psychologie chamboulée s’explique évidement par le traumatisme. Je la trouve parfois complètement immature et en dehors de la réalité, que ça soit avant ou après l’événement.

Mais comme dit précédemment, Hate List n’est pas un roman fait pour rapporter de façon racoleuse des faits terribles et malheureusement déjà arrivés. C’est un ouvrage sur le pardon, sur le fait que l’homme peut absoudre les pires choses.

Pour tous ceux qui veulent une réponse au pourquoi, passez votre chemin. Hate List est ici pour nous proposer une sorte d’essai sur la reconstruction d’un point de vue original celui d’une petite amie qui passe du statut de suspecte et d’accusée à celui de victime tout en restant coupable pour elle-même.

Un ouvrage poignant mais qui s’oubliera tout de même assez facilement, il lui manque pour moi le « truc » qui en fait quelque chose de mémorable.

6.5/10

2 réflexions au sujet de « Chronique : Hate List »

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