Chronique : Ferrailleurs des mers

Ferrailleurs des mers 01Second roman de l’auteur américain Paolo Bacigalupi traduit en France, Ferrailleurs des mers (Ship Breaker en langue originale) est une série en deux tomes destinée aux adolescents. Le roman a remporté de prestigieux prix Young-Adult Outre-Atlantique dont le Prix Hugo et le Prix Nebula. Le second et dernier opus sortira en novembre 2013 sous le titre Les cités englouties.

Le premier roman de Paolo Bacigalupi, la Fille Automate avait fait grand bruit sur la scène sf en remportant également de nombreux prix littéraires d’importance.

Une ère d’ossements de métal et de misère… 

 Nous sommes à la fin du XXIème siècle, et le monde ne ressemble plus à rien de connu suite à une pénurie de pétrole et de nombreuses catastrophes naturelles. Dans ce monde post-apocalyptique, Nailer est un ferrailleur, il travaille jusqu’à l’éreintement à arracher d’anciens câblages sur des squelettes de pétroliers. Les compagnons de Nailer sont comme  lui : fatigués, souvent affamés et en proie aux quotas et délais toujours plus difficiles à tenir.

 Tous ne rêvent que d’une chose, d’être un jour Lucky Strike, un homme qui a trouvé par hasard assez de pétrole pour devenir le maitre de la plage et s’élever au-dessus de sa condition… Mais ces rêves d’opulence et de confort sont pénibles à atteindre, comme Nailer ne va pas tarder à le comprendre le jour où il pense devenir lui aussi un Lucky Strike en découvrant un riche voilier échoué… A qui faudra-t-il faire confiance pour récupérer cette fortune qui dort sans éveiller les soupçons ?

SHIP-BREAKER-riUn univers sombre, sale et cruel

Ferrailleurs des mers est un roman âpre et dur, à l’image d’un futur où la société voit ses écarts sociaux plus marqués que jamais. Nous n’avons que la vision de la partie démunie de cette société, et elle est atroce. La misère pleine de rouille que nous dépeint Paolo Bacigalupi prend de nombreuse formes : maladie, alcool, drogue, exploitation, pressions en tout genre, c’est à la loi du plus fort…

On est oppressé par la tension constante d’un univers où tout peu basculer d’une seconde à l’autre selon les lubies de certains individus louches et dangereux… Sans savoir réellement où nous nous rendons, nous suivons donc Nailer, notre héros qui ne sait pas lui-même de quoi il part en quête… du moins au début du roman !

Bien que décrit avec efficacité, l’univers de Ferrailleurs des mers reste assez flou. On comprend les grandes lignes qui régissent cette société délitée, mais elles restent ténues. J’espère donc que le second tome saura répondre à toutes les questions sous-jacentes du premier.

 

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un bon livre, fouillé, y compris au niveau des prénoms des personnages (nailer veut dire clou en anglais) et dont la grande force réside dans la pression constante à laquelle est soumise le lecteur. On appréciera également les nombreuses références au monde de la piraterie, qui collent parfaitement à l’ambiance dépeinte tout le long du roman.

A conseiller dès 14 ans, pour tous les amateurs du genre post-apocalyptique, mais aussi les autres !

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