Chronique : Les loyautés

Le tout dernier roman de Delphine de Vigan nous plonge dans les méandres d’une famille explosée où la négligence est le premier fléau… Peut-on parler de maltraitance quand il n’y a même pas d’intérêt pour son enfant à tel point qu’on ignore tout de lui ?

No et moi, Rien ne s’oppose à la nuit, Les heures souterraines… Delphine de Vigan est une auteure française dont chaque parution est très attendue. Après le succès phénoménal de son précédent livre : D’après une histoire vraie, la voici de retour avec un roman très noir et aux forts accents psychologiques.

Les Loyautés. Pourquoi un tel titre ? L’explication se trouve dans les non-dits qui ont lieu tout au long du roman…

Une enfance ballottée

Théo est un collégien simple, discret, faisant le moins de vagues possibles. A tel point que l’on oublie parfois sa présence… lui-même oublie qu’il existe tant il se doit d’être transparent.

Une semaine chez sa mère, l’autre chez son père… jamais vraiment chez lui, jamais vraiment détendu… Théo doit donner le change, pour que personne ne sache ce qui se passe à la maison. Sa mère pense qu’il se la coule douce chez son père, tandis que c’est tout le contraire… Et peu à peu, Théo s’enfonce dans les mensonges et les explications alambiquées pour garder la tête hors de l’eau.

Roman à haute teneur psychologique

Dans Les loyautés, vous aurez tour à tour les points de vue de : l’un des professeures de Théo (Hélène), celui d’un de ses meilleurs amis (Mathis), celui de la mère de Mathis (Cécile), et celui du principal intéressé : Théo.

Chacun voit un drame se profiler (lecteur compris), mais sans vraiment savoir où et quand il frappera… ni sous quelle forme. Nous sommes ainsi les spectateurs impuissants de l’effondrement d’une « famille ». Et même de plusieurs…

En effet, tous les personnages ont un drame qui se joue à leur échelle et dans leur vie personnelle. Théo a beau être le personnage central, tous on quelque chose sur la conscience…

J’ai particulièrement apprécié les moments écrits du point de vue de la mère de Mathis. Cette femme au foyer que tout le monde prend pour une personne dénuée de passion et d’opinions nous offre un magnifique monologue ! C’est une des scènes les plus savoureuse et surprenantes du roman (et l’une des rares à être drôle).

Alors, pourquoi un tel titre ? Les loyautés ? Tout réside dans la psychologie complexe de Théo. Et sa loyauté indéfectible envers son père… Impossible d’en dire plus sous peine de briser l’intrigue et ses quelques secrets. Mais si vous recherchez un roman à teneur psychologique avant tout, ce sera parfait.

Ma seule remarque concerne la conclusion du roman. Bien trop abrupte, elle laisse le lecteur sur sa fin sans réel message final… c’est dommage car on est transporté tout du long par le roman.

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Les loyautés est donc un roman sympathique : chapitres courts, personnages dessinés avec concision et talent… Mais il lui manque l’élan qui en ferait un très bon. La conclusion arrive trop vite, l’intrigue est trop simple, on n’a guère le temps de s’attacher au moindre des personnages… même Théo manque de consistance… Tout ceci conjugué en fait un roman qui se dévore, certes, mais qui ne marquera guère. C’est fort dommage.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

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