Chronique album jeunesse : L’histoire perdue

Le grand retour de l’illustrateur talentueux Xavier Salomó !

Nous l’avions découvert lui et son trait si caractéristique avec l’album OFF ; il revient avec un tout nouveau titre : L’histoire perdue, paru au Seuil Jeunesse. Ici, nous retiendrons (outre les dessins magnifiques) une narration extrêmement originale et drôle.

Xavier Salomó est un illustrateur d’origine espagnole, il a étudié à l’école Massana de Bologne et l’histoire de l’art à l’université Autónoma. Meritxell Martí est quant à elle docteur en sociologie de l’art et des nouvelles technologies. Elle enseigne à l’université ouverte de Catalogne et vit à Barcelone.

Une histoire modifiée en temps réel par… le dessinateur

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’Eva, et elle a décidé en ce jour particulier de se vêtir de sa jolie robe bleue… Mais l’illustrateur en a décidé autrement et lui fait mettre un T-shirt blanc et un pantacourt kaki. Mais ce n’est que le début des contrariétés pour le narrateur, car l’illustrateur a décidé de n’en faire qu’à sa tête et ne va pas écouter une seule fois ses directives.

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Narrativement singulier… et délicieux !

Alors que l’on s’attend à un contenu relativement classique, on découvre une histoire totalement inattendue ! En effet, le texte et l’image n’ont absolument rien à voir, l’illustrateur ayant décidé de ne pas tenir compte des descriptions et instructions qui lui sont données. Ce paradoxe est tout à fait original et bien trouvé, et cela rend l’histoire unique. Je n’ai jamais lu une telle idée parmi les très nombreux albums jeunesse que j’ai pu découvrir… En cela, bravo aux auteurs pour cette trouvaille !

En ce qui concerne les illustrations de Xavier Salomó, on retrouve son trait si beau et caractéristique. C’est détaillé, coloré, vivant, simple et en même temps fouillé… On ne peut que tomber sous le charme de son dessin. Et puis… les surprises qu’il nous réserve sont nombreuses !

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Ainsi, l’idée narrative est si originale qu’elle prime presque sur l’histoire elle-même. J’ai tellement adoré l’entrée en matière de L’histoire perdue que j’aurais voulu que la narration opposant illustrateur/narrateur continue tout au long de l’histoire. Mais cela aurait peut-être été difficile à mettre en œuvre, d’où un retour à une histoire mise en scène de façon classique pour la conclusion de l’album.

Quoi qu’il en soit, cet album est un véritable coup de cœur ! Il est original, il est beau, d’un format assez grand pour profiter comme il se doit des dessins. A réserver aux enfants dès l’âge de 5 ans, et ce jusqu’à 6 ans car le style n’est pas évident à comprendre pour les plus petits. En tout cas, bravo aux auteurs pour cette réussite originale et inclassable ! A quand une autre histoire mettant joliment en scène la dualité entre l’histoire et le dessin ?

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