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Chronique : Marquise

Un roman bien mystérieux qui aurait pu être génial, mais dont la conclusion n’a pas su être pleinement à la hauteur des attentes que j’ai placées en lui…

Joanne Richoux vient de débarquer dans la collection Exprim’ (Sarbacane) en mars 2017 avec Marquise. Il ne s’agit pas de son premier roman, mais je la découvre à travers cette nouveauté. Marquise, c’est l’histoire de deux jeunes paumés à qui la vie n’a pas décidé de sourire et qui décident de rebattre les cartes… mais est-ce pour un mieux ?

Une session de recrutement très étrange

Entre Charlotte et Billy, ça a toujours été une évidence. Ils ont toujours voulu s’évader de leur petite ville étriquée, de leur vie tristoune et déprimante… Non, ce qu’ils veulent, c’est vivre vraiment. Et c’est ainsi qu’ils s’en vont un jour, sans demander leur reste, abandonnant leurs familles respectives.

Le but ? Rejoindre Paris pour y passer un casting très spécial réservé uniquement à ceux qui en ont entendu parler par le bouche à oreille… Et manque de pot, ils réussissent toutes les étapes, jusqu’à être parmi les 8 gagnants qui ont le droit d’aller vivre avec Le Marquis, sur son île personnelle en Écosse.

Qu’est-ce donc que cet étrange mode de vie où tout le monde vit comme à l’époque du Roi Soleil ? Une secte ? Quel est le but réel du Marquis ? D’où lui vient une telle fortune pour faire vivre autant de gens à sa charge ?

Tout cela a beau être fort étrange, Charlotte et Billy plongent à corps perdu dans cette affaire un peu bizarre et carrément louche. Mais jusqu’où iront-ils pour plaire au fameux Marquis ?

Une accroche géniale mais dont le développement final n’a pas su me séduire

L’idée de départ de Marquise est génial : une société secrète qui recrute des gens selon des critères connus d’eux seuls. Cela à tout pour plaire : une bonne dose de mystère, une ambiance désuète due à l’époque chérie par Le Marquis… C’est tout de suite captivant.

Jusqu’à la conclusion. En effet, c’est la fin du roman qui m’a déplu et qui fait que je n’ai que moyennement apprécié l’ensemble. Tout est très bien décrit et campé dans ce roman, mais quand on découvre le pot aux roses, je m’attendais à quelque chose de beaucoup surprenant. La fin du roman a malheureusement un gout de déjà vu… Sans en dire plus (impossible, ce serait tout vous gâcher !), j’ai trouvé la fin trop rapide et quelque peu bâclée.

En effet, malgré l’écriture vive et accrocheuse, certains personnages sont trop stéréotypés, et même si l’issue n’est pas évidente au premier abord, elle n’en est pas pour autant surprenante.

J’ai particulièrement eu du mal avec l’héroïne, Charlotte. Beaucoup trop tête brulée à mon goût, toujours de mauvais poil, rebelle (même quand ce n’est pas nécessaire), elle manque beaucoup trop de sang froid. A tel point qu’elle en devient agaçante. Là où elle pourrait choisir le dialogue, elle choisi la confrontation ou un mur de silence. Systématiquement. Elle est trop indépendante pour moi, même si cela est également a force pour affronter ce qui l’attend.

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En somme, Marquise est un roman ado qui faisait de très belles promesses. Elles sont en partie tenues, mais la conclusion ne reste pas au niveau de l’histoire dans son ensemble ! C’est donc une réussite partielle, gageons que l’auteure nous fera découvrir son univers au travers d’autres romans puisque Marquise est son tout premier. Il faut bien débuter quelque part !

Chronique : Valet de Pique

Un roman noir sur le thème de l’écrivain qui se laisse entraîner par sa part de noirceur. Littérairement parlant, mais aussi littéralement. Du grand Joyce Carol Oates… impossible à lâcher !

On ne présente plus la grande, la très prolifique auteure américaine Joyce Carol Oates. Elle a écrit une quantité folle de romans, s’est essayé à un nombre incroyable de styles et de genres différents… C’est l’auteure à lire/découvrir au moins une fois dans sa vie !

Valet de Pique est son tout dernier ouvrage en date en France, il est paru en mars 2017 aux éditions Philip Rey avec une très belle et sobre couverture. Cette fois-ci, Oates nous entraine dans le relationnel qui lie un auteur à ses œuvres… y compris les plus inavouables.

Andrew J. Rush est le Valet de Pique

Grande star sur la scène du polar, Andrew J. Rush s’ennuie ferme. Sa production actuelle ne le satisfait pas (il me fait penser à James Patterson, est-ce voulu ?), il trouve ses propres écrits à succès passables, mais ne fait pas vraiment ce qu’il aime… Ainsi est né le Valet de Pique.

Un étrange pseudonyme derrière lequel il se cache pour écrire les récits qui l’habitent réellement. Sales, misogynes, sanglants et même vulgaires, les romans du Valet de Pique révèlent une face sombre d’Andrew J. Rush. Il ne trouve du plaisir qu’en écrivant ces romans qu’il cache soigneusement à son entourage, n’assumant pas du tout cette part de lui-même autonome et glauque.

Jusqu’au jour où tout bascule, et où le Valet de Pique prend de l’ampleur dans la vie normalisée de Rush…

Un roman noir qui se dévore d’une traite

Le thème de la dualité qui anime un auteur et ses créations est ici magnifiquement retranscrit par Joyce Carol Oates. Et qui mieux qu’elle peut en parler ? Elle qui possède de nombreux noms de plume quand elle écrit des polars : Rosamond Smith ou Lauren Kelly, et peut-être même d’autres pour ce qu’on en sait !

Ainsi dans ce roman, l’intrigue est aussi simple qu’immédiatement captivante. On entre dans le vif du sujet sans fioritures et ça se dévore ainsi… jusqu’à la fin ! J’adore les romans à l’ambiance noire et sombre, alors avec Valet de pique, j’ai été parfaitement servie. On appréciera la douce perfidie qui monte progressivement au fil des interrogations d’Andrew J. Rush. On aimera l’ambiance feutrée des larcins que nous découvrirons peu à peu… C’est un véritable régal livresque, tant au niveau de l’écriture que de la traduction.

Autre élément très plaisant, le personnage d’Andrew J. Rush écrit à Stephen King sous le nom du Valet de Pique. J’ai adoré le fait que Oates mélange fiction et réalité pour apporter encore plus de prégnance à son roman. Cela m’a d’ailleurs fait penser à un autre livre que j’ai adoré pour son ambiance ancrée dans le monde de l’écriture : Le contrat Salinger.

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Je ne vous en dirais pas plus sur ce roman, sous peine de trop en dévoiler. Sachez simplement que Valet de Pique est un roman noir, et un très bon. Qu’il se lit très vite, qu’il captive, et qu’il nous entraîne avec lui dans ses méandres… Saisissant.

Chronique jeunesse : Le hibou n’est pas manchot

Quatre histoires policière bourrées d’humour et d’oiseaux, à découvrir dès l’âge de 9-10 ans !

Souvenez-vous, nous avions déjà parlé du roman La carotte se prend le chou, du même auteur, aux éditions Nathan. Emmanuel Trédez revient avec le même concept : 4 histoires déjantées, mais cette fois-ci on quitte le monde des légumes pour celui des… volatiles !
Alors, est-ce que ça marche toujours aussi bien ? Oui !

Archie Duc, un enquêteur à la pointe de l’observation

Dans ce nouveau petit recueil de nouvelles policières, vous ferez la connaissance qu’est le fin limier Archie Duc. Aidé en cela par un apprenti poussin perspicace, et toute une petite équipe efficace, Archie Duc va mettre à mal les meurtriers et voleurs dans les différentes affaires qui lui tomberont sur le coin du bec !

« Au nom de l’oie, je vous arrête ! »

Comme le titre de cette seconde partie de chronique vous l’illustre bien, Le hibou n’est pas manchot est encore une fois un roman où les jeux de mots fleurissent. Les jeunes lecteurs vont devoir s’accrocher pour suivre, et c’est tant mieux ! Il ne faudrait pas que tout leur tombe tout cuit dans le bec non plus, si ?

Une lecture dynamique, enlevée et maligne, voici donc les maître mots de ce petit ouvrage de presque 150 pages. Le tout est parsemé de quelques illustrations très parlantes (et souvent comiques) qui animeront à merveille le tout.

On retrouve les mêmes ressorts comiques que dans le roman précédent (il n’y a pas d’ordre à respecter, les personnages sont d’ailleurs tous différents). De même, les intrigues, sont aussi simples qu’efficaces.
Bref, c’est le genre de roman parfait pour les enfants qui aiment peut-être déjà lire (ou non !), et qui souhaitent d’essayer à quelque chose de différent et d’un peu inclassable. A découvrir dès l’âge de 9 ans minimum, ce sera parfait.

Espérons maintenant que les éditions Nathan rééditeront les autres romans qu’avait écrits Emmanuel Trédez dans la même veine, je suis très curieuse de les découvrir…

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique : Miso Soup

Rarement j’ai lu un roman japonais aussi génial, étrange et malsain…

Ryû Murakami (à ne pas confondre avec Haruki Murakami), est un auteur japonais très prolifique. En France, plus d’une vingtaine de ses livres sont publiés, tous aux éditions Picquier. Parmi ses titres les plus réputés, on peut citer Les bébés de la consigne automatique ou encore Bleu presque transparent.

Son style est toujours assez hard, il traite de tous les sujets, y compris les plus sordides : la prostitution des lycéennes dans Love & Pop par exemple, ou encore le thème du tueur en série avec Miso Soup. Et justement, Miso Soup est un roman fort étrange et fascinant à la fois…

A la découverte des quartiers chauds de Tokyo

Kenji est un jeune homme qui guide les touristes étrangers dans les ruelles les plus à vif de la capitale japonaise : Kabukichô. Bar à hôtesses, peep-show, rencontres et plus si affinité… C’est le paradis de la débauche version japonaise ! Alors, quand Kenji est contacté par un touriste américain nommé Frank pour visiter les coins les plus torrides du quartier, c’est avec plaisir qu’il accepte l’arrangement. Mais au fil des heures qui s’écoulent, les mimiques et les réactions de Frank travaillent beaucoup Kenji… Il est instable, a des réflexions malsaines, étranges. Au point que le jeune japonais se demande si son client n’aurait pas un lien avec le cadavre d’une jeune femme retrouvé la veille au soir dans des poubelles… Est-ce bien le cas ou le fruit d’une imagination débordante de la part de Kenji ?

Miso Soup, ou comment revisiter le thème du tueur en série

Rarement j’ai lu un roman aussi magnifiquement plongé dans l’ambiance sombre d’un autre Japon, celui de la nuit et des plaisirs. Tout en bizarreries, c’est la culture d’un monde différent et fascinant qui s’ouvre à nous : love hôtels, bars à hôtesses, etc., c’est une découverte totale.

Pour ceux qui aiment les romans sombres et très noirs, Miso Soup est fait pour vous. Il s’y trouve des scènes absolument mémorables. La façon dont la psychologie des deux personnages est mise en place par l’auteur est superbe. Et diabolique. Difficile de savoir qui affabule et qui franchi la ligne rouge… C’est construit de telle façon que l’ambigüité autour de Frank suscite de très nombreuses interrogations, aussi bien par Kenji que par nous lecteurs !

Ce roman est tout simplement génial et marquant. Certaines scènes vous resterons à jamais gravé dans la mémoire tant elles sont choquantes/malsaines/horribles (rayez la mention inutile). Et c’est justement cela que j’ai adoré. J’ai enfin trouvé un auteur qui va assez loin dans mes désirs de littérature. On découvre un univers fascinant et sombre totalement assumé. Ryû Murakami ne s’arrête jamais dans son obsession d’aller plus loin. Il nous pousse dans nos retranchements et nous interroge jusqu’aux ultimes pages…

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C’est une superbe réussite dans le domaine du roman noir asiatique. C’est magnifique de perversité, c’est glauque et ça tient bien la route… Au point que c’en est terrifiant.  Âmes sensibles, attention à vous toutefois !

Si vous tombez sur cet ouvrage, il vous faut donc vous le procurer absolument ! L’ouvrage est actuellement épuisé, mais il n’est pas difficile à trouver dans des magasins qui font du livre d’occasion. J’espère de tout cœur pouvoir le vendre à nouveau en librairie un jour : l’histoire, la couverture, tout es parfait.

Chronique : Rendez-vous dans le noir

Un polar ficelé à la façon nippone. Délectable, noir et extrêmement humain à la fois…

De son vrai nom Adachi Hirotaka, Otsuichi est un auteur japonais. Son roman Rendez-vous dans le noir est le seul paru en France. Il est sorti en 2014 aux éditions Picquier. Otsuichi a également participé à la création de nombreux mangas.

L’étrange relation entre une aveugle et un meurtrier se cachant dans sa maison

Un homme vient d’être mortellement poussé sous un train. Un autre part en courant suite à ce terrible événement, et se cache dans une maison toute proche de la gare. Il est recherché pour avoir poussé l’homme décédé brutalement. Il n’a pas le choix, il doit donc se cacher, et quoi de mieux que la maison d’une aveugle pour se faire ?

C’est alors qu’une chose étrange et indicible s’installe : un relationnel muet entre cette femme aveugle et le meurtrier de sang-froid… A quoi cela peut-il mener ? Les non-dits, les silences et l’atmosphère accablante vont se charger de nous le raconter…

Un roman minimaliste qui fonctionne à merveille

Difficile de faire un décor plus réduit : deux personnages qui accaparent quasiment toute la trame de l’histoire et une simple maison comme théâtre.

Et pourtant, on ne s’ennuie pas une seule seconde tant Otsuichi plante parfaitement bien l’ambiance. Sombre mais pas glauque, stressant mais pas flippant, tout y est savamment dosé pour donner une intrigue efficace.

Les chapitres alternent entre le point de vue des deux protagonistes, mais toujours d’un œil extérieur. Les phrases sont courtes, laissant la place au silence et à l’imagination qui font tout l’attrait de ce roman.

Une grande place est faite aux rituels du quotidien, ils sont simples mais extrêmement présents car la moitié du roman au moins est conté du point de vue de Michiru, la jeune femme aveugle. La façon dont sa vision des choses est narrée est extrêmement parlante.

Le moindre changement de place d’un objet pour elle est source d’une angoisse incommensurable. Et peu à peu, on se rend compte des enjeux de taille que doit surmonter son habitant clandestin. Pas un bruit, pas un seul objet à déplacer, il doit se fondre parmi les ombres…

Sous couvert de nous offrir un roman policier, l’auteur nous parle du mal-être qu’on certains dans le monde de l’entreprise. En effet, il est tout aussi cruel (voir plus) au Japon, qu’ailleurs. C’est intéressant de voir comment se créé un bouc-émissaire. Comment de petites piques ou remarques se transforment peu à peu en harcèlement… Et vous risquerez d’être surpris par la conclusion de l’histoire !

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Loin d’être un roman à suspense classique, Rendez-vous dans le noir vous offrira une vision très différente de ce que peut-être un roman noir. L’ambiance y est incroyable, on retient notre souffle avec délectation par moments… C’est un roman qui gagnerait à être connu !

Chronique : Memorex

A la découverte de la réécriture d’un classique de la littérature fantastique by… Cindy Van Wilder !

Le nom de Cindy Van Wilder vous dit peut-être quelque chose, si oui, c’est que vous avez déjà dû entendre parler de sa saga historique et fantastique Les Outrepasseurs.

Mais si cette fois nous vous parlons de cette auteur belge de plus en plus prolifique, c’est pour vous présenter son tout nouveau roman pour ados et jeunes adultes : Memorex. L’ouvrage est paru en mai 2016 dans la détonante et emblématique collection Electrogène, chez Gulf Stream Editeur.

Sans vous en dévoiler plus, nous vous diront simplement que l’auteure reprend à son compte l’écriture d’un mythe de la littérature fantastique… ! Mais lequel ?

Un étau se resserre peu sur la vie de Réha

En apparence, Réha a tout pour être heureuse. Elle évolue dans un monde privilégié, élitiste, étudie dans un établissement très prestigieux. Issue d’une famille très riche dont la fortune se base sur des avancée scientifiques très poussées, la jeune femme semble avoir tout pour elle… mais de nombreuses blessures se cachent sous ce masque de bonheur… qui se fissure.

La mère de Réha est décédée il y a peu lors d’un attentat, elle-même aurait pu voir sa vie s’interrompre brutalement. De plus, depuis cet atroce événement, Réha n’a jamais été aussi éloignée de son frère jumeau adoré qui est devenu très froid et distant avec elle…

C’est donc un flot de malheurs qui s’abattent sur Réha et sa famille, et cela ne semble pas vouloir s’améliorer : l’adolescente est depuis peu tourmentée par un mystérieux harceleur qui semble en savoir bien trop sur elle… et sa famille. Qui est-ce donc et que veut-il ?

Un roman bien tourné, assez efficace, mais trop aisé à pressentir…

Cindy Van Wilder est une auteure qui nous avait beaucoup surpris par la qualité de son écriture. Très aboutie, littéraire, belle, sa plume vaut le détour. Dans Memorex, elle a voulu mettre en avant l’action et le côté thriller et huis-clos (très réussit ici), plus que l’écriture et ses caractéristiques esthétiques. Et ça fonctionne. Cependant… on voit trop rapidement où elle veut nous emmener.

En effet, Memorex est un thriller fantastique et scientifique qui mélange tous les éléments nécessaires à un bon roman young-adult. Mais les réactions et les enjeux de chaque personnage sont trop évidents (et parfois trop stéréotypés) pour nous permettre de se lancer corps et âme dans la lecture.

On aurait apprécié en savoir encore plus sur l’histoire de la société créée par le père de Réha. Tout est expliqué, mais un développement plus poussé aurait été un plus non négligeable, peut-être un côté plus aléatoire et imprévu également, plus sombre encore.

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Ainsi, Memorex a beau réunir tous les composants nécessaires à un roman efficace, il ne réussit pas à nous satisfaire pleinement car trop facile à anticiper. Il remplira toutefois son office, à savoir distraire des lecteurs avides d’action et d’idées futuristes… A découvrir dès l’âge de 14 ans.

Si le thème abordé dans Memorex vous tente, vous pourrez peut-être vous penchez sur un roman qui avait su nous surprendre il y a de cela un an : Resurectio, d’Amélie Sarn.

Chronique : Elia, la passeuse d’âmes

Elia, la passeuse d'âmesUne toute nouvelle dystopie à la française 100% efficace !

Peut-être que le nom de Marie Vareille vous dira quelque chose et pour cause, elle a déjà écrit quelques petits succès de librairies. Je peux très bien me passer de toi est l’un d’entre eux, mais elle a également écrit : Ma vie, mon ex et autres calamités. Avec Elia la passeuse d’âmes, l’auteure française change radicalement de lectorat et de genre… et ça fonctionne extrêmement bien !

Programmée pour tuer… au service de la société

Elia est une jeune fille dont le travail a été programmé dès sa naissance : en effet, une anomalie génétique la cantonne au rôle de passeuse d’âmes, une tueuse. Les très rares personnes ayant le rôle de passeur ou passeuse d’âmes sont en effet immunisées aux émotions. Pas d’amour ou d’altruisme pour eux, ils sont donc parfait pour éliminer les personnes malades ou trop âgées pour remplir leur rôle au sein de la société.

Mais il se pourrait bien que la route toute tracée pour Elia soit menacée par une variable imprévue… Un jeune homme dont la mort programmée est absolument anormale…

Un roman décrivant une société futuriste et esclavagiste

Dans nombre de dystopies, les inégalités sont encore plus flagrantes dans le futur proposé que dans notre société actuelle. Ce roman ne faisant pas exception, nous découvrons un clivage extrême entre ceux de la ville – nantis, aisés, vivant dans des appartements de rêve – et ceux des mines, dans le grand froid, loin de toute ville, vivant sous terre et ayant à peine un matelas et une couverture pour ameublement et se tuant littéralement à la tache pour survivre.

Par malchance (ou chance ?), la jeune Elia va découvrir les deux strates les plus extrêmes de la société, et pas dans le bon sens… Elle qui vient de la ville va se retrouver obligée de s’exiler dans les mines, un lieu au l’espérance de vie est très limitée.

Pour être plus précis, la société où évolue Elia est divisée en trois classes : les Kornésiens (sa propre caste), les Askaris (sorte de marchands) et enfin, les Kornésiens (ceux qui « vivent » comme des moins que rien dans les mines).

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L’univers ainsi développé est simple, efficace, bien mené et parfaitement adapté à des lecteurs et lectrices dès l’âge de 13 ans. On attend donc la suite avec autant de curiosité que d’impatience, le dernier chapitre nous faisant réfléchir aux conséquences d’une simple « erreur » humaine pour l’avenir de l’humanité…

Enfin, c’est un ouvrage qui inculque de bonnes valeurs telles que l’amitié, l’entraide, la ténacité, le courage, et elles sont en tout temps nécessaires.

Notre dernier argument sera simple, il s’agit d’un roman français, alors aidons nos auteurs à développer leur imaginaire en les lisant et les partageant… et d’autant plus quand ils sont de qualité comme dans ce cas-ci !

Chronique : Nil – Tome 1

nil-1Un roman young-adult dans l’esprit du Labyrinthe. Mais cette fois-ci, vous êtes sur une île absolument paradisiaque… où la mort rôde…

Lynne Matson est une auteur d’origine américaine. Mais avant de se vouer à l’écriture et à la création de mondes imaginaires, elle était une très sérieuse avocate ! Elle adore les romans tels que Hunger Games, Harry Potter, La balade de Pern, ou encore La marque des anges (dont on est très fan ici sur le blog). Dorénavant, elle se consacre uniquement à l’écriture. Nil est le premier tome d’une trilogie nous transportant sur une île aussi létale que magnifique…

Midi, une chaleur étouffante, et une étrange « porte »…

Charley était sur le parking d’un centre commercial, en plein soleil, lorsqu’une étrange ondulation l’a aspirée. Elle perd connaissance et se réveille sur une plage aux allures de paradis. Charley l’ignore encore, mais elle vient d’arriver sur Nil. Si elle ne trouve pas une porte de sortie (la fameuse ondulation qui l’a amenée ici) avant 365 jours, elle périra dans ce paradis mortel… Et elle est loin d’être la seule, une vingtaine d’adolescents vivent actuellement sur Nil, s’organisant pour survivre et trouver des portes.
Pourquoi sont-ils ici ? Comment trouver les portes ? Quel est le but de Nil ? Où sont-ils réellement ? Beaucoup de questions et peu de réponses dans ce premier tome… mais on est immédiatement accrochés par le charme enjôleur de l’île…

Haletant, bien construit, on en redemande !

Ambiance à huis-clos à l’échelle d’une île paradisiaque, tensions, haines, mais également de beaux moments d’entraide, c’est ça Nil.
Les chapitres sont découpés par journées passées sur l’île. Nous alternons entre les point de vues de Charley (fraîchement débarquée sur l’île) et de Thad (présent depuis 267 jours au début du roman). Très rapidement on découvre tous les principes qui régissent l’île…

Il y a les portes, bien sûr, mais aussi des animaux dangereux qui sévissent sur l’île, ainsi que  d’étranges symboles semés sur Nil. Ces gravures sont-elles des énigmes pour s’en sortir ? Ou une simple décoration ésotérique pour perdre les adolescents prisonniers ? ou autre chose ?
Le décompte est donc lancé pour Charley : il lui reste 365 jours pour réchapper au piège tendu par Nil… Mais certains, comme Thad n’ont plus qu’une centaine de jours au compteur… Ce sont donc des chapitres cours et haletants qui s’enchaînent, où le moindre indice est vital. Trouver une porte sortante est extrêmement compliqué puisqu’elles n’apparaissent qu’à une heure précise et une seule fois par jour !

Seul défaut selon moi, la romance franchement trop évidente (dès les premières pages) entre Charley et Thad. Cette rapidité rend leur histoire beaucoup trop fleur bleue et même par certains côtés mièvre.
On appréciera cependant le développement des liens sociaux qui se tissent peu à peu entre les survivants. Qu’ils soient des « anciens » ou des nouveaux venus, le système fonctionne à peu près… Sauf quand on a affaire à des lâches et des égoïstes, et il y en a ! L’auteur aurait encore pu plus creuser la psychologie de certains, cela aurait apporté encore plus en densité à l’intrigue.

nil-2Enfin, pour ceux qui n’aimeraient pas les séries de livres, vous pouvez rester sur la fin du premier tome comme note finale, car Nil offre ici une histoire complète.

Par contre, vous aurez encore beaucoup de questions sur l’île, le pourquoi de son existence, et son but… si elle en a bien un ? Et personnellement, j’ai très envie de savoir et meurt d’impatience à l’idée de lire le prochain tome !

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2016 – Romans Jeunesse

noel-2Si il y a bien une catégorie qui arrive toujours à se renouveler et à être créative, c’est bien celle des romans pour la jeunesse ! Ceux que je vous propose ici sont de véritables coup de cœur. Vous aurez droit à : De la magie (sombre ou lumineuse selon le roman que vous choisissez), de l’aventure, et du suspense !

J’ai fait une petite entorse sur cette sélection en choisissant une série qui a été débutée en 2014 (et qui vient de se terminer début 2016), mais elle est d’une telle qualité qu’il ne faut vraiment pas que vous passiez à côté.

le-monde-des-ferals-1Le monde des Ferals – Jacob Grey – Pocket Jeunesse :

Saga jeunesse sombre et teintée de fantastique, Le monde des Ferals est assez original pour que l’on prenne le temps de parler de lui. En effet, rarement l’atmosphère d’un roman jeunesse est aussi bien travaillée, oscillant entre ténèbres et décadence dans une ville de style gothique.

Nous y suivons Crow, qui a l’étrange don de parler avec les corbeaux. Il vit seul, ses parents l’ayant abandonné il y a de cela de nombreuses années… Crow vivote en fouillant les poubelles et ne voit aucun avenir pour lui sinon celui de continuer ce qu’il a toujours fait : survivre. Mais le destin va en décider autrement, et c’est tout un pan de son passé qu’il découvrira en même temps qu’un univers où il est loin d’être le seul à parler aux animaux.

Premier tome d’une série qui en comportera trois, Le monde des Ferals est un très bon roman. Dense, riche, avec des personnages bien campés (y compris ceux qui ont le mauvais rôle), où les mondes se chevauchent. Les enfants dès l’âge de 11 ans passeront un excellent moment de lecture. Le second tome paraîtra en février 2017.

gardiens-des-cites-perdues-04Gardiens des Cités Perdues – Shannon Messenger – Lumen éditions :

Cette année 2016 a vu paraître le quatrième tome de la saga fantastique Gardiens des Cités Perdues. Pourquoi en parler alors que la série a été débutée il y a plus de 2 ans ?

Tout simplement parce que la qualité est toujours au rendez-vous, voir meilleure au fil des tomes. Pour tous ceux qui ont aimés les sagas fantastiques bourrées de magie comme A la croisée des mondes ou encore Harry Potter, cette saga en est le digne héritier !

Pour le moment, ce sont déjà quatre tomes de parus en France, et le cinquième arrive en février 2017. Dire que je l’attends avec impatience est un bel euphémisme… A découvrir dès l’âge de 11 ans.

Esther Mandragore 1Esther et Mandragore – Sophie Dieuaide et Marie-Pierre Oddoux – Talents Hauts :

Un nouveau duo aussi sympathique que drôle a vu le jour en 2016, il s’agit d’Esther et Mandragore, une série adaptée pour les 8/10 ans. Deux tomes sont parus cette année.

L’histoire est simple, mais menée efficacement : la jeune Esther a remporté à son école de magie le Prix de curiosité, et sa récompense est d’aller dans le monde des humains, notre monde ! De gaffes magiques en erreurs, la jeune Esther découvre notre univers avec ses coutumes étranges… de même que son chat Mandragore ! Son félin est pour moi le plus drôle du duo : toujours ronchon, capricieux, de mauvais poil, il y a toujours quelque chose qui ne va pas avec lui ! (la scène du coussin rose vaut le détour).

En bref, si vous recherchez une série jeunesse drôle, 100% française, maline et amusante, c’est ici que ça se passe !

La drôle d'expéditionLa drôle d’expédition – Séverine Vidal et Marion Puech – Sarbacane :

Après La drôle d’évasion avec les évadés d’Alcatraz, le jeune Zach revient cette fois-ci avec l’histoire du premier alunissage ! Pour découvrir cette aventure, pas de besoin absolu de lire la précédente, c’est à la convenance du lecteur.

A découvrir dès l’âge de 8 ou 9 ans, c’est frais, vivant, bourré d’humour et on apprend tout un tas de chose sur l’histoire de la conquête spatiale ! (Vous saurez par exemple d’où vient le nom de Buzz l’éclair dans Toy Story). On valide donc, pour les garçons OU pour les filles, peu importe, c’est super et puis c’est tout.

le-sultan-toufouLe sultan Toufou – Louis Thomas – Didier Jeunesse :

Bienvenue dans une histoire totalement barrée, un peu dans l’esprit des Contes des Milles et unes nuits, mais il s’agit d’une création contemporaine.

Le sultan Toufou porte très bien son nom, sa raison est en train de se faire la malle à force de frustration… En effet, à chaque fois que les dattes de son dattier son mûres, elles sont volées ! Il n’a jamais pu en goûter une seule… Il décide alors de faire garder son dattier par son fils ainé, mais ça ne marche pas, puis c’est son autre fils qui s’en charge, mais ça ne réussit pas non plus, puis son autre fils… etc.

A découvrir dès l’âge de 8 ans, ce court roman jeunesse est aussi drôle que réussit. Les chapitres sont courts, il y a encore pas mal d’illustrations pour rassurer le jeune lecteur, et chose rare, elles sont en couleur. Gros coup de cœur pour ce livre pour son originalité et son style d’écriture.

les-fausses-bonnes-questions-1Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket – Lemony Snicket – Nathan :

Il est des romans ou des séries de livres qui sont parfois géniaux, mais que l’on a « raté » lors de leur parution. Et puis, quand on les découvre sur le tard, c’est LA REVELATION. C’est exactement le sentiment que j’ai eu quand j’ai découvert cette année la série Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket.

Initialement parue en 2014, la saga vient de se clore en avril 2016. J’avais donc un peu de retard sur l’actualité, et mon seul regret sera de ne pas avoir lu ces livres plus tôt pour les conseiller aux jeunes lecteurs.

les-fausses-bonnes-questions-2Dans cette série en 4 tomes, tout ce qui fait un excellent roman pour la jeunesse est là : de l’action, un suspense maîtrisé jusqu’au dernier tome, des personnages originaux et mémorables, chacun à sa manière, un scénario bien ficelé… Et une ambiance absolument maîtrisée et unique.

Bienvenue à Salencre-sur-mer, autrefois célèbre et florissante pour son industrie de l’encre. Maintenant, la commune est presque désertée de ses habitants et de tout ce qui fait la vie d’une ville…

Nous y découvrons le jeune Lemony Snicket, fraichement recruté comme apprenti dans une mystérieuse organisation. Supervisé par la notoirement incompétente S. Théodora Markson, le jeune homme les-fausses-bonnes-questions-3va mener de front plusieurs enquêtes fort ardues. Statuettes dérobées, machinations, enlèvements, incendies criminels… Salencres-sur-mer recèle de très nombreux secrets. Il faudra quatre (excellents) tomes à Lemony Snicket pour en venir à bout !

Si vous ne devez retenir qu’un seul titre parmi cette sélection de coups de cœurs de l’année, prenez Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket. Cette série est absolument géniale.

les-fausses-bonnes-questions-4Son atmosphère entre le roman noir et le récit d’aventure est menée de main de maître… L’écriture est extrêmement originale et distrayante à la fois, tout en sachant garder un part d’étrange, un dosage difficile mais extrêmement réussit ici.

On se plonge immédiatement dans l’ambiance délétère de la ville de Salencre-sur-mer et de ses très nombreux mystères. A faire découvrir dès l’âge de 11 ans.

Chronique : Les étoiles de Noss Head – Tome 3 – Accomplissement

les-etoiles-de-noss-head-3Toujours autant de plaisir à la lecture… et de belles révélations en perspective !

Sophie Jomain est une auteur française. Les étoiles de Noss Head est l’une des sagas qui l’a propulsée sur le devant de la scène littéraire (avec sa saga Felicity Atcock). D’abord parue aux éditions Rebelle, la saga est désormais éditée en poche chez J’ai Lu.

Diaboliquement addictif !

Nous laissions les héros de la saga en très fâcheuse posture à la fin du précédent tome… Mais que va devenir Hannah qui vient tout juste de voir son destin changé à jamais à cause d’une stupide vengeance ? Que va décider Leith à son propos, elle qui a si radicalement changé malgré elle ? L’avenir du couple Leith-Hannah semble très sérieusement compromis, mais c’est également l’histoire de deux clans radicalement opposés qui se joue dans la ville de St Andrews… Des conflits ancestraux sont en train d’émerger violemment… quelle en sera l’issue pour chaque camp concerné ?

Plus sombre que les précédents tomes…

Avec Accomplissement, on entre vraiment dans la partie surprenante et inattendue de l’intrigue. Le devenir d’Hannah est incertain, de même que ses pouvoirs récemment acquis. Elle possède désormais une part sombre qu’elle-même a bien du mal à assumer. Et c’est justement ici que les choses commencent à devenir intéressantes…

Le couple Leith-Hannah bat de l’aile (sans mauvais jeu de mot), mais ce n’est au final pas le plus crucial ni le plus important dans cette histoire. La question est plutôt de savoir quel camp va choisir Hannah, elle qui ne comprend toujours pas pourquoi elle devrait nécessairement en adopter un… Mais malgré tout cela, on ne peut s’empêcher de penser au désarrois d’Hannah, à la tendresse de Darius quand Leith décide de l’abandonner à sa nouvelle condition…

Je ne pourrais pas entrer beaucoup plus dans les détails sous peine d’en dire beaucoup trop, mais ce troisième tome est vraiment accrocheur. On découvre comme jamais les habitudes des fameux anges noirs rencontrés dans le précédent tome, et même on s’attache à eux.

Le personnage de la libraire un peu fofolle nommée Gwen est ici pleinement développé, et il était temps ! Nous ne l’avions pas assez vue pour l’apprécier pleinement, mais c’est une protagoniste pour le moins intéressante qui apporte un côté « culture ésotérique » indéniable à la saga. Et sa manière d’évoluer dans la saga n’est pas non plus pour déplaire…

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Ce troisième opus était franchement une véritable petite gourmandise littéraire, en particulier concernant la seconde moitié de l’ouvrage. Tout se précipite, devient captivant voir crucial… c’est comme si nous y étions ! Et le final de ce tome est encore plus impossible que le précédent ! Et oui, car Les étoiles de Noss Head n’est pas une trilogie… il reste encore deux tomes mouvementés pour Leith et Hannah, qui on l’espère réussiront à vivre enfin pleinement leur histoire…

Prochain tome à découvrir : Origines – Première partie (parution chez J’ai Lu le 15 juin 2016).