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Chronique : Alice in Borderland – Tome 1

Un premier tome extrêmement mystérieux et très inquiétant…

Paru en 2013 aux éditions Delcourt (dans la collection Akata), voici le premier du seinen Alice in Borderland.  Ce manga a été créé par Haro Asô, qui en a déjà d’autres à son actif. En France, l’une de ses séries était ainsi parue : Hyde & Closer (Delcourt).

Alice in Borderland est une série en 18 tomes désormais complète. Le dernier tome vient d’ailleurs de sortir il y a peu, en juillet 2017. Un spin-off du manga est à paraître en septembre sous le titre Alice on border Road, toujours chez Delcourt.

Trois adolescents malheureux à dans notre époque

Pour Alice, Karube et Chôta, le monde ne vaut pas le détour. Alice, en particulier, est blasé, ne se voit aucun avenir dans notre monde tel qu’il est… Et ça tombe plutôt « bien » car une étrange explosion va transporter nos trois antihéros vont se retrouver dans une sorte de Japon parallèle. Fini la pression sociale, la survie dans la rue pour un regard de travers, les études, les enjeux… Mais ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que cette version alternative où ils ont atterri est absolument… mortelle.

Un premier tome très évasif mais intéressant malgré tout

Difficile de juger une série manga à son premier tome, mais Alice in Borderland recèle quelques atouts notables. Premièrement, l’aune de mystère qui règne de bout en bout dans ce Japon dérivé. Ensuite, le côté fantastique et très inquiétant qui ressort peu à peu est très bien géré.

Du côté des dessins, ils ne seront pas au goût de tout le monde, c’est certain. Quelques personnages sont assez caricaturaux et repoussants visuellement, en particulièrement Chôta (le camarade d’Alice). Ses traits sont assez grossiers, et même si c’est voulu par l’auteur, on ne saisit pas le pourquoi de ce choix comparé aux autres protagonistes. Peut-être sera-t-il expliqué ultérieurement.

Pour ce qui est du scénario pur, il n’est pas évident de se faire une idée bien arrêtée sur sa qualité. Un seul tome, c’est bien trop court pour juger, mais ce qu’on découvre est très tentant. Evidemment, il y a énormément d’interrogations sur le pourquoi, le comment, le fonctionnant de ce nouvel univers dont personne ne sait rien… mais on a bien envie d’en savoir plus !

Tout ce que l’on sait, c’est que le trio doit survivre à un enchainement de questions étrange, sous peine de se prendre des milliers de flèches enflammées ! Bizarre ? Certainement. Mais quelque chose laisse présager que l’on a encore rien vu…

…..

En somme, ce premier tome d’Alice in Borderland est curieux, très mystérieux et sait happer son lecteur. C’est donc un titre à creuser pour ceux qui souhaitent se procurer la suite, il y a certainement de quoi faire. A découvrir dès l’âge de 15 ans minimum.

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Chronique : Nil – Tome 1

nil-1Un roman young-adult dans l’esprit du Labyrinthe. Mais cette fois-ci, vous êtes sur une île absolument paradisiaque… où la mort rôde…

Lynne Matson est une auteur d’origine américaine. Mais avant de se vouer à l’écriture et à la création de mondes imaginaires, elle était une très sérieuse avocate ! Elle adore les romans tels que Hunger Games, Harry Potter, La balade de Pern, ou encore La marque des anges (dont on est très fan ici sur le blog). Dorénavant, elle se consacre uniquement à l’écriture. Nil est le premier tome d’une trilogie nous transportant sur une île aussi létale que magnifique…

Midi, une chaleur étouffante, et une étrange « porte »…

Charley était sur le parking d’un centre commercial, en plein soleil, lorsqu’une étrange ondulation l’a aspirée. Elle perd connaissance et se réveille sur une plage aux allures de paradis. Charley l’ignore encore, mais elle vient d’arriver sur Nil. Si elle ne trouve pas une porte de sortie (la fameuse ondulation qui l’a amenée ici) avant 365 jours, elle périra dans ce paradis mortel… Et elle est loin d’être la seule, une vingtaine d’adolescents vivent actuellement sur Nil, s’organisant pour survivre et trouver des portes.
Pourquoi sont-ils ici ? Comment trouver les portes ? Quel est le but de Nil ? Où sont-ils réellement ? Beaucoup de questions et peu de réponses dans ce premier tome… mais on est immédiatement accrochés par le charme enjôleur de l’île…

Haletant, bien construit, on en redemande !

Ambiance à huis-clos à l’échelle d’une île paradisiaque, tensions, haines, mais également de beaux moments d’entraide, c’est ça Nil.
Les chapitres sont découpés par journées passées sur l’île. Nous alternons entre les point de vues de Charley (fraîchement débarquée sur l’île) et de Thad (présent depuis 267 jours au début du roman). Très rapidement on découvre tous les principes qui régissent l’île…

Il y a les portes, bien sûr, mais aussi des animaux dangereux qui sévissent sur l’île, ainsi que  d’étranges symboles semés sur Nil. Ces gravures sont-elles des énigmes pour s’en sortir ? Ou une simple décoration ésotérique pour perdre les adolescents prisonniers ? ou autre chose ?
Le décompte est donc lancé pour Charley : il lui reste 365 jours pour réchapper au piège tendu par Nil… Mais certains, comme Thad n’ont plus qu’une centaine de jours au compteur… Ce sont donc des chapitres cours et haletants qui s’enchaînent, où le moindre indice est vital. Trouver une porte sortante est extrêmement compliqué puisqu’elles n’apparaissent qu’à une heure précise et une seule fois par jour !

Seul défaut selon moi, la romance franchement trop évidente (dès les premières pages) entre Charley et Thad. Cette rapidité rend leur histoire beaucoup trop fleur bleue et même par certains côtés mièvre.
On appréciera cependant le développement des liens sociaux qui se tissent peu à peu entre les survivants. Qu’ils soient des « anciens » ou des nouveaux venus, le système fonctionne à peu près… Sauf quand on a affaire à des lâches et des égoïstes, et il y en a ! L’auteur aurait encore pu plus creuser la psychologie de certains, cela aurait apporté encore plus en densité à l’intrigue.

nil-2Enfin, pour ceux qui n’aimeraient pas les séries de livres, vous pouvez rester sur la fin du premier tome comme note finale, car Nil offre ici une histoire complète.

Par contre, vous aurez encore beaucoup de questions sur l’île, le pourquoi de son existence, et son but… si elle en a bien un ? Et personnellement, j’ai très envie de savoir et meurt d’impatience à l’idée de lire le prochain tome !

Chronique Jeunesse : Le monde des Ferals – Tome 1

le-monde-des-ferals-1Un roman aux allures gothiques et fantastiques d’une noirceur rare en littérature jeunesse… on adore…

Auteur d’origine américaine, Jacob Grey ne laisse que très peu d’informations filtrer sur sa personne. Tout ce qu’on sait de lui, c’est qu’il aurait, tout comme le héros de son roman, la capacité de parler aux corbeaux…

Le monde des Ferals est le nom de sa série, dont je vous présente ici le premier opus. L’ouvrage est paru aux éditions Pocket Jeunesse en février 2016, et pour le moment, on n’en a guère entendu parler, et c’est dort dommage ! Explications.

« Bienvenue » dans la sinistre ville de Blackstone

 Dès les premières pages, nous entrons dans le quotidien sombre et désolant de Crow : sans famille, sans amis, le jeune homme vit comme un moins que rien. Il n’a même pas un toit sur la tête, juste un assemblage de planches en haut d’un arbre qui lui tien lieu de « maison ». Ses seuls amis, se sont les corbeaux avec qui il communique bien plus aisément qu’avec les humains. Ses parents ? Ils l’ont abandonné à son plus jeune âge pour de mystérieuses raisons…

Crow ne le sait pas encore, mais il est un Feral, et il est bien loin d’être le seul… comme va le lui prouver la terrible menace aranéide qui plane sur Blackstone. Bienvenue dans un univers jeunesse sombre et froid qui risque bien de vous surprendre par son imagination…

Une atmosphère aussi sinistre que délectable, le tout servi par une trame efficace

Que demande-t-on à un roman dit jeunesse ? Que le lecteur s’évade ? Oui, mais pas seulement. Si on peut aussi lui permettre d’imaginer, de rêver, de ce créer son propre univers dans l’univers, c’est que le pari est réussi. Et si le lecteur y repense, même après avoir refermé l’ouvrage, c’est encore mieux. Et c’est ce que réussit à faire avec adresse Jacob Grey.

A la lecture de ce roman, on pense à une ville recouverte systématiquement d’une chape de plomb, de grands bâtiments aux allures gothiques (un peu à la Gotham City), mais dont le développement stagne, voir régresse. Avec ce décor ainsi planté, impossible de ne pas tomber sous le charme sombre de la ville et des personnages qui y vivent…

L’univers ici présenté est assez simple à la base, mais se densifie au fil du temps… Le développement du monde des Ferals est très bien géré et présenté, on s’attache sans peine aux quelques personnages qui nous sommes dépeints. Le personnage de la jeune Lydia en particulier est très attachant, de même que ses parents et leur caractère bien trempé.

Quant aux prophéties et légendes liées au monde des Ferals, elles s’imbriquent peu à peu l’histoire de Crow. Nous qui pensions au départ découvrir l’histoire d’un garçon hors de la société, c’est tout un pan méconnu d’un univers fantastique qui s’ouvre à nous !

 ……

le-monde-des-ferals-2-voEn somme, ce premier opus recèle des qualités qui dépassent de loin ce à quoi on s’attend. Le monde des Ferals est un premier tome efficace, inventifs et donc la qualité première est pour moi son ambiance aussi inclassable que sombre. C’est si bien, que ça se termine trop vite à mon goût… C’est donc un coup de cœur à découvrir et partager avec les jeunes lecteurs dès l’âge de 11 ans !

On attend la suite avec impatience, elle est prévue en France pour le mois de février 2017 sous le titre L’Essaim Mortel.

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Chronique Jeunesse : Mémé Dusa

Mémé DusaSi votre famille vous cache votre grand-mère depuis de nombreuses années, c’est qu’il y a anguille sous roche… ou plutôt serpent !

Anne Schmauch, auteur jeunesse de son état, arrive dans la collection Pépix de Sarbacane avec Mémé Dusa ! Et pour illustrer le tout, l’illustratrice Katherine Ferrier est là également (c’est elle qui dessine les bd Hôtel étrange !).

Mémé Dusa, c’est l’histoire d’Hélène et de son grand frère Hector qui vont ENFIN rencontrer leur grand-mère durant les vacances… Mais il semblerait qu’elle ne soit pas très commode… et c’est le moins que l’on puisse dire !

Famille et mythologie ne font pas bon ménage

Quand ils prennent le train pour aller voir leurs grands-parents pendant les vacances, Hector et Hélène ne se doutent pas une seule seconde de tout ce qu’ils vont vivre. Personne à part eux ne pourra prétendre avoir passé pareilles vacances… Et pour cause, c’est en pleine Grèce Antique que nos deux héros vont débarquer ! Épopée mythique et folle garantie !

Mémé Dusa insideInattendu et fun !

A peine commencée, l’aventure nous prend pour nous emmener loin dans l’imagination d’Anne Schmauch et ne nous lâche plus. Vous croiserez pêle-mêle : Cerbère, Ulysse, un cyclope, Charon, Hadès… et autres personnages emblématiques de la mythologie grecque.

Tout cela sans oublier la fameuse grand-mère de nos deux héros : Mémé Dusa. Avouons que l’on peut décerner une mention spéciale pour la trouvaille du titre dont le jeu de mots est parfait (la couverture colle également à merveille).

En lisant ce nouveau Pépix, vous découvrirez la mythologie sous un jour inédit… et c’est ainsi que l’on découvre qu’Ulysse est un superbe lâche/menteur/manipulateur ! Et évidemment, Mémé Dusa est également un personnage de choix aux goûts pour le moins particuliers : outre l’art de la sculpture, elle adore les pizzas quatre fromages !

L’ambiance générale de l’ouvrage est top : on se sent tout de suite happé par l’histoire. Les dialogues sont amenés naturellement, de même que les très nombreuses vannes mutuelles entre Hélène et Hector.

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En somme, Mémé Dusa est un bon petit Pépix comme on les aime. Il recèle tous les éléments d’un bon roman jeunesse, et le tout fonctionne très bien. On pourrait se prendre à rêver d’un Pépix similaire avec la mythologie égyptienne… ce serait génial ! En tout cas, l’idée est là, et on la verrait bien déclinée dans le futur à d’autres mythes et légendes…

On espère donc revoir le duo Anne Schmauch/Katherine Ferrier pour de nouvelles aventures… épiques !

Chronique : La Marque des Anges – Tome 1 – Fille des Chimères

La marques des anges 1Une fantasy urbaine extraordinaire et subjuguante

La marque des anges est le nom d’une trilogie ambitieuse est sublime écrite par l’américaine Laini Taylor. En France, ce sont les éditions Gallimard qui en assurent la publication. Fille des chimères en est le premier tome. L’ouvrage a été élu Meilleur Roman Jeunesse 2011 par le Publishers Weekly.

Surprenant, inattendu, inclassable, voici les quelques adjectifs qui nous viennent à l’esprit pour vous présenter ce roman que nous avons tout simplement dévoré…

Prague, une ville qui est le théâtre de choses étranges et… surnaturelles

Tout débute avec un personnage qui devient vite emblématique, un personnage que l’on a envie de suivre partout, dont les moindres faits et gestes nous intéressent : Karou, dix-sept ans, étudiante de dessin vivant à Prague. Elle vit à Prague, a les cheveux bleus, un air mystérieux et de nombreux secrets… voilà comment la décrire succinctement. Mais elle est beaucoup plus que cela… sauf qu’elle ne sait pas elle-même qui elle est…

Elle ne le sait pas encore, mais sa quête légitime de vérité et de réponses vont la mener vers de très nombreux dangers où la magie sera très présente… Mais aussi d’autres formes d’envoûtement plus anciennes et plus hasardeuses…

Avec elle, nous allons arpenter le vieux Prague et découvrir tout un monde caché juste devant nous… enfin, juste derrière une simple porte pour être plus précis.

Un air de déjà lu ? Et bien non !

Aux premiers abords, la présentation que nous venons faire de cet ouvrage peu sembler très classique, voir ressassée… il n’en est rien. Fille des chimères a beau avoir une accroche extrêmement classique, son développement nous éloigne bien vite des intrigues cousues de fil blanc.

C’est complexe, beau, et même un peu torturé parfois, mais c’est avant tout génial. Le système magique créé par l’auteur (dont on ne peut pas trop développer le fonctionnement pour préserver le piquant) est très intéressant et recèle de nombreuses nuances.

La marques des anges 1 VO Daughter of smoke and boneUne magie nouvelle et originale

Tout se base sur les vœux. Cela peut aller du vœu basique pour changer sa couleur de cheveux à des vœux beaucoup plus chers pour apprendre d’autres langues ou même acquérir des capacités extraordinaires…

Il y a différentes « monnaies » de vœux, les voici par ordre d’importance (du moins cher au plus onéreux) : le scoubi, le ching, le baraka, le gavriel et enfin le bruxis. Quant à savoir d’où leur pouvoir est tiré, c’est une toute autre affaire… Ce sont ces vœux qui vont faire prendre à l’histoire toute son ampleur et qui rendent l’univers de Karou si beau et terrible.

C’est ainsi beaucoup de notions magiques nouvelles à découvrir, fascinantes sans être complexes. De secrets, de connaissances à avoir. Tout un nouvel univers merveilleux à assimiler avec toutes ses nuances et ses étrangetés… et c’est mené de main de maître !

Un roman que l’on ne veut quitter sous aucun prétexte

Fille des chimères réunit tout ce que l’on a envie de lire dans un roman young-adult de qualité : une intrigue solide, des surprises qui le sont vraiment, un suspense efficace, des personnages crédibles et vivants. La magie qui est au cœur de l’intrigue tient la route et surtout participe efficacement aux nombreux développements de l’histoire. Enfin, il y a une partie romance qui même si elle n’est pas extrêmement présente dans la première moitié de l’ouvrage prend gentiment de l’ampleur jusqu’à devenir passionnante et insoutenable.

Une grande partie du récit se déroule dans la ville de Prague, en République Tchèque, et une chose est certaine : vous tomberez amoureux de la ville à travers les descriptions de Karou. Vieilles bâtisses, bâtiments en pierre de toute beauté, ambiance surannée et nocturne…

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Vous l’aurez aisément compris : pour moi, cette saga pour les adolescents est donc tout simplement géniale ! Il ne vous reste plus qu’à vous précipiter chez votre libraire pour vous la procurer. Elle vaut vraiment le détour et mérite d’être découverte. Il faut la prendre comme une petite pépite cachée dans l’énorme (sur)production littéraire.

Le seul problème avec ce genre de roman, c’est la difficulté que l’on a à quitter les personnages et l’univers tout entier du livre… Le livre est tellement passionnant qu’on le dévore et que… c’est déjà fini ! Prochainement, la chronique du second tome : Revenante.

Actualité éditoriale : Oniria, une nouvelle saga fantastique française arrive !

OniriaIl vient tout juste de paraître en librairie aux éditions Hachette et Hildegarde, il est très joli, et il donne envie ! Oniria est le premier tome d’une saga fantastique 100% française son titre : Le Royaume des rêves. A l’heure où les traductions sont légion, un récit qui vient bien de chez nous, ça fait toujours son petit effet ! L’auteur, B. F. Parry, écrit ici son tout premier roman.

Mais pourquoi le roman est-il coédité par Hachette et Hildegarde ? C’est bien simple : Hildegarde est une entreprise d’audiovisuel, mais elle a acquis les droits littéraires en premier, avant de les proposer à Hachette. Ainsi, le livre est édité physiquement par Hachette et les bénéfices des droits sont partagés également par les deux structures. L’idée étant par la suite de proposer aux lecteurs un parallèle à l’œuvre, comme un film par exemple.

Quoi qu’il en soit, la saga est prévue en quatre tomes dont le rythme de publication sera assez soutenu. Le second tome est déjà prévu pour le début de l’année 2015. On vous laisse admirer les images créés exprès pour cette publication. Dire que l’éditeur à mis les moyens, c’est un euphémisme !

Oniria inside 02Quatrième de couverture :

Eliott, 12 ans, est un garçon en apparence comme tous les autres. Jusqu au jour où il découvre un sablier magique qui lui permet de voyager dans un monde aussi merveilleux que dangereux : Oniria, le monde des rêves.

Un monde où prennent vie les milliards de personnages, d univers, et toutes les choses les plus folles et les plus effrayantes rêvées chaque nuit par les êtres humains. Collégien ordinaire le jour, Eliott devient la nuit, parmi les rêves et les cauchemars qui peuplent Oniria, un puissant Créateur, qui peut faire apparaître tout ce qu il souhaite par le simple et immense pouvoir de son imagination.

En explorant Oniria pour sauver son père, plongé depuis plusieurs mois dans un mystérieux sommeil, Eliott est finalement confronté à son extraordinaire destin. Car Eliott est «l’Envoyé » : il doit sauver le Royaume des rêves, menacé par la sanglante révolution des cauchemars.

Oniria inside

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Chronique : Les Orphelines d’Abbey Road – Tome 2 – Le monde d’Alvénir

Les orphelines d'Abbey Road 02Une suite déstabilisante faisant échos aux grands classiques du registre fantastique

Nous retrouvons Joy, Ginger, Margarita et les autres jeunes filles pour une nouvelle aventure beaucoup plus fantastique que la précédente…

Audren, l’auteure de la série, continue à écrire la suite des aventures des Orphelines. Le tome trois de la série est déjà programmé pour septembre prochain.

Incursion en territoire 100% imaginaire

Joy avait déjà pu voir les bribes du monde d’Alvénir en allant chercher un remède pour son amie dans une source magique, mais il s’agit maintenant d’un tout autre voyage.

En effet, la sœur de Lady Bartropp part à sa recherche, cette dernière ayant disparu dans ce monde parallèle et brumeux. Mais les choses vont très vite se compliquer.

A peine arrivée, Lady Bartropp est frappée d’amnésie et Joy se retrouve séparée d’elle. Leur aventure commence mal, et ça n’est pas près de s’arranger quand on lui demande de passer tour à tour les trois épreuves aux intitulés mystérieux…La première d’entre elle consistant à… calambrer.

Mystérieux, illogique et déconcertant

Ce second tome est très différent du premier, où il y avait une progression dans l’arrivée de l’imaginaire. Ici, point de transition, on plonge dans la marmite du surréaliste tout de suite, et cela pendant tout le roman. Déstabilisant, ça l’est en effet, de même que pour nos héros, aussi perdus que nous dans cet univers aux lois aussi étranges qu’incompréhensibles.

On sent les échos d’un univers imaginaire aux références riches, notamment concernant l’œuvre de Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles ou encore la mythologie grecque.

Ce passage abrupt d’un univers à un autre l’est un peu trop à mon goût. On suit les pérégrinations de nos personnages, mais sans rentrer à fond dans une intrigue aussi prenante que le premier tome.

Mystères, mots inconnus, personnages au comportement étrange, tout cela est voulu et assumé par l’auteur, mais ne permet pas de s’immerger parfaitement dans l’intrigue…

Ce second opus était donc très étrange par rapport au premier, qui avait su doser les genres. On fait une overdose d’imaginaire avec le monde d’Alvénir, trop évanescent, trop étrange, nous laissant sur notre faim. On attend toutefois avec curiosité de voir comment la suite pourra bien être traitée par l’auteur, en espérant que l’équilibre historique/imaginaire sera plus efficace.

4/10

Chronique : Lune Mauve – Tome 1 – La disparue

Lune Mauve 01Un roman fantastique où le côté réaliste est maitrisé avec talent… !

Premier roman de Marilou Aznar, Lune MauveLa Disparue est le premier tome d’une trilogie fantastique se déroulant à notre époque. Une histoire bien ancrée dans le réel, mais où il est également question d’un autre monde…

Le second tome de la série, L’héritière, est sorti le 2 mai dernier. Le troisième paraîtra quant à lui en octobre prochain sous le titre L’affranchie.

Premiers pas dans le monde chic et cruel d’une école privée parisienne

Séléné Savel est une jeune fille atypique dans le monde des adolescents de notre époque. Elle n’a été élevée que par son père, sa mère ayant disparu il y a des nombreuses années. Complètement déconnectée par rapport aux jeunes de son âge, elle n’a jamais eu de téléphone portable, ni même d’ordinateur, les livres ayant étés son seul réconfort.

La Bretagne est sa terre depuis toujours, mais les choses vont changer : son père a décidé que pour son avenir, elle devait intégrer une école de renom : l’établissement Darcourt… à Paris.

Darcourt… un établissement privé, élitiste et très difficile à intégrer dans tous les sens du terme. C’est dans cette jungle parisienne et cruelle qu’est lancée Sélénée, avec peu d’armes pour contrer les pièges de l’adolescence. Mais ce grand changement ne va pas aller sans un autre bouleversement plus important encore… des éléments concernant sa mère vont peu à peu refaire surface dans sa nouvelle vie…

Un roman dépeignant l’adolescence avec justesse

Le petit monde de Darcourt dans lequel Séléné tente d’évoluer est magnifiquement dépeint par Marilou Aznar. A croire qu’elle a évolué elle-même dans une école privée parisienne ultra-sélective, et pourtant non ! (cf interview de l’auteure sur le site).

On a qu’une seule envie, voir comment les liens ténus qu’elle entretien avec quelques élèves vont se développer, qui va devenir un ennemi, etc.

Personnellement, j’ai trouvé cet aspect réel du roman bien plus prenant que l’intrigue de fond fantastique tant il est réussi. Ce besoin d’être connu et reconnu par ses pairs quand on est adolescent peu parfois amener à se brûler les ailes, et ce que nous illustre avec art Marilou Aznar.

Un roman à classer dans le genre fantastique malgré tout

L’idée de base du roman reste très classique : une nouvelle école pour une nouvelle vie, des secrets de famille qui refont surface, de mystérieux messages, etc. Mais Marilou Aznar réussi à s’affranchir de la plupart des pièges propres au genre, et au final, ça fonctionne.

Lune Mauve est présenté et vendu comme tel : un roman fantastique : c’est-à-dire que l’intrigue se passe dans le réel, mais que des éléments fantastiques s’y intègrent doucement.

Cette partie fantastique de la série est très peu présente dans le premier tome, mais ça n’est absolument pas gênant, bien au contraire. On commence à la ressentir par petites touches de plus en plus insistantes à partir des deux tiers du roman. Jusqu’à un final résolument encré dans l’imaginaire.

A la fois cruellement réaliste, poétique et désespéré par certains aspects ; on se laisse prendre par Lune Mauve, mais pas nécessairement pour les raisons qui devraient primer, à savoir une intrigue résolument fantastique. Un premier roman réussi donc qui laisse présager une suite intéressante. Il n’y a plus qu’à espérer que l’auteure a su équilibrer au mieux le savant dosage entre intrigue réaliste et fantastique qui fonctionne si bien dans La disparue.

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Chronique : Bordemarge

BordemargeEpique, déjanté, romanesque, un roman… ébouriffant !

Bordemarge a une histoire particulière digne d’un petit conte de fées pour son auteure. Lors d’un speed-dating entre éditeurs et auteurs en devenir durant les Imaginales, Emmanelle Nuncq présente Bordemarge à Bragelonne.

Tous les éléments entrant en scène dans ce roman se prêtaient à une publication chez Bragelonne, en particulier son titre, proche des noms de collections de l’éditeur, faisant honneur à une ligne axée sur l’aventure et l’évasion. De plus, il s’agit du premier roman français paru chez Castelmore. Férus d’aventures et de hauts faits, ce roman peut être pour vous à condition d’être prêt à lire entre les lignes et d’apprécier un humour noir et très mordant.

Bibliothécaire, un métier de passion…à l’ennui mortel

Violette a une vie insipide. Elle adorait son métier avant de découvrir que jamais on ne lui demanderait de conseils de lecture, mais plutôt la direction des toilettes… Vous l’aurez deviné, Violette fait plus que broyer du noir, elle est en pleine dépression. Ne sachant que faire de sa vie…

Mais les sombres perspectives de Violette vont se trouver bouleversées quand celle-ci va se trouvée projetée dans le monde de Bordemarge à la place de la princesse Roxanne. Violette va ainsi découvrir que la vie peut parfois être en couleurs. La princesse Roxanne quand à elle, ayant pris la place de la pauvre Violette, va se retrouver complètement démunie face à ce monde où tout est ordonné et règlementé…

Cet échange standard va faire bien plus que bouleverser uniquement deux vies… c’est l’avenir d’un royaume qui est en jeu.

Un humour décapant qui se joue des films et romans de cape et d’épée

La force de Bordemarge ne réside absolument pas dans son intrigue, mais plutôt sur sa forme. Diaboliquement moqueuse et délicieuse, la vie à Bordemarge est avant tout déconcertante pour les nouveaux arrivants.

En effet là-bas, point besoin de se laver ou d’aller aux cabinets, les habitants de Bordemarge sont toujours propres, soignés et n’ont jamais besoin d’aller aux toilettes. Les dames sont toujours élégamment coiffées et fraîches.

C’est logique, avez-vous jamais vu des héros de romans ou de films d’aventure s’absenter quelques minutes pour se rendre aux cabinets ? Les avez-vous vus ou imaginés sous la douche ? Non, est c’est normal, puisqu’ils n’y vont jamais ! Cet humour présent tout le long du roman a le mérite de changer des habituels romans d’aventure. Le seul bémol que l’on pourrait cependant souligner est plus au niveau de l’intrigue en elle-même : elle se veut simple, peut-être légèrement trop pour être bien.

A peine les personnages installés, on sait déjà à peu près qui va finir avec qui sans grande difficulté. Emmanuelle Nuncq explique toutefois ce dénouement simple par l’univers lui-même, où les héros arrivent toujours avant l’instant fatidique et où les méchants ne peuvent vraiment triompher. Alors, finalement pourquoi pas, même si un peu plus de surprise pour le lecteur pourrait être un vrai atout, car tout y est : l’univers riche, l’écriture acérée, le charisme des personnages…

En somme, Bordemarge est un bon roman, à conseiller dès l’âge de 13 ans, pour garçons ou filles. Pas prétentieux, il nous fait passer un très bon moment dans un univers nouveau et déluré dans lequel on retournera avec plaisir !

Chronique bd : Les enfants d’Evernight – Tome 1 – De l’autre côté de la nuit

Les enfants d'Evernight 01Attention à ce que vos souhaits ne vous fasse basculer de l’autre côté de la nuit…

Les enfants d’Evernight est une nouvelle série publiée aux éditions Delcourt et destinée à un public âgé entre onze et quinze ans.

Marc Yang est le dessinateur de cet ouvrage pour le moins original et très esthétique graphiquement, il a fait la rencontre de la scénariste Andoryss, sur le site Café Salé, véritable lieu de rencontre pour les illustrateurs et graphistes en herbe de talent. Le scénario signé Andoryss est sa première publication. De son vrai nom Mélanie Chapon, elle est actuellement professeur de sciences de la vie et de la terre et écrit en parallèle, c’est également une très grande fan de bd franco-belge et de mangas.

De l’autre côté du miroir…

Camille est une jeune fille d’une douzaine d’années qui a perdu très tôt sa mère. Elle vit à Londres une enfance solitaire. Pour remédier à ce renfermement sur soi-même, le père de Camille décide de la mettre en pension… mais c’est sans compter sur les mystérieux événements qui surviennent la nuit.

Camille a rêvé si fort de ne jamais sortir de son rêve qu’elle a basculé de l’autre côté de la nuit, dans le monde d’Evernight où en principe aucun être humain n’est censé se rendre.

Un monde complexe au premier abord

La jeune Camille qui débarque dans ce nouveau monde doit très vite trouver un moyen de rejoindre la Terre sous peine d’être emmenée à l’orphelinat (apparemment redouté) du pays si elle est retrouvée par les forces de l’ordre, ce qui ne saurait tarder… mais Maximillien, marchand de sable de son état et un des seuls êtres humains à être autorisé à vivre à Evernight va aider Camille à fuir…

L’histoire n’est pas sans faire penser à Alice au pays des merveilles par certains aspects : basculement vers un autre monde, aspect physique de Camille assez similaire à l’héroïne de Lewis Caroll, petite référence dans les dialogues, cet écho léger mais visible est bien employé.

Soyons clair, ce premier tome ne nous apprendra que peu de choses sur le monde d’Evernight, son fonctionnement ou ses enjeux et fait vraiment office de « livre introductif » afin de poser les personnages et le début de l’intrigue. Ainsi, ne soyez pas surpris d’être quelque peu « dépassé » par l’histoire qui va bien plus vite que sa compréhension.

Le lecteur se retrouve plongé et aussi déstabilisé que son héroïne Camille : on débarque, on découvre tout un nouvel univers avec ses propres lois. Evernight est peuplé de personnages anthropomorphes, tigres, rats, et autres animaux sont dotés des mêmes capacités intellectuelles que les humains.

Les enfants d'Evernight 01 inside

Un graphisme onirique et esthétique

Les illustrations réalisées par Yang collent parfaitement au scénario d’Evernight : on entre dans un monde totalement surréaliste, rêveur, où les animaux marins nagent en plein ciel et où l’on peu marcher sur les nuages.

Certaines planches méritent que l’on se penche dessus avec beaucoup d’attention pour leur beauté et leur esthétisme, le jeu des couleurs assez vives est très bien rendu. Autre point fort, le dessin des personnages, en particulier de leur visages : quel que soit leur angle de vue, ils sont reconnaissables et réussis, ce qui n’est pas le cas dans toutes les bd, où selon l’angle on a affaire un personnage méconnaissable alors qu’il s’agit normalement du même.

Enfin, ce mélange graphique qui emprunte beaucoup d’éléments aux univers de la fantasy et du steampunk réunis est très réussit. C’est un vrai plaisir des yeux que d’avoir ce foisonnement de couleurs et de détails, même si quelques rares planches ont l’air légèrement trop chargées.

Pour conclure, même s’il est difficile de comprendre tous les enjeux de ce premier tome introductif, le début de la série est très prometteur, espérons que la suite soit au moins aussi enthousiasmante. L’aventure ne fait que commencer.

7/10

 

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TRANCHE d´ÂGE :