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Mini-chroniques jeunesse #5 : Une ode à la nature, des gamines survoltées et de l’aventure…

Voici revenu le temps des mini-chroniques jeunesse avec une petite sélection assez hétéroclite. Ces quatre titres furent sympathiques à la lecture, mais ils ont un point commun pour moi, ils ne sont guère mémorables. Certes, on ne peux pas toujours être dans l’excellence, mais aucun n’a réussi à faire vibrer mon petit cœur de libraire jeunesse… Cela arrive. Ils sont toutefois d’assez bonne qualité pour les jeunes lecteurs et trouverons sans mal leurs lecteurs !

L’enbeille – Eric Simard – Syros, collection Mini Soon

Connaissez-vous la collection de très courts romans Mini Soon ? Il s’agit d’une collection d’ouvrages pour les enfants de 9/11 ans pour découvrir le fantastique et la science-fiction avec des texte d’une cinquantaine de pages maximum.
Ici, je vous propose de découvrir la série des Humanimaux créé par Eric Simard qui a rencontré un succès qui perdure encore dans les écoles avec l’Enfaon. Depuis, l’auteur a écrit quantité d’histoires courtes autour de ces fameux Humanimaux ! L’Enbeille, L’Enlouve, L’Enbaleine, etc.

Ici, l’histoire de l’Enbeille est celle d’une petite fille dont les capacités tirées des spécificités de l’abeille lui apportent parfois quelques difficultés au quotidien. Notamment son dard, qui est prêt à piquer violemment quiconque commence à la stresser, ce qui arrive très fréquemment… Elle ne maîtrise que très difficilement son corps, et n’est pas heureuse… d’autant que ses ailes sont bandées et qu’elle n’a jamais pu voler.

Ce court roman est assez touchant (assez mélancolique également), mais toutefois beaucoup moins marquant que le fameux Enfaon. Il plaira toutefois j’en suis persuadée aux jeunes lecteurs car l’aventure se déroule rapidement et avec efficacité !

Marilou et le grand incendie – Valérie Zenatti et Colette Natrella – L’école des loisirs, collection Mouche

Si vous cherchez un petit roman d’aventure mettant en scène des écureuils et des ratons laveurs, vous êtes au bon endroit ! On y suit la jeune Marilou, une petite écureuil qui vit avec ses trois frères et sœurs ainsi que leur maman. Elle n’est plus un bébé, mais pas encore une écureuil adulte… mais un grand incendie de forêt va la forcer à grandir un peu plus vite que prévu !

Pour les enfants qui aiment la nature et les animaux, ce petit roman sera parfait à découvrir dès l’âge de 7/8 ans (tout dépend de leur niveau). L’histoire est sympathique, les illustrations de Colette Natrella se marient parfaitement au texte, elles sont à la fois très classiques et colorées, tout fonctionne.


Alors, certes ce n’est pas un roman mémorable, mais il sera parfait pour les enfants qui commencent à lire de façon fluide et qui désirent lire une jolie histoire d’amitié et d’aventure. Alors, pourquoi pas ?

Punkette & Poupoune – Tome 1 – Les samedis z’électriques – Collection Pépix, Sarbacane

Fraîchement paru dans la fringuante collection Pépix, Punkette et Poupoune est le duo détonnant que forment les filles de Benoît Minville, dont il s’est fortement inspirées pour créer ses deux personnages. Elles sont drôles, complètement fans de rock (comme leur père) et ont beaucoup, beaucoup d’imagination… parfois trop ! Les illustrations sont quant à elles créés par CED, il a déjà scénarisé des bd chez Sarbacane et illustré le Pépix Noé et les animaux très dérangés.

Je dois avouer n’avoir pas eu de coup de cœur véritable pour ce petit roman malgré le vécu fort dont il s’inspire. Punkette et Poupoune sont drôles et attachantes, mais parfois l’histoire devient un peu trop fofolle et décousue à mon goût. Cela est totalement justifié par l’imagination folle des deux sœurs, mais j’ai parfois trouvé ça un peu poussif. Notamment quand il y a un groupe de rock qui s’invite à la maison…
Par contre, mention spéciale aux surnoms trouvés par Vinca à ses trèèèès nombreux doudous. De même, les scènes de « discute » entre les deux sœurs sont assez drôles et vivantes.

Au final, c’est un roman sympathique qui plaira certainement à l’âge ciblé, à savoir les 8/10 ans mais c’est loin d’être mon Pépix préféré… Il lui manque un petit quelque chose.

Belle île en trésor – MOKA – Albin Michel Jeunesse

Voici un petit roman jeunesse sympathique comme MOKA en a le secret. L’ouvrage est illustré par la talentueuse et rigolote Caroline Ayrault, au dessin si reconnaissable.
L’histoire ? C’est bien simple, il s’agit en réalité de trois histoires toutes trois différentes, avec des personnages qui changent. Mais un maître mot régit ces trois courts textes : l’entraide, la compassion, l’amitié… Et cela de façon très joliment amenée à chaque fois.

Dans la première histoire qui donne son titre à l’ouvrage, nous faisons la connaissance de Lucas, un garçon très inventif. Il aime jouer, taper dans un ballon et surtout… s’inventer des histoires ! C’est grâce à ce talent particulier qu’il va redonner le goût de vivre à un de ses camarades de classe très malade. Une très belle histoire d’entraide et d’amitié naissante.

La seconde histoire, Joséphine a disparu, nous raconte l’épopée que deux cousines qui ne s’apprécient pas vont vivre pour sauver le doudou de la plus petite. Preuve que les préjugés peuvent être combattus quand on possède une cause commune…

La troisième histoire, Les malheurs d’Hortense – très fortement inspirée du vécu de l’auteur, c’est dit en début d’histoire – nous fait suivre une classe de neige et la quantité de catastrophes qu’ils vont devoir endurer. La maîtresse n’en peux plus. Entre le chauffeur de bus qui veux les larguer à 30 km du chalet et le gérant dudit chalet qui mouline, ça devient très vite compliqué ! Et drôle… pour nous lecteurs.

Un ouvrage parfait à découvrir pour les 8/9 ans environ. Les caractères sont écrits assez gros pour mettre en confiance les jeunes lecteurs, et les illustrations (en couleur) de Caroline Ayrault font le reste… et la magie opère !

Chronique : Les disparues de Pumplestone

Un camp d’été pour les adolescents aux allures de petit paradis… sauf quand d’étranges disparitions surviennent…

Audren est une auteure de romans pour la jeunesse et les adolescents. Très prolifique, son œuvre compte plus d’une trentaine de romans : Wild Girl, Les orphelines d’Abbey Road (série en quatre tomes), Wondercat (deux tomes), Bizarre, bizarre

Avec Les disparues de Pumplestone paru chez Albin Michel Jeunesse, Audren nous propose un roman naviguant entre suspense et imaginaire.

Une disparition fort inquiétante

L’une des résidentes du très coté et prestigieux camp de Pumplestone a disparu. Mais chose étrange, personne ne semble l’avoir vue au même endroit lorsqu’elle s’est éclipsée, et personne ne la décrit de la même façon… Qui est donc Tiffany-Claire, cette étrange disparue ? Et que se passe-t-il exactement au camp de Pumplestone qui semble cacher de nombreux secrets ?

Une ambiance bien gérée, mais une intrigue développée un peu à la va-vite…

Au début du récit, on pense avoir affaire à un roman policier réaliste, mais au fil des pages, l’intrigue nous plonge dans une ambiance de plus en plus imaginaire… L’idée de départ est intéressante, avec Les disparues de Pumplestone, vous aurez une histoire rapide à lire, mais peu mémorable. En effet, les étranges et nombreuses disparitions qui parsèment le récit ont beau attiser l’intérêt, tout va très vite… Et le tout donne une impression d’écriture hâtive, et l’histoire se retrouve rapidement conclue.

En parallèle des nombreuses disparitions, on découvre peu à peu que certains des moniteurs de l’établissement ont eux aussi des choses à se reprocher, même si elles ne sont pas en lien avec l’affaire. On aurait aimé plus de développement à ce niveau là également car la conclusion est extrêmement rapide également…

Le lectorat ciblé ici est celui des 11-13 ans, mais le récit est réalisé de telle manière qu’il n’a malheureusement pas réussit à me séduire. La partie fantastique de l’intrigue ne réussit pas à s’épanouir pleinement au sein de l’histoire, rendant le tout très bancal.

De même, les personnages – adultes ou ados – ne sont pas assez personnalisés pour être reconnaissables. Les caractéristiques qui les différencient ne sont pas assez parlantes, ce qui les rend aisément interchangeables, et génériques.

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Pour conclure, cette lecture a pour moi été un rendez-vous manqué. Je n’ai été accrochée ni par l’histoire, ni pas l’univers ou ses personnages. Pourtant, l’univers d’Audren ne m’est pas inconnu. J’avais lu et apprécié chez elle Les orphelines d’Abbey Road (en particulier le premier tome). Mais ici, rien n’a su trouver grâce à mes yeux… ce qui est assez rare.

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Chronique Jeunesse : Théo chasseur de baignoires en Laponie

Un roman fantaisiste aussi drôle que bourré d’imagination où les baignoires peuvent vite mal tourner et revenir à l’état sauvage !

Auteur pour la jeunesse, Pascal Prévot n’en est pas à son premier roman. On lui doit notamment Rien ne presse, majesté (Rouergue), La communauté de l’œuf dur (Milan), Le plus vieux meurtre du monde (Milan) et dernièrement, en juin 2016 : Théo chasseur de baignoires en Laponie.

Le roman a par ailleurs remporté le très prestigieux prix Gulli en 2016 !

Un métier aussi original que dangereux : chasseur de baingoires

Que se passe-t-il quand on s’occupe peu ou pas assez de sa baignoire ? Et bien, elle peut lentement retourner à son état le plus primitif et redevenir sauvage. Elle peut même aller jusqu’à avaler son propriétaire durant son bain ! Mais le métier de chasseur de baignoire est loin d’être répandu, et c’est toujours au père de Théo que l’on demande de régler ce genre de situation périlleuse lorsqu’un cas de baignoire sauvage survient. Chine, Afrique, Grand Nord… il traverse le monde entier pour résoudre ces affaires délicates. Dans cette aventure, nous suivons Théo et son père dans le Grand Nord, plus précisément dans un château où il semblerait que tout ne tourne pas rond…

Une lecture vivante, sympathique et complètement déjantée

Pour avoir l’idée de créer une histoire tournant autour de baignoires meurtrières, il faut déjà avoir une imagination fort débridée ! Et pour développer tout une technicité autour de la chasse à la baignoire (capteurs d’humidité, études comportementale de la robinetterie, etc.), il faut être encore plus imaginatif. Et c’est bien ce que nous propose ici Pascal Prévot : un roman fourni, très bien construit et dont l’univers tien bien la route.

On passe un bon moment de lecture, mais il faut rester bien accroché, car les digressions sur la robinetterie sont nombreuses ! On appréciera également l’amitié qui se créée entre Théo et la jeune fille vivant dans le domaine de Kreujilweck-Potam, Elisa.

A découvrir pour son univers fouillé et totalement unique, mais également pour ses personnages et son intrigue haute en couleurs. Si vous cherchez un récit original et inclassable tout en étant bien écrit, c’est donc ici que ça se passe. C’est une lecture qui demandera un peu plus d’effort que d’habitude à son lectorat, mais ça n’est pas un mal en soi, bien au contraire.

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Ce roman est donc parfait pour des lecteurs dès l’âge de 9/10 ans qui aiment déjà bien la lecture. Je crains que l’ouvrage soit un peu trop débridé pour des lecteurs qui n’aiment pas déjà lire. C’est un bon roman à découvrir, et s’il y a un jour une suite (l’auteur se garde une ouverture à cet effet), je la lirais avec plaisir et curiosité !

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Chronique : Le Projet Starpoint – Tome 1 – La fille aux cheveux rouges

Un roman qui nous fait plonger dans un imaginaire débridé et fascinant. Bienvenue dans l’univers mémorable et unique de Marie-Lorna Vaconsin !

Voici Le Projet Starpoint, premier roman de l’auteure française Marie-Lorna Vaconsin (voir l’interview de l’auteure ICI) et premier tome d’une trilogie. Passionnée d’imaginaire depuis sa plus tendre enfance, l’auteure nous propose ici un univers passionné et fourmillant d’idées où fantastique et sciences s’entrecroisent…

Une rentrée déprimante

Pythagore est un adolescent tout ce qu’il y a de plus ordinaire, mais avec déjà beaucoup de soucis dans sa jeune vie. Son père est dans le coma depuis de nombreuses années, sa mère fait tout pour porter à bout de bras ce qu’il reste de leur famille… Et Pythagore lui tente tant bien que mal de vivre normalement sa vie d’ado.

Mais à la rentrée, lorsque sa meilleure amie Louise l’ignore pour une nouvelle venue, Pyth se pose de nombreuses questions. Qui est cette nouvelle aux cheveux couleur rouge sang prénommée Foresta ? Pourquoi Louise le délaisse-t-elle comme si leur amitié n’avait jamais existé ?

Il y a quelque chose d’étrange avec cette jeune fille, et Pyth aimerais beaucoup savoir quoi. Mais ce qu’il va découvrir va dépasser toutes ses suppositions !

Un voyage à travers « L’angle mort »

Si vous recherchez un roman original mélangeant aventure, fantastique, parcours initiatique et suspense, vous êtes à la bonne porte ! Le Projet Starpoint est un bon premier roman dont il me tarde de découvrir la suite tant il est bien mené. L’intrigue en elle-même débute comme beaucoup de romans fantastiques, mais l’auteure réussit à s’émanciper de nombreux codes et créé son propre univers.

Tout d’abord, Pyth est un peu plus grand que les personnages qui incarnent la plupart des sagas fantastique. Habituellement, ils sont à peine sortis de l’enfance et oscillent entre 11 et 13 ans environ. Pyth, lui, est en pleine adolescence et donc en pleine découverte de lui-même, et de ses sensations. En cela, l’auteure amène parfaitement les réflexions et questionnements du jeune homme sur ses désirs et ses envies sans jamais entrer la formulation franche. On sent juste que Pythagore est un personnage qui grandit et qui se forge à l’instant même où on le lit.

Ensuite, Marie-Lorna Vaconsin a su créer tout un univers parallèle à la géographie précise et aux étrangetés fascinantes. Il y est question de sang bleu, de gravité étrange dans une mer inconnue, de mondes parallèles et de glissement dans « L’angle mort ».

Tout y est expliqué précisément, et on plonge dans cet univers avec délices car il est cohérent et très bien développé ! On sent que l’auteure y a travaillé de longues heures pour le rendre consistant (si je puis dire…).

Et surtout, elle retranscrit magnifiquement les impressions ressenties par ses personnages selon qu’ils sont sous l’effet de la gravité ou d’une substance étrange qu’est la pectine (mais il y en a d’autres encore plus fascinantes !).

Enfin, étant une grande fan de sciences sous toutes ses formes, Le Projet Starpoint ne pouvait que me plaire. On y parle de biologie, de physique, de mathématiques et d’une foule d’autres choses fascinantes. D’autant qu’on sent que l’on n’a pas fini d’être surpris car de nombreuses choses sont à peine évoquées dans ce premier tome et a hâte d’en savoir plus… Et puis, quel est donc exactement ce fameux projet qui donne son nom au livre ?

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Que de mystères donc dans ce premier opus très bien mené ! On attend avec impatience la suite de cette saga (à priori pour 2018). Mais si vous aimez les histoires originales aux univers fouillés et les personnages forts (Foresta est inoubliable dans son genre !), ce roman est pour vous. A découvrir dès 12/13 ans environ, puis sans restrictions.

Chronique Jeunesse : Comment se débarrasser d’un vampire (avec du ketchup, des gousses d’ail et un peu d’imagination)

Comment se débarasser d'un vampireOu quand une imagination débordante peut parfois jouer des tours…

Jean-Marcel Erre (plus connu sous le nom de J-M Erre) est un auteur français généralement habitué à la littérature adulte. Ses ouvrages sont remplis d’humour et de dérision, c’est même sa signature. Prenez soin du chien, Le mystère Sherlock ou encore La fin du monde a du retard… c’est lui !

L’auteur se lance maintenant dans le monde de la littérature jeunesse en ouvrant le bal de la collection Pop chez Rageot. Cette toute nouvelle série de romans créé par Rageot propose aux jeunes lecteurs des romans illustrés, drôles et imaginatifs, à l’image des collections telles que Pépix ou encore Witty… voilà pour la ligne éditoriale.

Bat, un professeur aux habitudes bien étranges…

Un nouveau professeur vient de débarquer à l’école, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est singulier. Il donne des TAS de devoirs aux élèves pour mieux les fatiguer et boire leur sang par la suite, il a des canines franchement pointues et puis Zazie l’a vu se transformer en chauve-souris, elle en est certaine !

Mais notre jeune héroïne ne va pas se laisser faire et compte bien démasquer ce vampire déguisé en professeur. Quitte à prendre des risques fous, à se faire porter pâle, Zazie y arrivera ! Et puis, elle consigne tout dans son super journal, au cas ou il lui arriverait quelque chose… Et c’est justement lui que nous allons lire…

Dynamique et distrayant

Pour un premier essai dans la toute nouvelle collection Pop de éditions Rageot (le lectorat visé sont les 9-11 ans), Comment se débarrasser d’un vampire reste une lecture agréable et sympathique. Les chapitres sont très courts (quand on n’aime pas forcément lire, c’est un avantage et ça motive à avancer), le tout est très illustré et le ton est très énergique.

Personnellement, le personnage de la jeune Zazie est un peu trop enjoué/artificiel à mon goût. Je trouve qu’elle est un peu « trop » sur certains aspects et n’est pas assez fidèle à ce qu’est une petite fille d’une dizaine d’année. Elle part dans des délires fous, et c’est tout à fait possible, plein d’enfants se font des idées et inventent des histoires… Mais Zazie a des traits de caractères exacerbés, ce qui ne le rend pas toujours attachante comme on aimerait.

Cependant, et ça contrebalance assez bien ce point, l’ouvrage reste drôle et intelligent. En effet, si Zazie déborde autant d’imagination, c’est à cause (ou grâce) à ses lectures fantastiques ! Dracula de Bram Stoker ou encore La guerre des mondes de H.G. Wells n’ont aucun secret pour elle… et c’est ce qui la fait cogiter autant sur ce qui l’entoure. En cela, c’est malin est appréciable, car les enfants découvrent un peu avant l’heure certains classiques ainsi que leur contenu.

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En bref, ce roman jeunesse se dévorera dès l’âge de 9 ans environ. Pour tous les petits fans d’aventures rocambolesques mettant en scène l’imagination et plus particulièrement les vampires. Même si je n’ai pas eu de réel affect avec le personnage de Zazie, j’ai tout de même passé un bon moment de lecture… donc ça se tente !

A découvrir également dans la même collection : La vraie recette de l’amour d’Agnès Laroche.

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Chronique jeunesse : Sacrée Souris

Sacrée sourisSi vous pensiez connaître la petite souris, détrompez-vous… voici sa vraie histoire… Et elle est carrément géniale !

 Vient de paraître le 5 mars 2014 l’un des deux romans lançant la collection Pépix de Sarbacane : Sacrée souris (l’autre étant L’ogre au pull vert moutarde). Ecrit avec malice par Raphaële Moussafir, vous les adultes la connaissez peut-être de nom pour sa pièce de théâtre/roman/bande-dessinée/film Du vent dans mes mollets.

Avec Sacrée Souris, elle s’essaye à la littérature jeunesse avec humour et sans complexes. Il s’agit là de son second ouvrage.

A tous les petits édentés… ce livre est pour vous.

Quand commence notre histoire, nous apprenons très rapidement que la narratrice exclusive de Sacrée Souris se prénomme Léonore et qu’elle est également la souris la plus minuscule de tout le royaume des souris. Elle est un peu moquée à cause de sa petite taille, mais beaucoup moins que la souris verte ou encore Fulberte, la seule souris (fille) à barbe du royaume.

Tout a l’air d’aller bien au royaume des souris, les rats – la seule menace qui les effraie – sont tenus à bonne distance par leur chère reine grâce à son Autorité Naturelle (et oui, ça ne s’apprend pas, certains l’on, d’autres pas). Mais tout va changer suite à la disparition tragique de cette dernière qui voulait trouver le meilleur pain pour célébrer son anniversaire avec ses sujets…

Ainsi plus de reine à l’Autorité Naturelle et donc la menace des rats devient de nouveau palpable… mais c’était sans compter sur Léonore et son excellent idée. Et oui, notre héroïne a beau être un peu fainéante sur les bords, ça fuse là-dedans !

Seul problème, pour réaliser cette idée de génie, il va falloir aux souris beaucoup de dents, un paquet de dents, une énormissime quantité de dents… mais où vont-elles bien pouvoir trouver cela ? Et voilà comment peu à peu, nous découvrons la version revisitée de la légende de la petite souris… !

Sacrée souris pépix insideUn humour implacable plein de connivence avec ses petits lecteurs

Sacrée souris est un excellent roman car il ne prend pas les enfants de haut et surtout sait leur parler sans créer un sentiment d’écriture « artificielle ». Il semble peut-être à première vue facile d’écrire un roman destiné aux enfants tout en étant à leur niveau, mais il n’en est rien.

De nombreux ouvrages pour la jeunesse manquent justement de cette complicité que les jeunes lecteurs recherchent parfois sans le savoir. Roald Dahl était d’ailleurs passé maître dans cet art : se situant entre finesse et humour, ses écrits sont drôles, accessibles et universels. Et surtout, il parle directement au travers de ses personnages à ses lecteurs. C’est cet esprit si particulier que Raphaël Moussafir a su insuffler à son roman, et rien que pour cela bravo, car c’est un exercice difficile.

Le roman est donc concentré sur Léonore et ses aventures, mais ça n’est pas tout ! Comme dans l’autre roman de la collection Pépix, vous trouverez également des « Leçons », que l’on peut assimiler à des bonus (elles se situent entre certains chapitres).

Ainsi les enfants pourront-ils apprendre grâce à Léonore à rendre leurs parents chèvre, à ne pas gaspiller, ou encore à ranger leur chambre (on peut toujours espérer !), je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de vous mettre un extrait de ce bonus :

« Des forces mystérieuses bordélisent mystérieusement ta chambre mystérieusement bordélique (voir « vandalisme » dans le glossaire. Comment se débarrasser de ces forces mystérieusement bordélisantes ? Il faut d’abord comprendre ce qu’est le bordel. »

 Outre ces magnifiques bonus, les enfants trouveront également un glossaire en fin d’ouvrage pour certains mots et références faits dans le livre : Glossaire, époisses, pieux mensonge, acide nitrique… autant de mots que les petits édentés découvriront.

La définition de la Comtesse de Ségur n’est qu’un exemple des magnifiques explications que vous y trouverez : « C’est une dame qui écrit des livres charmants dans lesquels les enfants prennent un nombre de fessées incroyable ».

Pépix (8)Sacrément recommandable

 Vous l’aurez vite compris, je n’ai pas aimé Sacrée souris, j’ai littéralement adoré ce livre. Il regroupe pour moi tout ce qu’il faut pour qu’un livre jeunesse ne soit pas bon, mais excellent. De l’humour à bonne dose, une histoire simple mais qui tient la route, une écriture assurée qui n’a pas la langue dans sa poche…

Et surtout, il ne faut pas oublier les très belles et efficaces illustrations de Caroline Ayrault qui sans leur présence n’auraient pas donné le même esprit au livre. Elles complètent à merveille le ton malicieux et coquin de Léonore. C’est beau, empli d’innocence et paradoxalement d’espièglerie…

L’équilibre texte-illustration est parfait pour ne pas décourager les jeunes lecteurs qui veulent se lancer dans de « vraies » histoires.

En somme, la conclusion sera courte : vous êtes un adulte ? Offrez Sacrée souris à un enfant de votre entourage ! Tu es un enfant âgé entre 8 et 11 ans ? Précipite-toi chez ton libraire pour te procurer ce livre qui mérite le détour…

Chronique Jeunesse : Rana et le dauphin

Rana et le dauphinUn texte court, mais extrêmement touchant et percutant

Paru en en août 2012 dans la collection Mini Syros Soon, Rana et le dauphin est un ouvrage au format d’une nouvelle, comme tous ceux de la collection. En très peu de pages, une notion, une réflexion en ressort, pour faire réfléchir les jeunes lecteurs.

Jeanne-A Debats est une auteure française bien connue dans le domaine de l’imaginaire. Elle a notamment écrit La vieille anglaise et le continent (Griffe d’Encre) pour les adultes. En jeunesse elle s’est faite remarqué avec Eden en sursis (Syros) ou encore la balade de Trash (Syros).

Rana est le dauphin fait partie de la sélection de livres en compétition pour le Prix Tam Tam « J’aime Lire » 2013.

Jusqu’où peut-on aller pour la recherche scientifique ?

Les parents de Rana sont scientifiques, ils étudient plus particulièrement les cétacés et leur intelligence grâce à l’aide de nano-robots (robots à l’échelle microscopique). Ils espèrent augmenter le degrés d’intelligence du dauphin qu’ils étudient actuellement, qui se prénomme Typhon. L’enjeu financier est énorme, mais les parents de Rana sont de véritables passionnés, l’enjeu étant d’ordre scientifique pour eux.

Leur fille Rana va également les aider malgré elle, en effet, sa communication aisée avec le dauphin va l’aider à développer son intelligence, l’intégrant ainsi au programme. Une amitié unique est née, et rien (ou presque) ne pourra l’arrêter.

Où la recherche n’est pas toujours positive

La recherche peut avoir un but noble mais aussi parfois des objectifs qui le son beaucoup moins.

Ici, les parents de Rana ne vivent que pour leur recherches et leur résultats, mais ils ont une pression de la part de leur supérieur, cette histoire soulevant de nombreuses interrogations : peut-on faire des expériences sur les animaux ? A partir de quel degré d’intelligence un animal peut-il être considéré comme ayant un libre-arbitre ? Un animal intelligent peut-il avoir des droits ? Rana va malgré elle faire les frais de cette intelligence trop développée de Typhon…

Un court roman extrêmement touchant, qui met nos sentiments à fleur de peau et élève nos réflexions et celles des jeunes lecteurs sur de nombreux sujets actuels : manipulations scientifiques, libre-arbitre, etc. L’amitié développée par Jeanne-A Debats est si juste, si vraie, qu’il devient difficile de na pas s’attacher à Typhon et à sa meilleure amie, Rana.

Il s’adresse à de jeunes lecteurs dès 8-9 ans, mais renvoie à des idées universelles, sans nécessité d’âge, et se veut également être un clin d’œil à Un animal doué de raison de Robert Merle.

Chronique Jeunesse : Les dragons de Nalsara – Tome 1 – Le troisième œuf

Les dragons de Nalsara 01Bienvenue aux plus jeunes en terre fantasy…

Publiée aux éditions Bayard, Les dragons de Nalsara est une série de premières lectures pour la jeunesse dès l’âge de 8 ans. On y retrouve tous les éléments clés d’une série de fantasy, le tout en mots simples et en histoires captivantes. Le troisième œuf – premier tome de la série – est sorti en 2008. Depuis, la série connaît un succès toujours grandissant et en est déjà au treizième tome.
Son auteure, Marie-Hélène Delval est notamment connue pour d’autres ouvrages pour la jeunesse tels que Les chats, Victor l’enfant sauvage, ou encore l’ogre qui avait peur des enfants. C’est également elle qui a fait la traduction du second tome de la saga Eragon : l’Aîné.
L’illustrateur, Alban Marilleau a quand à lui étudié à l’école supérieure d’Angoulême et illustre quantité d’albums et de bd chez de nombreux éditeurs.

Un mystérieux œuf trouvé près de l’eau…

Cham et Nyne vivent sur l’île aux dragons, le seul endroit où une fois tous les neuf ans,les dragonnes pondent quelques rares œufs sur les falaises… la mission du père des deux enfants est de prendre soin de ces œufs. Il doit les faire éclore et élever les dragonneaux pour le compte du Roi qui les fera mander une fois qu’ils seront prêts.
Mais sur les trois œufs trouvés, l’un est très mystérieux : sa couleur est différente de celle des autres, et la créature qui en sort est très étrange…

La jeune Nyne se prend d’affection pour la bizarre bête qu’elle nomme Vag tandis que son frère se passionne pour les deux dragonneaux qui viennent de naître… deux amitiés sont en train de se nouer pour longtemps.

Un récit envoûtant et poétique

Ce premier tome est parfait pour initier les jeunes lecteurs à la fantasy. Dès les premières pages, ont est pris par l’histoire du mystérieux œuf puis par le devenir des deux enfants et de leur dragons respectifs.

Les mots de Marie-Hélène Delval sont simples et emplis de poésie. La description du petit Vag le rend très vite très attachant aux yeux du lecteur…
Amitié et amour fraternel sont au centre de ce court récit, véhiculant de belles valeurs avec une pointe de rêve. Le tout étant très joliment illustré avec onirisme.

On ne peut que recommander cette série, car il n’y en a que trop qui sont de piètre qualité en fantasy pour cet âge. A lire tout seul ou avec ses parents, les chapitres sont courts. De quoi réconcilier parents et enfants avec le fantastique !

9/10

Chronique Jeunesse : J’aime pas mon nom

j'aime pas mon nomVoici un tout petit livre pour la jeunesse (dès 8 ans) fort sympathique publié aux éditions Oskar Jeunesse. C’est l’histoire d’un petit garçon que s’appelle Nicolas ; ça va Nicolas, c’est un prénom sympa, presque passe-partout, sauf que son nom c’est Chiche, et que ça c’est beaucoup moins banal et surtout très embêtant. Nicolas n’arrête pas de subir les moqueries de ses camarades, « espèce de pois chiche ! », « t’es pas chiche ! », et autres blagues de gamins… et même sa maîtresse se joue de son nom en l’appelant « Mooooossieur Chiche ! ».

Mais cette fois c’est décidé, Nicolas en a marre et ne va pas se laisser marcher sur les pieds, c’est ainsi que pour se défendre il va passer à l’attaque, et ça ne sera pas forcément pour plaire à ses parents.

Ce tout petit livre (96 pages) m’a beaucoup plus, il apprend aux enfants à aimer leur nom même s’il peut-être étrange mais aussi à s’intéresser à ses origines, ses racines qui ont amené ce nom. Mais plus encore « J’aime pas mon nom » est un livre sur la tolérance, la solidarité et l’amitié (parfois improbable) qui bien que court et simple véhicule des valeurs intéressantes à traiter avec un enfant et qui change des livres proposés pour cet âge là, Foot 2 Rue, Star Wars et autres séries dites licences, à succès pas toujours très travaillées.

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Chronique Jeunesse : Le mystère du manoir Millard

mysteremanoirmillard.jpgJe conseille avant tout ce livre à ceux qui ont des enfants et qui souhaitent leur faire goûter les plaisirs de la littérature fantastique.

Un bon petit livre écrit pour eux, à partir de 10 ans et plus. Dedans, il y a tout les ingrédients nécessaires à une bonne accroche de l’histoire pour les enfants, avec quelques illustrations, mais pas trop pour leur apprendre à imaginer l’univers qu’ils découvrent. Il se lit vite, donc vous saurez très vite si ça leur plaît ou non !

Quatrième de couverture :

À Lausanne, près du lac, deux adolescents sont témoins d’étranges apparitions de « lutins » dans le jardin du manoir Millard. Il n’en faut pas davantage pour que le Trio de l’Étrange, à savoir : Timothée, Jérémie et leur cousine Mirabelle, se lancent dans une aventure périlleuse. Des fouilles archéologiques, effectuées au même endroit, vont révéler d’autres surprises. Nos amis se jouent des énigmes et des traquenards. Mais ils ne s’attendaient sûrement pas à se retrouver projetés dans une autre dimension…