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Chronique : Eternelle Jeunesse

Eternelle JeunesseRecueil de nouvelles publié aux éditions Asgard, Eternelle Jeunesse regroupe une dizaine d’auteurs français de l’imaginaire prometteurs ou confirmés : ils avaient tous le même et unique thème à traiter, l’immortalité.

Cet assemblage de douze nouvelles très diverses nous fait croiser aussi bien de la fantasy que de l’anticipation ou encore du fantastique et de la mythologie.

Des univers riches et multiples

Difficile de parler d’un recueil de nouvelles quand il s’agit d’auteurs différents aux imaginaires qui le sont tout autant. Chaque nouvelle ayant son univers et son intérêt propre, nous ne parleront ici que de quelques-unes.

Parmi les nouvelles marquantes, on peu citer L’illusion noire qui se classe dans la catégorie de l’anticipation. Il y est question de notre société dans un avenir très proche, un homme aurait trouvé le moyen de sauvegarder informatiquement tout nos fais et gestes, notre façon d’être, nous rendant immortel… sur un ordinateur. Cette nouvelle est en fait un dialogue entre la petite-fille du créateur de ce système et la sauvegarde de son grand-père. Intelligente, incisive, et très critique, cette nouvelle critique une société qui commercialise le deuil ou l’absence de deuil. Son auteure, Julie Blanc, n’a que dix-sept ans et déjà beaucoup d’inspiration.

Avec la nouvelle Y a-t-il une vie après le lycée ?, on est confronté au fantastique avec deux adolescents qui se rejouent années après années les meilleures et pires scènes de leur vie. Touchante et terrible à la fois, il est difficile d’en raconter plus sans en raconter trop.

Une autre nouvelle qui laisse une impression durable, c’est celle du Livre du Musicien, où l’on a cette fois affaire de la plus pure fantasy. L’histoire est celle d’un jeune homme qui montre des aptitudes à la magie et qui va devenir l’apprenti d’un très grand magicien… mais ce dernier ne lui apprend quasiment rien, et son élève décide d’acquérir du pourvoir par ses propres moyens… Un très bon récit où l’on sent qu’à partir d’un certain moment tout bascule. Une intrigue qui monte crescendo jusqu’à son apogée, superbe. Son auteur, Julien d’Hem est en passe de finaliser son tout premier roman.

Eternelle jeunesse recèle donc de nouvelles de qualités que nous ne pouvons pas toutes raconter ici, mais parmi les nouvelles marquante on peut aussi citer : Sue 3 de Elodie Meste, ou encore Issu de la glaise de Jean Millemann.

Eternelle Jeunesse est donc un très bon recueil sur une thématique très intéressante, pourvu qu’il y en ait d’autres ! Cet article a été rédigé pour le site ActuSF.

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Chronique : Ramsès au pays des points-virgules

ramses au pays des points-virgulesUn voyage dans l’imaginaire débridé d’un passionné de littérature

Pierre Thiry a été vendeur de disques, administrateur de théâtre, programmateur de concerts et bien d’autres choses encore. Il se consacre maintenant à l’écriture et à l’animation d’ateliers d’écritures.

« Fiction pour tous lecteurs de dix à cent-dix ans »

Le livre est annoncé en couverture comme étant une fiction à lire de de dix à cent-dix ans, ce qui peut laisser en sceptiques certains, mais ça fonctionne. Dès sept ans, on entre dans le monde abracadabrantesque de Sissi et de son oncle avec lequel elle s’est lancée dans un pari un peu fou. Et pour les plus grands, ce roman est une vraie bouffée d’air frais, de clins d’œil à la littérature de tous horizons.

Un récit plein d’humour et une aventure complètement « barrée »

Tout commence donc quand Sissi met au défi son oncle de trouver un livre écrit par un certain Jérôme Boisseau (inventé de toutes pièces par cette dernière)… un pari presque impossible à réaliser, sauf pour l’oncle plein de ressources de Sissi qui va donc se lancer dans l’écriture d’un roman sous le pseudonyme dudit auteur…

C’est ainsi que le roman de Ramsès au pays des points-virgules commence (cette introduction étant elle-même un clin d’œil aux circonstances de la naissance de ce livre).

Un voyage onirique et poétique dans un monde vivant et coloré

L’univers de Pierre Thiry est rempli d’une masse impressionnantes de références littéraires et culturelles diverses. Les clins d’œil à Jules Verne sont assez présents, et pour cause, c’est un de ses auteurs favoris. On croise aussi la vraie Alice de Lewis Caroll qui a une mission pour Sissi, et vous en saurez un peu plus sur la « vraie histoire » du roi Ramsès, mais aussi sur les poissons…

C’est dans un récit qui peut paraître très décousu au premier abord que le lecteur doit laisser son esprit errer. L’écriture de Pierre Thiry fait le reste, très bien tournée, plaisante et souvent drôle, on ne peut qu’être séduit par cet univers si particulier.

En somme, Ramsès au pays des points-virgules est un ovni littéraire à lire pour s’évader, sans préjugés aucun. Adapté aux enfants pour ses aventures simples et vivantes et parfait pour les adultes qui veulent sortir des sentiers battus. Bien sûr, tout le monde ne sera pas conquis, mais ça vaut le coup de s’y essayer.

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Chronique : La planète interdite

la planete interditeUne ode à la nature dans le plus pur style planet-opera

Laure-Marie Lapouge est journaliste et écrivain, son premier livre paru fin 2010 est un roman historique pour adulte : Moi, Ghisla, sœur de Charlemagne.
La Planète Interdite, qui vient de paraître en mars aux éditions Albin Michel Wiz est son premier roman jeunesse et SF, son titre n’est pas sans rappeler celui de l’ancien film de science-fiction qui raconte lui aussi l’histoire d’une planète hostile aux visiteurs, un joli clin d’œil.

A la conquête de l’univers

L’humanité a colonisé toutes les planètes possibles de tout les systèmes solaires, toutes sauf une : Bérénice. Une planète qui regorge de richesses que l’homme n’attend que d’exploiter, creuser, fouiller, sonder… sauf que Bérénice a été classée comme étant interdite d’accès par des explorateurs il y a plusieurs centaine d’années… pourquoi ? C’est ce que va tenter de découvrir le scientifique Justin Mac Lir.

Parallèlement, Bérénice est une planète bel et bien habitée, par des humains qui plus est, mais ils ignorent tout de la station spatiale qui flotte au-dessus de leur tête et du possible danger qu’elle représente pour eux et leur terre.

Le choc de deux univers hétérogènes

Le monde de Mac Lir reprend tout les codes de la science-fiction traditionnelle : hautes-technologies, voyages interstellaires, conquête de galaxies lointaines, opérations visant à prolonger sa durée de vie…
L’univers de Bérénice et de ses habitants en revanche, est tout le contraire : on se retrouve dans un monde typé fantasy : des territoires découpés en royaumes, des êtres humains normaux en majorité et d’autres aux pouvoirs hors du commun, un monde peuplé de créatures étranges…

La rencontre de ces deux univers disparates ne va pas se faire sans heurts…

Un monde trop foisonnant

Les personnages de Bérénice sont nombreux, presque trop, on aurait apprécié un résumé de ces derniers avec leur noms et leur affiliation à la fin du livre pour savoir qui est qui. Car entre Findchoen, Rahel, Glanis Dilshad et bien d’autres encore, il est difficile pour le lecteur de s’y repérer sans s’emmêler rapidement les pinceaux.
Mais cette faiblesse aurait tout aussi pu devenir une force quand on mesure l’ampleur de l’univers que l’auteure a créé.

Un récit plein d’enseignements

Cette mystérieuse planète où tous les explorateurs qui y ont posé le pied disparaissent sait se rendre intéressante sinon captivante. A l’image du roman Les yeux d’opale qui lui aussi avait pour sujet la confrontation de deux univers dissemblables, la planète interdite a des accents écologistes où il est question de respect envers la nature et ce qu’elle peut nous offrir. On y retrouve l’élément clé de tout planet-opéra : la planète interdite est un personnage a part entière… vous verrez dans quelle mesure.

En somme, la planète interdite est un roman sympathique qui sans être marquant fera passer un bon moment, son intérêt réside surtout dans le côté « initiation » à la science-fiction pour de jeunes lecteurs dès l’âge de 12 ans. Cet article a été rédigé pour le site ActuSF

 

Chronique : Tokyo ne dort jamais

tokyo ne dort jamaisUn court roman incisif, percutant, vivant

Après la nuit des Yakuzas chez Flammarion, Anne Calmels poursuit les aventures de Toshi dans la mafia nippone avec le titre Tokyo ne dort jamais. Ce second opus est lui aussi publié chez Flammarion, dans la collection Tribal, destinée à des lecteurs de 13 ans et plus, mais il n’est en aucun cas nécessaire d’avoir lu le premier pour apprécier le texte.

Dans un Japon vif et étouffant

Toshi vient de s’enrôler dans la mafia Japonaise sur les traces de son père chef de gang, mais il doit encore faire ses preuves au sein de l’organisation pour être considéré comme un vrai Yakuza.
Tout commence par une réunion entre gangs, un regard échangé avec une serveuse, un incident, la honte de Toshi face à son inaction…

Le lecteur se retrouve mêlé à de sombres histoires d’immigrés clandestins, de guerres entre gangs japonais (Yakuzas) et chinois (Snakehead), d’intrigues, le tout à un rythme effréné.

Dans ce roman qui démarre au quart de tour dans une ambiance électrique, le lecteur ne peux qu’être immergé dans l’univers japonais, magnifiquement retranscrit par Anne Calmels. L’utilisation des termes du pays : onigiri, tsuka, combini, mama-san...  apporte un vrai plus au roman, on s’y croit.
L’auteure m’a fait retrouver la nostalgie de ce pays où je suis déjà allée. Sa façon de conter les modes de vies, les attitudes de cette population si fascinante, ses croyances : le voyage est plaisant, immersif.

Mais qui est vraiment Toshi ?

L’évolution de la façon d’être de Toshi se remarque de plus en plus au fil des pages, elle est d’ailleurs d’autant plus frappante quand on a lu la nuit des Yakuzas : de victime, il passe à commanditaire.
Plus qu’un simple roman d’aventures et de fricotages bien ficellé et mis en scène comme un petit thriller, Tokyo ne dort jamais est un roman tourné vers la personnalité, l’introspection, le côté bon et la face obscure que chacun cache en soi. Car Toshi ne sait plus vraiment où il en est, il ne se reconnait plus. Est-il un méchant type rempli de bonnes intentions ou est-il un criminel en puissance ?
Ces réflexions en amenant d’autres au lecteur lui-même : qu’est-ce que la définition du mal ? où s’arrête la légitime défense, où commence le crime ?
Tout ces questionnements rendent le roman angoissant, éprouvent le lecteur avide de réponses.

Tokyo ne dort jamais est un bon roman pour découvrir les ruelles sombres de la capitale Nippone que l’on voit d’un autre oeil… qui sait si derrière un petit restaurant de ramen ne se cache pas le quartier général d’une grandes organisation mafieuse…

Ce second tome vous fera donc passer un très agréable moment et vous donnera peut-être envie retourner au pays du soleil levant par le biais d’autres livres ?

Chronique : Loup, y es-tu ?

loup y es tuOu comment réviser ses classiques après un bon petit dépoussiérage.

Henri Courtade signe ici un premier roman très engageant avec « Loup y es-tu ? », il est Biologiste au centre hospitalier de Pau.

Le monde, de nos jours : quatre jeunes femmes sont des légendes de contes de fées qui s’ignorent et vivent le plus normalement du monde… mais les choses vont changer quand une femme puissante prénommée Von Sydow décide de se débarrasser d’elles une bonne fois pour toutes : cette femme n’est autre que la cruelle reine du conte Blanche-Neige et les quatre jeunes femmes la mettant en danger par leur existence sont la Belle au Bois Dormant, Cendrillon, Blanche-neige et le Petit Chaperon rouge.

Littéralement dévoré, ce livre est une très agréable surprise dans le domaine de la fantasy urbaine. Pour en avoir lu plusieurs, c’est le premier qui a le mérite d’avoir des personnages qui sortent de l’ordinaire. Ici nos héroïnes le sont malgré elles alors que le genre nous a surtout habitué a des chasseuses de démons et magiciennes qui n’ont besoin de personne pour réussir leur mission.
Ce livre a l’avantage de parler à tous et ne nécessite pas d’être initié à un genre particulier pour l’apprécier pleinement. Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans le vif de l’action, on est immergé par les aventures (et mésaventures pleines d’humour noir. D’ailleurs la place qu’a l’ironie dans ce roman est géniale, les mésaventures provenant des contes originaux sont transformés de façon très « actuelle » pour nos princesses.

L’action ne désemplit pas, et la plume d’Henry Courtade nous transporte dans notre monde à la fois familier et très influencé par les contes. Ainsi, la seconde guerre mondiale serait due à la méchante sorcière de Blanche-neige. Cendrillon est une jeune demoiselle un peu frivole qui n’aime que danser et faire la fête (et qui participera même à une émission de téléréalité) et la Belle au bois dormant est une jeune femme mariée qui part en Afrique faire de l’humanitaire. Mais le meilleur, c’est le petit Chaperon Rouge, un personnage qui est loin d’être une princesse, mais dont les dons sont insoupçonnés… c’est en fait une très grande créatrice de mode prénommée Virginia Woolf.

Pour conclure, Loup, y es-tu ? est une découverte fort plaisante à faire que l’on aime le fantastique ou non. Une belle initiation au fantastique si l’on ne connait pas le genre. Cette chronique a été réalisée pour ActuSF.

Chronique : Les yeux d’Opale

les yeux d'opaleUn livre qui n’a rien à envier aux grands auteurs de science-fiction et de fantasy.

Les Yeux d’Opale c’est d’abord un choc entre deux univers : le monde d’Opale, avec ses royaumes, ses complots, ses créatures merveilleuses ; et le monde d’Onyx peuplés par des humains complètement dépendants des I.A. (Intelligences Artificielles) où le libre-arbitre n’existe plus. Deux mondes que tout oppose en somme ; l’un merveilleux et fantastique, l’autre futuriste, parfait, contrôlé.
Sur la planète Opale, dans le royaume de Kindar, la princesse Héléa prend la relève sur le trône suite au décès simultané de son père et de son frère, mais son autorité est fortement contestée au sein de son propre peuple, car c’est une chimar, une mutante…

Sur le monde d’Onyx, tout est parfait : les robots sont entièrement au service des humains, ils veillent à tout pour leur propre sécurité. Du contrôle du trafic routier à la régulation des naissances, les I.A. sont omniprésentes, mais depuis un certain temps un groupe d’humains s’en inquiète et veut quitter à tout jamais cette planète Angus fait partie de ces derniers.

Ainsi commence le roman foisonnant d’idées de Bénédicte Taffin avec une question : va-t-elle réussir à mêler deux genres très disparates sans créer une cacophonie de personnages ayant des enjeux complètement différents ? La réponse est oui elle y parvient, et même très bien. En tout, il y a plus de quatre-vingt personnages (heureusement listés à la fin du livre avec une courte description), mais « seulement » une vingtaine d’essentiels à l’intrigue.

Parmi les références de l’auteur, on sent l’influence d’Isaac Asimov avec ses I.A. incapables de blesser un être humain mais jamais on ne tombe dans l’imitation. On ne peux également s’empêcher de penser à la romance de Ténébreuse de M.Z. Bradley, dont l’auteure avoue s’être également inspirée, ainsi que La Ballade de Pern d’Anne McCaffrey . Ce qui fait la force de ce roman, c’est qu’elle a su innover dans des genres où beaucoup de choses ont déjà été faites et où il est difficile de ne pas tomber dans la caricature.

Les yeux d’Opale fait se poser des questions sur notre propre monde, par exemple vis-à-vis de notre dépendance aux technologies, ou encore sur la nature humaine quand elle se trouve face à des opportunités pouvant mettre en danger les autres. Un premier roman coup de cœur dont j’attends la suite avec impatience. Chronique réalisée pour le site Actu SF.

Chronique : Le combat d’hiver

le combat d'hiverUn magnifique livre sur les idéaux, l’oppression, la révolution.  

Voici l’histoire de 4 adolescents : ils vivent dans un orphelinat-prison, ils ne savent pas pourquoi mais depuis leur plus tendre enfance ils ne connaissent du monde que les quatre murs de leur établissement. Ils ont le droit de sortir uniquement quatre fois pendant deux heures dans l’année et ce uniquement pour voir leur Consoleuse (femme qui n’est pas leur mère mais dont la présence est là pour les réconforter, les soutenir quand la vie devient difficile à l’orphelinat).

Mais la donne va changer le jour où Helen et Milena croisent sur la route des Consoleuses Bartoloméo et Milos deux jeunes garçons de l’orphelinat voisin. Ils décident alors de garder contact secrètement entre eux par un moyen connu seulement des pensionnaires. Mais alors qu’Helen reviens de chez sa Consoleuse quelque chose d’inattendu va venir changer le cours de son existence et sa raison même de vivre…

Je ne peux vous résumer plus l’histoire sans vous spoiler alors mon conseil : lisez ce livre.

L’ambiance y est si particulière qu’elle en devient indescriptible, les personnages ont une force de caractère qui les rend inoubliables. Leur quête de vérité et de justice va les mener beaucoup plus que ce qu’ils imaginaient, et pour cela on les aime, on les admire. Beaucoup de sentiments imprègnent le lecteur au fil de l’histoire, la surprise, la tristesse qui devient poignante par moment, la révolte : rares sont les livres à faire passer autant d’émotion.

L’autre force de ce roman c’est sa frontière non définie qui balance entre notre société actuelle et un univers différent. Ainsi on fait la découverte des Hommes-chevaux et des Hommes-chiens, des créatures étranges et attachantes.

Voilà pour ce magnifique roman de Jean-Claude Mourlevat (le premier que je lis de cet auteur français, et certainement pas le dernier). A lire dès 13-14 ans sans limite d’âge tant c’est sublime et universel.

Par ailleurs, sachez qu’une adaptation cinématographique est en cours de production et est prévue pour le courant de l’année 2016 !

Chronique : Je vous raconterai

Je vous raconteraiJe vous raconterai, c’est l’histoire d’un homme dont la vie n’a pas été tendre… il a tout perdu : sa maison, sa femme, sa fille… depuis il est devenu un pauvre hère qui longe les quais de Paris, sans aucun espoir, il pense de plus en plus à la fin.

Mais un jour, une proposition inattendue s’offre à lui, un moyen d’en finir, de jouer avec la mort : la roulette russe. De riches parieurs se réunissent tout les mois pour voir des malheureux comme lui jouer leur vie contre de l’argent. Mais ce n’est pas l’argent qui motive notre homme, non, c’est tout autre chose, même si au fil des paris ses motivations vont changer…

Normalement, ce n’est pas le genre de livre qui m’attire, mais parfois le destin, ou un prix Page des Libraires, fait que l’on tombe dessus et… Alain Monnier m’a bluffée, je m’attendais à quelque chose d’élitiste ou que sais-je encore,  mais pas à ça. Très rapidement, le roman démarre. On se retrouve dans un endroit inconnu, sombre, mystérieux et richement décoré… se demandant ce que notre pauvre personnage peut bien faire dans un endroit comme celui-ci. Puis il y a la roulette russe et cette chance inouïe qui ne quitte pas notre homme, mois après mois, il ne « perd » pas.

Petit à petit on se retrouve entrainé dans cette folle aventure, jusqu’à son paroxysme puis son déclin. Puis il y a la fin, magistrale, qui fait apporte un moment de réflexion inattendue au lecteur, qui nous permet de continuer à écrire la fin de l’histoire dans nos tête, de réaliser les répercussions sur les autres personnages tissés autour de se joueur de roulette russe…

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Chronique : Les Récrés du Petit Nicolas

Les récrés du petit NicolasVoilà un petit régal de livre autant pour les yeux avec ses petites illustrations rigolotes que pour l’écriture si représentative d’un enfant ! Ainsi, ce sont 15 nouvelles du petit Nicolas que vous allez pouvoir déguster. Honnêtement, il n’ en a pas une seule que je n’ai pas aimé même si bien sûr j’ai mes préférences.

Sur ces quinze nouvelles, mes trois préférées sont :

« La montre » : La Mémé de Nicolas lui a envoyé un beau cadeau, vous l’aurez deviné : c’est une montre ! Un peu triste pour moi, mais justement très sympathique.

King : Nicolas et ses amis ont décidés d’aller dans le parc pour pêcher chacun un têtard dans l’étang. Ils pourront alors faire « des chouettes courses ». Après quelques aventures, Nicolas ramène son trophé à la maison, mais King n’est pas le bienvenu à la maison… J’ai adoré la fin de cette nouvelle qui est vraiment drôle, et le fait que Nicolas raconte aussi bien les moment où ses parents sont heureux que quand ils se disputent. Sont point de vue est très intéressant et comme il le dit si bien ; « Moi, je n’aime pas quand Papa et Maman se disputent, mais ce que j’aime bien, c’est quand ils se réconcilient. Et là, ça a pas raté. »

Le défilé : Comment passer à côté d’une nouvelle où le Petit Nicolas est à l’école et qu’il y a le Bouillon ? Ce n’est tout bonnement pas possible ! Cette petite histoire est celle qui m’a le plus séduite car on rencontre vraiment tout les amis de Nicolas et l’on découvre toutes les bêtises qu’ils peuvent ire ou faire ! L’écriture est toujours aussi géniale !

En bref, autant pour les grands que pour les petits, je conseille le Petit Nicolas. Son franc parler enfantin est absolument charmant, et ses aventures aussi bien à l’école que pendant ses week-end sont toutes magiques de simplicités et de rires. A lire sans modération pour retomber en enfance ! Merci Sempé et Goscinny pour ce petit monument de la littérature française !

Note : 9/10

Chronique : Serpentine

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Première fois que je me lance dans les écrits de Mélanie Fazi, et je doit avouer que j’ai bien envie d’y retourner dès que mon budget me le permet ! Je l’ai découverte au Salon du livre qui s’est déroulé il y a peu, au stand de Bragelonne qui était d’ailleurs très beau. mais ceci est une autre histoire, alors revenons sur Serpentine.

C’est un recueil de nouvelles fantastiques, beaucoup dans le style urbain et sombre. D’autres sont pleines de fraîcheur (surtout une en fait, qui a été mon coup de coeur !), et certaines sont d’une beauté crue que j’ai vraiment du mal à définir, mais qui sont magnifiques. Quelques passages sont vraiment très beaux. Il ne s’agit des fois que d’une phrase, d’une description, d’un instant d’écriture et de lecture… mais ils sont tellement parfaits : en concordance avec l’harmonie de l’histoire. J’adore !

De plus, beaucoup de ses histoires ont une chute, et ça il faut avouer que j’adore et que si vous aimez aussi l’innatendu, vous allez accrochez comme moi.

Le recueil de Serpentine contient 10 nouvelles, et parmi ces nouvelles, six coups de coeur. Sans vous donner l’intrigue de l’histoire voici les titres et l’ambiance donnée par Mélanie Fazi, pour attiser votre curiosité.

Nous reprendre à la route : Superbe ambiance, croit comprendre au début, mais en fait rien n’est plus faut que l’idée de départ.

Rêves de cendre : Ou comment ne plus jamais regarder une flamme de la même façon.

Matilda : Superbe nouvelle au niveau des descriptions, pas facile de décrire pendant longtemps des inflexions de voix, des tensions…

Mémoire des herbes aromatiques : Personnelement, c’est la nouvelle que j’ai préférée à toutes les autres. Elle change de style, elle n’est pas du tout urbaine, mais très mythologique. Beaucoup de références qui sont comprises avec un grand délice quand on connaît un peu la mythologie. Superbe, douce… à lire absolument.

Le passeur : Vraiment étrange nouvelle, mais qui trouve son chemin pages après pages…

Ghost Town Blues : La deuxième meilleure selon moi. Toute en finesse et subtilité, mais aussi pleine de tristesse et de joies mêlées.

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GENRE : Non classé
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