Archives du mot-clé littérature ado

Chronique : Créatures

creaturesUne incursion en Italie où la mythologie se mêle à la vie d’une ado d’aujourd’hui…

Publié en juin 2011 chez Plon Jeunesse, Créatures est le dernier ouvrage en date du français Florian Ferrier. Il a notamment écrit quelques romans pour adolescents dans la collection Karactères aux éditions Seuil mais est surtout connu pour son œuvre bd destinée à la jeunesse et coécrite avec sa femme : Hôtel Etrange.

De calmes vacances en Italie… ou presque

Une famille française décide de passer ses vacances en Italie, composée des deux parents et de deux sœurs on ne peu plus différentes : Marie et Olympe.
Marie est tout ce que doit incarner une parfaite jeune fille : belle, à la pointe de la mode, cultivée et bonne en classe. Olympe, elle fait un pâle figure à côté d’elle : mal dans sa peau et renfermée, elle est en conflit permanent avec Marie, cette dernière n’arrêtant jamais de la diminuer.

Mais le comportement d’Olympe va changer à la suite d’un terrible tremblement de terre. Elle va se retrouver des mètres sous terre, seule avec pour seule compagnie une jeune fille étrange et évanescente et une sorte de cercueil très étrange… qu’elle va ouvrir malencontreusement, poussée par une force invisible. Elle libère ainsi une créature terrible et tombée dans l’oubli depuis des siècles : un animus.
Une course poursuite commence alors entre Olympe, la créature et la police italienne qui a de nombreuses questions à poser à l’adolescente…

Un scénario par trop classique

L’idée de base de ce roman était assez originale : la découverte d’une créature mystérieuse et terrifiante qui poursuit un but périlleux pour les humains ; mélange d’historique et de fantastique… mais le rendu est au final assez décevant.

La difficulté majeure de ce roman réside dans son intrigue au ficelage un peu trop prévisible.
L’intrigue est intéressante, mais pas captivante : il manque à l’univers de cette histoire le « truc » qui la rendrait originale. Un univers plus développé aurait certainement été un plus.

D’autre part, l’archétype de la jeune adolescente mal dans sa peau qui va se découvrir des pouvoirs surnaturels à un goût de déjà-vu qui ne passe pas à la lecture. Le problème étant que tous les personnages ont des traits de caractères trop forcés, ils sont par conséquent assez peu crédibles. Dommage.
La « créature » personnage tout de même central, qui donne son titre au roman reste au final bien mystérieuse, mais après tout, il s’agit d’une orientation crédible. En dire peu dessus est un choix qui se respecte, même si je trouve qu’il aurait été intéressant d’en savoir plus, en particulier au niveau de sa relation ambigüe avec l’héroïne, Olympe.

En somme, Créatures n’est pas un mauvais roman mais il se laisse vite oublier…

EDITEUR : ,
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Sisters Red

Sisters RedDes sœurs à la relation fusionnelle et exclusive chasseuses de…fenris.

Jackson Pearce est une auteure américaine et Sisters Red est son premier roman paru en France, aux éditions Albin Michel Wiz. Ce roman nous raconte l’histoire de deux sœurs dont la vie a été bouleversée durant leur enfance, ce choc faisant écho au conte pour enfants Le petit chaperon rouge.
Mais Sisters Red est en fait le second roman de Jackson Pearce, son premier ouvrage se nomme As You Wish et fait partie du registre de la fantasy urbaine.
L’auteure vient également de sortir outre-Atlantique un autre roman, Sweetly qui lui reprend le conte d’Hansel et Gretel et qui tout comme Sisters Red se spécialise dans la reprise des contes ayant bercé notre enfance en les transposant dans notre monde pour en faire de la fantasy urbaine.

Scarlett et Rosie : deux corps pour un seul cœur

Après avoir vécu un événement des plus traumatisants durant leur enfance, les deux sœurs sont devenues plus fusionnelles que jamais. Elles ont perdus leur grand-mère étant petites, mais aussi leur naïveté et leur innocence. Mais Scarlett a aussi perdu quelque chose de plus : sa beauté. Défigurée à vie par le fenris qui a tué leur grand-mère, Scarlett a décidé de vivre pour la chasse, et pour permettre à sa sœur de vivre une vie plus « normale » que la sienne.

Les fenris sont des sortes de Loups-garous qui s’en prennent aux jeunes demoiselles un peu naïves. Ils les charment, les entrainent dans une ruelle sombre et déserte puis les dévorent… et nombre de disparitions non élucidées sont dues à ces créatures cruelles, violentes qui ne vivent que pour assouvir leur faim.
Mais depuis quelque temps, il y a moins de fenris à chasser dans la petite ville, aussi les jeunes sœurs décident de partir dans une ville beaucoup plus grande avec leur ami d’enfance qui lui aussi chassait les fenris fut une époque. D’autant que les fenris sont en train de se réunir dans la grande ville où s’en va l’équipée : il semblerait qu’un événement de grande envergure soit en préparation, les disparitions de jeunes filles ne font que commencer…

Un rythme vif et sanglant

Soyons honnête, Sisters Red n’est pas Le roman pour ados de l’année ; son histoire est assez basique sur le fond, et l’univers de la fantasy urbaine n’est pas non plus révolutionné.
Cependant, la force du roman réside ailleurs, dans son écriture vive, sanglante et parfois violente. Rien ne vous sera épargné, des bras qui tombent, des jeunes filles en petits morceaux dans une ruelle… Jackson Pearce à le don de faire deviner les choses plus que de les décrire, et parfois c’est pire.

L’amour viscéral qu’éprouve les deux sœurs l’une pour l’autre est à la fois extrêmement protecteur et exclusif, parfois trop. C’est d’ailleurs ce qui rend intéressant Sisters Red, ce sentiment d’amour si évident et pourtant si peu exprimé par les deux protagonistes qui se disent tout sauf le plus important… et la présence de Silas, leur ami d’enfance va ajouter à ces problèmes. Des personnalités bien traitées donc, qui rehausse un peu le niveau de l’intrigue un peu trop simple.

Sisters Red est un sympathique ouvrage qui pourra plaire aux adolescentes ayant envie de sensations fortes et qui en ont marre de ses loups-garous dont le camp n’est pas bien défini. Ici ce sont des méchants, des vrais, sans ambivalence ni doute avec un seul souci : voir survivre ces deux sœurs attachantes et conflictuelles.

Chronique : Hunger Games – Tome 1

hunger games 1Une dystopie cruellement efficace

Suzanne Collins est une auteur d’origine américaine, Hunger Games est son premir ouvrage traduit en France, mais elle en a écrit d’autres, dont notamment The Underland Chronicles (série en cinq tomes). Sa trilogie, parue chez Pocket Jeunesse est un succès mondial et va bientôt être adaptée au cinéma en mars 2012.

Sur les ruines des Etats-Unis s’est développé…Panem

Comme chaque année depuis 74 ans, les Hunger Games ont lieu ; il s’agit d’un jeu télévisé organisé par le Capitole comme moyen de répression sur le peuple. Le Capitole – état situé sur les ruines d’un pays nommé avant les Etats-Unis – est composé de 12 districts chacun spécialisé dans un domaine spécial (le premier district est par exemple spécialisé dans l’industrie de luxe, le onzième dans l’agriculture, etc…).

Les Hunger Games – véritable punition pour le peuple – sont en fait l’héritage laissé par les  rébellions qui ont remué le Capitole par le passé.

Le principe des Jeux est simple : un garçon et une fille de chaque district qui ont entre 12 et 18 ans sont tirés au sort pour participer à un combat à mort sur un terrain choisi et aménagé par le Capitole. Il n’y a qu’un seul gagnant possible. Ainsi, c’est 24 participants au total qui sont amenés à jouer leur vie pour l’honneur de leur district, et surtout pour sauver leur peau.

Pour la victoire, chaque élément est important : l’apparence, le bluff, le charisme et autres moyens de pressions sur les autres « joueurs » sont déterminants pour la victoire.

Parmis les « chanceux » sélectionnés il y a Katniss, une jeune fille qui vit dans le 12ème District de Panem et elle va participer aux Hunger Games.

Un roman haletant, incisif et fascinant

Le roman de Suzanne Collins est fascinant par bien des aspects. Outre le développement très fouillé de ce monde post-apocalyptique et de son fonctionnement politique, la dimension psychologique y tient une très grande place.

Mais plus encore que la forte présence de la politique sous toutes ses formes dans l’œuvre, la dystopie de Suzan Collins nous fait nous poser bon nombre questions. En effet, pourquoi les Etats-Unis ont-ils disparu et ont étés remplacés par le Capitole ? En quelle année sommes-nous ? Que s’est-il passé pour que le monde tel qu’on le connaissait ait été transformé en une société aussi cruelle ?

Loin du roman moraliste, Hunger Games nous montre le pire de l’âme humaine, mais paradoxalement aussi, le meilleur. Chaque once d’humanité devient précieuse à côté de toute cette cruauté étalée au grand jour.

Une anticipation sur nos inquiétudes actuelles

Hunger Games n’est pas le premier ouvrage à se poser la question : Et si notre futur était gouverné par un état totalitaire qui ferait pression sur le peuple pour arranger les plus hauts placés au pouvoir ? Ce scénario n’est pas sans faire penser au livre de Koushun Takami édité en 1999 au Japon : Battle Royale. L’intrigue se déroule dans un pays asiatique jamais nommé existe un programme gouvernemental nommé Battle Royal. Son but, sélectionner au hasard une classe de lycée dans le pays et l’envoyer sur une île afin qu’ils s’entretuent, le jeu se termine quand il reste un seul survivant. Cette opération permet au gouvernement de maintenir la population afin qu’elle « reste dans le rang ». Les données de chaque opération sont ensuite exploitées par le gouvernement.

Comme vous pouvez le constater, les deux scénarios sur le principe sont assez similaire. Mais il y a une grosse différence entre les deux histoires. Hunger Games est médiatisé, voire surmédiatisé par le gouvernement contrairement au programme de Battle Royale qui est strictement confiné et réservé aux organisateurs eux-mêmes.

Ainsi, Battle Royale, bien qu’étant une œuvre ayant clairement inspiré Suzanne Collins  n’est pas une copie de l’œuvre. Elle a su s’en détacher et créer son propre univers parfois même plus cruel que l’original par son côté populaire.

Mais une des choses les plus importantes concernant Hunger Games, c’est qu’il s’agit d’une œuvre qui fait se poser de vraies questions sur les inégalités sociales. Interrogations qui ne sont qu’esquissées dans ce premier opus mais qui seront creusées dans les deux tomes suivant.

Pour conclure sur ce premier tome explosif, Hunger Games est un très bon roman à faire lire dès l’âge de 13 ans environ. A la fois psychologique, empli d’action et de sentiments exacerbés. Rendez-vous bientôt pour la chronique du second tome de la série : L’embrasement.

9.5/10

Chronique : Le dernier hiver

Le dernier hiverUn roman post-apocalyptique grandiose

 Jean-Luc Marcastel est un auteur français de romans fantastiques. Avant d’être auteur, il était professeur d’histoire.

 Il s’est fait connaître grâce à sa première série : Louis le Galoup, publiée il y a quelques années aux éditions Nouvel Angle. Il est aujourd’hui publié chez Black Moon (il est très rare qu’un auteur français soit publié par cette maison d’édition) pour le dernier hiver, un roman apocalyptique qui nous rappelle les valeurs qui font de nous des humains : la droiture d’esprit, la bonté, l’amour. Des sentiments qui tendent à s’oublier dans les situations extrêmes créés par l’auteur. Originaire d’Aurillac, les intrigues de ses romans se déroulent souvent dans ses alentours.

Quand le soleil disparaît…

Pour une mystérieuse raison, le soleil est masqué par une couche de poussière qui englobe la Terre. Les rayons du soleil n’atteigne plus la surface, il n’y a plus de chaleur, la pénombre s’installe, la neige arrive et reste.

Mais chose encore plus préoccupante s’il est possible : les pins se sont transformés en une sorte de végétal carnivore qui absorbe le sang de ses victimes qui ont le malheur de s’en approcher trop près. Cette nouvelle espèce de pin est devenue une véritable pandémie et a recouvert presque la totalité de la surface de la Terre. Seules les villes survivent tant bien que mal en coupant tout les jours les pins qui gagnent inexorablement du terrain.

Dans ce nouveau monde de cauchemar où la cruauté devient plus aisée que la bonté, la donne a changé et les inégalités se creusent. A Aurillac se trouve Johan, qui par amour va décider de combattre ces pins-vampires pour rallier une autre ville, à plusieurs jours de voyage afin de revoir celle qu’il aime par-dessus-tout.

Pour cette entreprise risquée, son frère et son meilleur ami décident de tout quitter pour l’aider à atteindre son rêve, qui va vite se transformer en cauchemar post-apocalyptique.

Une histoire captivante à glacer les sangs

Le dernier hiver est un très bon roman est un très bon roman pour ados. L’intrigue démarre au quart de tour, et cette idée de pins vivants et mouvants qui tuent pour s’étendre est très bien pensée.

Mais outre ce côté fantastique, c’est la partie psychologique et introspective qui prend de l’ampleur au fil des pages. Plus qu’un voyage à travers les pins et le Mal, c’est aussi une lutte contre leur propres peurs et instincts de survie qu’ils vont devoir combattre.

Il faut bien l’avouer, Jean-Luc Marcastel entretien de très belles histoires d’amour avec ses personnages, qu’il travaille avec beaucoup de réalisme, en particulier les femmes.

Comme vous pourrez le constater, dans son œuvre ces dernières sont souvent fortes, indépendantes mais aussi très fragiles. Mais jamais elles ne sont infantilisées. On en a l’exemple parfait avec le personnage de Fanie : attachante et toute en beauté aussi bien sur le plan physique qu’humain.

En ce qui concerne l’écriture, on se retrouve très vite charmé par cette plume digne des anciens récits épiques. Tout en scènes grandioses et majestueuses, cette lecture ne vous laissera pas indemne.

Le seul léger bémol que l’on pourrait avancer est celui des descriptions, en particulier celles qui concernent Fanie, où l’on retrouve souvent les mêmes phrases pour la décrire, faisant tomber le lecteur dans du déjà-lu.

Pour conclure sur cet ouvrage, Le dernier hiver doit être lu et ce pour une foule de raisons. Pour son univers fouillé, son réalisme dans l’horreur, mais également pour les valeurs qu’il transmet. A conseiller sans hésitation dès l’âge de quatorze ans.

9/10

Chronique : Vampire Kisses – Tome 1

Vampire Kisses 001Une histoire de vampires qui laisse un peu sur sa faim…

 Vampire Kisses est une série de romans publiée aux éditions Castelmore, trois tomes sont pour le moment sortis en France, mais la série en compte déjà huit outre-Atlantique. Son auteur, Ellen Schreiber, était actrice avant de devenir écrivain, elle est même passée par la Royal Academy of Dramatics Art de Londres.

Le succès de Vampire Kisses a été tel qu’elle s’est vue proposée une adaptation de ses romans en manga, ils sont disponibles en France aux éditions Soleil. Outre cette série vampirique, elle a également écrit une saga prénommé Once in a full moon, qui traite de loups-garous, mais qui n’a pas encore vu le jour en France.

Dullsville, capitale de la tranquillité…et de l’ennui.

Il ne se passe jamais rien à Dullsville. Absolument rien. Alors quand une nouvelle famille s’installe dans le manoir abandonné depuis des années, autant dire que ça fait beaucoup parler les curieux habitants. Surtout que cette famille a des allures quelque peu étranges… ils ne sortent quasiment jamais, et le peu que l’on sait d’eux fait froid dans le dos.

Et c’est à Dussville également que vit Raven, une adolescente qui s’habille dans le plus pur style gothique, ce qui n’est pas pour plaire franchement à ses parents. Et au lycée, son style fait d’elle une cible toute désignée aux moqueries, mais son esprit cynique et sa répartie cinglante ont tôt fait de faire reculer ses détracteurs, sauf les plus tenaces…

Alors quand Raven apprend qu’une nouvelle famille s’installe et que l’un des fils, Alexander Sterling a l’air d’avoir le même style qu’elle, elle décide d’aller faire un tour au manoir histoire de se renseigner et d’apaiser sa soif de curiosité. Et la rencontre risque d’être surprenante…

Une histoire qui fonctionne bien, mais dont le schéma est très classique.

Le reproche que l’on pourrait faire à ce premier tome est de rester dans les sentiers battus. Le personnage de Raven est très stéréotypé, et on tombe vraiment sur une adolescente gothique « de base » sans grande personnalité. De plus, sa fascination pour les vampires (pas toujours très saine) est vraiment excessive, la rendant vraiment très fleur bleue, pour ne pas dire naïve. Le personnage d’Alexander est lui beaucoup plus difficile à cerner, la preuve c’est que l’on ne sait pratiquement rien de lui du début à la fin, et ce côté mystérieux n’est pas gênant, au contraire il apporte une certaine fascination de l’inconnu qui doit parfaitement fonctionner sur un lectorat adolescent.

C’est pourquoi malgré un schéma assez basique, on se laisse facilement embringué par l’histoire qui pique tout de même notre curiosité. On se retrouve avec les tourments cruciaux d’une adolescente : choix d’une robe pour le bal, ou encore le classique problème du premier rendez-vous. Cette ambiance feutrée et mystérieuse n’est pas pour déplaire, on retrouve la noblesse qui faisait les romans de vampire d’avant. Car il n’y a que peu d’action au final, mais beaucoup d’interrogations et de non-dits. En particulier sur la fin, qui est très bien faite.

C’est un peu à contre-courant qu’est Ellen Schreiber avec ses vampires, bien loin de l’action effrénée des romans de vampires qui font la tendance actuelle. Et c’est un petit retour aux sources assez plaisant.

Vampire Kisses est donc un roman sympathique mais pas génialissime. Il conviendra parfaitement à des adolescentes qui veulent s’essayer à la bit-lit. On a malgré tout envie de savoir ce qu’il va se passer dans les tomes suivants, étant donné la fin de ce premier tome, affaire à suivre.

6.5/10

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Actualité éditoriale : R, la nouvelle collection de romans pour ados signée Robert Laffont

r de robert laffont

Cette année 2011 fut riche en parutions et en naissances de nouvelles collections dans le domaine de la littérature pour ados. Et pour le début 2012, ce sont les éditions Robert Laffont qui se lancent dans l’aventure avec une toute nouvelle collection dédiée aux quatorze ans et plus. Le nom cette nouvelle collection : « R » avec une signature prometteuse : « un nouveau souffle dans la littérature ado et jeunes adultes« .

La couleur de l'âme des anges 01 miniAlors, effectivement, les éditeurs vont dans le sens de la demande de livres pour ados qui explose actuellement, ils se précipitent tous dans la brèche en publiant beaucoup d’ouvrages, trop parfois, mais il s’agit des éditions Robert Laffont avec Glenn Tavennec comme directeur de collection (il a travaillé chez Pocket Jeunesse pendant plus de 6 ans), et c’est donc une nouvelle très positive et surtout intéressante. Très graphique, le logo annonce une collection à la fois épurée et très axée girly et fantastique.

Au programme pour cette prochaine année remplie de promesses, un nouveau roman signé Sophie Audouin-Mamikonian auteure des désormais célèbres romans jeunesse Tara-Duncan. Cette nouveauté se prénommera La couleur de l’âme des anges, et fera office de livre phare pour annoncer la toute nouvelle collection.

Parutions de la collection « R » chez Robert Laffont (cliquez sur le titre pour retrouver la chronique de l’ouvrage)

Au total, ce sont douze titres qui sont prévus par l’éditeur pour l’année 2012, affaire à suivre de très près donc !

Chronique : Nightshade – Tome 2 – L’enfer des loups

nightshade tome 2 frChangement de point de vue pour Calla…

Andrea Cremer est une auteure américaine et Nightshade est son premier roman, mais également son premier succès. Professeur d’histoire à la base, elle se sert de ses connaissances pour étayer ses romans et les rendre plus réalistes. L’enfer des loups est le second tome de cette série, parue aux éditions Gallimard Jeunesse début novembre.

Dans les geôles de l’ennemi

A la fin du premier tome, Calla se retrouvait enfermée dans la prison des ennemis jurés des loups : Les Chercheurs. Mais ces derniers sont finalement loin d’êtres les terribles exterminateurs décrits par les Gardiens. En réalité, les Chercheurs sont tout autre chose, les Gardiens également. Fourvoyés depuis des siècles, les générations de loups qui pensaient tout devoir aux gardiens ont en fait étés lésés.

Calla est la première à devoir assimiler ces révélations et à repenser totalement son monde ; tout ce qu’elle a toujours connu n’était que mensonge… ses devoirs envers les autres, son mariage forcé… Alors que le premier tome traitait des mensonges fait à Calla pour qu’elle « rentre dans le rang », ce second tome est une remise en question totale de ce qui fait l’existence même des humains-loups. Leur mythologie basée sur l’histoire d’un homme sauvé par un loup n’est en fait qu’une fable dont la source est bien plus sombre…

Mais outre ces révélations, Calla va devoir faire un choix, celui de son camp : en qui croire ? vers quoi se réfugier ? qui combattre ?

Tout un nouvel univers révélé

Après l’univers de Calla décrit avec précision dans le premier tome, ce second opus est consacré aux chercheurs, à leur univers et à leur organisation. Ainsi, c’est tout un univers qui est mis au jour : Frappeurs, Tisseurs et autres postes aux appellations obscures n’aurons plus de secret pour vous à la fin de la lecture.

L’auteur nous offre aussi quelques légendes des origines des meutes à la période de l’Inquisition ; une sorte de préparation aux deux tomes historiques qui précéderons la trilogie chronologiquement, mais qui ne sortirons pas en France avant plusieurs années.

Le triangle amoureux Shay – Calla – Ren est on ne peu plus présent, mais sans pour autant donner des éléments déterminants quand au choix définitif de Calla sur le plan amoureux. Les jeunes filles fleur bleues adoreront cette histoire d’amour impossible et ambivalente. Calla ne donne pas l’impression d’être capricieuse sur le plan amoureux, mais plutôt complètement désorientée et c’est en ça qu’elle est rendue très humaine par Andrea Cremer. Loin d’être agaçante comme certaines héroïnes de roman Calla est une fille-femme à la fois forte et fragile, assurée et perdue mais surtout crédible.

Alors, bien entendu le schéma du livre reste très similaire à nombre d’autres : un premier tome dans le camps du héros (ou de l’héroïne), un second sur ses ennemis qui n’en sont finalement peut-être pas, et enfin un dernier tome qui conclu sur un choix, une mutation des bases mêmes qui faisaient la vie du héros. C’est donc un scénario assez commun, mais qui fonctionne très bien pour ce second tome, contrairement au premier qui laissait plus mitigé.

Plus intéressant, et plus passionnant,  l’enfer des loups nous laisse entrevoir les chemins possibles pour Calla et sa meute. Mais aussi et surtout, on a vraiment envie de connaître le mot de la fin : quel camp vont choisir certains personnages, quel destin les attends… la réponse à toutes ces interrogations en mars 2012 pour le troisième tome.

Pour découvrir l’univers d’Andrea Cremer et ses inspirations, retrouvez l’interview sur le blog !

Chronique : Hex Hall – Tome 2 – Le maléfice

Hex Hall 02Le danger rôde toujours à Hex Hall, et ailleurs…

Second tome de la trilogie Hex Hall, Le maléfice reprend les aventures de Sophie où elles avaient été conclues précédemment : révélations et questionnements sont au rendez-vous. Sophie, l’héroïne à l’humour si particulier est toujours d’attaque, même si elle a beaucoup changé avec ce qui lui est arrivé dans le premier tome…eh oui, elle n’est pas une sorcière remarquablement puissante, mais bien plus : un démon.

La fin d’une ère collégiale.

Ce deuxième opus commence à Hex Hall…pour la dernière fois. Sophie doit quitter l’établissement pour des raisons de sécurité car son statut de fille du Président du Conseil et de démon en fait une cible très tentante et pas si bien protégée que ça. C’est ainsi qu’elle s’envole pour l’Angleterre, dans la très ancienne et luxueuse abbaye Thorne qui sert de second quartier général au Conseil.

Pourquoi Sophie est-elle en danger ? Car c’est l’une des dernière créatures démoniaques au monde, et que ceux qui veulent sa mort pensent qu’elle est un danger pour les êtres humains, d’autant qu’elle ne maitrise pas du tout ses pouvoirs.

Mais malgré toute cette protection Sophie reste en danger, d’autant plus que le jeune homme dont elle est tombée sous le charme à Hex Hall, Archer, s’est avéré appartenir à l’organisation qui veut sa mort : l’Occhio di Dio.

De l’action, de l’amour, du suspense.

Encore une fois, tous les éléments sont réunis pour faire de Hex Hall une petite réussite. Des révélations en cascade, avec comme le précédent tome des twists en fin de chapitre. De l’amour, stéréotypé certes, mais qui fonctionne plutôt bien.

Le fait que l’on quitte l’établissement est un peu dommage à mon avis, car la fin de cette ambiance scolaire et mystérieuse avait tout pour être plaisante. Entre ses commérages, ses clans, et ses professeurs tyranniques, Hex Hall avait un charme indéniable que l’on ne retrouve pas dans le second tome.

Mais maintenant à l’abbaye Thorne, Sophie et sa meilleure amie Jenny font la rencontre de deux jeunes démons dont l’origine reste à définir, contrairement à Sophie qui elle doit ses origines à sa filiation.

La création de l’univers est plutôt bien tournée, il y a une vraie recherche de mythologie et de folklore et même si ça n’est pas approfondi à l’extrême, on s’y plonge avec plaisir.

En somme Le maléfice, est un bon second tome destiné à un public âgé d’environ 12-13 ans. Rendez-vous pour le dénouement avec le troisième et dernier tome qui devrait sortir pour la mi-année 2012.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

7/10

Chronique : Hex Hall – Tome 1

Hex Hall 01Dans une étrange institution pour ados rebelles…et paranormaux.

Premier roman de l’auteur américaine Rachel Hawkins, Hex Hall est le premier tome d’une trilogie fantastique pour ados publiée aux éditions Albin Michel Wiz. On y trouve tous les éléments majeurs d’une série efficace et prometteuse : une héroïne attachante, de l’humour, un soupçon de magie et bien entendu de l’amour.

Bienvenue à Hex Hall

Sophie Mercer, une ado comme les autres ou presque : dotée de certains pouvoirs magiques assez puissants, tous les sorts qu’elle entreprend échouent lamentablement, voire aggravent la situation. Et c’est lors d’un de ses essais infructueux que Sophie se fera un peu trop remarquer en ensorcelant un garçon pour qu’il tombe amoureux d’une amie à elle. Hélas, le garçon devient littéralement « fou » d’amour, son amie prend peur, et elle se retrouve à terminer sa scolarité à Hex Hall, un institut pour jeunes sorcières, loups-garous, métamorphes, et même vampires….

Le monde cruel des ados, la magie en plus

Évidemment, comme dans toute institution qui abrite des jeunes, il y a des clans, des clivages, des associations selon les affinités. Ainsi Sophie va vite faire la rencontre des trois filles influentes de l’école : Anna, Élodie et Chaston, et pour une raison mystérieuse, Sophie qui est plutôt leur antithèse les intéresse beaucoup… ce qui ne les empêche pas de lui faire les pires coups pendables dignes de tout campus qui se respecte.

Parallèlement à cette désagréable rencontre, Sophie va croiser le chemin de la seule vampire de l’école : Jenna, et partager sa chambre. Tout le monde la craint et pense que c’est à cause d’elle qu’on eu lieu les mystérieuses disparitions d’élèves… difficile à croire surtout quand on constate que sa plus grande passion c’est…la couleur rose.

Mais le ou la coupable restant introuvable, les suspicions demeurent et s’amplifient autour de Jenna.

En plus des mystères et des disparitions qui s’additionnent, Sophie va faire la rencontre d’Archer, un jeune homme mystérieux et très séduisant qui ne la laissera pas indifférente. Mais ce dernier étant très populaire, il sort déjà avec l’une des trois filles les plus « in » de Hex Hall.

Autant dire que Hex Hall est loin d’être une école de tout repos, surtout avec la pression que mettent les professeurs pour leur « réinsertion » dans le monde.

Une écriture croustillante et drôle

Hex Hall est une très bonne surprise dans le monde foisonnant et pas toujours qualitatif de la chick-lit. L’écriture est fluide, la lecture aisée, et Sophie l’anti-héroïne a un humour si particulier et mordant qu’il est impossible de ne pas s’attacher à elle, ainsi, beaucoup de dialogues ont de quoi devenir mythiques.

De plus, la construction du livre en elle-même rend chaque fin de chapitre intenable en se concluant par un habile twist, obligeant le lecteur à passer au chapitre suivant, sous peine d’être en reste.

Alors, bien entendu, l’histoire et l’intrigue sont assez convenues, mais ça n’est pas le réel but de ce roman qui a surtout vocation à nous faire passer un excellent moment, de partir ailleurs, mais pas trop loin quand même.

Hex Hall est donc un premier tome réussi qui plaira à toute jeune fille d’au moins treize ans qui aime les histoires d’amour et surtout l’humour à haute dose, le tout sur fond de magie. Rendez-vous pour le second tome : Le maléfice.

8/10

Chronique : Le bar de l’enfer

Le bar de l'enferUne lecture laborieuse et infernale.

Paru le 1er septembre dernier, Le bar de l’enfer est le premier roman de l’auteur américain A. Lee Martinez publié en France, dans la collection pour adolescents de Fleuve Noir, Territoires. L’auteur est spécialisé dans les écrits de fantastique et de science-fiction.

Destiné à un lectorat young-adult (entre douze et dix-huit ans), cet ouvrage nous conte les aventures déjantées de deux amis que tout oppose : Duke est un loup-garou et Earl est un vampire et ils vont croiser la route de Loretta, patronne du bar qui connaît plus de faits surnaturels que de clients.

Bienvenue Chez Gil.

Chez Gil, (c’est le nom du bar perdu dans lequel Duke et Earl ont décidé de faire une pause) il se passe des choses bizarres et même carrément étranges… En effet, le bar est régulièrement l’objet d’attaques de zombies et autres créatures mort-vivantes, comme si c’était une sorte d’aimant à créatures surnaturelles. Et bien entendu, comme à chaque fois qu’elles se rendent chez Gil, elles cassent tout sur leur passage.

Loretta, la tenancière du bar n’en peut plus. Elle ne comprend pas cette affluence de zombis, et de plus, c’est mauvais pour le commerce. C’est ainsi que Duke et Earl, de passage dans la bourgade, décident de venir en aide à Loretta moyennant quelques dollars, leur pouvoirs de loup-garou et de vampire ne devraient pas avoir trop de mal à venir à bout des ces créatures et de leur mystérieuse source.

Une histoire et des personnages peu convaincants

Le gros défaut du bar de l’enfer est qu’il utilise tous les stéréotypes de base censés « plaire aux ados » mais qu’en fait il en résulte plutôt l’effet inverse.

Les personnages de Duke et Earl sont tout sauf drôles et sympathiques, et surtout, « la méchante » de l’histoire que l’on connaît quasiment dès le début du roman ne laisse aucune place au suspense. Son personnage se cantonne à être une méchante peu subtile affublée d’un sous-fifre servile est amoureux d’elle (ou plutôt de son corps).

Enfin, autre faiblesse de taille : l’écriture. Tantôt vulgaire, tantôt débitée comme du langage parlé on a affaire à un style des plus rébarbatifs.

En somme Le bar de l’enfer est loin d’être un bon roman pour ados, vite lu et vite oublié, amateurs en tous genres, passez votre chemin. Une suite est sortie aux Etats-Unis, mais n’est pour le moment pas annoncée en France.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.