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Chronique : Et ta vie m’appartiendra

Une réécriture diaboliquement efficace de La peau de chagrin de Balzac version contemporaine. Un véritable coup de cœur qui donne envie de (re)lire l’oeuvre d’origine..

Dernier roman en date de l’auteur français Gaël Aymon, Et ta vie m’appartiendra vient tout juste de paraître en librairie le 19 mars dernier. Enfin, vous pourrez le trouver en librairie après le confinement !

Gaël Aymon a déjà écrit quantité de romans pour la jeunesse et les ados, parmi eux : Contes d’un autre genre (Talents Hauts), La planète des dormants (Nathan), ou encore Mon âme frère (Actes Sud Junior).

Je dois avouer que c’est la première fois que je lis un de ses romans, et que j’ai été assez séduite pour vouloir découvrir plus amplement son univers… explications.

Un héritage comme tombé du ciel… bénédiction ou infortune ?

Irina est une adolescente à qui la vit n’a jamais sourit. Elle a une mère extrêmement difficile à gérer qui se plonge dans de nombreux trafics louches et ne fait rien de sa vie… Pire, elle entraîne sa fille dans la dépression en maintenant un foyer anxiogène… C’est dans ces difficiles conditions que l’adolescente tente le concours qui pourrait l’amener à intégrer la prestigieuse école Sciences Po. Elle n’en a rien dit à sa mère, elle sait que cette dernière la découragerait…

Elle envie souvent sa meilleure amie Halima à qui tout semble réussir : une famille stable, aimante, qui donne les moyens d’avancer à leur fille…

C’est ainsi que Halima réussit le concours de Sciences Po et que Irina échoue, forcément. Mais la roue du destin va tourner pour Irina quand sa grand-mère, qu’elle a à peine connue, lui offre en héritage une mystérieuse peau dure et sèche. Le dernier vœu de sa grand-mère est qu’elle conserve l’étrange relique au coffre de la banque. Et que surtout, elle ne s’en serve JAMAIS. Car la peau a le pouvoir d’exaucer tous les souhaits… Irina n’ayant connu que le manque d’amour et la misère va bien sûr être tentée… et son premier souhait d’une longue série sera d’être riche. Riche à un point tel qu’il est impossible de dépenser autant en une seule vie… à moins qu’elle soit courte.

Un roman diaboliquement bien ficelé, mélangeant culture classique et époque contemporaine avec efficacité

Magistral. Addictif. Marquant. Philosophique aussi… Voici les quelques adjectifs dont ont peut affubler sans équivoque ce roman. Certes, il est destiné aux adolescents, mais il pourrait sans problème être lu avec plaisir par des adultes tant il est parfaitement pensé jusqu’à sa conclusion.

On est rapidement plongés dans une ambiance de polar où tout est soupçon. Car plus on possède, plus on a peur de perdre quelque chose… c’est ce que va découvrir Irina. Elle qui n’avait rien, elle a maintenant tout et plus encore… Tantôt très psychologique, parfois glissant sur le polar et même l’espionnage, chaque facette de ce roman fonctionne. Les personnages sont peu nombreux, mais travaillés avec efficacité, on s’y croit en très peu de pages…

Il est très malin de s’inspirer directement d’un classique de la littérature pour le transformer en un conte philosophique de notre époque. Et ça fonctionne diablement bien…

Très bonne idée, pourquoi cela ? Car c’est un beau prétexte pour s’intéresser à l’histoire de La peau de chagrin. Et c’est belle occasion pour découvrir un classique de façon ludique et détournée… car une fois commencé Et ta vie m’appartiendra, impossible de s’arrêter. Comme si la fameuse « peau » prenait également possession de vous… ça fait peur ? Attendez de voir les bonnes idées qu’a trouvé Gaël Aymon pour donner vie à son roman et à sa « peau ».

Extrait du texte de La peau de chagrin de Balzac.

Grâce à cette phrase emblématique du roman original, vous comprendrez mieux le titre de cette réécriture contemporaine. Alors, faut-il avoir lu La peau de chagrin pour en profiter pleinement ? Non. Justement, ce génial thriller philosophique et psychologique est un prétexte pour le découvrir.

Gageons qu’il fera des émules qui voudrons découvrir la « vraie » histoire de la peau de chagrin. Ce classique qui a tant marqué les esprit qu’une expression en a été tirée.

Ainsi, ce roman ado a tout pour lui : un suspense efficace, une histoire qui tient la route sur tous les aspects, une mise au goût du jour qui fonctionne à souhait (c’est le cas de le dire)…

Il ne vous reste plus qu’à découvrir cette merveille, elle vaut le détour !

Mini-Chroniques #7 : Un anniversaire royal à gâcher, une figure de l’Histoire au parcours inspirant, une dystopie chinoise à faire froid dans le dos et une femme trompée….

Pour une fois, il n’y a vraiment AUCUN rapport entre les livres présentés. Si ce n’est qu’ils ne nécessitaient pas une chronique complète. Mais ils ont tous leur petite particularité, même si je ne les ait pas tous pleinement aimés…

Le premier défi de Mathieu Hidalf – Christophe Mauri – Folio Junior

Cela fait extrêmement longtemps que j’ai lu ce premier tome des aventures de Mathieu Hidalf. Il ne m’en reste donc qu’un souvenir diffus bien que très positif, la mini-chronique semble donc tout indiquée.

Pour faire simple, cette histoire m’avait fait penser à du Harry Potter version délurée, décalée et originale. Le jeune Mathieu Hidalf prenant chaque année un malin plaisir à gâcher la fête d’anniversaire du roi. Et cette année, il va devoir faire encore plus fort que les années précédentes car un complot contre le roi s’organise…

C’est une lecture drôle, qui ne se prend pas au sérieux une seule seconde et qui recèle beaucoup d’imagination. On sent que ce n’est que le début d’une grande saga jeunesse (dont le succès s’est d’ailleurs amplifié au fil des tomes). Et en plus, c’est français ! Ce qui ne gâche rien, bien au contraire.

La révolte – Clara Dupont-Monod – Stock

La seconde partie de vie de l’incroyable Aliénor d’Aquitaine vue par son fils, Richard Cœur de Lion nous est ici magnifiquement romancée par Clara Dupont-Monod. L’autrice du roman Le roi disait que j’étais diable revient sur le sujet d’Aliénor, qu’elle n’a apparemment pas fini d’exploiter de façon romancée… Et c’est une réussite !

On plonge dans l’Histoire, la vraie, comme jamais. Et bien entendu, il y a quelques inexactitudes historiques, Clara Dupont-Monod le sait bien. Mais comme elle le dit si bien, elle n’est pas historienne mais romancière. Alors, si elle souhaite par exemple faire tenir une fourchette (ce qui historiquement n’est pas possible) à Aliénor, rien ne l’en empêche.

Pour ceux et celles qui aiment les purs romans historiques, c’est l’ouvrage parfait. On est transporté par le destin de cette femme qui s’est mariée au Roi de France, en a divorcé (impensable pour l’époque !) et puis s’est remariée avec le Roi d’Angleterre ! Ici, c’est tout particulièrement la seconde partie de sa vie que nous allons découvrir. Sa tentative de retournement du pouvoir en Angleterre, ainsi que sa captivité…

Un paradis – Sheng Keyi – Editions Philippe Picquier

Présenté comme La servante écarlate version chinoise, Un paradis avait tout pour me plaire. Une dystopie chinoise, ce n’est pas tous les jours qu’on en découvre une ! Mais très vite, j’ai été assez perplexe et déçue.

Je n’ai pas aimé l’écriture, même si elle se justifie tout naturellement car l’ouvrage est narré par une jeune femme un simple d’esprit qui ne comprend pas tout ce qu’on lui impose. Elle a été mise dans une sorte de clinique clandestine à bébés. Inséminée, on attend ensuite qu’elle accouche pour vendre le nourrisson, et on recommence jusqu’à ce que son corps s’épuise. Et comme elle est simple d’esprit, elle n’est même pas rémunérée, considérée uniquement comme un ventre fécondable, contrairement aux autres femmes qui elles sont venues par nécessité, elles sont payées par chaque bébé viable qu’elle « fournissent ».

Notre jeune narratrice se fait régulièrement abuser, agresser, tout étant écrit de son point de vue, rien n’est crument dit, mais on comprend qu’il se passe quelque chose de terrible. C’est une enfant dans un corps d’adulte qui nous raconte son calvaire…

Le roman est clairement dérangeant et c’est voulu, mais je n’ai pas réussi à adhérer à cette dystopie, bien trop terrible (et peut être trop réaliste ?). On appréciera les jolies aquarelles en couleur réalisées par l’autrice pour la version française de son roman. Elles sont superbes.

Martine est sur Gleeden – Martine S. – Editions de La Martinière

Peu mémorable, mais certes sympathique sur le moment. On y suit les « aventures » d’une femme d’une cinquantaine d’année dont le couple bat de l’aile. Son mari la trompe, elle décide de se venger en allant voir ailleurs elle aussi… mais ce n’est pas comme ça que les choses vont se passer.

Avec des noms de chapitres tels que « Martine va au sex-shop », « Martine à la piscine » ou encore « Martine Reporter », on ne peux s’empêcher de penser à la célèbre série pour enfants version salace… Mais ici, rien de cru, c’est plus une réflexion sur le couple quand on passé le cap de la cinquantaine. Je me suis sentie très éloignée de Martine pour de nombreuses raisons, mais avant tout parce que l’histoire est assez plate malgré une écriture drôle et vive. Lecteurs curieux, passez votre chemin…

Chronique : Disparaître

Un roman qui se dévore comme un thriller !

Mathieu Menegaux est un auteur français, il a déjà écrit des ouvrages ayant été remarqués, notamment : Est-ce ainsi que les hommes jugent ? ou encore Je me suis tue (Grasset, puis Points). Avec Disparaître, l’auteur nous propose un nouvel ouvrage que l’on ne lâche pas une seule seconde… à tel point qu’on en oublie tous ses potentiels défauts…

Un cadavre retrouvé nu, sans aucune marque distinctive…

Tout débute avec la découverte du corps d’un homme sur une plage, au sud de la France : rien ne permet de le relier à une quelconque affaire de meurtre ou d’avis de disparition… Son existence est un mystère total qu’un enquêteur va devoir vite résoudre. Il est mis sous pression par un maire qui a peur de voir les bénéfices de la belle saison s’envoler à cause d’une mauvaise publicité…

En parallèle, nous suivons à Paris l’ascension fulgurante d’une jeune femme à qui un avenir aussi acharné que brillant est promis. Elle a réussit à sortir de sa gangue provinciale, a grimpé tous les échelons pour atteindre l’excellence dans l’univers cruel de la finance. Rien de la fera lâcher prise tant l’ambition de la réussite la dévore… En quoi son histoire nous intéresse ?

Une intrigue diablement efficace, qu’importe les nombreux écueils !

Je ne pense pas que Disparaître sera mon roman de l’année, mais il a une qualité indéniable qui compte pour moi : il se dévore.

Les personnages sont extrêmement stéréotypés, le monde de la finance (que je ne connais que par ses légendes) doit l’être également, mais… qu’importe. On passe un excellent moment de lecture, impossible de lâcher l’ouvrage et l’affaire qui nous préoccupe tant c’est précis, chirurgical. Disparaître a toutes les qualités du bon page-turner : chapitre courts, alternance de points de vue, twists de fin de chapitre… Et ça fonctionne.

Alors, oui, il y a beaucoup de défauts à cette histoire, en particulier sur ses personnages, qui semblent parfois être des caricatures… Et il est dommage que cet enquêteur et sa psychologie ne soient pas plus creusés, il avait l’air fort intéressant. Mais on pardonne tous les défauts flagrants de cet ouvrage grâce au talent d’imagination de l’auteur (même si le dénouement se devine avant, on s’en délecte).

Il est juste curieux que l’ouvrage soit proposé en tant que roman et non pas comme un thriller, car il en possède tous les codes du genre. Peut-être est-ce pour ne pas dépayser le lectorat habituel de l’auteur ? Je ne saurais dire…

Quoi qu’il en soit, si vous êtes à la recherche d’un roman terrible, tragique, captivant et poignant, embarquez dans l’histoire de Disparaître. Vous ne serez pas déçus du voyage…

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Chronique : Le Faiseur de rêves – tome 1

Tout simplement une merveille d’imagination comme rarement on en lit !

Série en deux tomes parue aux éditions Lumen, Le faiseur de rêves est une saga d’une rare originalité.

Laini Taylor est américaine, et elle nous avait déjà fait voyager avec délices à Prague dans sa trilogie La marque des anges. Cette série m’a marquée durablement et m’a même donné l’envie d’aller à Prague (ce que j’ai fait), et je l’ai lue il y a de très nombreuses années, dommage que Gallimard n’ai jamais sorti le troisième tome… Mais rien ne vous empêche de la découvrir avec les deux premiers tomes en français et le troisième en anglais.

Cela faisait donc de nombreuses années que rien n’était sorti en France de cette autrice… et son retour fut une – nouvelle – claque littéraire pour moi.

Un univers unique et un personnage que l’on suivrait au bout du monde…

Lazlo Lestrange est un jeune homme insignifiant. Passionné, mais totalement insignifiant. Il a réussit à s’enfuir de la vie étriquée que lui offraient les moines en le recueillant bébé, et travaille désormais dans l’une des plus grandes bibliothèques du royaume. Rouleaux poussiéreux, codex antiques et rouleaux suffisent au bonheur de Lazlo.

Mais si il travaille dans cette bibliothèque, ce n’est pas seulement par amour des livres, mais pour retrouver les traces d’un souvenir indélébile dans son cerveau. Celui d’une ville disparue, aux légendes flamboyantes et aux mythes incroyables. Mais Lazlo semble être le seul à avoir un souvenir vivace de l’existence de cette cité de légende et il cherche depuis des années des preuves, si maigres soient-elles dans les ouvrages de la bibliothèque… Et puis un jour, tout va s’accélérer pour Lazlo et sa quête de toute une vie…

En parallèle, nous suivons également Saraï, une jeune femme mystérieuse à la peau bleue qui semble fort tourmentée par quantité de problèmes parasites. Quel lien a-t-elle avec notre histoire ?

Une citation de l’ouvrage souvent reprise par ses fans.

Un roman merveilleux où l’on plonge à corps perdu

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un tel roman, une telle richesse dans un univers créé de toutes pièces. Laini Taylor a réussi à créer quelque chose d’extrêmement cohérent et captivant, et cela dès les premières pages.

Tout est motif à s’émerveiller dans ce livre : les personnages (Lazlo et Saraï certes, mais pas seulement), l’atmosphère qui nous plonge dans une sorte de 1001 nuits version fantasy et alchimie mélangés, la mythologie foisonnante qui nous est offerte, la magie unique que l’on découvre au fil des chapitres. Dans cet univers, l’alchimie prend une part importante de l’intrigue. Comme dans notre monde par le passé, la transmutation du plomb en or est devenu une quête chronophage pour beaucoup d’alchimistes, une sorte de quadrature du cercle version alchimiste.

Magnifiques illustrations du graphiste français ayant travaillé sur de potentielles couvertures pour Le faiseur de rêves. Elles ont finalement été utilisées pour la promotion des ouvrages, mais pas en tant que couverture. Celles de la version originale ont été finalement conservées.
Son site : http://latetedanslalune.net/aidez-un-graphiste/

« L’alchimie reposait sur la croyance en l’azoth, l’essence secrète inhérente à toute matière. Les alchimistes pensaient que sa distillation leur permettrait de maîtriser les structures sous-jacentes au monde physique. De transformer le plomb en or, de distiller un solvant universel, voire même un élixir d’immortalité« .

Et dans l’intrigue magistrale qui se tisse peu à peu, un nouvel élément alchimique encore plus important que l’or va occuper tous les esprits : le mésarthium. « Impénétrable, inattaquable. On ne pouvait le couper ni le percer. Personne n’avait jamais réussit ne serait-ce qu’à l’érafler ».

Tout est un prétexte à continuer de lire. Si ce n’est pas la partie avec Lazlo, ce sera celle avec la mystérieuse Saraï qui semble enfermée et libre à la fois, comment une telle chose est-elle possible ? Si ce n’est pas Saraï, ce sera la quête impossible de Lazlo qui vous tiendra en haleine… ou sa relation extrêmement houleuse avec l’un des alchimistes les plus prisés du royaume.

Je ne puis développer plus sur les qualités intrinsèques du roman, mais sachez que les derniers chapitres sont terriblement réussis. Laini Taylor réussi à regrouper toutes les énigmes qui s’amoncelaient peu à peu depuis le début pour nous offrir une fresque finale magistrale. Et ce n’est que le premier tome… Et il est quasiment impossible de ne pas se précipiter sur le second tant le final est terrible.

Conclusion : Le faiseur de rêves est l’une de mes meilleures lectures de cette année 2019. Et le second tome est tout aussi génial bien que très différent, je vous parle donc très bientôt de La Muse des cauchemars !

Cela confirme le talent inouï de Laini Taylor pour créer des univers magistraux.

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Chronique : Un écrivain, un vrai

Un roman passionnant sur la question épineuse : qu’est-ce qu’un écrivain ? Et quels sont les critères pour le définir ?

Pia Petersen est une autrice Danoise qui vit en France depuis presque toujours. Elle écrit tous ses ouvrages en français. L’un de ses plus connus est celui chroniqué ici, Un écrivain, un vrai (Actes Sud, Babel), mais on peut également citer Paradigma (paru il y a peu aux Arènes) ou encore Une livre de chair (Actes Sud).

Une téléréalité hors-norme pour un écrivain qui l’est tout autant

Gary Montaigu vient de recevoir un coup de massue en apprenant qu’il avait remporté le Man Booker Prize (équivalent du Goncourt aux USA), c’est ainsi qu’on lui propose de participer à l’émission Un écrivain, un vrai. Cette téléréalité a de quoi étourdir par son ambition ; en effet, Gary Montaigu va devenir une star parmi les stars avec l’émission.

Son concept ? Filmer quasiment tout du quotidien de l’auteur, mais surtout voir son processus créatif. Cependant, les téléspectateurs vont peu à peu donner leur avis sur l’ouvrage en cours d’écriture… est-ce nécessairement une bonne idée de s’immiscer dans l’intimité de création d’un auteur ? Est-ce stimulant ? Ou autre chose ?

Un roman aux allures de satyre de notre société

Très introspectif et réfléchi, Un écrivain, un vrai nous propose une belle façon de penser notre société au travers du prisme de l’écriture. L’intrigue est très prenante (bien que le déroulement assez lent), mais je pense qu’il faut voir au-delà et ne pas penser qu’à l’histoire. Il y a beaucoup de symboliques et de circonspection dans ce roman, différents niveaux de lecture également.

Rien qu’au niveau des symboles, ont peux réfléchir à l’étrange patronyme de notre écrivain star : Gary Montaigu. Est-ce un clin d’œil à Romain Gary et à l’une des pièces les plus connues de Shakespeare, Roméo et Juliette ? Une double référence littéraire ? Je pense que oui, et ça me fait sourire… surtout en découvrant la suite de l’histoire.

Par ailleurs, les personnages ont beau être peu nombreux, ils sont fort bien développés. Je pense notamment à la femme de Gary, la calculatrice Ruth. Difficile à cerner, facile à détester au travers des yeux de Gary… l’est-elle vraiment ? A vous de juger… Même réflexion sur la fameuse Alana censée être utilisée comme « ressort » dans l’émission pour créer une tension dramatique dans le couple Ruth/Gary. Son but ? Faire de l’audience en endossant le rôle de la « seconde femme ».

Pia Petersen invente au passage un terme intéressant bien qu’effrayant, celui de télé-lecteur. Comme le téléspectateur, il a une opinion bien arrêtée, jugera très vite de ce qu’il souhaite ou ne souhaite pas voire ou lire. C’est ainsi, que peu à peu, le processus de création de Gary Montaigu est freiné… tant il est ausculté dans les différentes facettes de sa vie.

C’est donc un très bon roman que Un écrivain, un vrai. Pas nécessairement aussi facile d’accès que les lectures que j’ai habituellement, mais tout aussi plaisant. Une ambiance particulière s’en dégage, et j’adore lire des romans qui parle d’auteurs, de processus de création, d’édition et d’écriture… et c’est l’apogée du plaisir de lecture pour moi.

Le décor dans lequel j’imagine parfaitement l’intrigue de ce roman, la pièce parfaite pour l’écrivain new-yorkais.
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Chronique : On dirait que je suis morte

Un roman inclassable où l’on suit une anti-héroïne qui n’a pas de limites… ni de but.

Paru lors de la Rentrée d’hiver de 2019, On dirait que je suis morte est le premier ouvrage de Jen Beagin à paraître en France, il est aux éditions Buchet Chastel. Et on peut dire qu’il est assez… étrange et décousu, mais plaisant pas certains côtés. Explications.

Une jeune femme qui rencontre l’amour en la personne de « Monsieur Dégoûtant »

Mona a 24 ans, vit dans la ville de Lowell, elle est femme de ménage et ne se voit pas faire autre chose de sa vie. Quelques heures par semaines, elle fait du bénévolat dans un centre d’aide pour drogués. Elle donne des seringues stérilisées, quelques mots gentils… Mais quand elle rencontre Mr Dégoûtant – comme elle-même le surnomme dans sa tête – ils vont vivre une histoire d’amour… à leur échelle. Il fait les poubelles pour lui offrir de jolies choses, tente de se droguer moins… Mais est-ce qu’avoir trouvé l’amour est une fin en soi ? Ou y-a-t-il autre chose qui se profile pour Mona ?

Le roman d’un début de vie fait de bric et de broc

Ce roman est en fait le récit de vie d’une jeune femme avec qui la vie n’a jamais été douce. Parents à peine mentionnés, seulement une tante qui se préoccupe quelque peu d’elle. Toutes ses rencontrer sont hasardeuses, sinon désastreuses… Ce serait un bon résumé de la vie de Mona, que nous suivons durant pendant un temps assez court (environ 2/3 ans).

Mais quel est le but de cette histoire ? De ce roman atypique sans morale ni but ? Et bien justement… je cherche encore. Le personnage de Mona est pourtant intéressant, voir drôle par moments malgré l’adversité. Mais je ne comprends guère le pourquoi de cette histoire, qui se termine très abruptement et sans réelle finalité ou conclusion.

J’ai passé un bon moment avec Mona et ses frasques – elle se fait de nombreux films à propos des clients chez qui elle fait le ménage, et parfois ça va très loin ! – mais pas assez pour en parler avec enthousiasme. En fait, je n’ai rien ressenti du tout pour la vie de Mona et ses pérégrinations étranges et décousues de Lowell à Valdez…

En vérité, On dirait que je suis morte est un roman que l’on lit, et que l’on oublie presque immédiatement. Je n’ai rien retiré de cette lecture, ni en bien ou en mal. Je n’ai rien appris, je n’ai pas eu ni plaisir ni dégoût. C’est comme si tout était là, mais pas là… C’est peut-être cela que voulait dire le titre ? Que si Mona n’était pas là, on ne verrait pas la différence, et que son existence n’a rien d’exceptionnel, de notable…

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Ces livres que je n’ai pas réussi à terminer #3

Parfois, on est persuadé que l’on va a adorer un livre. Il correspond à notre style de lecture, il appartient à un genre que l’on apprécie particulièrement… Et pourtant, rien à faire, ça ne prend pas. Cela arrive, la preuve en image avec une dystopie et du steampunk qui avait tout pour me plaire !

Water Knife – Paolo Bacigalupi – Au diable Vauvert

Il s’agit du second roman de Paolo Bacigalupi que je lis, mais Water Knife n’a pas su me convaincre malgré un thème fort. L’eau est devenue une denrée si rare qu’elle en devient un motif pour tuer et faire la guerre (comme c’est déjà le cas dans certains endroits du monde…).

C’est dans ce contexte post-apocalyptique que l’on suit Angel Velasquez, à la fois espionne, détective et un peu mercenaire… elle vient de couper l’eau qui assure la survie de Las Vegas.

C’est ainsi que débute l’ouvrage, qui mélange géopolitique (un peu brouillonne pour moi) et post-apocalyptique…

L’idée de base est très bien, l’ambiance âpre du roman également, malheureusement, j’ai trouvé le déroulement de l’histoire trop dense et pas assez expliqué. De plus, on s’y perd un peu avec les nombreux termes empruntés à l’anglais et à l’espagnol sans comprendre tous les tenants et aboutissants, ce qui démotive un peu…

Et surtout, le rythme du roman, assez lent, a fini d’achever ma motivation. J’ai stoppé ma lecture au bout d’un tiers d’efforts. A regrets.

La chute de la maison aux flèches d’Argent – Aliette De Bodard – Pocket SF

Ils sont rares les dans lesquels j’ai du mal à m’immerger, ne serait-ce qu’un peu… Mais avec La chute de la Maison aux flèches d’Argent, ce fut le désenchantement total. Cela faisait très longtemps que ce livre me faisait de l’œil, et j’avais déjà un plaisir anticipé à le découvrir…

Quelle ne fut pas ma déception quand je vis que je n’arrivais pas du tout à m’imprégner de l’univers ! 

Pour l’histoire, nous sommes dans un Paris alternatif où la magie règne et où différentes Maisons se partagent âprement la moindre parcelle de pouvoir et de territoire. Pour le genre, il est assez unique puisqu’on navigue entre la Fantasy historique et urbaine tout en ajoutant du  post-apocalyptique. Bref, ça avait absolument tout pour me plaire !

Tout débute par la chute d’un « ange », sa venue va exacerber les tensions, notamment entre la Maison aux flèches d’Argent et la Maison Aubépine. On comprend peu à peu que de nombreux enjeux entourent sa présence car il est doté d’une puissance phénoménale.

Mais là où le bât blesse, c’est que l’on ne comprend que peu ces fameux enjeux. On nous parle de pays et de régions dont on ne connait que le nom, rien d’autre… Les personnages se confondent au fil des pages, on ne sait plus qui est qui et qui souhaite quoi… Difficile dans ce cas là de comprendre tous les tenants et aboutissants de l’intrigue. D’autant que le système magique de l’univers n’est que très peu décrit…

Au final, c’est un véritable sac de nœuds dont on ne ressort pas indemne. La lecture devient vite très laborieuse et déplaisante. J’ai ainsi abandonné le roman à sa presque moitié. Sans regrets.

Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part – Sabrina Philippe – Eyrolles

Quand j’ai commencé cet ouvrage je savais pertinemment que ce n’était pas mon type de lecture habituel. Mais il faut essayer, on peut être surpris parfois… Mais au final, j’ai été totalement hermétique à l’histoire. Mélange entre roman, coaching, récit de vie (le roman est très autobiographique) religion et ésotérisme c’est un peu trop fourre-tout.

On y suit une femme qui est lasse de tout et n’a envie de rien, elle déménage et va faire dans un café une rencontre qui va bouleverser sa vie. Elle va rencontrer son âme sœur, un amour qui traverse les siècles. Ils se sont déjà connus par le passé, et ils se retrouvent enfin.

Je suis très sceptique quant à ce mélange de fiction/roman/témoignage qui nous raconte que la vie est faite de destins et que notre âme sœur nous attend quelque part. Ce n’est pas uniquement un roman, il y a un message sous-jacent qui se veut fort, puissant, presque christique.

C’est du développement personnel avant un roman tant on a l’impression qu’on nous fait la leçon entre les lignes avec des punchlines à méditer… J’ai trouvé ça empli de lieux communs et beaucoup trop imprégné de religion. Très peu pour moi.

Le secret de l’inventeur – Tome 1 – Andrea Cremer – Lumen

Le steampunk est un genre que j’affectionne tout particulièrement. Son univers est si riche, il est une telle source d’inspiration dans tant d’œuvres (cinéma, romans, bd, films, jeux-vidéos…) que c’est toujours un plaisir de se plonger dans un roman qui prend sa source dans ce genre littéraire.

Alors, quand j’ai vu que l’autrice de Nightshade (dont j’avais apprécié le premier tome) sortait enfin sa fameuse série steampunk (dont elle m’avait parlé il y a de cela des années lors d’une interview) j’ai été ravie ! Surtout que ce sont les éditions Lumen qui ont acquis les droits de sa série, et que cet éditeur fait un tel travail que tout ce qu’ils publient est choyé, sélectionné avec soin. C’est donc avec enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture du Secret de l’inventeur. Mais au bout d’une centaine de pages, je n’arrivait toujours pas à saisir les enjeux de l’histoire, ses personnages me paraissaient peu charismatiques, ils m’échappaient. Impossible de m’attacher à l’un d’eux ainsi qu’à leur parcours…

J’avoue avoir été déçue d’être déçue, justement. J’avais tellement d’attentes autour de cet ouvrage que j’aurais aimé de tout mon cœur l’apprécier. C’est pour cela que je me dis que je réessayerai certainement de lire Le secret de l’inventeur. Je ne lui ai peut-être pas donné la chance qu’il aurait dû avoir… Ce n’est donc que partie remise !

Chronique : Sérotonine

Le nouveau Houellebecq est arrivé ! Pour les fans, c’est l’occasion de s’extasier sur son écriture et son style provocateur… pour d’autres, c’est un peu le désenchantement.

On ne présente plus Michel Houellebecq, auteur français qui a chaque nouveau livre créé l’événement dans les médias et l’affolement (merci à lui) dans les librairies. On se souvient tous de la sortie de Soumission et l’énorme polémique qui a suivi, car paru quasiment en même temps que le drame de Charlie Hebdo.

Houellebecq est effectivement un auteur qui provoque, mais qui questionne aussi. En tout cas, une chose est certaine, il ne laisse personne indifférent.

Un antihéros dépressif pour narrateur  

Si vous respirez la joie de vivre, Sérotonine devrait vous calmer pour un moment. On y suit un homme âgé d’environ une cinquantaine d’années, ingénieur agronome de son état, il fait le point sur sa vie. Il a toujours vécu dans l’opulence, gagnait un salaire confortable, vivait dans un très grand appartement tout près de la Motte Picquet Grenelle et donc de la Tour Eiffel. Il a vécu pendant des années avec une femme d’origine japonaise, Yuzu. Ils se sont quittés depuis peu, c’est ainsi que le narrateur fait le point sur sa vie, ses amours ratés, ses nombreuses conquêtes.

Il décide de refaire un dernier tour de ses femmes qui ont croisé son chemin, et pour certaines, la route de son cœur… Et pour aller mieux (ou moins bien, c’est selon), il prend un antidépresseur : le Captorix.

Et comme notre narrateur est en grande dépression, le tout respire à fond la joie de vivre.

Un roman certes, très bien écrit, mais dont le contenu est aussi déprimant que dérangeant

Quand on est un lecteur passionné, on est curieux. J’ai donc voulu tenter de lire pour la première fois un roman de Houellebecq. J’avais eu tellement d’échos différents depuis de nombreuses années qu’il était pour moi important de tester, de me forger ma propre opinion.

Ainsi, je trouve que Michel Houellebecq est un auteur intéressant, mais qu’il n’est pas fait pour moi. Son écriture est en effet faite de fulgurances intéressantes, il écrit bien, certes. Mais ça ne suffit pas, pour moi l’écriture ne doit pas remplacer l’histoire. Et d’histoire ici, il n’y en a guère. On passe d’amantes en amours perdus du narrateur (qui ressemble beaucoup à Houellebecq dans sa vision du monde, entre auteur et narrateur la ligne est très finie !).

Ce qui m’a vraiment déplu, ce n’est pas cette introspection et cette quête de soi, que j’ai trouvée intéressante, mais certaines, pour le moins choquante. Pêle-mêle, vous trouverez : de la zoophilie, des partouzes, de la pédophilie très suggérée, et les mots bite et chattes qui reviennent beaucoup trop souvent. Alors si le génie de l’écriture c’est ça, je passe mon chemin…

Seule chose réellement intéressante et touchante, Houellebecq a extrêmement bien parlé d’une chose : le malaise de nos agriculteurs.rices français.es. Leurs difficultés croissantes pour s’en sortir, leur envie d’en finir pour ne plus avoir à payer les traites, les taxes, les impôts. La pression des grands distributeurs pour brader leurs produits, bradant au passage leur qualité de vie ou leur vie tout court pour les cas les plus difficiles.

Il a su pressentir le mouvement qu’allait être celui des Gillets Jaunes. Cette scène où les agriculteurs commencent à bloquer des routes et des pompes à essence pour manifester leur raz le bol général face aux coups durs. Pour cela en effet, il est doué. Il sait capter l’essence de notre société pour anticiper certaines de ses réactions, et ça ce n’est pas donné à tout le monde.

Pour ceux qui s’interrogent sur ce qu’est la sérotonine, il s’agit d’un neurotransmetteur. Il semblerait qu’elle soit un facteur qui entre en jeu dans la dépression. Tout dépend de la quantité présente, mais elle influe directement sur notre état d’esprit, tout comme la dopamine.

Ainsi, Sérotonine est un roman intéressant, mais trop provocateur à mon goût. On appréciera toutefois l’analyse de l’auteur sur notre société française, notamment sur sa force agricole. Notre agriculture est une force… et nous sommes en train de la tuer à petit feu. Dommage qu’il y ait trop de digressions amoureuses, de déprime ambiante, et de scènes malsaines. En tout cas, l’expérience n’était pas inintéressante.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Dans les angles morts

Un roman d’ambiance dense et prenant aux allures de polar…

Premier roman d’Elizabeth Brundage à paraître en France, Dans les angles morts est un livre à part. Paru en janvier 2018 chez Quai Voltaire, l’ouvrage est à la fois un roman noir, un polar à haute teneur psychologique et un magnifique portrait de l’Amérique rurale des années 70/80. Bienvenue donc dans la petite ville de Chosen…

Un terrible meurtre à la hache 

Tout débute avec un mari paniqué qui vient de découvrir le cadavre de sa femme dans son lit, une hache en pleine tête. Qui a bien pu commettre un crime aussi terrible et violent ? Pour quels motifs ? Et dire que leur fille Franny est restée pendant des heures dans la chambre d’à côté, si proche du cadavre de sa mère…

C’est ainsi que l’on part à la découverte du couple que formaient Catherine et George, des relations qu’ils avaient avec leurs proches, leurs collègues… et comment un tel drame a pu se nouer. Hautement psychologique, regorgeant de portraits humains fascinants, Dans les angles morts est un roman parfait et captivant…

Bienvenue dans la petite ville de Chosen…

Chosen : cette ville, Catherine n’a jamais désiré y vivre, et encore moins habiter dans la maison que George leur a trouvée pour eux et leur fille Franny. Surtout quand on connaît le terrible passif de la famille qui y a vécu avant eux. Comme si le malheur était attiré par cette vieille ferme solide mais singulière…

On commence donc à découvrir Chosen, ses habitants, le couple George/Catherine, les mécanismes qui constituaient leur quotidien, leurs habitudes… et leurs travers.

Dans cet ouvrage, que l’on peut assimiler à du roman noir (pas franchement du polar ni du policier), la psychologie des personnages est absolument primordiale. Ils sont d’une profondeur insondable, complexes… vivants. On découvre leurs aspirations, leurs regrets, leurs rancœurs… et peu à peu, un portrait se brosse.

On navigue alors entre le monde professoral et artistique de George et celui beaucoup plus terre à terre de Catherine, qui gère le plan domestique. On alterne également entre l’année 1978, où les Hale habitaient encore leur ferme laitière avant de faire faillite et 1979, quand les Clare se sont installés.

L’un des points les plus positifs de ce roman dense mais fluide, ce sont ses personnages. Ils sont extrêmement précis et clairs dans notre esprit quand on lit leurs descriptions, leurs perceptions… Chacun est minutieusement décrit, chacune de leur pensée décryptée, expliquée, ce qui les rend terriblement réalistes. Parmi les plus touchants, on peut citer la fragile Willis, le charismatique Eddy, et la petite Franny… Ils sont uniques et terriblement touchants.

Et sans parler d’attachement, la complexité de ce qu’il se passe dans la tête de George et de Catherine est également magnifiquement bien pensé. On monte crescendo en puissance, avec de petits détails, puis peu à peu d’autres choses sont amenées et on en vient presque à trouver tout ce que nous écrit Elizabeth Brundage « normal » et logique… malgré tous ses aspects terrifiants.

……

Pour ceux qui aiment les romans d’ambiance où l’on peut se faire hypnotiser par certains personnages (je pense aux superbes frères Clare en écrivant ces lignes…), Dans les angles morts est pour vous. Mélange de genres, flirtant parfois avec l’étrange (quelques lignes à peine sur 530 pages !).

C’est une très belle escapade dans l’Amérique profonde et rurale des années 70 qui ne vous laissera pas indifférent.

Ces livres que je n’ai pas réussi à terminer #2

Crédit – Larry Rostant

Panne d’inspiration ? Manque d’envie ? Cela arrive avec la lecture, même quand on adore lire… Il arrive que l’ouvrage et l’instant ne soient pas en corrélation, et il devient difficile voir impossible de terminer l’ouvrage dans lequel nous nous sommes lancés. Heureusement, ce sont des pannes assez brèves. Voici une petite liste de quatre ouvrages que je n’ai absolument pas réussi à terminer. Le temps étant trop précieux pour qu’on se torture à terminer un livre qui ne nous plait pas.

Hemlock Grove – Brian McGreevy – Super 8 éditions

Avant toute chose, je tiens à préciser que j’adore quasiment TOUT ce que font les éditions Super 8. Leur catalogue ainsi que leurs choix éditoriaux sont toujours originaux, et donc risqués. Cette maison d’édition est l’une de mes favorites, alors ne pas réussir à lire un de leurs ouvrages est pour moi une véritable (et rare) déception.

Mais avec Hemlock Grove, ça ne prend pas. L’ouvrage met beaucoup de temps à démarrer, on a beau comprendre les enjeux (un meurtre atroce et un homme-loup dans la nature), tout se mélange. Les personnages sont assez flous dans l’imaginaire du lecteur (en tout cas dans le mien), impossible de bien les distinguer et encore moins de les apprécier. On ne sait pas où l’auteur veut nous emmener, mais la lecture est assez pénible, je n’ai eu aucun plaisir de lecture dans ce roman trop occupée que j’étais à essayer de tout saisir…

On reste bien trop à la surface et pas assez dans le nerf même de l’histoire, j’ai donc abandonné cette lecture après un bon tiers d’efforts.

Les disparus du pont de pierre – Jeanne Faivre d’Arcier – Castelmore

Des disparitions étranges, un soupçon de fantastique mêlé à de l’Histoire… ce roman à destination des jeunes ados avait de quoi faire rêver, et pourtant. Impossible pour moi de m’attacher de près ou de loin au personnages et encore moins à l’intrigue. Je ne comprends pas ce qui cloche, mais ça n’a pas du tout fonctionné pour moi…

D’autant, que j’ai découvert plus tard que Les disparus du pont de pierre est le second tome des aventures de Cornélia et Niko, ce qui explique une partie de mon incompréhension. Il n’est mentionné nulle part que ce second tome est une suite, et il aurait été important de le savoir pour comprendre toute l’intrigue et surtout le passé des personnages !

En effet, l’auteur nous rapporte des faits brièvement comme si nous en connaissions toute la teneur… ce qui est le cas uniquement si vous avez lu le tome précédent : Le vampire de Bacalan. Et ce fameux vampire refait surface dans le second opus, mais nous ne sommes guère avancés quant à ses intentions…

En somme, je suis passée totalement à côté, et cela à juste raison… Il est à peu près possible de comprendre l’histoire malgré tout, mais ça fait trop de blancs à combler pour apprécier l’histoire… J’ai arrêté ma lecture à la moitié de l’ouvrage.

Zodiaque – Tome 3 – Lune Noire – Romina Russell – Michel Lafon

J’ai adoré les deux premiers tomes de la saga Zodiaque qui étaient une belle intro à la sf en young-adult (chronique du tome 1 et du tome 2 ici), mais la lecture de ce troisième opus a pour moi été très difficile. J’ai eu l’impression de tourner en rond et de lire les mêmes intrigues que dans le second livre. L’héroïne, Rhoma continue sa « tournée » des différentes planètes du Zodiaque afin de prévenir de l’arrivée d’Ophiuchus, le 13ème signe qui veut sa vengeance.

J’ai abandonné aux presque trois-quarts du roman, qui était trop répétitif selon moi… Dommage car le début de cette saga était très porteur, et certains personnages (notamment Hysan <3) étaient très charismatiques.

Le peigne de Cléopâtre – Maria Ernestam – Babel

Rien qu’à la couverture, j’avais été séduite par Le peigne de cléopâtre, de plus son titre était assez intriguant pour attirer l’attention… C’est donc avec curiosité et joie mêlés qui je me lançait dans ce roman de la suédoise Maria Ernestam.

L’histoire est celle d’amis qui décident de créer une entreprise de services un peu spéciale où ils résolvent les problèmes des gens. Petits tracas, décoration, jardinage… l’offre est large. Jusqu’à ce qu’une dame demande à l’entreprise d’éliminer son mari.

Dis comme ça, je trouve que ça donne envie ! Sauf que. On s’empêtre dans la psychologie des trois personnages principaux. Parfois on les confond même… et surtout, on perd tout intérêt pour l’intrigue elle-même tant il y a d’informations (pas toujours utiles) à assimiler.

C’est donc un roman qui avait tout pour me plaire, mais qui au final n’a pas réussi à m’accrocher. J’ai arrêté à la moitié du roman…

Pour aller plus loin : J’avais également chroniqué un autre roman de Maria Ernestam que j’avais réussi à terminer cette fois-ci : Patte de velours, oeil de lynx. La fin se terminait en queue de poisson, laissant le lecteur sur sa faim…