Pocket a vu les choses en grand pour les libraires et les influenceurs avec une jolie box de lancement pour l’arrivée en poche de Margo a des problèmes d’argent.
Précédemment paru aux éditions Le Soir Venu, Margo a des problèmes d’argent de Rufi Thorpe arrive au format poche ! Celleux qui l’ont loupé cette parution, je vous laisse lire ma chronique enthousiaste ici.
Et enfin, je vous laisse admirer les photos de la box avec les supers goodies qu’elle contient et qui sont PARFAITS pour cette lecture !
Voici quatre romans bien différents, mais leur point commun est d’être devenu, chacun à sa manière, un classique. L’un est ce qu’on appelle sobrement un classique (du roman gothique entre autres), les autres sont ce que l’on nomme des classiques contemporains. Tous ont marqué, et cela de différentes manières… même si cela n’a pas toujours été le cas pour moi en tant que lectrice. Il faut les avoir lu pour se faire son propre avis ! Et vous, en avez-vous lu parmi cette petite sélection ?
Mon chien stupide – John Fante – éditions 10/18
Grand classique de la littérature américaine, Mon chien stupide est paru en 1985 aux États-Unis. On y suit les déboires d’un père de famille qui voit peu à peu sa vie partir dans tous les sens… en tout cas de son point de vue ! J’ai toujours entendu dire que cet ouvrage était drôle, atypique voir génial et pourtant… cette lecture m’a laissée assez dubitative et m’a même franchement déçue.
Peut-être mes attentes étaient-t-elles trop élevées ? Ou alors suis-je totalement passée à côté de ce texte ? Je l’ignore. Mais en dehors de quelques répliques bien senties et pleines d’esprit, pour le reste, ce fut pour moi une lecture très dispensable…
Si vous tombez sur cet article et que vous avez lu et aimé Mon chien stupide, j’en parlerai avec plaisir pour mieux comprendre le succès de ce roman.
Les amants du Spoutnik – Haruki Murakami – éditions 10/18
Si vous connaissez déjà un peu l’œuvre du japonais Haruki Murakami, vous savez qu’elle est à la frontière de l’étrange et d’une normalité toute relative. Encore une fois c’est le cas avec Les amants du Spoutnik qui nous conte l’histoire d’une très étrange disparition…
J’ai lu cet ouvrage il y a des années, mais j’en garde un souvenir à la fois très positif et éthéré. Pour ceux et celles qui aiment les romans où tout n’est pas expliqué, les histoires d’amour atypiques, et voyager entre le Japon et la Grèce ce roman est un bel inclassable.
Je ne suis pas sûre que ce roman soit le plus à-propos pour découvrir l’auteur car il ne fait pas parti des plus accessibles de son œuvre. Le mieux serait peut-être de commencer par Kafka sur le rivage ou encore La ballade de l’impossible. Plus récemment, sa saga en deux tomes Le meurtre du Commandeur vaut également le détour.
Les Hauts de Hurle-Vent – Emily Brontë – Le livre de Poche
Classique parmi les classiques, je n’ai pas la prétention de faire une chronique sur un tel monument de la littérature. Je vais simplement parler de mon ressenti.
J’ai apprécié cette histoire, même si je sais de façon certaine que je n’ai pas détecté toutes les symboliques dont s’imprègne l’ouvrage. De même que j’ai eu beaucoup de difficulté à entrer dans l’histoire…
Je pense qu’il faudrait que je lise d’autres ouvrages des sœurs Brontë ainsi que d’autres titres dits gothiques pour pouvoir les apprécier pleinement. Par exemple Les Mystères d’Udolpho de Ann Radcliffe ou encore Le Moine de Matthew Gregory Lewis. A suivre…
Dix petits nègres – Agatha Christie – Le livre de poche
Bien que renommé en 2020 sous le titre Ils étaient dix, j’ai une ancienne édition de ce classique de la littérature policière avec le titre, donc je le présente avec ce dernier. D’autant plus que je pense que c’est une erreur que d’occulter celles qui ont été commises par le passé, les cacher sous le tapis et faire comme si elles n’avaient jamais existé n’est pour moi pas la solution. En effet le terme nègre est évidemment offensant, mais cette partie de notre histoire ne doit pas être oubliée sous peine de ressurgir plus tard… Il aurait peut-être été judicieux de conserver ce titre tout en remettant dans son contexte son utilisation. Expliquer par le biais d’une préface qu’il est le reflet d’une époque, d’une pensée révolue… Faire table rase est un déni total de ces erreurs. Voilà pour mon avis sur le changement de titre.
Ce fut le premier roman d’Agatha Christie que j’ai lu, et j’ai adoré son ambiance feutrée, et empreinte de mystère. Les personnages sont nombreux mais très réussis, impossible de les confondre. En quelques lignes à peine, on les cerne et on devine leur caractère propre.
L’idée de les faire tomber un par un comme des mouches alors qu’ils sont dans une petite maison sur une île c’est du grand art.
J’ai dévoré l’ouvrage de bout en bout et une chose est certaine, ce n’est pas pour rien que cet ouvrage a un tel succès depuis sa sortie. Tout est réussi, simple, efficace, mais totalement redoutable.
Pour ceux qui aiment les romans de cosy-crime mais qui ne se sont pas encore essayé à l’œuvre d’Agatha Christie, je ne peux que vous le conseiller !
PS : Pour l’anecdote, saviez-vous que des mathématiciens ont mis au point une formule qui permet de déterminer le coupable dès le début du roman ? Tout cela en fonction du lieu de transport des personnages en début d’intrigue et du type d’endroit où se déroule cette dernière. Je trouve ça incroyable.
Paru en 2020 aux éditions Flammarion, Sexy Summer est le troisième ouvrage de l’autrice belge Mathilde Alet. Ses deux précédents textes sont publiés chez Luce Wilquin, un petit éditeur 100% belge.
Adieu Bruxelles, bonjour le village paumé de Varqueville
Rarement on aura vu une famille chercher à tout prix à s’éloigner de la civilisation et de sa densité. Leur but en quittant Bruxelles ? Vivre dans le lieu le plus « perdu » possible, et surtout là où il y a le moins d’ondes qui circulent. Juliette, adolescente de quatorze ans a été diagnostiquée EHS (acronyme pour Électro Hyper Sensibilité) elle est allergique à toute forme de technologie. Les ondes des téléphones portables, la radio, la télévision, et même l’électricité quand elle est trop forte peut lui causer des vertiges, des trous noirs.
Ainsi, c’est toute la famille qui déménage pour que leur fille puisse vivre aussi normalement que possible. Et si cela signifie vivre à Varqueville, où rien ne se passe, à eux de trouver un sens et un but à cette nouvelle vie. Pour les parents de l’adolescente, leur objectif est déjà tout trouvé.
Juliette quant à elle va découvrir un autre mode de vie et des habitants de tous âges avec qui elle se liera d’amitié pour certains, et d’autres dont elle devra se méfier…
Un roman d’ambiance dans la ruralité belge
Quand j’ai débuté Sexy Summer, j’avoue que je ne m’attendais pas à ce genre lecture. J’avais l’image d’un feel-good book de l’été, la couverture correspondant parfaitement à la charte graphique de ce genre d’ouvrage. Je dois avouer que c’est la couverture et le titre qui m’ont tout de suite attirée, et je n’ai pas regardé immédiatement lu le résumé, préférant me fier à mon instinct (comme souvent).
C’est ainsi que j’ai découvert qu’on était assez loin du feel-good que j’imaginais, mais plutôt dans un roman sociétal en forme d’ode à la campagne belge. Est-ce un mal ? Pas du tout.
J’ai aimé cette découvrir la petite ville de Varqueville, où tout le monde se connaît. Où la moindre rumeur sortie de nulle part devient un fait avéré. Ce dont Juliette va faire l’amère découverte.
De son allergie aux ondes, elle ne parlera pas, même à Tom, surnommé La tonne à cause de son excès de poids par les gamins du coin.
Aussi improbable que cela puisse paraître, la virginale et fragile Juliette va se lier d’amitié avec Tom. Sexy Summer, c’est l’histoire d’un début d’amitié improbable. L’histoire également de ce que peuvent avoir de plus cruel entre eux les adolescents…
Sexy Summer est un roman social qui parle d’un réel problème qui touche (pour le moment) très peu de personnes mais dont la vie est totalement gâchée. Le sujet aurait même pu être traité plus amplement par l’autrice, mais elle choisi une autre direction narrative. Plus terre à terre, avec des personnages vrais, qui ont du corps avec leur lots d’épreuves et de silences.
L’histoire de Sexy Summer n’est pas marquante ni même extraordinaire, mais son ambiance a suffit à me contenter. J’ai passé un agréable moment dans cette campagne belge où je n’ai jamais mis les pieds mais que j’ai imaginée avec facilité. C’est une parenthèse agréable qui se suffit à elle-même et sans prétention aucune.
Un roman magnifique de beauté et de simplicité dans le plus pur esprit de la littérature japonaise
Paru en février 2019 aux éditions Actes Sud, La Grande Traversée est pour le moment le seul roman de Shion Miura sorti en France. Il est tout indiqué à celles et ceux qui ont aimé l’apaisement procuré par des romans tels que La papeterie Tsubaki ou Le restaurant de l’amour retrouvé. Une merveille nippone apaisante et emplie de beauté…
L’élaboration du dictionnaire ultime de japonais
Cela peut sembler étrange ou décalé, mais le but du héros de cette histoire est de créer le dictionnaire de japonais de référence. Le nom de ce gigantesque projet ? La grande traversée. Le roman débute quand Majimé, qui travaille comme simple employé de bureau dans une maison d’édition, est envoyé dans le service poussiéreux des dictionnaires. Et ce changement de service va bouleverser sa vie et la forger de la plus merveilleuse des façons… La grande traversée nous offre l’histoire de la vie de Majimé dont toute la carrière va se bâtir autour de l’élaboration du dictionnaire parfait.
Un roman magnifique de beauté et de simplicité dans le plus pur esprit de la littérature japonaise
Cela peut sembler étonnant d’aimer un livre qui va parler pendant presque trois-cent pages de vocabulaire et de subtilités de la langue nippone et pourtant… ça fonctionne à merveille.
Pas besoin de parler japonais ou d’être passionné par le domaine des langues pour apprécier à sa juste valeur ce roman.
« Les étagères remplies de livres jusqu’au plafond que tu as mises dans toutes les chambres renforcent la maison. Elles nous protégeront en cas de tremblement de terre. »
L’histoire de Majimé et de la fameuse grande traversée en parallèle est passionnante. C’est un jeune homme doux que l’on voit peu à peu évoluer en même temps que son titanesque projet… Ainsi suit-on sa vie professionnelle, mais également personnelle et cela sur plusieurs dizaines d’années. Pour ceux et celles qui apprécient les romans apaisants et doux, c’est le livre idéal, d’autant qu’il est beaucoup moins connu que ceux d’Ito Ogawa, et c’est dommage.
« La fabrication d’un dictionnaire coûtait très cher, mais c’était pour la maison qui le publiait à la fois un de ses plus beaux fleurons et un élément de son patrimoine. On disait dans la profession qu’un bon dictionnaire, qui saurait s’attirer la confiance et sa fidélité, garantissait vingt ans de stabilité à son éditeur. »
Plongez avec délice et curiosité dans les arcanes de l’édition et c’est l’occasion de découvrir à quel point la création d’un dictionnaire est un processus à part dans le domaine. C’est passionnant, et voir Majimé s’escrimer à trouver la meilleure définition pour le moindre petit mot est très attendrissant…
Pour moi La grande traversée restera un roman marquant et rare. Une lecture emplie de grâce qui enveloppe son lecteur de toute la douceur du monde. Je vous le conseille vivement, il vous mettra du baume au cœur… et ce genre d’ouvrages est assez rare pour ne pas passer à côté.
Voici venu le retour des mini-chroniques avec quatre ouvrages très différents et pour certains marquants. Je pense notamment au livre de Céleste Ng, La saison des feux, qui est une merveille disséquant tous les travers et les biais que génère la société américaine et sa bien-pensance.
Pour d’autres raisons, le roman de Rebecca Lighieri m’a également énormément plu. Elle sait faire suinter la violence latente en quelques lignes… c’est beau et atroce tout à la fois, comme souvent dans son œuvre…
Chien-Loup – Serge Joncourt – Flammarion
Il s’agit du premier roman de Serge Joncourt que je lis, et j’ai tout particulièrement aimé l’ambiance… Cette poussée lente et douce de la violence… ce danger qui plane et s’affirme au fil des pages. Pour nous mener où ? Et quand ? Chien-Loup se déroule sur deux époques parallèles, dans un petit village du Lot, en pleine zone blanche à notre époque et de l’autre en pleine Première Guerre Mondiale.
La tension est là dans les deux époques, les personnages sont intéressants, on sent qu’ils peuvent basculer à tout moment vers le pire d’eux-même…
Ainsi pour l’atmosphère, c’est une réussite. Pour ce qui est de l’intrigue et de sa finalité, j’ai malheureusement été déçue. Je m’attendais à un paroxysme, une épiphanie… et rien. J’ai eu un sentiment d’inachevé et je suis totalement restée sur ma faim. Dommage.
Je réessayerait certainement de lire un autre roman de cet auteur malgré tout car il a un bon style, de bonnes idées… à voir pour la mise en œuvre.
Il est des hommes qui se perdront toujours – Rebecca Lighieri – P.O.L
Moi qui aime les romans brûlants et glauques qui vont au bout des choses, j’ai été servie. Rebecca Lighieri est une maîtresse dans son genre avec une écriture brutale, pure, parfois insoutenable… mais tellement merveilleuse tout à la fois. Nous sommes à Marseille, on suit une famille pour qui rien ne va : deux frères et une sœur livrés à eux même, un père violent, une mère passive et effrayée…
Par certains côtés, cette lecture m’a fait penser à L’été circulaire de Marion Brunet. Cette violence crasse, cette haine de tout ce qui n’appartient pas à la communauté des paumés.
Si vous êtes quelque peu sensible, ce livre ne sera pas pour vous. Il y a des scènes d’une rare violence, c’est parfois du génie dans toute son horreur tant c’est pur de brutalité. Et en même temps… c’est fascinant.
Il est des hommes qui se perdront toujours nous conte l’histoire d’une jeunesse totalement oubliée par la société. Perdue avant même d’être née, obligée de s’en sortir par tous les moyens même les plus terribles… C’est beau, violent et merveilleux. Et criant de vérité.
Je vous conseille ardemment de découvrir cette autrice, tous ses romans sont comme celui-ci : atypiques, violents, malsains et captivants. Mon favori restera malgré tout Les garçons de l’été, qui fut une véritable claque littéraire.
Modifié – Sébastien L. Chauzu – Grasset
Voici un petit roman policier atypique qui nous vient du Québec. On y suit une femme qui mène régulièrement des enquête pour sa famille richissime qui a le bras très long.Très très long. Elle a toujours été mise à l’écart par cette dernière, mais dès qu’il s’agit de faire des recherches et de mettre les mains dans le cambouis, elle est là.
C’est ainsi que sa famille, dont elle se tient éloignée le plus possible lui demande d’enquêter sur une mort étrange… C’est ainsi que surgit dans sa vie un jeune homme étrange aux marottes qui le sont plus encore : Modifié. Il ne répond qu’à ce surnom, semble fermé à toute discussion et adore les chasse-neige. En quoi cet adolescent qui s’incruste de plus en plus chez elle et son mari est-il important pour son enquête ?
A la fois drôle et totalement décalé, Modifié est un roman surprenant, autant que le personnage qui lui prête son nom. C’est parfois un peu trop décousu, mais ça passe malgré tout.
Pour ceux et celles qui souhaitent passer un moment sympathique, sans prétention, mais très agréable, c’est l’ouvrage parfait.
Si il y a un jour un autre roman avec la même enquêtrice totalement folle, je suis preneuse ! C’est un peu comme si Agatha Raisin avait pris un aller-simple pour le Québec.
La saison des feux – Celeste Ng – Sonatine/Pocket
Second roman de l’américaine Céleste Ng, La saison des feux est le genre de thriller domestique qu’on adore dévorer. Secrets de famille, mystères, non-dits… Ce roman est la quintessence du roman à suspense. Tout se passe dans une petit ville bourgeoise des Etat-Unis où les gens sont forcément bien sous tous rapport. Les pavillons y sont mignons, tout est rangé et propret, y compris les poubelles. Rien ne dépasse. C’est dans cette ville que débarquent Mia Warren et sa fille… Leur venue va chambouler la vie entière d’une famille dans toutes ses strates du quotidien.
Captivant dès les premières pages, Céleste Ng nous transporte en très peu de mots dans une merveilleuse intrigue. J’adore les histoires de drames familiaux, et si en plus ça se passe dans une banlieue américaine c’est le jackpot. Mais plus encore que son histoire magistrale, Céleste Ng dissèque la société américaine et sa légendaire bien bienpensance. Elle l’avait déjà fait avec talent dans Tout ce qu’on ne s’est jamais dit(Sonatine/Pocket), mais ici ont est clairement à un autre niveau.
Ce roman conte, dénonce, explique, décortique toute la complexité de la société américaine. C’est impossible de vous retranscrire ici toutes les émotions que j’ai ressenties à cette lecture, le sentiment d’injustice criante… Tout ce que je puis faire, c’est vous conseiller vivement la lecture de cet ouvrage. C’est vibrant d’émotion, criant de vérité et tout simplement inoubliable. Foncez ! C’était une de mes meilleures lectures de l’année dernière, en 2020 (j’ai mis du temps à la lire, il est paru initialement en 2018).
Par ailleurs, l’ouvrage a été adapté en série sous le nom d’origine de l’ouvrage : Little Fires Everywhere. Bande-annonce ci-dessous avec Reese Witherspoon !
Voici déjà venu le dixième numéro des mini-chroniques ! Les ouvrages présentés sont tous très différents, mais tous (ou presque) m’ont émue à leur façon… Belle découverte à vous.
Tout sur le zéro – Pierre Bordage – Au Diable Vauvert
Ouvrage paru en 2017, Tout sur le zéro est un roman qui change de ce que nous propose Pierre Bordage habituellement. En effet, l’auteur est surtout connu pour ses récits de science-fiction, notamment avec Les fables de L’Humpur ou encore sa série Wang pour ne citer qu’eux.
Il a tellement d’ouvrages à son actif qu’il est impossible de tous les lister dans cette mini-chronique !
Dans Tout sur le zéro, on suit le parcours de vie de trois accros à la roulette. Trois récits de vie très différents, mais dont la « passion » dévore les économies et la vie de chacun.e.
Peu à peu, on découvre leur quotidien, leurs petits mensonges pour voler une heure de jeu au casino, pour tirer de l’argent sur le compte joint discrètement pour ceux qui sont en couple…
Mais le jeu est plus qu’une passion, c’est une véritable drogue. Et le fait de gagner ne calme pas les ardeurs, bien au contraire, elle les pousse à jouer encore plus gros…
C’est un roman intéressant qui explique bien je pense ce qu’il se passe dans la tête des joueurs et joueuses de casino. Cette addiction est dure à comprendre d’un oeil extérieur, mais ce roman aide à s’en faire une idée plus précise. Dommage cependant que cette fine analyse n’apporte pas grand chose au roman. C’était donc une lecture sympathique, mais pas mémorable…
La forêt aux violons – Cyril Gely – Albin Michel
Second roman de l’auteur belge Cyril Gely, La forêt aux violons est paru en début d’année 2021 aux éditions Albin Michel. Son premier ouvrage, Le Prix, racontait l’histoire du Prix Nobel de Chimie de 1946 et la grande Histoire derrière… C’était passionnant, et très bien documenté.
Avec La forêt aux violons, l’auteur nous propose une histoire aux allures de conte sans jamais tomber dans le merveilleux, mais toujours à sa frontière… Onirique et touchant, voici l’histoire d’un apprenti luthier, Antonio, dont le but ultime est de créer le violon absolu. L’instrument qui sublimera la musique comme jamais elle ne l’a été… Mais pour cela, il lui faudra s’armer de patience et trouver le bois parfait.
La forêt aux violons est un très beau roman qui reprend les codes du conte dans son style d’écriture, son univers… C’est une véritable réussite ! J’ai tout aimé dans ce roman : le personnage de cet apprenti surdoué en lutherie qui détruit tout violon ne lui semblant pas parfait en tous points, la narration originale, la conclusion étonnante et très réussie…
C’est un beau roman, facile à lire mais pas simpliste. Il vous fera passer un excellent moment de lecture si vous aimez l’histoire de destins peu communs.
Héritage – Dani Shapiro – Les Arènes
Dani Shapiro est une autrice et essayiste américaine qui a énormément d’œuvres à son actif, mais très peu en France.
Héritage nous raconte l’histoire de sa filiation : elle a découvert par hasard que son père n’était pas son père biologique. La nouvelle est violente, elle qui a toujours grandit avec la certitude que ses parents étaient ses parents, qui a grandit baignée par la culture juive… Une fois l’information digérée, elle décide de la prendre à bras le corps et de mener l’enquête sur ce mystérieux père biologique… Et surtout le mystère de sa conception, car à l’époque où est née Dani Shapiro, la fécondation in vitro n’était absolument pas réglementée, et il n’était pas rare d’avoir recours au mélange de sperme… Des scientifiques jouaient au apprentis-sorciers et cela sans aucun garde-fou. C’est assez incroyable de découvrir ce que l’autrice a exhumé : à la fois aberrant et fascinant.
Outre le côté biologique de ses origines, Dani Shapiro va tenter de retrouver ce fameux père biologique et nouer un lien sinon affectif au moins ténu pour mieux comprendre le contexte de sa naissance.
Véritable cheminement psychologique très personnel, Héritage est un ouvrage passionnant sur la quête des origines de l’autrice. Son histoire est touchante, sa façon d’exposer les choses est à la fois factuelle et pleine d’émotion. C’est un livre à part qui m’a profondément plu et dont je ne pensais pas autant me passionner. Entre le récit journalistique et le témoignage, Héritage est un ouvrage à découvrir !
Au soleil couchant – Hwang Sok-yong – Editions Philippe Picquier
Pour ceux et celles qui s’intéressent à la Corée et à ses profondes transformations sociales et urbaines, Au soleil couchant pourrait bien les intéresser.
On y suit un homme au crépuscule de sa vie qui regarde par-dessus son épaule et se demandant si l’urbanisation de Séoul à laquelle il a activement participé était toujours une bonne chose. Interrogations, remise en question, ce court roman est l’occasion de découvrir une Corée méconnue dont l’âme se perd parfois dans les grandes constructions moderne au détriment des petits quartiers aux allures de villages dont certains ont été expropriés.
C’est très mélancolique, mais j’ai aimé découvrir cette facette méconnue de la Corée. Cet ouvrage ne plaira pas à tout le monde, il faut dire qu’il ne s’y passe pas beaucoup de choses. Mais son intérêt réside dans ce qu’il raconte du pays et de sa fuite en avant.
Un roman qui s’inspire directement du dernier championnat du monde de sauna, en Finlande !
Vous aimez les pays du nord de l’Europe et leurs excentricités ? Chaleur
de Joseph Incardona est le roman parfait à découvrir. Inspiré d’un fait réel
(j’ai vérifié) qui a eu lieu en 2010 en Finlande, le pays de Children of Bodom et des aurores
boréales.
Joseph Incardona est l’auteur de nombreux romans dont : La
soustraction des possibles (Finitude), Une saison en enfance
(Pocket) ou encore Derrière les panneaux il y a des hommes (Pocket).
Chaleur est paru initialement aux éditions Finitude avant de sortir chez Pocket.
La Finlande : ses groupes de heavy-métal, ses
forêts, et son championnat de sauna !
Cela peut paraître improbable voir fantaisiste, mais les compétitions
mondiales de sauna ont vraiment existé. Elles n’ont plus court depuis
maintenant dix ans pour des raisons que vous découvrirez en lisant Chaleur.
Quoi qu’il en soit, ces compétitions requéraient un haut niveau de
préparation et s’avéraient même dangereuses pour qui les prenait à la légère. Mais
Chaleur,
c’est avant tout l’histoire de deux compétiteurs qui vont aller au bout de leur
volonté.
Un roman atypique et génial
Une écriture vivante, parfois très crue mais toujours amusante, Chaleur
est un roman qui m’a beaucoup plu.
Quand j’ai commencé à lire Chaleur, j’ai cru que cette histoire
de mondial du sauna était une création (géniale) de Joseph Incardona, mais tout
ce qu’il a écrit est vraiment arrivé. Je ne vous raconte rien de plus quant aux
faits ayant eu lieu il y a dix ans, sous peine de trop en dire. Je me suis
d’ailleurs divulgaché une partie de l’intrigue en voulant vérifier si
l’histoire était réelle.
Les deux vrais compétiteurs aux championnats mondiaux de sauna, en Finlande, qui ont inspiré directement Jospeh Incardona.
Le mieux est encore de lire Chaleur et ensuite de vous
renseigner sur cette fameuse compétition. Quoi qu’il en soit, ça devait être
génial de participer à un tel événement ! Que ce soit en termes d’ambiance
et d’atmosphère, les mondiaux du sauna semblent refléter la Finlande telle que
je la vois. Un peu folle, totalement festive et unique en son genre.
Mais plus qu’une facette inattendue d’un pays, Chaleur nous offre le
portait de deux hommes prêts à tout pour remporter cette compétition. Ils sont
diamétralement opposés.
L’un a un succès fou et en profite largement avec de nombreuses groupies.
Son succès est autant dû à son ancienne carrière dans la pornographie qu’à ses
nombreuses victoires.
L’autre s’astreint à un mode de vie ascétique où le moindre écart serait un
désastre… Il est un ex-militaire et ça se voit. Qui gagnera ? L’ancienne
star du porno ou le militaire russe ?
Certes la réponse importe, mais pas autant que la tension qui monte entre
les deux concurrent et l’atmosphère qui se condense peu à peu autour d’eux.
Plus qu’une histoire vraie romancée, Chaleur est le portrait d’une
Finlande que l’on brûle de connaître. C’est également un portrait intimiste de
personnages hauts en couleurs et touchants à leur manière. Aussi atypique que
très prenant !
Je vous propose une autre façon de découvrir la Finlande avec le merveilleux groupe de métal Children of Bodom (qui tire son nom d’un terrible fait divers…).
Un livre qui nous transporte dans une bulle de douceur et de beauté ou
l’amour et le partage sont essentiels. Mémorable et touchant comme savent
l’être de façon unique les romans de Ito Ogawa.
La république du bonheur fait partie d’ores et déjà des futurs succès de la
rentrée littéraire 2020. L’ouvrage est la suite directe de La papeterie Tsubaki,
paru il y a deux ans en France.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore Ito Ogawa, elle est l’autrice du Restaurant de l’amour retrouvé(son plus grand succès, adapté au cinéma au Japon), Le Jardin arc-en-ciel ou encore Le ruban. Tous sont édités chez Picquier.
Retour à la simplicité merveilleuse de Kamakura
L’histoire reprend presque où nous l’avions laissée, et nous retrouvons
avec un plaisir sans bornes Hatoko et sa petite papeterie. Mais surtout, on
découvre de nouvelles tranches de vie grâce à son passionnant et délicat métier
d’écrivain public…
Et d’un point de vue personnel, Hatoko vient tout juste de convoler en
noces avec Mitsurô, elle est désormais la belle-mère de la jeune PQ.
En somme, le quotidien est doux, et Hatoko va tout faire pour que
développer ce bonheur naissant par de nombreux actes d’amour envers ceux qui
lui sont chers.
De l’amour et beaucoup de nourriture
C’est un peu comme cela que l’on peu résumer La république du bonheur.
Dès qu’il y a quelque chose qui ne va pas, ou qu’il y a un événement à fêter,
la nourriture fait office de réconfort. Et rien qu’à le lire, ça fonctionne.
Thé vert, bento, pain-qui-sourit, prunes sèches, curry, gâteaux Kurumikko
aux noix, sablés-pigeons, crabe tsugani,
anguille, pulpe de soja sautée, haricots écarlates mijotés au miel, confit
d’algue kombu… C’est sans fin ! Mais
c’est un régal pour l’imagination que de lire tous ces plats mangés ou rêvés
par notre narratrice Hatoko.
Je dois avouer avoir encore plus aimé ce second tome que le premier. Plus
beau, plus doux, placé résolument sous le signe de la félicité, ce roman est un
véritable cadeau. Autant La Papeterie Tsubaki était assez
nouveau dans son genre, autant ici il n’y a pas de surprise… Mais justement,
cet univers si calme et doux m’avait énormément manqué. Et le retrouver avec
encore plus de puissance évocatrice m’a fait très plaisir.
Quand on lit l’un de deux romans de ce cycle, c’est une véritable
parenthèse de bonheur qui s’ouvre à nous.
Et comme toujours, on en apprend plus sur la symbolique de chaque type de
papier, stylo (bic ou plume), encre en fonction de l’événement… etc. Le détail
va jusqu’au choix du timbre qui peut également apporter sa part de
signification entre les lignes…
Ce second roman est aussi l’occasion de découvrir une Hatoko plus intime.
Maintenant qu’elle a une famille, sa vie en est toute chamboulée. Mais tous ces
changements sont pour le mieux, et on la voit devenir peu à peu une véritable
mère pour PQ, sa belle-fille adorable et vive. Cet amour filial qui se
développe au fil des pages est beau à voir. De même que les nombreuses
interrogations qu’elle se pose sur sa légitimité en tant que mère pour PQ.
Enfin, c’est un réel plaisir que de retrouver les lettres écrites par
Hatoko pour ses clients en langue originale. Les calligraphies sont superbes,
même si comme moi on ne comprend pas un mot de japonais. Elles sont réalisées
avec talent par Mitsui Tadahiro et ajoutent un charme magique indéniable au
roman.
C’est donc une nouvelle pépite littéraire que nous offre Ito Ogawa. Merci à
elle pour ces quelques heures de plénitude qui rend cette lecture inoubliable. Magique,
tendre, unique… c’est le retour du livre-doudou !
Un ouvrage où l’on retrouve avec plaisir Kerry Hudson et sa plume passionnante prête à disséquer la société qui l’entoure… Cette fois-ci, ce n’est pas un roman qu’elle nous offre, mais une analyse poussée de son enfance Écossaise dans la misère financière et intellectuelle. Tout cela sans jamais y inclure une once de misérabilisme. Exercice magistral et passionnant.
Avec Basse naissance, Kerry Hudson regarde par-dessus son épaule et
(re)découvre l’enfance qu’elle a eu. Tout en découvrant qu’elle est loin d’avoir
été la seule à vivre une enfance aussi démunie…
Ce récit de Kerry Hudson m’a beaucoup fait penser aux photos de Joseph Philippe Bevillard. Ce photographe a pris des centaines de clichés des gens du voyage irlandais. Aucun rapport donc, si ce n’est dans l’esprit. Cette pauvreté mise à nu sans misérabilisme. Ce paradoxe entre misère et bonheur mais également conscience de ne pas être dans la norme.
Un portrait de l’Ecosse et de ses écueils socio-économiques
On ne se rend pas compte à quel point l’invisibilité d’une famille
monoparentale est violente. A quel point quantité de choses auraient pu tourner
encore plus mal pour Kerry Hudson. Elle le dit elle-même, elle a eu de la
chance, elle s’en est sortie.
Sortie des relations familiales toxiques, échappée du cercle vicieux du
déséquilibre financier perpétuel.
Elle ne roule pas sur l’or, mais elle subvient à ses besoins, et a la
chance de pouvoir s’acheter ce qu’elle souhaite quand elle le souhaite dans la
mesure du raisonnable. Cela peut sembler étrange comme façon de voir, mais on
comprend mieux ce que Kerry Hudson entend par là en lisant son ouvrage.
Passionnant, entre l’Ecosse d’hier et d’aujourd’hui, elle reprend le chemin
de son enfance. Il est parfois difficile de repenser à certains événements pour
elle, mais elle réussit l’exploit de ne jamais tomber dans le pathos.
Ainsi la suivons-nous dans une Ecosse de l’Est industrialisée et laissée à
l’abandon à tous les niveaux : Aberdeen, Hetton-le-Hole, Airdrie…
C’est un ouvrage percutant, je pense me souvenir toute ma vie des quelques
premières pages de l’ouvrage. De simples et terribles statistiques nous sont
lancées par Kerry Hudson, et quand on comprend qu’elle a vécu la plupart des
drames mentionnés et « qu’elle s’en est sortie », comme elle le dit,
on a peine à y croire.
Sa vie est incroyable, sa résilience l’est tout autant.
Basse naissance est un ouvrage saisissant, à la fois chronique d’une Ecosse révolue et totalement
actuelle. Un livre nécessaire qui peut faire écho à quantité d’actualités… Passionnant,
positif malgré les apparences car Kerry Hudson a « vu quelque chose à
l’horizon et s’est mise à courir ».
Les deux premiers tomes de la saga ainsi que des cartes exclusives pour présenter les principaux personnages de la saga. Un kit de presse au top !
Une série de romans historiques et fantastiques réussie qui se joue des grands classiques du genre avec malice !
L’Agence Pendergast est le nom de la nouvelle série de romans jeunesse de Christophe Lambert
(non, pas l’acteur !). Enfin, plus si nouvelle car depuis la parution des
deux premiers ouvrages, deux autres sont parus en librairie.
Une saga à la Men in Black en plein début de XXème siècle
Besoin d’aventures, de mystères ? Et c’est encore mieux si c’est avec
une bonne dose d’imaginaire ? Ne cherchez plus, la saga de romans L’Agence
Pendergast sera parfaite à découvrir pour les enfants dès l’âge de 9 ans.
Pour le moment quatre tomes sont disponibles et la bonne nouvelle, c’est
que vous n’êtes pas obligés de suivre un quelconque ordre pour les découvrir.
Je vous conseille cependant de lire le tout premier : Le Prince des
ténèbres car il introduit les personnages, mais après vous êtes libres.
Personnellement j’ai lu le premier et Le Monstre des égouts, que j’ai
trouvé tous deux excellents.
Mythes, références littéraires et aventure !
Cet art de réussir à lier roman historique tout en distillant quantité de
références littéraires (en particulier les romans fantastiques) et très souvent
anglo-saxon. Alors quand un auteur français s’y essaye avec réussite, autant le
souligner.
Ainsi, ce sont des références parfois très visibles, comme celle avec
Dracula dans le premier tome, ou beaucoup plus subtiles telles que Peter Pan à
peine distillé dans une phrase. J’ai notamment adoré la référence à Mortal Kombat dans Le Prince des ténèbres,
ça m’a beaucoup amusée. Même si les enfants n’ont pas la référence, ils
pourront toujours user de leur curiosité pour la comprendre.
Et ce n’est pas la seule, on y croise également des mentions de Balrog (ça
vous parle ?) et l’histoire trouble d’un anneau unique à l’origine d’une
brouille entre deux peuples.
Et est-ce qu’on parle du personnage de Barrie dans Le Monstre des égouts ?
Barrie comme James Matthew Barrie l’auteur de… Peter Pan.
Vous l’aurez compris, les clin-d’œil sont très nombreux même si ils ne
seront peut-être pas tous visibles par les jeunes lecteurs… Charge à eux de les
trouver et de s’en amuser !
Ainsi, cette série jeunesse mérite vraiment que l’on s’y attarde. Les
histoires sont bien tournées, l’écriture est efficace… Sans oublier les
illustrations qui complètent parfaitement l’ensemble. C’est aussi l’occasion de
découvrir une collection chez Didier Jeunesse : Mon marque-page, qui comporte un marque-page à découper dans le
rabat de chacun des ouvrages. De plus, ils sont très jolis, ce qui ne gâche
rien.