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Chronique ado : Ueno Park

Une incursion douce et passionnante dans le Japon d’aujourd’hui au travers du portrait de huit adolescent.e.s qui ne se connaissent pas mais qui vont tous à Ueno Park. Pour changer leur destin ?

Ueno Park est un roman de l’auteur Antoine Dole paru en 2018 chez Actes Sud Junior. Le nom d’Antoine ne vous dit peut-être rien ? Et pourtant… c’est également lui qui se cache derrière le très célèbre nom de Mr. Tan, l’auteur de Mortelle Adèle !

Il a également écrit quantité de romans pour les ados et la jeunesse et est publié aussi bien chez Le Rouergue que chez Talents Hauts ou encore Sarbacane…

Hanami, où l’occasion de l’introspection à travers la beauté éphémère des fleurs…

Ils sont huit adolescents à se questionner sur leur vie, leurs souhaits, la société japonaise qui pour certains les ostracise. Au détour du parc Ueno, chacun d’entre eux va profiter de l’Hanami (coutume japonaise où l’on apprécie la floraison des fleurs, principalement de cerisiers – sakura) pour faire le point et peut-être prendre un tournant dans leur vie…

La société nippone dans toutes ses contradictions fascinantes

Ce court roman ado que l’on peut assimiler à un recueil de nouvelles m’a fait passer un agréable moment. J’ai aimé passer ce court moment avec chacun des personnages, certains étant plus attachants et mémorables que d’autres.

Chacun d’entre eux étant le reflet d’un phénomène de société typiquement japonais.

On y retrouve une hikikomori (personne qui peut s’isoler dans une pièces plusieurs années sans jamais en sortir). Voir la chronique sur le roman Hikikomori ici.

Une autre ado qui pratique le Enjo kōsai (forme de prostitution où des lycéennes/collégiennes se font payer par des hommes bien plus âgés qu’elles pour s’acheter la plupart du temps des produits de luxe). Pour en savoir plus sur ce phénomène de société incroyable, je vous conseille de lire la chronique de Love and Pop, un roman de Ryu Murakami dont c’est le sujet central.  

Un second est un genderless boy, un jeune homme qui refuse les codes binaires et s’approprie tous types de modes. Qu’elle soit explicitée comme féminine ou masculine, le but est de brouiller les différences de genre. Sa mère n’assume absolument pas les codes vestimentaires de son fils et a honte qu’il sorte de la maison habillé en genderless boy. De même, le jeune homme essuie beaucoup de regards mauvais… mais également d’autres très positifs.

Une autre adolescente est quant à elle très lourdement malade. Elle a conscience que cet Hanami est très certainement le dernier et veut tout faire pour en profiter au maximum, même si elle est en fauteuil roulant…

Voilà pour l’aperçu des différents portraits que vous allez croiser. C’est très intéressant pour qui ne connaît que très peu le Japon et sa culture. Ueno Park est l’occasion de découvrir des termes, traditions et modes très spécifique au pays.

Pour ceux et celles qui se passionnent déjà beaucoup pour cette culture, Ueno Park est une lecture sympathique, mais peut-être pas assez étonnante. Ce fur le cas pour moi, même si j’ai eu plaisir à reconnaître certains phénomènes de sociétés, même quand ils n’étaient pas nommés.

Ueno Park est donc l’occasion de faire une incursion originale et touchante au Pays du Soleil Levant où tout est codifié, mesuré et où chacun doit faire le moins de vagues possible. Ce n’est pas ce que souhaite la nouvelle génération de japonais qui s’en défend comme elle peut. A lire dès 14 ans environ.

Chronique : Pachinko

Un roman-fleuve qui nous conte l’histoire de coréens forcés de quitter leur patrie pour le Japon dans les années années 20. Un pan fascinant et totalement méconnu de l’histoire.

Premier roman de l’autrice coréano-américaine Min Jen Lee à paraître en France, Pachinko est publié par Charleston en début d’année 2021.
L’ouvrage a connu un très beau succès et a même été finaliste du National Book Award en 2017. Pachinko est traduit dans 25 langues et est en cours d’adaptation pour le cinéma.

Bienvenue dans un petit village de Corée…

La vie est difficile pour beaucoup de gens en Corée dans les années 20. La jeune Sunja et sa famille ne font pas exception, et tous les membres de sa famille redoublent d’ardeur pour s’en sortir au mieux.
Tout est à l’économie, à l’examen de la moindre dépense qui pourrait faire basculer dans le cercle de l’endettement le ménage modeste. Mais tout va basculer pour Sunja le jour où elle va s’éprendre d’un riche japonais faisant des escales régulières en Corée. Elle découvre quelque temps plus tard qu’elle est enceinte… Et comme dans toute culture à cette époque, être enceinte et sans mari est plus que mal vu, c’est jeter l’oprobe tout entière sur sa famille.

C’est ainsi que la vie de Sunja et de toute sa descendance jusqu’à la fin des années 80 va nous être contée.

Un pavé passionnant

Ouvrir Pachinko, c’est découvrir tant de choses que je ne pourrais pas toutes vous les mentionner. Mais une chose est certaine, ça se dévore. Le cheminement personnel et familial de Sunja et de tous ses descendants est passionnant. Et en filigrane, l’histoire de la Corée et du Japon, deux pays aux relations très complexes.

L’ouvrage fait six-cent pages, et pourtant on ne les voit pas défiler. Ainsi, ce sont plus de soixante ans d’histoire qui nous sont offert au travers de tranches de vies.

Certains membres de la famille de Sunja sont plus charismatiques que d’autres, je pense notamment aux enfants de cette dernière : Noa et Mozasu. Leur parcours de vie va être incroyable et vous captivera comme rarement. Entre Noa qui adore les livres et qui ne pourrait vivre que de lecture et d’eau fraîche et son frère Mozasu qui ne sait pas pour quoi il est fait mais use parfois trop de ses muscles, ce n’est pas évident.
Tous deux sont extrêmement attachants à leur façon… je les ai vraiment aimé. J’ai été heureuse et triste avec eux dans toutes les phases importantes de leur vie, et plus encore !

Découvrir cette vie d’une famille coréenne installée au Japon, c’est également ouvrir les yeux sur l’énorme tension qui réside au Japon entre les deux peuples. Les coréens installés au pays du soleil levant doivent montrer patte blanche de quantité de façons différentes.
Et même si un enfant est né au Japon de parents coréens, il n’est pas reconnu par l’État et reste apatride.
Ni coréen car n’ayant jamais vu ni connu son pays d’origine, ni japonais alors qu’il parle la langue comme n’importe autre enfant, le cas de Noa et Mozasu concerne des milliers d’enfants. Perdus entre deux cultures, se considérant comme japonais mais non reconnus comme tels par le pays qui les a vu naître. Cette fracture va créer de nombreuses blessures visibles encore des décennies plus tard…

Et ce sujet des enfants ballotés entre deux cultures n’est pas le seul objet de ce roman, il y a quantité d’autres bouts d’Histoire et phénomènes de sociétés qui sont recensés dans Pachinko. D’ailleurs, pourquoi un tel titre pour ce livre ? Le pachinko est un type de machine à sous très prisé au Japon. Travailler dans un pachinko est mal vu au Japon (en tout cas à l’époque où se déroule le roman entre les années 60/80) et ce sont au final souvent des coréens qui travaillent dans ce milieu.
Et là encore il y a beaucoup à dire sur l’image qu’à le Japon de ses enfants nés d’expatriés sur son propre sol…

Vous l’aurez compris, ce roman fut pour moi une belle et poignante découverte. Ses personnages sont empreints d’un réalisme tel qu’ils existent au travers des pages…

Empli d’émotion et terriblement passionnant, Pachinko est un bout d’Histoire à découvrir avec curiosité et exaltation !

Chronique : Le meurtre du Commandeur tome 1 & 2

Une magnifique saga étrange et mémorable écrite par le grand auteur japonais Haruki Murakami

On ne présente plus Haruki Murakami, un auteur aussi prolifique que passionnant dont quantité d’ouvrages ont connu un beau succès.
Les chroniques de l’oiseau à ressort, Kafka sur le rivage, Le passage de la nuit… Il est également essayiste et traducteur. Il a également tenu pendant de nombreuses années un bar jazz, car c’est un mélomane passionné.

Le Meurtre du Commandeur est une série de deux volumes parue en 2018 aux éditions Belfond. Elle était très attendue en France et a remporté un énorme succès au Japon à sa parution (comme toujours avec une nouveauté de cet auteur).
Depuis, les deux tomes sont parus en poche chez 10/18.

Un artiste peintre qui vit reclus, concentré sur son art

Voici une histoire qui commence comme toujours dans un environnement normal, mais qui peu à peu va « glisser » vers autre chose…
On y découvre un peintre qui vit de son travail. Il est très peu productif, mais n’a pas besoin de beaucoup pour subvenir à ses besoins. Son œuvre est assez rare et recherchée par un petit cercle d’amateurs.

Mais un jour, son quotidien calme va être bousculé par une commande bien particulière. Un riche homme d’affaires nommé Wataru Menshiki veut que le narrateur fasse son portrait. Et depuis cette demande, il se passe des choses minuscules mais bien étranges dans son quotidien… A commencer par la découverte d’un tableau magnifique mais très étrange…

Du bizarre, de l’étrange… du grand Murakami !

« J’étais rassuré de voir que je n’étais pas fou et, en même temps, je ne pouvais nier que les mots de Menshiki avaient bel et bien transformé l’irréalité suggérée jusque-là comme possible en une réalité, provoquant par conséquent un léger décalage dans la jointure des mondes.« 

En cette seule phrase, on retrouve ce qui va caractériser l’entièreté de ces deux romans, et plus largement l’œuvre de Murakami dans son ensemble. Ce basculement lent mais certain vers autre chose… d’étrange et d’irréel.

J’ai adoré le premier des deux livres qui composent la saga car tant qu’on ne sait pas à quoi on à faire, c’est assez exaltant. Le bruit de cette clochette qui perturbe tous les soirs le narrateur, les découvertes étranges qu’il va faire…
Tout s’installe très lentement, mais jamais on ne s’ennuie, Murakami nous plongeant dans le monde de la peinture et de ses arcanes avec délices. On en apprend plus sur les différentes techniques utilisées par le narrateur, sur l’histoire de la peinture nippone et son importation en Europe et quantité d’autres choses.

Alors, qu’en est-il du second tome ? Étant donné la fin du premier, il est impossible de lâcher l’histoire en plein milieu, ce qu’il s’y passe est bien trop captivant. Mais on bascule dans quelque chose de totalement différent en terme de genre, de style. J’ai beaucoup pensé au mythe d’Orphée en lisant cette seconde partie. Une réécriture très libre et bien étrange, certes, mais assez flagrante selon moi.

Même si j’ai clairement préféré le premier tome, le second est indispensable à la résolution de cette histoire bien étrange. Et comme toujours, c’est un véritable régal de se plonger dans l’imaginaire de Murakami.

Je ne saurais que vivement vous conseiller de découvrir cette duologie qui mérite le détour pour son ambiance extraordinaire. Étrange et fascinante, elle plaira à tous types de lecteurs et saura en déstabiliser plus d’un !

Chronique : La Grande Traversée

Un roman magnifique de beauté et de simplicité dans le plus pur esprit de la littérature japonaise

Paru en février 2019 aux éditions Actes Sud, La Grande Traversée est pour le moment le seul roman de Shion Miura sorti en France.
Il est tout indiqué à celles et ceux qui ont aimé l’apaisement procuré par des romans tels que La papeterie Tsubaki ou Le restaurant de l’amour retrouvé. Une merveille nippone apaisante et emplie de beauté…

L’élaboration du dictionnaire ultime de japonais

Cela peut sembler étrange ou décalé, mais le but du héros de cette histoire est de créer le dictionnaire de japonais de référence. Le nom de ce gigantesque projet ? La grande traversée. Le roman débute quand Majimé, qui travaille comme simple employé de bureau dans une maison d’édition, est envoyé dans le service poussiéreux des dictionnaires. Et ce changement de service va bouleverser sa vie et la forger de la plus merveilleuse des façons…
La grande traversée nous offre l’histoire de la vie de Majimé dont toute la carrière va se bâtir autour de l’élaboration du dictionnaire parfait.

Un roman magnifique de beauté et de simplicité dans le plus pur esprit de la littérature japonaise

Cela peut sembler étonnant d’aimer un livre qui va parler pendant presque trois-cent pages de vocabulaire et de subtilités de la langue nippone et pourtant… ça fonctionne à merveille.

Pas besoin de parler japonais ou d’être passionné par le domaine des langues pour apprécier à sa juste valeur ce roman.

« Les étagères remplies de livres jusqu’au plafond que tu as mises dans toutes les chambres renforcent la maison. Elles nous protégeront en cas de tremblement de terre. »

L’histoire de Majimé et de la fameuse grande traversée en parallèle est passionnante. C’est un jeune homme doux que l’on voit peu à peu évoluer en même temps que son titanesque projet… Ainsi suit-on sa vie professionnelle, mais également personnelle et cela sur plusieurs dizaines d’années.
Pour ceux et celles qui apprécient les romans apaisants et doux, c’est le livre idéal, d’autant qu’il est beaucoup moins connu que ceux d’Ito Ogawa, et c’est dommage.

« La fabrication d’un dictionnaire coûtait très cher, mais c’était pour la maison qui le publiait à la fois un de ses plus beaux fleurons et un élément de son patrimoine. On disait dans la profession qu’un bon dictionnaire, qui saurait s’attirer la confiance et sa fidélité, garantissait vingt ans de stabilité à son éditeur. »

Plongez avec délice et curiosité dans les arcanes de l’édition et c’est l’occasion de découvrir à quel point la création d’un dictionnaire est un processus à part dans le domaine. C’est passionnant, et voir Majimé s’escrimer à trouver la meilleure définition pour le moindre petit mot est très attendrissant…

Pour moi La grande traversée restera un roman marquant et rare. Une lecture emplie de grâce qui enveloppe son lecteur de toute la douceur du monde. Je vous le conseille vivement, il vous mettra du baume au cœur… et ce genre d’ouvrages est assez rare pour ne pas passer à côté.

Chronique : La boîte noire

Un témoignage aussi terrible qu’indispensable par une journaliste japonaise victime de viol

Paru aux éditions Picquier en 2019, La boîte noire est un témoignage écrit par la journaliste Ito Shiori. Elle y raconte de façon factuelle ce qu’elle a vécu : un terrible viol.

Mais la voix des victimes est encore et toujours difficile à faire entendre, et cela encore plus au pays du soleil levant, où les freins semblent décuplés. C’était sans compter sur le courage et la pugnacité de cette femme admirable qui livre ici son parcours et son combat pour elle et pour toutes les femmes. Le mouvement #metoo au Japon prend son essor, notamment par son biais…
Cet ouvrage a reçu le Best Journalism Award en 2018.

Un ouvrage nécessaire

Parfois difficile à lire tant les scènes décrites par Ito Shiori sont terribles (je parle plus des phases de déni des autorités que de l’acte de viol en lui-même), La boîte noire est un ouvrage indispensable.

A lui seul, ce roman a réussi à faire bouger certaines lignes de l’administration japonaise très rigide et machiste. Mais ce n’est qu’un premier pas vers ce que doit devenir le Japon. Pays exemplaire dans quantité de domaines, celui du respect des femmes et de leur écoute n’en fait pas partie…

Quand Ito Shiori a trouvé le courage d’aller voir la police, une semaine après les faits, elle a raconté son histoire à une agente… de la circulation. Qui l’a redirigée ensuite vers un autre collègue à qui elle a dû tout réexpliquer. Ce dernier ne cessant de lui répéter que ça n’allait pas être facile de porter plainte, qu’il fallait être vraiment sûre avant de le faire, que ça pouvait jouer sur sa carrière… Bref tout été fait pour qu’elle abandonne.
Aucune oreille attentive, même du côté des associations qui n’offrent pas d’assistance téléphonique et demande à la victime encore sonnée de se rendre surplace et refusent de délivrer la moindre aide par téléphone.
Tout cela n’est pas normal, et ce n’est qu’une toute petite partie de ce que nous conte Ito Shiori sans sentimentalisme, juste avec les faits bruts.

Ce récit m’a bouleversée, mise en colère, j’ai eu l’impression d’être beaucoup plus prise par l’émotion que l’autrice elle-même, qui arrive à maintenir une certaine distance avec les faits. Certainement pour ne pas sombrer ou réagir avec un excès d’émotions. C’est tout à son honneur, mais elle a fait face à tant d’injustices et de détours dans son combat que l’on ne peux que l’admirer.

Je vous conseille vivement de découvrir La boîte noire, cet ouvrage éclaire une fois de plus tout le chemin à parcourir pour les femmes et cela quel que soit le pays. Les choses avancent, mais il ne faut rien lâcher et continuer le combat. Ito Shiori est devenue l’une de ces figures : courageuse et superbe dans sa lutte.

AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Le jour de la gratitude au travail

Un court recueil assemblant deux nouvelles nous venant tout droit du Japon et de son monde du travail si particulier !

Petit ouvrage paru aux éditions Picquier, Le jour de la gratitude au travail est sorti en 2004. Il est singulier mais fort plaisant de bien des manières.

Le Japon à travers le prisme du travail

Deux nouvelles pour découvrir le Japon autrement avec Le jour de la gratitude au travail et J’attendrai au larges. Deux histoires aux personnages totalement différents mais à la plume touchante…

Le jour de la gratitude au travail :

On y fait la rencontre d’une jeune femme dont la voisine a jugé bon de lui organiser un rendez-vous galant. Mais rien ne va se passer comme prévu car la jeune narratrice est au chômage et son « prétendant » est absolument fan de son entreprise et de son travail… Peu à peu le mépris s’installe entre les deux.

Il faut dire que ça commençait très mal : la première question de l’homme concernant les mensurations de la jeune femme. Qui commence un rendez-vous arrangé avec une question pareille ?

A la fois drôle et triste, cette nouvelle nous montre à quel point la société nippone élève le travail au-dessus de tout. Et cette jeune femme est totalement dissidente par rapport aux mœurs habituelles. Elle ne projette pas en effet de s’accomplir dans un quelconque travail. Ce qu’elle veut avant tout, c’est profiter de la vie, de ses petits plaisirs…

Elle passe pour une dangereuse rebelle comparé à cet homme fou amoureux de son travail… mais qui est le plus fou des deux ?

J’ai aimé cette histoire entre deux teintes, pleine de poésie malgré le ton cru de l’homme que l’on juge rapidement détestable. Cette jeune femme était intéressante, tout comme sa façon de voir la vie… la nouvelle en était presque trop courte !

« J’ai repris un yuwari. Je me suis dit : « Ah, il fait nuit. » Au loin, il y a un chien qui a oublié de dormir et qui baîlle, des lampes qui s’éteignent, un livre qu’on ferme, un chauffe-eau qui ronfle sourdement. Je viens dans ce bar acheter de la nuit. Un long verre de nuit, noire et silencieuse. »

PS : C’est aussi dans cette nouvelle que l’on découvre ce qu’est une Antarctica 2, au terme d’une répartie mentale cinglante.

J’attendrai au large :

Cette autre nouvelle nous conte l’histoire d’amitié atypique de deux collègues. Ils se sont fait une étrange promesse : le premier des deux qui meurt doit détruire le contenu du disque dur de l’autre à son domicile. Pour se faire, ils s’échangent leurs clés… Et l’un des deux va décéder fort brutalement, c’est ainsi que l’autre doit jouer les monte-en-l’air pour entre discrètement et détruire le disque dur… Mais pourquoi cela ?

Comme souvent avec les auteurs japonais, il y a cette touche de folie ou d’étrangeté qui nous assaille là où l’on s’y attend le moins. Cette nouvelle à l’histoire étrange en est le parfait exemple. Je l’ai tout autant aimé que la première, bien que ce soit pour des raisons différentes…

A l’image de la précédente histoire, c’est tout en poésie et subtilité.

Ainsi ce court ouvrage est aussi intéressant que plaisant ! S’il vous prend l’envie de découvrir quelque peu la littérature japonaise au travers de ses nouvelles, c’est le livre idéal.

Chronique : La papeterie Tsubaki – Tome 2 – La république du bonheur

Un livre qui nous transporte dans une bulle de douceur et de beauté ou l’amour et le partage sont essentiels. Mémorable et touchant comme savent l’être de façon unique les romans de Ito Ogawa.

La république du bonheur fait partie d’ores et déjà des futurs succès de la rentrée littéraire 2020. L’ouvrage est la suite directe de La papeterie Tsubaki, paru il y a deux ans en France.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Ito Ogawa, elle est l’autrice du Restaurant de l’amour retrouvé (son plus grand succès, adapté au cinéma au Japon), Le Jardin arc-en-ciel ou encore Le ruban. Tous sont édités chez Picquier.

Retour à la simplicité merveilleuse de Kamakura

L’histoire reprend presque où nous l’avions laissée, et nous retrouvons avec un plaisir sans bornes Hatoko et sa petite papeterie. Mais surtout, on découvre de nouvelles tranches de vie grâce à son passionnant et délicat métier d’écrivain public…

Et d’un point de vue personnel, Hatoko vient tout juste de convoler en noces avec Mitsurô, elle est désormais la belle-mère de la jeune PQ.

En somme, le quotidien est doux, et Hatoko va tout faire pour que développer ce bonheur naissant par de nombreux actes d’amour envers ceux qui lui sont chers.

De l’amour et beaucoup de nourriture

C’est un peu comme cela que l’on peu résumer La république du bonheur. Dès qu’il y a quelque chose qui ne va pas, ou qu’il y a un événement à fêter, la nourriture fait office de réconfort. Et rien qu’à le lire, ça fonctionne.

Thé vert, bento, pain-qui-sourit, prunes sèches, curry, gâteaux Kurumikko aux noix, sablés-pigeons, crabe tsugani, anguille, pulpe de soja sautée, haricots écarlates mijotés au miel, confit d’algue kombu… C’est sans fin ! Mais c’est un régal pour l’imagination que de lire tous ces plats mangés ou rêvés par notre narratrice Hatoko.

Je dois avouer avoir encore plus aimé ce second tome que le premier. Plus beau, plus doux, placé résolument sous le signe de la félicité, ce roman est un véritable cadeau. Autant La Papeterie Tsubaki était assez nouveau dans son genre, autant ici il n’y a pas de surprise… Mais justement, cet univers si calme et doux m’avait énormément manqué. Et le retrouver avec encore plus de puissance évocatrice m’a fait très plaisir.

Quand on lit l’un de deux romans de ce cycle, c’est une véritable parenthèse de bonheur qui s’ouvre à nous.

Et comme toujours, on en apprend plus sur la symbolique de chaque type de papier, stylo (bic ou plume), encre en fonction de l’événement… etc. Le détail va jusqu’au choix du timbre qui peut également apporter sa part de signification entre les lignes…

Ce second roman est aussi l’occasion de découvrir une Hatoko plus intime. Maintenant qu’elle a une famille, sa vie en est toute chamboulée. Mais tous ces changements sont pour le mieux, et on la voit devenir peu à peu une véritable mère pour PQ, sa belle-fille adorable et vive. Cet amour filial qui se développe au fil des pages est beau à voir. De même que les nombreuses interrogations qu’elle se pose sur sa légitimité en tant que mère pour PQ.

Enfin, c’est un réel plaisir que de retrouver les lettres écrites par Hatoko pour ses clients en langue originale. Les calligraphies sont superbes, même si comme moi on ne comprend pas un mot de japonais. Elles sont réalisées avec talent par Mitsui Tadahiro et ajoutent un charme magique indéniable au roman.

C’est donc une nouvelle pépite littéraire que nous offre Ito Ogawa. Merci à elle pour ces quelques heures de plénitude qui rend cette lecture inoubliable. Magique, tendre, unique… c’est le retour du livre-doudou !

Chronique manga : Bonne nuit Punpun

Un OVNI comme j’en ai rarement lu, à la fois bizarre violent et étrangement touchant. Bienvenue dans le monde de Punpun, un… oiseau qui vit dans le Japon de notre époque, va en classe et vit dans une banlieue urbaine comme il y en a tant.

Paru pour la toute première fois en France en 2012, Bonne nuit Punpun est un manga signé par Inio Asano. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une œuvre assez fascinante et inclassable.

En France, la série est désormais complète et compte 12 tomes, elle est publiée aux éditions Kana, dans leur collection Big Kana. Étant donné la violence de certaines images et les sous-entendus d’autres, et malgré les graphismes tous mignons qui composent son héros, ne vous y trompez-pas, Bonne nuit Punpun est bien un seinen.

Amour.

Une histoire atypique…

Difficile de résumer Bonne nuit Punpun tant cette série est un OVNI. Inclassable, subversive, étrange, et géniale à la fois. On suit donc le quotidien de Punpun, une sorte de poussin/oiseau/volatile à taille humaine. En dehors de son physique unique, il est comme tous les autres enfants de son âge : il va à l’école, est parfois dans la lune, tombe amoureux…

Et c’est justement sa rencontre avec la jolie Aiko qui va le bouleverser au plus haut point. Punpun est prêt à tous les rêves et tous les renoncements pour elle. En parallèle à cela, il va faire pas mal de découvertes étranges – à cause d’une vidéo inquiétante incrustée dans une VHS pornographique – avec ses camarades et décide de partir à l’aventure dans une zone désaffectée (et donc dangereuse) de la ville. Et par la force des choses… il sera rejoint par Aiko.

Mais l’intrigue de Punpun, ce n’est pas seulement ça, c’est beaucoup plus dense et riche, et donc impossible à résumer en quelques lignes…

… aux personnages qui le sont tout autant

Je n’ai jamais lu un manga comme celui-là. Ou même un roman. A la fois étrange et familière, l’histoire de Punpun nous ramène à certaines parties de notre enfance. Ses souffrances, ses bonheurs simples également… 

Punpun est un être calme, doux, gentil qui se laisse parfois un peu trop entraîner par les autres. Très discret, cela ne l’empêche pas de faire le malheur de sa mère, qui n’a jamais voulu avoir d’enfant et ne se cache pas pour le dire. Son père quant à lui (ai-je dit qu’eux aussi étaient des oiseaux ?) déborde d’amour pour son fils, mais bat très souvent sa maman… La vie de famille de Punpun est donc complexe, emplie de non-dits et de souffrances. Mais également de petits bonheurs partagés et d’escapades en-dehors de la maison.

Ainsi, le tragique et le drôle se mélangent et alternent tour à tour pour créer la trame de l’histoire. Le ton est toujours pertinent, on passe parfois du dramatique au drôle en une seule case, et ça fonctionne.

Mais le plus fou dans tout cela, c’est l’extraordinaire habileté d’Inio Asano pour dessiner ses personnages. Comment faire transparaître autant de tristesse et de désœuvrement en si peu de traits ?  Comment réussit-il le tour de force de nous rendre totalement dépendant de ce petit être touchant qu’est Punpun ?

Je vous chronique ici les deux premiers tomes, mais difficile d’entrer dans le détail de l’histoire. Il se passe pas mal de choses, mais je n’ai guère envie de vous spoiler. Vous devez découvrir par vous-même ce chef-d’œuvre du bizarre. Ainsi, je préfère partager avec vous des ressentis, des émotions, qui m’on traversée durant cette lecture si atypique.

A la fin du second tome, notre cher Punpun a un peu grandit (il est au collège maintenant), et son amour pour Aiko est toujours aussi fort… l’enfer !

Pour ceux qui craindraient que ce manga ne soit qu’une histoire d’amour, détrompez-vous. C’est tellement plus que cela… plus drôle, plus décalé, plus intense… Bref, c’est du jamais lu, aussi sombre et glauque que lumineux et exaltant. A lire si vous aimez les histoires qui sortent des sentiers battus, et le genre manga de préférence.

Tant de tristesse en deux cases à peine.
Magnificence et poésie en une seule image…
AUTEUR :
GENRE : Japon, Mangas
EDITEUR : ,
TRANCHE d´ÂGE :

Mini-chroniques #8 : Un village autarcique, un repas qui tourne mal, une vie qui vaut la peine d’être vécue et des évaporés au Japon

Y a-t-il un lien entre ces différents ouvrages ? Oui, même si il est ténu. Il s’agit avant tout des spécificité d’un pays, ou d’une communauté. Qu’est-ce qui fait que le Japon est ce qu’il est ? Pourquoi un repas familial dans une famille occidentale tournerait mal ? Qu’elle position la femme peut espérer avoir dans certains lieux isolés de tout ? J’ai aimé tous ces livres et j’espère qu’il vous tenterons… Belle découverte.

Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier – Le livre de poche

Le moins que l’on puisse dire sur ce livre, c’est qu’il est très atypique. Le sujet l’est tout autant puisqu’il est question des vierges sous serment, ou vierges jurées. L’autrice a fait beaucoup de recherches avant d’écrire son roman. Et son autre spécificité qui ajoute à l’intérêt et au mystère, c’est qu’il n’est jamais daté ou géographiquement situé. Le mystère reste entier…

L’histoire est celle de Manushe, un femme qui vit dans une petite communauté basée sur le patriarcat. Elle a dû renoncer à être une femme pour pouvoir « s’élever » au rang d’homme, elle a dû jurer de rester vierge et de ne jamais avoir d’enfants…  Pourquoi une telle décision ? Le déclencheur pour Manushe a été la demande en mariage d’un homme beaucoup plus vieux qu’elle, la seule forme de refus possible en ce cas est une transition vers un statu d’homme. Rien d’autre n’est toléré.

Ce roman est très intéressant bien que contenant parfois des longueurs. L’ambiance y est pesante, mystérieuse à souhait, c’est une de ses grandes qualités. Au final, c’est une belle histoire d’amour doublement atypique qui nous est ici offerte, j’ai beaucoup aimé. La fin quant à elle mérite d’être mentionnée car elle est parfaite bien que très mélancolique… Un ouvrage curieux à lire pour se dépayser à tous points de vue.

Le discours – Fabrice Caro (ou Fabcaro pour les intimes) – Folio

Paru il y a peu au format poche, Le discours était à sa parution en grand format un grand succès de librairie. Succès dû autant au nom que s’est taillé l’auteur qu’à la qualité de son travail original et grinçant (son plus connu Zaï Zaï Zaï Zaï ou encore l’excellent Et si l’amour c’était aimer ? toutes deux des bd).

Le discours reprend l’univers toujours un peu à côté de la plaque mais plaisant de l’auteur. C’est avant tout dans la narration qu’est la grande force de Fabcaro (tout comme c’est le cas pour ses bd, le texte prime largement sur le dessin). Alors forcément, un roman semblait être la suite logique de cet auteur atypique.

Pour moi, Le discours fut un moment plaisant de lecture, pas mémorable, mais tellement grinçant qu’il fait sourire. On y retrouve toutes les caractéristiques narratives et stylistiques de Fabcaro. Donc si vous aimez ses bd, vous aimerez son roman, même si il a parfois quelques longueurs et joue un peu trop sur les mêmes ressorts. C’est le défaut du format roman, qui oblige à diluer parfois l’humour si percutant à l’origine.

Quoi qu’il en soit, on passe un bon moment de lecture même si ce ne sera pas le coup de cœur de l’année de mon côté. Parfait pour ceux qui aiment l’humour noir ou rire, tout simplement !

Dieu me déteste – Hollis Seamon – 10/18

Ce bouquin… je l’ai lu il y a tellement longtemps que je serais incapable de vous faire un résumé correct. MAIS. J’avais passé un super bon moment entre tragédie contemporaine et humour adolescent qui veut se bruler les ailes.

Tout essayer de ce que la vie a à offrir avant qu’elle se termine. Une sorte de Nos étoiles contraires un peu moins dans les clous, moins lisse, plus rock. Enfin, c’est comme ça que je le vois car je n’ai jamais lu/vu Nos étoiles contraires.

Bref, impossible à présenter, mais c’était super à lire. J’espère vous avoir donné envie avec cette mini-chronique qui ne mérite même pas le nom.

Les évaporés – Thomas B. Reverdy – J’ai Lu

Si vous vous intéressez au Japon et à ses différents phénomènes de société que l’on ne retrouve que là-bas (les hikkikomori – voir le roman éponyme sur ce sujet inhérent au Japon – ou encore les fameux évaporés), ce roman vous intéressera.

Qui sont ces fameux évaporés ? Des personnes qui ont décidé pour des motifs très différents de quitter les leurs : famille, amis, à jamais perdus. Certains parce qu’ils avaient des créances auprès d’usuriers, d’autres pour fuir une réalité difficile…

C’est ainsi que le roman débute avec Yukiko qui fait appel à Richard pour retrouver son père disparu. La police nippone ne s’intéresse pas à son cas, et il n’y aura pas d’enquête de leur part pour le retrouver… les évaporés sont monnaie courante au Japon.

Entre le roman et le document, nous voici plongé dans l’histoire sociétale d’un pays au milles fractures et mystères. J’ai adoré Les évaporés pour son atmosphère, et également pour cette facette méconnue qu’il dépeint. Un beau roman à découvrir pour toute personne désireuse de s’ouvrir à d’autres cultures et façons de penser le monde.

Mini-Chroniques #6 : Un manoir bien mystérieux, un fort à garder indéfiniment, une maison d’hôtes japonaise originale et un hôtel comme scène de crime(s)

Vous l’aurez compris dans ce sixième numéro des mini-chroniques, il y a une thématique : celle de l’abri, de la maison, du lieu où l’on est sensé être au mieux. Ce lieu, cet abri, peut également être un enjeu de taille, un fort à garder depuis des décennies, comme dans le classique Le désert des tartares. Ou il peut prendre la forme d’un hôtel de luxe perdu dans la forêt américaine où tout est chaleureux, calme… à l’image de celui décrit dans Meurtres à Willow Pond ! C’est un message subliminal de ma part pour vous dire de rester bien au chaud chez vous en ces temps troubles… rien ne vaut la tranquillité du chez-soi.

Le monde caché d’Axton House -Edgar Cantero – 10/18

Paru initialement chez l’excellente maison d’édition Super 8, ce roman est un bel inclassable. Comme souvent quand on a affaire à Super 8 d’ailleurs ! Il est ensuite paru aux éditions 10/18 pour le format poche.

L’histoire est simple et commence comme beaucoup de récits d’horreurs gothique : un jeune homme vient d’hériter d’un domaine aux allures feutrées, mystérieuses. Lui qui ignorait avoir un parent éloigné, il découvre en même temps sa mort, et son héritage ! Il va donc s’y rendre afin de voir sa toute nouvelle possession… Et il semble qu’il y ai énormément de rumeurs  sur Axton House…

Si vous cherchez un livre atypique, je pense que ce roman rentre sans conteste dans cette catégorie. Mélange de narration classique, d’enregistrements audio retranscrits, de lettres et de carnets disséminés dans tout le domaine, on ne risque pas l’ennui ! Je l’avoue, parfois c’était un peu trop bizarre, étrange et décalé. On ne comprend pas tout, mais justement, si c’était le cas ce ne serait plus aussi mystérieux et plaisant. Je pense donc qu’il faut accepter les nombreuses bizarreries de ce roman, les faire siennes, et apprécier l’atmosphère unique d’Axton House… Et, ne vous perdez pas dans le magnifique labyrinthe du domaine.

Le désert des tartares – Dino Buzzati – Pocket

Pour ceux qui ne connaissent pas le grand Dino Buzzati, je vous invite à le découvrir par le biais de ses excellentes nouvelles – souvent à chute – notamment Le K (chez Pocket également), qui est l’un de mes ouvrages préférés.

Avec Le désert des Tartares, nous sommes dans un roman en huis-clos angoissant parce que terriblement lent, dans l’attente. Tout se déroule dans un fort militaire perdu au milieu des pierres et des terres desséchées où l’on suit le lieutenant Drogo. L’homme a été muté au fort Bastiani, un lieu étrange où il ne se passe jamais rien. Les soldats y sont en garnison depuis des décennies au cas ou les Tartares attaqueraient la frontière, mais il est difficile d’avoir une mission aussi simple et difficile à la fois. S’astreindre à une discipline militaire de fer face à un ennemi qui n’a jamais franchi la frontière, que l’on a même jamais vu… s’avachir et se laisser aller serait tellement facile.

Je ne saurais dire exactement ce qu’il s’est passé pour moi avec ce livre, mais on y ressent toute l’attente et le questionnement du lieutenant Drogo, dont la vie va s’écouler lentement dans le fort. L’écoulement du temps nous semble comme ralenti, il est même parfois pesant de lire tant c’est lent… Dino Buzzati a vraiment bien réussi son coup.

J’ai beaucoup aimé les nombreuses symboliques que charrie ce roman à propos de l’attente, de l’existence, etc.

Le jardin arc-en-ciel – Ito Ogawa – Editions Picquier

Après le succès du Restaurant de l’amour retrouvé, Ito Ogawa a écrit deux romans, Le ruban et Le jardin arc-en-ciel. Il nous conte l’histoire de deux femmes qui s’aiment dans le Japon d’aujourd’hui, et comment elle vont construire leur rêve d’absolu ensemble, face à l’adversité. La vie ne va pas être tendre avec elles et ceux qui les entoure, mais jamais elles ne baisseront les bras.

Je dois avouer qu’après avoir lu Le restaurant de l’amour retrouvé, je ne savais pas si Ito Ogawa allait réussit à faire un aussi beau roman. Pour moi, ce n’est pas le cas. Il est sympathique, très mélancolique, mais il ne reste pas ancré dans les esprits. On y repense pas, même après des années de lecture… C’est un roman à découvrir si l’on est fan absolu d’Ito Ogawa, sinon je le trouve très dispensable.

Si vous souhaitez en lire un autre d’elle, je vous conseille l’excellent La papeterie Tsubaki. Pour moi, c’est Le restaurant de l’amour retrouvé version papetier, mais sans en être une pâle copie.

Meurtres à Willow Pond – Ned Crabb – Gallmeister, collection Totem

Si vous êtes à la recherche d’un bon petit roman policier où l’ambiance prime plus que l’intrigue, cet ouvrage sera parfait pour vous ! Parfait à lire au coin du feu pour se dire qu’on est mieux au chaud que dans cet hôtel de luxe aux allures de chalet perdu dans le Maine, où a lieu l’intrigue… L’histoire est simple et très efficace : un lieu magnifique, un hôtel de charme qui fait rêver, des gens biens sous tout rapport… et un testament en passe d’être modifié ! Autant dire que l’ambiance va vite être électrique…

En qualité de polar, Meurtres à Willow Pond est un ouvrage honnête, qui sans nous surprendre,  nous fait passer un très bon moment de lecture. Encore une fois, c’est plus le cadre et l’ambiance qui priment ici que l’intrigue pure. Une fois qu’on sait cela, on ne peux que se régaler… et s’installer confortablement pour une lecture cocooning…