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Chronique roman historique : La sorcière de Limbricht

Susan Smit est une autrice et journaliste néerlandaise. Elle est passionnée par l’histoire de la sorcellerie, sur laquelle elle a fait de très nombreuses recherches. Sa vision des choses est simple : la sorcellerie est pour elle une pratique spirituelle et une religion de la nature. Mais à l’époque, les choses n’étaient pas vu de cet oeil…

La sorcière de Limbricht est son premier roman traduit en français, et c’est un best-seller aux Pays-Bas. Elle est publiée en France par Charleston, dans leur label dédié aux littératures étrangères or anglo-saxons (vous pouvez les différencier grêce à la bordure qui entoure les couvertures).

Une femme libre est une femme dangereuse…

Voilà en une phrase le maître-mot de l’époque. Une femme, même veuve, ne doit pas le rester bien longtemps. Ce n’est pas normal qu’une femme puisse subvenir seule à ses besoins, de même qu’il est anormal qu’elle s’épanouisse dans sa solitude. Alors, si les hommes ne peuvent la soumettre par le mariage ou la menace, il reste la traditionnelle accusation de sorcellerie.

C’est ce que va subir Entgen Luijten : accusée d’acointances avec le malin par ses voisins et autres jaloux. Ses bêtes ne tombent pas malades alors que celles du voisinages sont toutes mortes. Son potager donne merveilleusement bien quand celui des autres fait grise mine. Elle aide les futures maman à soulager leurs douleurs et autres soucis d’ordre féminin…
Pire, quand quelque chose ne lui plaît pas ou qu’elle a la sensastion qu’on essaie de l’avoir, elle le clame haut et fort. Clairement, Entgen est une femme libre, donc dangereuse. C’est ainsi que le couperet tombe et qu’elle se voit accusée de sorcellerie.

De cette accusation, elle va tenter de se dépêtrer, mais ses alliés sont rares face à l’Eglise toute puissante…

Un roman magnifique et révoltant

Ce texte a été pour moi une révélation inattendue et un énorme coup de coeur. J’ai été fascinée de découvrir le parcours de cette femme indépendante et courageuse qui a osé se dresser contre le naturel possessif et inquisiteur des hommes. Pour moi, elle incarne l’image même de la liberté sauvage. A la fois libre, sage, réfléchie et au tempérament vif quand les circonstances l’exigent.

Ce roman, c’est l’histoire de sa vie, en particulier toute la période concernant son emprisonnement en attendant que soit statué son sort. Mais, nous découvrons peu à peu des brives de sa vie, des moments importants, qui peu à peu ont ammené certains à penser qu’elle était sorcière… Le mécanisme est aussi insidieux qu’implacable, et s’en dépêtrer semble impossible.

Outre le fait que cette biographie romancée soit passionnante, c’est également tout un pan de l’histoire de la sorcellerie qui est ici donné à voir. Les croyances, les détails insignifiants qui corroborent un lien avec le Diable et autres éléments de « preuve » qui jouent contre toutes les femmes libres et pas seulement Entgen Luijten.

C’est d’ailleurs grâce à ce roman qui j’ai appris que la chasse aux sorcière n’était en fait pas un élément typique du Moyen-Âge, mais bien un élément postérieur à cette période. En effet, la grande période des chasses aux sorcières étaient surtout au XVIème et XVIIème siècle, soit en pleine Renaissance.

Même chose incroyable, connaissez-vous le béguinage ? Cela consistait à ce que des femmes vivent ensemble, dans une même communauté, sans aucun homme, et pas forcément par un biais religieux. Des femmes libres en somme. Le béguinage a bien sûr été ensuite interdit… par l’Eglise.

De même, ce roman est une parfaite occasion de découvrir les vieilles croyances liées à la sorcellerie et à sa pratique. Ainsi, ne mangez pas de pomme verte à la Toussaint sous peine de passer pour une sorcière… ou faite le très discrètement…

Ce roman est pour moi bien plus qu’une histoire vraie féministe, c’est un véritable document qui nous donne à voir l’Histoire et ses mœurs. Susan Smit a fait un magnifique travail de recherche sur ce qu’était l’époque, ses croyances et ses dangers. C’est l’ouvrage parfait pour creuser ensuite plus loin et découvrir l’Histoire, que ce soit celle des petites gens ou de l’Inquisition. D’ailleurs, cette lecture donne envie de se plonger dans une autre, pour mieux comprendre l’époque : Le marteau des Sorcière, le livre de référence de tout bon inquisiteur. Il sert de références aux nombreux hommes de foi qui soumettent Entgen Luijten à la question… passionnant !

Chronique : Les garçons de l’été

Un roman happant qui ne vous lâche pas une seule seconde, tel un requin vorace. Plongez corps et âme dans une histoire sombre à souhait…

Paru initialement en grand format aux éditions P.O.L, Les garçons de l’été est un roman génial et assez inclassable. Il aurait très bien pu entrer dans la catégorie « romans noirs », mais c’est finalement en folio, dans la collection blanche qu’il paraît en poche au mois d’avril 2018.

Il s’agit officiellement du premier roman de l’auteure française Rebecca Lighieri… Mais en réalité, elle a écrit une dizaine d’ouvrages sous le nom d’Emmanuelle Bayamack-Tam (parmi lesquels Si tout n’a pas péri avec mon innocence, Je viens ou encore Une fille du feu).

Sous son pseudonyme, elle a également écrit un autre roman, toujours aux éditions P.O.L : Husbands. Il a l’air également assez sombre…

L’histoire de deux frères qui ne vivent que pour et par le surf

Voici l’histoire de Zachée et de Thadée. Deux frères très différents mais dont la passion commune les transcende, les lie de façon unique : le surf. Ils sont constamment emplis de ce besoin viscéral de se mesurer au plus belles vagues, aux plus beaux et plus difficiles spots…

Mais un jour, le drame va frapper sous la forme d’un requin. De la jambe de Thadée, il ne reste que quelques lambeaux de peau… Personne ne le sait encore mais ce terrible événement signera la fin du bonheur pour une famille entière. Et révèlera le pire chez certains membres de cette famille aisée à qui tout souriait jusque là…

Glaçant, captivant et absolument mémorable

Je dois l’avouer, j’ai d’abord pris ce roman à cause de son bandeau très accrocheur : « Du Stephen King à la française ! ». Même si j’y allais avec curiosité et envie, j’avais peur d’être déçue, mais c’est tout le contraire qui s’est produit. Les garçons de l’été est une merveille de noirceur… Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi poussif en termes de détails et de faits glauques, mais ça ne m’a pas dérangée tant c’est bien amené.

L’atout majeur de ce roman, c’est sans aucun doute ses nombreux personnages. Ils sont tous distinguables facilement, l’auteure réussissant à nous les faire aimer (ou détester) en quelques pages seulement.

Par exemple, la mère de Thadée et Zachée – Mylène – m’a horripilée au plus haut point (ce qui veux dire que l’auteure a réussi son coup !). Elle est tellement coincée, rigide et hautaine qu’on a qu’une envie, la gifler. Constamment en adoration devant ses fils, tout particulièrement son ainé Thadée qu’elle couve de façon étouffante, elle est un cliché ambulant. Mais on sent que c’est une volonté de l’auteure et qu’il ne s’agit pas là d’un écueil dans lequel elle serait tombée.

Mais tous les autres protagonistes du drame sont également magistraux. Nous avons le point de vue de chacun à tour de rôle, et au fil des chapitres le portrait d’ensemble devient de plus en plus sombre…

Ainsi découvrons-nous ce qu’il se passe dans la tête du frère de Thadée, de leur père Jérôme (plus complexe qu’il n’y paraît), de Cindy la petite amie de Thadée, ou encore de Ysée, la petite sœur étrange des frères surfeurs.

D’ailleurs, la partie narrative d’Ysée, qui arrive en toute fin de roman est très intéressante. Elle m’a beaucoup fait penser à des écrits tels que Le bizarre incident du chien pendant la nuit ou Les Autodafeurs avec le personnage de Césarine. Leur point commun ? Une narration extrêmement originale car leur héros est atteint d’autisme. Et même si ce n’est officiellement pas le cas d’Ysée, elle a certaines caractéristiques autistiques flagrantes qui la rendent singulière et attachante.

Outre la grande qualité du roman apportée par ses personnages, les nombreux changements de genres sont pour beaucoup dans le caractère unique de l’ouvrage. On passe d’un roman de littérature dite « blanche » au policier voir au thriller psychologique avant de basculer dans un flottement où le fantastique est également possible. Bref, le lecteur n’a aucun répit, et cela à aucun moment.

Petit détail sur le thème principal du roman, le surf. Il y a quantité de termes issus de ce sport, et que l’on soit passionné ou non, ce n’est pas un frein à la lecture. Je ne connais aucunement le surf, ni ses figures, ni ses lieux-phares ou son vocabulaire, mais ça n’a jamais bloqué ma compréhension du roman. On voyage avec Thadée, Zachée et Cindy sur l’océan comme si nous y étions, l’auteure a dû énormément se documenter pour arriver à ce niveau de précision.

Enfin, il y a une grande dimension symbolique dans ce roman, notamment au niveau biblique, entre autres choses… Et ces nombreux parallèles et références aux mythes sont très intéressants et ajoutent encore à la qualité de ce texte déjà prégnant. Sans parler de tout ce que vous trouverez en sachant lire entre les lignes.

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Ainsi, vous l’aurez compris au travers de cette longue chronique, Les garçons de l’été m’a porté un coup au cœur comme rarement j’en ai eu pour un livre. Ce roman-chorale d’une famille en plein éclatement est marquant, grandiose et saura surprendre ceux qui oseront le lire…

J’ai donc hâte de retomber dans l’univers de Rebecca Lighieri !

Chronique album jeunesse : La peinture d’Uchiki

Un album d’inspiration nippone qui nous fait découvrir une magnifique histoire dans l’univers de la peinture…

La peinture d’Uchiki est un album pour les enfants – dès 5/6 ans – aussi beau qu’original. Il est paru dans la petite maison d’éditions A pas de loups en mars 2017 et gagnerait à être connu…

Son illustratrice Xavière Broncard a déjà réalisé plusieurs albums jeunesse, de même que l’auteure avec qui elle travaille sur cet album, Isabelle Wlodarczyk.

L’histoire d’un peintre qui se mésestime

Uchiki est un homme solitaire qui ne vit que pour peindre ce qui l’entoure. Il trouve de la beauté en chaque chose qui croise son regard : un arbre, une montagne, un oiseau… Mais il n’arrive pas à peindre quelque chose de beau, de mémorable. Tout ce qu’il réalise, il le remise aussitôt dans un coin sans jamais le regarder à nouveau, jugeant que ça n’en vaut pas la peine.

C’est dans ce contexte qu’arrive un vieil homme censé livrer à un sage de la région (le vieux Tetsuchine) des dizaines de rouleaux. Ces rouleaux sont les œuvres que le sage doit découvrir absolument.  En effet,  tous les cents ans, est élu un peintre qui est félicité pour son œuvre par le conseil des sages.

Mais le vieil homme n’a plus la force d’aller livrer les œuvres au vieux sage, alors Uchiki se propose pour le soulager de sa charge de travail.

C’est ainsi qu’Uchiki gravit la montagne avec les œuvre des dizaines de peintres… et devient tenté de les admirer lui aussi. Une en particulier va retenir son admiration, occuper ses nuits… pour finalement le rendre malade de jalousie… Que va donc faire Uchiki ?

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Une belle histoire fort bien pensée et illustrée

La lecture de cet album fut un véritable coup de cœur. De l’histoire en passant par les dessins, il y a quelque chose dans ce livre qui le dote d’une âme. L’ambiance, le graphisme choisit avec soin par Xavière Broncard, tout participe à nous offrir une histoire belle et mémorable.

Suivre l’histoire d’Uchiki et son cheminement est très intéressant. Que l’on soit adulte ou enfant, on meurt d’envie de savoir comment se conclura cette histoire pour le moins originale.

Je ne vous en dis pas plus sur le fin mot de cette histoire qui donne à réfléchir, mais j’ai adoré !

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J’espère maintenant que ce bel album aura pleinement sa chance en librairie car sa diffusion étant très restreinte ce n’est pas évident… Cependant, même si votre libraire ne l’a pas, il pourra très bien vous le commander !

Je vous le promets, c’est un bel album, une belle histoire, et c’est dès l’âge de 6 ans dans l’idéal et 5 ans au grand minium.

Petit plus : Vous découvrirez à la fin de l’album un petit glossaire vous expliquant quelques termes. Quelle est la différence entre peintre et calligraphe à l’époque au Japon, que sont les emaki ou encore de quel peintre ayant réellement existé se sont inspirées les auteures (il s’agit de En-I).

 

Chronique : Le royaume des cercueils suspendus

Un roman pour ados moins facile d’accès que la plupart, mais qui nous offre une histoire aussi belle que cruelle…

Paru en octobre 2014 dans la collection Epik (réunissant les livres de l’imaginaire à destination des ados) du Rouergue, ce roman de Florence Aubry est aussi poétique qu’inclassable.

Son auteur, Florence Aubry, est connue dans le domaine de la littérature à destination des adolescents. On lui doit notamment : Le garçon talisman, Biture express, Nola ou encore La main de l’aviateur.

Une société aux mœurs étranges et implacables

Les Bâas sont un peuple où les traditions prédominent, tout est rituel, croyances. L’une de leurs traditions les plus importantes étant la Cérémonie. Pour le groupe d’amis que forment Xiong, Huang, Lou-ki et Leï, il s’agit d’un tournant dans leur vie… Surtout pour l’un d’entre eux, car la Cérémonie va révéler qu’il n’est pas né Bâa, ne possède pas le Don, et qu’il n’a aucun droit de vivre parmi ce peuple.

Condamné à mort par ceux qu’il a toujours connus, Hang n’a jamais douté d’être un Bâa… Mais le voici juché à flanc de falaise avec une seule ration de nourriture et un cercueil suspendu qui l’attend sagement… Voici l’histoire d’amitiés indéfectibles, de jalousies funèbres, de haines entre les peuples… Quel sentiment prédominera dans cette histoire ?

Un roman étrange au rythme lancinant

Très inspiré de la culture asiatique par certains aspects, Le royaume des cercueils suspendus est un roman difficile d’accès. Il est plus complexe qu’il n’y paraît, mais si vous vous y accrochez assez longtemps, vous découvrirez une histoire magnifique qui en vaut la peine.

Il faut avouer que le rythme de départ est très lent, j’ai même faillit décrocher durant les cinquante premières pages. Mais peu à peu, on découvre les enjeux qui lient ce cercle d’amis…

L’histoire de Leï en particulier à su m’atteindre avec force. Quand on découvre peu à peu ce qui se trame autour de sa personne on se prend d’affection pour la jeune fille et son destin. Et on lit avec anxiété la suite de son histoire… pour la dévorer jusqu’à l’ultime page !

Florence Aubry a le don de l’intrigue, mais aussi du style. Son univers est beau, bien que âpre, fascinant tant il est empli de rituels… On aurait d’ailleurs aimé en apprendre encore plus sur le peuple des Bâas car on en sait très peu au final sur eux. Mais ce n’est pas grave, conserver une part de mystère dans ce genre d’univers littéraire reste un plaisir.

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C’est donc un bon roman à destination des ados qui nous est ici offert. Bien écrit, avec un peuple singulier, des destins croisés et une mythologie fouillée. A réserver à ceux et celles qui veulent découvrir un récit plus recherché que ce qu’offre l’édition pour ado en général. Il faut insister pour découvrir ce livre, et ça n’est pas forcément un mal ! Dès 14 ans environ.

Chronique : Geek Girl – Tome 2

Suite des aventures d’Harriet Manners, mannequin bien malgré elle…

Geek Girl est une série de romans pour ados adaptée dès l’âge de 12 ans environ. Son auteure, Holly Smale, s’est inspirée de sa propre expérience dans le mannequinat pour écrire ses romans. Drôle, frais, efficace, cette série de livres est parfaite pour ceux et celles qui souhaitent s’évader, rire, et découvrir une héroïne on ne peut plus normale. Geek Girl 2 est paru en août 2014 chez Nathan.

Direction…. Tokyo !

Dans ce second opus, Harriet Manners fait ses premiers vrais pas dans le monde de la mode en allant au Pays du Soleil Levant ! En effet, elle est devenue l’égérie de Baylee grâce à sa fashion designer, Yuka Ito. Mais la femme d’affaires a décidé de lancer son propre label, et elle souhaite débaucher Harriet pour se faire… la pression est juste monstrueuse.

La jeune fille va devoir assurer sur tous les plans, d’autant qu’elle est dans un pays qu’elle ne connaît pas et qu’elle loge avec d’autres mannequins… va-t-elle réussir à se sociabiliser cette fois-ci ? Et à être l’icône de la mode qui fera rêver tous les autres ? Et surtout… comment va-t-elle pouvoir « gérer » Bounty, sa grand-mère totalement extravagante et irresponsable qui est censée la chaperonner ?

Le monde de la mode révèle ses facettes les plus coupantes…

Elle qui pensait s’en tirer sans trop de difficultés, Harriet a encore beaucoup à apprendre du monde de la mode et de ses codes. De plus, son côté tête en l’air et inconscient risque également de lui jouer des tours…

Et c’est sans compter sur la présence de l’Homme-Lion, comme elle appelle Nick, le garçon qu’elle aime et qui est un mannequin de renom. Tous ces facteurs risquent de jouer en sa défaveur ; car des sentiments forts plus de la maladresse, cela fait rarement bon ménage !

Ce second opus des (més)aventures d’Harriet est un vrai moment de plaisir. On découvre le Japon à travers ses yeux émerveillés, et on en apprend un peu plus sur l’univers de la mode et sa cruauté… Et comme toujours, vous aurez droit aux très nombreuses digressions d’Harriet sur les étoiles, les dinosaures ou encore les statistiques ! Sans oublier le génial personnage de Willbur (son agent) avec ses mille surnoms, tels que bébé-bébé panda ou ouistiti chéri…

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On rit toujours autant voir plus, on découvre également les drames à l’échelle d’une adolescentes, et on voyage à travers ses yeux en tout temps émerveillé… On en apprend un peu sur le Japon et ses traditions si spéciales, mais on aurait aimé en découvrir encore plus ! En tout cas, ça fonctionne, car nous le sommes tout aussi émerveillés qu’Harriet.

En bref, si vous voulez continuer à passer un bon moment avec une héroïne aussi normale que drôle malgré elle, Geek Girl est une saga faite pour vous ! A lire dès l’âge de 11 ans sans restrictions !

Chronique : Crème anglaise

Crème anglaiseUne famille qui par à vau l’eau suite à l’AVC d’un de ses membres…

Kate Clanchy arrive en France avec Crème Anglaise, et si pour nous c’est une première, l’auteur n’en est pas à son premier roman Outre-Manche. Paru chez Plon dans la collection Feux Croisés en grand format, voici que Crème Anglaise arrive chez 10/18 !

Philip Prys, rock star de la littérature anglaise sur sa fin

Tout commence par… un AVC. C’est triste à dire, et c’est encore plus triste à vivre pour la famille de Philip Prys, devenu en quelques secondes une personne totalement dépendante d’autrui. Il ne peux plus ni bouger, ni parler. En somme, sa vie est devenue une véritable torture…

Ajoutez à cela une ex-femme arriviste, une actuelle épouse jeune et jolie qui pourrait être sa fille ou presque, une fille mal dans sa peau, et un fils totalement hors de contrôle et vous aurez une petite idée du portrait de la famille Prys. Et durant cet été caniculaire 1989, il faudra également compter avec le jeune Strudan, qui vient du nord du pays (et dont l’accent est atroce, du moins au début) recruté pour s’occuper de P. Prys. Son arrivée risque de chambouler beaucoup de chose malgré lui…

Un petite comédie familiale dramatique divertissante à découvrir

Crème Anglaise réunit tous les ingrédients qui font de la famille Prys une sorte de pièce de théâtre tragi-comique. Répliques cinglantes, rancœurs tenaces, tout le monde en prend pour son grade, en particulier Mr Prys, qui paye peut-être un peu trop cher ses frasques passées.

Certains personnages (je pense notamment à l’ex-femme de Prys) sont absolument bien campés tant on les déteste, à peine ont-ils ouvert la bouche.

Tous ces sentiments mêlés laissent peu de place à la compassion du point de vue du lecteur, sauf pour ce cher Mr Prys, totalement prisonnier de son corps. De même Strudan semble être le seul à faire montre d’humanité face à la situation, lui, l’étranger à cette famille de fous !

Le plus sympathique dans ce roman qui se lit au final très rapidement, c’est son ambiance, ses personnages bien traités et tristement réalistes (qui font parfois froid dans le dans tant ils sont égoïstes). Pour l’histoire en elle-même, elle est agréable à découvrir mais n’est pas non plus inoubliable, soyons honnêtes.

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Alors que penser de Crème Anglaise ? C’est un roman à découvrir si vous aimez les histoires de familles qui se déchirent et s’aiment à la fois. Parfait à découvrir durant l’été car c’est une lecture simple et agréable dans une atmosphère surannée et typiquement anglaise.

AUTEUR :
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :