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Chronique : Phænix – Tome 1 – Les cendres de l’oubli

Phaenix 01Un triangle amoureux sur fond de musicalité et de mythologie…

Carina Rozenfeld est une auteure française dont les écrits ont toujours un lien avec le fantastique. Elle a notamment écrit la trilogie Les portes de Doregon (L’Atalante Jeunesse), Les clés de Babel (Syros) et La Quête des livres-monde (L’Atalante Jeunesse). Elle écrit également régulièrement des scénarios de dessins animés pour la jeunesse.
Publiée dans la collection R (collection destinée aux ados de Robert Laffont), sa nouvelle série Phænix comptera deux tomes et reprend de façon contemporaine le mythe d’Eros et Psychée.

Un quotidien parsemé de petites touches d’étrange…

Anaïa Heche viens de quitter Paris pour le sud de la France… une nouvelle vie s’annonce pour elle. Ses parents viennent de reprendre la maison familiale à la suite de la disparition de ses grands-parents. La reprise de la maison familiale implique non seulement un déménagement pour Anaïa, mais aussi un changement profond de mode de vie.
Ainsi la jeune fille va-t-elle faire la rencontre de nouvelles têtes. Elle va retrouver une amie d’enfance, se nouer d’amitié avec un garçon aussi beau que Chris Hemsworth (acteur qui joue le rôle de Thor) et en rencontrer un autre aussi désagréable que mystérieux et attirant…

En parallèle à cette nouvelle vie, Anaïa voit sa vie se parsemer de petites touches subtiles de surnaturel peuplé des rêves étranges, et de grains de beauté mystérieux…

Une atmosphère unique, ou musicalité et sensualité se nouent…

Anaïa a la particularité d’être une violoncelliste de grand talent, son art va ainsi l’amener à intégrer un groupe de rock composé d’amis de la fac. Et c’est dans ce groupe que joue également le sombre Eidan : taciturne, secret, mais aussi fascinant, Anaïa ne sait que penser du jeune homme… d’autant que son opposé sur tous les plans, le très beau Enry est également très attirant.

Petit à petit, les affinités se créées, se développent et la musique aidant, Anaïa va s’épanouir en découvrant une nouvelle façon d’aimer son art. En effet, avant de rencontrer Eidan, Anaïa n’avait jamais songé à faire autre chose que de la musique classique, cantonnée qu’elle était à son art dans sa version la plus traditionnelle.
C’est ainsi que l’on découvre la magie simple et extraordinaire de la musique à travers des chansons telles que : I’m in here et Breathe Me de Sia, ou encore You are mine de Mute Math. Les descriptions des chansons sont d’une justesse rare, les sentiments de magnificence et d’amour trouvant leur place naturellement.
Le ressenti de la narratrice, et par extension de l’auteure (qui a fait pendant de longues années de la musique) sur certains morceaux est transposé avec passion, de quoi donner envie de découvrir ces magnifiques morceaux si ça n’est pas déjà le cas (Il y a d’ailleurs une playlist de chansons et musiques citées à la fin de l’ouvrage, à écouter ans modération durant la lecture !).

En conclusion, le triangle amoureux qui nous est décrit dans Phænix a beau être très classique, il est efficace grâce à son ambiance et son atmosphère feutrée. Carina Rozenfeld use encore une fois de sa plume à la fois lyrique et efficace pour nous transporter vers d’autres mondes, parfois très proches du notre…

8/10

Pour les petits curieux qui trouveraient la couverture magnifique et qui voudraient en savoir plus, la photographie est signée par le photographe français Olivier Valsecchi et est tirée d’une série de tirages s’intitulant très justement Dust.

Actualité éditoriale : Les nouveautés très attendues de cette rentrée 2012 (Partie 3)

Suite et fin pour cette petite liste d’ouvrage très attendus, vous ne le savez peut-être pas encore, mais certains vous tentent déjà…

Une place à prendre Une place à prendre – J. K. Rowling – Editions Grasset

Le nouveau roman de Rowling n’appartient pas au registre de l’imaginaire, mais cette auteure est si intimement liée au genre qu’il serait dommage de ne pas présenter sa nouvelle publication. Une place à prendre se passe dans un petit village anglais sans prétention, l’humain y a ici toute sa place, et cela sous ses aspects les plus terribles et les plus divers.
A la fois huis-clos et roman à suspense teinté d’humour, ce nouveau roman est attendu de pied ferme par un très grand nombre de fans. Ils ne retrouveront évidemment pas le jeune sorcier, mais très certainement la plume simple et efficace de Rowling qui nous transporte avec aisance où elle le souhaite.

Quatrième de couverture : Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable. Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie. Attendue de tous, J.K. Rowling revient là où on ne l’attendait pas et signe, avec ce premier roman destiné à un public adulte, une fresque féroce et audacieuse, teintée d’humour noir et mettant en scène les grandes questions de notre temps.

L'équipée VolageL’équipée Volage – Rolland Auda – Collection Exprim’/Sarbacane

Prévu pour janvier prochain, l’Equipée Volage fait déjà parler de lui. Ecrit par Rolland Auda, l’auteur du Dévasteur dans la même collection, ce nouveau roman détonne complètement avec les publications traditionnelles d’Exprim’ qui se met petit à petit à l’imaginaire.
Avec sa couverture assez explicite, on comprend vite que l’Equipée Volage va nous emmener loin, très loin avec pour genre une uchronie steampunk.

Quatrième de couverture : Rêvons un peu : en 1492, Christophe Colomb n’a jamais découvert l’Amérique. Et aujourd’hui, en 1905, l’empire Incaztèque domine le monde tandis que l’Europe est une myriade anarchique de cités recouvertes par les eaux. Les mers sont peuplées de monstres mutants et de flibustiers.
Au milieu de tout cela, deux piratesses, Barbe-Marie et Rejji, tentent de découvrir une île mythique : Isocélie. Pour y parvenir, elles devront semer le cruel Phinéas Moog dans les méandres de Massilia, la Cité Flottante. Aider Conan Doyle à retrouver Sherlock Holmes. Et enfin, traverser l’Atlantique pour découvrir la solution à l’énigme du Dôme Atlante… Mais que cache vraiment Isocélie ?

Nina Volkovitch 01Nina Volkovitch – Tome 1 – La lignée – Carole Trébor

A paraître aux éditions Gulf Stream le six septembre prochain, Nina Volkovitch est le roman inattendu de cette rentrée de par sa thématique et son originalité. Premier tome d’une trilogie destinée à des lecteurs dès l’âge de 13 ans environ, cette nouvelle série nous emmène en Russie, à la découverte d’une culture peu exploitée pour ce lectorat. Nouant historique et fantastique, une chose est certaine, Nina Volkovitch ne vous laissera pas indifférent !

Quatrième de couverture : Envoyée à l’orphelinat de Karakievo parce que ses parents sont considérés comme des « ennemis du peuple », Nina Volkovitch a fait le serment de s’enfuir et de retrouver sa mère, emprisonnée dans un goulag de Sibérie. Mais comment s’enfuir d’un tel lieu quand on a quinze ans, et qu’on en paraît douze ? Ce qu’elle ne sait pas, c’est que sa mère a pris soin de dissimuler de précieux indices pour l’aider à s’échapper, mais aussi pour lui révéler les dons particuliers qu’elle possède sans le savoir. Car Nina est la descendante des Volkovitch, une illustre famille qui détient des pouvoirs aussi prodigieux que terrifiants. Et c’est elle, Nina, qui représente le dernier espoir face à un ennemi plus puissant que la dictature soviétique…

Chronique BD : Otakuland

OtakulandOnirique, étrange et envoûtant, bienvenue à Otakuland… un monde que l’on n’a guère envie de quitter une fois immergé…

Paru aux éditions Delcourt dans la collection Mirages et entièrement concocté par Walder du scénario aux dessins en passant par la mise en couleurs, Otakuland est un petit bijou étrange qui nous illustre la réaction de la société nippone vis-à-vis de ses otakus. Walder a déjà été publié par les Humanoïdes Associés avec le livre Maximum et Minimum.
Un otaku est une personne dont la vie sociale est très restreinte. Elle s’isole souvent le plus possible chez elle afin d’assouvir sa passion qui peut-être les jeux vidéos, les mangas ou encore une foule d’autre chose. Ce véritable phénomène de société au Japon inquiète et fascine à la fois. N’oublions pas enfin que le terme otaku a une connotation assez péjorative au Japon, au contraire de la France où ce mot désigne avant tout des passionnés, mais pas nécessairement des personnes qui ne vivent qu’à travers leur addiction.

Dans cette bande-dessinée, loin d’être un mal dont ils essayent de se guérir, nos trois personnages vont au contraire  rejoindre leur monde et nous montrer à travers leur yeux ce qu’est Otakuland : un monde merveilleux où tout est possible.

Otakuland insideTrois parties pour trois personnages

Au fil des pages nous suivons trois hommes relativement ordinaires, bien qu’en marge de la société. Le premier, se nomme Yota, le second se prénomme Koi et est livreur de films pornos, enfin le troisième s’appelle Jibun.
Chacun a sa façon de se rendre à Otakuland, chacune illustrée en fin de partie. Mais surtout, ils ont su se protéger des moqueries des autres concernant leur statut d’otaku. Car comme le dit le proverbe japonais énoncé en quatrième de couverture : « Le clou qui dépasse se fait taper dessus », cette citation illustre merveilleusement bien la réaction de la société face à ses marginaux, et est tout à fait universelle.
Ainsi nos personnages nous entraînent-ils dans un Tokyo aux allures oniriques et étranges où la frontière entre réel et imaginaire devient de plus en plus ténue… et où quand vous verrez surgir de nulle part une chenille à grande queue fourchue en guise de bus, vous serez à peine surpris.

Alors que faire pour nos trois otakus, rentrer dans le moule ? Très peu pour eux. Au contraire, Yota, Koi et Jibun se plongent d’autant plus dans leur monde qu’ils sont harcelés. Car entrer en Otakuland, c’est leur façon de se sentir eux-mêmes, de ne pas être oppressés par cette dictature de la société qui nous pousse à être conformes, normalisés, avec les mêmes envies et désirs.

Parlons maintenant du dessin et de la patte très esthétique de Walder. Le trait est net, précis et très fouillé, faisant des planches de véritables merveilles graphiques. On peu ainsi passer de nombreuses minutes à regarder les détails qui fourmillent à travers chaque case.
La particularité des personnages dessinés par Walder est qu’ils ont tous une tête de taille disproportionnée par rapport à leur corps.
Tout participe à la création d’un univers original et magnétique, envoûtant.

De quoi vous laisser transporter le temps d’un livre (il s’agit d’un one-shot) dans un monde qui nous fait oublier les tracas de la vie de tous les jours et nous ouvre les yeux sur une autre philosophie de vie.
Alors, oui, les personnages que l’on suit sont marginaux, et vivent à travers leur passions, parfois trop, mais au bout du compte, n’est-ce pas eux qui sont les plus heureux ? A vous de vous faire votre propre avis sur la question….

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF

Chronique Jeunesse : Sirellia

Sirellia nouvelle couverture

Un premier roman sympathique qui permet de se familiariser à une fantasy urbaine douce et poétique.

Premier roman de l’auteur Alissandre, Sirellia est aussi une des premières publications des éditions Sortilèges. Nouant féérie et histoire contemporaine, l’histoire de Sirellia nous illustre de façon poétique et simple ce dont la nature humaine est capable de faire face à quelque chose de « différent »… que ça soit de façon positive ou négative…

Au sommet d’un arbre du lycée se trouvent d’étranges inscriptions…

Au commencement était une petite ville : Lumia. Puis, Clément un jeune adolescent rêveur aux yeux captivants. Lycéen, il mène une vie on ne peux plus normale bien qu’assez peu sociable. Peu expansif, il aime se balader durant les moments de pause entre les cours plutôt que de discuter avec des camarades qui ne le comprennent guère…
Or, un jour, Clément découvre d’étranges symboles gravés au sommet d’un des arbres de la cour de l’école. Décidant d’y grimper pour être sûr qu’il ne rêve pas, Clément va jusqu’à toucher les inscriptions, qui disparaissent aussitôt… mais ce geste va changer sa vie à jamais, car le soir même un étrange individu fait son apparition chez lui…et hypnotise sa mère.

Le lendemain même de cette visite déconcertante, Clément fait la rencontre d’une nouvelle dans sa classe : Ambre. Tout de suite, le courant passe entre eux et une amitié fusionnelle se créé. Les événements sont-ils liés ? Quelles sont ces inscriptions que Clément à touchées et qui ont disparues ? Et surtout qui est cet homme, Eldin Fan Ligor qui a disparu la soirée dernière en effaçant toue trace de son passage dans les souvenirs de sa mère ?

Un destin tout tracé pour sauver un peuple en voie de disparition

Au fil des chapitres, Clément le découvre ; il est unique, et ce bien plus que tout ce qu’il aurait pu imaginer dans ses rêves les plus fous.
En effet, suite à de nombreuses visites d’Eldin Fan Ligor Clément commence à percevoir tout ce qui est possible, mais surtout, les devoirs qui lui incombent. En effet, les humains ne sont pas les seuls à vivre à Lumia. Dans la forêt qui borde la ville, depuis des siècles existe un peuple étrange et fascinant qui participe à l’équilibre de la Terre : les féérines.

Ces êtres à la peau bleue et au charisme rayonnant sont issus d’une transformation les assimilant à part entière à la Terre. Mais leur peuple est en danger, un mal mystérieux semble tuer la forêt alentour… et seul Clément semble pouvoir être à même de l’éradiquer.

Magie, écologie, féérie, mais aussi amour et amitié sont au rendez-vous pour créer une atmosphère bien particulière et très plaisante. C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce roman, les descriptions sont bien menées et précises, permettant une vision très claire de ce qui y est écrit. Ainsi le lieu de vie des féérines prend vie avec beauté et simplicité, faisant penser parfois à ces maisons de rêves perdues dans les forêts que l’on trouve dans nos contes de fées.

En somme, Sirellia est un roman qui se tient parfaitement dans son ensemble mais qui manque d’originalité. Le reproche principal que l’on peut lui faire étant d’avoir une trame trop attendue malgré quelques idées bien pensées. Clément, le héros de ce récit fantastique a une destinée trop discernable qui diminue l’intérêt de l’histoire.
Il s’agit toutefois d’un premier roman, et d’un récit parfaitement adapté à des lecteurs dès l’âge de 11-12 ans, qui peut être idéal pour initier à la fantasy urbaine et au fantastique.
Ainsi, sans pour autant être un coup de cœur, Sirellia est un roman qui dénote d’un réel travail d’écrivain et d’éditeur. Le livre en tant qu’objet est d’ailleurs une très belle réussite, son format est léger et pratique, rendant la lecture très agréable.

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Chronique Jeunesse : Les petits monstres – Tome 2– Le rire du vampire

Les Petits Monstres 02

Quand vampire ne rime pas, mais alors pas du tout avec rire… un second tome distrayant et sympathique.

Second tome des aventures des Petis Monstres, il peut toutefois se lire indépendamment du premier.
Nous retrouvons donc Cassandra, Valentin, Jack et Oliver pour de nouvelles aventures qui cette fois-ci ne sortent pas du manoir… car il s’agit d’une histoire de famille. Plus précisément de l’oncle acariâtre de Cassandra venu passer quelques jours au manoir Darkshire.

Un invité surprise pour les petits monstres

Cassandra vient de recevoir une lettre de ses parents comme quoi son oncle Karlov allait arriver sous peu au manoir…
A peine arrivé, l’oncle se plaint déjà de l’accueil et du manque cruel de café. Le comportement de l’oncle en plus d’être extrêmement étrange est en plus très désagréable.
Et quand les enfants se mettent à lui parler du spectacle humoristique qu’ils vont aller voir, ce dernier se renfrogne encore plus, si c’est possible.
Cet oncle les intrigue au plus haut point, et aussi les désolent, ils décident alors de prendre les choses en main afin de changer l’humeur du vampire taciturne au répliques bien senties et de découvrir son secret…

Un second tome réussit

Contrairement au précédent ouvrage, cet opus est une petite réussite qui permettra aux enfants de s’évader par la lecture. En effet, entre les répliques acerbes de l’oncle et les mystères qu’il entretien, les jeunes lecteurs seront servis.
L’histoire est sympathique, et les illustrations sont encore une fois à la hauteur.

Ce second tome est parfait pour les 7-9 ans, et fort heureusement peut se lire indépendamment du premier. Beaucoup moins moralisateur que le précédent, on découvre ici la facette « familiale » des petits monstres.
Alors si vous souhaiter faire découvrir à vos enfants une toute première lecture avec un peu d’éléments fantastiques, cet ouvrage sera sympathique pour eux.

Chronique Jeunesse : Tom Patate – tome 2 – Le pays caché d’Alba Spina

Tom Patate - tome 2Retour dans le jardin féérique de Tom Patate

Second tome de la série jeunesse Tom Patate publié aux éditions Graine 2, nous continuons à suivre les aventures du jeune fadou à la recherche de ses origines…

Toujours aussi enchanteur

Suite aux premières aventures de Tom Patate s’ensuivent…de nouvelles. Maintenant le jeune fadou s’en va concourir pour devenir Granmanitou, c’est-à-dire un des sages dirigeants du jardin. Et ce concours est tout sauf rassurant : il se joue en trois épreuves toutes les trois très dangereuses.

Outre les Concourailles (c’est ainsi que se nomme le concours pour devenir Granmanitou), Tom cherche toujours à découvrir d’où il vient, et il ira de surprises en surprises… Dans ce second tome, c’est aussi plus d’action que l’on découvre, et pour la première fois Tom Patate va être confronté à de vrais ennemis. De quoi ajouter un peu de piquant au relatif calme du jardin…

On retrouve avec grand plaisir les souriceaux du premier tome de la série ainsi que de nouveaux personnages aussi étranges qu’attachants. Notamment Mam’zelle Mortepeau, une créature nauséabonde aux tics très étranges…

Que dire de plus sur ce nouvel opus si ce n’est qu’il mérite d’être découvert par les jeunes lecteurs, et ce dès l’âge de neuf ans. Parfait pour s’évader tout en restant dans un univers connu. Si vous ne savez pas quoi lire ou faire lire à vos enfants, Tom Patate sera parfait. On s’évade, on rit, on s’attache et s’émerveille.

Et si j’insiste autant, c’est que cet ouvrage mérite à être connu, et ce d’autant plus que l’éditeur est peu diffusé, ce qui est dommage. Car quand on découvre un livre dont le travail est aussi bien finalisé (illustrations magnifiques, couverture cartonnée du plus bel effet…), on ne peut que vouloir son succès. Affaire à suivre avec la chronique du troisième tome : Eïlandihis ou les monnes en furies.

Chronique : La légende d’Eli Monpress – tome 1 – Le voleur aux esprits

Eli Monpress 01 FRUne fantasy malicieuse et intelligente

Rachel Aaron, auteur américaine née à Atlanta, raffole de littérature sous toutes ses formes : de la fantasy aux romans en tous genres en passant par la SF. Quand elle n’écrit pas elle-même elle ne peut s’empêcher de lire tout ce qui lui passe sous la main.

Premier tome d’une série de fantasy qui en comptera au moins cinq, Le voleur aux esprits est un roman qui renouvelle joliment le genre avec une espièglerie certaine. Aux Etats-Unis, le quatrième tome de la série paraîtra en juillet 2012.

Un Arsène Lupin version fantasy

Eli Monpress est beaucoup de choses : fieffé voleur, intelligent, malicieux, magicien, et aussi… kidnappeur de rois. En effet, ce dernier n’a pas trouvé mieux que d’enlever le roi de Mellinor à son royaume pour obtenir une rançon digne de ce nom. Son plan était presque parfait, jusqu’à ce qu’arrive une émissaire de la Cour des Esprits, censée appréhender le magicien par tous les moyens…

Un début d’intrigue assez classique certes, mais fort bien développée par la suite. Notons toutefois que le point fort du roman réside surtout dans son écriture plutôt que dans son scénario.

Un univers rafraichissant où les esprits sont omniprésents

Oubliez tout de suite les longues formules magiques à apprendre pendant des heures, ou encore les manuscrits poussiéreux recelant une pléthore d’incantations. Ici, point besoin de cela, les magiciens sont des êtres qui possèdent en fait une affinité avec les esprits. Leur degré d’affinité détermine leur puissance.

Les esprits ne sont pas des esclaves au service de l’homme mais des associés. Un système de magie intéressant que l’auteur explique très bien, et dont l’univers est très fouillé.

Tout est esprit : de la simple porte en bois à la pierre trouvée au fond d’une forêt…et certains magiciens très doués peuvent communiquer directement avec toutes sortes d’esprits, c’est d’ailleurs le cas d’Eli. Capable de faire la conversation à un arbre puis de raconter une plaisanterie à une pièce de tissu l’instant d’après.

L’univers décrit est si plein de bons sentiments que l’on sent parfois les échos de la light fantasy se mélanger à un genre résolument épique sur le fond. Une combinaison réussie.

Des personnages envoûtants et charismatiques

Outre la magicienne Miranda Lyonet et le voleur Eli Monpress, quelques autres personnages méritent d’être présentés ici. Il y a Josef, qui accompagne Eli à chaque instant, c’est des meilleurs bretteurs du monde connu, il possède une incroyable loyauté envers les autres et a une droiture d’esprit tout aussi respectable. Enfin, il y a Nico, une jeune femme bien mystérieuse dont on ne sait pratiquement rien jusqu’à la fin. Elle ne fait confiance à personne d’autre qu’à Josef. Tous à leur manière ont une personnalité bien ancrée, facilement mémorable, et surtout attachante.

En ce qui concerne le caractère de notre anti-héros Eli, ce dernier fait fortement penser à celui d’un autre personnage fort plaisant de la littérature fantasy : Tass Racle-Pieds le kender, voleur par le sang et voyageur inconditionnel dans la série Lancedragon. Alors, clin d’œil voulu ou simple hasard ?

En somme ce premier tome est une très plaisante découverte qui donne envie de vite retrouver Eli et ses coéquipiers pour de nouvelles aventures ! Une surprise en terre fantasy qui fait plaisir à voir.

8/10

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GENRE : Fantasy, Humour
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TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Le pacte des immortels – Tome 1

Le pacte des immortels 01Sur les traces d’adolescents pas si banals que ça…

Publié aux éditions Castelmore (collection de Bragelonne dédiée au public adolescent) en septembre dernier, Le pacte des immortels est le premier tome d’une série fantastique ayant pour thème de fond les demi-dieux.
L’auteur Eric Nylund n’en est pas à son premier coup d’essai et à notamment publié de nombreux romans pour la licence Halo, adaptation du jeu vidéo éponyme. Il a également écrit d’autres romans fantastiques, mais aucun n’a encore été traduit en France à ce jour.

Une enfance d’un ennui…mortel

Fiona et Eliot, jumeaux, sont deux adolescents comme les autres ou presque. Ils n’ont jamais connu leurs parents et vivent avec leur grand-mère et leur arrière grand-mère dans une atmosphère des plus pesantes. Sans cesse sollicités par leur grand-mère, leur vie se partage entre un petit boulot dans une pizzeria et des cours à domicile extrêmement exigeants.
De plus, leur vie est régie par de nombreuses règles « stupides » : interdiction d’écouter de la musique ou de toucher à un instrument. Pas de produits d’hygiène extravagants. Pas de dés, interdiction de lire des livres traitant de choses imaginaires…etc.
Fade, leur vie l’est certainement. Sans aucune place à la spontanéité également. Mais les choses vont changer à partir du jour de leur quinzième anniversaire… ils vont enfin découvrir la raison d’une telle protection, les ayant poussé à n’avoir aucun ami ou goût de leur âge.

C’est ainsi que leur famille qu’ils croyaient disparue va ressurgir, ils vont ainsi découvrir qu’ils sont les descendants d’une lignée très particulière, et pour cause, elle est immortelle. Mais en plus de cela, il semblerait qu’une seconde famille veuille prouver ses liens de sang avec les jumeaux… de nombreuses interrogations et conflits en perspective.

Une aventure sympathique qui en rappellera d’autres

Pour le premier tome d’une nouvelle série, Le pacte des immortel est très agréable, même si l’on reste dans du déjà-vu. On ne peut s’empêcher de voir un léger écho à la série jeunesse Percy Jackson pour la découverte par les héros de leurs ascendants surnaturels, mais avec ici un côté un peu plus mature, plus adolescent dans les problématiques.

La première partie du livre est selon moi la plus intéressante. L’atmosphère feutrée dans laquelle évoluent nos deux personnages principaux est tout à fait particulière et privilégiée pour le lecteur. On ressent même cette envie de la laisser intacte, de ne pas voir tous ces bouleversement entrer dans leur vie, et dans notre lecture.

La seconde partie quand à elle est beaucoup plus rythmée, laissant les pièces se mettre en place. A la fois révélatrice mais aussi plus classique, on retrouve ce que l’on a déjà pu voir dans de nombreux ouvrages avec les fameuses épreuves du feu que doivent surmonter les héros pour prouver leur valeur.
La mythologie a dans ce roman une place de choix car de nombreuses références y sont faites, (grecque et médiévale particulièrement) plus ou moins explicitement. D’ailleurs, certaines interdictions incompréhensibles de la grand-mère trouvent leurs explications dans cette seconde partie.

En conclusion ce premier tome est appréciable mais laisse encore beaucoup de points obscurs à éclairer (peut-être trop ?), en particulier en ce qui concerne « l’autre famille » qui revendique aussi les liens de parentés avec les jumeaux. On en sait très peu sur leurs motivations ainsi que sur le fameux Pacte…

Affaire à suivre de très près avec le second tome de la série qui sortira le 9 mars 2012 et s’intitulera Arrêt de mort. Saluons au passage la très jolie couverture de l’ouvrage signée Miguel Coimbra.

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Chronique : Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables

Le haut-lieuUn recueil à la qualité certaine mais parfois inégale 

Serge Lehman, de son vrai nom Pascal Fréjean est actuellement critique au Monde des Livres et a écrit bon nombre de romans de science-fiction. Parmi ses oeuvres remarquables, il a notamment coécrit avec Fabrice Colin La Brigade Chimérique qui fut un beau succès et qui a même été adapté en jeu de rôle. Il a également remporté le Grand Prix de l’imaginaire et le Prix Rosny aîné pour son roman F.A.U.S.T. maintenant épuisé.

Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables est un recueil de nouvelles de mêlant science-fiction et fantastique, il a été publié aux éditions Denoël dans la collection Lunes d’encre en 2008 avant de paraître il y a quelques mois en poche aux éditions Folio SF. Il est doté d’une préface signée Xavier Mauméjean qui a l’avantage d’expliquer certains points obscurs des nouvelles si l’on passe à côté.

Un recueil de nouvelles de qualités inégales

L’ouvrage débute par la nouvelle qui a donné son nom à l’anthologie : Le Haut-Lieu, qui se trouve être, selon moi, la meilleure de toutes. On se retrouve dans un huis-clos avec un artiste américain richissime et une agente immobilière qui tente de lui vendre un magnifique appartement en plein Paris : une affaire en or. Mais la visite, d’abord normale, va vite tourner à l’angoisse. Il semblerait que les pièce de l’appartement disparaissent une à une sans aucune explication plausible et réaliste.

L’écriture de cette nouvelle fait beaucoup penser à une mise en scène théâtrale. La façon dont Serge Lehman présente et développe ses personnages, mais aussi la description faite du décor contribuent à cette impression. A la fois énigmatique, pernicieuse et très noble, on se laisse hypnotiser par le charme dangereux de cet appartement parisien voulant « capturer » ses visiteurs.

Les autres nouvelles proposées ensuite sont beaucoup plus confuses et difficiles à appréhender pour le lecteur. Comme la nouvelle Le gouffre au chimère nous raconte l’histoire d’un homme recevant un colis qu’il ne doit absolument pas ouvrir. Cet homme a en fait été repéré par un service spécial français qui traque les « réifications », un phénomène qui touche les êtres étant à deux doigts de faire une grande découverte. Le but de ce service étant de permettre audits individus de réussir à matérialiser leur idée ou invention, sensée changer nombre de destins. Même si on comprend l’objet de la nouvelle, son développement est toutefois assez brouillon, tout comme la nouvelle Superscience.

La seconde nouvelle de qualité du recueil est selon moi la très courte et incisive La chasse aux ombres molles qui apporte une réflexion sur le statut des grandes entreprises. Et Serge Lehman va plus loin encore dans le malaise en remettant en question leur existence même, mais aussi leur utilité dans la société. Une invitation à la réflexion dans notre monde où l’Entreprise, la grande institution toute-puissante se dévore elle-même jusqu’à la suppression de sa propre raison d’être.

Il y a également Origami : l’histoire d’un journaliste qui se retrouve à intégrer pour une semaine une mystérieuse organisation. Son but : faire assimiler une vérité scientifique absolument effarante que peu d’initiés connaissent, cette dernière va changer sa vision de la vie et de l’univers. Très sympathique, à l’ambiance feutrée et glaçante.

La régulation de Richard Mars est une nouvelle assez sympathique, bien qu’un peu floue, qui traite du sujet de l’immortalité et du bon usage des corps d’emprunt. Richard Mars est un pauvre que tout abandonne, sa femme l’a quitté, sa vie est plate, jusqu’au jour où il rencontre une entité qui lui donne un pouvoir infini… mais que va-t-il en faire ?

Au final, ce recueil recèle quelques belles petites surprises qui s’équilibrent finalement avec les autres nouvelles d’une qualité plus faible, et mérite donc d’être découvert. Le Haut-Lieu est vraiment un incontournable, tout comme deux ou trois autres courts récits. C’est en tout cas une belle manière de faire une première incursion dans le monde étrange et feutré de Lehman dont l’écriture charme, séduit et subjugue. On ne peux en ressortir indemne.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

6.5/10

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Chronique Jeunesse : Les aigles de pluie

Les aigles de pluieUne jolie ode à la liberté pour les jeunes lecteurs

Eric Simard est un auteur français pour la jeunesse. Il a notamment écrit La femme noire qui refusa de ce soumettre, qui compte l’histoire vraie de Rosa Parks, et qui est souvent prescrit dans les écoles, de même que son roman Je te sauverai !, qui parle de l’amitié improbable d’un jeune garçon et d’un oiseau.

Cette fois, Eric Simard nous emmène dans un monde inventé avec les aigles de pluie, paru le premier septembre dernier aux éditions Syros dans la collection Soon-Mini Syros, destinée à faire lire de courts texte d’anticipation et d’imaginaire à des lecteurs âgés de 8 à 10 ans.

Le prix de la liberté

Tirdyk et de Choden sont deux enfants qui s’aiment, et qui aiment encore plus la liberté. Ils vivent en parfaite harmonie avec leurs aigles de pluie, qui les ont adoptés depuis leur plus tendre enfance. Grâce à eux, ils peuvent mêler leurs esprits et s’envoler.

Mais ce bonheur ne va pas durer : le peuple des deux jeunes enfants va être fait prisonnier par les Kins, un peuple qui vient de l’autre côté des montagnes et qui convoitaient leurs richesses depuis longtemps.

Une ode à la liberté

L’écriture du texte est composée de phrases courtes et efficaces. L’histoire de nos deux personnages est en fait un prétexte pour parler de liberté, de libre-arbitre, de retour aux sources.

Un joli texte court qui sera adapté à des enfants dès l’âge de 9 ans qui sans être marquant fera passer un agréable moment.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

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