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Chronique Jeunesse : La Quête des Livres-Mondes – Tome 2 – Le livre des lieux

La quête des livres-monde 02L’aventure continue… !

Carina Rozenfeld est une auteure française dont la contribution dans le monde de l’imaginaire est de plus en plus importante. Elle a notamment écrit la trilogie Les portes de Doregon, Les clefs de Babel ou encore la duologie Phaenix. La Quête des Livres-Mondes est une trilogie, les deux premiers tomes avaient étés édités pour la toute première fois par les éditions Intervista avant d’être repris par l’Atalante.

A la recherche du second Livre-Monde… autour de la Tour Saint-Jacques

De retour avec Zec et Eden dans leur Quête des fameux Livres-Mondes pour sauver la planète Chébérith. Au programme, action, aventure, suspense… et encore action.

Chébérith est loin d’être reconstituée et même si l’Avaleur de Mondes ne s’est pas encore manifesté, cela n’est qu’une question de temps. Ainsi retrouvons-nous avec plaisir nos aventuriers en herbe, toujours aidés en la matière par le vieux Chébérien Eyver et son fidèle (et mystérieux) majordome.

La nature humaine, pire ennemi que l’Avaleur de Mondes

Encore une fois dans ce tome, on constate rapidement que c’est encore l’envie et la jalousie des hommes qui est le plus gros frein à l’accomplissement de la Quête. Bien entendu, l’Avaleur de Mondes n’est pas en reste, mais demeure une menace plus sourde et insidieuse au contraire des hommes, violents et frontaux.

La psychologie des personnages, bien que simple n’est pas non plus basique. En effet, ils sont avant tout crédibles, quelles que soient leurs actions, y compris les mauvaises.

Plus d’action dans ce second tome, mais également plus de crispations, de suspense. Enquête sur fond d’Internet (et d’enchères sur Ebay) et jeux de dupes, le programme est dense.

On se laisse encore une fois porter avec un immense plaisir dans cette épopée fantastique qui nous laisse rêveurs et envieux… on a qu’une seule envie, voir des ailes pousser dans notre dos pour nous envoler avec Zec et Eden et vivre leur aventures ! Chronique rédigée pour le site ActuSF.

Chronique : Parallon – Tome 1

Parallon 01Un amour qui transcende les siècles… mais est-ce suffisant pour nous charmer ?

Parallon est le premier roman pour ados de Dee Schulman, paru en France le 24 janvier dernier dans la collection R. Elle a déjà publié des livres pour la jeunesse chez Bayard avec Mon journal top secret (2 tomes).

Dans ce roman, il est question d’amour, de deux époques que des millénaires séparent et d’un étrange univers…

Quel est le point commun entre Londinium en 152 après JC et l’institut Sainte-Magdalen en 2013 ?

Notre histoire commence à Londinium, au temps des combats de gladiateurs et de l’esclavage, où la vie d’un homme ne valait rien ou presque. On y découvre le jeune Seth, une vingtaine d’années, gladiateur de son état. Bel homme, et excellent combattant, ce dernier a remporté plus de victoires qu’aucun autre gladiateur, pour cela il est adulé par les femmes, qu’elles soient mariées ou non. Mais un jour, son regard va croiser celui de Livia, une jeune femme de son âge, belle mais inaccessible pour lui…

En parallèle, nous faisons la connaissance d’Eva, une adolescente presque ordinaire hormis le fait qu’elle soit surdouée et donc difficile à gérer dans le système éducatif normal. Elle peu craquer les barrières de sites tels que ceux de son école pour en falsifier les notes ou faire envoyer de faux emails par son proviseur. Elle est aussi extrêmement douée dans tous les domaines auxquels elle s’essaye, de quoi frustrer son entourage…

Mais quel lien peut-il donc bien y avoir entre Seth et Eva ? Car on se doute que chacun d’eux n’aura pas une petite vie bien séparée l’un de l’autre…

Un ouvrage à la promesse non tenue…

L’éditeur nous parlant de Parallon depuis quelque temps déjà, il est normal d’attendre la sortie du livre avec curiosité, sinon impatience. De plus, les romans de la collection R ont toujours réussi à nous étonner par leur originalité et leur côté précurseur.

Cependant, Parallon ne tiens pas ses promesses, et cela en de nombreux points. Premièrement, les personnages, sont très stéréotypés et peu creusés. En effet, entre le beau gladiateur et la jolie surdouée, le lecteur n’a que peu de place pour son imagination et sa part de rêve… De plus, l’héroïne ne semble jamais se rendre compte de l’attrait qu’elle exerce sur la gent masculine alors que les signes sont tout de même très nombreux… un état de fait que le lecteur a vite fait de remarquer.

La seconde faiblesse réside dans l’écriture, assez rudimentaire. Là où l’on peut parfois voir une écriture directe et efficace qui va droit au but, ici nous rencontrons une plume assez morne, sans réel éclat. Les dialogues sont simples, peu captivants et parfois très banals…

Le troisième défaut réside dans le comportement des personnages, peu naturels et trop prévisibles, surtout vis-à-vis de leurs sentiments respectifs.

Alors, qu’en est-il de l’intrigue de fond ? Cet amour traverse les siècles parviens-t-il à nous faire oublier les défauts mentionnés plus haut ? La réponse est non, l’idée de base de Parallon, qui est les mondes parallèles est sympathique mais n’apporte rien de nouveau au genre. Des auteurs tels que Philipp Pullman, Pierre Bottero ou encore Neil Geiman ayant apporté déjà de belles pierres à l’édifice.  Le seul élément intéressant de l’intrigue étant le fameux virus qui joue un rôle aussi crucial que mystérieux et dont on aurais aimé en savoir plus…

En conclusion, Parallon ne fait pas pour moi partie de ces romans qui nous transportent dans un autre monde grâce à leur écriture et/ou leur originalité. Un roman qui se lit aussi vite qu’il s’oublie…

Chronique BD : Screenshot

ScreenshotQuand les films les plus connus sont détournés en quelques cases

Sorti en octobre dernier aux éditions belges Poivre et sel, Screenshot a été réalisé par Lapuss’. Illustrateur, graphiste et également scénariste, Lapuss’ est loin d’en être à ses débuts avec déjà plus d’une quinzaine d’ouvrages à son actif. On lui doit notamment : In vitro veritas, Le Piou ou encore La fin du monde.

Screenshot a pour vocation de revisiter de façon humoristique les films et les séries tv les plus connus, le tout en deux pages maximum.

Quand Desperate Housewives devient… Depressed Housewives

A chaque parodie, le titre du film (ou série) est légèrement modifié, ainsi retrouvons-nous Le cercle transformé en Le rond, Pirates des Caraïbes en Pirates des îles etc. Les dessins sont très sympathiques, parfaitement dans le ton recherché par l’auteur. A la fois ressemblant et caricatural, on se plait à reconnaître des personnages qui nous sont familiers.

Alors, l’humour de Screenshot fait-il mouche ? Personnellement, il me semble que non. En effet, la plupart des pastiches nous offrent des blagues qui tombent à plat avec des chutes pour le moins décevantes.

Lapuss’ arrive à nous amuser en majorité avec ses détournements de titres de film, ainsi qu’avec ses premières cases. Mais dès qu’il s’agit de conclure, on passe souvent à côté d’un final vraiment drôle.

Ainsi, malgré quelques idées vraiment bien trouvées : Boudelard (un vrai) à la place de Poudlard dans Harry Potter, un Spiderman obèse ayant du mal à ne pas casser ses toiles ou encore le retour d’un Supermec (comprendre Superman) ayant pris un peu d’âge, Screenshot reste d’un niveau général assez faible.

En conclusion, Screenshot est une bd humoristique convaincante graphiquement mais qui laisse à désirer sur le plan de l’écriture… dommage.

Cependant, l’humour reste une chose très subjective et cet ouvrage pourra certainement trouver son public.

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Chronique : Le tourneur de page – tome 2 – Vers l’inconnu

Le tourneur de pages 02Une suite qui tient presque toutes ses promesses…

Paru en octobre dernier, Vers l’inconnu est le second tome de la trilogie pour la jeunesse Le tourneur de page, parue aux éditions Eveil et découvertes. La série est écrite par Muriel Zürcher, une femme qui avant d’être auteur pour la jeunesse était avant tout DRH dans les centres hospitaliers.

Rendez-vous en terre inconnue… et hostile

A la fin du premier tome, nous laissions nos jeunes héros Alkan, Tahar, Artelune et les autres dans une situation plus que délicate. En effet, Iriulnik et ses sbires ont complètement détruit le village des rebelles vivant en dehors de la Bullhavre, les contraignants à partir pour des terres totalement inconnues. Seulement, nos jeunes héros ont étés séparés du groupe de villageois, ils sont donc forcés de les rejoindre sans savoir vraiment où aller, si ce n’est loin de la Bullhavre… Cette nouvelle aventure prend vite la dimension d’expédition dans un monde dont ils ignorent tout et où les dangers sont aussi nombreux qu’obscurs…

Un rythme différent du premier tome

Alors que le premier opus nous attachait particulièrement à ce qui arrivait à Alkan et son entourage proche, ce second tome ne parvient pas à nous y intéresser avec autant d’efficacité.

En réalité, au fil des pages, ont se rend compte que l’on devient de plus en plus fasciné par ce qu’il se passe dans la Bullhavre. Depuis qu’Iriulnik a pris le pouvoir du Tourneur de Page, les règles du jeu ont changé pour les habitants et ceux qui sont censés faire régner l’ordre sous le dôme.

On en apprend beaucoup plus sur l’enfance d’Iriulnik, personnage mauvais par excellence dont la haine fait briller la bonté des autres, comme par exemple celle de Toache.

Du côté de nos explorateurs en herbe, nous découvrons le mystérieux peuple des « abominables » appelés ainsi en raison de leur physique peu avenant. Mais soyons honnêtes, les chapitres concernant l’expédition d’Alkan et de ses amis est beaucoup moins captivante que l’évolution à laquelle on assiste dans la Bullhavre.

La partie des villageois ayant fui est également très intéressante, faisant ouvrir les yeux au lecteur sur les dangers de quitter une dictature… pour peut-être quelque chose de similaire, bien que déguisé.

Un texte faisant appel à plus de maturité de la part du lecteur

Muriel Zürcher poursuit son travail de remise en question sur l’existence de la Bullhavre en mettant en évidence de nouvelles interrogations.

Mais ce second tome fait appel à plus de maturité de la part du lecteur car on trouve un certain décalage entre des personnages assez enfantins et des scènes parfois dures. Je pense notamment à une scène de torture concoctée par Iriulnik, qui bien qu’elle soit très instable, possède une intelligence sans faille quand il s’agit de tourmenter ses pairs…

L’ensemble tient relativement bien la route, mais on ne peut s’empêcher de sentir une certaine dissonance dans la construction du récit par rapport à différents styles utilisés.

Pour conclure, ce second tome nous offre une suite honnête. Sa première moitié est sympathique et assez convenue, mais la seconde nous offre le plaisir d’être surpris. En effet, on ne peux s’empêcher de penser que Muriel Zürcher est parfois aussi machiavélique que certain de ses personnages, en particulier quand ont voit la conclusion qu’elle nous offre pour Vers l’inconnu : en demi-teinte, pour ne pas dire sombre… Vivement la suite, à attendre pour octobre 2013 !

Chronique : BZRK – tome 1

BZRK - Tome 1Bienvenue dans le monde incroyable et repoussant du corps humain à l’échelle nano…

 Nouveau roman événement de Michael Grant, BZRK est une trilogie dont le premier tome vient de paraître aux éditions Gallimard Jeunesse en septembre dernier. Michael Grant est un auteur mondialement connu pour sa série pour adolescents Gone (cinq tomes, série en cours, Pocket Jeunesse), il est le mari de l’auteure K. A. Applegate, avec qui il a écrit la série de sf pour la jeunesse Animorphs (Folio Junior) et Everworld (Gallimard Jeunesse).

Au programme, des nanotechnologies capables de prendre le contrôle de votre corps : un œil comme porte, et les nanobots font leur office en manipulant les nerfs de votre matière grise pouvant même aller jusqu’à vous rendre totalement fou…

Et pour ceux qui se le demandent, BZRK signifie berserk, une référence à la mythologie nordique (désigne des guerriers qui rentrent dans une fureur telle qu’elle les rend invincibles), on en sait guère plus à ce propos hormis que c’est sous ce nom que se regroupe ceux qui sont du bon côté de la barrière.

Mais c’est quoi les nanotechnologies exactement ?

Pour ceux qui ne sont pas familiers des sciences, une petite explication de ce que sont les nanotechnologies s’impose. En voici une définition : la nanotechnologie regroupe la recherche sur les principes et propriétés existant à l’échelle nanométrique, c’est-à-dire au niveau des atomes et des molécules (source : http://www.actu-environnement.com). Un des objectifs principaux des nanotechnologies est de créer des nanomachines.

Une fois ce postulat intégré, nous pouvons nous attaquer au monde créé par Michael Grant autour de ces technologies. Dans BZRK il existe deux types de robots, les nanobots (issus d’éléments biologiques) et les nanobots (issus de la pure mécanique). Ces machines sont le nerf d’une guerre à l’échelle mondiale.

En effet, le groupe BRZK lutte pour le libre arbitre et l’initiative individuelle alors que leur ennemi, les jumeaux Armstrong prônent une pensée unique et veulent créer un « homme nouveau » en manipulant le maximum d’individus par le biais des technologies nanos.

Un renouveau dans le young adult ?

Avec cette nouvelle série, Michael Grant frappe fort en nous proposant un tout nouvel univers. En effet, le thème des nanotechnologies n’a été que très peu utilisé en littérature mais on peut tout de même citer Isaac Asimov avec le voyage fantastique, ou encore destination cerveau.

L’univers nano qui nous est ici offert est violent, d’ailleurs, le corps s’appelle la viande pour les lignards, ceux qui manipulent les nanorobots, et cela quel que soit leur camp.

Si renouveau il y a, il réside uniquement dans la thématique abordée, car malheureusement, BZRK ressemble franchement trop à une énième lutte entre le bien et le mal. D’un côté, un mégalo richissime (les jumeaux peuvent-être considérés comme une seule personne car ils sont fusionnés) qui veut contrôler le monde et les pensées, de l’autre un regroupement d’irréductibles qui savent ce qui se trame en secret et luttent jusqu’à la mort.

C’est fort dommage, mais je n’ai pas l’impression qu’il y ait plus de profondeur derrière cette intrigue développée dans le premier tome. Cela est d’autant plus fâcheux que certaines scènes du roman restent mémorables, je pense notamment à celle de l’avion au tout début du roman, digne d’un film d’action, les images défilent dans la tête du lecteur pour donner une magnifique impression en fin de chapitre.

Au niveau des personnages, malgré un effort de développement, certains manquent tout de même de profondeur, notamment le fameux Bug Man, l’ado le plus doué pour manipuler un nombre de nanorobots impressionnant. Ses motivations, bien qu’expliquées, restent tout de même nébuleuses.  Il en est de même pour le jeune Noah Cotton, nouvelle recrue du BZRK, on comprend ses motivations, mais sans être totalement emballé.

En somme, ce premier tome de la série BZRK donne un tableau très mitigé. Le début était vraiment explosif et captivant, mais on glisse vite vers un terrain beaucoup plus connu, en particulier au niveau de la trame principale de l’histoire.

C’est très dommage aux vues de ce qu’aurais pu faire Michael Grant d’un univers encore vierge de toute œuvre du même genre ou presque… Affaire à suivre malgré tout avec le second tome, mais nous avons le temps, car il n’est pas prévu avant octobre 2013 Outre-Atlantique…

Chronique : Filles de Lune – tome 3 – Le Talisman de Maxandre

Filles de lune 03Une belle surprise que ce troisième tome !

Nous voici de retour dans le monde de la saga canadienne Filles de Lunes. Écrite par Elisabeth Tremblay, la série compte cinq tomes au total. La sortie de la série en poche continue donc avec une sortie tous les trois mois aux éditions Pocket et Pocket Jeunesse en simultané.

De retour sur Terre mais…

Nous retrouvons la jeune Naïla, Fille de Lune tout récemment investie de ses pouvoirs, et enceinte d’un tyran. Pour mettre un terme à cette condition non désirée, la jeune femme n’a d’autre choix que de retourner sur Brume (la Terre), seulement… elle s’est trompé de période et atterri en 1666.
L’époque n’est évidemment pas la plus propice pour mettre un terme à une grossesse, de même que pour accoucher, Naïla va donc devoir s’intégrer en territoire sinon hostile, du moins très suspicieux à son égard, car il est impossible pour elle de faire demi-tour… la sorcière des Cannac n’attendant que cela…

En parallèle à cela, la Talisman de Maxandre est toujours caché quelque part… et les alliés de Naïla ne sont malheureusement pas les seuls à vouloir mettre la main dessus. En effet, le pendentif renfermerait un pouvoir tel, qu’il pourrait changer le cours des choses pour son possesseur….

Une suite à la hauteur

Chose étonnante, cette série se bonifie grandement au fil des tomes alors que la plupart des séries perdent peu à peu de leur force. Beaucoup de révélations sont au rendez-vous et surtout de la magie, des intrigues cachées, de nouveaux personnages tout à fait effrayants (notamment les fameuses créatures prénommées ybis).
Le roman ne cesse d’alterner le point de vue de personnages majeurs du roman, ainsi suivons-nous le personnage d’Alix dans ses nombreux voyages et quêtes, Naïla sur Terre en train d’essayer de s’intégrer au mieux au mode de vie de l’époque, la sorcière de Cannac qui lutte pour conserver sa puissance et ses pouvoirs… et d’autres personnages plus obscurs, mais tout aussi dangereux.
Cette façon de mettre en scène le roman rend l’histoire très addictive, chaque fin de chapitre ou presque étant conclue par une chute ou une révélation.
Il faut toutefois avouer que certains rebondissements du style une nouvelle prophétie sont parfois un peu faciles (même certains personnages du roman le disent), mais on passe outre grâce à une belle intrigue. Nous faisons également le découverte d’autres mondes parallèles, et leur exploration est très intéressante.
Et chose positive, le personnage de Naïla est (enfin !) un peu plus indépendant et moins gémissant, appréciable.

Il est malaisé d’en dire sans partir dans de longues explications et descriptions qui défloreraient l’intrigue, je vous laisse donc découvrir ce troisième opus, qui selon moi est le meilleur pour le moment.
On attend la suite, Quête d’éternité en poche avec impatience. Sortie prévue le 17 janvier 2013.

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Chronique : Filles de Lune – tome 2 – La Montagne aux Sacrifices

Filles de lune 02Un second tome qui met enfin en lumière le monde de la Terre des Anciens…

Écrite par Elisabeth Tremblay, la série Filles de Lunes est un grand succès au Canada et en France. Constitué de cinq tomes au total, l’histoire nous raconte la vie de Naïla, une Fille de Lune d’exception censée ramener la paix sur la Terre des Anciens pour racheter les fautes de ses lointaines aïeules…

Un début de tome au quart de tour

Nous reprenons le récit juste après la fuite de Naïla d’un endroit où elle a été violée pendant de longues semaines, et à l’issue desquelles elle attend maintenant un enfant… l’homme qui l’a forcée à avoir une nouvelle descendance se prénomme le Sire de Cannac, il s’agit du frère jumeau d’Alix (le protecteur désigné de Naïla).

Cette grossesse non désirée de la part de la Fille de Lune semble être pour le Sire de Cannac et sa sorcière maléfique Mélijna un moyen d’atteindre les trônes perdus de Darius et d’Ulphydius si l’on se fie à une ancienne prophétie.

Naïla, toujours aussi perdue dans ce monde de fous, est censée se rendre à la Montagne aux Sacrifices afin d’obtenir tous les pouvoirs dû à son rang de Fille de Lune (ses pouvoirs potentiels doivent être encore plus puissants que la normale à cause de son ascendance avec la lignée maudite…). Cette grossesse non désirée est un poids de plus pour elle dans cette quête qu’elle ne comprend qu’à peine…

Aventure, courses-poursuites, révélations, magie et nouveaux personnages sont au rendez-vous pour un second tome bien meilleur et plus passionnant que le premier.

Une construction narrative bien mieux ficelée

Dans ce second tome, point de temps mort. En effet, entre la fuite de Naïla, les multiples quêtes d’Alix et les nouvelles rencontres, il devient difficile de s’ennuyer.

On retrouve toujours quelques erreurs de langage plus ou moins dérangeantes ainsi que des répétitions, mais l’écriture est moins choquante que dans le premier ouvrage.

Il devient difficile de résumer tout l’ouvrage tant il y a de nouveaux éléments, mais nous allons tout de même parler des principaux.

Nous faisons la découverte de nombreux sorciers et sorcières, qu’ils soient bons ou mauvais. Leur apparitions apporte un vrai plus à l’univers, de même que celle de gnomes. Elisabeth Tremblay a réussi à s’approprier à sa façon ses créatures souvent utilisées dans les mondes de fantasy.

On découvre également de nouvelles créatures, telles que les protecteurs de la Montagne aux Sacrifices, ou encore les ravels, des oiseaux dont l’espèce à quasiment disparu, les deux derniers représentants existants appartenant à Mélijna, la terrible sorcière des Cannac, le second est à Wandéline, une sorcière qui a aide autant que possible Naïla dans sa quête.

Des mondes parallèles à découvrir

La Terre des Anciens n’est pas le seul monde à découvrir, en effet il en existe en six autres mondes en comptant Brume, la Terre que l’on connaît : Elfré, Golia, Bronan, Mésa, Dual. Et seules les filles de Lunes peuvent prendre les passages entre les mondes, qui sont eux-mêmes bien cachés…

Cette perspective offre de nombreuses possibilités, d’autant que l’on commence à entrevoir des liens entre différents personnages et certains de ces mondes.

Parfois, les révélations sont un peu énormes, car on découvre que certains personnages sont des Elus aux pouvoirs extraordinaires, ou encore qu’une prophétie existait les concernant… mais malgré cela, l’histoire réussi à ne pas perdre de son intérêt.

En somme, ce second tome de la série mérite une conclusion plus positive que le précédent ouvrage. Effectivement, Elisabeth Tremblay réussit à nous captiver grâce à un univers relativement original. Elle reprend certains éléments qui font les bases d’une fantasy traditionnelle mais y ajoute sa touche personnelle.

Malgré un problème persistant au niveau de Naïla, que je perçois toujours comme trop indécise et réagissant mal aux situations, force est de constater que l’on arrive à passer outre pour ne se concentrer que sur l’intrigue qui prend de l’ampleur au fil des pages…

Un second tome très correct donc. Affaire à suivre avec le troisième opus : Le Talisman de Maxandre.

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Chronique : Filles de Lune – Tome 1 – Naïla de Brume

Filles de lune 01Un premier tome long à poser les bases d’un nouvel univers…

Filles de Lune est une série de fantasy en cinq tomes écrite par Elisabeth Tremblay, originaire du Québec. De nombreux épisodes de la vie de l’auteure lui ont permis de transposer son vécu dans ses romans. La série a connu un très grand succès au Canada, puis en France où elle est tout d’abord paru aux éditions de Mortagne (en 2010) avant de paraître en poche chez Pocket depuis mars 2012. La série réunit maintenant plus d’une dizaine de milliers de lecteurs.

Un passé mouvementé et sombre…

Naïla est une jeune femme que la vie n’a pas épargnée. A à peine vingt-cinq ans, elle a déjà été mariée, eu un enfant… et tout perdu. Des suites d’une terrible maladie, sa très jeune fille Alicia est morte, et son mari n’ayant pas supporté cette perte ce dernier a décidé de quitter lui aussi cette terre, laissant Naïla seule avec un désespoir toujours grandissant.

Au bord du gouffre, l’héroïne en devenir est loin d’avoir repris goût à la vie… pour tenir le coup elle s’accroche à ce qui lui reste de famille : sa tante. Naïla aide cette dernière à refaire de fond en comble sa maison ; se noyer dans les cartons et les travaux de gros œuvre est une façon pour elle d’oublier…

Mais cette plongée à corps perdu dans les vieilleries va engendrer de curieuses découvertes pour Naïla, notamment concernant ses origines… une mystérieuse dague, un acte de naissance étrange… la jeune femme veut des réponses, mais elle ne se doute pas de la portée de ce qu’elle va mettre à jour.

Un rythme lent, parfois même lassant

On peut qualifier ce premier tome d’introductif sans hésitation : il pose les (trop) nombreuses bases de l’univers dans un style lent et peu palpitant.

Là où le bât blesse, c’est en particulier au niveau de l’écriture. Pas toujours très claire, et surtout peu fluide, on se retrouve parfois avec beaucoup d’informations sans trop savoir qu’en faire. On assiste également à de nombreuses répétitions de phrases tout au long de l’ouvrage.

Le personnage de Naïla est assez paradoxal : tantôt attachante grâce à son histoire et son vécu, elle peut également être extrêmement démunie, la rendant plaintive et même exaspérante aux yeux du lecteur. Jamais sûre d’elle, toujours en train de s’interroger, mais rarement sur les bonnes choses, Naïla n’a pas vraiment les qualités d’un personnage charismatique et mémorable…

La jeune femme découvre malgré tout qu’elle est une fille de Lune, et que cela implique beaucoup de choses, dont une en particulier, elle doit accomplir son destin. Ce dernier passe par un monde parallèle dénommé la terre des Anciens où couve une guerre d’envergure autour de trônes mystérieux. Naïla est ainsi censée réparer les torts de ses aïeules en arrêtant cette quête insensée des trônes qui dure depuis de nombreux siècles, mettant en danger de nombreux peuples issus de différents mondes…

On peut découper le roman en deux parties distinctes, la première moitié est la plus monotone, à l’image de la vie de Naïla, la seconde devient plus intéressante car on suit la jeune femme dans un monde dont elle ignore tout.

Ce voyage dans une autre dimension arrive à la moitié de l’ouvrage, et soyons honnêtes, c’est à partir de ce passage que l’histoire devient plus intéressante.

Un univers intéressant, mais développé trop rapidement

Le point fort de l’univers de filles de Lune est également sa faiblesse, en effet l’univers imaginé par Elisabeth Tremblay est intéressant mais elle nous inonde de tant d’éléments en peu de temps qu’il est malaisé de tout intégrer.

Il est donc difficile de s’attacher à ce nouvel univers, ce qui est dommage car les idées sont là, mais distribuées de façon éparses, sans réelle logique.

Dans la fameuse seconde moitié du roman, on découvre un des personnages secondaires qui va prendre de plus en plus de place au fil des tomes, il s’agit d’Alix, le protecteur désigné de Naïla. Rarement de bonne humeur, toujours désagréable avec Naïla, le jeune homme est un magicien accompli en plus d’être un très beau représentant de la gent masculine. Mais son rôle de protecteur (Cyldias est le terme exact) n’est pas clair, car il semble que le jeune homme n’en veuille pas, mais sans que le lecteur aie un début d’explication bien clair…

En conclusion, ce premier tome de la série Fille de Lune laisse très mitigé. D’un côté nous avons un personnage principal peu attachant dont la personnalité laisse perplexe à certains moments ; de l’autre nous découvrons univers qui même s’il n’est pas toujours bien développé donne vraiment très envie d’en savoir plus, en particulier à la fin de l’ouvrage où beaucoup d’éléments se bousculent. Affaire à suivre avec le second tome de la série : La Montagne aux Sacrifices.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF

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Chronique : Quelques minutes après minuit

Quelques minutes après minuit

Une œuvre bouleversante est sublime qui offre une autre vision de la maladie.

Patrick Ness est un auteur pour ados qui a déjà connu un franc succès avec sa trilogie Le chaos en marche (Gallimard Jeunesse/Pôle Fiction). Quelques minutes après minuit a une histoire particulière, les circonstances de sa création étant différentes de ce qu’elles auraient dû être.

En effet, l’idée de ce roman vient de l’auteure anglaise Siobhan Dowd. Cette dernière, emportée par le cancer n’a pas eu le temps de développer son œuvre. Ses personnages étaient déjà créés, elle avait déjà une ébauche d’histoire… Cet ouvrage aurait été son cinquième. C’est dans ces circonstances que Patrick Ness s’est vu proposé l’écriture du roman en faisant un hommage à cette auteure hors du commun dont les œuvres ont influencé les lecteurs anglais…

Ce roman est donc l’occasion de découvrir à la fois la magnifique plume de Patrick Ness, mais aussi une auteure à l’œuvre fascinante (tous ses ouvrages ont étés traduits en France). Les illustrations aussi sublimes qu’inquiétantes sont quand à elles signées Jim Kay. Son travail est grandement influencé par son expérience passée dans les Jardins botaniques royaux de Kew.

 La vie est un cauchemar…

Jeune sans histoires, Connor est un garçon qui voit la vie s’acharner sur lui sous toutes ses formes possibles : la séparation de ses parents, le harcèlement à l’école, la maladie à la maison… en effet, la mère de Connor est atteinte du cancer.

Ainsi, chaque journée est un combat aussi bien pour sa mère que pour lui. Surprotégé par ses professeurs, Connor en ressent une injustice maladive, lui qui voudrait être traité de la même manière que tout le monde.

Mais une nuit, sa vie se retrouver bouleversée par une rencontre aussi extraordinaire qu’inattendue. A minuit sept, le monstre arrive, sorte d’arbre humanoïde. Connor n’a pas eu peur, il était plutôt curieux. En effet ce monstre expose rapidement une requête très étrange au jeune homme : il lui racontera trois histoires, à l’issue desquelles Connor devra raconter la sienne : la vérité.

Connor ne voit pas du tout de quoi veux parler le monstre de branches, ou du moins fait semblant de ne pas comprendre. Mais inexorablement, au fil des nuits qui passent, le monstre lui conte ses trois histoires à la morale étrange… viendra bientôt le moment pour Connor de conter la sienne…

Un conte contemporain sublime et poignant

Loin de laisser indifférent, la descente aux enfers de Connor ne peux que toucher son lecteur avec un récit de vie aussi cruel que réaliste.

Les contes du monstre et leur sens caché sont singuliers par leur beauté et leur conclusion étrange pour qui ne lit pas entre les lignes. Car ces histoires étranges sont au final une façon de nous montrer que le bien et le mal ne sont que très rarement dissociables, tout comme va nous le montrer l’histoire de Connor.

Les personnages qui vivent sous la plume de Patrick Ness sont d’une humanité extrême, leurs faiblesses n’en étant que plus belles. De la mère de Connor, souriante mais « un peu fatiguée par ses traitements », à sa grand-mère, que l’on pourrait prendre une femme tyrannique et détestable mais qui est juste aussi perdue que Connor, voir plus.

Enfin, la façon qu’a le fantastique de s’immiscer dans le normal le plus sordide et le plus déprimant est absolument extraordinaire. Le tour de force étant certainement d’avoir créé un conte contemporain qui trouve sa solution dans la vie de tous les jours…

En conclusion, Quelques minutes après minuit est plus qu’un indispensable, c’est un futur classique qui a de quoi marquer des générations de lecteurs adolescents et adultes par sa force et sa simplicité. Un roman sur le courage et l’acceptation qui s’inscrira dans la durée. Sublime.

Quelques minutes après minuit inside 01

Journée Mango – Partie 2 – Ces petites collections connues et méconnues…

Chaque éditeur recèle de petites collections méconnues et pleines de potentiel, voici celles que je vous propose de découvrir :

J'ai la terre qui tourne 03J'ai la terre qui tourne 02

J’ai la Terre qui tourne : Collection uniquement basée sur le voyage, elle permet aux jeunes lecteurs dès l’âge de 8 ans de découvrir un pays à travers les yeux d’un autre enfant. Écrit comme un roman et parsemé de nombreuses illustrations, ces ouvrages pourrons vous emmener de Cuba au Maroc en passant par New York.
Ludiques et originaux, ces ouvrages peuvent également être une façon de faire découvrir un pays et une culture à un enfant pour préparer un voyage, ou tout simplement pour s’évader… La prochaine parution sera consacrée au Québec. Tous les livres de cette collection sont au prix de 8.50€

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Les abîmes d'AutremerProjet Oxatan autres mondesAdos sous contrôle

Autres mondes et Royaumes Perdus : Respectivement des collections de Science-fiction et de Fantasy pour les ados. Autres Mondes était il y a une dizaine d’années une collection très novatrice aussi bien dans sa cible que dans son genre.
Certains ouvrages, bien que contemporains,  sont d’ailleurs devenus des classiques du genre : on peut notamment citer le projet oXatan de Fabrice Colin, ou encore les Abîmes d’Autremer de Danielle Martinigol.
Certains ouvrages de la collection vont d’ailleurs bientôt connaître une seconde vie en sortant en poche l’année prochaine dans la collection le Livre de Poche Jeunesse.

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Les papas chéris Les vraies princesses

Ce que font toujours… : Petite collection dédiée à la jeunesse (dès 3-4 ans jusqu’à 5-6 ans), tous les ouvrages en faisant partie ont l’énorme point commun d’avoir les mêmes auteurs : Maxime Poisot pour le texte et Emmanuelle Teyras pour l’illustration. Le format des ouvrages est on ne peu plus traditionnel, en revanche, leur finition l’est beaucoup moins.
En effet, les livres peuvent se lire dans les deux sens, c’est-à-dire qu’il y a une histoire de chaque côté. L’une correspondant à ce que font toujours par exemple les super-héros : « Un super héros digne de ce nom enfile un slip propre tous les matins », ou encore, « Un vrai super héros est toujours content d’aller à l’école ». L’autre côté du livre énumère bien sûr tout ce que les super-héros ne font jamais au grand jamais… : « Quand il se bagarre, un vrai super-héros ne prend pas de balais brosse en guise d’épée… ».
Très joliment illustrée et malicieuse, cette collection comptera bientôt une dizaine de titres à son actif avec des thèmes aussi variés qu’efficaces : les mamans chéries, les papas chéris, ma maitresse préférée, les vraies princesses…

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Masques

Les pops-up : Pas vraiment regroupé sous un vrai nom de collection, les pops-up de Mango ont déjà fait leur preuve en tant que beaux-livre de qualité. Qualitatifs et aussi bien issus de rachats à l’étranger que de créations, ces derniers nous offrent à chaque fois un véritable cadeau pour les yeux.

Au rang des incontournables de l’éditeur, on peut sans conteste citer Masques de Paul Rouillac. Basé sur la thématique très particulière des masques de tous horizons, ce beau-livre s’adresse plus à un public adulte. Au programme se sont douze masques qui y sont présentés, tous sélectionnés par l’auteur parmi les chefs-d’œuvre exposés au Quai Branly. Masques a même été dérivé sous le format de cartes postales pop-up.
Paul Rouillac a d’ailleurs un nouveau projet qui sort dans à peine deux semaines avec cette fois-ci la thématique des gargouilles (photo de gauche ci-dessus). Son projet suivant fait déjà rêver, car il traite… du système solaire ! A seulement 24 ans, ce jeune artiste à la formation d’artisan relieur a encore une foule de choses à créer et à nous faire partager, on a hâte.

z9782740427989_1_75Petite boîte jaune : Chose rare, voici un « vrai » pop-up manipulable par des petits dès l’âge de trois ans (au contraire d’un grand nombre d’entre eux réservés aux grands car plus attentionnées). Solide et bien fait, ce livre animé explique les bases des contraires de façon extrêmement ludique.
Pour voir une vidéo qui illustre mieux que des explications, c’est ici.
Son auteur, David A. Carter a d’ailleurs réitéré le succès en publiant Petit Rond Bleu, mais avouons-le, la petite boite jaune reste ma préférée… Les deux ouvrages sont au prix de 13.95€.

Blanche-neige et Rose-rougeBlanche-Neige et Rose-Rouge : D’après un conte des frères Grimm, l’illustratrice pour la jeunesse Rachel Cloyne s’est approprié l’histoire pour nous offrir un magnifique conte aux allures de ceux des anciens temps. Tout en noir et blanc avec quelques touches de rouge, ses illustrations fourmillent de détails. Le style très particulier des illustrations rendant l’effet du texte encore plus saisissant, tant ils s’accordent.
Au total, ce sont sept pages animées qui y sont présentées. Les pop-up de cet ouvrage sont splendides et ne laisseront indifférents ni le conteur, ni les auditeurs de cette belle histoire remise au goût du jour. Adapté dès l’âge de cinq ans, jusqu’à beaucoup plus grand.
Sorti le 14 septembre dernier, l’ouvrage coûte 19.95€.