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Chronique : La mère des eaux

Un thriller fantastique et fou qui tire ses origines dans ce que la magie vaudou a de plus sombre…

Après Les enfants de Peakwood, Rod Marty revient ! Auteur français découvert par les éditions Srcinéo, La mère des eaux est son second roman. On y sent plus d’assurance et de maturité que dans le premier. Plus de noirceur également. Je vous laisse aviser, mais pour moi, c’est un véritable coup de cœur.

Il était une fois… dans une petite ville isolée de Louisiane : Lamarre

Emily et Chris forment un couple idéal. Ou presque. Leur manque d’enfant commence à peser, en particulier pour Emily qui a perdu tout espoir à force fausses-couches à répétition… Pour Emily, qui est fille adoptive, c’est encore plus difficile à accepter que pour d’autres…

Alors, quand arrive une lettre en provenance de la ville de Lamarre et qu’on lui annonce qu’elle hérite de la propriété de sa mère, Emily veux y aller immédiatement. Surtout que sa mère biologique n’est pas décédée, mais bien vivante ! Une surprise de taille pour la jeune femme. Mais sa mère est totalement vidée, il n’y a plus d’âme en elle, uniquement une enveloppe qu’il faut nourrir et changer… Emily doit donc s’occuper d’elle maintenant, et peut-être rester à Lamarre ?

Les habitants y sont si accueillants, gentils, prévenants… pourquoi ne pas rester vivre dans cette douce petite ville à l’écart du stress de la grande ville ? Surtout que peu à peu, on commence à promettre à Emily l’idée qu’un enfant d’elle puisse naître dans cette ville aux caractéristiques uniques. Comment ? Pourquoi ? Beaucoup de questions s’amoncellent aux portes de Lamarre… oserez-vous les franchir ?

Un roman sombre comme il faut…

Lire ce roman, c’est se retrouver dans un autre endroit, et même un autre siècle. Lamarre est une ville si isolée de tout qu’on dirait que le temps s’y arrêté. Ce qu’on y découvre est bien loin de ce qu’on aurait pu imaginer au premier abord.

Je m’attendais toutefois à un récit sombre, et j’ai justement adoré La mère des eaux pour cela. Ça fait du bien de lire un roman dont l’atmosphère est proche du récit horrifique. Sous tension constante, parsemé de visions étranges, violentes, parfois érotiques… Emily se perd peu à peu dans les méandres de la petite ville de Lamarre.

L’ambiance est lente, lancinante, invasive… on sent réellement le mal-être qu’engendre peu à peu la ville sur le couple. Rod Marty a gagné en maturité au niveau du développement de son décor. Beaucoup plus fin, efficace que dans son précédent roman. C’est délectable !

Et surtout, on en apprend énormément sur la magie vaudou. Dans ce roman, il est question de Mami Wata, la Reine des eaux. Elle peut vous donner beaucoup si vous la servez comme il se doit… sinon elle reprend tout, et pire encore. Si vous commencez d’ailleurs à chercher un peu qui est Mami Wata sur le net, vous trouverez énormément de sites web dédiés au vaudou (haïtien, africain…). J’avoue avoir tellement aimé que j’aurais voulu en savoir plus cette culture magique si bénéfique et dangereuse à la fois.

J’ai adoré découvrir le mythe pensé par Rod Marty pour expliquer les origines de la ville de Lamarre. Dans le roman, on alterne entre notre époque et une autre, une centaine d’années avant. Tout est bien ficelé pour nous amener jusqu’à la conclusion parfaite concoctée par Rod Marty.

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En conclusion, La mère des eaux est un roman parfait si vous aimer vous faire peur, être captivé par une ambiance étrange, malsaine et fascinante à la fois.

Rod Marty se révèle enfin avec ce roman de qualité qui plaira aux fans d’horreur et de fantastique !

PS : Petite mention spéciale pour la couverture que je trouve absolument parfaite pour le roman. Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser à un autre roman d’horreur qui utilise la couleur verte comme base, avec une petite chapelle en fond… ça vous parle ?

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Chronique : Mon futur en replay

Et si un merveilleux logiciel nous permettait de visualiser tous les possibles de notre vie ? Prendrions-nous les bonnes décisions ? Y en a-t-il seulement ?

Louise Revoyre est une auteure française qui peu à peu fait son chemin dans le monde de la littérature jeunesse. Elle a déjà écrit trois tomes de la série Les avatars de Gaspard (co-écrite avec Sylvain Lignac).

Mon futur en replay est son premier roman à destination des adolescents, et il est très réussit. Tous ses romans sont publiés chez Scrinéo.

Un logiciel pour régler les soucis d’indécision

Découvrez Aléas, un logiciel encore à l’état de prototype absolument révolutionnaire ! Pour Salomé, éternelle indécise, c’est l’outil parfait pour ne plus jamais hésiter quand il s’agit de prendre une décision. En effet, Aléas permet de voir ses futurs alternatifs selon le chemin de vie que l’on prend… Et en ce moment, il est certain que Salomé a besoin d’aide pour choisir ce qu’elle va faire de son avenir !

Ses parents son en « bonne » voie de séparation, et sa vie est à un tournant concernant son orientation scolaire… Et, elle a très certainement rencontré LE grand amour. Ou pas. En fait, rien n’est moins sûr, mais quand même…

Et seule Cham, sa meilleure amie peut la connecter à Aléas. Mais le logiciel va vite de venir une véritable addiction quand elle va découvrir son avenir potentiel.

Une super romance qui nous baigne dans l’imaginaire

Il n’est pas facile de trouver un roman ado qui utilise de façon équilibrée romance, humour, fantastique, personnages crédibles/attachants… Et Mon futur en replay a tous ces atouts !

Entre le roman d’aventure et la quête perpétuelle de l’amour, on se plonge avec facilité dans l’histoire de Salomé. On meurt littéralement d’envie de savoir si oui ou non elle va prendre la bonne décision. Si elle peut sauver ceux qu’elle aime, si Aléas peut être une référence pour tout un chacun…

J’ai trouvé Salomé tendre, géniale et complètement incontrôlable à la fois. C’est d’ailleurs ce tempérament imprévisible qui la rend réellement présente entre les lignes. On est comme elle : plus le roman avance, plus on veut savoir. Plus on veut que tout se passe bien pour elle et ses proches. Ça fait du bien de lire un roman qui implique réellement le lecteur, on ne fait pas que lire, on vit l’histoire de Salomé. Et rien que cela, c’est génial.

Autre fait plaisant : l’histoire d’amour potentielle entre Salomé et son bel inconnu est belle, simple, et loin d’être niaise. On se retrouve parfaitement dans les sentiments que décrit Louise Revoyre.

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Alors, faut-il découvrir Mon futur en replay ? Oui ! Pourquoi ? Parce que c’est un beau jeu de piste, une romance douce et accessible dès 12 ans. Vivement d’autres romans de Louise Revoyre avec d’aussi bonnes idées !

Chronique : Le Premier

Ce roman est une véritable tuerie, dans tous les sens du terme !

J’ai découvert il y a peu Nadia Coste grâce à son roman Le premier, paru chez Scrinéo en 2015. Et franchement, je ne regrette qu’une seule chose : ne pas l’avoir lu avant ! Dans ce roman qui débute en pleine préhistoire, nous découvrons l’histoire de deux frères de sang que tout oppose… Cette haine va les amener à des actes d’une violence rares… et fascinante !

Depuis cette parution, Nadia Coste a écrit de nombreux romans : L’effet ricochet (Seuil Jeunesse), L’empire des Auras (Seuil Jeunesse), Les élémentaires (Castelmore). Elle a également écrit en 2014 Ascenseur pour le futur (Syros), qui est chroniqué ici sur le blog.

Une haine qui traversera les siècles…

Úrr est d’une jalousie maladive envers son frère Vaïn. Il a tout ce qu’il rêve d’avoir : il sera bientôt considéré comme un homme par le clan, il prendra bientôt la femme qu’ Úrr rêve d’avoir pour lui, il excelle à la chasse, tout le monde l’adore…

C’est ainsi que Úrr va suivre Vaïn lors de la chasse en solitaire qui doit faire de lui un homme… et le tuera. Mais Vaïn n’est pas vraiment mort et Úrr quant à lui devient autre chose qu’un homme… Ainsi commence l’histoire d’une haine ancestrale entre deux frères que tout oppose, et qui traversera les siècles…

Fascinant dans l’horreur et le sang

Dire que j’ai adoré Le Premier est un euphémisme. Ce roman a été une p***** de claque ! C’est plus qu’un coup de cœur, c’est un roman qui restera gravé dans ma mémoire tant je l’ai trouvé magnifique de noirceur…

Avec Le Premier, Nadia Coste nous propose sa version des origines de certains être surnaturels, et son imagination est florissante. Jamais Nadia Coste n’utilise les termes habituels tels que vampire ou loup-garou, et je trouve cela très intelligent. Car en effet, ces termes n’existaient pas à l’époque ou Vaïn et Úrr évoluent.

Elle ne nous épargne rien : ni les scènes sanglantes, ni les passages descriptifs et charnels… Son écriture est crue, violente, pure, comme  l’époque à laquelle tout commence. La façon dont elle nous entraine au fil des siècles jusqu’à l’époque de Rome est un beau tour de force. Alors que l’on pense que Úrr est le mal incarné, peut-être qu’une autre vision des choses viendra à vous au fil des chapitres.

C’est peut-être là le meilleur tour de force de l’auteure : nous faire détester et aimer les pires personnages possibles au travers de leurs quêtes personnelles.

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Alors, si vous ne savez pas quoi lire en ce moment et que vous cherchez un bouquin qui vous prend aux tripes, Le Premier est ce qu’il vous faut. Ce roman est superbe, violent, intelligent, captivant…

Nadia Coste y mélange avec talent l’Histoire, la vraie, et fantastique… Dès 15/16 ans pour les ados, et parfait pour les adultes !

Chronique : Zodiaque – Tome 1

Une saga originale et captivante qui mélange efficacement romance et science-fiction !

Romina Russell est une auteure américaine, elle a écrit la saga Zodiaque parue chez Michel Lafon en France. Actuellement, la saga est en trois tomes, mais le quatrième est d’ores et déjà prévu !

De catastrophes en drames

Douze planètes, douze peuples, comme autant de signes du Zodiaque. Un équilibre difficile à conserver, mais primordiale pour que chacun trouve sa place…

Mais le chaos commence avec l’élimination de milliers de personnes issues de la maison du Cancer. Beaucoup pensent qu’il s’agit d’un accident dû à une énorme explosion qui a bouleversé l’alignement des planètes du Cancer,  mais d’autres, comme Rhoma pensent à tout autre chose. Et si c’était le début de la fin pour le Zodiaque ? Et si l’émergence d’un treizième signe était en train de se produire ?

Un univers riche et captivant

L’univers de Zodiaque est extrêmement riche, aussi il est un peu long à appréhender au début. Mais une fois que vous êtes lancés dans l’histoire, c’est un régal !

Entre le roman d’initiation et d’aventure, on découvre une mythologie fascinante. Romina Russell se base d’ailleurs énormément sur des mythes existants. En effet, le treizième signe du Zodiaque existe réellement. C’est là que réside la crédibilité de la saga : s’inspirer de contes légendes réels en s’en servant de base pour son intrigue.

C’est dans ce monde très typé science-fiction qu’évolue Rhoma, une adolescente comme les autres ou presque. Abandonnée par sa mère (ce qui est extrêmement rare chez les Cancer) quand elle avait une dizaine d’année, ce trauma l’a en partie forgée. De même, sa façon de lire les astres est très différente de ses pairs, car c’est sa mère qui s’est occupée de sa formation. C’est ainsi que Rhoma avait lu l’arrivée d’Ophiuchus, le treizième signe, bien avant tout le monde. Mais même les catastrophes terribles survenues en Cancer ne suffisent pas à la prise de conscience du Zodiaque…

Ce roman est ainsi celui de la découverte, de l’initiation et de la prise de conscience, autant pour Rhoma, que pour nous lecteurs. Vous ferez notamment la découverte de très nombreuses technologies et mœurs fascinantes dans ce premier opus.

Enfin, le triangle amoureux qui va s’installer entre Rhoma, le très beau Mathias et le mystérieux Hysan n’est pas pour déplaire même si j’ai déjà choisi (team Hysan !).

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Difficile de présenter le premier tome d’une saga aussi dense, mais Zodiaque vaut le détour pour ses personnages forts, son histoire efficace, son imagination débordante. Le premier tome est toujours celui de la découverte, et celui-ci est fort réussit.

C’est à découvrir dès l’âge de 14 ans environ, puis sans limite d’âge ! Beaucoup d’adultes ont lu et aimé Zodiaque. D’autant que les couvertures françaises sont tout simplement magnifiques… de quoi donner envie !

Chronique : L’étrange bibliothèque

Un roman encore plus étrange que ce à quoi nous a habitué Haruki Murakami !

Haruki Murakami est un auteur japonais que l’on ne présente plus. Il a notamment écrit Kafka sur le rivage, Le passage de la nuit, 1Q84 (trois tomes), Des hommes sans femmes (son dernier recueil de nouvelles en date).

Son univers est toujours à la frontière des genres et des mondes, et avec L’étrange bibliothèque, il ne fait pas exception ! Cette nouvelle est illustrée par l’allemande Kat Menschik, c’est la troisième fois qu’ils collaborent ensemble. Les deux fois précédentes, c’était pour les livres Les attaques de la boulangerie (deux nouvelles absolument géniales !) et Sommeil, toujours chez Belfond et 10/18.

Une exploration surnaturelle qui tourne mal

Tout commence lorsqu’un jeune garçon se rend à la bibliothèque… et qu’il demande à emprunter trois ouvrages… Qui ne sont consultables que sur place ! C’est ainsi que l’horreur commence !

Sous couvert de l’emmener dans une salle pour consulter les livres, le gardien de la bibliothèque l’emmène dans une cellule et l’enferme… avec une étrange jeune fille. Avec parfois un homme-mouton qui passe par là…

Une nouvelle franchement inquiétante

Pour avoir lu beaucoup de romans japonais et plus particulièrement ceux de Haruki Murakami, je sais que les auteurs nippons adorent l’étrange. Le bizarre, le malsain, le dérangeant. Mais j’avoue être quelque peu passée à côté de cette histoire par trop étrange et qui m’a semblé être sans queue ni tête.

Là où Les attaques de la boulangerie et Sommeil avaient un côté absurde, mais tangible, L’étrange bibliothèque part dans tous les sens sans vraiment nous révéler ses intentions. Cependant, il y a bien une chose que l’on ne peux pas retirer à cette histoire : c’est son ambiance hypnotique. On a envie de savoir où ça nous mène, ce qu’il va se passer…

Quant aux illustrations, elles sont magnifiques et méritent le détour. Elle fusionnent parfaitement avec l’atmosphère de la nouvelle.

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En somme, L’étrange bibliothèque est un roman inclassable et bizarre que je n’ai pas su apprécier. Mais je suis certaine que beaucoup de personnes l’apprécieront pour son ambiance unique et son histoire à faire peur…

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Chronique : Shadow House – Tome 1 – La Rencontre

Et si ce qui nous hante pouvais nous piéger dans un manoir sombre, très sombre…

Paru en mars 2017, voici La Rencontre, le premier tome de la série horrifique Shadow House. En France, ce sont les éditions Hachette qui publient la saga. A l’écriture, nous découvrons Dan Poblocki, un auteur américain spécialisé dans les nouvelles horrifiques.

Des adolescents que tout oppose réunis dans l’horreur

Poppy est une jeune fille abandonnée à l’âge de 5 ans, elle vit dans un orphelinat… Elle voit une étrange fille dans le miroir depuis sa plus tendre enfance. Parfois, la fille du miroir lui donne d’étranges objet durant son sommeil…

Dylan et Dash sont deux jumeaux au caractère très différent, ils ne semblent pas avoir de réels problèmes sinon qu’ils se disputent systématiquement. Azuma est une jeune fille qui a perdu sa sœur dans une forêt, au Japon. Depuis, son souvenir la hante quotidiennement… Marcus quant à lui est un fou de musique. Fou à tel point qu’il entend dans sa tête une étrange mélodie depuis tout petit. Si on le prive de musique, c’est comme si on le coupait d’oxygène.

Rien ne semble les réunir, et pourtant, tous les cinq vont recevoir une étrange invitation à rejoindre le manoir de Larkspur. Mais ce qu’ils vont y découvrir est bien loin de leurs attentes…

Dans une ambiance parfaitement flippante…

Pour ce qui est de l’ambiance, Shadow House est parfait. Ceux qui ont entre 11 et 13 ans et qui souhaitent se faire peur devraient être satisfait de l’atmosphère rendue par le roman. Terrible manoir aux pièces changeantes, enfants masqués terrifiants, incendies qui démarrent et s’estompent d’eux-mêmes, indices étranges, voix…

En ce qui concerne l’intrigue… je suis beaucoup plus réservée. La Rencontre est un roman qui use de tous les codes possibles du roman d’horreur : manoir gigantesque, sombre, et isolé. Personnages ayant des visions étranges, un passé lourd… L’intrigue en elle-même est assez sombre, mais assez lente. On comprend vite que les cinq adolescents ont un point commun qui peut vite les rendre vulnérables.

Ce premier tome manque malgré tout de surprises. Pour ceux qui sont déjà familliers des films/séries/romans d’horreur, Shadow House ne revêt pas de caractère exceptionnel.

Le roman n’est d’ailleurs pas sans faire penser à la saga Miss Peregrine et les enfants particuliers avec ses nombreuses photos d’enfants étranges en noir et blanc…

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Alors, livre objet marketing (la fabrication de la couverture est originale) ou série de livres vraiment captivante ? Difficile à dire à la lecture de ce premier tome car on apprend très peu de choses. Seul les derniers chapitres révèlent une petite surprise, mais pas au point de trouver la lecture mémorable.

Affaire à suivre plus amplement à la sortie du second tome, mais j’avoue être quelque peu sceptique…

Chronique : Le pense-bête

L’humanité a-t-elle vraiment besoin d’être assistée par tout et pour tout ?

Fritz Leiber est un auteur très prolifique dans le domaine de l’imaginaire. Il a écrit une grande quantité de textes, dont une grande partie est de la fantasy pure (comme Le Cycle des épées) ou encore Lankhmar.

Son nom n’est pas extrêmement connu en France, et pourtant, son œuvre est aussi prolifique qu’impressionnante : 27 prix littéraires remportés, 8 prix Hugo, 4 Nebula raflés…  Il fait partie des auteurs absolument incontournables de l’imaginaire.

Avec Le pense-bête (paru dans la collection Dyschroniques au Passager Clandestin), Fritz Leiber signe une nouvelle de science-fiction intéressante aux intonations inquiétantes en soulevant une question : la machine est-elle l’avenir de l’homme ? Ou l’inverse ?

Une idée qui semblait lumineuse au premier abord…

L’avenir. Les États-Unis sont en guerre, l’humanité se terre des kilomètres en-dessous de la surface, les missiles dans le ciel sont chose courante. Seuls quelques téméraires comme Gussy, inventeur génial de métier, ainsi que sa femme et ses enfants vivent à la surface.

Il est régulièrement visité par l’un de ses amis, Fey. Ce dernier lui demande très souvent conseil pour des idées d’inventions qui pourraient révolutionner le monde pour la firme qui l’emploie. Et justement… sans le savoir, Gussy va suggérer une idée géniale : celle d’inventer une machine qui rappellerait à l’homme tout ce qu’il doit faire. De l’émission tv à enregistrer en passant par les courses, les factures. Tout. Et malheureusement pour l’homme, cette invention géniale va devenir fort populaire, voir addictive…

Une nouvelle d’anticipation à l’ambiance unique

Bien que très classique dans sa façon d’être développée, Le pense-bête revêt une qualité indéniable : elle fait froid dans le dos. Une scène en particulier reste marquante, elle a lieu quelque temps après l’invention de ce fameux pense-bête. Sans en dire beaucoup plus, on sent une réelle maîtrise de l’atmosphère pat Fritz Leiber, effrayent de simplicité, froid, mécanique

Cette histoire revêt également une dimension prémonitoire (le texte a été publié en 1962 dans la revue Galaxie) inquiétante. Quand on voit à quel point certains sont dépendants de leurs téléphones et autres applications, la lecture de cette nouvelle force à mettre les choses en perspectives. Alors, certes le texte a un peu vieillit, mais il s’apprécie sans mal.

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En somme, cette courte nouvelle de Leiber est agréable bien que pas nécessairement indispensable. A réserver aux fervents amateurs de science-fiction des années 60.

Chronique : Felicity Atcock – Tome 2 – Les anges ont la dent dure

Un second opus à la hauteur… et même plus savoureux !

Si vous ne connaissez pas encore Sophie Jomain, c’est l’auteur française à ne pas manquer du moment (et ce moment dure, dure !). Ses romans sont souvent plongés entre imaginaire et romance, et ses héros sont extrêmement attachants et charismatiques. Elle a notamment écrit la saga Les étoiles de Noss Head.

Poulets et malédictions…

Felicity Atcock, vendeuse de délicieux chocolats dans la petite ville de Bath n’a vraiment pas une vie tranquille… A peine se remet-elle des nombreuses révélations concernant les anges, les vampires et les entre-deux qu’elle se voit menacée. Sous la forme d’un poulet cloué à sa porte. Un poulet mort, bien sûr… Qui donc peut lui en vouloir ? Et pour quelles raisons ?

Il semblerait que ce soit une personne en lien avec une sorcellerie des plus noires… Heureusement (on non), Felicity est toujours chaperonnée par son bel ange Terrence qui va voler à son secours, de même que le mystérieux Stan…

Plus délicieux, plus savoureux, on en redemande !

Incroyable mais vrai, je commence à franchement apprécier la romance fantastique grâce à Sophie Jomain. Son univers est bien travaillé, et elle l’approfondit encore avec de très nombreuses nouveautés et développements bien amenés.

L’intrigue a beau être assez aisée à deviner, on appréciera la façon qu’a de nous embarquer l’auteur dans son univers. Dans un mélange entre sensualité, magie et suspense on est extrêmement bien servis ! Sans oublier une bonne dose d’humour également.

Et cerise sur le gâteau, les personnages sont de plus en plus fouillés et révèlent peu à peu leurs secrets. On n’est bien loin de tout savoir sur eux, et on apprécie chaque fragment de leur personnalité…

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En somme, ce deuxième tome confirme les impressions laissées par le premier. Felicity Atcock est une série de bit-lit addictive, drôle et emplie de charmes… dans tous les sens du terme.

D’autant que la fin de ce second tome vous laissera sur votre faim, et vous n’aurez qu’une seule envie, vous précipiter sur le troisième opus de la saga… ! C’est donc un coup de cœur confirmé.

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Chronique jeunesse : Pip Bartlett et les créatures magiques

Drôle et déluré, imaginez notre monde si les créatures magiques faisaient partie de notre quotidien ?

Ecrit par Maggie Stiefvater et Jackson Pearce qui sont toutes deux des auteures américaines, voici le premier tome de Pip Bartlett et les créatures magiques ! L’ouvrage est paru au Seuil Jeunesse en fin d’année 2016.

Maggie Stiefvater n’en est pas à son premier roman paru en France, on a déjà pu la découvrir grâce à La prophétie de Glendower (Hachette, collection Black Moon) ou sa saga Frisson. Pour Jackson Pearce, nous avions déjà lu et chroniqué Sisters Red sur le blog (Albin Michel, collection Wiz).

Où l’on apprend que les licornes sont d’une indécrottable suffisance

Pip a don extraordinaire, celui de parler aux créatures magiques ! Mais bien entendu, personne ne la croit et voit en elle une affabulatrice… Mais cela ne l’empêche pas de nouer la conversation dès qu’elle en croise, ce qu’elle va faire avec la journée des métiers de son école. Plusieurs licornes y sont présentées… et c’est là que tout tourne mal.

C’est ainsi que Pip se retrouve pendant les vacances chez sa tante vétérinaire spécialisée dans les créatures magiques de toutes sortes. Pour calmer ses ardeurs à discuter avec les animaux, quoi de mieux que de les lui faire côtoyer pendant deux longs mois ? Et c’est parti pour un monde entièrement semblable au notre, les créatures fabuleuses en plus !

Un petit vent d’air frais qui fait du bien

Cette nouvelle lecture est pour moi une réelle découverte 100% plaisir. Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu un roman jeunesse aussi drôle et rafraîchissant, et ça fait un bien fou ! Partez à la découverte d’une toute nouvelle mythologie où les créatures portent des noms tels que Poilafeu, Griffon nain soyeux, Cornebec ailé commun ou encore Poisson-vitre.

L’intrigue sert parfaitement l’univers, qui s’ouvre à nous au fil des mystères que devra élucider Pip. Le questionnement autour des poilafeus et de leur lieu de nidification (les petits dessous des gens, bien au fond des tiroirs) vous prendra tout le temps du roman, et c’est un régal.

Le roman est parsemé d’illustrations tirées de l’ouvrage de référence par lequel jure Pip : Le guide des créatures fantastiques de Jeffrey Higgleston. Et au fil de l’histoire et de ses découvertes, Pip rajoute de très nombreuses annotations, notamment sur les licornes (que l’on découvre odieuses) et les poilafeus (qui ne sons pas nécessairement nuisibles).

D’ailleurs, les auteures on beau être américaines, c’est un français qui a réalisé les illustrations (couverture et intérieur) : Roland Garrigue. Son dessin est détaillé et un peu déluré, donc totalement dans l’esprit du livre !

Entre le roman d’aventure et le récit fantastique, mais le tout bien ancré dans un quotidien somme toute normal, Pip Bartlett et les créatures magiques est un petit coup de cœur ! Je vous le conseille pour les enfants à partir de 9 ans environ.

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Tout ça pour dire que l’on attend avec impatience la suite. Je suis tombée en amour des petits poilafeus, ils sont tout simplement TROP MIGNONS. Un peu de patience maintenant, mais on attend en trépignant la suite tant l’ambiance de ce premier tome était parfaite ! Pip Bartlett la pipelette et son ami Tomas l’allergique seront de retour…

Chronique : Les disparues de Pumplestone

Un camp d’été pour les adolescents aux allures de petit paradis… sauf quand d’étranges disparitions surviennent…

Audren est une auteure de romans pour la jeunesse et les adolescents. Très prolifique, son œuvre compte plus d’une trentaine de romans : Wild Girl, Les orphelines d’Abbey Road (série en quatre tomes), Wondercat (deux tomes), Bizarre, bizarre

Avec Les disparues de Pumplestone paru chez Albin Michel Jeunesse, Audren nous propose un roman naviguant entre suspense et imaginaire.

Une disparition fort inquiétante

L’une des résidentes du très coté et prestigieux camp de Pumplestone a disparu. Mais chose étrange, personne ne semble l’avoir vue au même endroit lorsqu’elle s’est éclipsée, et personne ne la décrit de la même façon… Qui est donc Tiffany-Claire, cette étrange disparue ? Et que se passe-t-il exactement au camp de Pumplestone qui semble cacher de nombreux secrets ?

Une ambiance bien gérée, mais une intrigue développée un peu à la va-vite…

Au début du récit, on pense avoir affaire à un roman policier réaliste, mais au fil des pages, l’intrigue nous plonge dans une ambiance de plus en plus imaginaire… L’idée de départ est intéressante, avec Les disparues de Pumplestone, vous aurez une histoire rapide à lire, mais peu mémorable. En effet, les étranges et nombreuses disparitions qui parsèment le récit ont beau attiser l’intérêt, tout va très vite… Et le tout donne une impression d’écriture hâtive, et l’histoire se retrouve rapidement conclue.

En parallèle des nombreuses disparitions, on découvre peu à peu que certains des moniteurs de l’établissement ont eux aussi des choses à se reprocher, même si elles ne sont pas en lien avec l’affaire. On aurait aimé plus de développement à ce niveau là également car la conclusion est extrêmement rapide également…

Le lectorat ciblé ici est celui des 11-13 ans, mais le récit est réalisé de telle manière qu’il n’a malheureusement pas réussit à me séduire. La partie fantastique de l’intrigue ne réussit pas à s’épanouir pleinement au sein de l’histoire, rendant le tout très bancal.

De même, les personnages – adultes ou ados – ne sont pas assez personnalisés pour être reconnaissables. Les caractéristiques qui les différencient ne sont pas assez parlantes, ce qui les rend aisément interchangeables, et génériques.

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Pour conclure, cette lecture a pour moi été un rendez-vous manqué. Je n’ai été accrochée ni par l’histoire, ni pas l’univers ou ses personnages. Pourtant, l’univers d’Audren ne m’est pas inconnu. J’avais lu et apprécié chez elle Les orphelines d’Abbey Road (en particulier le premier tome). Mais ici, rien n’a su trouver grâce à mes yeux… ce qui est assez rare.

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