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In My Mailbox #1 – Janvier 2018

Bonjour à tous ! Bienvenue dans le premier article de la nouvelle rubrique du blog ! Au lieu de faire un album photo gigantesque sur Facebook qui est totalement infernal à consulter, je vous propose un article par mois dédié à mes réceptions. Un descriptif court, une jolie photo, et le tour est joué ! Le but est de vous faire découvrir les livres avant chronique (car il s’écoule parfois un certain temps entre une réception et un article). Et si ça vous donne envie… tant mieux !


L’auteur de En attendant Bojangles vient de sortir un tout nouveau roman ! Étant donné l’accueil des lecteurs sur son précédent roman, autant dire que la barre est très très haute. Je vais le lire très rapidement car je suis curieuse de voir comment Olivier Bourdeaut a pu évoluer. Chronique de Pactum Salis disponible ici.

Si vous aimez la littérature jeunesse, vous avez déjà dû entendre parler de la série fantastique Malenfer (chronique du tome 1 ici sur le blog), et si ce n’est pas encore le cas, la BD est un très bon prétexte pour la découvrir ! L’auteure, Cassandra O’Donnell, a écrit son histoire avec tous les éléments que des élèves de primaire lui avaient demandés : un dragon, une forêt qui mange des gens, de la magie, des héros de leur âge… Voici donc le premier tome en bd, toujours chez Flammarion Jeunesse.

J’ai la chance de faire partie du Jury de libraires qui décernerons le Prix Folio des libraires ! Voici la première fournée de titres à lire. Je dois avouer que La Grande Arche et L’homme-tigre me tentaient déjà beaucoup avant, alors… il n’y a plus qu’à lire tout ça.

Il paraît que Lolito, qui vient tout juste de paraître aux éditions La belle colère est un roman hors-norme. Et très drôle. J’espère donc beaucoup de cette future lecture, car faire rire en littérature est un exercice aussi difficile que génial. Mais quand il est réussit, c’est tout simplement extraordinaire.

La course au bonheur est un roman ados à paraître en mars chez Casterman. Pour ce qui est de The Hate U give, c’est un roman qui a l’air très intéressant et très politique. Il traite des bavures policières envers la population noire aux États-Unis. Je pense que ce roman va faire partie des titres à surveiller en 2018. Enfin, Angelica Varinen (sur lequel mon appareil photo a fait la mise au point !) a l’air tout bonnement génial pour les 9/10 ans dans le genre policier. Le second tome est déjà prévu pour dans quelques mois !

Un nouveau Exprim’ chez Sarbacane qui a l’air rafraichissant : Les quatre gars ! Et à côté, c’est le tout nouveau roman de Cassandra O’Donnell : La légende des quatre. L’ouvrage est à paraître en mars et il fera partie des enjeux de Flammarion Jeunesse cette année, c’est certain !

L’auteure du roman ado Les Quatre gars sort également un Pépix en parallèle chez Sarbacane avec le roman jeunesse Où sont les filles ?

En ce qui concerne Les fantômes d’Achille Plume, je suis tout simplement ravie de l’avoir reçu car… il s’agit du tout nouvel ouvrage de Katherine et Florent Ferrier, les auteurs de la super saga de bd Hôtel Étrange !

La rentrée Sonatine est arrivée ! Et elle a l’air tout simplement géniale. L’éditeur ayant décidé de publier moins d’ouvrages pour ce concentrer plus sur chacun d’entre eux, on peut s’attendre à un concentré de bons crus. Notamment avec le nouveau roman de Celeste Ng, La saison des feux. Son précédent livre, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit avait été mémorable.

En ce qui concerne Jesse le héros, l’éditeur en a parlé en très bons termes dans le genre  » l’histoire d’un flic fatigué par les nombreuses affaires, mais charismatique », ça donnait bien envie ! Et le dernier, Une autre histoire avait l’air aussi géniale qu’inclassable dans le genre suspense…

Dire que le nouveau roman d’Andy Weir était attendu est un doux euphémisme ! Je ne savais même pas qu’il était paru avant il y a quelques jours, je trouve qu’il n’y a guère eu de communication dessus chez Bragelonne… mais qu’importe, on va y remédier bientôt en faisant une chronique sur Artémis. En ce qui concerne L’âge des assassins, ça a l’air d’être le mélange idéal entre fantasy et enquête…

La marque Rouge quant à elle est le tome deux de la série L’aura Noire, parue chez Scrinéo. J’ai la chance d’avoir eu à l’intérieur une très jolie dédicace de l’auteur ! En ce qui concerne Proxima du centaure, cette nouveauté chez Flammarion Jeunesse avait l’air très tentante et très mystérieuse… on en reparle très vite !

Et voici la fin du premier article IMM ! J’espère que ça vous a plu et que vous avez trouvé ça intéressant ou utile ! N’hésitez pas à commenter ou à parler des ouvrages qui vous tentent.

Chronique : Os de lune

Un roman onirique et curieux à nul autre pareil. Entre New York et un monde surréaliste nommé Rondua. La quête étrange des os de lune commence…

Os de lune est devenu aux États-Unis un classique dans le domaine de l’imaginaire. Roman encensé par Neil Gaiman (dont il a d’ailleurs fait la préface), premier tome d’une saga qui en compte sept au total. Jonathan Carroll a déjà été publié en France aux éditions Pocket et Denoël, mais cette réédition d’Os de lune est l’occasion de faire la (re)connaissance d’un nouvel imaginaire.

Personnellement, c’était la première fois que j’entrais dans l’univers si particulier et pourtant fluide de l’auteur… et je n’ai qu’une envie, retourner à la frontière entre notre monde et Rondua…

Une vie agréable et paisible…

Cullen est une femme qui a la chance de pouvoir dire que sa vie est heureuse. Un mari génial et aimant, une petite fille adorable, un appartement au cœur de New York… Il y en a pour qui la vie est plus difficile. Après avoir vécu avec son mari en Italie quelque temps, les voici de retour à New York après avoir eu leur premier enfant… c’est alors que surviennent les rêves. Étranges, d’un réalisme inquiétant et d’une bizarrerie propre aux rêves, Cullen ne peux s’empêcher de trouver ses rêves excessivement réels. Comme si ils avaient une prise sur elle dans le réel à force de les retourner dans tous les sens…

Bienvenue à Rondua, un étrange monde où Cullen est en quête des Os de lune, affublée d’étranges personnages : un chien géant, un petit garçon nommé Pepsi, entre autres…

Un roman particulier que l’on ne souhaite pas quitter

Il faut l’avouer, malgré l’étrangeté (et peut-être même à cause) du roman tout du long, il est très difficile de quitter les personnages d’Os de lune.

Entre la partie réaliste et onirique, mes moments favoris sont pour moi ceux où Cullen est ancrée dans sa vie réelle. Les personnages sont tellement vrais ET attachants que l’on a qu’une envie, les découvrir plus encore…  Je pense notamment à Cullen elle-même, dont le parcours n’a pas été facile et qui devient de plus en plus étrange, mais également à son meilleur ami et voisin : Eliot. Il a pour moi quelque chose de fascinant dans sa façon d’être, ses répliques, son rôle au sein du roman. Je ne saurais l’expliquer clairement, mais Eliot a été mon personnage favori de ce merveilleux livre, plus que Danny le charmant mari de Cullen. Sans oublier un autre voisin de Cullen, beaucoup plus étrange et inquiétant… mais je vous laisse le découvrir.

Pour ce qui est de la partie onirique du roman, elle prend au fil des chapitres de plus en plus de place, textuellement et dans l’esprit de Cullen. Jonahtan a réussit à créer quelque chose d’aussi bizarre que logique dans son roman, jamais je n’avais lu de rêve aussi bien écrit. Je vous laisse juge de cet extrait, mais je trouve qu’il reflète parfaitement l’esprit fou/tangible de Rondua :

« Je regardai l’île qu’il m’indiquait. Etait-elle le Rondua d’un autre rêveur, ou une simple parcelle de terre au milieu d’un océan rose, où les rochers pleuraient et les nuages veillaient sur des vaches en métal à voix humaine ? »

Il faut dire également que la traduction réussie de Nathalie Duport-Serval et Danielle Michel-Chich fait merveille car le texte d’origine ne devait pas être aisé à traduire.

……..

Os de lune, c’est donc une histoire magnifique et surprenante sur tous les plans, qu’ils soient réalistes ou non. Jonathan Carroll sait fasciner son lecteur grâce à des personnages et une intrigue fortes. Je n’ai qu’une envie, en savoir encore plus sur Rondua et le devenir de Cullen, son mari et sa petite fille. Les derniers chapitres étaient si forts en émotions et en surprises de taille que je m’en rappelle encore… Aussi inclassable que génial.

Ce premier tome peut se lire de façon relativement indépendante car on nous propose une fin, mais je rêve de lire la suite !

TRANCHE d´ÂGE :

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2017 – Romans adulte

De mon point de vue, cette année 2017 à été un bon cru en termes de littérature dite « blanche » ou généraliste. J’ai fait de très belles découvertes, dont une qui m’a littéralement marquée comme ça ne m’étais pas arrivé depuis longtemps. D’autres vous feront rire, sourire, vous surprendrons, vous blufferons même ! En bref, cette année, j’ai beaucoup de coups de cœur littéraires dans les romans dédiés aux adultes. Que ce soit du roman historique, de l’imaginaire, de l’inclassable… vous trouverez de TOUT pour tout le monde !

L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard – Isabelle Duquesnoy – La Martinière 

Si on me demandait de choisir LE livre qui a marqué cette année 2017, pour moi ce serait sans conteste l’Embaumeur. Roman immersif dans la France du XIXème siècle, nous faisons la connaissance du jeune Victor Renard. Quand débute le roman, on apprend qu’il a fait une terrible chose… quelle est-elle ? Ce roman de plus de cinq-cent pages en est la confession. De son enfance à ce qui l’a mené derrière les barreaux, découvrez le parcours unique de Victor Renard.

Ce roman est de toute beauté, une véritable claque ! Le lire a été un régal, un tel plaisir de lecture que j’ai eu du mal à m’en remettre. Je ne voulais pas quitter la plume exceptionnelle d’Isabelle Duquesnoy… Elle a mis dix ans à écrire L’embaumeur, et on comprend pourquoi quand on la lit… C’est exceptionnel de qualité : le choix des mots, les tournures de phrase, sa façon d’être drôle dans le drame même… Sombre, parfois cru, mais toujours superbement écrit. Évidemment, ce roman n’a pas été sans me faire penser au Parfum de Süskind, ne serait-ce que par con titre, c’est aussi ce qui m’a tenté en premier lieu !

En bref, n’hésitez pas une seule seconde à découvrir (et faire découvrir) ce fabuleux roman, c’est une merveille…

Parce que je déteste la Corée – Kang-myoung Chang – Picquier

Énorme coup de cœur dans le monde de la littérature coréenne ! Si vous cherchez un roman frais, drôle, vivant, vibrant… c’est le roman qu’il vous faut ! Découvrez la vie de Kyena, une jeune femme coréenne comme les autres à un détail près : elle déteste son pays. Marre de voir que les dés sont jetés dès la naissance, que les classes sociales ne se mélangent jamais en Corée, que l’on survit plus que l’on ne vit… C’est ainsi qu’elle décide de tout plaquer et de partir… en Australie !

Courageux ? Stupide ? Vous le saurez en lisant ce roman qui fait sourire, mais également réfléchir à notre société au sens large. Une belle histoire, une héroïne géniale, une plume vivante… que demander de plus ?

Valet de Pique – Joyce Carol Oates

Pour les amateurs de romans à suspense et sous tension, ce roman de la grande Joyce Carol Oates sera absolument parfait. Diabolique, magnifique de maîtrise, vous serez subjugués par l’histoire sombre et séduisante de Valet de Pique, c’est une promesse.

L’histoire est celle d’un écrivain à succès qui a une « double vie », ou plutôt une double identité. Il écrit des romans qui se vendent par milliers d’exemplaires sous son vrai nom. Mais, sous un autre nom il écrit tout autre chose…avec une écriture bien plus sombre. Son héros et sa série s’intitulent Valet de Pique : ils sont subversifs, glauques, sombres… et bien loin de l’univers de ses autres écrits bien plus traditionnels et même un peu communs.

Mais le jour où sa fille trouve par hasard sur son bureau un exemplaire du Valet de Pique et qu’elle découvre des scènes de leur vie de famille, tout bascule. Sans compter les accusations de plagiat pour ses romans à succès qui le mènent au tribunal… Et ce n’est que le début d’une descente aux enfers qui va de pire en pire…

Sorcières Associées – Alex Evans – éditions ActuSF

Dans le genre fantasy orientale mâtinée de steampunk, Sorcières Associées est un petit bijou à découvrir d’urgence… et sa magnifique couverture ne gâche rien ! Dans un monde où les morts-vivants sont une manne financière énorme pour les usines (pas de charges sociales, pas de réclamations ni de grèves…), où la magie est omniprésente et où les enquêtes mystiques pullulent et ou vampires et autres monstres sévissent, vous avez tout un univers qui s’ouvre à vous…

Suivez un duo de femmes enquêtrices extrêmement douées dans leur domaine au service d’une mythologie ultra dense ! C’est fascinant, non dénué d’humour et d’une fraicheur bienvenue dans le paysage de l’imaginaire français. Pour découvrir plus amplement Sorcières Associées, je vous laisse découvrir la chronique en dessous pour plus d’explications…

Heurs et malheurs du sous-majordome Minor – Patrick deWitt – Actes Sud

Dans le genre génial ET inclassable, il y a ce roman. Certes, le statut de sous-majordome n’existe pas, mais il illustre parfaitement le côté fou et débridé du roman…

Peu importe l’époque, peu importe l’endroit… ce qui compte, c’est l’atmosphère. Nous sommes dans un magnifique château aux allures gothiques, entouré d’un village à ses pieds et escorté d’une forêt juste derrière. C’est ici que Minor va exercer l’étrange poste de sous-majordome ! Dans ce château, il faut veiller à fermer sa porte à clé la nuit, d’étranges bruits rôdent… c’est là que la partie étrange et inclassable se dévoile peu à peu….

Magnifique roman, magnifique traduction/écriture, c’est un sans faute pour cet ouvrage à offrir sans réserve pour ceux qui souhaite une autre littérature…

Il y a un robot dans le jardin – Deborah Install – Super 8

Dans le genre « je voudrais un roman fell good génial et original », Il y a un robot dans le jardin est PARFAIT. Il est à rattacher très légèrement à la science-fiction, mais uniquement car le robot qui en est le héros – Tang – est d’une intelligence quasi-humaine.

C’est l’histoire d’un couple qui se délite, qui est sur la fin… Ils sont encore jeunes, mariés, mais ne s’aiment plus et surtout, ne se comprennent plus. L’arrivée d’un robot tout rouillé et cassé dans leur jardin va être le déclencheur pour Ben. Peut-être est-il temps de prendre sa vie en main ? Et cela va passer par un tour du monde complètement fou afin de retrouver le créateur de Tang, ce fantastique robot à l’intelligence peu commune (et à l’humour particulier !).

Si vous voulez pour vous ou pour offrir un roman qui détonne, à la fois drôle et extrêmement original, c’est l’ouvrage parfait. Drôle, mignon, et bourré de dialogue absolument épique.

Boudicca – Jean-Laurent del Socorro – éditions ActuSF

Connaissez-vous Boudicca, la reine des Icènes ? Personnellement, c’est tout un pan historique qui m’étais totalement méconnu que j’ai découvert grâce à cette lecture. Au temps où l’Empire Romain écrasait les peuples pour assoir sa domination, les Icènes se situaient dans une partie de ce qui est maintenant la Grande-Bretagne.

Le livre a beau être édité chez ActuSF, Boudicca est bel et bien un roman historique ! Et quel roman… C’est l’histoire d’une femme à la fois maternelle, guerrière, courageuse, qui a porté son peuple et tout sacrifié pour lui… Ce roman est l’histoire complète de Boudicca (bien entendu romancée, parfois), de sa naissance, à sa mort. Si recherchez un magnifique roman historique aux élans épiques et guerriers, c’est le livre qu’il vous faut !

Il ne nous reste que la violence – Eric Lange – La Martinière

Ma grosse claque de cette fin d’année, c’est ce livre ! Je l’ai découvert juste avant de faire cette fameuse liste de Noël.

L’histoire est celle d’un chroniqueur radio (comme l’auteur), son émission un peu underground ne fait pas assez d’audience, et « un tueur » vient d’être recruté au sein de la radio pour faire le ménage et réduire les coûts… Il sait déjà que son émission est menacée, et donc son travail, sa vie, sa situation… C’est alors qu’au détour d’un verre, il retrouve une connaissance du temps où il était reporter de guerre… De fil en aiguille, ils en viennent à parler de l’émission de radio en danger que gère notre narrateur et anti-héros. C’est alors que l’homme lui fait une proposition inimaginable : envoyer à l’hôpital cet homme chargé de faire le ménage pour que lui, ai le temps de développer l’audience de son émission…

Brut, violent, noir, Il ne nous reste que la violence est un roman inattendu, magnifique, et terrible à la fois. Au fil du texte (qui se dévore presque d’une traite tant c’est bien écrit et captivant), on plonge dans la noirceur de l’âme humaine. Et ce que va faire ce chroniqueur radio, on le comprend malgré tout à notre façon… Il a décidé de s’en sortir par la violence, car c’est la seule alternative qu’il a, et il transforme ainsi sa passivité en action brutale.

Ce roman est un coup de poing. C’est à lire/offrir absolument pour le contenu, l’histoire, et l’image de l’âme humaine si parfaitement retranscrite par Eric Lange. Qui sait ce que nous ferions si nous étions acculés ? Désespérés ? Un livre excellent, au final bluffant que je n’ai pas vu venir…. ce qui m’a encore plus époustouflée.

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2017 – Romans ados

L’année 2017 est très intéressante en ce qui concerne la littérature pour ados car les ouvrages sont peu nombreux, mais extrêmement différents ! Outre une série en deux tomes que j’ai lu sur le tard, tout le reste est paru cette année. Mais surtout, chaque livre proposé dans cette liste idéale de Noël a un thème unique, très différent.

Ainsi, vous traverserez le Paris du 19ème siècle dans un monde totalement sf, vous partirez sur les routes poussiéreuses des États-Unis durant la Grande Dépression et nous reviendrons en France au travers deux histoires merveilleuses et poignantes. Sans oublier un petit passage dans un monde similaire (et tout aussi génial) à celui de Harry Potter ! Et un voyage en bateau qui nous mènera jusqu’aux sources de la saga Les Royaumes du Nord

Soul Breakers – Christophe Lambert – Bayard

Attention, ce roman est aussi énorme qu’ambitieux ! Il vous retrace avec précision et efficacité les États-Unis des années 30, en pleine Grande Dépression… sur plus de 600 pages ! L’histoire est celle de Teddy, un jeune homme qui va tout faire pour sauver sa petite sœur dont l’âme a été volée par des forains itinérants. Pour retrouver l’âme d’Amy, il va traverser le pays tout entier et des épreuves difficiles. Soul Breakers, c’est plus qu’un livre d’aventures, c’est un véritable roman-fleuve aux personnages forts, charismatiques et inoubliables. Découvrez le travail aux mines, celui difficile et harassant des abattoirs de Chicago, Teddy va devoir redoubler d’ingéniosité et de ténacité pour sauver Amy des griffes de ses ennemis… d’autant qu’ils possèdent des pouvoirs qui leurs permettent d’influencer son destin…

Excellent et inclassable, c’est à lire dès l’âge de 14/15 environ. Si vous cherchez un roman original et prenant sur un fond historique fouillé, ce sera parfait. Histoire unique, c’est un one-shot.

Carry On – Rainbow Rowell – Pocket Jeunesse

Si il y a un roman inclassable et génial qui a fait vibrer mon petit cœur de libraire, c’est bien Carry On. Imaginez un univers à la Harry Potter (volontairement similaire, comme une fanfiction), une imagination délurée, un système magique génial… Et des personnages inoubliables ! En quelques pages seulement, vous serez plongé dans un univers unique et à la fois très similaire à ce que vous avez pu lire… C’est extraordinaire, captivant, vous rirez, vous pleurerez, vous serez ému, bouleversé, happé.

C’est tout simplement un immense coup de cœur à découvrir dès l’âge de 15 ans. Vous trouverez dans Carry On tout ce qui fait les grands romans (ou les grandes sagas). Dernière chose, une fois n’est pas coutume, Carry On est un one-shot, c’est donc un tome unique et vous n’avez pas de série à rallonge comme souvent dans ce genre littéraire, ça fait plaisir, non ? Quoi que… on aimerait bien lire d’autres ouvrages dans le même univers tellement c’est génial !

Cité 19 – Stéphane Michaka – Pocket Jeunesse

Oui, je sais, Cité 19 n’est pas sorti cette année, mais ce n’est qu’en 2017 que j’ai découvert cette saga en deux tomes. L’histoire se déroule au XIX ème siècle, à Paris, mais mélange également science-fiction ! Série écrite par le français Stéphane Michaka, on y découvre une héroïne, Faustine, passionnée d’Histoire. Orpheline de mère, la jeune femme s’est plongée dans l’Histoire pour se rapprocher de sa mère disparue. Son père est quant à lui concierge au Musée d’Orsay… Autant dire qu’elle baigne littéralement dans l’Histoire. Mais ça, c’était avant de basculer réellement dans le Paris du XIX ème siècle ! Comment ? Je ne vous le dirais pas, mais c’est diablement bien mené et réalisé.

Cité 19 fait partie de ces romans dont on ne connaît pas l’issue avant l’ultime page. Sans concessions, parfois noir, ultra-réaliste et surprenant, les deux tomes qui constituent la série se dévorent. C’est une belle histoire qui mélange de nombreuses notions : psychologie, histoire, sciences poussées… A découvrir sans tarder donc !

Envole-moi – Annelise Heurtier – Casterman

Si vous voulez une MAGNIFIQUE histoire d’amour pas comme les autres, vous avez trouvé LE roman qu’il vous faut. Quand Swann fait la connaissance de Joanna, c’est le coup de foudre immédiat. A tel point qu’il ne s’est pas rendu compte que la jeune femme était en fauteuil roulant. Comment aimer l’autre quand il a un handicap ? Comment le regard des autres va-t-il se poser sur l’être aimé ? Le fauteuil est-il un obstacle au couple ?

Découvrez des questionnements d’adolescent au travers d’une histoire pas comme les autres… Vous lirez le handicap autrement, et surtout en souriant. Car ce qui est bien avec Swann, notre narrateur, c’est qu’il parle de tous les sujets sans filtre ! Ce qui donne nombre de scènes cocasses et génialement drôles.

Envole-moi (dont le titre a été emprunté à la chanson de Goldman avec sa bénédiction) est un merveilleux roman d’une justesse incroyable. A la fois drôle, tantôt triste, toujours génial, Annelise Heurtier est un génie tant elle écrit avec talent la psychologie des ados. Et surtout, elle a su créer des dialogues percutants et mémorables ! Dès 14 ans.

Je suis ton soleil – Marie Pavlenko – Flammarion Jeunesse

L’une de mes plus belles claques de l’année en littérature ado dite réaliste ! Marie Pavlenko est une auteur que j’appréciais beaucoup… mais maintenant je l’adore. Son roman est si plein de beauté et traite de tant de sujets différents avec vérité qu’il est impossible de ne pas en parler !

Premiers amours, relations compliquées avec les parents, grossesse chez les ados, homosexualité, tentative de suicide, adultère… On parle de TOUS les sujets dans ce roman, mais sans jamais entre dans l’horrible ou le pathos. Non. Marie Pavlenko réussit un exploit incroyable : son livre est drôle, du début à la fin.

Dans Je suis ton soleil, on fait la connaissance de Débo, une adolescente comme les autres qui traverse sa phase de questionnements et de rébellion. Et on peut dire que les obstacles sont nombreux pour elle en ce moment…. Elle vient de découvrir que son père trompe sa mère avec une autre femme ! Et pour elle qui est en pleine année du Bac, c’est très difficile à gérer. Et ce n’est que le début…

Je puis vous promettre une chose si vous lisez ce livre, vous passerez (et les adolescents aussi) un moment merveilleux. Entre rire et larmes, ce roman est une pépite de papier ! Dès 15 ans.

La fourmi rouge – Emilie Chazerand – Sarbacane, collection Exprim’

Ma dernière petite claque drôlatique de l’année, c’est La fourmi rouge. Dans le genre fou/hilarant/inattendu c’est GÉNIAL. Je viens de le termine début décembre, d’où l’ajout de dernière minute pour cet ouvrage. Si vous cherchez un super cadeau pour une ado qui souhaite rire et se distraire c’est parfait dans le genre feel good book.

L’histoire est celle de Vania Strudel, atteinte d’un ptosis (comme Colombo, son œil ne s’ouvre pas totalement, bref c’est la grosse classe). Son meilleur ami se nomme Pierre-Rachid (pour réaliser les souhaits d’intégration de ses parents), et sa nouvelle amie est atteinte du fish-odor syndrom (en gros, elle pue la mort, et c’est encore pire si elle n’évite pas certains aliments…). Bref, voici la vie de Vania Strudel, fille atypique mais géniale, même si elle l’ignore encore… Elle n’est pas une fourmi noire parmi tant d’autres, mais une véritable fourmi rouge ! C’est un mystérieux mail anonyme qui le lui a dit….

GROS COUP DE COEUR – Dès 13/14 ANS.

La Belle Sauvage – La Trilogie de la Poussière – Livre un – Philip Pullman – Gallimard Jeunesse

Quinze ans après la fin de la saga mythique Les Royaumes du Nord, Philip Pullman revient. Pour moi, c’est un rêve qui devient réalité. Jamais je n’aurais pensé qu’il écrirait un nouvel ouvrage ancré dans l’univers qui a vu naître l’une des plus grandes héroïnes de la littérature jeunesse/ado/adulte (car oui, ça se savoure à tout âge !). Et pourtant, voici une préquelle à la saga qui a marqué un nombre incalculable d’enfances ! Voici donc La Belle Sauvage, le premier tome d’une saga se déroulant 10 ans avant Les Royaumes du Nord : La Trilogie de la Poussière.

Mais Philip Pullman a-t-il assez de choses à raconter ? Assez de matière pour nous proposer une intrigue aussi construite que sa précédente saga ? La réponse est OUI ! La Belle Sauvage, ce sont de nouveaux héros à découvrir, de nouveaux dangers à traverser, un univers entier à (re)voir… On fait même la connaissance de Lyra et Pantalaimon lorsqu’ils sont bébés ! La Poussière, le Champ de Rusakov, l’aléthiomètre… on a encore beaucoup de choses à apprendre des univers de Philip Pullman.

L’ouvrage fait presque 530 pages et se dévore en quelques jours. Une dizaine de pages suffisent à vous plonger avec une facilité déconcertante dans le monde de Lyra et des dæmons. A peine franchies les portes de l’auberge de la Truite, on se prend d’affection pour Malcolm, le futur héros de cette histoire, et d’Asta son dæmon.

La Belle Sauvage nous ouvre des portes que l’on aurait pas oser imaginer et encore moins franchir, même dans nos rêves les plus fous. Découvrez à quel point l’Église règne en maître sur ce monde parallèle si semblable au notre. Entre fantastique, aventure, espionnage et sciences… Philip Pullman réussit le tour de force de nous proposer un roman aussi bien sinon meilleur que La Croisée des mondes. C’est un merveilleux sans faute, et je veux déjà la suite ! L’attente va être absolument terrible… Dès 13 ans.

Le second tome de La Belle Sauvage sort le 3 octobre au Royaume-Unis and co. Il n’y a pas encore de date pour la France… courage ! En tout cas, la couverture est encore plus belle que pour le premier tome si cela est possible !

Chronique : L’auberge entre les mondes – Tome 1 – Péril en cuisine !

Un premier tome dynamique qui nous plonge en territoire merveilleux… Un doux mélange de fantastique et de culinaire savamment dosé… Bienvenue dans l’Auberge entre les mondes ! (et ils sont trèèèès nombreux).

Le nom de Jean-Luc Marcastel vous dit peut-être quelque chose… et pour cause ! Auteur très prolifique, aussi bien pour la jeunesse que pour les plus grands, il est un grand amateur d’imaginaire… et cela se voit dans tous ses écrits. Il vit à Aurillac.

Il a notamment écrit : Tellucidar (Scrinéo), la saga Louis le Galoup (Nouvel Angle), Le dernier hiver (Black Moon), Frankia (Mnémos)…

Des vacances dans une auberge aux prestations exceptionnelles

Nathan et Félix sont deux adolescents dont la vie n’a pas été tendre… tous deux orphelins, ils vivent en foyer et sont les meilleurs amis du monde. Leurs souhaits pour l’avenir ? Travailler dans le monde exigeant et magique de la restauration et de l’hôtellerie. C’est ainsi qu’ils suivent ensemble le même cursus… Et quand les vacances arrivent, on leur propose une opportunité de rêve : travailler dans l’une des auberges les plus prestigieuses de France ! Alors, évidemment, les deux jeunes gens n’hésitent pas et se lancent dans l’aventure… Mais ils sont loin de se douter de ce qui les attend à leur arrivée… en particulier Nathan !

Un roman pour la jeunesse lumineux, drôle, et fantastique

Comme toujours avec Jean-Luc Marcastel, on découvre un imaginaire déluré, foisonnant. Et L’auberge entre les mondes en est le parfait exemple. Dès les premières pages, on sent que le fantastique ne va pas tarder à empiéter sur le territoire de l’apparente normalité. Et c’est bien le cas ! Mais, la transition vers l’imaginaire est très bien trouvée et se révèle pas à pas…

Une pièce plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur, une ombre mouvante, un fromage qui disparait… voilà le peu d’indices que glane Nathan au début… jusqu’à ce qu’il soit « dessillé » ! (un terme que Jean-Luc Marcastel a emprunté à la fauconnerie).

Honnêtement, j’ai été très agréablement surprise par cette lecture. Tout en dynamisme et en couleurs, L’auberge entre les mondes revêt les qualités d’une excellente série jeunesse. On a tout simplement envie d’en savoir beaucoup plus sur les multivers que cache cette auberge, et sur tous les mondes qui sont cachés derrière les portes de la réserve de nourriture !

C’est un monde merveilleux qui s’ouvrira à vous quand vous ouvrirez les portes : pages de l’auberge. Et j’ai trouvé un extrait qui retranscrit parfaitement l’esprit de cette saga pour la jeunesse :

« Ne sous-estime pas le pouvoir de la table, Nathan, ni celui de l’hôtellerie… Tu devrais le savoir : la cuisine est quelque chose de magique. Un convive comblé est un convive heureux, à qui l’on remet en mémoire, quelles que soient sa race et son origine, son bonheur d’être en vie, les plaisirs de l’existence, tout ce dont une guerre ou la violence peuvent vous priver… Nous leur rappelons que la vie est belle, remplie de choses délicieuses, et qu’elle n’a pas de prix… ».

C’est ce genre d’élan qui m’a manqué dans une autre lecture récente dédiée au monde de la cuisine pour un lectorat du même âge : CHEFS – tome 1 – Gaufres, collège et mystère. J’en ai rêvé, et Jean-Luc Marcastel l’a fait !

Dans ce premier tome, c’est la quête d’un champignon aux propriétés très particulières qui sera au cœur de l’intrigue. Ça paraît un peu simple comme cela, mais vous n’imaginez pas ce que la préparation de ce champignon dans un gâteau en particulier peu engendrer comme bénéfices pour deux races de créatures en particulier… Il vous faudra lire le premier tome pour le découvrir !

………

Alors, si vous pensez être prêts à découvrir des milliers de mondes fascinants et tout autant de créatures, vous êtes au bon endroit ! Découvrez les mythes, les espèces, les recettes tout droit sorties de l’imagination fertile de Jean-Luc Marcastel, c’est un pur régal. A lire dès l’âge de 9/10 ans.

PS : Si vous voulez découvrir les recettes les plus emblématiques de l’auberge grâce aux chefs cuisiniers Kolkrabbi et Bleksprutt, vous avez plein de recettes en fin d’ouvrage. Les ingrédients sont prafois un peu dangereux à trouver, les chefs n’arrêtent pas de s’embrouiller entre eux, mais on passe un bon moment ! (et puis, il vaut mieux être sympa avec eux quand on sait que leur oncle c’est Cthulhu et que leur père est le Kraken !).

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Chronique album jeunesse : Paris, un livre-jeu

Un livre original et très prenant pour jouer, chercher et découvrir Paris en s’amusant !

Paru en mai 2016 chez Père Castor, voici Paris, un livre-jeu ! Illustré par Martin Débat et conté par Jeanne Boyer, voici un livre à nul autre pareil… C’est un mélange entre le cherche et trouve, le livre animé (avec un flap à chaque page) et le documentaire. Et c’est drôlement bien réalisé…

Paris ensorcelé

C’est la folie ! Une sorcière s’est emparée de la capitale en l’ensorcelant : animaux devenus chimères, la Tour Eiffel emprisonnée dans une boule à neige géante, gargouilles de Notre-Dame prenant vie… Il n’y a que VOUS qui pourrez retrouver la sorcière et l’empêcher de perpétrer ses méfaits, mais encore faut-il la trouver… 36 parcours possibles : un seul chemin est le bon !

Un excellent album entre distraction et apprentissage

Cet album jeunesse est un véritable coup de cœur, autant sur le fond que sur la forme. L’aventure commence à la BNF, la Bibliothèque Nationale de France. Il faut commencer par dénicher les trois loups qui se cachent parmi une foule de personnages de contes libérés des ouvrages… Ensuite, il vous faudra décider activement du parcours : vous voulez aller à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris ? Ou plutôt au zoo ?

Et c’est ainsi que l’on se retrouve emporté par l’histoire ! Vous découvrirez ainsi lu Musée d’Orsay, L’aquarium de Paris, La Roseraie à Boulogne, L’opéra Garnier, la Grande Galerie de l’évolution, la Cité des Sciences… Chaque double-page vous proposera un choix, jusqu’à ce que vous trouviez enfin la sorcière !

Personnellement, je ne l’ai pas trouvée tout de suite, j’ai dû faire trois essais avant de la dénicher, mais justement tout l’intérêt de l’ouvrage. On essaye, et on réessaye, on découvre de nouveaux lieux en fonction de nos choix…

A chaque lieu découvert, vous avez un flap (ou volet) à soulever, vous faisant découvrir une notion liée à l’endroit. A l’opéra, vous découvrirez comment on appelle les jeunes danseurs, à la grande brasserie c’est le nombre de restaurants qui est révélé… etc. Les infos sont très succinctes, mais ajoutent une autre facette à l’apprentissage de ces lieux emblématiques de Paris.

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Cherche trouve, documentaire, livre animé, histoire aux élans d’aventure… cet album regroupe toutes les qualités requises pour en faire un beau coup de cœur ! Paris, un livre-jeu est à découvrir dès l’âge de 7 ans minimum pour en profiter pleinement.

Je n’espère qu’une seule chose maintenant, qu’ils en fassent d’autres dans la même collection avec pourquoi pas d’autres villes de France ou d’autres capitales du monde ?

Chronique : Annihilation

Un roman d’anticipation au rythme lent,  fort nébuleux – mais captivant – aux élans lovecraftiens très développés…

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de la Trilogie du Rempart Sud de Jeff VanderMeer ? Le premier tome, Annihilation, est paru aux éditions Le Diable Vauvert en 2016, il vient tout juste de sortir chez Le livre de poche. Le second tome d’ores et déjà paru le 5 octobre dernier sous le titre Autorité.

Enfin, la saga est en cours d’adaptation cinématographique avec notamment Natalie Portman. La réalisation et le scénario sont signés Alex Garland (Ex Machina, 28 jours plus tard…). Le film est prévu dans les salles obscures pour mars 2018.

Une mission d’exploration dans la Zone X

Etrange, innommable, mystérieuse… voici la Zone X, un endroit impossible à décrire, inhabitable et secret. C’est là-bas que se rendent quatre scientifiques afin de tenter d’en percer les mystères : une anthropologue, une psychologue, une géomètre et une biologiste (la narratrice de ce roman). Elles composent à elles quatre la douzième expédition.

Elles doivent se surveiller mutuellement pour être certaines qu’aucune n’est influencée ou changée par la zone X. Mais peu à peu, la tension monte et l’incertitude également… Que sont-elles censées découvrir ? Qu’on donc apprit les onze expéditions précédentes ? Et ce n’est que le début des interrogations…

Un roman lent et lancinant qui nous contamine à sa façon

On ne peut pas dire qu’Annihilation soit un roman facile d’accès. J’ai d’ailleurs du faire une pause durant ma lecture tant il est lent. Mais il faut insister car son atmosphère d’étrangeté et de danger latent le rend unique.

La narration n’est d’ailleurs pas sans faire penser à H.P. Lovercraft dans les détails sombres, l’atmosphère pesante… et les étranges plantes/choses/organismes que l’on croise !

J’ai adoré cette histoire aux enchainements nébuleux mais toujours intéressants. La pression psychologique entre les membres ne cesse de monter. La suspicion également… Tout ce que nous lisons est écrit du point de vue de la biologiste, elle nous explique la faune, la flore, de la Zone X, me nombreuses questions planent encore.

Il y a un élément de la Zone X en particulier que j’ai trouvé singulier et mémorable : la Tour. Ce qu’elle renferme a quelque chose d’hypnotique qu’il est impossible de décrire. D’autant qu’après les très nombreuses expéditions, elle n’est sur aucune carte ! Jeff VanderMeer maîtrise à la perfection l’art de ne pas trop développer tout en nous laissant une image bien précise en tête.

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Annihilation est donc un excellent premier tome pour qui aime les ambiances emplies d’étrangeté… C’est un roman qui fonctionne comme un huis-clos bien que le décor soit une zone gigantesque non répertoriée… C’est magnifiquement travaillé psychologiquement…

On a tout simplement envie de passer au second tome, Autorité. Il parait qu’il est extrêmement différent du premier en termes d’écriture et de narration, je suis impatiente de vérifier cela !

PS : Mention spéciale à la couverture du roman (qui reprend la version US) car elle retranscrit parfaitement l’univers de la Trilogie du Rempart Sud… Des plantes qui grimpent partout et qui semblent régner en maîtres, une flore foisonnante… c’est exactement ça !

Chronique : L’effet ricochet

Un roman d’anticipation qui mélange efficacement suspense et manipulation génétique

Il est sorti en février 2017 chez Seuil Jeunesse, voici l’un des derniers romans en date de la géniale Nadia Coste (j’ai perdu mon objectivité en lisant Le Premier chez Scrinéo).

L’effet Ricochet, c’est l’histoire de l’humanité qui a perdu le moyen de procréer naturellement et qui a du trouver une solution pour le moins extrême : le clonage.

Au cœur d’une famille des années 2074

Malou est une adolescente de 16 ans tout à fait normale. Comme tout le monde de nos jours (en 20174), elle est née grâce au clonage. Elle ressemble donc traits pour traits à sa mère, tout comme ses sœurs, dont elles sont également la copie conforme. Donc, tout se passe bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que… Malou se rende compte qu’il y a un petit grain de sable dans l’engrenage si parfait qui compose sa famille. En effet, elles ont toutes eue les mêmes accidents au même âge. Tout commence avec un bras cassé, mais d’autres « accidents » sont à venir. Il semblerait que les blessures et accidents corporels de leur mère se répercutent sur les trois sœurs, au même âge…

Comment expliquer ce phénomène, et surtout comment l’arrêter ? Les trois sœurs sont-elles les seules à subir cette anomalie ?

Une idée brillante mise au service d’une intrigue efficace !

Autant le dire d’emblée, L’effet ricochet est une petite réussite à mettre entre toutes les mains dès l’âge de 12 ans environ. Il y a tout pour plaire/captiver les lecteurs : de l’action, de la réflexion, de la documentation sur la génétique, les sciences, des personnages forts…

Encore une fois, Nadia Coste sait proposer un roman efficace et malin à ses lecteurs. Elle a toujours une idée de base très forte qu’elle réussit à développer très efficacement. L’effet ricochet ne fait donc pas exception et tient toutes ses promesses.

La seule remarque je pourrais faire serait à propose de la conclusion, que j’ai trouvé légèrement trop rapide. Comme si l’auteure n’avait plus le temps (la place ?) de clore correctement son roman.

En dehors de cela, c’est un sans fautes. C’est une lecture parfaite pour les ados et les préados, ça donne matière à réflexion, c’est intéressant… Et ça ferait même une super idée pour un film sous haute tension je trouve ! (oui, je m’emballe, mais l’idée est si bien trouvée et traitée que ça mérite qu’on s’y penche).

Malou est une ado du futur très crédible, aux sentiments forts, on s’attache très vite à elle et à son étrange destin génétique.

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Si vous recherchez pour vous (ou à offrir) un roman jeunesse et ado qui propose une histoire originale et bien traitée, L’effet ricochet est le roman parfait. C’est à découvrir dès l’âge de 12 ans environ, peut-être même avant pour ceux qui aiment la lecture.

Je vous laisse, je vais maintenant me pencher sur un autre roman de la même auteure (chez le même éditeur) : L’Empire des auras, j’espère qu’il est tout aussi bien !

 

PS : Je dois avouer avoir vraiment eu du mal à apprécier la couverture, que je trouve trop rébarbative. L’idée du visuel dupliqué est très bonne, mais l’illustration, les couleurs choisies ne donne pas quelque chose d’avenant. Quand ont sait à quel point le visuel est important (encore plus en jeunesse), c’est dommage… Mais cela reste mon avis très personnel.

Chronique : Carry On – Grandeur et décadence de Simon Snow

Un magnifique roman proposant une réécriture géniale et inattendue de Harry Potter. Rainbow Rowell fait très fort en nous proposant une histoire addictive où l’on plonge à corps perdu… Et on a qu’une seule envie : suivre ses personnages au bout  du monde… même les plus détestables !

Si vous ne connaissez pas encore Rainbow Rowell, ce roman pourrait bien être un magnifique prétexte à la découvrir… Elle a déjà écrit les très remarqués romans Fangirl (Milady) et Eleanor & Park (PKJ).

Avec Carry On, elle nous plonge dans un monde parallèle à celui de l’univers Harry Potter, mais avec une belle dose d’humour et d’autodérision. C’est malin, délectable et génialement construit.

L’Elu sauvera le monde des sorciers du Humdrum

Simon Snow est l’Elu. Celui par qui tout s’arrêtera pour le Humdrum, l’entité maléfique par excellence qui détruit tout sur son passage, en particulier le « tissu magique ». Et sans magie, pas de sorciers, l’élimination du Humdrum est donc cruciale pour l’avenir magique du monde…

Simon Snow est ainsi le seul et unique sorcier assez puissant à pouvoir le contrer, mais la route vers cet accomplissement est longue et difficile… Surtout quand on est un adolescent, que son pire ennemi (après le Humdrum) a disparu, qu’on a une meilleure amie bien plus doué que soi et une petite amie distante…

Carry On, c’est tous les questionnements de l’adolescence revus et corrigés à la sauce Harry Potter. Et c’est diablement BON.

Un excellent roman qui vous rendra absolument fan de certains personnages !

Pour ceux qui cherchent à retrouver la flamme de la lecture à travers un bon roman, ne cherchez plus : Carry On est là. Il vous sauvera de la peine qu’a provoquée en vous la fin d’Harry Potter tout en s’amusant de nombreux codes de la saga.

Vous retrouverez des imitations intelligentes et très réussies des principaux personnages de la saga : le Mage vous fera fortement penser à Dumbledore, de même pour Baz/Drago Malefoy ou encore Pénélope/Hermione.

Tout y est parfaitement maîtrisé, de l’intrigue – loin d’être simpliste, elle dépasse de loin l’état de parodie – aux personnages charismatiques, on ne peut qu’être transporté. Cela faisait un long moment que je n’avais pas eu un sentiment d’addiction en lisant un roman, et rien que pour cela, ça vaut le coup de découvrir Carry On.

De plus, l’auteur a réussit à créer un système de magie génial porté par la force des mots uniquement. Plus une phrase est entrée dans le langage commun, plus la formule qui y est liée sera puissante. Ainsi, les comptines et les proverbes notamment créent des sorts très puissants. Cette idée originale est magnifiquement exploitée et explique d’ailleurs le titre mystérieux de l’ouvrage…

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Ainsi, magie, amour et amitié sont au rendez-vous pour vous faire passer un moment de lecture inoubliable. Carry On, c’est comme une sucrerie que l’on voudrait garder plus longtemps mais que l’on a déjà finie… C’est tout simplement génial et à mettre entre toutes les mains dès 14-15 ans puis sans limite d’âge car les adultes devraient sans peine se régaler aussi ! Merci à Rainbow Rowell pour ce merveilleux roman…

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Pour aller plus loin : Pour ceux qui sont déjà familiers de l’univers de Rainbow Rowell, les personnages de Simon Snow, Baz et consorts leur sont déjà connus, et même très connus ! Pourquoi ? Car l’auteur avait déjà installé ses personnages au travers d’un roman intitulé Fangirl. Ils étaient issus d’une fanfiction écrite par l’héroïne du roman : Cath. Cette dernière est passionnée par une saga qu’elle lit et relis… Et décide d’en faire une fanfiction qu’elle nomme… Carry On !

Cependant, rassurez-vous, la lecture de Fangirl n’est absolument pas obligatoire pour apprécier pleinement Carry On, la preuve, j’ai découvert Rainbow Rowell avec ce roman !

Actualité éditoriale : La sublime communauté, une nouvelle dystopie publiée par Actes Sud Junior

Aujourd’hui, j’ai reçu à la librairie un communiqué de presse intriguant qui m’annonçait la parution d’un coup de cœur de la rentrée chez Actes Sud Junior. Il s’agit d’une dystopie à paraître le 4 octobre 2017 sous le titre La sublime communauté, écrite par Emmanuelle Han. Le premier tome s’intitulera Les Affamés.

Les éditions Actes Sud ont une très bonne collection de romans pour ados, en particulier dans le domaine des histoires réalistes. Mais quand il est question d’imaginaire, il faut avouer que l’on pense plus facilement au Rouergue, à Gallimard Jeunesse ou encore aux éditions Rageot pour les publications francophones…

Voir que c’était Actes Sud qui publiait cette dystopie engageante m’a vraiment intriguée. Je me dis, si ce sont eux qui publient un roman de ce genre littéraire, c’est qu’il doit être exceptionnel ! Et peut-être veulent-ils également se lancer dans l’imaginaire… ce serait une super idée, il me semble.

Et puis… j’ai aussi reçu le livre, donc je vais pouvoir vous en parler plus amplement très rapidement ! Je vous laisse vous abreuver de l’argumentaire de l’éditeur en attendant le 4 octobre prochain… Allez, courage, c’est pour bientôt.

Présentation de l’éditeur :

C’est la fin de notre ère.

Aux quatre coins d’une planète surpeuplée et en plein dévastation, six mystérieuses Portes apparaissent, ouvrant des brèches vers des mondes inconnus. En quête d’une terre promise, fuyant la misère et la mort, des flux d’hommes, de femmes et d’enfants désespérés, les « Affamés », se pressent aveuglément vers ces Six Mondes, ignorant tout à leur sujet.

Quels secrets renferment ces portes ? Que mal ronge les Affamés ? Quelle est la nature des Six Mondes ?

En ces temps de détresse où la violence et le chacun-pour-soi font rage, seul trois enfants pourront le découvrir. Tupà, Ekian et Ashoka ne se connaissent pas, ils vivent à des milliers de kilomètres de distance. Pourtant, leurs destins sont liés. De leur union dépendra le sort de la Sublime Communauté.