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Actualité éditoriale : Une magnifique box pour le lancement de Margo a des problèmes d’argent chez Pocket !

Pocket a vu les choses en grand pour les libraires et les influenceurs avec une jolie box de lancement pour l’arrivée en poche de Margo a des problèmes d’argent.

Précédemment paru aux éditions Le Soir Venu, Margo a des problèmes d’argent de Rufi Thorpe arrive au format poche ! Celleux qui l’ont loupé cette parution, je vous laisse lire ma chronique enthousiaste ici.

Et enfin, je vous laisse admirer les photos de la box avec les supers goodies qu’elle contient et qui sont PARFAITS pour cette lecture !

Chronique : Margo a des problèmes d’argent

Rufi Thorpe est une autrice américaine, et elle n’en est pas à son premier coup d’essai. Elle a déjà été remarquée aux États-Unis avec son roman The Knockout Queen, finaliste du prix PEN/Faulkner de la fiction en 2021. Avec Margo a des problèmes d’argent, elle débarque en France et signe l’arrivée d’une toute nouvelle maison d’édition sur laquelle il va falloir compter : Le soir venu (le label littérature des éditions Jouvence).

MAJ : L’ouvrage vient tout juste de paraître aux éditions Pocket ! J’ai d’ailleurs reçu une jolie box avec quelques goodies à l’intérieur. Pour voir tout ça, c’est ici.

Un bébé, pas de travail et la vie sociale qui lui tourne le dos…

Quand débute ce roman, il faut avouer que la vie de Margo est un sacré bordel. Elle est une jeune maman de 19 ans qui vient d’accoucher de l’enfant de son professeur de lettres déjà marié. Et clairement, elle ne pensait pas que la vie serait si difficile avec un bébé dans le paysage. Impossible de le faire garder par sa mère qui travaille et encore moins pas son père catcheur qui n’est jamais dans le coin… Elle ne peux donc compter que sur elle-même car son emploi de serveuse n’est plus… elle ne pouvait pas emmener son enfant pendant le service. Elle se retrouve donc avec ses colocataires étudiantes qui n’en peuvent plus des nuits instables du bébé avec un loyer à payer, et sans revenus. Ça pourrait être pire ? Oui, et ça ne va bientôt pas tarder à l’être…

Le portrait d’une jeune femme qu’on ne peux qu’aimer malgré tous les mauvais choix qu’elle fait

Margo peut paraître aussi irresponsable qu’insupportable quand on découvre peu à peu toures les (pires) décisions qu’elle a prises. Et pourtant, elle est extrêmement attachante et maline. Ce livre est un parfait exemple de comment lutter contre les préjugés, car Margo ne va faire qu’essuyer ces derniers tout au long du livre… Une presque ado enceinte, un père catcheur absent, l’abandon des études… elle tombe totalement dans le stéréotype des white trash (cas sociaux blancs américains). Et pourtant, elle va démontrer à son entourage qu’elle peut se prendre en main, elle mais aussi son bébé Bodhi (mais qu’est-ce que c’est que ce prénom ?).

Mais avant de se prendre en main, elle va faire comme des millions de femmes qui tentent de survivre à travers le monde sur… OnlyFans. Et il se peux que très rapidement, ça la dépasse :

J’ai adoré découvrir ce monde totalement méconnu d’internet qui est un véritable business. Et comme Margo, peu à peu on va découvrir tous les secrets de cette plateforme dédiée à un travail du sexe personnalisé. Plus qu’un roman sur les déboires d’une jeune femme, c’est également une véritable analyse de société. A-t-on droit à une seconde chance ? Est-ce que quand la société décide que l’on est un cas social, on le reste pour toujours ? Comment sortir de la spirale de l’injustice sociale quand tout nous enfonce encore et encore ?

Tout cela est plus encore, ce roman drôle et fin nous l’illustre à la perfection. Tous les personnages sont incroyables (ou détestables). Du père catcheur de Margo en passant par l’un de ses étranges clients OF, ils ont tous quelque chose à nous apporter, que ce soit en émotions ou en réflexion.
Ce roman brillant est à mettre entre toutes les mains, que l’on soit de bonne humeur ou pas trop, c’est justement l’occasion de se redonner le sourire ! Vive Margo et sa persévérance créative qui nous emmène loin !

Chronique jeunesse : Les plantes carnivores font mouche

Katia Astafieff est une autrice et conférencière spécialisée dans la vulgarisation scientifique. Biologiste de formation, elle allie aujourd’hui ses deux passions : l’écriture et le voyage. 

Elle a déjà écrit deux autres ouvrages, mais pour les adultes : La fille qui voulait voir l’ours (Arthaud, 2022) ainsi que Mauvaises Graines (Dunod, 2021). Elle travaille actuellement au Jardin botanique de Nancy. 

L’illustration de ce roman original est quant à elle assurée par Gilles Macagno, qui est également professeur de sciences et vies de la terre. Il a déjà publié deux ouvrages : Mauvaise réputation et Je t’aide, moi non plus chez Delachaux et Niestlé. 

Encore du pain sur la planche pour la brigade moustiquaire…

Bienvenue dans le monde méconnu et pourtant passionnant des insectes, mais aussi de leurs (très nombreux) prédateurs. Perrick le moustique se voit coller deux affaires de disparition bien opaques. A lui de trouver ce qui est arrivé à Esmeralda, une mignonne petite mouche, ainsi qu’à Elvis, un moustique artiste. 

Les affaires ne sont pas liées et les possibilités très nombreuses dès lors qu’il s’agit d’insectes portés disparus. Surtout quand il va découvrir avec son coéquipier que la liste des suspects s’allonge à cause d’un congrès faisant venir de loin des plantes… carnivores. 

Extrêmement original, drôle et instructif

J’ai adoré lire ce roman policier bourré d’humour et de références qui possède différents niveaux de lecture ! Beaucoup de titres de chapitres sont des références à la culture populaire, les enfants ne les verrons pas, mais les adultes oui : La mort aux mousses, Les dents de la tourbière ou encore Le barbecue était presque parfait. Et encore, le texte en lui-même est également rempli d’autres références qu’un oeul adulte savourera. 

Quant aux jeunes lecteurs, ils dévorerons l’intrigue efficace et extrêmement originale de ce roman. Créer un roman policier pour faire découvrir les plantes carnivores aux enfants, il fallait y penser ! Certaines fin de chapitre ont ainsi quelques informations sur lesdites plantes carnivores (leur provenance, leur mode de « chasse », l’origine de leur nom, etc.). J’ai beaucoup apprécié ces encarts documentés, à tel point que j’aurais aimé en avoir beaucoup plus dans le roman (note aux auteurs et à l’éditeur, si vous faites un second tome). 

Outre l’intrigue policière, classique bien que chez les insectes, on appréciera la complémentarité des illustrations de Gilles Macagno. Ses dessins sont indispensables pour mieux comprendre les plantes carnivores et leur fonctionnement à part. Elles sont d’une créativité sans bornes quand il s’agit de piéger une proie : goutelettes séduisantes à l’apparence de l’eau, odeur entêtante qui attire les insectes, parois glissantes dont il est impossible de remonter… 

Ainsi, oui j’ai adoré ce roman qui se lit très vite, dont les chapites sont courts et efficaces et à la thématique géniale. C’est malin, drôle, décalé, rempli de suspense. Un livre idéal à faire découvrir dès l’âge de 10/11 ans minimum, puis sans restrictions car il y a très peu voir aucun roman jeunesse sur ce sujet qui pourtant passionne les enfants ! Ils adorent le bizarre et l’étrange, ça tombe bien, la nature en regorge ! 

Chronique YA : Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ?

Mon plus gros coup de coeur de l’année 2023 en jeunesse, c’est CE LIVRE ! (mais comme je mets du temps à publier mes chroniques, vous ne le savez que maintenant…)

Nous ne sommes qu’au mois de juin lorsque j’écris ces lignes, je prends donc le risque de mentir en disant que c’est mon roman préféré de 2023 pour la tranche des 11/14 ans. Mais ce roman est d’une telle finesse que je résiste pas à l’excitation de dire que c’est déjà mon favori !


L’ouvrage est paru initialement chez Hélium en 2011, il vient tout juste de sortir chez Le livre de Poche Jeunesse, soit 12 ans après sa sortie en grand format. La preuve qu’il faut parfois garder espoir sur une sortie poche. C’est justement grâce à sa parution en poche que j’ai pu mettre la main dessus et le découvrir. En grand format, l’ouvrage avait été vendu à 10 000 exemplaires en France, un véritable succès !

Dear George Clooney a été traduit avec talent et amour par Valérie Le Plouhinec, et ça se sent à chaque mot de chaque phrase !

Si vous ne connaissez pas encore Susin Nielsen, sachez qu’elle a écrit quantité d’autres ouvrages : On est tous faits de molécules (Hélium), Les optimistes meurent en premier (Hélium), Partis sans laisser d’adresse (Hélium)… Ils ont tous l’air bien !

La « routine » d’une vie bouleversée

Violette Gustafon est une adolescente dont les parents sont divorcés. Sauf que la situation est difficile à accepter pour elle, d’autant plus que son père a refait sa vie. Violette maintenant deux petites demi-sœurs jumelles en plus de sa petite sœur, et ça, c’est très dur à encaisser. Surtout quand elle voit sa mère tenter par tous les moyens de retrouver un homme dans sa vie, quitte à tomber sur les pires cas possibles : le bizarre chelou, le radin, ou encore celui qui n’aime pas les enfants.

Mais cette fois, Violette a idée lumineuse, il y a bien un homme en effet qui remplit tous ses critères d’exigeance en terme de futur père adoptif, et cette personne c’est le parfait et sexy George Clooney. Il n’y a plus qu’à le contacter et le convaincre d’épouser sa mère ! Facile.

Du l’humour subtil pour panser ses blessures

Le génie de Susin Nielsen réside dans la façon dont Violette gère les choses avec un humour qu’on peux qualifier de monstre. Oui, elle est revancharde et elle en veut à la terre entière alors faire manger des crottes de chats à ses demi-sœurs lui paraît un juste vengeance. Préparer des questionnaires très invasifs pour les petits amis de sa mère aussi fait partie de son rôle de grande sœur, du moins le croit-elle.
Mais ce qui est réellement génial, c’est que l’autrice réussit à parler de sujets complexes au niveau des sentiments tout en les rendant légitimes. On comprend la colère de Violette, son sentiment de perte et d’injustice, sa peur de voir sa mère retomber amoureuse et être à nouveau trahie… Tout cela est magnifiquement mis en mot par Susin Nielsen, bien mieux que tout ce que je pourrais vous dire.

Et surtout, toutes ces problématiques mentionnées plus hauts sont traitées avec un humour incroyable. C’est là la plus grande qualité de ce roman : réussir à tout faire passer par le biais d’un humour grinçant et de haute volée. C’est à la fois subtil et énorme, drôle et parfois atterrant de bêtises, et ça fonctionne !

C’est le genre de roman qu’on a envie de lire pour rire du quotidien et de ses problèmes, et pas besoin d’avoir des parents divorcés pour apprécier ce roman très juste sur les ressentis des ados et préados.

A découvrir dès l’âge de 12/13 ans, puis sans aucune restriction ! Je déclare ce roman d’utilité publique pour redonner sourire et bonne humeur à toute personne qui le lira ! Pour moi, c’est un sans faute, je le mets ex-aequo sur le podium avec La troisième vengeance de Robert Poutifard de Jean-Claude Mourlevat. Ces deux romans mélangent humour et émotions le tout avec un talent fou qui les rend accessibles à tous sans se cantonner à la jeunesse.

Chronique jeunesse : Hilda et le peuple caché

Connaissez-vous la série de BD Hilda ? L’ouvrage que je vous chronique ici est issu de la série elle-même issue de la BD. Il nous conte les aventures d’une petite fille évoluant dans un monde étrange et magique au graphisme magnifique ! La série de livres est en trois tomes, le premier étant paru chez Casterman en octobre 2018. C’est le genre d’ouvrage parfait pour un #pumpkinautomnchallenge ou un #coldwinterchallenge ! 

Entre mignonitude et aventure

Bienvenue dans le petit monde calme et rassurant d’Hilda, une jeune fille curieuse et courageuse qui vit avec sa maman dans la forêt. Elles sont au calme, il n’y a aucune ombre au tableau, sauf que… Un soir, elles se font attaquer par des forces invisibles et mystérieuses ! Leurs revendications ? Qu’elle quitte leur maison sur le champ pour ne plus jamais revenir ! Pourquoi cela ? C’est ce que va tenter de découvrir Hilda… 

Un premier tome empli de jolies choses et d’humour

En quelques pages, il est facile de se baigner dans l’univers doux et rassurant d’Hilda. Clairement d’inspiration nordique avec des trolls qui prennent vie une fois le soleil couché ! Des géants mystérieux et doux, et d’autres créatures nées de l’imagination des deux auteurs. Les graphismes sont rassurants mais rien dans cette histoire n’est niais, à aucun moment. 

On pourrait même qualifier la jeune Hilda de baddass, elle n’a pas peur de sauter du toit pour chevaucher d’étranges créatures volantes ou de parler à l’oreille des géants, et même convoquer le roi des elfes ! 

Son histoire est prenante en très peu de pages, et le fait que ce soit une novélisation ne m’a absolument pas gênée. Les dessins ont été réalisés spécialement pour l’ouvrage et ne sont pas issus de capture d’écran hasardeuses comme c’est le cas dans beaucoup d’adaptations. Non, ici, il y a un réel travail éditorial et cela se voit. 

Parmi les très nombreux personnages attachants de cette histoire, ma préférence va à l’étrange petit bonhomme de bois à la tête de noix de coco. Il est mignon, bizarre, adore les livres et se comporte comme un chameau avec Hilda ! Il m’a beaucoup fait rire tant il est déconnecté de la réalité et s’incruste comme un rustre chez les autres. 

J’ai donc énormément aimé ce premier tome de la trilogie Hilda que je vais sûrement continuer car elle sait réserver son petit lot de surprises ! Et surtout, l’univers m’a énormément plu. Cela m’a d’ailleurs un peu fait penser à Adventure Time dans le graphisme, mais avec une cible clairement jeunesse ici.

Cela m’a tellement plu que je vais d’ailleurs poursuivre l’expérience en regardant la série Netflix (j’ai commencé et c’est très chouette, notamment la BO). Il ne me restera ensuite plus qu’à découvrir les BD !

Chronique bd : Cadavre Exquis

Pénélope Bagieu est une autrice bd au talent reconnu depuis de nombreuses années. Elle a même remporté le prestigieux Eisner Award, l’un des prix bd les plus prisés au monde.
Cadavre Exquis n’est pas son œuvre la plus connue, occultée par l’énorme succès de Pénélope ou encore plus récemment Culottées. Pourtant, on y retrouve tous les ingrédients chers à Pénélope Bagieu : l’ode au courage féminin, la liberté et un brin d’excentricité.

J’avais d’éjà chroniqué sa bd La page blanche ici sur le blog.

Une vie un peu (beaucoup) moisie

Quand on fait la connaissance de Zoé, sa vie est un calvaire. Hôtesse d’accueil au Parc des Expositions à Porte de Versailles, elle en a marre de subir les lourdeurs de nombreux visiteurs qui pensent qu’être hôtesse c’est uniquement sourire et se laisser tripoter.
Du côté de sa vie personnelle, Zoé n’est pas beaucoup plus heureuse… Son « âme sœur » est un individu peu attachant, sale et odieux avec elle. Bref, il n’a que de belles qualités…

Depuis quelque temps tout va mal pour Zoé à cause de ces nombreux facteurs que sont son travail déplaisant et sa vie de couple déprimante. Mais un jour, elle va faire une rencontre étrange en osant sonner à la porte d’un inconnu pour lui emprunter ses toilettes. Elle ne le sait pas encore, mais cette rencontre va être décisive pour son avenir, à un point tel que vous n’avez pas idée !

Une histoire qui prend les attentes du lecteur à rebrousse-poil

Dans le premier tiers de cette bd, le déroulé est assez classique, mais la suite va vite vous montrer qu’il n’est point question ici de normalité. Déjà parce que Zoé a une façon étrange de rencontrer l’homme mystérieux qui vit caché derrière ses épais rideaux. Ensuite parce que peu à peu elle va prendre sa vie en main d’une façon des plus inattendues et que c’est un régal !

Comme toujours avec Pénélope Bagieu, j’adore certaines de ses planches simples mais emplies de poésie. Notamment celle-ci, on dirait un moment parfait de bonheur en très peu de traits. C’est incroyable de mettre autant d’émotion en si peu de matière dessinée, et c’est vraiment réussit.

Par ailleurs, j’ai adoré cette histoire qui semble être au premier abord une histoire d’amour et d’accomplissement toute mignonne. Effectivement c’est bien une histoire et d’accomplissement, mais pas toute mignonne. On pourrait plutôt dire que Cadavre Exquis est un beau pied de nez aux à priori, le tout emballé d’une jolie façon. En effet, j’ai trouvé la conclusion de cette histoire absolument parfaite !

Ainsi, si vous aimez Pénélope Bagieu, cette bd devrait vous plaire. Si vous aimez les histoires à la fois tristes et drôles, ça devrait également vous plaire. Et enfin, si vous aimez tout simplement les bonnes histoires sans prétention mais efficaces malgré tout, ça va vous plaire !

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique jeunesse : Zoom sur la collection jeunesse Le Grand Bain chez Seuil Jeunesse

La promesse de la collection ? « Des romans illustrés pour se jeter dans le grand bain de la lecture, avec ou sans bouée !« 

Marie-Aude Brosse – Denis Baronnet & Roxanne Lumeret

Une jeune fille découvre que l’univers de son jeu vidéo préféré : Diego 3D Mundo débarque dans son quotidien. C’est assez difficile à croire au premier abord, mais elle accepte rapidement ce postulat. Ainsi, la vie ordinaire se retrouve assortie de choses étranges, de bonus, et évidemment boss de fin de niveau.
Outre le jeu de mot du titre en référence au célèbre plombier de Nintendo, ce roman est une également une référence à Alice au Pays des merveilles : entre rêve burlesque et réalité étrange.

J’ai trouvé ce roman franchement bizarre et trop déstabilisant à mon goût. Je m’interroge fortement sur le fait que les jeunes lecteurs trouvent leur compte dans cette histoire. Trop délurée, trop illogique et débridée pour moi en tout cas. Je l’ai lu en entier, mais je n’en ait rien retiré et j’ai même eu du mal à me rappeler du contenu… Dès 9 ans.

Mission aventure – Gauthier David & Marie Caudry

Cette fois-ci, les parents de Julie et Théodore en ont plus que marre. Il faut bien se l’avouer, le frère et la sœur de ce roman son particulièrement détestables l’un en vers l’autre. Jamais avares de vacheries et de coups bas en tous genre… Sauf qu’ils n’avaient pas prévu que leurs parents en aient marre au point de les laisser en pleine forêt. Ainsi débute Mission Aventure, sorte de réécriture de Hansel et Gretel contemporaine un peu loufoque.

Encore une fois, j’ai eu un peu de mal avec la narration et le côté très débridé de l’histoire. Je n’ai eu aucun attachement pour ces enfants insupportables, de même que pour leurs folles aventures. Et encore une fois, cette lecture ne m’a laissé que très peu de souvenirs, expliquant mon très court avis à son sujet. Dès 9 ans.

Pétunia – Karen Hottois & Lili Scratchy

Voici l’histoire de Pétunia, une jeune fille… pétulante ! Et pour ajouter à l’originalité de ce petit personnage, il y a également Koto, sono ami imaginaire. Koto est tout petit, il se cache dans un poche ou dans sa trousse quand c’est nécessaire, et surtout, il ajoute une pointe de distraction à sa vie !

Des trois romans de la collection Le Grand Bain que j’ai lu, c’est celui qui m’a le plus paru potentiellement plaisant aux enfants. Entre quotidien, amitié et humour, le tout illustré joliment par Lili Scrtachy, le tout fonctionne bien. Le tout est mignon, tout en rondeurs aussi bien graphiquement que narrativement. Je n’en garde pas un souvenir impérissable mais toutefois plaisant.
Comme les autres titres, il serait parfait à découvrir dès 9 ans.

Le pire Noël n’existe pas – Suzanne Bogeat & Edith Chambon

Thomas est un doux rêveur, mais passé un certain âge, ce qui est était vu comme une qualité devient une caractéristique ostracisante. La preuve, son air naïf et ses souhaits hérissent tout le monde… Alors quand un de ses camarades de classe trouve son carnet avec des dessins du père noël, ça ne rate pas : il obtient des ricanements. Mais Thomas est bien décidé à prouver à tous et à toutes que si l’on souhaite le meilleur, voir l’impossible, il peut survenir ! Et que la magie de noël existe, quel que soit l’âge que l’on a…

Ce texte est pour moi le plus abouti des quatre titres de la collection que j’ai pu lire. Il est clair, avec un déroulé logique, tout trouve un sens à la fin de l’ouvrage (et cela de façon poétique). Là où j’ai trouvé les autres ouvrages décousus et parfois même complètement délirants (dans le mauvais sens du terme), Le pire noël n’existe pas fonctionne parfaitement.
Du début à la fin, on suit avec un petit sourire les aventures de Thomas pour reboucher le trou de la cour de récré et prouver à tous que voir le verre à moitié plein peut changer la donne.

Mignon et agréable à lire. Il sera parfait à découvrir pour les enfants entre 9 et 11 ans.

Ainsi donc, j’ai pu lire quatre titres dans la collection Le grand bain. Et pour être honnête, en dehors d’une excellente lecture, le reste m’a laissée fort dubitative. Ce n’est pas une collection que je suivrais à l’avenir. On peux toutefois saluer l’originalité du format proposé : des ouvrages de petite taille avec jaquette au papier de qualité. C’est rare de voir un aussi beau travail de fabrication pour des romans jeunesse dits « middle-grade« .
En ce qui concerne le contenu, il ne m’a pas convaincue, mais le mieux est encore que chacun.e se fasse son propre avis !

Chronique bd : 109 rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile

Parue initialement en 2019, la série de bd 109 rue des soupirs est une série de bd pour la jeunesse scénarisée par Mr Tan (rien d’autre que le créateur et illustrateur de Mortelle Adèle) et dessinée par Yomgui Dumont (La brigade des cauchemars, qui a remporté le Prix des lycéens d’Angoulême).

109 rue des soupirs est une bd qui a eu son petit succès, l’éditeur Casterman y croit beaucoup, et a décidé de refaire toutes les couvertures de la série. Ainsi, j’ai pu découvrir l’ancienne édition ! Les nouvelles versions seront en couleur à l’intérieur (et non plus en bichromie) et les couvertures beaucoup plus distinguables. Dans l’ancienne version elles étaient toutes les mêmes, et seule les couleurs changeaient. Dans la nouvelle version elles sont toutes différentes et beaucoup plus colorées.

Une nouvelle maison pour une nouvelle vie

Le jeune Elliott déménage au 109 rue des soupirs avec ses parents, et très vite c’est le désenchantement. Il pensait que ce nouveau lieu de vie allait changer les mauvaises habitudes prises par ses parents, mais il n’en est rien. Au lieu d’être présents pour leur fils dans cette nouvelle étape de leur vie, ils le quittent précipitamment car débordés de travail.
C’est ainsi qu’Elliott se retrouve seul avec des monceaux de cartons de déménagements à ouvrir… Et des fantômes pas très ravis d’être dérangés dans leur immortelle tranquillité…

Parfait pour les fans d’histoires surnaturelles pas trop flippantes

Dans le genre bd facile à lire et dans un format un peu plus grand qu’un BD Kids, 109 rue des soupirs est sympathique. L’histoire de cet enfant totalement délaissé par ses parents et cajôlé par des fantômes est assez originale. J’ai passé un agréable moment à cette lecture, même si ce n’est pas un coup de coeur.

Ainsi, c’est la lecture idéale pour les enfants entre 8 et 11 ans qui aiment le fantastique et l’humour dans une ambiance à la Ghostbusters ! Ce gigantesque manoir à l’allure gothique est un théâtre parfait pour quantité d’aventures surnaturelles…

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique bd : Guacamole Vaudou

Vous connaissez Fabcaro, cet auteur de BD à l’humour tellement noir qu’il faut une lampe torche ? Il a écrit Zaï Zaï Zaï Zaï, Et si l’amour c’était aimer ?, Moon River, et quantité d’autres. Avec Guacamole Vaudou, l’auteur-illustrateur se lance dans le mythique et démodé style du roman-photo avec un associé de génie : Eric Judor. Attention, combo fatal. 

Histoire d’un looser-né 

Stéphane n’a RIEN pour lui. Ni aisance, ni humour (enfin si, mais il tombe toujours à plat), ni charme. C’est le néant absolu. C’est bien simple, s’il n’était pas dans l’entreprise, cela ne ferait aucune différence dans son fonctionnement. Mais cette fois-ci, Stéphane en a  marre, c’est l’humiliation de trop, il décide de suivre un stage un peu spécial de découverte vaudou. Ce stage va changer le « destin » de Stéphane jusque dans ses fondements grâce à un simple mot magique de son choix. Guacamole. 

A partir de cet instant Stéphane va briller. Un moment. 

Guacamole.

Complètement barré et encore plus fou que les précédents ouvrages de Fabcaro que j’ai lu. Je n’ai certes pas énormément de recul, n’en ayant lu que trois, mais ce livre est une réussite. C’est totalement décalé, fou, osé et génial. Les extraits parlent d’eux même (cf images de l’article). 

Avoir choisi de faire du roman-photo, la chose la plus démodée du monde est aussi un coup de génie. Ca fonctionne à merveille, et en plus on y découvre quantité de « guests » prestigieux que j’apprécie beaucoup. Il y a outre Eric Judor, Alison Wheeler, Hervé Le Tellier avec une magnifique perruque (c’est l’auteur de l’Anomalie, Goncourt de 2020), et Fabcaro lui-même ! 

Pour ce qui est de l’histoire, elle est diablement efficace. Guacamole. C’est à réserver aux fans d’humour noir et d’intrigues complètement décalées, et ça fonctionne ! Il y a tellement de dialogues mythiques que c’est impossible de tous les citer, mais les lire (et les relire) est un pur régal. 

Guacamole Vaudou, c’est un peu une éloge de la loose, comme si c’était un destin, un art de vivre, dans lequel Stéphane excelle avec un talent inégalable. Malheureusement pour lui. A lire et offrir à tous les gens de votre entourage qui ont un humour monstre (ou la loose). Guacamole.

Chronique ado : Une pour toutes

A la découverte de Julie Maupin, une femme au courage sans bornes et à la volonté de fer !

Jean-Laurent Del Socorro est un auteur français à la plume incroyable. En quelques lignes, vous découvrirez un véritable style, une poésie latente… Et c’est le cas dans toute son œuvre. Il a déjà été chroniqué sur le blog avec l’ouvrage Boudicca qui reprenait l’histoire de la vie de la reine du peuple Icène. Boudicca avait réussi à bouter César et sa soif de conquête, rien que cela.
Car oui, Jean-Laurent Del Socorro aime les destins et les histoires hors du commun. Et il aime l’imaginaire également. Ce qui donne très souvent de magnifiques biographies historiques très documentées, écrites avec panache et un soupçon de fantastique…

C’est le cas ici avec Une pour toutes, qui nous fait découvrir le personnage incroyable et magnifique de Julie Maupin. Une femme qui a été grâciée deux fois par le roi, qui manie la rapière avec excellence et qui a assumé sa bisexualité sans que la question même soit soulevée. Elle aimait la vie, et elle en a profité comme peu l’ont fait, surtout à cette époque !

Une rencontre avec le Diable…

Tout commence quand Julie Maupin fait la rencontre fortuite du Diable. Se dernier est séduit immédiatement par l’allure et la verve incroyable de la jeune fille. Elle sait très bien ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas, et non, le diable ne la tente pas plus que cela. Elle préfère jouter à l’épée avec lui que de partager sa couche…
Et voilà le début d’une amitié aussi improbable que magnifique. C’est la seule partie fantastique de l’ouvrage et Julie Maupin n’a absolument pas besoin du diable pour céder à ses envies, elle le fait très bien toute seule !

Mais le génie de cette narration réside dans l’idée d’insérer un personnage fantastique dans une histoire totalement vraie. Alors si vous avez envie de découvrir l’histoire de cette femme incroyable qui même mariée a réussit à s’émanciper d’une égide patriarcale, ce livre est pour vous !

Une plume qui se dévore avec une aisance confondante

Pour moi, ce roman n’a que des qualités, peut-être que je manque d’objectivité, mais c’est mon ressenti suite à cette lecture. Une pour toutes est à la fois atypique et très classique. Atypique pour la partie fantastique insérée dans l’Histoire, la vraie. Très classique, car c’est une biographie romancée qui se déroule avec naturel. Il faut dire que la vie de Julie Maupin est parfaite pour faire un roman incroyable ! Elle n’est que suite de péripéties, aventures, coups de tête et de foudre…

Jean-Laurent Del Soccorro a le don de toujours trouver un personnage de l’histoire qui va nous intéresser. Souvent oublié par les manuels ou la culture populaire, il trouve toujours une porte par laquelle entrer afin de nous faire partager une époque, un personnage, un événement. Tout cela au travers du prisme (léger) du fantastique. Une pour toutes est ainsi un mélange de tout cela, et c’est diablement réussi.

Vous le verrez à la lecture, l’auteur a pris le parti de faire une partie de ses dialogues en vers, et ça rend extrêmement bien :

Libre à vous, joli cœur, de rêver de ma bouche
Moi je joue, je me bat et remporte la touche.

Je ne peux pas vous en dire plus sur la vie de cette femme incroyable qui a su très tôt ce qu’elle voulait et surtout ce qu’elle ne voulait pas pour elle. Je ne peux que vous enjoindre à découvrir son histoire, ses réussites, ses échecs et ses coups de folie. Julie Maupin a eu une vie extraordinaire, et Jean-Laurent Del Socorro signe ici un magnifique hommage à cette femme oubliée de l’Histoire…

Comme il l’avait fait auparavant avec Boudicca. C’est une réussite à découvrir dès l’âge de 14 ans environ, mais cet ouvrage peut tout à fait être lu par des adultes ! Personnellement je verrais bien une double publication en adulte et en ado à sa sortie en poche…