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Chronique Jeunesse : La malédiction de la famille Numéro 4

Un roman de sf jeunesse intelligent, génial et hyper efficace, une parfaite porte d’entrée dans l’imaginaire sur une planète-colonie qui a du mal à s’adapter à la faune locale…

Premier roman d’Emilie Le Garben, La malédiction de la famille numéro 4 a toutes les qualités d’un excellent roman de science-fiction pour initier la jeunesse au genre. Ce beau roman ambitieux et malin est illustré par Sophie Leullier.

L’ouvrage a paru chez Poulpe Fiction, la maison d’édition qui depuis quelques années se développe à une vitesse fulgurante avec des choix éditoriaux intéressants qui savent parfois sortir des sentiers battus.

Nous sommes en 2494, bienvenue sur Euphoria 2 !

Petite planète nichée aux confins de la galaxie, Euphoria 2 abrite depuis plusieurs décennies la vie humaine. En effet, l’homme a décidé de s’installer ici pour des raisons stratégique d’approvisionnement. Masi d’ici à ce que la planète soit habitable de façon décente pour les hommes, la vie y est très difficile.
Mais pour certains, comme la jeune Clara, la vie est encore plus dure. A cause d’un accident de vaisseau causé par son grand-père, sa famille doit rembourser tous les mois les immenses dettes du drame. En effet, un vaisseau spatial coûte extrêmement cher, et ce sont plusieurs générations de la famille numéro 4 qui doivent ainsi se priver pour rembourser peu à peu les dégâts. Et peu importe que le grand-père de Clara ait lui-même péri dans l’incident…

Mais Clara en a assez de payer injustement les dettes d’un accident qui les fait passer pour des parias dans toute la colonie. Assez des brimades, assez qu’on l’évite car elle porte soi-disant malheur… Elle ne le sait pas encore, mais elle va rebattre les cartes de façon assez significative pour elle, et toute sa famille.

Une intrigue qui ne se contente pas d’efficace mais qui développe tout un univers

Le grand atout de ce roman, c’est avant tout son histoire, certes, mais surtout la façon dont elle est construite. On se doute qu’il y a des secrets, des surprises narratives et autres plaisirs de lecture. Mais, c’est fait de telle façon qu’on est pris dedans en quelques chapitres, tout fonctionne à merveille.

Mais le grand plus ici, c’est qu’on rétabli ce que peut être la science-fiction : ici, point de batailles de vaisseaux spatiaux épiques mais une terraformation qui prend des décennies. Rien que cela, c’est malin. On change totalement la vision que peuvent avoir les enfants de la science-fiction (et aussi les adultes). Car non, la sf ne se résume pas à des scènes grandioses et fortes en émotions, et ce roman est la preuve qu’on peut faire de la très bonne sf auprès d’un jeune lectorat (entre 10 et 13 ans ici).

Pour ce qui est de la partie personnages, tout fonctionne également à merveille. Ils ont tous leur importance, même les plus détestables, et surtout ont l’air plus vrais que nature. Ils sont tout à fait crédibles dans leur façon d’être et d’agir, c’est pour cela que toute cette histoire sur Euphoria-2 fonctionne si bien.

Ainsi, sur tous les aspects du roman, on peut attester que c’est une réussite. J’ai adoré voyager avec Clara, la suivre dans sa dangereuse quête de justice et découvrir la dangereuse faune locale. Seul petit bémol car je l’ai vécu plusieurs fois en tant que libraire, le titra fait penser aux clients que le roman est le tome quatre d’une série, alors qu’il s’agit d’un one-shot. Pour l’instant en tout cas… alors à quand la suite ?

Chronique Jeunesse : L’ignoble libraire

Un véritable hommage aux Livres Dont Vous Êtes le Héros et à l’aventure ! Un pur régal de lecture entre distraction et divertissement.

L’ignoble libraire est le nouveau roman d’Anne-Gaëlle Balpe et Ronan Badel, ils avaient déjà sévit avec deux autres romans, se déroulant eux aussi dans l’univers du livre : L’écrivain abominable et L’épouvantable bibliothécaire.
L’ignoble Libraire est paru en début d’année 2023 donc, et il fait la part belle aux livres dont vous êtes le héros. Si vous aviez une dizaine d’années ou un peu plus dans les années 80/90 et que vous avez des enfants, vous allez adorer partager cette lecture !

L’aventure comme maître mot

Sohan est un jeune garçon tout ce qu’il y a de plus normal. Il a cependant une particularité : il adore les Livres dont vous êtes le héros. Non, c’est même plus que cela, il les adule et dès qu’une nouvelle aventure de La Quête d’Aliantys sort en librairie, il se précipite et ne pense plus qu’à ça ! Et justement, l’ultime va sortir, et il compte bien l’acheter dès l’ouverture de la librairie… sauf que, sa libraire n’est plus là. C’est un étrange remplaçant peu commode et franchement flippant qu’il va trouver à la place. L’étrange libraire lui vend le fameux livre tant convoité… mais il va se passer des choses étranges, notamment avec le marque-page qui glisse du nouvel ouvrage…

Sohan l’ignore encore, mais c’est le début des ennuis pour lui. Et surtout, sa perception du monde va être changée à jamais !

Génial, distrayant et efficace !

En grande fan des Livres dont vous êtes le héros, j’ai été heureuse de voir l’hommage qui en est fait tout au long du livre. Mais il y a un second hommage à voir dans ce roman, celui fait aux libraires (merci Anne-Gaëlle Balpe !). Il y a même une explication de ce qu’est le métier et on parle même prix unique du livre lors d’un aparté (très bonne initiative, la Loi Lang étant encore et toujours aussi méconnue malgré ses décennies d’existence).

Ainsi, L’ignoble libraire poursuit la série de la chaîne du livre un peu tordue qui est la leur : en effet, on a eu affaire à L’écrivain abominable (mon préféré de tous) puis à L’épouvantable bibliothécaire (qui m’avais beaucoup déçue) et maintenant le libraire ! Peut-être y aura-t-il un autre opus avec un Atroce Editeur ? Ou un Monstrueux Traducteur ? ou un Terrible Représentant ? Là, la chaîne du livre serait vraiment complète !
Quoi qu’il en soit, les ouvrages se lisent totalement indépendamment donc pas besoin de les lire tous ou dans l’ordre. Il y a bien une légère et subtile référence à L’épouvantable bibliothécaire en fin d’ouvrage, mais cette lecture est tout à fait dispensable.

Ici, il est question de magie, de mondes cachés dans des livres et de vie éternelle. Et Sohan va se retrouver embarqué bien malgré lui dans des aventures qui le dépassent totalement. Heureusement, il est bien entouré, même si rien n’a été planifié et encore moins réfléchi. Et là il va, les jets de dés, bons ou mauvais ne lui seront d’aucune aide…

Avec cette lecture, j’ai retrouvé l’âme de ce qui fait un Pépix : l’amusement, la créativité, l’intrigue originale qui fait que ça fonctionne, et l’irrévérence ! Je dois avouer que depuis quelque temps, j’avais un peu perdu cela dans les derniers ouvrages de la collection, j’ai donc eu un plaisir encore plus grand à lire L’ignoble libraire. C’était un peu comme retrouver un doudou perdu, une sorte de réconfort. On sait pourquoi on est là, et on sait que l’on va se régaler.

Ainsi pour moi, L’ignoble Libraire est un très bon roman Pépix. On y retrouve tous les ingrédients qui font que c’est à la fois rempli d’aventure et d’humour, et plus encore ! Les illustrations de Ronan Badel font comme toujours leur office et complètent à merveille le roman. C’est donc un petit coup de cœur que vous avez là ! Foncez pour découvrir les aventures de Sohan et de sa petite sœur, c’est un régal ! Dès 9 ans.

Chronique jeunesse : Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte

Un roman jeunesse touchant et malin qui décortique avec malice les mécanismes de l’écriture…

Annet Huizing est une autrice néerlandaise, Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte fut un succès dans son pays d’origine. L’ouvrage est paru chez Syros en 2016.

Avoir une célèbre romancière pour voisine… et amie

Nous voici dans le quotidien d’une jeune fille prénomée Katinka. Elle vient d’avoir 13 ans, et depuis quelque temps, une idée la taraude… elle aimerait écrire un roman. Mais elle ne sait pas comment s’y prendre n’y même si elle a quelque chose d’assez intéressant à raconter. C’est ainsi que grâce à son amitié avec Lidwine, une célèbre autrice qui vit près de chez elle, la jeune fille va découvrir les ficelles du métier. Car oui, pour être écrivain, il faut certes du talent, mais également beaucoup de travail…

Une ode au partage et à l’entraide

Ce roman est un super moment de lecture à découvrir, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la narratrice, Katinka, va découvrir comme nous lecteur, les ficelles de ce qui fait un roman. Par exemple, avez-vous déjà entendu parler de la phrase « Show, don’t tell » ? Elle résume à elle seule une caractéristique très importante dans un roman : ne pas dire qu’un personnage est triste ou déprimé, mais le montrer par un air abattu ou une voix éteinte par exemple. Laisser une liberté d’interprétation et de ressenti au lecteur sera beaucoup plus fort que si on lui écrit directement : ce personnage est triste.

C’est ainsi que par quantité de petites et grandes astuces, Katinka va se découvrir l’âme d’une écrivaine. Et au final, on va se rendre compte qu’elle a énormément de choses à raconter et à dire… Car au premier abord, malgré la perte de sa maman très jeune, on pourrait croire qu’elle est un personnage assez lisse. Mais elle nous surprend peu à peu par ses réflexions et sa profondeur. Comment accepter une autre femme dans le foyer même si on l’aime ? Pourquoi est-ce si difficile de dire ce que l’on ressent ? Comment ne pas blesser les autres tout en restant honnête avec soi-même ?

Je trouve que ce roman est parfait pour celles et ceux qui ont entre 12 et 15 ans et qui aimeraient écrire. Ce roman regorge de très nombreuses astuces d’écrivain, tout cela mis au service d’une histoire belle, simple et touchante. On comprend aisément pourquoi ce roman a séduit les lecteurs.ices hollandais, il contient tous les ingrédients d’une bonne histoire !

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Chronique Jeunesse : Le temps des mitaines – Tome 1 – La chambre morne

Un mélange extraordinairement savoureux de sciences et d’humour dans une ambiance à la Breakfast Club !

Peut-être connaissez-vous déjà la série de bd du même nom Le temps des mitaines ? Si c’est le cas, c’est chouette, mais si vous ne connaissez pas, aucun soucis. Je découvre moi-même Le temps des mitaines avec ce roman, qui se déroule une vingtaine d’années avant les bd originale. Les auteurs sont les mêmes que pour les bande-dessinées, la vraie différence réside dans le fait qu’ici le texte prime et qu’il y a assez peu d’illustrations.

Un huis-clos imposé et inattendu

Ils sont cinq, n’ont rien en commun si ce n’est d’avoir une heure de colle ensemble… ils vont donc devoir cohabiter et se tolérer pendant un temps très court… Sauf qu’il se passe une chose étrange. Ils deviennent prisonniers de la bibliothèque où ils passent leur punition… Impossible pour eux d’en sortir, comme s’ils étaient dans une bulle infranchissable !
C’est ainsi que la cohabitation va se transformer en quelque chose d’autre… mais avant cela, ils vont devoir apprendre à se connaître et à dépasser les à prioris qu’ils ont les uns sur les autres…

Une ode fine à la tolérance et au respect des autres

Comment est-il possible de présenter un roman jeunesse avec un telle phrase d’accroche ? (cf intitulé d’article). Après y avoir réfléchis, c’est pourtant celle-ci qui prime pour moi car le mélange est assez original pour être souligné. Oui, c’est une grosse référence à Breakfast Club, et oui on parle de physique quantique, où est le problème ?

Ce roman jeunesse est magnifique par bien des aspects et fait d’ores et déjà partie de mes romans préférés lus en 2023 pour la tranche d’âge de 9/11 ans. On y traite à la fois de la différence, du mal-être, de problèmes familliaux, de traumas mais également de bonté et d’empathie. Mais plus encore que les thèmes abordés, c’est la façon douce et positive dont ils sont présentés qui fait mouche.

Ainsi, on a Caïus, le chat brutal et antipathique qui cache des blessures aussi bien physiques que psychologiques. La petite oursonne mignonne qui ne pense jamais à mal prénommée Céleste Anternoz (que l’on retrouve apparement 20 ans plus tard dans les bd en tant que maman du héros Arthur (il y a même une petite image en fin d’ouvrage).

Il y a également Nocte (ma préférée !), une chauve-souris qui se tient à l’écart de tous de part sa religion et ses croyances inculquées depuis toujours. Elle fait partie de la communauté Shami, qui prône l’isolement et une vie à l’écart du monde. Vous noterez que Shami est la parfaite anagramme d’Amish au passage, avec qui elle partage certaines valeurs.

On peux aussi parler du très intelligent et docte Angus Goupil, bien que très supérieur en intellect, il ne se croit jamais supérieur à celleux qu’il côtoie. Et enfin, il y a le timide mais courageux souriceau Prosper, à la vie tumultueuse, lui qui fut baladé de famille d’accueil en famille d’accueil et dont la vie n’est pas rose…

Tous les cinq sont spéciaux et attachant à leur manière. Chacun a sa propre personnalité bien campée et la synergie inattendue qui va se développer entre eux est presque… magique ! Ce roman est un pur mélange entre sciences, surnaturel, huis-clos à suspense et humour et ça fonctionne à merveille.

« […] Apprêtez-vous spécifiquement à savourer votre pénitence en cette heure où vous dégustez habituellement votre petit-déjeuner chez vos parents et…
A ce moment précis, Prosper le souriceau leva le doigt pour intervenir sans même attendre la permission :
( M’sieur, m’sieur, je pense que qu’il y a erreur parce que moi, j’en ai plus…

– T’as plus de petit-déj ? persiffla Caïus […]

– Bé non, je veux dire que j’ai plus de parents puisqu’ils sont morts après avoir consommé dix-sept kilos de champignons venimeux pendant un pique-nique, en pensant déguster des pleurotes !


Sortant de son habituelle réserve, voire autant le dire de sa perpétuelle indifférence, Goupil ajouta son grain de sel avant que le directeur n’ait pu reprendre la main :

– Vénéneux, pas « venimeux » !

– De quoi parles-tu ? s’étonna Céleste.

-Sachez, incultes, que les eucaryotes pluricellulaires et unicellulaires ne sécrètent pas de venin par des glandes dérivées du système digestif. Leur toxicité est donc passive et non inoculée de façon active comme chez les scorpions ou les serpents ! Ainsi on peut dire qu’ils sont vénéneux, pas… […]. »

Je m’arrête ici pour l’extrait, qui est déjà long, mais cela vous donne un excellent aperçu du mélange d’humour, de drame et d’érudition mélangés.
J’ai par ailleurs oublié de préciser que l’ensemble du roman fait usage d’un langage assez soutenu, chose aussi rare qu’appréciable, surtout en littérature de jeunesse. Ainsi, il y aura certainement des mots qui poserons question aux jeunes lecteurs, et c’est tout de même bien mieux que quand cela tombe tout cuit dans le bec, n’est-ce pas ?

Ainsi, ce premier tome (il y a deux tomes disponibles chez Little Urban) est un régal de lecture. Un parfait texte bien maîtrisé et qui rend heureux et mélancolique tout à la fois. Un roman parfait en somme !

Chronique bd : La revanche des bibliothécaires

Erudit, drôle et génial, du pur Tom Gauld !

Le nom de Tom Gauld ne vous dit peut-être rien, mais il y a toutefois de grandes chances pour que ses illustrations vous parlent. On les retrouve souvent partagées sur les réseaux sociaux, et tous les bibliophiles dotés d’humour ont déjà croisé ses sketches sur le monde du livre.

La revanche des bibliothécaires est paru aux éditions 2024 en… 2022.

Il a écrit de nombreuses bd regroupant ses sketches et a même sorti un album pour la jeunesse : Le robot de bois et la princesse bûche (L’école des Loisirs).

La quintessence de l’humour pince-sans-rire

Le génie simple et pourtant redoutable de Tom Gault réside dans un graphisme incroyablement minimaliste (mais détaillé) et un humour redoutable (toujours). Ainsi, même si l’on ne voit jamais les expressions de ses personnages, on ressent leur désarroi ou tout autre émotion. Plus que les dessins (que j’adore) c’est réellement l’humour de l’auteur/illustrateur qui mérite le détour.

Si vous aimez le monde du livre, les petites vacheries éditoriales et les scènes courante de la vie d’un auteur, c’est ici que vous trouverez cela ! L’humour décalé et l’œil réaliste en plus… sans oublier une petite partie un peu plus incisive… Il est notamment très fort sur le détournement d’œuvres classiques ou pour décortiquer les mécanismes de la création littéraire de façon succincte et drôle.

Ma chronique ne sera guère longue, car pour savourez Tom Gault, point besoin d’une chronique dithyrambique ou longue. Il faut le lire ! Je vous propose donc une petite sélection de mes sketches préférés issus de La revanche des bibliothécaires. Régalez-vous.

Et si vous avez aimé, sachez que l’auteur a sorti d’autres ouvrages dotés du même humour, tous aux éditions 2024 : Le département des théories fumeuses, En cuisine avec Kafka, Vous êtes tous jaloux du mon jetpack… et bien d’autres !

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Mini-chroniques jeunesse #6 : Des enfants très normaux bien qu’uniques et un chat vraiment très particulier

Voici quatre romans jeunesse que j’ai pu découvrir il y a quelque temps, ils ne sont pas tous bons ni même originaux, mais certains feront passer un bon moments aux enfants ! Pour les autres, passez votre chemin…

Kid Normal – Tome 1 – Greg James & Chris Smith – Poulpe Fiction

Kid Normal est l’histoire d’un jeune homme extraordinaire par sa… normalité. Pourquoi un tel surnom ? Tout simplement parce que Murph, le fameux garçon dont il est question dans cette histoire a intégré une école bien spéciale. Sur un terrible malentendu, sa mère a réussit à l’inscrire dans une école qui forme les futurs supers-héros. Sauf que Murph n’a aucune cape (nom des super-pouvoirs) et ne va pas faire illusion bien longtemps… En parallèle à son histoire, nous allons faire la connaissance d’un homme malfaisant qui va faire une grande et terrible avancée scientifique…

Ce premier tome de Kid Normal est bien sympathique, j’ai tout particulièrement apprécié la première partie du roman. Ensuite, c’est beaucoup plus prévisible mais ça reste agréable à lire. Mais l’idée de base du roman est très plaisante et c’est fort dommage d’ailleurs que les éditions Poulpe Fiction n’aient pas publié la suite de la série en France… Cela n’a pas du fonctionner assez pour la sortir, à tel point d’ailleurs que ce premier tome lui-même est épuisé. Vous ne le trouverez que d’occasion. C’est fort dommage, pour une fois qu’il y a une série jeunesse qui sort un peu du lot à mes yeux… La surproduction est telle qu’il y a beaucoup d’histoires qui se ressemblent, celle-ci avait le mérite de détonner légèrement.
Si vous avez l’occasion de tomber dessus, c’est adapté dès l’âge de 9/10 ans environ.

Le power contrôler – David Baddiel – Seuil Jeunesse

Et si une manette de jeux-vidéo permettait de contrôler totalement quelqu’un de le rendre super doué en combat ou en foot ? C’est le cas du mystérieux Power contrôleur, que Fred et Ellie vont recevoir chez eux. Ils découvrent rapidement tous les pouvoirs qu’elle peut leur octroyer et décident de changer ce qui leur déplaît chez eux… Mais jusqu’à quel point ? Et est-ce encore eux une fois qu’ils sont « upgradés » par le power contrôleur ?

J’aurais pu classer cet ouvrage dans le mini-article dédié aux enfants impertinents, mais je me suis finalement ravisée. En effet, ils sont d’une familiarité terrible avec leurs parents, j’ai trouvé ça assez dérangeant. Ils leurs parlent mal, et surtout, ne les appellent que par leurs prénom. Jamais de « papa » ou de « maman », et je trouve ça franchement bizarre et déplaisant. Je n’ai toutefois pas mis ce roman dans la thématique enfants impertinents car ils n’ont qu’assez peu d’interactions avec leurs parents. Le roman est surtout concentré sur leur scolarité, leurs amis, leurs ennemis et les problématiques que l’on rencontre à cet âge. Ce n’est donc qu’un petit aspect de l’ouvrage qui les rend impertinents.

L’aventure que vivent Ellie et Fred est sympathique et à le mérite de montrer une jeune fille qui aime les jeux-vidéos et qui y excelle, et ça fait plaisir. C’est Ellie qui est au commande car elle est bien meilleure que son frère dans la maîtrise de la manette ! L’idée de la manette pour contrôler les gens (avec leur accord) est sympathique, mais l’auteur n’a pas su la transformer en quelque chose de captivant. Ainsi, l’histoire est des plus classiques et un brin trop manichéenne… C’est dommage, car ça partait plutôt bien ! Encore un livre qui densifie l’offre sans rien lui apporter réellement. Dès 10 ans.

Le creux des maths – Christine Avel – L’école des Loisirs, collection Neuf

Paru en 2012, Le creux des maths est un court roman très attendrissant et original. On y suit le jeune Abel, qui contrairement à tous les membres de sa famille n’aime pas les mathématiques. Pire, il n’y comprend rien. Sa mère vient d’avoir la médaille Fields (sorte de Prix Nobel de mathématiques décerné tous les quatre ans – pour information, il n’existe pas de Prix Nobel dans les sciences mathématiques), ses frères sont des génies des maths alors qu’ils sont plus petits que lui…
D’ailleurs, en parlant de ses frères, c’est grâce (ou à cause, tout dépend) à eux qu’Abel va avoir le droit de voyager une semaine entière en Finlande. Il va avoir l’opportunité d’échanger avec l’un des plus grand mathématiciens au monde. Bonne chance à lui pour donner le change… Il fait semblant d’être abonné au magazine Tangente, fait croire au scientifique qu’il est extrêmement au fait des mathématiques, mais il devient difficile de donner le change.

J’ai beaucoup aimé ce très court roman destiné aux 9/10 ans. Il est à la fois amusant et assez original. On y découvre la Finlande et ses nombreux attraits au travers des yeux d’un enfant. Et surtout… cette histoire est assez surprenante, on ne sait quel tournant l’autrice va faire prendre à son roman, et c’est très bien trouvé !
Mais d’où vient donc cet étrange et joli titre ? Là où toute la famille d’Abel a la bosse des maths, le jeune homme a tellement peu de capacités dans cette matière qu’ils disent qu’il a un creux des maths. Bien trouvé, n’est-ce pas ?

Je vous conseille donc vivement ce roman, parfait pour découvrir une histoire d’amitié improbable et qui fait comprendre qu’il est nécessaire de trouver sa propre voie. Et pas celle que les autres voudraient que vous empruntiez… !

Wondercat – Tome 1 – Un chat bleu très très spécial – Audren – Albin Michel

Voici l’histoire d’un chat bleu qui a élu domicile dans une famille qui ne se lasse pas de ses nombreuses particularités… Outre son étrange couleur qui semble ne pas vouloir partir malgré de nombreux bains, il semblerait que ce chat aie des pouvoirs. C’est ainsi que le nom de Wondercat lui est donné ! Mais quels sont ses pouvoirs ? Si je vous dis qu’il peux envoyer des sms par la pensée vous y croyez ?

Wondercat est le premier tome d’une petite série jeunesse parue il y a de nombreuses années chez Albin Michel Jeunesse. Je dois avouer ne pas avoir été particulièrement touchée ni intéressée par les aventures de ce « super chat ». L’écriture ne m’a pas emballée, et surtout, ce chat est assez agaçant et loin d’être attachant pour moi. Malgré son côté petit dictateur, la famille qui s’en occupe l’adore et va vivre un folle aventure pour le garder !
Personnellement, ça n’a pas pris du tout, que ce soit au niveau de l’histoire ou du style, les aventures de Wondercat n’ont tout simplement pas su me plaire… Dès 8 ans.

Chronique jeunesse : Ma vie moisie, Dieu et moi, Shirley Banana

Complètement déluré et osé, voici le nouveau roman Pépix d’Emilie Chazerand ! Si tous les orphelinats religieux étaient comme le sien, jamais un enfant ne serait adopté !

Emilie Chazerand est une autrice pour la jeunesse qui a déjà montré tout son talent à travers plusieurs romans : Falalalalalalaaa (Exprim’, Sarbacane) ou encore La fourmi rouge (Exprim’ aussi) ou encore La petite sirène à l’huile ou Le génie de la lampe de poche (Pépix, Sarbacane). Elle écrit aussi bien pour les adolescents que pour les enfants dès 9/10 ans. Son nouvel ouvrage s’adresse d’ailleurs à un jeune lectorat bien qu’on y parle grossesse de femme de foi, extraterrestres lézard et de Dieu qui veux bien s’offrir un jour de congé ! Oui, c’est barré, c’est pour cela qu’on l’aime…

Shirley Banana, orpheline mais relativement heureuse

Oui, son nom est étrange, mais il a un rapport avec un célèbre couple d’humoristes qui jouaient Au plus grand cabaret du monde… Oui, elle est orpheline, mais elle le vit relativement bien car elle est bien entourée, et chacun.e de ses ami.es est pathétique d’une manière attachante et chouette. Que pourrait donc bien vouloir de plus Shirley Banana, orpheline relativement heureuse qui n’a pas franchement envie d’être adoptée ? Et bien justement, elle aimerais bien éviter une punition (justifiée) par exemple. Alors, rien de tel que d’émettre des doutes sur l’existence de Dieu pour… que l’impossible arrive !

Encore plus fou que d’habitude

Je ne pensais pas pouvoir dire ça après avoir lu plusieurs romans d’Émilie Chazerand, mais elle a fait extrêmement fort avec ce texte-ci ! Tout est à la fois génial, osé et burlesque. C’es totalement inclassable, complètement barré et je ne sais même pas si en tant que libraire j’oserais le conseiller. Je pense plutôt mettre un coup de cœur dessus en le laissant se vendre. Mais à l’oral, je pense que c’est assez casse-figure à proposer à des grands-parents qui cherchent des romans de la Comtesse de Ségur…

« Alors, c’est l’histoire d’une gamine orpheline qui fait partie du clan des Malbouffe parce que chacun à un nom associé à une nourriture assez mauvaise pour la santé. Un jour, l’orphelinat religieux qui les élève va devoir fermer ses portes, alors la mère supérieur organise une sorte de grande braderie pour faire vite adopter tous les enfants… Mais ça ne se passe pas comme prévu car Shirley n’a vraiment aucune envie d’être adoptée et tient trop à ses amis pour les quitter. »

Il faut avouer que ça part plutôt mal pour un conseil. Mais je fais le pari que ce roman plaira aux enfants si on le laisse traîner sous leurs yeux et que le petit mot du libraire est assez enthousiaste et explicite.

Alors, ai-je aimé les aventures folles de cette fameuse Shirley Banana ? Oui. Est-ce que je me suis gaussée ? Oui. Est-ce que je le recommande ? OUI ! Mais oubliez tout ce que vous connaissez des traditionnels romans jeunesse. Ici, on a du drôle, du bizarre, de l’irrévérencieux à foison (signature Pépix oblige). C’est un inclassable qui se joue beaucoup de la culture populaire, des jeux de mots et qui offre de nombreuses double-lectures.

En clair, c’est le genre de roman parfait à lire à haute voix car les adultes s’amuseront de découvrir des références leur étant destinées, les enfants quant à eux se régalerons de l’univers complètement fou de l’autrice. En comme, tout le monde a de grandes chances de s’amuser en lisant ce roman, et c’est bien ce qu’on lui demande ! Dès 9/10 ans.

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Chronique YA : No sex club

Un roman totalement d’actualité et nécessaire qui parle sans complexes de sexualité, d’aromance et d’asexualité ! Le roman que tout adolescent.e d’aujourd’hui a besoin de lire pour mieux se comprendre et accepter les autres.

Betty Piccioli est une autrice française, elle écrit aussi bien pour les ados que les adultes. No Sex Club n’est pas son premier roman, loin de là. Avant cela, elle a écrit notamment : Robustia (Scrinéo), Chromatopia (Scrinéo), Urbex mortel (Rageot), ou encore Les demoiselles d’honneur préfèrent les kilts (auto-édité). En regardant ses romans, on peut voir qu’elle s’adonne à beaucoup de genres différents : romance, roman pour adultes, fantasy, roman ado réaliste, thriller…

No Sex Club est un roman paru chez Slalom paru en juin 2023.

Un club pour réunir celleux qui n’ont pas encore sauté le pas

Quand on est au lycée, le sujet du sexe est récurrent pour ne pas dire omniprésent. Tout ce que l’on dit, fait, pense, est scruté, décortiqué jusqu »à la lie. Mais au final, il n’y a que deux camp : ceux qui l’on déjà fait, ceux qui savent, et les autres, qui sont vierges par choix ou par défaut. Cela est assez binaire et ne prend pas en compte – entre autres – celleux qui n’ont tout simplement pas de désir sexuel ou qui ne sont pas attirés par une quelconque histoire d’amour.

C’est dans ce contexte très ancré dans les problématiques quotidienne des lycéens que se déroule No Sex Club. On y suit Alan, gay et vierge, ainsi que Tilda, vierge, et Acérola qui s’affiche clairement comme asexuée. Les trois amis vont créer un peu malgré eux un club destiné à affirmer sa sexualité… ou son absence de sexualité. Et oui, pourquoi serait-il indispensable d’avoir couché pour être accepté ou être populaire ? Est-ce que faire l’amour nous rend vraiment différent aux yeux des autres ?

Ils ne le savent pas encore, mais ce petit club qui ne réunit qu’eux trois au début va vite prendre une ampleur qui les dépasse… Surtout quand les préjugés et la jalousie s’en mêle, le tout sur fond de réseaux sociaux.

Le drapeau pansexuel, fièrement arboré sur un badge par Acérola

Un roman utile, nécessaire et à diffuser

Nous vivons une époque où la parole se libère sur les différentes façons de vivre sa sexualité (ou son absence), de même que le sujet du genre est de plus en plus traité et expliqué. Mais pour beaucoup – moi comprise – tout n’est pas toujours clair, d’autant qu’il y a mille et une manières de vivre sa sexualité. No Sex Club est là pour vous aiguiller et mieux comprendre certaines orientations sexuelles, tout cela sans faire culpabiliser, à aucun moment.
C’est clairement le genre d’ouvrage parfait à découvrir quand on entre au lycée et qu’on se pose des questions sur soi-même et ce qui nous entoure. En fait, tout ado un peu curieux de soi et des autres y trouvera son compte.

Ne vous méprenez pas sur le titre de l’ouvrage. Au début, en voyant ce titre d’ouvrage dessiné en gros à la craie, j’ai cru que le sujet de l’ouvrage était sur l’abstinence. Je pensais qu’il était question de virginité, de sexualité uniquement après mariage et de sacro-sainte abstinence. Il n’en est rien. Malgré le titre qui peut sembler très puritain, No Sex Club prône la liberté de ne pas vouloir coucher et non pas la virginité. Cet amalgame que j’ai fait, de nombreux personnages du roman vont d’ailleurs le faire, mettant à mal l’existence même du club.

Certains passages sont légèrement didactiques, ce qui manque parfois un peu de fluidité, mais la lecture de No Sex Club reste très agréable. Par contre je trouve qu’une double-page en couleur expliquant les différents codes graphique de chaque drapeau LBTQIA+ aurait été bienvenue. Il y a tellement de couleurs et de symboliques différentes qu’il est dur de s’y retrouver dans toutes les variations possibles de la sexualité !

J’ai beaucoup aimé ce roman ado pour de nombreuses raisons. Tout d’abord pour ses valeurs saines qui poussent les lecteurs.ices à s’interroger sur leurs propres motivations. Ensuite, pour son inclusivité et sa pédagogie. Enfin, pour ses personnages crédibles qui font des erreurs mais qui se relèvent après chacune d’elle. Ils sont vrais, crédibles et on a envie de les suivre dans leur démarche de légitimer le fait de ne pas vouloir faire l’amour pour s’intégrer, mais quand on se sent prêt.

Ainsi, ce roman inclusif et réaliste saura ravir celleux qui se cherchent ou tout simplement qui ont envie d’une bonne histoire dans la vibe de Sex Education ! Frais et divertissant tout en étant instructif. Il serait parfait en complément d’un cours d’éducation sexuelle !

PS : On appréciera également les nombreuses références cinématographiques et littéraires qui parsèment le roman. Grâce à ce roman, j’ai vu Lady Bird (que j’ai adoré) et j’ai rajouté à ma liste Loveless d’Alice Oseman.

Chronique : Légendes & Lattes

Du café d’origine gnome, une orc en reconversion, un café aux effluves douces et bienveillantes… la cosy fantasy a de beau jours devant elle avec un roman pareil !

Travis Baldree est un auteur américain, il a écrit le phénomène fantasy Légendes & Lattes durant le confinement de 2020. Dès sa sortie, l’ouvrage a été très remarqué et a connu un succès fulgurant. En France, ce sont les éditions Ynnis qui publient l’ouvrage, sorti en mai 2023.

Une orc chasseuse de primes qui se converti en commerçante

Viv est une orc tout ce qu’il y a de plus classique : imposante, musclée, capable de sortir les crocs si le besoin s’en fait sentir… Et c’est ce qu’elle a fait durant de longues années avec ses camarades d’infortune, à chercher un quelconque trésor ou à traquer untel contre une rondelette récompense. Mais cette fois-ci, Viv a décidé de raccrocher les gants. Elle quitte la petite équipe de mercenaire avec qui elle a fait les quatre coups pour ouvrir un café dans une ville modeste mais dynamique.

Mais une orc a-t-elle un avenir comme commerçante ? Les aprioris ne sont-ils pas trop lourds ? Et puis, comment va-t-elle pouvoir vivre d’un commerce dont les gens ignorent tout ? Car il faut savoir une chose, c’est que le café est une denrée gnome totalement méconnue dans le coin…

Un roman doux et réconfortant comme un bon feu de cheminée

Le sous-genre si particulier de la cosy-fantasy déferle enfin en France, et c’est un réel bonheur de lecture ! Si vous ne connaissez pas encore la nuance de cette branche de la fantasy, il s’agit d’intrigues prenant place dans un univers classique de fantasy (avec con lot de créatures telles que dragons, orcs, fées, etc.) mais sans le côté épique.

Vous ne verrez pas de grandes batailles, ni même de grandes machinations entre deux puissants royaumes. La cosy-fantasy (ou fantasy confortable) se concentre avant-tout sur les relations entre les personnages, leur psychologie, le tout dans une ambiance réconfortante. J’ai aussi remarqué qu’il y a souvent un breuvage dans les ouvrages de ce type : thé magique, potions, café… Cela ajoute au côté réconfortant et apaisant de l’ouvrage.

Légendes & Lattes en est le plus parfait exemple mais il y a d’autres ouvrages du même genre qui arrivent en France depuis quelques mois.
Par exemple : La société très secrète des sorcières extraordinaires (Lumen), Sorcery of Thorns (Big Bang), Du thé pour les fantômes (Denoël) et d’autres encore qui vont débarquer sur les tables des librairies françaises.

Pour en revenir à Légendes & Lattes, outre le fait qu’il est un parfait portrait de ce qu’est un roman de fantasy confortable, c’est avant tout un réel plaisir de lecture. Très enveloppant dans la façon dont tout évolue doucement, se construit, Viv développe ses amitiés en même temps qu’elle construit peu à peu son café. Elle s’entoure des bons éléments, dont chacun apporte sa pierre à l’édifice : un souriceau créatif et doué de ses mains, une succube qui sait négocier et possède l’esprit commerçant, un fermier qui aime chanter… Vous verrez, tout prend place doucement, mais sûrement.

Ce roman se lit tout doucement, je vous déconseille de le dévorer sous peine de frustration intense. Comme un bon café, il se savoure par petites gorgées, par peur de le terminer trop vite. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une excellente dégustation…

PS : Un préquel de Légendes & Lattes va sortir fin 2023 aux Etat-Unis, il semblerait que cette fois-ci on soit dans un univers de bibliothèques poussiéreuses. Vivement sa sortie en France ! Cf couverture ci-dessous.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique : La société très secrète des sorcières extraordinaires

De la cosy fantasy urbaine à lire comme on savoure un bonbon… Une lecture, douce, rassurante et emplie de belles surprises !

Premier roman de l’autrice britannique Sangu Mandanna à paraître en France, l’ouvrage La société très secrète des sorcières extraordinaire fut un véritable phénomène éditorial. Outre-Manche, l’ouvrage a bénéficié d’un excellent bouche-à-oreille… alors autant dire qu’il était extrêmement attendu en France ! Alors, quand Lumen a annoncé avoir acquis les droits de l’ouvrage, l’engouement était déjà là. Le roman vient de paraître en librairie le 24 août 2023. Alors, est-ce le régal littéraire promis ? Pour moi, oui.

Une fiche de poste intrigante…

Quand Mika Moon reçoit en MP sur les réseaux sociaux une offre de poste étrange, elle se dit qu’elle a affaire à quelqu’un d’un peu frappé. En effet, son interlocuteur lui fait savoir qu’il recherche désespérément une sorcière pour quelques mois, sans en dire beaucoup plus… Le souci, c’est que Mika est en effet une sorcière, mais que cela n’est pas censé se savoir.

Depuis des centaines d’années, les sorcières vivent isolées les unes des autres, leur concentration physique rendant la magie instable et dangereuse. Ainsi, Mika n’a aucun contact avec les autres sorcières en dehors d’un rendez-vous trimestriel très formel. Mais l’existence des sorcières est un secret bien gardé… Alors comment la jeune femme va-t-elle réagir à l’étrange proposition de travail aux conditions mystérieuses ?

Un livre doudou à savourer

Vous avez le cafard ? Vous avez envie de magie mais pas de grandes intrigues où les machinations vont bon train et où il faut dresser l’arbre généalogique de chaque personnage ? Ce roman est fait pour vous. Il mélange à la perfection univers réaliste teinté de magie, le tout dans une ambiance extrêmement rassurante.

Vous verrez, le lieu où va se rendre Mika se nomme la Maison de Nulle-part. Et vous voudrez vous-même vous trouver un cocon à l’image de cette demeure aux allures de chalet caché par la végétation et la magie. Tout n’est que douceur dans cette lecture, même quand on parle menace de mort et accueil glacial. Même quand l’héroïne ne sait plus où elle en est, ni quoi faire de sa vie. Même quand on la sent au bord du désespoir tant sa solitude a toujours été grande… Il y a toujours un petit quelque chose qui la fait tenir, et nous, l’aimer encore plus.

Les personnages sont une petite dizaine, et tous, sans exception ont un trait de caractère attachant si ce n’est plus. J’avoue avoir un faible pour Ian et son exubérance vestimentaire (entre autres) et évidement une énorme prédilection pour le personnage le plus torturé et le plus charmant de la Maison de Nulle-part : Jamie.

Mais outre les personnages, l’autrice a réussi à créer un univers paradoxal car à la fois étrange et rassurant. Vous découvrirez l’art de recueillir de la poussière d’étoile pour faire un thé réconfortant ou encore comment maîtriser l’art du voyage par raccourci magique ! Dans cette intrigue douce, tout fonctionne : on s’y sent bien, dorloté, comme Mika qui commence peu à peu à trouver ses marques. Les quatre-cent pages que constituent le roman défilent à une vitesse folle, et c’est bien là le seul défaut du roman !

Quitter les personnages et cet univers si doux et rassurant est un crève-cœur. D’autant que certaines relations entre plusieurs personnages sont magnifiquement dépeintes, notamment ce que va peu à peu ressentir Mika pour ses trois petites protégées. Dire que l’une d’elle élaborait des projets de meurtres au début du roman !

Ainsi, ce roman est dans la plus pure essence d’un genre qui se développe depuis quelque temps dans le monde de l’imaginaire anglo-saxon : la cosy fantasy. On y retrouve des liens sociaux forts, loin des grandes intrigues qui bouleversent le monde. Nous sommes dans un microcosme rassurant, avec ses problématiques à échelle humaine, ce qui le rend doux et malléable. Si vous avez envie de douceur, c’est donc le roman parfait pour l’automne à venir… Belle et douce lecture à vous… Dès 16 ans (juste à cause d’une seule scène spicy, pas le choix !).