Un magnifique roman qui met en lumière la façon incroyable et subtile dont le peuple danois a résisté à l’invasion nazie par tous les moyens. Poignant et marquant.
Lois Lowry est un auteur américain pour la jeunesse et les ados à l’œuvre prolifique. Il écrit beaucoup, et nombre de ses ouvrages valent le détour. On peux notamment citer Les Willoughby, ou encore Sacrées souris ! Il a également écrit une quadrilogie intitulée Le Quatuor qui a marqué durablement le paysage de la littérature jeunesse et qui comprend le roman Le passeur ainsi que l’Elue pour ne citer qu’eux.
Savant dosage entre émotion et narration passionnante, tous les romans de Lois Lowry ont quelque chose à nous apporter, et celui-ci en fait partie. Compte les étoiles est d’ailleurs régulièrement prescrit dans les écoles, qu’elle soient françaises ou américaines.
Le Danemark : petit pays, grande résistance
Nous sommes en 1943, le Danemark vit des heures très sombres car l’ombre des nazis plane sur la capitale et le pays tout entier. La population juive de la ville doit porter un brassard étoilé, les commerces juifs ferment les uns après les autres, des quartiers entiers se vident de leurs habitants…
C’est dans ce terrible contexte historique que l’on fait la connaissance de la famille Johansen. Les Johansen font du mieux qu’ils peuvent, comme des milliers d’autres familles pendant l’occupation allemande. Faire profil bas, respecter le couvre-feu, ne surtout pas se faire remarquer… Les enjeux sont de taille pour les Johansen, qui vont cacher chez eux l’une des meilleures amies de leur fille Annemarie. Elle est en danger de mort car juive. Mais il est difficile de comprendre tous les enjeux gravissimes de l’époque quand on est une fillette qui n’a même pas dix ans…
L’occupation vue à travers des yeux d’enfant
En débutant ce roman, je pensais lire un roman intéressant sur la seconde guerre, mais pas à un tel point. Déjà, le lieu de l’intrigue en lui-même est passionnant. En effet, la Seconde Guerre est souvent contée soit en France, en Angleterre ou encore en Allemagne même. Mais je n’avais jamais lu d’intrigue se déroulant au Danemoark à cette époque. Et pourtant, il y a tant de choses à en dire !
Saviez-vous que quand les nazis sont arrivés en 1943 pour soumettre le peuple danois, ces derniers ont préféré détruire leur flotte que de la livrer à l’ennemi ? Que le roi Christian sortait sans aucun garde pour le protéger afin de montrer qu’il n’avait pas peur sous l’occupation ? Ou encore que les scientifiques danois on travaillé d’arrache-pied pour aider à la fuite des juifs hors du pays ?
Ce que nous raconte Compte les étoiles, c’est à quel point les danois ont résisté d’une facçon à la fois brillante et détournée, un véritable mélange d’astuce et de courage. Tout cela et plus encore nous est conté brillament par la petite Annemarie. Elle ne comprend pas tous les tenants et aboutissants, mais elle sait que son silence dans certaine ssituations est capital. Ce roman, c’est la découverte progressive de ce qu’il se passe à l’échelle de son entourage qui est peu à peu transposé à des enjeux plus grands.
Pour celleux qui aiment les romans historiques, Compte les étoiles est un indispensable. Touchant et vif en émotions, ce roman est une merveille qui pourrait également plaire à des adultes passionnés par cette période. A découvrir dès l’âge de 11/12 ans environ.
A la découverte de Julie Maupin, une femme au courage sans bornes et à la volonté de fer !
Jean-Laurent Del Socorro est un auteur français à la plume incroyable. En quelques lignes, vous découvrirez un véritable style, une poésie latente… Et c’est le cas dans toute son œuvre. Il a déjà été chroniqué sur le blog avec l’ouvrage Boudiccaqui reprenait l’histoire de la vie de la reine du peuple Icène. Boudicca avait réussi à bouter César et sa soif de conquête, rien que cela. Car oui, Jean-Laurent Del Socorro aime les destins et les histoires hors du commun. Et il aime l’imaginaire également. Ce qui donne très souvent de magnifiques biographies historiques très documentées, écrites avec panache et un soupçon de fantastique…
C’est le cas ici avec Une pour toutes, qui nous fait découvrir le personnage incroyable et magnifique de Julie Maupin. Une femme qui a été grâciée deux fois par le roi, qui manie la rapière avec excellence et qui a assumé sa bisexualité sans que la question même soit soulevée. Elle aimait la vie, et elle en a profité comme peu l’ont fait, surtout à cette époque !
Une rencontre avec le Diable…
Tout commence quand Julie Maupin fait la rencontre fortuite du Diable. Se dernier est séduit immédiatement par l’allure et la verve incroyable de la jeune fille. Elle sait très bien ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas, et non, le diable ne la tente pas plus que cela. Elle préfère jouter à l’épée avec lui que de partager sa couche… Et voilà le début d’une amitié aussi improbable que magnifique. C’est la seule partie fantastique de l’ouvrage et Julie Maupin n’a absolument pas besoin du diable pour céder à ses envies, elle le fait très bien toute seule !
Mais le génie de cette narration réside dans l’idée d’insérer un personnage fantastique dans une histoire totalement vraie. Alors si vous avez envie de découvrir l’histoire de cette femme incroyable qui même mariée a réussit à s’émanciper d’une égide patriarcale, ce livre est pour vous !
Une plume qui se dévore avec une aisance confondante
Pour moi, ce roman n’a que des qualités, peut-être que je manque d’objectivité, mais c’est mon ressenti suite à cette lecture. Une pour toutes est à la fois atypique et très classique. Atypique pour la partie fantastique insérée dans l’Histoire, la vraie. Très classique, car c’est une biographie romancée qui se déroule avec naturel. Il faut dire que la vie de Julie Maupin est parfaite pour faire un roman incroyable ! Elle n’est que suite de péripéties, aventures, coups de tête et de foudre…
Jean-Laurent Del Soccorro a le don de toujours trouver un personnage de l’histoire qui va nous intéresser. Souvent oublié par les manuels ou la culture populaire, il trouve toujours une porte par laquelle entrer afin de nous faire partager une époque, un personnage, un événement. Tout cela au travers du prisme (léger) du fantastique. Une pour toutes est ainsi un mélange de tout cela, et c’est diablement réussi.
Vous le verrez à la lecture, l’auteur a pris le parti de faire une partie de ses dialogues en vers, et ça rend extrêmement bien :
Libre à vous, joli cœur, de rêver de ma bouche Moi je joue, je me bat et remporte la touche.
Je ne peux pas vous en dire plus sur la vie de cette femme incroyable qui a su très tôt ce qu’elle voulait et surtout ce qu’elle ne voulait pas pour elle. Je ne peux que vous enjoindre à découvrir son histoire, ses réussites, ses échecs et ses coups de folie. Julie Maupin a eu une vie extraordinaire, et Jean-Laurent Del Socorro signe ici un magnifique hommage à cette femme oubliée de l’Histoire…
Comme il l’avait fait auparavant avec Boudicca. C’est une réussite à découvrir dès l’âge de 14 ans environ, mais cet ouvrage peut tout à fait être lu par des adultes ! Personnellement je verrais bien une double publication en adulte et en ado à sa sortie en poche…
Un sublime roman sur la recherche des origines et des secrets au sein d’une famille… Et comment les non-dits peuvent tout faire exploser du jour au lendemain.
Sandrine Kao est une autrice française, ses romans sont publiés chez Syros. Elle est d’origine taïwanaise et a grandit en Seine-Saint-Denis. Elle est à la foois autrice et illustratrice pour la jeunesse. Comme un oiseau dans les nuages est sont dernier roman en date (2022).
Une jeune fille qui cherche d’où vient son mal-être intérieur
Serait-ce le confinement ? Sa rupture avec son petit ami ? La pression qu’elle s’impose pour réussir les concours de piano ? Autre chose ? Anna-Mei a seize ans et semble aller bien en apparence jusqu’à ce qu’elle craque à un moment décisif pour elle, lors d’une prestation déterminante. Elle s’effondre et son entourage ne comprend absolument pas pourquoi, elle qui avait l’air si bien… Mais sa grand-mère sait ce qui ne va pas et compte prendre les choses en main. Elle va lui conter l’histoire plurielle des femmes de sa famille. Les épreuves qu’elles ont traversées et pourquoi Anna-Mei par transparence vit un tel mal-être…
Un roman poignant et passionnant sur la quête des origines
A un moment de notre vie, on a tous envie d’en savoir plus sur notre famille. Nos origines, notre histoire, les traumas et épreuves que nos ancêtres ont pu vivre… L’histoire d’Anna-Mei nous conte quelque chose de déterminant que beaucoup de familles issues de l’immigration ont dû vivre : le trauma inter-générationnel. Il n’est jamais mentionné comme cela dans l’ouvrage, mais pour moi il est clairement question de cela.
Comment dans notre vie à nous, au présent, on revit sans le savoir les traumas de nos ancêtres qui ont connus la faim, la guerre, les déplacements migratoires… Ces épreuves sont si lourdes qu’elles se transmettent sans qu’on le sache consciement au fond de nous et de ce que nous sommes. Je ne connaissais pas du tout ce terme ni le concept et je l’ai découvert quelques mois après celle lecture en discutant avec la personne qui tient le compte Instagram « Être une femme asiatique ». Elle m’a parlé de traumas qui peuvent se transmettre et j’y ai vu une explication claire à ce roman, mais aussi à mon vécu personnel.
Comme un oiseau dans les nuages, c’est avant tout le portrait de femmes fortes qui ont tout supporté et tout vécu. Elles s’en sont sorties par la force de leurs bras, leurs épaules, leur abnégation et leur courage. C’est un beau roman sur tous les silences que certaines familles s’imposent, où l’on ne dit pas tout (j’en sais malheureusement quelque chose). Jusqu’à ce que quelqu’un franchisse le pas et nomme les dysfonctionnements muets qui grippent les rouages.
C’est un roman important qui n’en a peut-être pas l’air au premier abord, mais il est fin et bien construit. C’est ainsi que l’on découvre avec passion plusieurs générations de femmes à travers la Chine de Mao et son « Grand Bond en avant » qui a eu pour conséquence la Grande Famine. L’histoire de Taiwan nous est également expliquée par bribes terrifiantes : l’occupation nippone, le massacre de milliers de Taïwanais, le changement de colonisateur pour un autre… Cela n’est qu’un aperçu de l’histoire de la Chine et de Taïwan. Charge ensuite aux lecteur.ices que nous sommes de faire ensuite des recherche, de creuser, s’intéresser.
J’ai beau me passionner pour l’Asie, je ne connaissais rien du tout de cette partie du continent à cette époque. Et on comprend aisément pourquoi la famille d’Anna-Mei, à l’image de quantité d’autres, a des traumas qui ne s’oublierons pas de sitôt.
Ainsi, Comme un oiseau dans les nuages est un beau texte, mais c’est avant-tout un prétexte pour découvrir et s’intéresser à l’Histoire de l’Asie, tout particulièrement la Chine et Taïwan, dont l’autrice est originaire. C’est passionnant et nous pousse à en apprendre davantage sur notre histoire commune qui n’est pas si lointaine… C’est aussi un très bon livre sur le traumatisme intergénérationnel à destination des adolescents. Avec la même démarche et une aussi bonne qualité narrative, je vous suggère de découvrir Le trésor de Sunthy (éditions Lucca) qui se déroule au Cambodge. Là aussi, c’est édifiant, passionnant et terrible. Il serait bon que l’on oublie pas trop vite l’histoire proche de ces pays lointains…
Une enquête policière sombre dans le Stockholm de la fin du XIXème…
Paru chez Thierry Magnier en fin d’année 2023, Le corbeau de nuit est un roman à destination de la jeunesse écrit par Johan Rundberg. Il s’agit du premier tome d’une série de cinq. On y découvre le Stockholm de la fin du XIXème et le mode de vie des orphelins qui tentent de survivre dans une ville et une époque bien cruelles…
Mika, orpheline parmi tant d’autres
Notre héroïne se prénomme Mika, du moins c’est le nom qu’on lui a donné quand elle a été recueillie à l’orphelinat. Elle ne sait rien de ses origines, comme tant d’autres enfants et nourrissons abandonnés… Son quotidien est difficile, tout comme celui de ses camarades d’infortune. En effet, l’hiver est extrêmement rigoureux à Stockholm, et cette année encore plus. L’établissement n’a même pas les moyens de nourrir et de chauffer correctement tous ses jeunes réfugiés.
C’est dans ce contexte difficile qu’arrive un nouveau bébé abandonné. Mais chose étrange, il est accompagné d’un bracelet. En parallèle de cette nouvelle bouche à nourrir, il se passe des choses étranges à la capitale. Les deux événnements sont-ils liés ? Rien n’est sûr, mais Mika a toujours eu l’oeil acéré et les oreilles qui trainent pour assurer sa survie. Fine observatrice, maligne et pleine de ressources, la jeune fille va être repérée par un enquêteur de la police de Stockholm. Ce dernier va utiliser ses talents pour avancer sur une dangereuse enquête qui piétine… Au mépris du danger pour elle, et pour lui.
Un cadre passionnant et original… mais si peu exploité !
Quand je me suis procuré cette ouvrage, j’étais très heureuse de voir qu’il ne s’agissait pas d’une ennième traduction issue de l’anglais. Un roman à succès suédois, voilà de quoi changer un peu des lectures habituelles ! L’autre plus qui m’avais attirée, c’est qu’il s’agissait d’un roman historique en plus d’être policier. Cependant, je fut quelque peu déçue sur ce point… En effet, le cadre historique estrêmement réduit. Point d’utilisation des lieux emblématiques de l’histoire de la ville ou du pays, pas ou très peu d’explications sur le mode de vie à cette époque… On aurait aussi bien pu se trouver en Angleterre, cela ne faisait pas grande différence, et c’est bien dommage !
Pour moi, quand on propose de faire lire un roman historique, le décor et l’époque se doivent d’être au moins un peu développés. Ici, il n’en est rien ou presque, il est donc assez difficile de se projeter dans l’ambiance et l’atmosphère de la ville de Stockholm au XIXème siècle…
En ce qui concerne l’intrigue en elle-même, elle fonctionne tout à fait, avec une narration efficace, un duo d’enquêteurs original et fonctionnel. C’est tout à fait réussi. Les personnages sont le point fort de ce roman, car ils sont à la fois crédibles et attachants, pour ceux que l’on apprécie et inquiétants pour d’autres… Quoi qu’il en soit, ça marche parfaitement.
J’ai donc apprécié cette lecture, mais je trouve extrêmement dommage que l’auteur n’ai pas fait un travail de documentation, même léger, pour camper au mieux son histoire. S’il l’a fait, il n’en a pas fait bénéficier ses lecteurs malheureusement. C’est donc un roman efficace, qui fonctionne bien et qui fera passer un bon moment aux lecteurs entre 11 et 13 ans.
Je trouve qu’il ne faut pas lire Le corbeau de nuit avant 11 ans car certaines scènes et réalités de la vie de l’époque sont assez explicites : la faim, la cruauté des adultes envers les pauvres et les orphelins, la méchanceté gratuite…
Un recueil d’anecdotes historiques qui se proposent de nous révéler quelques mystères et secrets bien gardés de notre passé…
Philippe Delorme est un écrivain, mais également un historien et un journaliste. Il a été grand reporter à Point de Vue et est actuellement chroniqueur pour Valeurs Actuelles. Il a écrit de nombreuses biographies de grandes figures de l’Histoire : Philippe d’Édimbourg (Texto), Histoire des Reines de France (Pygmalion), Théories folles de l’Histoire (Presses de la cité).
Le vrai docteur Frankenstein a paru en juin 2023 aux éditions du Cerf.
Une page, une anecdote historique
Est-ce vraiment la Seine qui traverse la capitale française ? Peux-t-on recréer le goût d’un breuvage inventé il y a des siècles grâce à la chimie ? Où est le trésor des Templiers et les rumeurs qui l’entourent sont-elles vraies ? Philippe Delorme se propose de faire la lumière sur des événements plus ou moins connus de l’Histoire…
A réserver aux passionnés d’Histoire aux bases solides
Malgré un titre et une couverture très attrayantes, ne vous méprenez pas : cet ouvrage est vraiment destiné aux passionnés d’Histoire ainsi qu’a celles et ceux qui ont de solides connaissances. En effet, n’étant pas une férue d’Histoire, quantité de personnages cités dans l’ouvrage de m’ont absolument pas parlés : Philippe 1er, Abélard, Eric II, Constantin XI… nombre de figures historiques sont citées tout au long de cet ouvrage aux anecdotes foisonnantes.
Cependant, il est très difficile de s’immerger dans ces faits et légendes quand on ne connaît pas de façon assez poussée l’Histoire. Ici, il vous faudra une culture historique assez solide pour profiter pleinement de cet ouvrage. En le commençant, j’étais enthousiaste et pensait apprendre quantité de choses. Ce fut en partie le cas, mais les informations intéressantes sont noyées par le trop-plein de noms cités parfois à la chaine, rendant le tout fort illisible.
Ainsi, je pense que cet ouvrage s’adresse principalement aux férus et passionnés d’Histoire. Les novices tels que moi y trouverons parfois leur conte, mais pas assez souvent à mon goût. Le titre est quelque peu décalé par rapport au contenu, car il donne l’impression que l’ouvrage s’adresse à un public populaire, or il n’en est rien. Malgré une maquette et une couverture efficaces, il y a un écart entre l’offre graphique et le contenu factuel de l’ouvrage. En effet, c’est typiquement le genre de livre que j’adore : des infos étranges sur des mystères du passé. Des anecdotes passionnantes sur l’Histoire et ses grandes figures ou des lieux de légende… Cependant, pour en profiter pleinement, il faut avoir une très solide culture historique dont je suis pour ma part dénuée, ce qui m’a empêchée de profiter pleinement de l’ouvrage.
J’y ait cependant trouvé quelques faits et énigmes intéressants, notamment avec l’histoire de cette société américaine, la Dogfish Head qui a réussit à reproduire des boissons crées il y a des siècles grâce à la science. L’alliance des chercheurs et de l’archéologie ont ainsi permis de reproduire des boissons prisées des temps anciens en analysant les fonds de vases néolithiques. C’est le genre d’anecdote que je trouve géniale ! Et qui nécessite pas une culture poussive de l’Histoire.
Pour conclure, cet ouvrage semblait attirant mais ne m’a pas plu car trop difficile d’accès pour moi. Cependant, il faut souligner la beauté de la maquette et la belle fabrication de l’ouvrage. Comme vous pouvez le constater sur les photos d’intérieur, les pages sont intégralement noires et le texte est en blanc, cela donnant une odeur étrange mais pas désagréable à l’ouvrage… Parfait pour les grands amateurs d’Histoire, mais pour les autres, ce sera plus délicat.
Une magnifique histoire d’amitié entre un jeune garçon et un lion blanc comme neige…
Réédité en 2020, Le lion blanc est un texte de Michael Morpurgo qui date de 1998. Je ne l’ai découvert que tout récemment, et comme souvent avec cet auteur, c’est une belle et touchante histoire qui mélange destin d’animaux et faits d’Histoire véridiques.
Une fuite précipitée d’un pensionnat guindé…
Une jeune garçon décide de fuir l’institut dans lequel il est pour ne plus être victime de harcèlement. L’un de ses camarades le moleste très régulièrement, et pour lui la vie au pensionnat est devenue intenable… Mais à peine a-t-il quitté les murs de l’école et franchi la barrière qu’il fait la rencontre d’une dame âgée. Cette dernière lui propose de boire le thé chez lui et lui raconte l’histoire de Bertie, un ami d’enfance à elle. Bertie a lui aussi étudié dans l’institut que le jeune homme vient de fuir… et son histoire est incroyable. Elle est liée au continent africain et à l’existence d’un lion blanc.
Une histoire touchante qui saura atteindre le cœur des jeunes lecteurs
Le lion blanc est une magnifique histoire. A la fois originale et emplie d’humanité, cette amitié improbable d’un petit garçon et d’un lionceau blanc a de quoi émerveiller. J »ai beaucoup aimé le mélange des temporalités entre l’histoire de ce jeune garçon qui fuit l’institut et celle de Bertie, il y a plusieurs décennies. Elles ne sont pas liées directement, mais l’auteur dissémine quelques jolis points communs entre les deux jeunes hommes.
Mais surtout, ce que j’ai le plus apprécié, c’est l’histoire de Bertie sur le continent Africain. Son attrait démesuré pour la savane, qu’il n’a pas le droit de parcourir, même accompagné de son père. Il vit dans un immense domaine en plein milieu de la savane avec sa mère, aussi douce que très mélancolique. L’arrivée dans leur vie de ce lion blanc va tout bouleverser pour eux. On est tout de suite plongé dans l’histoire peu commune de Bertie et de cette amitié hors du commun.
Je suis persuadée que les jeunes lecteurs et lectrices d’environ 9 ans apprécierons grandement cette histoire. Elle est belle, a su me toucher tout en traitant de sujets très différents : la nature et sa beauté, la guerre et la dureté de la séparation… Les thématiques sont parfois très adultes, mais Morpurgo sait y faire pour créer un roman abordable, compréhensible et loin d’être bête.
Mon édition est assez ancienne et regroupe les illustrations de Jean-Michel Payet. Elles sont très douces et collent à merveille à l’histoire. La nouvelle version parue en 2020 a changé et propose cette fois-ci des illustrations de François Place et j’avoue qu’elles sont magnifiques ! Je crois que je les préfère encore à celles d’avant… elles sont tout aussi douces, aux couleurs pastels avec quantité de détails.
Conclusion, Le lion blanc est un classique de la littérature jeunesse qui a peut-être été oublié avec le temps. Sa réédition récente est l’opportunité de le (re)découvrir car il vaut le détour !
Quand l’Histoire prend vie grâce à une courte série immersive dans le monde de l’imprimerie… captivant !
Voici une série historique de deux ouvrages écrits à quatre mains qui saura passionner les fans d’Histoire. La saga Les enfants des lumières est en réalité une réédition car La plume de l’ange était déjà paru chez Nathan en 2011, de même que L’encrier du diable (Nathan, 2011). Les ouvrages étaient en poche initialement, puis ont été réédités en grand format en 2016 par l’éditeur, avec des couvertures que je trouve beaucoup moins avenantes… Depuis, malheureusement, les ouvrages ont été épuisés et Nathan n’a pour le moment pas prévu de les rééditer. C’est fort dommage car il s’agit d’une série de qualité dont je vais vous vanter les mérites !
Dans le microcosme d’une librairie familiale
Nous sommes en France, au 18ème siècle, dans le monde feutré de l’imprimerie et de l’édition. Cela n’en a pas l’air, mais à l’époque il était très risqué d’être imprimeur et libraire… Ce qu’on publiait pouvait nous mener tout droit à Vincennes (prison de l’époque). C’est d’ailleurs ce qui va arriver au père de l’héroïne de la série : Judith Amelot. Pourquoi je parle à la fois d’imprimeur et de libraire ? Tout simplement parce qu’à l’époque les deux métier intrinsèquement liés. Celui qui éditait, corrigeait et imprimait était également celui qui vendait. De nos jours, ces aspects du monde du livre sont totalement séparés, mais il est passionnant de découvrir le fonctionnement de l’époque.
C’est ainsi que nous découvrons le quotidien passionnant de Judith, fille d’imprimeur. Elle va devoir déjouer les nombreux complots qui entourent la publication d’un titre pour sauver sa famille et la vie de son père.
Immersif, réussit et passionnant
Cette saga en deux tomes est absolument passionnante, on y découvre tout un pan des us et coutumes de l’époque le tout amené avec efficacité. Que l’on soit passionné d’histoire ou non, il y a de tout dans ces romans : de l’action, du suspsense, une enquête rondement menée et des personnages charismatiques car bien campés. En somme, c’est une réussite.
Dans le second tome, le format du roman est différent. Là où La plume de l’ange est un roman des plus classiques, L’encrier du diable est quant à lui uniquement composé d’échanges épistolaires. Il fait suite directement à La plume de l’ange. Plus court que le premier, on y retrouve cependant les mêmes qualités. Et comme vous serez déjà familliers des personnages qui s’échangent ces nombreuses lettres, vous entrerez aisément dans l’intrigue.
L’aspect des romans qui ma le plus séduite (en dehors de l’écriture fluide et bien travaillée), ce sont tous ces faits de l’Histoire que l’on ignore. Tout est bon pour découvrir de nouvelles choses. Ainsi, saviez-vous que l’ouvrage de Rousseau l’Émile a été menacé de ne jamais paraître car s’attaquant trop frontalement à la religion ? Que lors d’un procès, les rumeurs et les soupçons étaient considérés comme des quarts et des huitièmes de preuves ? Ainsi additionnés lors dudit procès, ils pouvaient devenir des preuves à part entière si l’on réunissait assez de ouï-dire et de soupçons… Et bien entendu, cela n’est qu’une toute petite partie de ce que vous pourrez découvrir, sans parler de tout l’aspect techniques d’impression qui est très développé (et passionnant !).
Vous l’aurez donc compris, la saga des Enfants des lumières est une petite pépite parfaite pour découvrir l’Histoire. Il n’est pas nécessaire de lire les deux ouvrages pour apprécier l’intrigue, le tout premier peut tout à fait se suffire à lui-même. Pour moi, La plume de l’ange est d’ailleurs le meilleur. Quel dommage que les éditions Nathan aient épuisés les deux ouvrages ! Une réédition en poche serait absolument parfaite et je suis certaine que les ouvrages trouveraient leur public… Il est dommage d’avoir fait du poche en 2011 puis du grand format à 15€ en 2016 pour ensuite épuiser le texte définitivement de nos jours. Je ne suis cependant pas dans les arcanes du monde de l’édition et ne connais rien aux enjeux… je sais juste qu’en tant libraire, j’aurais eu beaucoup de plaisir à faire passer ces textes de qualité.
Pour ceux et celles qui mettent la main dessus, bravo à vous et bonne lecture ! A découvrir dès l’âge de 12/13 ans environ.
Un magnifique ouvrage qui nous parle sorcellerie au Moyen-âge et autisme à notre époque, le tout porté par une héroïne atypique et attachante comme rarement.
Magnifique ouvrage d’Elle McNicoll à paraître, voici Les étincelles invisibles. Un roman qui parle de différence, d’autisme et de chasse aux sorcières (au propre comme au figuré). Elle McNicoll est une autrice écossaise, l’histoire de son roman se réfère à sa propre vie et expérience puisqu’elle est elle-même autiste. Voilà pourquoi elle en parle aussi bien… ! Son roman Les étincelles invisibles à été nominé pour la renommée Médaille Carnegie, et elle a gagné quantité de prix avec cet ouvrage : Waterstones Children’s Book Prize ou encore le Blue Peter Book Award. Une écrivaine de talent est née, c’est certain !
Bienvenue à Juniper, petite ville écossaise pleine de charme… au passé qui l’est moins.
Addie est une jeune autiste qui vit à Juniper, en Ecosse. Depuis qu’elle a appris en cours que des supposées sorcières avaient été tuées par les habitants de Juniper il y a des siècles, elle essaye de faire lever un monument à leur mémoire. Pourquoi ? Tout simplement car ces femmes devaient être différentes, atypiques, et à l’époque on pouvait être accusée de sorcellerie pour un détail, une différence minime.
Addie étant elle-même différente (ou neuroatypique), elle se met parfaitement à la place de ces femmes injustement ostracisées, et tuées. Pour elle, ce combat est une évidence et va lui permettre de faire entendre sa voix, mais si cela n’est pas toujours compatible avec l’autisme : prise de parole en public, aller à la rencontre des gens, subir une pression monumentale, aller contre sa nature parfois renfermée…
Cet ouvrage est une ode à la différence et au courage qui permet d’aller au-delà de ses limites.
Le portrait d’une jeune fille immédiatement attachante
Dire que j’ai aimé cet ouvrage n’est pas assez fort. Je l’ai vécu et adoré en très peu de pages. Je me suis mise à la place d’Addie avec passion, au point de ressentir les injustices avec la même force qu’elle.
Les étincelles invisibles est un roman merveilleux. Oui, il parle d’autisme, mais c’est à la fois le sujet central sans l’être. Le thème est surtout celui de la différence aux autres. Le fait de se sentir en marge ou légèrement à côté du monde dans lequel on évolue. C’est le cas d’Addie et de sa grande sœur toutes deux autistes. C’est le cas de ces femmes injustement tuées pour sorcelleries qui devaient être différentes à leur manière…
J’ai rarement lu d’ouvrage sur l’autisme aussi bien traité. Il y a bien entendu Le bizarre incident du chien pendant la nuit, devenu un classique sur le sujet. Il y a également l’ouvrage La disparition de mon cousin Salim qui était fort réussit dans cette thématique. Mais avec Les étincelles invisibles, je n’ai pas été simple spectatrice, j’ai vécu avec Addie les différentes épreuves qu’elle va traverser. Je ne saurais vous expliquer pourquoi, mais j’ai trouvé cette lecture immersive et captivante.
Si vous êtes à la recherche d’un livre touchant et original, Les étincelles invisibles devrait vous combler. L’autrice étant elle-même autiste, cela explique le réalisme criant de l’ouvrage. Quand on voit les épreuves que la jeune Addie traverse au quotidien, on ne peux qu’être admiratif. Ce qui semble normal pour nous, neurotypiques, est une véritable épreuves pour les personnes différentes. Par exemple, Addie adore les requins, à tel point qu’elle veut tout savoir sur eux, mais dès qu’elle essaye de partager sa passion on la regarde bizarrement. De même en classe, elle est mise à l’écart par certains de ses camarades car jugée trop différente. Même sa professeure censée la protéger participe à sa mise à l’écart par des remarques désagréables et l’accuse de recopier sur ses voisins lors des contrôles…
Alors quand Addie prend son courage à deux mains pour faire entendre l’injustice qui a sévit à Juniper il y a plusieurs siècles, c’est aller contre son naturel, et c’est beau.
Lire Les étincelles invisibles c’est donc s’ouvrir à la différence. Découvrir qu’il n’y a pas de normalité unique mais bien des quantité de façon d’être soi. Je ne saurais donc que trop vous conseiller ce roman et j’espère que L’école des Loisirs sortira les autres ouvrages de l’autrice !
Ils sont beaux, ils sont frais (ou presque), voici mes dernières lectures dans la catégorie des romans jeunesse ! Au programme, de l’aventure qui nous fera traverser les mondes connus, l’histoire véritable de l’ourse qui a inspiré l’auteur de Winnie l’ourson, ou encore les aventures d’une minuscule souris. Préparez-vous à une sélection avec uniquement des lectures qui m’ont plu (pour une fois).
Wilma la vampire – Chrysostome Gourio – Sarbacane, collection Pépix
Peut-être que le nom de l’auteur vous dit quelque chose ? Si c’est le cas, c’est bien normal car j’ai déjà eu l’occasion de chroniquer l’un de ses roman : Rufus le fantôme ou la grève de la Mort. L’histoire de Wilma la vampire s’inscrit dans le même univers et on va même avoir le plaisir de revoir ce fameux Rufus si attachant !
L’histoire de Wilma est celle d’une jeune vampire qui vient tout juste de déménager, elle habite désormais dans le cimetière où vis Rufus. Avant, elle était dans les forêts denses de Transylvanie, dans les Carpates.
L’aventure va commencer dès lors que l’on apprend le décès terrible de Lemmy, chanteur star du groupe Mordörhead (j’adore le jeu de mots). La petite vampire va tout faire pour tenter de sauver ce qui aurait dû être le concert du siècle.
Ici, pas besoin d’avoir lu les aventures de Rufus pour apprécier pleinement celles de la jeune Wilma ! J’ai trouvé ce deuxième ouvrage de l’auteur encore plus créatif et osé que le premier – dans le bon sens du terme. En effet, le côté plaisant du roman réside dans l’idée d’intégrer beaucoup de clins-d’oeil et références tout au long du roman. Et elles ne sont pas toutes à destination des enfants, qui ne connaissant pas tous le célèbre groupe de rock dont est inspiré Mordörhead.
Pour ce qui est des références pour les enfants, la plus géniale de toutes restera très certainement celle de la Gurty transformée en cerbère (image ci-dessus) pour l’occasion ! Elle est terrifiante avec ses trois têtes féroces… et ses prouts qui le sont plus encore. Mais il y a un autre personnage génial qui s’invite également, c’est celui de l’ange gardien de Carambol’Ange issu d’un roman Pépix écrit par Clémentine Beauvais ! Avec des guests pareils, impossible de ne pas sourire… Et si les enfants ne les connaissent pas, ce sera pour eux l’occasion de les découvrir si ils sont intéressés. Tout cela sans parler des petites mentions discrètes de quantité d’autres romans Pépix : L’ogre au pull vert moutarde ou encore La Sorcitresse sont également mentionnés.
Il y a également toute une partie du roman qui se déroule dans les Enfers, donc c’est l’occasion pour les enfants de découvrir la mythologie d’une façon beaucoup plus fun.
Entre références à la culture pop (dont une à G. Lockhart et son Voyages avec les vampires) et humour décalé très Pépixien, les aventures de Wilma sont un régal… Et encore plus pour qui sait lire entre les lignes !
Winnie et la Grande Guerre – Lindsay Mattick & Josh Greenhut – L’école des Loisirs, collection Neuf
Voici l’histoire incroyable, véridique et documentée d’un ourson venu du Canada qui va traverser l’Atlantique avec des troupes canadienne en direction de l’Europe pour affronter la Grande Guerre. Véritable mascotte de sa troupe, cet ourson a eu une vie incroyable et bien remplie…
Cette histoire, c’est plus que le parcours réel et fascinant d’un ourson, c’est également celle de Harry Colebourn, arrière grand-père de Lindsay Mattick. Elle a réalisé un véritable travail de fourmi et d’historienne pour regrouper toutes les traces du parcours unique de duo que formaient Harry et Winnie. Vous trouverez même en fin d’ouvrage quelques rares photos glanées, ainsi qu’une statue immortalisant l’amitié incroyable du jeune soldat et de l’ourson que vous pouvez retrouver à Londres et à Winnipeg.
Pour ceux et celles qui aiment l’Histoire et les animaux, Winnie et la Grande Guerre me paraît tout indiqué. Surtout que toute une partie du roman est narrée du point de vue de l’ourson. Démuni et apeuré au début du roman, on va le voir peu à peu prendre confiance et s’épanouir grâce à Harry et sa bienveillance.
Winnie va également être un incroyable atout pour le moral des troupes en partance pour l’Europe. Les conditions sont difficiles et même exécrables, mais la présence de l’ourson va leur mettre à tous du baume au coeur…
Ainsi, cette lecture était très plaisante, et je suis persuadée qu’elle a déjà su trouver son public. L’ouvrage sera parfait pour les lecteurs et lectrices à partir de 9/10 ans, d’autant qu’il y a de très jolies illustrations qui parsème le texte joliment…
Meurtres dans l’espace – Christophe Lambert – Syros, collection Mini Syros PLUS
Parfait court roman pour initier les 9/11 ans au policier ET à la science-fiction, Meurtres dans l’espace est une petite réussite. Intrigue efficace et bien ficellée, huis-clos intersidéral glaçant comme il faut… on est dans l’ambiance en très peu de pages. Et ça tombe bien, puisque l’ouvrage ne fait que 130 pages.
On y fait la connaissance de la jeune Alexia, 13 ans, elle vit dans le Space Beagle II, un vaisseau spatial. Ses parents sont des scientifiques de haut niveau, de même que toutes les personnes vivant à bord.
Le problème, c’est que depuis la mort d’un des membres de l’équipage, la tension est à son comble et que rien ne semble pouvoir la faire retomber… Surtout depuis que l’équipage a fait une terrible découverte à propos des conditions du voyage de retour vers la Terre…
C’est dans ce contexte extrêmement tendu et dangereux qu’Alexia va tenter d’élucider le mystère de cette mission spatiale qui tourne peu à peu au cauchemar. C’est efficace, en peu de pages les lecteurs seront plongés dans l’intrigue, c’est une certitude !
L’ouvrage a beau être court, il ne manque pas de cohérence et toutes les réponses à nos nombreuses questions trouverons leurs réponses, et cela jusqu’à la dernière page.
J’ai beaucoup apprécié cette lecture, je ne puis que vous la conseiller vivement pour initier les plus jeunes à deux genres littéraires peu exploités pour cet âge là (surtout les 9/10 ans).
Si vous ne connaissez pas encore la patte toute mignonne de Clothilde Delacroix, Sidonie Souris est l’occasion pour les tous jeunes lecteurs de la découvrir ! Elle a déjà plusieurs albums jeunesse tout aussi mignons à son actif, dont certains mettent en scène des lapins, des loups, des chats… Elle aime tous les animaux, et ça se voit au travers de son œuvre ! (elle adore aussi les lutins, qu’elle a mis en scène dans un MAGNIFIQUE album jeunesse).
Ici, nous suivons le premier petit tome des aventures de Sidonie, une petite souris qui manque d’inspiration pour écrire et qui va partir à l’aventure pour remplir à nouveau son imagination. Et ça fonctionne !
Ce petit roman est un réussite et plaira aux tous premiers lecteurs de niveau CP. Sidonie n’est d’ailleurs pas en reste car un second volume de ses courtes aventures vient tout juste de sortir en mars 2021 : Sidonie & Petit-Bec. Pas d’ordre de lecture, laissez les jeunes lecteurs découvrir Sidonie dans l’ordre qu’il leur plaît !
Un roman-fleuve qui nous conte l’histoire de coréens forcés de quitter leur patrie pour le Japon dans les années années 20. Un pan fascinant et totalement méconnu de l’histoire.
Premier roman de l’autrice coréano-américaine Min Jen Lee à paraître en France, Pachinko est publié par Charleston en début d’année 2021.
L’ouvrage a connu un très beau succès et a même été finaliste du National Book Award en 2017. Pachinko est traduit dans 25 langues et est en cours d’adaptation pour le cinéma.
Bienvenue dans un petit village de Corée…
La vie est difficile pour beaucoup de gens en Corée dans les années 20. La jeune Sunja et sa famille ne font pas exception, et tous les membres de sa famille redoublent d’ardeur pour s’en sortir au mieux.
Tout est à l’économie, à l’examen de la moindre dépense qui pourrait faire basculer dans le cercle de l’endettement le ménage modeste. Mais tout va basculer pour Sunja le jour où elle va s’éprendre d’un riche japonais faisant des escales régulières en Corée. Elle découvre quelque temps plus tard qu’elle est enceinte… Et comme dans toute culture à cette époque, être enceinte et sans mari est plus que mal vu, c’est jeter l’oprobe tout entière sur sa famille.
C’est ainsi que la vie de Sunja et de toute sa descendance jusqu’à la fin des années 80 va nous être contée.
Un pavé passionnant
Ouvrir Pachinko, c’est découvrir tant de choses que je ne pourrais pas toutes vous les mentionner. Mais une chose est certaine, ça se dévore. Le cheminement personnel et familial de Sunja et de tous ses descendants est passionnant. Et en filigrane, l’histoire de la Corée et du Japon, deux pays aux relations très complexes.
L’ouvrage fait six-cent pages, et pourtant on ne les voit pas défiler. Ainsi, ce sont plus de soixante ans d’histoire qui nous sont offert au travers de tranches de vies.
Certains membres de la famille de Sunja sont plus charismatiques que d’autres, je pense notamment aux enfants de cette dernière : Noa et Mozasu. Leur parcours de vie va être incroyable et vous captivera comme rarement. Entre Noa qui adore les livres et qui ne pourrait vivre que de lecture et d’eau fraîche et son frère Mozasu qui ne sait pas pour quoi il est fait mais use parfois trop de ses muscles, ce n’est pas évident. Tous deux sont extrêmement attachants à leur façon… je les ai vraiment aimé. J’ai été heureuse et triste avec eux dans toutes les phases importantes de leur vie, et plus encore !
Découvrir cette vie d’une famille coréenne installée au Japon, c’est également ouvrir les yeux sur l’énorme tension qui réside au Japon entre les deux peuples. Les coréens installés au pays du soleil levant doivent montrer patte blanche de quantité de façons différentes. Et même si un enfant est né au Japon de parents coréens, il n’est pas reconnu par l’État et reste apatride. Ni coréen car n’ayant jamais vu ni connu son pays d’origine, ni japonais alors qu’il parle la langue comme n’importe autre enfant, le cas de Noa et Mozasu concerne des milliers d’enfants. Perdus entre deux cultures, se considérant comme japonais mais non reconnus comme tels par le pays qui les a vu naître. Cette fracture va créer de nombreuses blessures visibles encore des décennies plus tard…
Et ce sujet des enfants ballotés entre deux cultures n’est pas le seul objet de ce roman, il y a quantité d’autres bouts d’Histoire et phénomènes de sociétés qui sont recensés dans Pachinko. D’ailleurs, pourquoi un tel titre pour ce livre ? Le pachinko est un type de machine à sous très prisé au Japon. Travailler dans un pachinko est mal vu au Japon (en tout cas à l’époque où se déroule le roman entre les années 60/80) et ce sont au final souvent des coréens qui travaillent dans ce milieu.
Et là encore il y a beaucoup à dire sur l’image qu’à le Japon de ses enfants nés d’expatriés sur son propre sol…
Vous l’aurez compris, ce roman fut pour moi une belle et poignante découverte. Ses personnages sont empreints d’un réalisme tel qu’ils existent au travers des pages…
Empli d’émotion et terriblement passionnant, Pachinko est un bout d’Histoire à découvrir avec curiosité et exaltation !