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Chronique album jeunesse : Graou n’a pas sommeil

Graou est une ourse comme les autres à un détail près… elle n’arrive pas à hiberner et ne rêve que d’une chose, courir dans la neige !

Il vient tout juste de paraître en France aux éditions Nathan, voici Graou n’a pas sommeil ! Cet album aussi graphique que mignon nous vient tout droit de Finlande. Au texte, nous découvrons Kaisa Happonen, et à l’illustration Anne Vasko.

Une ourse mignonne qui sort du lot !

Graou est une petite ourse aussi mignonne que tout à fait normale. Elle a le même pelage que les autres, adore les airelles comme tous les ours… Mais, voici venu le temps d’hiberner, et là, les choses se compliquent, car Graou n’a pas sommeil. Mais alors, pas du tout !

Elle aura beau essayer pendant des heures, le sommeil ne vient pas. Non, ce qu’elle souhaite, c’est courir dans la neige est voir les étoiles… Que va-t-elle décider ?

Un bel album sur la différence et l’acquisition de l’indépendance…

Graou est une ourse qui ne rentre pas dans le moule que la société des ours lui « impose », qu’à cela ne tienne ! Graou décide d’être elle-même et de suivre ses désirs… C’est un bel album sur la différence et l’indépendance, comme quoi on peux bien assumer ce que l’on est sans la validation des autres.

Outre ce message à l’écho sociétal, l’histoire de Graou est tout simplement craquante ! Sa petite bouille d’ourse totalement éveillée avec les yeux grands ouverts y est pour beaucoup. Il y a peu de texte, mais il est extrêmement bien choisi et pensé, vous ne pourrez que tomber sous le charme !

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Graou n’a pas sommeil est une belle histoire, à la fois drôle, belle, mignonne et positive. A lire aux enfants dès l’âge de 4 ans environ.

PS : Il est marqué au dos du livre qu’une application est disponible pour découvrir l’univers de Graou en réalité augmentée. Un plus produit qui nous a rendus curieux et enthousiastes ! Malheureusement, il faut croire que notre tablette est déjà obsolète… Il est difficile de trouver l’application (le site de Nathan nous dit qu’il y a un QR code sur le livre, mais nous ne l’avons pas trouvé…), mais une fois celle-ci débusquée, impossible de l’installer. Il semblerait que notre tablette Samsung soit « non compatible » avec ce que propose l’application.

Dommage, j’aurais beaucoup aimé testé Graou n’a pas sommeil en réalité augmentée. D’autant que d’autres éditeurs ont des applications du même genre pour leurs albums et qu’elles fonctionnent parfaitement sur notre tablette…

Chronique Jeunesse : L’enfaon

Une nouvelle de science-fiction destinée à la jeunesse absolument belle et touchante qui ravira les lecteurs par sa justesse et sa beauté…

Dans la série des Humanimaux, je demande… L’enfaon ! L’ouvrage a été écrit par Eric Simard en 2010. Mais depuis cette année où L’enfaon est né, d’autres Humanimaux ont vu le jour : L’emperroquet, L’engourou, L’enbeille, L’encygne, L’enlouve… et d’autres encore !

Mais outre la série des Humanimaux, Eric Simard a écrit nombre de romans pour la jeunesse : La femme qui refusa de se soumettre (Oskar), Roby ne pleure jamais (Syros), Le cycle des destins (Syros), Le souffle de la pierre d’Irlande (Magnard Jeunesse)…

Un enfant pas comme les autres…

L’enfaon vient du CHGM, le Centre des Humains Génétiquement Modifiés. Quand il n’était encore qu’un embryon, l’enfaon s’est vu détectée une maladie très rare. Pour le sauver, ses gènes ont été entremêlés à ceux d’un cerf car la maladie ne les atteint pas. Ainsi est-il devenu avant même de naître un enfaon.

Il a des yeux un peu plus grand que ceux des autres enfants et répond « absent », la tête vers la forêt visible à travers la fenêtre de l’école quand on fait l’appel. Et peu à peu, Leïla, une de ses camarades de classe se sent happée par le charme de l’enfaon…

Une histoire d’amitié et d’amour d’enfance

Lire L’enfaon, c’est découvrir une prose exceptionnelle de douceur. Eric Simard a écrit de très nombreux textes, mais celui-ci a une résonance particulière. Il parle de tant de sujets différents en si peu de pages (et cela avec adresse), qu’on comprend pourquoi il est souvent conseillé ou prescrit par les professeurs. On y parle de la différence, de l’intégration, du harcèlement, de l’amitié, des barrières qui sont parfois posées par les autres à notre place…

L’enfaon a beau être une histoire typée science-fiction, son contenu est absolument universel. L’histoire nous est contée du point de vue de Leïla, qui découvre l’enfaon avec ses yeux d’enfant amoureuse… et cela jusqu’à son âge adulte. Et la conclusion du roman est d’une beauté, d’une poésie, infinie !

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En conclusion, L’enfaon est un véritable petit chef-d’œuvre dans son genre. En seulement quarante-deux pages, on découvre une vie, un univers totalement nouveau, à la fois très normal et très différent du notre. Les manipulations y on cours, mais le monde de l’école ressemble à celui que nous avons connu dans notre enfance… Un beau mélange entre anticipation et normalité pour nous aider à réfléchir sur de très nombreux thèmes qui font notre quotidien.

Chronique album jeunesse : à quoi on joue ?

Un album malin avec plusieurs niveaux de lecture… parfait pour les enfants afin de développer leur sens de l’observation !

On ne présente plus l’auteure de cet album, Muriel Zürcher, d’origine Suisse, elle a écrit une foule de livres/romans/albums pour la jeunesse ! Il était trop de fois (Thierry Magnier), Toile de dragon (Picquier Jeunesse), Le tourneur de page (Éveil et Découvertes), tout cela c’est elle.

Avec A quoi on joue ? paru en août 2016 chez Gautier Languereau, c’est encore un autre style narratif qu’elle nous propose… A l’illustration, nous retrouvons Stéphane Nicolet, avec qui Muriel Zürcher a déjà travaillé. Il a illustré beaucoup de documentaires pour la jeunesse ainsi que des romans.

Un jeu de cache-cache original !

Tout commence avec un jeu de cache-cache innocent, et tout ce qu’il y a de plus banal… jusqu’à ce que chacun des participants (un kangourou, un hérisson, une grenouille, un serpent…) disparaisse mystérieusement…  Et qu’une ombre fort menaçante s’approche peu à peu !

Une lecture maline à partager avec les petits lecteurs

Très peu de texte, mais un visuel qui est tout aussi parlant voir plus, d’autant qu’il nous raconte une toute autre histoire… Voilà ce à quoi il faut vous attendre avec A quoi on joue ? Le duo composé par Muriel Zürcher et Stéphane Nicolet est ainsi très efficace.

L’intérêt tout particulier de cet album est donc son double sens de lecture. Il y a le texte qui dit une chose… et le visuel qui en dit une tout autre. Ainsi, même si il y a très peu de texte, je ne conseillerais cet ouvrage qu’à partir de 4 ans car la compréhension n’est pas évidente avant. Mais il est génial, simple, malin et très bien pensé !

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Cet album est donc une petite réussite. A proposer aux jeunes lecteurs pour leur faire découvrir une narration originale et efficace qui les fera frissonner… avant de découvrir la fin ! (qui est rassurante, ouf !).

Chronique Jeunesse : L’ogre au pull rose griotte

L'ogre au pull rose griotteUne suite haute en couleurs et encore meilleure que le premier opus !

Souvenez-vous, en 2014, L’ogre au pull vert moutarde avait débarqué en librairie, lançant au passage la collection Pépix. Deux ans plus tard, il revient ! Mais il a eu le temps de changer de pull (il était temps…) en passant du vert moutarde au… rose griotte, oui !

A la plume, nous retrouvons la talentueuse Marion Brunet (La gueule du loup, Dans le désordre) et à l’illustration, Till Charlier (Jean-Yves à qui rien n’arrive, Huit farces pour collégiens), tout est donc en place pour une toute nouvelle aventure…

Une idée un peu folle signée La Boule

De retour au Foyer pour enfants, la petite équipée formée par Abdou, La Boule et Yoan est devenue un vrai modèle. Abdou en particulier est totalement encensé par les plus jeunes de l’établissement. Après tout, sauver l’établissement d’un ogre affamé à de quoi rendre populaire ! Mais maintenant qu’elle sait que les ogres existent, La Boule compte bien se servir de cette information pour se débarrasser de son horrible beau-père…

L'ogre au pull rose griotte intérieur

Une suite géniale et débridée

Comme dans le premier tome, l’histoire démarre immédiatement, pour ne plus nous lâcher… Mais ce second opus est encore plus efficace et prenant : La Boule et son idée saugrenue de faire dévorer son beau-père par le fameux ogre au pull vert moutarde, la vadrouille en forêt, un groupe d’ogres bikers, une rencontre à un festival très rock de sorcières… Vous aurez tout votre content d’aventures !

Autre avantage de cette nouvelle aventure champêtre et fantastique, vous n’êtes pas obligés d’avoir lu le premier tome pour apprécier l’histoire. En effet, il y a une petite piqure de rappel dès le début du roman qui suffit largement pour avoir un petit historique.

Bref, le tout est enlevé, drôle, très créatif et surtout… inattendu ! En effet, comme vous pourrez le constater vers la fin de cette histoire, la conclusion sort des sentiers battus. Mais chut… je n’en dirais pas plus.

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Pour conclure, ce second opus de la saga de l’ogre (quelle que soit la couleur de son pull) est top. Et même plus que ça, car je l’ai de loin préféré au premier tome. Ici, Marion Brunet montre toute sa créativité et sa façon bien à elle de conter une histoire complètement originale et carrément barrée ! Et ce n’est pas fini… le prochain opus est pour bientôt, et cette fois-ci, l’ogre n’aura pas de pull et sera complètement… à poil ! Oui !

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Chronique : Chroniques du bout du monde – Tome 7 – La malédiction du luminard

chroniques du bout du monde luminardEncore une fois, voici du lourd dans le domaine de fantastique jeunesse avec le septième tome des Chroniques du bout du monde de Stewart et Riddell (mais qui est en fait le premier tome de la saga si l’on se réfère à la chronologie de la saga).

C’est donc un nouveau cycle de 3 tomes qui s’offre : Le Cycle de Quint, un jeune garçon pirate du ciel depuis sa plus tendre enfance, et pour cause, son père est LE pirate qui règne en maître sur la Falaise et son ciel. Le cycle commence très bien, on y (re)découvre la magnifique ville flottante Sanctaphrax dans toute sa splendeur d’antan. Et déjà à cette époque, la ville était pleine de machinations et de complots pour le pouvoir. Tout commence très vite : on est littéralement « poussé » dans cet univers absolument hallucinant par sa richesse d’idées et de concepts farfelus.

Ainsi suivons-nous nos deux héros : Quint et Maria, que tout sépare et qui pourtant vont être amenés à travailler ensemble pour leur bien commun et surtout pour celui de Sanctaphrax. Vous allez donc au gré des occasions, vous balader, errer, dans cette ville-rocher : ainsi certains recoins vous seront révélés, cela pour votre plus grand plaisir mais aussi votre plus grande terreur… mais je ne vous en dit pas plus… le nid de pierre (noyau du rocher constituant la ville flottante) est particulièrement effrayant avec ses tunnels mouvants et trompeurs.

En bref, une histoire toujours aussi bien ficelée que dans les précédents, pas de redondance, pas d’ennui, des illustrations toujours aussi magnifiques et d’un détail époustouflant. Je n’ait plus qu’à vous souhaiter une excellent voyage au bout du monde !

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Chronique Jeunesse : Petit Poil veut grandir

Petit Poil veut grandirVoici la suite du livre Petit Poil, d’irina Korschunow (Allemagne). Il y a auttant de poésie que dans le premier, avec toujours de douces et belles illustrations. J’ai bien aimé, même si je préfère quand même le premier tome. Celui-là a un côté moins féérique, mais compense par son côté « morale de l’histoire », qui est bien imagée. De plus, ce livre est fort intéressant du point de vue de l’enfant, car il est destiné aux « petits grands » : les enfants qui veulent grandir comme Petit Poil. Ils peuvent donc réellement s’identifier au personnage.

Avec, une petite leçon pour tous : ne pas se fier aux apparences. Aussi bien d’un côté que de l’autre, d’ailleurs. Petit Poil va avoir l’occasion de voir les deux points de vue. Et cette fois, ce n’est pas Tante Ronchon qui exaspèrera Petit Poil, mais son Oncle Diabolo, qui trouve que ce dernier est bien trop fainéant et qu’il ne fera jamais rien de sa vie… c’est pourquoi notre cher Petit Poil n’en peux plus d’être considéré comme un enfant, et qu’il veut grandir pour ne plus être une mauviette, selon les dires de son Oncle.