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Chronique manga : Tokyo Kaido, l’intégrale

Un manga étrange et déstabilisant qui frise à la fois le fantastique et l’ubuesque sans oublier l’étrange de façon omniprésente… Accrochez vous, c’est du jamais lu.

Minetaro Mochizuki est un mangaka dont l’œuvre paraît en France chez Le Lézard Noir, son travail a été très remarqué lors de la parution du manga en 4 tomes Chiisakobé. Avec Tokyo Kaido, l’auteur nous montre une autre facette de son travail, plus étrange et dérangeante…

Une clinique aux patients bien particuliers

Bienvenue dans la Clinique Christiania, un établissement spécialisé dans la recherche sur le cerveau. Son but ? Aider enfants et adolescents à surmonter leurs problèmes psychologiques, qu’ils soient issus d’un accident ou d’une maladie.

Ainsi cette trilogie de mangas se concentre sur cinq personnages principaux : Hashi, 19 ans, qui suite à un accident a un morceau de métal dans la tête. Ledit morceau métallique semble l’avoir totalement désinhibé et il dit absolument tout ce qu’il pense, parfois même les pires horreurs.

Il y a également Hana, 21, qui suite à une affection touchant con cerveau est prise d’orgasmes subit à n’importe quel moment. Cela la mettant parfois dans des situations extrêmement gênantes et invivable en société.

Parmi les cas les plus étranges, vous ferez la « rencontre » de Mari, 6 ans. Elle a la particularité incroyable de ne voir aucun être humain. Elle pense être la seule au monde et n’a aucune interraction avec personne. Cependant, si elle voit des êtres humains à la télévision, elle les voit, c’est donc par ce biais que les médecins communiquent avec elle ainsi qu’à l’écrit. De même, elle a l’étrange habitude de ne manger que la moitié exacte de ses plats.

Enfin, il y a Hideo, 10 ans, persuadé d’être doté de supers pouvoirs et d’être en contact avec des forces supérieures. Il est toujours affublé d’une cape et tente diverses expériences de contact avec ces fameuses forces…

Le cinquième personnage est le Docteur Tamaki, central car il gère tous ces étranges patients, mais aussi parce qu’il a une part plus sombre et inavouée que l’on découvrira par la suite. Il est un mystère lui aussi à sa façon.

Voilà pour les présentations formelles des personnages, mais alors que raconte exactement Tokyo Kaido ? Il illustre comment chacun tente de s’en sortir et de trouver sa propre voie malgré ses pathologies plus ou moins lourdes et un passif qui l’est parfois tout autant…

Un manga intéressant mais qui laisse sur sa faim…

Tokyo Kaido est une trilogie, et quand j’ai terminé la lecture du premier tome j’étais très enthousiaste. Tout me plaisait : le graphisme, l’histoire, les personnages atypiques… tout ! Sauf qu’à partir du second tome, ça commence à devenir un peu trop bizarre et surtout je n’ai pas saisi les symboliques (s’il y en avait ?).
Je me doutais que c’était le genre de manga à laisser des questions en suspend, mais là, nous n’avons en réalité aucune réponse sur aucun sujet. C’est très déstabilisant et assez frustrant.

Vous ne saurez jamais pourquoi Mari ne mange que la moitié parfaite de ses plats ou pourquoi à la fin, toute sa perception se coupe en deux. Vous ne saurez jamais si les forces supérieures avec qui Hideo discute sont réelles ou uniquement dans sa tête… On sait pas non plus pourquoi Bibi le vigile, porte une fausse moustache (ça m’a bien perturbée ça d’ailleurs).

Par ailleurs, chose importante, le personnage principal, Hashi, qui possède un corps étranger dans le cerveau et qui dit tout haut ce qu’il pense, dessine un manga. Ce manga très sombre et morbide, vous le découvrirez peu à peu au fil des chapitres et des tomes. Et il est intéressant bien qu’une fois encore, le sens profond me soit totalement passé à côté.

En fait, pour apprécier ce manga, il faut absolument lâcher prise et ne pas chercher à avoir forcément une explication. C’est un exercice difficile car nous sommes souvent en quête de sens ou de révélations fracassantes. Mais Tokyo Kaido ne s’embarasse pas d’explications et encore moins de réponses claires.
Si vous aimez les ambiances étranges, bizarres et curieuses vous êtes au bon endroit. Par contre, si vous avez envie d’un manga clair où tout trouve un sens à la fin, passez votre chemin. C’est ce qui n’a pas marché pour moi, j’ai été déçue de ne pas comprendre ni trouver de réponses par moi-même. Par contre, j’ai adoré toutes les planches de ce manga atypique. Les dessins de Minetaro Mochizuki sont d’un réalisme exceptionnel. C’est du grand art, et chaque trait est d’une précision remarquable.

A découvrir si l’on est fan de mangas et d’étrange. Mais surtout, ne cherchez pas les réponses, mais plutôt une atmosphère. A réserver aux amateurs pointus de manga (dont je ne fais point partie je crois). Je retenterais ma chance avec Chiisakobé, qui m’a l’air plus classique dans l’intrigue, le travail de Minetaro Mochizuki mérite une seconde chande à mes yeux.

Et bravo aux éditions du Lézard Noir pour leur travail exceptionnel. Chaque nouvel ouvrage qui sort chez eux est un bijou de fabrication (choix du papier, format plus grand qu’un manga normal, couvertures soignées et solides… ).

GENRE : Japon, Mangas
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique ado : L’estrange malaventure de Mirella

Sombre, sublime et magnifique, cette réécriture du conte du Joueur de flûte de Hamelin vous restera en mémoire…

Flore Vesco est une autrice française que j’ai découverte il y a quelque temps avec De cape et de mots (Didier Jeunesse). Depuis, je veux découvrir TOUT ce qu’elle a fait. Elle écrit diablement bien, se joue des mots et de leurs sonorités et propose toujours des histoires aussi belles qu’originales.
Son tout dernier roman en date est De délicieux enfants, à L’école des Loisirs. On peux également citer dans ses précédents titres le roman D’or et d’oreillers, il est paru en 2021 à L’école des Loisirs. Quant à L’estrange malaventure de Mirella, également paru à L’école des Loisirs, l’ouvrage a raflé quantité de prix littéraires prestigieux. Notamment le fameux Prix Vendredi.

Une héroïne emplie de bonté à qui la vie ne sourit pas…

La jeune Mirella est une porteuse d’eau travailleuse, contrairement à quantité de ses camarades, elle court, s’essouffle et fait au mieux pour que chaque habitant de la ville d’Hamelin soit bien pourvu en eau. Même les mendiants. D’ailleurs, à bien y réfléchir, les mendiants sont encore mieux traités que les porteurs d’eau dans cette ville… Mais s’il n’y avait que cela…
Mirella est aussi gentille que très belle, ce qui n’a pas manqué de retenir l’attention de certains porteurs d’eau. Mais s’il n’y avait que la pauvreté et les difficultés inhérentes à sa condition, cela irait encore, mais le sort s’acharne sur Mirella… et la peste sur la ville d’Hamelin.

Une réécriture féministe du joueur de flute de Hamelin

Que ce soit au niveau de l’écriture, de l’intrigue ou des personnages et de leurs répliques, tout est bon à lire dans L’estrange malaventure de Mirella. Ce livre est incroyable en premier lieu car la plume de Flore Vesco est d’une fluidité et d’un style inouï. Rares sont les auteurs à lier avec efficacité qualité d’écriture et style limpide, Flore Vesco fait partie de ceux-là. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle pourrait écrire des pavés entiers, ils se liraient tout aussi biens !

Outre cette écriture si qualitative, l’intrigue en elle-même est parfaitement construite. Jusqu’au bout, vous ne savez pas jusqu’où osera aller l’autrice. Comment va-t-elle faire entrer la jeune Mirella dans la légende ? Car l’histoire de la jeune femme est la VERITABLE histoire du joueur de flûte de Hamelin, et pas la version édulcorée que les contes nous ont laissée depuis presque deux-cent ans…
Et surtout, Flore Vesco réussit le coup de maître d’insérer un humour mordant à des moments les plus inattendus, un régal !

« Soyez sages et pieux, et jamais vous ne poserez les pieds sur les pavés brûlants qui mènent aux portes du Diable. L’Enfer est réservé aux meurtriers, aux voleurs, aux assassins et aux femmes caractérielles.« 

Et sans avoir l’air d’y toucher, ce récit est résolument féministe. Mirella est un héroïne totalement hors des cadres, elle est libre dans sa façon d’aider les plus faibles, de puiser une énergie insoupçonnée pour combattre l’adversité et… se jouer de la mort.

Si l’on doit retenir un mot de cet ouvrage pour le définir, ce serait charmé : par l’atmosphère étrange et unique, l’écriture envoûtante… l’univers à la fois historique et surréaliste. Ce roman est un coup de maître que je relirais sûrement avec un immense plaisir dans quelques années. A découvrir dès l’âge de 14 ans, et à savourer sans limites.

Chronique YA : Three Dark Crowns – Tome 1 – Three Dark Crowns

Le premier tome d’une fantasy sombre et envoûtante aussi dense que très surprenante. Si vous aimez les lectures qui vous transportent et vous font vivre une chute vertigineuse en fin de tome, c’est la saga qu’il vous faut !

Troisième roman de l’autrice américaine Kendare Blake à paraître en France, Three Dark Crowns (ou TDC pour les intimes) fait partie des ouvrages très remarqués de la fin d’année 2021.
Les éditions Leha frappent fort et comptent bien continuer sur leur lancée en écrasant tout sur leur passages avec quantité d’autres grosses séries de SFFF. Et avec TDC, les fans de fantasy sombre trouverons de quoi se repaître… La traduction est assurée par Hermine Hémon (elle traduit régulièrement et qualitativement pour les éditions Lucca ou encore ActuSF).

La série compte cinq tomes au total, plus un recueil de nouvelles.

Trois soeurs pour un seul trône

Bienvenue dans un monde autarcique où chaque reine donne naissance à des triplées, uniquement des filles, et chacune avec un pouvoir différent. Quand ces dernières sont assez grandes, la reine s’exile et laisse ses trois filles s’entretuer pour la couronne. C’est juste avant la cérémonie qui lancera la sanglante compétition que nous découvrons ce monde étrange et cruel…
Imaginez les Hunger Games avec de la magie et un trône à la clé ! Le tout sans oublier toute la complexité géopolitique de l’intrigue… Bien malin qui saura démêler le vrai du faux.

Une intrigue de haute volée

Il faut l’avouer, il n’est pas évident d’entrer d’emblée dans l’univers de TDC. L’autrice nous lance énormément d’explications (nécessaires) sur l’univers qu’elle a créé, ses intrigues, ses enjeux… C’est parfois un peu indigeste, surtout en début d’ouvrage. Mais une fois passé ce cap d’explications où le décor se pose doucement, on est lancé.

L’intrigue est maline, dense et très surprenante. TDC est une littérature YA exigeante, ce qui n’est pas un gros mot, mais un compliment. C’est bien écrit, avec un vrai style (que la traduction a su rendre au mieux) et on est loin de certains romans ados ultra simplistes. En fait, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un bon roman ado avec un peu de matière. Les trois quarts de la production sont si prévisibles et conditionnés pour un public type qu’il est impossible d’avoir un quelconque effet de surprise. De même pour le plaisir de lecture, c’est tout aussi rare.


Avec TDC, on demande au lecteur de faire en effet un effort, mais quelle récompense ensuite ! Une fois passées les cent premières pages, on comprend à peu près l’environnement dans lequel évoluent les trois sœurs. Et là, on se régale à découvrir les trahisons, complots et machinations qui se trament… Sans parler de malheureux hasards du destin !

C’est malin, très réussit et Kendare Blake a su garder un réel effet de surprise jusqu’à l’ultime page de ce premier tome. Mais quelle fin ! J’avoue que j’ai beaucoup regretté que le second tome n’ait pas encore été traduit quand j’ai terminé ce premier opus. Le final est tellement fou, c’est impossible de ne pas vouloir relire certaines scènes qui apparaissent sous un jour nouveau…

Bref, vous l’aurez compris, j’ai été conquise malgré quelques débuts un peu lents pour moi. C’est sûr qu’à force de lire des romans aux phrases courtes et au vocabulaire simpliste, on oublie que parfois il faut faire un effort pour découvrir de nouveaux univers. Efforts très largement récompensés ! Alors, je lirais la suite avec beaucoup de plaisir, d’autant qu’en plus d’être bons à l’intérieur, les livres sont superbes à l’extérieurs.
Les couvertures sont les mêmes que la VO, et elles sont un régal pour les yeux…

Chronique Jeunesse : Ours – Tome 1 – Retour sur terre

Une revisite ursuline de la Planète des Singes pour les plus jeunes

Johan Heliot est un auteur français d’imaginaire qui a déjà beaucoup de romans à son actif : La trilogie de la lune, Ados sous contrôle, L’imparfé, Forban ! pour ne citer qu’eux. Il écrit aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes et s’essaye à des styles d’imaginaires très différents.
Ours a paru en février 2022 en librairie aux éditions Auzou dans leur collection de romans pour les 10/12 ans : Eclair+.

Retour à la case départ

Un immense vaisseau censé sauver l’humanité a entrepris il y a plus de 10 000 un voyage sans retour vers une planète lointaine et viable pour l’humanité. Mais pendant le long voyage, elle a été détruite, ce qui a obligé le vaisseau à retourner sur Terre… Mais la planète pollue et inhabitable a laissé place à une Terre florissante où la vie est à nouveau possible. Trois humains aterrissent en catastrophe pour voir s’il est possible pour l’humanité de se réinstaller en toute sécurité.
Mais ce qu’ils vont découvrir n’est pas positif pour l’avenir de l’homme sur cette nouvelle version de la Terre.

Une porte d’entrée vers la science-fiction pour les jeunes lecteurs et lectrices

Pour celleux qui n’ont pas encore découvert la sf, ce roman peut en être une bonne introduction (couplé à d’autres ouvrages). Il fait découvrir le genre post-apocalyptique ainsi que toutes les problématiques classiques de ce genre. Le déroulement de l’ouvrage est très classique, ainsi je pense qu’il faut l’appréhender comme un roman-passerelle pour découvrir le genre sf.

L’intrigue en elle-même est assez classique même si elle comporte quelques petites surprises appréciables (notamment en presque fin d’ouvrage). Cependant, il y a une chose qui m’a fortement déplu, c’est la psychologie des trois personnages humains. En effet, je les ai trouvé très stéréotypés dans leur façon d’être et leurs réflexions intérieures, c’est dommage et peu intéressant à lire de ce point de vue…

Ainsi l’idée de proposer aux jeunes lecteurs un hommage à l’emblématique roman de Pierre Boulle est plutôt bonne, mais si la mise en œuvre est parfois maladroite. C’est parfois un peu cousu de fil blanc, mais l’univers côté ours créé par Johan Héliot est très intéressant, plus que la partie « humaine » selon moi… Un premier tome sympathique donc, bien qu’assez vite oublié.

Chronique Jeunesse : Le temps des mitaines – Tome 1 – La chambre morne

Un mélange extraordinairement savoureux de sciences et d’humour dans une ambiance à la Breakfast Club !

Peut-être connaissez-vous déjà la série de bd du même nom Le temps des mitaines ? Si c’est le cas, c’est chouette, mais si vous ne connaissez pas, aucun soucis. Je découvre moi-même Le temps des mitaines avec ce roman, qui se déroule une vingtaine d’années avant les bd originale. Les auteurs sont les mêmes que pour les bande-dessinées, la vraie différence réside dans le fait qu’ici le texte prime et qu’il y a assez peu d’illustrations.

Un huis-clos imposé et inattendu

Ils sont cinq, n’ont rien en commun si ce n’est d’avoir une heure de colle ensemble… ils vont donc devoir cohabiter et se tolérer pendant un temps très court… Sauf qu’il se passe une chose étrange. Ils deviennent prisonniers de la bibliothèque où ils passent leur punition… Impossible pour eux d’en sortir, comme s’ils étaient dans une bulle infranchissable !
C’est ainsi que la cohabitation va se transformer en quelque chose d’autre… mais avant cela, ils vont devoir apprendre à se connaître et à dépasser les à prioris qu’ils ont les uns sur les autres…

Une ode fine à la tolérance et au respect des autres

Comment est-il possible de présenter un roman jeunesse avec un telle phrase d’accroche ? (cf intitulé d’article). Après y avoir réfléchis, c’est pourtant celle-ci qui prime pour moi car le mélange est assez original pour être souligné. Oui, c’est une grosse référence à Breakfast Club, et oui on parle de physique quantique, où est le problème ?

Ce roman jeunesse est magnifique par bien des aspects et fait d’ores et déjà partie de mes romans préférés lus en 2023 pour la tranche d’âge de 9/11 ans. On y traite à la fois de la différence, du mal-être, de problèmes familliaux, de traumas mais également de bonté et d’empathie. Mais plus encore que les thèmes abordés, c’est la façon douce et positive dont ils sont présentés qui fait mouche.

Ainsi, on a Caïus, le chat brutal et antipathique qui cache des blessures aussi bien physiques que psychologiques. La petite oursonne mignonne qui ne pense jamais à mal prénommée Céleste Anternoz (que l’on retrouve apparement 20 ans plus tard dans les bd en tant que maman du héros Arthur (il y a même une petite image en fin d’ouvrage).

Il y a également Nocte (ma préférée !), une chauve-souris qui se tient à l’écart de tous de part sa religion et ses croyances inculquées depuis toujours. Elle fait partie de la communauté Shami, qui prône l’isolement et une vie à l’écart du monde. Vous noterez que Shami est la parfaite anagramme d’Amish au passage, avec qui elle partage certaines valeurs.

On peux aussi parler du très intelligent et docte Angus Goupil, bien que très supérieur en intellect, il ne se croit jamais supérieur à celleux qu’il côtoie. Et enfin, il y a le timide mais courageux souriceau Prosper, à la vie tumultueuse, lui qui fut baladé de famille d’accueil en famille d’accueil et dont la vie n’est pas rose…

Tous les cinq sont spéciaux et attachant à leur manière. Chacun a sa propre personnalité bien campée et la synergie inattendue qui va se développer entre eux est presque… magique ! Ce roman est un pur mélange entre sciences, surnaturel, huis-clos à suspense et humour et ça fonctionne à merveille.

« […] Apprêtez-vous spécifiquement à savourer votre pénitence en cette heure où vous dégustez habituellement votre petit-déjeuner chez vos parents et…
A ce moment précis, Prosper le souriceau leva le doigt pour intervenir sans même attendre la permission :
( M’sieur, m’sieur, je pense que qu’il y a erreur parce que moi, j’en ai plus…

– T’as plus de petit-déj ? persiffla Caïus […]

– Bé non, je veux dire que j’ai plus de parents puisqu’ils sont morts après avoir consommé dix-sept kilos de champignons venimeux pendant un pique-nique, en pensant déguster des pleurotes !


Sortant de son habituelle réserve, voire autant le dire de sa perpétuelle indifférence, Goupil ajouta son grain de sel avant que le directeur n’ait pu reprendre la main :

– Vénéneux, pas « venimeux » !

– De quoi parles-tu ? s’étonna Céleste.

-Sachez, incultes, que les eucaryotes pluricellulaires et unicellulaires ne sécrètent pas de venin par des glandes dérivées du système digestif. Leur toxicité est donc passive et non inoculée de façon active comme chez les scorpions ou les serpents ! Ainsi on peut dire qu’ils sont vénéneux, pas… […]. »

Je m’arrête ici pour l’extrait, qui est déjà long, mais cela vous donne un excellent aperçu du mélange d’humour, de drame et d’érudition mélangés.
J’ai par ailleurs oublié de préciser que l’ensemble du roman fait usage d’un langage assez soutenu, chose aussi rare qu’appréciable, surtout en littérature de jeunesse. Ainsi, il y aura certainement des mots qui poserons question aux jeunes lecteurs, et c’est tout de même bien mieux que quand cela tombe tout cuit dans le bec, n’est-ce pas ?

Ainsi, ce premier tome (il y a deux tomes disponibles chez Little Urban) est un régal de lecture. Un parfait texte bien maîtrisé et qui rend heureux et mélancolique tout à la fois. Un roman parfait en somme !

Chronique jeunesse : La maison Chapelier – Tome 1

De la magie, de la politique, de l’Histoire… et des vêtements au propriétés magiques !

Voici le premier roman de Tamzin Merchant, actrice et maintenant autrice… Vous pouvez la voir dans la série Carnival Row (qui met en scène des fées – et de magnifiques chapeaux – dans un monde ressemblant fort au nôtre il y a plus d’une centaine d’années).
Pour donner naissance à cette série haute en couleurs et en créativité, l’autrice s’est levée un matin, à 4h30, et l’inspiration venait de lui tomber dessus.
C’est ainsi qu’est née La maison Chapelier. Un roman historique et fantastique qui nous propose une version alternative de Londres et de ses enjeux politiques…

Comment un chapeau peut-il arrêter une guerre ?

Bienvenue à Londres, plus précisément dans la maison Chapelier… C’est ici que l’on confectionne des chapeaux pour tout type d’occasion. Pour se sentir en confiance, pour déclarer sa flamme et améliorer éloquence, pour monter sur scène… pour désamorcer une guerre.
En quoi les chapeaux sont-ils magiques ? La famille Chapelier est la SEULE de tout le pays à avoir le droit d’exercer cet art délicat grâce une autorisation émise par la royauté elle-même. Mais il n’y a pas que les Chapeliers qui ont se bénéfice, il en est de même pour les Bottiers ou encore les Gantiers qui eux-même exercent chacun dans leur spécialité.
Alors en quoi tous ces objets peuvent-il être magiques ? Tout cela tiens dans les ingrédients et dans le savoir-faire unique de celui ou celle qui les fabrique. Cet artisanat, la jeune Cordélia Chapelier l’apprend tout doucement… mais on ne llui fait pas encore assez confiance pour qu’elle réalise des commandes à elle toute seule. Rien que l’état d’esprit de celui ou celle qui fabrique le chapeau peut influer sur le résultat final. C’est donc un art extrêmement délicat…

Alors quand un chapeau de diplomatie est commandé par la famille royale pour éviter le pire, c’est toute la famille Chapelier qui s’y met… Mais il semblerait que quelqu’un souhaite leur mettre des battons dans les roues. Ce qui pourrait mener à un conflit ouvert avec le royaume de France.

Une pincée de magie et de savoir-faire…

Ce premier tome est assez engageant et plaira à tous les enfants qui aiment les ambiances un peu loufoques et surtout merveilleuses. L’idée est assez originale bien que son développement reste assez classique, c’est une lecture très plaisante.

L’idée de ce Londres alternatif où la magie de l’artisanat fait des merveilles est très plaisante, d’autant qu’il y a des enjeux historiques et politiques. C’est bien réfléchi, et mené avec efficacité. J’ai tout particulièrement apprécié cette ambiance Victorienne mêlée à un soupçon de magie. En réalité, tout est dans le choix des objets qui décorent le chapeau. L’univers créé par Tamzin Merchant est d’ailleurs très détaillé en cela en toute fin d’ouvrage. Ce sont plus d’une cinquantaines d’ingrédients étranges et uniques qui sont catalogués et détaillés avec soin par l »autrice !

Ainsi, c’est donc le début d’une série sympathique qui pourra parfaitement satisfaire les enfants dès l’âge de 9/10 ans. Le tome 2 n’est pas encore annoncé pour le moment.

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : L’indien du placard

Un classique oublié de la littérature britannique jeunesse à découvrir (avec un peu de recul) pour améliorer sa connaissance du fonds et de la jeunesse !

Lynne Reid Banks est une autrice britannique qui a écrit plus d’une cinquantaine d’ouvrages, tous âges confondus. Son ouvrage L’indien du placard a connu un succès phénoménal, avec plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Le livre a d’ailleurs bénéficié d’une adaptation cinématographique qui a concouru à son succès.

L’indien du placard est le premier tome d’une pentalogie, mais la suite n’est jamais parue en France et l’ouvrage se suffit à lui-même. Il mélange tout ce qui fait un bon roman jeunesse : un mystère, de l’aventure et du fantastique, le tout savamment dosé.

Un cadeau extraordinaire et insoupçonné

Omri est un jeune garçon gâté : il s’est vu offrir pour son anniversaire une énième figurine pour jouer. Un Indien en plastique. Sauf qu’il en possède déjà beaucoup et que cet Indien n’a rien de spécial… Mais Omri a également eu comme cadeau un petit placard en métal, et il a réussi à trouver une clé qui va avec. Et c’est là que bascule la réalité : le petit placard est magique ! Il donne vie à ce que l’on enferme dedans avec un tour de clé. C’est ainsi qu’Omri se retrouve avec un vrai Indien – minuscule – chez lui. Ce secret est incroyable, et presque trop grand pour lui malgré la petitesse des choses qu’il anime…

Quand l’étrange s’invite dans le quotidien de l’enfance

Ce que j’adore avec les classiques de la littératures jeunesse fantastique, c’est qu’ils ont toujours une façon bien particulière de s’immiscer dans le quotidien. Un petit élément suffit à faire basculer les jeunes héros : une armoire magique (Le Monde de Narnia), un plateau de jeu aux règles étranges (Jumanji) un compas singulier et un couteau qui l’est plus encore (Les Royaumes du Nord), un talent trop prononcé pour le dessin (La Quête d’Ewilan)…

C’est dans la façon que ce basculement se fait que selon moi on reconnaît un bon roman jeunesse. Et je comprends pourquoi L’Indien du placard a eu du succès. Il mélange problématiques du quotidien (amitié, secrets, danger du monde des adultes) avec le fantastique, qui doit rester à tout prix protégé. Je pense aussi que beaucoup d’enfants ont ensuite rêvé posséder leur propre petit placard avec sa clé magique !

Par contre, en lisant L’Indien du placard, on découvre aussi une ancienne façon d’écrire et de traduire… en adéquation avec son temps. L’ouvrage a été écrit en 1981, et le personnage de L’Indien est un pur stéréotype de ce qu’on été les indiens d’Amérique. De plus, il a une façon de parler très minimaliste, ne conjuguant pas les verbes et parlant assez mal. On peut y voir la barrière des langues… ou autre chose. Donc si vous lisez (ou un enfant) cet ouvrage, il faut le faire avec du recul et un accompagnant adulte qui explique le contexte, dans l’idéal.

De même, la scène ou Omri demande à Petit Taureau (c’est son nom d’Indien…) s’il souhaite un compagnon et que ce dernier lui « commande » une femme est assez dérangeant. Qui dit que la femme commandée voudra de Petit Taureau ? C’est mon regard d’adulte qui tente de se détacher de tout racisme et stéréotype qui a vu cette facette de l’ouvrage. Alors, oui, c’est daté, mais si un jour L’école des Loisirs souhaite rééditer cet ouvrage, il faudrait y mettre soit un avertissement pour expliquer que ce texte est le reflet d’une époque et empli de stéréotypes ou alors retraduire le texte sans le dénaturer (plus délicat).

Pour ce qui est de l’intrigue pure, j’ai beaucoup aimé. Cette aventure va forcer Omri à grandir et à se responsabiliser. Car oui, posséder des humains miniatures, ça a l’air cool quand on a dix ans, mais on déchante vite quand il faut les nourrir et ne pas se faire repérer par les parents. Beaucoup de stress pour le garçon, d’autant que garder un secret aussi « gros » lui donne des tracas et des insomnies.

Ainsi, ce roman pour la jeunesse est devenu un classique, et on comprend aisément pourquoi. Tout se déroule avec efficacité, les dangers et les enjeux sont clairs, captivants, tout fonctionne ! S’il fallait le relire aujourd’hui, soit quarante ans après son écriture, il faudra toutefois y apporter un certain esprit critique.

A lire dès 11 ans environ.

Mini-chroniques jeunesse #6 : Des enfants très normaux bien qu’uniques et un chat vraiment très particulier

Voici quatre romans jeunesse que j’ai pu découvrir il y a quelque temps, ils ne sont pas tous bons ni même originaux, mais certains feront passer un bon moments aux enfants ! Pour les autres, passez votre chemin…

Kid Normal – Tome 1 – Greg James & Chris Smith – Poulpe Fiction

Kid Normal est l’histoire d’un jeune homme extraordinaire par sa… normalité. Pourquoi un tel surnom ? Tout simplement parce que Murph, le fameux garçon dont il est question dans cette histoire a intégré une école bien spéciale. Sur un terrible malentendu, sa mère a réussit à l’inscrire dans une école qui forme les futurs supers-héros. Sauf que Murph n’a aucune cape (nom des super-pouvoirs) et ne va pas faire illusion bien longtemps… En parallèle à son histoire, nous allons faire la connaissance d’un homme malfaisant qui va faire une grande et terrible avancée scientifique…

Ce premier tome de Kid Normal est bien sympathique, j’ai tout particulièrement apprécié la première partie du roman. Ensuite, c’est beaucoup plus prévisible mais ça reste agréable à lire. Mais l’idée de base du roman est très plaisante et c’est fort dommage d’ailleurs que les éditions Poulpe Fiction n’aient pas publié la suite de la série en France… Cela n’a pas du fonctionner assez pour la sortir, à tel point d’ailleurs que ce premier tome lui-même est épuisé. Vous ne le trouverez que d’occasion. C’est fort dommage, pour une fois qu’il y a une série jeunesse qui sort un peu du lot à mes yeux… La surproduction est telle qu’il y a beaucoup d’histoires qui se ressemblent, celle-ci avait le mérite de détonner légèrement.
Si vous avez l’occasion de tomber dessus, c’est adapté dès l’âge de 9/10 ans environ.

Le power contrôler – David Baddiel – Seuil Jeunesse

Et si une manette de jeux-vidéo permettait de contrôler totalement quelqu’un de le rendre super doué en combat ou en foot ? C’est le cas du mystérieux Power contrôleur, que Fred et Ellie vont recevoir chez eux. Ils découvrent rapidement tous les pouvoirs qu’elle peut leur octroyer et décident de changer ce qui leur déplaît chez eux… Mais jusqu’à quel point ? Et est-ce encore eux une fois qu’ils sont « upgradés » par le power contrôleur ?

J’aurais pu classer cet ouvrage dans le mini-article dédié aux enfants impertinents, mais je me suis finalement ravisée. En effet, ils sont d’une familiarité terrible avec leurs parents, j’ai trouvé ça assez dérangeant. Ils leurs parlent mal, et surtout, ne les appellent que par leurs prénom. Jamais de « papa » ou de « maman », et je trouve ça franchement bizarre et déplaisant. Je n’ai toutefois pas mis ce roman dans la thématique enfants impertinents car ils n’ont qu’assez peu d’interactions avec leurs parents. Le roman est surtout concentré sur leur scolarité, leurs amis, leurs ennemis et les problématiques que l’on rencontre à cet âge. Ce n’est donc qu’un petit aspect de l’ouvrage qui les rend impertinents.

L’aventure que vivent Ellie et Fred est sympathique et à le mérite de montrer une jeune fille qui aime les jeux-vidéos et qui y excelle, et ça fait plaisir. C’est Ellie qui est au commande car elle est bien meilleure que son frère dans la maîtrise de la manette ! L’idée de la manette pour contrôler les gens (avec leur accord) est sympathique, mais l’auteur n’a pas su la transformer en quelque chose de captivant. Ainsi, l’histoire est des plus classiques et un brin trop manichéenne… C’est dommage, car ça partait plutôt bien ! Encore un livre qui densifie l’offre sans rien lui apporter réellement. Dès 10 ans.

Le creux des maths – Christine Avel – L’école des Loisirs, collection Neuf

Paru en 2012, Le creux des maths est un court roman très attendrissant et original. On y suit le jeune Abel, qui contrairement à tous les membres de sa famille n’aime pas les mathématiques. Pire, il n’y comprend rien. Sa mère vient d’avoir la médaille Fields (sorte de Prix Nobel de mathématiques décerné tous les quatre ans – pour information, il n’existe pas de Prix Nobel dans les sciences mathématiques), ses frères sont des génies des maths alors qu’ils sont plus petits que lui…
D’ailleurs, en parlant de ses frères, c’est grâce (ou à cause, tout dépend) à eux qu’Abel va avoir le droit de voyager une semaine entière en Finlande. Il va avoir l’opportunité d’échanger avec l’un des plus grand mathématiciens au monde. Bonne chance à lui pour donner le change… Il fait semblant d’être abonné au magazine Tangente, fait croire au scientifique qu’il est extrêmement au fait des mathématiques, mais il devient difficile de donner le change.

J’ai beaucoup aimé ce très court roman destiné aux 9/10 ans. Il est à la fois amusant et assez original. On y découvre la Finlande et ses nombreux attraits au travers des yeux d’un enfant. Et surtout… cette histoire est assez surprenante, on ne sait quel tournant l’autrice va faire prendre à son roman, et c’est très bien trouvé !
Mais d’où vient donc cet étrange et joli titre ? Là où toute la famille d’Abel a la bosse des maths, le jeune homme a tellement peu de capacités dans cette matière qu’ils disent qu’il a un creux des maths. Bien trouvé, n’est-ce pas ?

Je vous conseille donc vivement ce roman, parfait pour découvrir une histoire d’amitié improbable et qui fait comprendre qu’il est nécessaire de trouver sa propre voie. Et pas celle que les autres voudraient que vous empruntiez… !

Wondercat – Tome 1 – Un chat bleu très très spécial – Audren – Albin Michel

Voici l’histoire d’un chat bleu qui a élu domicile dans une famille qui ne se lasse pas de ses nombreuses particularités… Outre son étrange couleur qui semble ne pas vouloir partir malgré de nombreux bains, il semblerait que ce chat aie des pouvoirs. C’est ainsi que le nom de Wondercat lui est donné ! Mais quels sont ses pouvoirs ? Si je vous dis qu’il peux envoyer des sms par la pensée vous y croyez ?

Wondercat est le premier tome d’une petite série jeunesse parue il y a de nombreuses années chez Albin Michel Jeunesse. Je dois avouer ne pas avoir été particulièrement touchée ni intéressée par les aventures de ce « super chat ». L’écriture ne m’a pas emballée, et surtout, ce chat est assez agaçant et loin d’être attachant pour moi. Malgré son côté petit dictateur, la famille qui s’en occupe l’adore et va vivre un folle aventure pour le garder !
Personnellement, ça n’a pas pris du tout, que ce soit au niveau de l’histoire ou du style, les aventures de Wondercat n’ont tout simplement pas su me plaire… Dès 8 ans.

Chronique : Hidden Pictures

Vous ne regarderez plus jamais un dessin d’enfant de la même manière après cette lecture !

Hidden Pictures est un roman à classer entre le suspense fantastique et l’horreur, l’ouvrage est paru chez Bragelonne en septembre 2022. Il s’agit du second ouvrage de Jason Rekulak à paraître en France, son premier était publié chez Actes Sud sous le titre La forteresse impossible.
Sur la couverture française, on peut lire un bon mot de Stephen King qui nous conseille vivement l’ouvrage. A-t-il raison ? Pour moi, OUI. J’ai adoré ce livre du début à la fin.

Une réinsertion en douceur

Mallory Quinn est jeune, à peine la vingtaine, mais elle a déjà un lourd passé derrière elle. Ancienne accro à l’héroïne et autres substances hautement addictives, la jeune femme est en rémission depuis vingt mois. Tout semble donc être sur la bonne voie pour elle. Et pour ajouter une autre bonne nouvelle, son parrain vient de lui trouver un job d’été parfait : garder un petit garçon de 5 ans dans une grande maison avec piscine au sein d’une petite ville chic.

Le cadre idéal pour repartir du bon pied dans la vie… Et d’ailleurs, au début tout se passe bien. Il y a juste une chose qui gêne un peu Mallory, mais ce travail est en or, et elle est prête à fermer les yeux sur les dessins de plus en plus étranges que fait le petit Teddy… Mais jusqu’à quand ?

Une intrigue diabolique, maline et captivante !

En quelques pages, Jason Rekulak m’a happée dans son monde. Cette petite ville américaine proprette, cette famille aisée dans ce beau quartier, sa piscine, son cadre idéal… J’adore les mystères, et je les trouve encore plus savoureux quand ils ont lieu dans des quartiers à l’image de Wisteria Lane. Je m’en fait une image de perfection qui cache quelque chose d’étrange, louche, voir même pourri. Comme ça va être le cas ici… Je m’arrête là pour ce qui est de vous « vendre » l’intrigue. Je vous laisse découvrir le reste par vous même. Sachez simplement que l’ambiance et l’intrigue m’ont attrapée en très peu de pages, dessins compris.

Oui, ce sont les dessins de Teddy le noeud du problème qui enfle pour Mallory. Le petit Teddy dessine des choses très classiques au début du roman, mais peu à peu ses personnages deviennent de plus en plus glauques et flippants. C’est cette montée en puissance douce et insidieuse vers l’horreur que j’ai le plus apprécié, ça et une belle surprise dans l’intrigue aux trois-quart de l’ouvrage.
Beaucoup d’indices sont disséminés dans l’ouvrage, mais saurez-vous les voir ? Les déceler ? Les sentir ? Rien n’est moins sûr !

Pour une fois, j’ai donc réussit à être surprise par une intrigue qui a su sortir des sentiers battus et rebattus. Jason Rekulak a su me mener par le bout du nez, et je n’ai rien vu venir, si ce n’est un malaise croissant. Bravo à lui, c’est un régal jusqu’à la toute fin, qui est juste parfaite.

Hidden Pictures est donc un roman à l’intrigue géniale et à l’efficacité redoutable. Pour moi, ça a fonctionné à merveille du début à la fin. Jason Rekulak a su dès la toute première page insinuer du bizarre, et ensuite, c’est impossible à reposer. Merci à lui pour la nuit blanche, j’ai adoré. Mention spéciale aux dessins, qui sont vraiment aussi importants que le texte pour cette intrigue. Ils participent grandement à l’atmosphère glauque qui se diffuse de plus en plus tout au long du roman…

Un petit dessin creepy… le premier d’une longue série…

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Chronique YA : Les soeurs Hollow

Un one-shot young-adult détonnant, terrible, et inclassable qui saura vous surprendre !

Si vous ne connaissez pas encore l’œuvre de Krystal Sutherland, c’est l’occasion de faire sa connaissance avec Les soeurs Hollow. Elle a déjà deux romans de parus précédemment en France, mais qui ont fait moins de battage sur les réseaux que Les soeurs Hollow chez Rageot. Ses précédents ouvrages se nomment Nos coeurs en désaccord et Un jour plus que parfait, tous deux parus chez PKJ.

La disparition d’une figure mythique du monde du luxe et de la mode

La jeune Grey Hollow est devenue en très peu d’année une véritable star, à tel point qu’elle est même sa propre égérie. Elle est à la fois créatrice de mode, artiste, élevée au rang de déesse par ses fans. Elle ne peux pas dire ou faire la moindre chose sans que ce soit immédiatement relayé, copié, adulé. Alors, quand Grey Hollow disparaît, c’est un drame à l’échelle mondiale. Et cette histoire terrible et angoissante nous est contée par l’une de ses soeurs, la plus jeune : Iris Hollow.

Qu’est devenue Grey ? Que cache son incroyable charisme ? Pourquoi tout est altéré dans son sillage ? Les réponses que va trouver peu à peu Iris ne vont pas lui plaire, mais vont lui permettre de peut-être retrouver sa trace…

Dérangeant, étrange et fascinant !

Quand j’ai lu les premiers chapitres de ce roman, j’avoue ne pas avoir compris immédiatement à quoi j’avais à faire. Roman fantastique ? Horrifique même ? Autre chose ? Les soeurs Hollow est une sorte d’hybride de tout cela, entre le roman creepy et l’intrigue policière, le tout parsemé de légendes écossaises et croyances anciennes.

Le tout est savamment dosé, on bascule doucement du suspense vers l’étrange avec toutes ces fleurs et boutures qui poussent sur le corps d’Iris (un nom parfaitement trouvé). Et de l’étrange, on tombe d’une traite dans l’horreur et une course-poursuite angoissante.

Je ne dirais rien de plus sur le contenu de l’intrigue, je ne veux pas que vous perdiez une miette de cette histoire aussi bizarre que fascinante. Tout y est malaisant et fascinant à la fois, à l’image de Grey Hollow. Et si vous arrivez à deviner la conclusion de cette histoire, je vous tire mon chapeau. Personnellement, je n’ai rien vu venir et et j’ai adoré. Pour une fois, on a affaire à une histoire qui n’est pas trop classique ou cousue de fil blanc, et ça fait plaisir.

Mon seul reproche sera au niveau de la rythmique du roman, vers la seconde partie, il y a quelques longueurs et incohérences qui auraient pu être évitées. Cela alourdi le texte inutilement et fait perdre en dynamique, ce qui est dommage. Mais en dehors de cela, l’ambiance est réussie, et l’intrigue saura vous surprendre !

Alors si vous aimez les histoires glauques et les légendes écossaises, foncez sur ce roman inclassable et génial. Il a été longtemps plébiscité sur les réseaux américains, et je comprends pourquoi il a rencontré un tel succès ! C’est du jamais lu, et ça propose quelque chose de très différent de la (sur)production d’œuvres YA qui parfois se ressemblent un peu toutes. A découvrir dès l’âge de 14/15 ans. Et n’oubliez pas d’accrocher bien fermement votre petit cœur pour ne pas qu’il tombe en cours de lecture.