Archives du mot-clé fantastique

Chronique : Le tourneur de page – tome 2 – Vers l’inconnu

Le tourneur de pages 02Une suite qui tient presque toutes ses promesses…

Paru en octobre dernier, Vers l’inconnu est le second tome de la trilogie pour la jeunesse Le tourneur de page, parue aux éditions Eveil et découvertes. La série est écrite par Muriel Zürcher, une femme qui avant d’être auteur pour la jeunesse était avant tout DRH dans les centres hospitaliers.

Rendez-vous en terre inconnue… et hostile

A la fin du premier tome, nous laissions nos jeunes héros Alkan, Tahar, Artelune et les autres dans une situation plus que délicate. En effet, Iriulnik et ses sbires ont complètement détruit le village des rebelles vivant en dehors de la Bullhavre, les contraignants à partir pour des terres totalement inconnues. Seulement, nos jeunes héros ont étés séparés du groupe de villageois, ils sont donc forcés de les rejoindre sans savoir vraiment où aller, si ce n’est loin de la Bullhavre… Cette nouvelle aventure prend vite la dimension d’expédition dans un monde dont ils ignorent tout et où les dangers sont aussi nombreux qu’obscurs…

Un rythme différent du premier tome

Alors que le premier opus nous attachait particulièrement à ce qui arrivait à Alkan et son entourage proche, ce second tome ne parvient pas à nous y intéresser avec autant d’efficacité.

En réalité, au fil des pages, ont se rend compte que l’on devient de plus en plus fasciné par ce qu’il se passe dans la Bullhavre. Depuis qu’Iriulnik a pris le pouvoir du Tourneur de Page, les règles du jeu ont changé pour les habitants et ceux qui sont censés faire régner l’ordre sous le dôme.

On en apprend beaucoup plus sur l’enfance d’Iriulnik, personnage mauvais par excellence dont la haine fait briller la bonté des autres, comme par exemple celle de Toache.

Du côté de nos explorateurs en herbe, nous découvrons le mystérieux peuple des « abominables » appelés ainsi en raison de leur physique peu avenant. Mais soyons honnêtes, les chapitres concernant l’expédition d’Alkan et de ses amis est beaucoup moins captivante que l’évolution à laquelle on assiste dans la Bullhavre.

La partie des villageois ayant fui est également très intéressante, faisant ouvrir les yeux au lecteur sur les dangers de quitter une dictature… pour peut-être quelque chose de similaire, bien que déguisé.

Un texte faisant appel à plus de maturité de la part du lecteur

Muriel Zürcher poursuit son travail de remise en question sur l’existence de la Bullhavre en mettant en évidence de nouvelles interrogations.

Mais ce second tome fait appel à plus de maturité de la part du lecteur car on trouve un certain décalage entre des personnages assez enfantins et des scènes parfois dures. Je pense notamment à une scène de torture concoctée par Iriulnik, qui bien qu’elle soit très instable, possède une intelligence sans faille quand il s’agit de tourmenter ses pairs…

L’ensemble tient relativement bien la route, mais on ne peut s’empêcher de sentir une certaine dissonance dans la construction du récit par rapport à différents styles utilisés.

Pour conclure, ce second tome nous offre une suite honnête. Sa première moitié est sympathique et assez convenue, mais la seconde nous offre le plaisir d’être surpris. En effet, on ne peux s’empêcher de penser que Muriel Zürcher est parfois aussi machiavélique que certain de ses personnages, en particulier quand ont voit la conclusion qu’elle nous offre pour Vers l’inconnu : en demi-teinte, pour ne pas dire sombre… Vivement la suite, à attendre pour octobre 2013 !

Chronique : Vampire Academy – tome 6 – Sacrifice Ultime

Vampire Academy 06Un final majestueux comme ont les aime…

Richelle Mead est l’auteur de la série à succès Vampire Academy, mais pas seulement. Elle a également écrit la série Cygne Noir qui en est déjà à son quatrième tome en France dans la collection de poche Milady. Sa série Succubus n’est également pas en reste avec un sixième tome paru en juillet dernier chez Bragelonne. De plus, en octobre dernier sortait le premier tome de la série spin-off de Vampire Academy : Bloodlines, dont l’héroïne est cette fois-ci l’alchimiste Sydney.

Beaucoup d’actualité donc, pour cette auteure de bit-lit qui est loin d’avoir dit son dernier mot…

Un début explosif…

Quand nous commençons ce premier tome, Rose est derrière les barreaux… pour le meurtre de la Reine Tatiana. Les preuves l’accablent, qu’il s’agisse d’éléments matériels ou de témoignages. La machine de la justice est en marche et elle détruira Rose sur son passage.

Pour éviter la prison ou pire, la peine de mort, il n’y a qu’une seule solution : l’évasion. C’est ainsi que notre héroïne va se retrouver en cavale malgré elle, ses amis ayant tout orchestré dans le moindre détail.

…et un enchaînement de chapitres qui l’est tout autant

Dans ce dernier tome, peu de temps morts. Toutes les scènes ou presque sont imprégnées d’une tension et d’une vie presque palpable.

De chutes en révélations, difficile de ne pas lire à un rythme effréné cet ultime tome, partagés entre l’envie de tout découvrir le plus vite possible et le besoin de conserver encore un peu ces personnages et cet univers auxquels nous nous sommes attachés.

On peu qualifier ce dernier tome de magistral grâce à ses enchaînements et surtout sa montée en puissance au fil des lignes.

Certaines révélations peuvent être qualifiées de faciles, mais d’autres sont très surprenantes. De plus, les relations entre les personnages se complexifient encore plus, si c’est possible. C’est en particulier le cas pour le triangle amoureux Adrian/Rose/Dimitri… qui en sera la victime  collatérale ?

A plus grande échelle, Sacrifice ultime est aussi une conclusion concernant la politique des vampires Moroï après la mort de leur reine. Vont-ils suivre ses pas entre rigueur et équité ? ? Céder à la pression d’un petit nombre de puissants qui considèrent les dhampirs comme des moins que rien nés uniquement pour les protéger ?

Richelle Mead sait poser les bonnes questions et nous offre une série aux rouages universels. Car bien plus qu’un roman de bit-lit nouant avec romance et action, Vampire Academy est un cycle qui pousse à la réflexion son lecteur, l’obligeant à prendre en compte de nombreuses données. Des ficelles simples, mais diablement bien tirées sur les six tomes ! Un must read.

9/10

AUTEUR :
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Filles de Lune – tome 3 – Le Talisman de Maxandre

Filles de lune 03Une belle surprise que ce troisième tome !

Nous voici de retour dans le monde de la saga canadienne Filles de Lunes. Écrite par Elisabeth Tremblay, la série compte cinq tomes au total. La sortie de la série en poche continue donc avec une sortie tous les trois mois aux éditions Pocket et Pocket Jeunesse en simultané.

De retour sur Terre mais…

Nous retrouvons la jeune Naïla, Fille de Lune tout récemment investie de ses pouvoirs, et enceinte d’un tyran. Pour mettre un terme à cette condition non désirée, la jeune femme n’a d’autre choix que de retourner sur Brume (la Terre), seulement… elle s’est trompé de période et atterri en 1666.
L’époque n’est évidemment pas la plus propice pour mettre un terme à une grossesse, de même que pour accoucher, Naïla va donc devoir s’intégrer en territoire sinon hostile, du moins très suspicieux à son égard, car il est impossible pour elle de faire demi-tour… la sorcière des Cannac n’attendant que cela…

En parallèle à cela, la Talisman de Maxandre est toujours caché quelque part… et les alliés de Naïla ne sont malheureusement pas les seuls à vouloir mettre la main dessus. En effet, le pendentif renfermerait un pouvoir tel, qu’il pourrait changer le cours des choses pour son possesseur….

Une suite à la hauteur

Chose étonnante, cette série se bonifie grandement au fil des tomes alors que la plupart des séries perdent peu à peu de leur force. Beaucoup de révélations sont au rendez-vous et surtout de la magie, des intrigues cachées, de nouveaux personnages tout à fait effrayants (notamment les fameuses créatures prénommées ybis).
Le roman ne cesse d’alterner le point de vue de personnages majeurs du roman, ainsi suivons-nous le personnage d’Alix dans ses nombreux voyages et quêtes, Naïla sur Terre en train d’essayer de s’intégrer au mieux au mode de vie de l’époque, la sorcière de Cannac qui lutte pour conserver sa puissance et ses pouvoirs… et d’autres personnages plus obscurs, mais tout aussi dangereux.
Cette façon de mettre en scène le roman rend l’histoire très addictive, chaque fin de chapitre ou presque étant conclue par une chute ou une révélation.
Il faut toutefois avouer que certains rebondissements du style une nouvelle prophétie sont parfois un peu faciles (même certains personnages du roman le disent), mais on passe outre grâce à une belle intrigue. Nous faisons également le découverte d’autres mondes parallèles, et leur exploration est très intéressante.
Et chose positive, le personnage de Naïla est (enfin !) un peu plus indépendant et moins gémissant, appréciable.

Il est malaisé d’en dire sans partir dans de longues explications et descriptions qui défloreraient l’intrigue, je vous laisse donc découvrir ce troisième opus, qui selon moi est le meilleur pour le moment.
On attend la suite, Quête d’éternité en poche avec impatience. Sortie prévue le 17 janvier 2013.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique : Miss Peregrine et les enfants particuliers

Miss Peregrine et les enfants particuliersUn roman étrange et fascinant où le surnaturel rejoint le monde connu…

Premier roman de Ransom Riggs paru en France, Miss Peregrine et les enfants particuliers est sorti en mai dernier aux éditions Bayard. Son auteur, de nationalité américaine, est né en Floride. Après des études d’anglais il est passé à celle des films. Il vit désormais à Los Angeles, et vous pouvez trouvez ses courts métrages sur le lien ci-joint : www.youtube.com/ransriggs.

Déjà traduit dans plus d’une trentaine de langues et promis à une adaptation cinématographique dont Tim Burton a déjà acquis les droits, une chose est sûr, c’est un petit phénomène qui débarque en France. Rabats, fin pelliculage sur l’ensemble de l’ouvrage, il faut l’avouer Miss Peregrine est un très beau livre à faire trôner dans sa bibliothèque. Mais qu’en est-il de son histoire ?

Nous suivons Jacob Portman, un adolescent des plus communs… jusqu’au jour où son grand-père est tué par une mystérieuse créature. Bouleversé, les souvenirs que son grand-père lui contait remontent à la surface… et prennent vie jusqu’à l’amener sur une petit île perdue du pays de Galles…

Un passé étrange et surréaliste.

Selon les dires du grand-père de Jacob, ce dernier aurait vécu dans un établissement spécial où les enfants étranges vivaient en reclus afin de les protéger. De ces enfants, nommés « particuliers », le grand-père de Jacob possède de nombreuses photos, mais personne à part le jeune homme ne songe à la possibilité que ça soient de vrais clichés.

Mais depuis la mort brutale de son grand-père, Jacob est à la fois obsédé est terrifié : qui sont ces fameux Monstres dont il doit absolument se protéger ? Qui sont les enfants particuliers et qu’ont-ils de si spécial ? Ont-ils vraiment existés ou est-ce une affabulation de son grand-père ?

Un concept intéressant et original

Le force du roman Miss Peregrine réside avant tout dans l’originalité de sa mise en scène plus que dans son intrigue. En effet, la chose la plus fascinante est de savoir que toutes les photos utilisées par Ransom Riggs sont toutes issues de collections privées et authentiques (certaines ont subi de légères retouches, mais ne sont pas truquées). Dignes de monstres de foires, certaines images recèlent une ambiance singulière, parfois à faire froid dans le dos. Les pouvoirs des enfants sont quand à eux intéressant (et parfois même aussi ravissants qu’inutiles), mais leur personnalité l’est encore plus !

Boucles temporelles et autres étrangetés pour éviter la persécution

On le comprend rapidement, Miss Peregrine traite avant tout d’une histoire qui transcende plusieurs générations. La thématique de la persécution étant très présente à deux niveaux : celle de la persécution des Nazis envers les Juifs (ce qu’a subit le grand-père de notre héros), mais également la persécution surnaturelle dont font l’objet les tous les enfants particuliers.

Ce mélange de deux thématiques très différentes fonctionne, même si l’on aurait aimé en savoir encore plus sur ces fameux monstres. Leur genèse est développée par l’auteur, mais juste assez pour que l’on comprenne l’enjeu de l’histoire, guère plus, nous laissant dans l’expectative.

En somme, ce premier opus nous ouvre les portes d’un monde étrange et à nul autre pareil. A la fois séduisant et troublant, ce roman aura le mérite de donner un regain d’originalité au genre fantastique en nous offrant une mise en scène originale et une intrigue sympathique.

Une série dont la qualité reste à confirmer avec l’apparition d’une suite qui devrait prendre un certain temps avant de débarquer en France. En effet, le second tome est prévu pour juin 2013 aux Etat-Unis.

Actualité éditoriale : Le mystérieux Cercle Benedict… une nouveauté Bayard qui éveille la curiosité.

mysterious-benedict-society-01A paraître aux éditions Bayard Jeunesse le 14 février prochain, Le mystérieux Cercle Benedict annonce l’arrivée d’une série au charme certain et à l’ambiance surannée… zoom sur cette nouveauté.

Illustrations fourmillantes de détails, atmosphère digne des meilleurs romans anglais, et bien sûr intrigue attrayante, la trilogie aura de quoi donner le change à sa sortie. Mais qu’elle est donc l’histoire de cet ouvrage qui intrigue ? En voici le résumé de l’éditeur…

« Quand cette annonce bizarre paraît dans les journaux, des dizaines d’enfants se présentent pour participer à une série de tests loufoques et cornéliens. Seuls candidats sélectionnés, Reynie, Kate, Sticky et Constance font la connaissance de l’étrange recruteur, Mr Benedict, qui leur confie ses plans. Ils doivent s’infiltrer d’urgence dans une pension soupçonnée d’abriter les agissement d’un sangereux savant  mégalomane. Le Mystérieux Cercle Benedict est né !

Envoyés sur l’île qui abrite l’institut, les quatre nouveaux amis y découvrent une discipline absurle, qui impose une consommation effrénée de télévision en guise de devoirs. Tous les élèves sont sous l’emprise de M. Curtain l’atroce directeur, et de son « murmureur », une formidable machine à décerveler. D’ici peu, elle sera capable de manipuler les consciences du monde entier…

Il est grand temps d’agir ! C’est ainsi que nous prenons connaissance de l’histoire bien sympathique de la Benedict Society. Une seule hâte à avoir, rencontrer les personnages : Constance Contraire, Reynie Muldoon, George Washington (si, si) et Kate Wetherall.

Il n’y a maintenant plus qu’à prendre son mal en patience pour voir débarquer le premier opus en France. Pour les plus curieux, sachez que la suite est déjà programmée par l’éditeur : tome 2 en octobre 2013 et tome 3 en avril 2014.

Une chronique sera sur le site à parution de l’ouvrage. Et pour la sortie du premier tome, un site internet dédié sera mis en ligne. En voici l’adresse : www.lemysterieuxcerclebenedict-lelivre.fr

Chronique : Filles de Lune – tome 2 – La Montagne aux Sacrifices

Filles de lune 02Un second tome qui met enfin en lumière le monde de la Terre des Anciens…

Écrite par Elisabeth Tremblay, la série Filles de Lunes est un grand succès au Canada et en France. Constitué de cinq tomes au total, l’histoire nous raconte la vie de Naïla, une Fille de Lune d’exception censée ramener la paix sur la Terre des Anciens pour racheter les fautes de ses lointaines aïeules…

Un début de tome au quart de tour

Nous reprenons le récit juste après la fuite de Naïla d’un endroit où elle a été violée pendant de longues semaines, et à l’issue desquelles elle attend maintenant un enfant… l’homme qui l’a forcée à avoir une nouvelle descendance se prénomme le Sire de Cannac, il s’agit du frère jumeau d’Alix (le protecteur désigné de Naïla).

Cette grossesse non désirée de la part de la Fille de Lune semble être pour le Sire de Cannac et sa sorcière maléfique Mélijna un moyen d’atteindre les trônes perdus de Darius et d’Ulphydius si l’on se fie à une ancienne prophétie.

Naïla, toujours aussi perdue dans ce monde de fous, est censée se rendre à la Montagne aux Sacrifices afin d’obtenir tous les pouvoirs dû à son rang de Fille de Lune (ses pouvoirs potentiels doivent être encore plus puissants que la normale à cause de son ascendance avec la lignée maudite…). Cette grossesse non désirée est un poids de plus pour elle dans cette quête qu’elle ne comprend qu’à peine…

Aventure, courses-poursuites, révélations, magie et nouveaux personnages sont au rendez-vous pour un second tome bien meilleur et plus passionnant que le premier.

Une construction narrative bien mieux ficelée

Dans ce second tome, point de temps mort. En effet, entre la fuite de Naïla, les multiples quêtes d’Alix et les nouvelles rencontres, il devient difficile de s’ennuyer.

On retrouve toujours quelques erreurs de langage plus ou moins dérangeantes ainsi que des répétitions, mais l’écriture est moins choquante que dans le premier ouvrage.

Il devient difficile de résumer tout l’ouvrage tant il y a de nouveaux éléments, mais nous allons tout de même parler des principaux.

Nous faisons la découverte de nombreux sorciers et sorcières, qu’ils soient bons ou mauvais. Leur apparitions apporte un vrai plus à l’univers, de même que celle de gnomes. Elisabeth Tremblay a réussi à s’approprier à sa façon ses créatures souvent utilisées dans les mondes de fantasy.

On découvre également de nouvelles créatures, telles que les protecteurs de la Montagne aux Sacrifices, ou encore les ravels, des oiseaux dont l’espèce à quasiment disparu, les deux derniers représentants existants appartenant à Mélijna, la terrible sorcière des Cannac, le second est à Wandéline, une sorcière qui a aide autant que possible Naïla dans sa quête.

Des mondes parallèles à découvrir

La Terre des Anciens n’est pas le seul monde à découvrir, en effet il en existe en six autres mondes en comptant Brume, la Terre que l’on connaît : Elfré, Golia, Bronan, Mésa, Dual. Et seules les filles de Lunes peuvent prendre les passages entre les mondes, qui sont eux-mêmes bien cachés…

Cette perspective offre de nombreuses possibilités, d’autant que l’on commence à entrevoir des liens entre différents personnages et certains de ces mondes.

Parfois, les révélations sont un peu énormes, car on découvre que certains personnages sont des Elus aux pouvoirs extraordinaires, ou encore qu’une prophétie existait les concernant… mais malgré cela, l’histoire réussi à ne pas perdre de son intérêt.

En somme, ce second tome de la série mérite une conclusion plus positive que le précédent ouvrage. Effectivement, Elisabeth Tremblay réussit à nous captiver grâce à un univers relativement original. Elle reprend certains éléments qui font les bases d’une fantasy traditionnelle mais y ajoute sa touche personnelle.

Malgré un problème persistant au niveau de Naïla, que je perçois toujours comme trop indécise et réagissant mal aux situations, force est de constater que l’on arrive à passer outre pour ne se concentrer que sur l’intrigue qui prend de l’ampleur au fil des pages…

Un second tome très correct donc. Affaire à suivre avec le troisième opus : Le Talisman de Maxandre.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique : Filles de Lune – Tome 1 – Naïla de Brume

Filles de lune 01Un premier tome long à poser les bases d’un nouvel univers…

Filles de Lune est une série de fantasy en cinq tomes écrite par Elisabeth Tremblay, originaire du Québec. De nombreux épisodes de la vie de l’auteure lui ont permis de transposer son vécu dans ses romans. La série a connu un très grand succès au Canada, puis en France où elle est tout d’abord paru aux éditions de Mortagne (en 2010) avant de paraître en poche chez Pocket depuis mars 2012. La série réunit maintenant plus d’une dizaine de milliers de lecteurs.

Un passé mouvementé et sombre…

Naïla est une jeune femme que la vie n’a pas épargnée. A à peine vingt-cinq ans, elle a déjà été mariée, eu un enfant… et tout perdu. Des suites d’une terrible maladie, sa très jeune fille Alicia est morte, et son mari n’ayant pas supporté cette perte ce dernier a décidé de quitter lui aussi cette terre, laissant Naïla seule avec un désespoir toujours grandissant.

Au bord du gouffre, l’héroïne en devenir est loin d’avoir repris goût à la vie… pour tenir le coup elle s’accroche à ce qui lui reste de famille : sa tante. Naïla aide cette dernière à refaire de fond en comble sa maison ; se noyer dans les cartons et les travaux de gros œuvre est une façon pour elle d’oublier…

Mais cette plongée à corps perdu dans les vieilleries va engendrer de curieuses découvertes pour Naïla, notamment concernant ses origines… une mystérieuse dague, un acte de naissance étrange… la jeune femme veut des réponses, mais elle ne se doute pas de la portée de ce qu’elle va mettre à jour.

Un rythme lent, parfois même lassant

On peut qualifier ce premier tome d’introductif sans hésitation : il pose les (trop) nombreuses bases de l’univers dans un style lent et peu palpitant.

Là où le bât blesse, c’est en particulier au niveau de l’écriture. Pas toujours très claire, et surtout peu fluide, on se retrouve parfois avec beaucoup d’informations sans trop savoir qu’en faire. On assiste également à de nombreuses répétitions de phrases tout au long de l’ouvrage.

Le personnage de Naïla est assez paradoxal : tantôt attachante grâce à son histoire et son vécu, elle peut également être extrêmement démunie, la rendant plaintive et même exaspérante aux yeux du lecteur. Jamais sûre d’elle, toujours en train de s’interroger, mais rarement sur les bonnes choses, Naïla n’a pas vraiment les qualités d’un personnage charismatique et mémorable…

La jeune femme découvre malgré tout qu’elle est une fille de Lune, et que cela implique beaucoup de choses, dont une en particulier, elle doit accomplir son destin. Ce dernier passe par un monde parallèle dénommé la terre des Anciens où couve une guerre d’envergure autour de trônes mystérieux. Naïla est ainsi censée réparer les torts de ses aïeules en arrêtant cette quête insensée des trônes qui dure depuis de nombreux siècles, mettant en danger de nombreux peuples issus de différents mondes…

On peut découper le roman en deux parties distinctes, la première moitié est la plus monotone, à l’image de la vie de Naïla, la seconde devient plus intéressante car on suit la jeune femme dans un monde dont elle ignore tout.

Ce voyage dans une autre dimension arrive à la moitié de l’ouvrage, et soyons honnêtes, c’est à partir de ce passage que l’histoire devient plus intéressante.

Un univers intéressant, mais développé trop rapidement

Le point fort de l’univers de filles de Lune est également sa faiblesse, en effet l’univers imaginé par Elisabeth Tremblay est intéressant mais elle nous inonde de tant d’éléments en peu de temps qu’il est malaisé de tout intégrer.

Il est donc difficile de s’attacher à ce nouvel univers, ce qui est dommage car les idées sont là, mais distribuées de façon éparses, sans réelle logique.

Dans la fameuse seconde moitié du roman, on découvre un des personnages secondaires qui va prendre de plus en plus de place au fil des tomes, il s’agit d’Alix, le protecteur désigné de Naïla. Rarement de bonne humeur, toujours désagréable avec Naïla, le jeune homme est un magicien accompli en plus d’être un très beau représentant de la gent masculine. Mais son rôle de protecteur (Cyldias est le terme exact) n’est pas clair, car il semble que le jeune homme n’en veuille pas, mais sans que le lecteur aie un début d’explication bien clair…

En conclusion, ce premier tome de la série Fille de Lune laisse très mitigé. D’un côté nous avons un personnage principal peu attachant dont la personnalité laisse perplexe à certains moments ; de l’autre nous découvrons univers qui même s’il n’est pas toujours bien développé donne vraiment très envie d’en savoir plus, en particulier à la fin de l’ouvrage où beaucoup d’éléments se bousculent. Affaire à suivre avec le second tome de la série : La Montagne aux Sacrifices.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique ado : Jack Spark – Tome 1 – Eté mutant

Jack Spark 01

Vous allez devoir mettre à jour tout ce que vous pensiez connaître sur certaines créatures « merveilleuses »…

Écrit par l’auteur français Victor Dixen, Jack Spark est une saga fantastique assez déstabilisante. Empruntant à la fois aux codes historiques et fantastique que l’on connaît tout en en créant de nouveaux, vous n’aurez pas fini de redécouvrir ce que vous pensiez savoir. Ce livre a remporté le Grand prix de l’Imaginaire pour la catégorie Jeunesse Français en 2010.

Adaptée dès l’âge de quatorze ans, la saga est toutefois difficile à cerner… et donc à identifier dans un genre précis. On y retrouve un peu du Passage de Louis Sachar (dans l’ambiance) assemblé à de l’action, du fantastique, et une foule d’autre choses encore…

Composite mystérieux et étrange, une chose est sûre Jack Spark ne vous laissera pas indifférent…

Redrock : un camp de vacances pas comme les autres…

Quand nous commençons à suivre les pas du jeune Jack Spark, on se rend très vite compte que ses problèmes d’insomnie lui gâchent la vie. Vivant en marge de sa vie d’adolescent, il ne peut guère profiter de ce qui fait les plaisirs de son âge… sans compter son intolérance au soleil.

Pour remédier au mode de vie de Jack, ses parents ont la riche idée de l’inscrire dans un camp de vacances un peu spécial où sa passivité et son laisser-aller ne seront bientôt plus que de l’histoire ancienne : Redrock. Mais c’est sans compter sur l’étrangeté des dirigeants de ce camp on ne peut plus spécial… en particulier le Docteur Krampus…

Et choses étrange, le jeune Jack voit son corps se transformer et adopter d’étranges propriétés depuis qu’il est sur le camp… est-ce lié ?

Une ambiance à l’image d’une chape de plomb

Au fil des chapitres, l’atmosphère sur le camp est de plus en plus étrange, lourde de secrets et de non-dits. Les étranges et nouveaux « pouvoirs » de Jack commencent à lui faire peur, l’obligeant à parfois limiter ses rapports avec les autres… de plus, ses cheveux commencent à bleuir… mais qu’est-il en train d’arriver à Jack ? Difficile de croire qu’il ne s’agit que d’une évolution d’adolescent normal.

En parallèle à ces étranges mutations, Jack va tout de même se lier d’amitié avec quelques personnes au sein du camp qui vont prendre peu à peu une grande place dans sa vie et dans son cœur, il y a tout d’abord la belle Sinead, naturelle, courageuse, forte, elle incarne une femme en devenir dans toute sa splendeur. Ensuite, il y a Josh et Ti-Jean, deux ados qui vont constituer le noyau dur du cercle d’amis de Jack au fil des chapitres.

Mais le gros point  fort de ce premier opus, c’est le mystère qui entoure le camp. Victor Dixen dissémine avec art de nombreux indices où le lecteur cernera certains éléments sans en saisir le puzzle entier. Ainsi le mystère de la bassine de thérapie s’épaissit, de même que l’absence de sel dans tous les repas du camp…

Autre atout qui m’a personnellement convaincue, le fait de mélanger des personnages ayant réellement existé pour appuyer la mythologie monstrueuse crée par l’auteur. Ainsi découvrirez-vous au gré des pages ce que faisait réellement le scientifique Faraday avec sa fameuse cage de… Faraday, pourquoi l’Absinthe est-elle appelée la Fée Verte et ce que sont réellement les changelins.

En conclusion ce premier tome est une véritable réussite : original, sachant maintenir le suspense et revisitant complètement la mythologie merveilleuse, Le Cas Jack Spark est un véritable coup de cœur ! (hormis la couverture que je trouve peu engageante… il faut passer outre !).

 

Chronique : Nosferas – Tome 1

Nosferas

Des vampires qui manquent cruellement de mordant…

Premier roman de l’auteur allemand Ulrike Schweikert paru en France, Nosferas est sorti en début d’année aux éditions Albin Michel dans la collection Wiz. Il s’agit du premier tome d’une série mêlant historique et vampirisme.

Discorde au sein des clans

La race des vampires menace de s’éteindre si les dissensions persistent entre les différents clans, chacun venant de tous horizons de l’Europe. Pour survivre, ces derniers devrons faire preuve de patience, mais aussi de respect les uns envers les autres, ce qui est loin d’être gagné.

Entre les clans hautains qui se comportent comme des princes et ceux plus modestes dont le mode de vie est plus simple, il y a tout un monde, et surtout une grande incompréhension.

Pour leur survie, les différents clans décident alors de s’associer. Un jeune vampire de chaque communauté est alors envoyé à Rome pour parfaire leur éducation et surtout développer leur sens de la survie… Mais c’est sans compter sur le mystérieux cercle des Masques Rouges, une société secrète qui sévit à Rome dans le but d’exterminer tous les vampires.

C’est dans cet univers qu’évolue la jeune vampire Alisa avec ses autres compagnons. Une histoire aux allures de cour d’école pour jeunes vampires sur fond de secrets politiques et religieux…

Un roman peu immersif qui manque de rythme

Nosferas ne fait malheureusement pas partie des romans qui marquent. L’écriture, bien que sympathique ne réussit pas à nous immerger dans le monde d’Alisa. L’intrigue quand à elle met un temps trop long à se mettre en place, laissant la place de grosses longueurs.

Certaines idées étaient cependant intéressantes : les cours à destination des vampires pour fuir les pouvoirs des objets sacrés de l’Eglise, comment attraper une proie sans qu’elle ne se souvienne de quoi que ce soit…

Mais malgré les nombreux efforts de l’auteur, les personnages, trop nombreux, ne parviennent pas à devenir attachants : trop peu caractérisés, au tempérament assez terne, on ne parvient pas à s’attacher assez pour les considérer autrement que comme des personnages.

En conclusion, Nosferas est un (trop) long roman qui s’essouffle rapidement à cause de son manque d’originalité et de piquant. Il ne saura séduire que difficilement son lecteur, dommage, l’idée était séduisante…

3/10

EDITEUR : ,
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Quelques minutes après minuit

Quelques minutes après minuit

Une œuvre bouleversante est sublime qui offre une autre vision de la maladie.

Patrick Ness est un auteur pour ados qui a déjà connu un franc succès avec sa trilogie Le chaos en marche (Gallimard Jeunesse/Pôle Fiction). Quelques minutes après minuit a une histoire particulière, les circonstances de sa création étant différentes de ce qu’elles auraient dû être.

En effet, l’idée de ce roman vient de l’auteure anglaise Siobhan Dowd. Cette dernière, emportée par le cancer n’a pas eu le temps de développer son œuvre. Ses personnages étaient déjà créés, elle avait déjà une ébauche d’histoire… Cet ouvrage aurait été son cinquième. C’est dans ces circonstances que Patrick Ness s’est vu proposé l’écriture du roman en faisant un hommage à cette auteure hors du commun dont les œuvres ont influencé les lecteurs anglais…

Ce roman est donc l’occasion de découvrir à la fois la magnifique plume de Patrick Ness, mais aussi une auteure à l’œuvre fascinante (tous ses ouvrages ont étés traduits en France). Les illustrations aussi sublimes qu’inquiétantes sont quand à elles signées Jim Kay. Son travail est grandement influencé par son expérience passée dans les Jardins botaniques royaux de Kew.

 La vie est un cauchemar…

Jeune sans histoires, Connor est un garçon qui voit la vie s’acharner sur lui sous toutes ses formes possibles : la séparation de ses parents, le harcèlement à l’école, la maladie à la maison… en effet, la mère de Connor est atteinte du cancer.

Ainsi, chaque journée est un combat aussi bien pour sa mère que pour lui. Surprotégé par ses professeurs, Connor en ressent une injustice maladive, lui qui voudrait être traité de la même manière que tout le monde.

Mais une nuit, sa vie se retrouver bouleversée par une rencontre aussi extraordinaire qu’inattendue. A minuit sept, le monstre arrive, sorte d’arbre humanoïde. Connor n’a pas eu peur, il était plutôt curieux. En effet ce monstre expose rapidement une requête très étrange au jeune homme : il lui racontera trois histoires, à l’issue desquelles Connor devra raconter la sienne : la vérité.

Connor ne voit pas du tout de quoi veux parler le monstre de branches, ou du moins fait semblant de ne pas comprendre. Mais inexorablement, au fil des nuits qui passent, le monstre lui conte ses trois histoires à la morale étrange… viendra bientôt le moment pour Connor de conter la sienne…

Un conte contemporain sublime et poignant

Loin de laisser indifférent, la descente aux enfers de Connor ne peux que toucher son lecteur avec un récit de vie aussi cruel que réaliste.

Les contes du monstre et leur sens caché sont singuliers par leur beauté et leur conclusion étrange pour qui ne lit pas entre les lignes. Car ces histoires étranges sont au final une façon de nous montrer que le bien et le mal ne sont que très rarement dissociables, tout comme va nous le montrer l’histoire de Connor.

Les personnages qui vivent sous la plume de Patrick Ness sont d’une humanité extrême, leurs faiblesses n’en étant que plus belles. De la mère de Connor, souriante mais « un peu fatiguée par ses traitements », à sa grand-mère, que l’on pourrait prendre une femme tyrannique et détestable mais qui est juste aussi perdue que Connor, voir plus.

Enfin, la façon qu’a le fantastique de s’immiscer dans le normal le plus sordide et le plus déprimant est absolument extraordinaire. Le tour de force étant certainement d’avoir créé un conte contemporain qui trouve sa solution dans la vie de tous les jours…

En conclusion, Quelques minutes après minuit est plus qu’un indispensable, c’est un futur classique qui a de quoi marquer des générations de lecteurs adolescents et adultes par sa force et sa simplicité. Un roman sur le courage et l’acceptation qui s’inscrira dans la durée. Sublime.

Quelques minutes après minuit inside 01