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Chronique Jeunesse : La Quête des Livres-Mondes – Tome 3 – Le livre du temps

La quête des livres-monde 03Suite et fin de l’épopée… au Pérou !

Carina Rozenfeld est une auteure française spécialisée dans l’imaginaire. Elle écrit aussi régulièrement des scénarios de dessins animés.

Elle a notamment écrit la trilogie Les portes de Doregon, Les clefs de Babel ou encore la duologie Phaenix. La Quête des Livres-Mondes est une trilogie, les deux premiers tomes avaient étés édités pour la première fois par les éditions Intervista avant d’être repris par l’Atalante quelques années plus tard.

De l’imaginaire fortement ancré dans le réel

Suite et fin pour les aventures de nos aventuriers ailés avec l’ultime Livre-Monde à trouver. Le plus difficile des jeux de pistes s’annonce pour dénicher ce dernier trésor, et les embûches sont de plus en plus nombreuses : la santé d’Eyver se dégrade, la menace de l’Avaleur se fait de plus en plus présente et surtout… le temps sera leur ennemi.

Le Pérou sera donc la destination finale de nos héros… cette fois, c’est leur méninges qu’ils vont devoir utiliser, bien plus que leur force ou leur courage. Ainsi partons-nous à la découverte des géoglyphes de Nazca, ces étranges figures tracées à même le sol il y a de cela des milliers d’années (leur création est estimée autour de 500 av. JC et 500 après JC).

Un mélange astucieux permettant la découverte d’un patrimoine culturel mondial tout en nous plongeant dans l’imaginaire.

Une série réussite en tout point

Ce troisième et dernier opus nous conforte dans le fait que cette série est réussie aussi bien dans son écriture que dans son enchaînement d’actions. La trilogie est cohérente, addictive, nous laissant tantôt rêveurs tantôt inquiets…

Une chose est certaine, Carina Rozenfeld sait éveiller les émotions de ses lecteurs sans jamais les laisser tomber dans la platitude. L’histoire a beau être traditionnelle dans son déroulement et dans son histoire, la mise en scène est efficace et on se laisse prendre avec plaisir dans cette Quête.

On appréciera avec un franc plaisir ce tome-ci pour son côté « exotique » et nouveau, nous permettant de découvrir une autre culture. Un rythme et un lieu d’intrigue similaire aux deux premiers livres était l’écueil dans lequel il ne fallait pas tomber, et il a été parfaitement contourné.

C’est avec regret que l’on quitte Zec et Eden ainsi que tous leur compagnons, tous plus attachants les uns que les autres. L’essentiel n’étant pas ici l’histoire, dont on peu pressentir la conclusion, mais bien la façon dont elle nous est contée : parfaitement et avec passion. On s’évade, on oublie ce qui nous entoure, et c’est ce que l’on demande à un livre… non ?

Chronique : Lune Mauve – Tome 1 – La disparue

Lune Mauve 01Un roman fantastique où le côté réaliste est maitrisé avec talent… !

Premier roman de Marilou Aznar, Lune MauveLa Disparue est le premier tome d’une trilogie fantastique se déroulant à notre époque. Une histoire bien ancrée dans le réel, mais où il est également question d’un autre monde…

Le second tome de la série, L’héritière, est sorti le 2 mai dernier. Le troisième paraîtra quant à lui en octobre prochain sous le titre L’affranchie.

Premiers pas dans le monde chic et cruel d’une école privée parisienne

Séléné Savel est une jeune fille atypique dans le monde des adolescents de notre époque. Elle n’a été élevée que par son père, sa mère ayant disparu il y a des nombreuses années. Complètement déconnectée par rapport aux jeunes de son âge, elle n’a jamais eu de téléphone portable, ni même d’ordinateur, les livres ayant étés son seul réconfort.

La Bretagne est sa terre depuis toujours, mais les choses vont changer : son père a décidé que pour son avenir, elle devait intégrer une école de renom : l’établissement Darcourt… à Paris.

Darcourt… un établissement privé, élitiste et très difficile à intégrer dans tous les sens du terme. C’est dans cette jungle parisienne et cruelle qu’est lancée Sélénée, avec peu d’armes pour contrer les pièges de l’adolescence. Mais ce grand changement ne va pas aller sans un autre bouleversement plus important encore… des éléments concernant sa mère vont peu à peu refaire surface dans sa nouvelle vie…

Un roman dépeignant l’adolescence avec justesse

Le petit monde de Darcourt dans lequel Séléné tente d’évoluer est magnifiquement dépeint par Marilou Aznar. A croire qu’elle a évolué elle-même dans une école privée parisienne ultra-sélective, et pourtant non ! (cf interview de l’auteure sur le site).

On a qu’une seule envie, voir comment les liens ténus qu’elle entretien avec quelques élèves vont se développer, qui va devenir un ennemi, etc.

Personnellement, j’ai trouvé cet aspect réel du roman bien plus prenant que l’intrigue de fond fantastique tant il est réussi. Ce besoin d’être connu et reconnu par ses pairs quand on est adolescent peu parfois amener à se brûler les ailes, et ce que nous illustre avec art Marilou Aznar.

Un roman à classer dans le genre fantastique malgré tout

L’idée de base du roman reste très classique : une nouvelle école pour une nouvelle vie, des secrets de famille qui refont surface, de mystérieux messages, etc. Mais Marilou Aznar réussi à s’affranchir de la plupart des pièges propres au genre, et au final, ça fonctionne.

Lune Mauve est présenté et vendu comme tel : un roman fantastique : c’est-à-dire que l’intrigue se passe dans le réel, mais que des éléments fantastiques s’y intègrent doucement.

Cette partie fantastique de la série est très peu présente dans le premier tome, mais ça n’est absolument pas gênant, bien au contraire. On commence à la ressentir par petites touches de plus en plus insistantes à partir des deux tiers du roman. Jusqu’à un final résolument encré dans l’imaginaire.

A la fois cruellement réaliste, poétique et désespéré par certains aspects ; on se laisse prendre par Lune Mauve, mais pas nécessairement pour les raisons qui devraient primer, à savoir une intrigue résolument fantastique. Un premier roman réussi donc qui laisse présager une suite intéressante. Il n’y a plus qu’à espérer que l’auteure a su équilibrer au mieux le savant dosage entre intrigue réaliste et fantastique qui fonctionne si bien dans La disparue.

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Chronique Jeunesse : La Quête des Livres-Mondes – Tome 2 – Le livre des lieux

La quête des livres-monde 02L’aventure continue… !

Carina Rozenfeld est une auteure française dont la contribution dans le monde de l’imaginaire est de plus en plus importante. Elle a notamment écrit la trilogie Les portes de Doregon, Les clefs de Babel ou encore la duologie Phaenix. La Quête des Livres-Mondes est une trilogie, les deux premiers tomes avaient étés édités pour la toute première fois par les éditions Intervista avant d’être repris par l’Atalante.

A la recherche du second Livre-Monde… autour de la Tour Saint-Jacques

De retour avec Zec et Eden dans leur Quête des fameux Livres-Mondes pour sauver la planète Chébérith. Au programme, action, aventure, suspense… et encore action.

Chébérith est loin d’être reconstituée et même si l’Avaleur de Mondes ne s’est pas encore manifesté, cela n’est qu’une question de temps. Ainsi retrouvons-nous avec plaisir nos aventuriers en herbe, toujours aidés en la matière par le vieux Chébérien Eyver et son fidèle (et mystérieux) majordome.

La nature humaine, pire ennemi que l’Avaleur de Mondes

Encore une fois dans ce tome, on constate rapidement que c’est encore l’envie et la jalousie des hommes qui est le plus gros frein à l’accomplissement de la Quête. Bien entendu, l’Avaleur de Mondes n’est pas en reste, mais demeure une menace plus sourde et insidieuse au contraire des hommes, violents et frontaux.

La psychologie des personnages, bien que simple n’est pas non plus basique. En effet, ils sont avant tout crédibles, quelles que soient leurs actions, y compris les mauvaises.

Plus d’action dans ce second tome, mais également plus de crispations, de suspense. Enquête sur fond d’Internet (et d’enchères sur Ebay) et jeux de dupes, le programme est dense.

On se laisse encore une fois porter avec un immense plaisir dans cette épopée fantastique qui nous laisse rêveurs et envieux… on a qu’une seule envie, voir des ailes pousser dans notre dos pour nous envoler avec Zec et Eden et vivre leur aventures ! Chronique rédigée pour le site ActuSF.

Chronique : Queen Betsy – Tome 1 – Vampire et célibataire

Queen Betsy 01Un premier tome qui nous plonge dans le monde déjanté d’une héroïne malgré elle.

Premier roman de Mary Janice Davidson paru en France, Vampire et célibataire est le premier tome de la série Queen Betsy qui compte pour le moment neuf tomes, aux éditions de poche Milady.

D’origine américaine, elle est régulièrement dans les meilleures ventes du New York Times et ses livres sont déjà traduits dans plus de quinze langues. Elle a écrit de nombreuses séries, non encore traduites en France telles que The mermaid series, The royal series ou encore The Wyndham Werewolf series.

Une vampire folle de… chaussures

Betsy Taylor était une jeune femme tout à fait normale avant que sa vie ne bascule de façon tout à fait singulière, pour ne pas dire délirante.

En effet, le jour où tout mais absolument tout à basculé pour elle, Betsy venait à peine de se faire licencier de son poste de secrétaire. Et, pire que tout, elle est morte de façon tout à fait stupide… en voulant sauver la vie de son chat. Au final, c’est sa tête qui a tout pris, dans un horrible craquement d’os. Et à son « réveil », elle n’est plus du tout la même… et surtout, elle se trouve dans une morgue.

Un sex and the city version vampire

Mais que va donc faire Betsy dont la mort est désormais officielle et l’enterrement programmé ? Premièrement, reprendre les chaussures que sa belle-mère a osé lui voler dès qu’elle a appris la nouvelle de sa mort. Renouer avec ses amis désemparés, et assumer sa nouvelle condition de… vampire ! (En effet Betsy va tenter de remettre les choses dans l’ordre en essayant de nombreuses fois de se tuer, mais elle semble indestructible).

Une force surhumaine, une redécouverte de sa sexualité et de nombreuses surprises hautes en couleurs sont au programme pour Betsy.

Accompagnée de sa meilleure amie (richissime) et d’un jeune médecin gay qui emménage chez elle, Betsy va prendre en main (maladroitement) son destin.

Dialogues pimentés, répliques bien tournées, le plaisir de lire Queen Betsy réside en particulier dans les interactions verbales des personnages.

Qu’en est-il de l’intrigue alors ? Sympathique mais pas extraordinaire. Ce premier tome pose les bases d’un univers mélangeant chick-lit et bit-lit assez efficacement. Le genre est donc relativement original, mais la trame de fond, beaucoup moins.

On tombe assez rapidement sur un beau ténébreux dont on sait déjà qu’il fera des ravages sur le cœur de notre héroïne, mais l’histoire est heureusement très rythmée. Difficile de s’ennuyer donc, malgré les codes récurrents que l’on rencontre à chaque coin de page. En effet, Betsy collectionne bien entendu les chaussures de grands stylistes…

 Mais où sont l’originalité et le plaisir de la découverte alors ? Queen Betsy recèle tout de même de quelques bonnes idées : premièrement, ça ne se prend pas au sérieux ; ensuite, l’idée que cette fille un peu paumée soit la future reine des vampires est risible, d’autant plus qu’elle n’arrive pas à parler correctement quand ses canines poussent…

En somme, ce premier tome est sympathique, mais attention, le côté chick-lit y est vraiment très présent, certains pourraient donc ne pas aimer. Ce début de série donne au final une impression assez floue, on appréciera surtout les bons dialogues trouvés par M.J. Davidson, même si ils ne suffisent pas à créer un intérêt persistant autour de l’histoire. Affaire à suivre et à confirmer avec la lecture du second tome : Vampire et fauchée.

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Chronique : La Quête des Livres-Mondes – Tome 1 – Le livre des âmes

La quête des livres-monde 01Le début d’une magnifique aventure aussi addictive qu’efficace !

Carina Rozenfeld est une auteure française très prolifique dans le domaine du fantastique et de la jeunesse. Déjà connue pour sa trilogie Doregon (L’Atalante) ou encore Phaenix (Collection R), sa série en deux tomes dont le second sort en avril prochain.

Elle revient maintenant avec la trilogie La Quête des Livres-Mondes aux éditions de L’Atalante. Les trois tomes sont sortis en même temps pour la simple raison que les deux premiers étaient déjà sortis chez Intervista (qui a depuis disparu) il y a de cela quelques années. Seul le troisième est donc inédit pour les fans, mais pour les autres, c’est l’occasion de découvrir une très belle série où l’aventure est plus qu’au rendez-vous !

Dans la peau d’un ado à qui il pousse des ailes…

Zec (ou Ezéchiel) a tout de l’adolescent normal. Une vie normale, des amis, un petit coup de foudre pour une des élèves de son école, une famille aimante…que demander de plus ?

Mais depuis quelque temps Zec s’interroge sur les deux boutons qui lui poussent dans le dos et qui ne semblent pas vouloir s’arrêter de grandir… et pour cause, une nuit ils se transforment en de magnifiques ailes immaculées !

Evidemment, une myriade de questions se bousculent dans l’esprit de Zec (est-il le seul avoir des ailes ? Faut-il en parler à ses parents ? À un médecin ?) qui ne sait à qui se confier… et les révélations qui vont suivre cette transformation ne sont pas sans danger. Une quête aussi dangereuse que fascinante s’annonce !

On découvre rapidement que Zec et ses amis vont devoir mettre la main sur ce que l’on nomme mystérieusement les Livres-Mondes. Trois au total sont à réunir ; mais ces derniers ont étés extrêmement bien camouflés pour ne pas tomber aux mains de l’Avaleur de Mondes, une entité censée apporter l’équilibre dans l’univers. Là où il y a création, il y a également la destruction pour contrebalancer.

C’est ainsi que le monde de Chébérith a disparu ; mais ses habitants ont toutefois eu le temps de « l’enregistrer » dans les trois Livres-Mondes : le livre des âmes, le livre des lieux et le livre du temps. Chaque tome de la série correspondant à la recherche active d’un de ces précieux livres.

Ainsi, ça n’est pas de fantasy urbaine mais bien de science-fiction dont on parle, même si elle reste assez discrète tout au long de l’œuvre.

Une aventure qui prend vite son envol, et nous avec !

Plonger dans l’imaginaire de Carina Rozenfeld, c’est s’immerger rapidement et sans arrière-pensées dans un univers dense et aisé à assimiler. L’écriture y est toujours fluide et agréable.

Encore une fois, elle réussi le petit tour de force de nous amener très rapidement dans son univers. De découvertes intuitives en révélations, on ne peut s’empêcher d’être fasciné, et de toujours en vouloir plus.

Le personnage de Zec est très bien pensé, très fidèle à ce qu’est un ado de nos jours, sans fautes de jugement. De même, la très belle amitié entre Zec et son meilleur ami Louis est très bien retranscrite, avec franchise et humour. Quand au personnage d’Eden qui fait son entrée un peu plus tard, il est également parfait. Le petit trio mis en place fonctionne à merveille, de même que les autres personnages qui s’ajoutent petit à petit. Ils sont tous aisément reconnaissables, et surtout terriblement attachants, en particulier Eyver, le vieux Chébérien.

Les sentiments hésitants de l’adolescence mis en lumière

Plus qu’une bonne aventure, La Quête des Livres-Mondes est aussi une série qui parle de sentiments de façon très pudique. Sans en être le thème central, ces derniers ajoutent une note de romantisme à un roman au rythme soutenu. Légèrement fleur bleue sans tomber dans le piège d’une romance excessive, le dosage est bien ajusté. Cela plaira aux filles comme aux garçons pour des raisons différentes.

Mais d’autres sentiments sont également traités ; des valeurs simples, positives qu’essaye toujours de faire passer l’auteure au travers de ses œuvres.

En conclusion, ce premier tome est une réussite. C’est ici l’occasion de découvrir une série simple et extrêmement efficace à l’écriture maîtrisée. On en redemande, et on a qu’une seule hâte, retrouver au plus vite Zec, Eden et Louis pour la quête du second Livre-Monde !

7.5/10

Chronique Jeunesse : La malédiction des cornichons

La malédiction des cornichonsConserverie et secrets de famille ne font pas bon ménage…

Siobhan Rowden est une auteure de nationalité anglaise, mère de trois enfants elle vit avec son mari dans la ville de Hove, près de Brighton.

La malédiction des cornichons est son tout premier roman, il paraît en France dans la collection jeunesse Witty et nous conte l’histoire de famille du jeune Barnabé, dont le père a disparu dans d’étranges circonstances… Une suite est déjà sortie Outre-manche sous le titre The Revenge of the Ballybogd.

Les illustrations sont quand à elle signées de la main de Mark Beech, dont la patte n’est pas sans rappeler celle des plus grands illustrateurs pour la jeunesse. Il a notamment réalisé les illustrations des romans pour la jeunesse Drôles de trolls chez Folio Cadet.

Le royaume de la saumure à ses pieds…

Cornichons, oignons, bocaux, vinaigre, conserves… tout ce vocabulaire peu ragoutant est celui du monde de la conservation alimentaire. Et qui donc est à la tête du plus grand empire de spécialité vinaigrées en tout genre ? : Mamie Lebeurk, la grand-mère de notre héros Barnabé.

Le rêve de mamie Lebeurk ? Que son petit-fils reprenne l’entreprise familiale, sa fille ayant décidé de croire aux produits frais et vivant de la récolte des petits pois avec son mari, Barnabé est son dernier espoir de relève…

Mais le jeune homme a autre chose en tête que la conservation en saumure, en effet, son père a mystérieusement disparu. Barnabé soupçonne de plus en plus Mamie Lebeurk qui n’a pas l’air le moins du monde inquiète de cet état de fait, et semble même s’en réjouir… L’enquête commence, mais pour cela il falloir pénétrer dans les locaux de l’entreprise Lebeurk et en découvrir les sombres aspects…

Comment mélanger efficacement humour, fantastique et suspense

Un bon mélange de genres, c’est ce qu’est la malédiction des cornichons. On retrouve tous les ingrédients incontournables qui font un bon livre pour la jeunesse : un humour à toute épreuve, des dessins typiquement jeunesse (à la Quentin Blake ou à la Tony Ross) et surtout un mystère à élucider.

Typiquement anglo-saxon et surfant sur des valeurs sûres, ce roman arrive à sortir son épingle du jeu et ne tombe (presque) pas dans l’imitation. En effet, même si l’on pourrait penser à Charlie et le Chocolaterie pour le côté « grosse usine alimentaire mystérieuse », ce roman semble vouloir en être le parfait contraire.

Ici, point de nourriture aux fumets exaltants mais des aliments répugnants tels des oignons aux vinaigre, des cornichons en bocaux ou même… des mucosités en conserve ! Dégoutant… et fascinant ! Il y a donc de l’humour certes, mais avec un côté plus « sombre » que ce à quoi on peut être habitués, et c’est très bien comme ça.

En conclusion, ce premier roman de Siobhan Rowden est une sympathique découverte, parfaite dès l’âge de neuf ans. On appréciera l’univers décalé dans un style qui l’est déjà à la base. Les personnages hauts en couleurs (et un peu fous) dont regorge le livre participent à cette atmosphère si particulière et plaisante. On attend donc avec curiosité les nouvelles aventures de Barnabé et de son étrange famille.

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Chonique : Hex Hall – Tome 3 – Le sacrifice

Hex Hall 03Une clôture de saga décevante…

Rachel Hawkins est une auteure d’origine américaine. Avant d’écrire, elle était professeure. Dernier opus de la saga Hex Hall, Le sacrifice nous replonge dans l’étrange établissement de magie sur son île, devenu une bâtisse abandonnée… et au loin, la guerre se profile ; et l’élément déterminant de cette dernière n’est autre que Sophie, notre héroïne malgré elle depuis deux tomes.

Une arrivée surprise chez l’ennemi, des vérités qui éclatent et une guerre qui s’annonce

A peine arrivée, Sophie se rend immédiatement compte qu’elle n’est pas où elle devrait être. En effet, elle est sur le territoire des Brannick, ce clan de femmes rousses symbolisant ses pires ennemies. Mais les choses ne sont pas ce qu’elles semblent et il se peut que de nouvelles alliances se créés au détriment d’autres…

De la magie toujours au rendez-vous, des révélations en chaîne et pas mal d’action, voilà ce que nous réserve le dernier tome d’Hex Hall, mais le tout sans éclat.

En effet, Le sacrifice est très décevant pour de plusieurs raisons : premièrement au niveau des personnages, très peu identifiés et encore moins attachants. On plonge directement dans l’action alors qu’un petit résumé des deux tomes précédents aurait été le bienvenu après un an d’attente, on s’y perd un peu…

Deuxièmement, l’intrigue est bien trop prévisible et l’action menée à la va-vite pour nous amener à une conclusion somme toute assez simple, c’est dommage.

Alors que nous étions dans une ambiance franchement sympathique et immersive dans le premier tome, la qualité de la série s’est fortement étiolée dans ce volume.

Au final, la série Hex Hall ne peut pas d’être considérée comme un incontournable. Vite lue et aussi vite oubliée, c’est d’autant plus dommage que le premier tome recelait une ambiance fun et originale. Le second tome était très correct, mais ce dernier opus est extrêmement décevant.

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Chronique : Parallon – Tome 1

Parallon 01Un amour qui transcende les siècles… mais est-ce suffisant pour nous charmer ?

Parallon est le premier roman pour ados de Dee Schulman, paru en France le 24 janvier dernier dans la collection R. Elle a déjà publié des livres pour la jeunesse chez Bayard avec Mon journal top secret (2 tomes).

Dans ce roman, il est question d’amour, de deux époques que des millénaires séparent et d’un étrange univers…

Quel est le point commun entre Londinium en 152 après JC et l’institut Sainte-Magdalen en 2013 ?

Notre histoire commence à Londinium, au temps des combats de gladiateurs et de l’esclavage, où la vie d’un homme ne valait rien ou presque. On y découvre le jeune Seth, une vingtaine d’années, gladiateur de son état. Bel homme, et excellent combattant, ce dernier a remporté plus de victoires qu’aucun autre gladiateur, pour cela il est adulé par les femmes, qu’elles soient mariées ou non. Mais un jour, son regard va croiser celui de Livia, une jeune femme de son âge, belle mais inaccessible pour lui…

En parallèle, nous faisons la connaissance d’Eva, une adolescente presque ordinaire hormis le fait qu’elle soit surdouée et donc difficile à gérer dans le système éducatif normal. Elle peu craquer les barrières de sites tels que ceux de son école pour en falsifier les notes ou faire envoyer de faux emails par son proviseur. Elle est aussi extrêmement douée dans tous les domaines auxquels elle s’essaye, de quoi frustrer son entourage…

Mais quel lien peut-il donc bien y avoir entre Seth et Eva ? Car on se doute que chacun d’eux n’aura pas une petite vie bien séparée l’un de l’autre…

Un ouvrage à la promesse non tenue…

L’éditeur nous parlant de Parallon depuis quelque temps déjà, il est normal d’attendre la sortie du livre avec curiosité, sinon impatience. De plus, les romans de la collection R ont toujours réussi à nous étonner par leur originalité et leur côté précurseur.

Cependant, Parallon ne tiens pas ses promesses, et cela en de nombreux points. Premièrement, les personnages, sont très stéréotypés et peu creusés. En effet, entre le beau gladiateur et la jolie surdouée, le lecteur n’a que peu de place pour son imagination et sa part de rêve… De plus, l’héroïne ne semble jamais se rendre compte de l’attrait qu’elle exerce sur la gent masculine alors que les signes sont tout de même très nombreux… un état de fait que le lecteur a vite fait de remarquer.

La seconde faiblesse réside dans l’écriture, assez rudimentaire. Là où l’on peut parfois voir une écriture directe et efficace qui va droit au but, ici nous rencontrons une plume assez morne, sans réel éclat. Les dialogues sont simples, peu captivants et parfois très banals…

Le troisième défaut réside dans le comportement des personnages, peu naturels et trop prévisibles, surtout vis-à-vis de leurs sentiments respectifs.

Alors, qu’en est-il de l’intrigue de fond ? Cet amour traverse les siècles parviens-t-il à nous faire oublier les défauts mentionnés plus haut ? La réponse est non, l’idée de base de Parallon, qui est les mondes parallèles est sympathique mais n’apporte rien de nouveau au genre. Des auteurs tels que Philipp Pullman, Pierre Bottero ou encore Neil Geiman ayant apporté déjà de belles pierres à l’édifice.  Le seul élément intéressant de l’intrigue étant le fameux virus qui joue un rôle aussi crucial que mystérieux et dont on aurais aimé en savoir plus…

En conclusion, Parallon ne fait pas pour moi partie de ces romans qui nous transportent dans un autre monde grâce à leur écriture et/ou leur originalité. Un roman qui se lit aussi vite qu’il s’oublie…

Chronique : Les chroniques de Kane – tome 2 – Le trône de feu

Kane chronicles 02 - Le trône de feuQuand un gros serpent nommé Apophis veut faire régner le Chaos sur le monde…

La série Kane Chronicles est écrite par Rick Riordan, maintenant mondialement connu grâce à sa série Percy Jackson qui mélange mythologie grecque et fantastique le tout se passant notre époque.

Dans Le trône de feu, second opus de la série Kane Chronicles, nous retrouvons les personnages de Carter et Sadie : un frère et une sœur aux prises avec les dieux égyptiens, pas moins !

La suite des aventures d’une famille pas comme les autres

Après les nombreuses aventures qui ont parsemé le premier tome, les membres de la famille Kane n’ont encore pas le temps de se reposer. Une fois la menace de Seth passée, c’est au tour d’Apophis de se manifester pour détruire le monde… et Carter et Sadie n’ont que cinq jour pour remédier à ce problème de taille.

Pour cela, il leur faudra rassembler un parchemin perdu depuis des siècles et disséminé à travers le monde entier, rencontrer de nouveaux méchants malfaisants, mais aussi des dieux gentils mais atrocement laids. L’aventure commence… et elle ne sera pas de tout repos !

Encore une fois imaginatif et haut en couleurs

Rick Riordan nous a habitués à des personnages et des situations mémorables, et cette fois encore, c’est réussi.

A travers la quête de nos deux héros, nous faisons la connaissance de personnages aussi étranges que remarquables. Je pense notamment à un nouveau personnage phare de la série : le dieu Bès, dieu du foyer au physique peu engageant, mais au moral toujours au beau fixe. Petit mais costaud, son apparence et ses goûts vestimentaires font peur à plus d’une créature maléfique.

Vous découvrirez également d’autres personnages tout aussi fascinants et méconnus issus de la culture égyptienne ; Thouéris, la déesse hippopotame ou encore Khonsou, le dieu lunaire pour ne citer qu’eux.

Encore une fois, ce roman est l’occasion de découvrir des pans très méconnus de cette mythologie, appréciable.

L’aventure en elle-même est très sympathique mais deviens assez vite répétitive, car on retrouve les mêmes éléments que dans le premier tome de la série : une quête menant à de nouvelles découvertes elles-mêmes menant à un dernier combat. Il est dommage que l’on retrouve quasiment la même trame que précédemment.

Mais même si l’on connaît d’avance l’intrigue, avouons que l’on se plaît à retrouver l’univers de Rick Riordan. Enchanteur et drôle, il parvient encore une fois à nous captiver grâce à une écriture simple et captivante.

On attend donc la suite des aventures de Carter et Sadie avec intérêt, en espérant que l’histoire nous surprenne toutefois plus que dans le présent tome.

Affaire à suivre dans le troisième opus a paraître courant 2013 : L’ombre du serpent.

7/10

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Chronique : La Cité – Tome 2 – La bataille des confins

La cité 02 - La bataille des confinsUne suite qui joue sur le suspense avec beaucoup de talent…

Le second tome de la série fantastique La Cité est sorti en en mai dernier aux éditions Rue du Monde. Écrite par Karim-Ressouni Demigneux, la saga comptera quatre tomes au total.

Addictive, terriblement oppressante et surtout fascinante, cette série pour ados a tous les éléments pour plaire dès l’âge de 12 ans en liant jeux vidéos et intrigue aux allures de thriller.  Et dans ce second opus, le moins que l’on puisse dire c’est que les infos et révélations sont distillées…

Retour dans la Cité et ses mystères

A peine le roman commencé, on s’aperçoit que le narrateur a changé. Dans le premier tome nous avions Thomas, dans le second, nous découvrons Liza, ainsi que les autres aspects de sa vie, en dehors de la Cité. Elle aussi va peu à peu se rendre compte que le jeu arrive connaître des détails de sa vie personnelle qu’elle n’a absolument jamais communiqué. Comme Thomas, ses interrogations sur les motivations des créateurs du jeu se font de plus en plus nombreuses.

Comment ont-ils pu créer un jeu aussi intelligent ? Aux algorithmes si sophistiqués qu’ils sont capables de contrôler et gérer tous les dialogues des joueurs dans n’importe quelle langue ? Car en effet, il est interdit aux joueurs de parler de leur vie « réelle » sous peine que la lumière blanche s’abattent sur eux, les excluant du jeu pour quelques minutes…

Beaucoup de questions, et très peu de réponses dans ce second tome… mais qu’à cela ne tienne, l’intrigue est si prenante qu’on se laisse happer facilement.

A la découverte des chemins de traverse du jeu…

Une chose est certaine, le jeu massif multi-joueurs est loin d’avoir livré toutes ses surprises. Que ça soit des passages secrets, des planques et autres filons, de nombreux joueurs ont fait des découvertes intéressantes, sans toujours les partager avec les autres…

Dans ce second tome, les forums de discussions prennent plus de place, hypothèses et plans allant bon train sur de nombreux sujets… dont celui des mystérieux Jumeaux, minant le jeu de façon pour le moins malsaine… Encore une fois, beaucoup de clins d’œil culturels sont au rendez-vous, notamment avec Bilbo le Hobbit de Tolkien qui sera une source d’inspiration pour certains joueurs afin de passer outre certaines contraintes du jeu.

Alors, frustrant par certains côtés, ce second tome l’est effectivement. Mais l’auteur sait distiller peu d’informations tout en conservant l’intérêt de son lecteur… un difficile équilibre.

L’ambiance est pour beaucoup dans cet intérêt qui perdure, encore une fois peaufinée d’une main de maître. Elle parvient à nous faire plonger dans un univers à la fois familier et déstabilisant ; encore une fois une réussite.

Il n’y a plus qu’à espérer que la suite de la Cité sera plus saisissante et révélatrice, car beaucoup de questions restent en suspend (presque trop). Affaire à suivre avec le tome 3 : le pacte des Uniques. Une chose est certaine, impossible de se détacher de la série tant que l’on n’aura pas le mot de la fin.

8/10