Archives du mot-clé fantastique

11 romans pour découvrir le Japon

Et si les chats disparaissaient du monde – Genki Kawamura – Pocket

Si vous êtes à la recherche d’un texte étrange, doux et original, celui-ci devrait taper dans le mille. Voici l’histoire d’un homme qui va faire une rencontre peu commune. Il se sait condamné, son médecin vient de lui annoncer qu’il lui reste extrêmement peu de temps à vivre. C’est alors que le Diable fait irruption dans sa vie et lui propose un étrange marché : faire disparaître une chose définitivement de la terre en échange d’un jour de vie supplémentaire.
Ainsi le narrateur accepte-t-il de faire disparaître les montres, les téléphones… mais peu à peu les choses se corsent et le diable lui propose des choix de plus en plus cornéliens. Jusqu’où le narrateur est-il prêt à survivre avant de cesser ces terribles marchés qui rendent le monde moins savoureux ?

J’ai absolument adoré ce roman que je trouve mémorable et d’une beauté inouïe. Comme toujours avec les romans japonais, le style est simple mais de toute beauté. L’histoire peut sembler très triste au premier abord, mais il n’en est rien bien au contraire. Ce très court texte d’à peine plus de cent-cinquante pages est une ode aux plaisirs simples de la vie.

J’ai trouvé sa conclusion absolument parfaite. Aussi belle que douce-amère comme les auteurs nippons savent si bien faire.

Genki Kawamura est plus qu’un auteur reconnu au Japon, il est également producteur. C’est notamment grâce à lui qu’ont pu naître les magnifiques longs-métrage d’animation Le garçon et la bête ou encore Les enfants loups. Son roman Et si les chats disparaissaient du monde… s’est vendu à plus de 1,3 millions d’exemplaires au Japon.

Attention : ce texte est paru précédemment chez Fleuve éditions sous le titre Deux milliards de battements de cœur.

Nââândé !? – Eriko Nakamura – Pocket

Pas vraiment roman mais plutôt un témoignage humoristique sur les différences culturelles entre le Japon et la France, Nââânde est écrit par une japonaise qui vit à Paris.
Et le moins que l’on puisse dire c’est que les deux cultures sont diamétralement opposées. A côté des mesures raffinées et attentionnées des japonais, nous passons pour des rustres ! Pas toujours à juste titre, mais parfois il faut dire que c’est bien mérité.

Ainsi, Eriko Nakamura raconte ses expériences les plus marquantes de japonaise devant se faire à la vie parisienne. J’insiste sur ce point car le point de vue qu’elle a étendu à la France entière est parfois typiquement parisien. Ou alors tout simplement un problème d’éducation concernant la personne qu’elle a rencontré et non pas une spécificité française… Je pense notamment à son mari qui se permet d’ouvrir un paquet de gateau avant le passage en caisse. Ce n’est pas français, ni parisien, c’est malpoli !

Mais la société japonaise a beau être respectueuse, extrêmement codifiée voir prude par certains aspects, nous ne sommes pas prêts à découvrir les fameux « batsu game » (ou jeux punitifs). Au Japon, ces émissions sont absolument culte. Le but ? Ridiculiser le plus possible les candidats au travers d’épreuves terribles. Il y en a notamment une où les candidats sont tirés sur les fesses par un tracteur sur un terrain recouvert de gravillons… « A la fin, leur derrière ressemblait à un steak haché ! » nous raconte l’autrice.
On peut également citer le Takeshi Castle, véritable mélange entre Fort Boyard et Interville à la sauce japonaise. Ou encore « Tunnels no Mina-san no Okagedeshita », une adaptation du jeu vidéo Tetris avec des candidats devant prendre des formes improbables pour passer les murs.
Parallèlement à cela, en France ça ne nous gêne pas de mettre une femme dans le plus simple appareil pour vendre… du fromage. Et effectivement, c’est choquant ! Et ça ne devrait pas l’être uniquement pour Eriko Nakamura…

L’autrice nous parle également de certains phénomènes de société typiquement nippons tels que les Japanese Lolitas, véritable fantasmes aux yeux de quantité de japonais. Elle nous parle également de ses dérives… saviez-vous qu’il est possible d’acheter des uniformes ou des culottes non lavés de jeunes filles ? Disponible dans des sex-shop… et dans des distributeurs automatiques ! Certains japonais sont tellement accros qu’ils vont même jusqu’à escalader les murs pour voler des culottes qui sèchent sur les balcons. Voilà de quoi choquer nous, français !

Et cette sélection d’annecdotes que je vous ait présentées ici ne sont que peu de choses, il y a encore quantité de différences notables entre les deux pays. C’est intéressant de découvrir le point de vue japonais sur notre culture. Mais attention, il est parfois fortement biaisé car l’autrice ne connaît que la vie parisienne et voit les choses par un prisme parfois extrêmement privilégié… Quoi qu’il en soit, on passe un excellent moment, on apprend des choses et c’est tout ce qu’on demande à cet ouvrage. Nââândé !? et aussi et surtout une déclaration de l’autrice à son mari français et à son pays d’adoption, et ça se voit !

Soie – Alessandro Baricco – Folio

Et si c’était un italien qui retranscrivait le mieux l’ambiance du Japon d’antant, le tout sous la forme aux allures de conte initiatique ? C’est ce qu’à réussit à faire Alessandro Baricco avec Soie, un très court roman à la fois hypnotique et sublime qui nous entraîne dans un amour interdit sur fond de commerce de vers à soie…

Suite à une maladie qui touche les vers à soie d’occident, Hervé Joncour va devoir s’approvisionner au Japon, le pays où la soie produite est d’une qualité exceptionnelle. Nous sommes à la fin du 19ème siècle, et le Japon fait montre d’un grand protectionnisme, si grand que vendre des vers à soie à des étrangers et passible d’une peine capitale pour les contrevenants. C’est dans ce contexte délicat et dangereux que Hervé Joncourt met pour la première fois le pied au Pays du Soleil Levant, et ce qu’il va y découvrir va le subjuguer et le forcer à y retourner années après années… et ce n’est pas seulement l’exceptionnelle qualité de la soie issus des vers japonais qui l’attire à chaque fois.

Ce roman aux allures de conte est devenu en quelques mois après sa sortie en 1996 un texte culte. Nous sommes en 2025, et je viens seulement de découvrir ce magnifique texte… Et je comprends pourquoi il est devenus aussi indispensable dans les fonds des librairie. Il possède une narration hypnotique, et nous entraîne dans un pays qui était encore entouré de quantité de mystères à l’époque où se déroule l’intrigue. Et c’est justement cette atmosphère mystérieuse et superbe qu’Alessandra Baricco réussit à retranscrire et à nous faire toucher du doigt.

Un texte parfait donc pour découvrir le Japon autrement et à travers un regard occidental.

Le passe-partout – Masako Togawa – Folio Policier

Pile entre l’étrange Nagasaki et son invité non désiré et l’ambiance inclassable des Belles endormies de Kawabata, il y a Le passe-partout. Véritable intrigue à tiroirs, l’aura de mystère qui entoure ce livre ne s’évapore jamais vraiment… Nous sommes dans la résidence K, habitée uniquement par des femmes seules. Surveillée par deux gardiennes qui se relayent, la Résidence K allie sécurité et autonomie pour chacune de ces femmes que la vie a laissées seules (qu’elles soient célibataires, veuves, jeunes ou retraitées…). Chacune possède la clé de son propre petit appartement, mais un passe-partout existe pour le cas où il y aurait une perte d’un jeu de clés… Sauf que, quand c’est le passe-partout lui-même qui disparaît, que faut-il faire ?

Véritable roman noir aux nombreuses énigmes, Le passe-partout est un de ces romans qui vous mènent en bateau du début à la fin : disparition, meurtre, vol d’un bien précieux, dérives sectaires, manipulation… toutes ces affaires ont un point commun, la fameuse résidence K. Et il n’y a que nous, lecteurs, qui aurons enfin toutes les réponses à ces nombreux mystères.

Outre l’intrigue bâtie de main de maître, c’est avant tout l’ambiance étrange et sombre de la résidence K qui est extrêmement réussie. On se croirait vraiment dans cet immeuble à la fois protecteur et austère, dont la dualité perdure tout au long du roman. C’est une très bonne lecture qui saura vous surprendre, d’autant que ce texte n’est pas une nouveauté et a été écrit en 1962. Ce n’est qu’en 2022, soit soixante ans plus tard, qu’on le découvre en France grâce aux éditions Denoël. Au Japon, Le passe-partout est d’ailleurs devenu un classique du roman policier et a même remporté le plus précieux des prix dédié au genre : le prix Edogawa Ranpo.

Son autrice, Masako Togawa a écrit par la suite plus d’une trentaine de romans à succès (pourvu qu’ils arrivent un jour en France !) est devenue actrice, scénariste, patronne de boîte de nuit et une icône féministe gay. Une femme incroyable dont le parcours nous est totalement méconnu en France !

Et pour l’anecdote, Masako Togawa était chanteuse de cabaret avant de devenir autrice. Le passe-partout a d’ailleurs été écrit pendant les pauses entre ses passages sur scène.

Les belles endormies – Yasunari Kawabata – Le Livre de poche

Voici un des textes les plus emblématiques de la littérature nippone, il est également l’un des plus étranges et des plus malaisants… L’histoire est bien simple : imaginez une maison un peu particulière qui n’est ni un hôtel, ni une vulgaire maison de passe. Non, ici, vous pouvez dormir toute une nuit à côté d’une adolescente endormie sous l’effet de puissants narcotiques. Les règles sont aussi simples que strictes, vous pouvez certes les toucher et les serrer dans vos bras, mais il est totalement interdit d’aller plus loin.

C’est ainsi que nous découvrons le vieil Eguchi, qui va passer la porte de cet étrange établissement pour la première fois. Il est assez sceptique au début, mais une première nuit va lui faire redécouvrir des souvenirs et sensation enfouies depuis des décennies… Mais certaines questions vont le tarauder tout au long du roman, ces jeunes demoiselles sont elles consentantes ? Pourquoi sont-elles déjà plongées dans les bras de Morphée quand il arrive ? Et pourquoi faut-il réserver des jours à l’avance ? Et comment l’établissement peut-il être sûr que les pensionnaires d’une nuit vont bien respecter les règles ?

Que de questions et très peu de réponses. Lire Les belles endormies, c’est avant tout découvrir une écriture surannée, une atmosphère bien spéciale dûe à la fois à une époque, et à une littérature qui lève très peu le voile sur ce qu’elle conte.
C’est un roman à la fois hypnotique et passionnant qui nous aide à mieux comprendre le passage du temps, les regrets et la beauté parfois futile des jeunes années… Mais se prendre d’affection pour le vieil Eguchi (de presque 80 ans) s’avère pour moi difficile. Il a des côtés franchement détestables et gênants, mais je trouve que cette expérience de lecture est à faire pour découvrir un versant important de la littérature nippone.

Pour moi, c’est l’une des oeuvres japonaises les plus dérangeantes que j’ai pu lire car son narrateur est imprévisible… Elle me marquera durablement malgré le fait que je n’ai pas été à l’aise avec le concept même de ces fameuses belles endormies…

Nagasaki – Eric Faye – J’ai Lu

L’ouvrage n’est certes pas écrit par un auteur japonais, mais il a selon moi toute sa place dans cette sélection. Il nous aide à découvrir un pan de la société nippone intéressant voir même fascinant. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que Nagasaki est tiré d’un fait divers incroyable. Eric Faye s’est inspiré de cette histoire vraie relaté dans les journeaux nippons en 2008 pour écrire ce court roman. J’ai découvert par hasard ce roman, mentionné dans l’ouvrage La gueule-du-loup de Eric Pessan, un auteur pour la jeunesse et les ados qui a déjà écrit sur le Japon.

Nagasaki a paru en 2010 aux éditions stock et a remporté le prestigieux Grand Prix du roman de l’Académie Française la même année.

Quelle est donc l’histoire qui se cacher derrière Nagasaki ? Celle d’un homme qui découvre au fil des jours que des objets sont déplacés dans sa maison. Yaourts manquants, niveau du jus de fruits qui baisse… L’homme décide d’installer une webcam à son domicile pour comprendre ces mystérieuses disparitions et déplacements. Ce qu’il va découvrir dépasse l’entendement : une femme vit chez lui à son insu depuis presque une année…

Eric Faye se propose ici de nous plonger dans la psychologie des deux personnages, comme deux facettes de cette maison occupée alternativement par l’un et l’autre. L’ouvrage se concentre avant tout sur cet homme qui pense avoir des hallucinations au début et qui peu à peu réalise qu’il se passe autre chose sans savoir expliquer quoi. On voit ses tatonnements, ses interrogations, mais également ses états d’âme car il va regretter un de ses gestes.
Le dernier tiers de l’ouvrage est quant à lui consacré à la femme qui a habité clandestinement chez lui. On y découvre son cheminement (romancé par l’auteur ou réel ? je ne sais point), son parcours de vie et ce qui l’a amenée à vivre chez un autre en se cachant chaque jour.

Nagasaki est une belle et triste histoire comme le Japon en a plein, avec son lot de regrets, de mélancolie et de beauté malgré tout. Quant à Eric Faye, il a su capter l’esprit nippon et ses étrangetés du quotidien… Seul bémol, j’ai parfois trouvé les personnages un peu trop vulgaires par rapport à ce que j’ai déjà pu lire dans la littérature japonaise, il est extrêmement rare de les voir aussi nerveux/familliers dans leur langage. Mais à part ça, on est dans l’ambiance.

PS : Pour aller plus loin, sachez que Nagasaki a été adapté en bd (one-shot) aux excellentes éditions du Lézard Noir. Je vais très certainement me pencher sur cette version illustrée du roman dont l’histoire me fascine de façon durable.

Le tambour Ayakashi – Yumeno Kyûsaku – Picquier

Si vous aimez les histoires sur fond de légendes et de malédiction, Le tambour Ayakashi est pour vous ! L’auteur est un habitué des romans étranges s’inspirant d’anciennes malédiction reportée sur des personnes inconséquentes. L’un des plus grand livre de la littérature japonaise est d’ailleurs écrit par Yumeno Kyûsaku, il s’agit du labyrinthique et inclassable Dogra Magra écrit en 1935 (rien que le nom, on dirait une formule magique). Dogra Magra est un livre que j’ai lu il y a une quinzaine d’années, elle compte l’histoire d’un homme qui lit un manuscrit qui rend fou. J’avoue que je n’avais pas compris grand chose…
Ici, on retrouve les thématiques chères à l’auteur : l’étrange, les légendes, les malédictions qui poursuivent les hommes qui ne savent pas retenir leur avidité… Et ce court roman fonctionne à merveille.

Le tambour Ayakashi a été traduit en France en 2003 seulement, et ce n’est que maintenant en 2025 qu’il est remit au goût du jour par Picquier. Et qu’elle bonne idée ! Là où Dogra Magra est complexe et parfois même incompréhensible, on retrouve ici la quintessence des thématiques chères à Yumeno Kyûsaku. Et clairement, c’est une histoire qui fonctionne ! Le texte a été écrit en 1926, et pourtant il est d’une belle modernité.

Clairement, ce court roman m’a réconciliée avec l’oeuvre de Yumeno Kyûsaku. J’étias restée pendant une quinzaine d’années sur une note assez négative, ayant tellement peiné à lire et encore plus à comprendre Dogra Magra. Pour moi, Le tambour Ayakashi est une sorte de préquelle plus simple et plus pure des idées que souhaite porter l’auteur. On est dans un Japon historique aux traditions et aux croyances prégnantes, et c’est passionnant !

A découvrir pour l’ambiance historique très bien développée, de même que pour la partie tragique et assez reconnaissable qu’aime mettre l’auteur dans son oeuvre. En clair, c’est à découvrir !

La librairie Tanabe – Miyabe Miyuki – Picquier

Si vous aimez les librairies poussiéreuses et un peu surannées, ce recueil policier doux et mystérieux pourrait bien vous plaire. Il a beau être actuellement épuisé, il est encore facilement trouvable sur le réseau d’occasion. Au programme, cinq histoires policières qui ont toutes un point commun : il s’agit du libraire qui résout les mystères grâce à un sens de l’observation peu commun.

Pour moi, c’est à classer entre La librairie Morisaki de Satoshi Yagisawa et Un café maison de Keigo Higashino. Ces cinq nouvelles sont vraiment immersives, douces, malgré des crimes ou des mystères omniprésents et très plaisantes.

Les histoires sont courtes, à peine une quarantaine de pages chacune, et à chaque fois, Monsieur Iwa est le point commun de toutes ces petites affaires irrésolues ou étrange.
Un squelette découvert, une mort étrange qui laisse des indices très bizarres où il est question d’un livre et de circulation routière, et d’autres affaires plus ou moins corsées.
Monsieur Iwa, le libraire, pose les bonnes questions, est doté d’une culture encyclopédique et d’un sens de la déduction peu commun.

Ce recueil est ainsi un véritable petit plaisir littéraire. Sans prétention, fort érudit, amusant, parfois sombre et poussiéreux, La librairie Tanabe est doté d’une ambiance délectable. Parfait pour les fans de cosy crime et de Japon, un mélange pas si souvent rencontré dans les étagères des librairies ou des bibliothèques…

Petit plus culture : Chose fascinante, saviez-vous qu’au Japon certains ouvrages étaient vendus avec une garantie de remboursement ? Le dernier quart des pages du livre était scellé dans une enveloppe. Si le lecteur renvoyait à l’éditeur le livre sans avoir touché à l’enveloppe, cela signifiait qu’il ne l’avait pas trouvé suffisament intéressant pour le terminer et on le remboursait. Malin !

Seins et oeufs – Mieko Kawakami – Actes Sud, Babel

Il y a souvent dans les romans japonais quelque chose d’assez réucurent : les conclusions étranges ou ouvertes. C’est bien le cas ici de Seins et oeufs. Ce que l’on peux trouver frustrant ou inaccompli d’un point de vue occidental est pourtant chose courrante dans les romans nippons (entre autres). Cela illustre parfaitement à quel point ce n’est pas la destination qui compte mais le voyage littéraire que l’on fait. Et une chose est sûre, Seins et Oeufs est un roman étrange qui interroge la perception qu’ont les femmes japonaises d’elles-même.

L’histoire est celle de Makiko, dont l’obsession est de se faire refaire les seins. Pourquoi ? Elle ne le sait pas vraiment elle-même, mais elle va absolument tout faire pour mener son projet à bien. Sa fille d’une douzaine d’années ne comprend quant à elle pas du tout ce besoin impérieux de changer d’apparence, d’autant qu’elles n’ont pas les moyens de financer ce genre d’opération. Alors, crise de la quarantaine ? Besoin de sentir à nouveaut belle et/ou désirée ? Diktat de la société de l’apparence ? Quoi qu’il en soit, Makiko désole sa fille et sa soeur, mais leur permet au passage d’avoir un autre regard sur elles-mêmes…

J’ai beaucoup aimé cet étrange et inclassable roman bien qu’il n’ait pas de véritable conclusion. Il y a dedans des réflexions de la fille de Makiko, devenue muette volontaire car en conflit permanent avec sa mère. Il y a également des dialogues très réussis et bien envoyés où les femmes font face à leurs nombreux paradoxes (vouloir être belle pour soi, est-ce une réalité ou cela passe-t-il nécéssairement pas le regard des hommes ?).

« Ouais, ben je m’excuse mais elle ne me saute pas aux yeux la différence. Ce que je sais, c’est que je ne suis pas heureuse avec mes petits pois, et que j’ai bien le droit de rêver d’en avoir de gros nibards si je veux, c’est mon problème à moi, point barre ! C’est toi qui vient tout compliquer avec tes histoires de mentalité masculine ! Ce ne serait pas plutôt toi qui est garantie cent pour cent pure mentalité masculine ? Parce que je vais te dire, moi, quand je couche avec un garçon, même s’ils sont tout petits, je pense à autre chose qu’à regretter de ne pas en avoir de plus gros sous prétexte que ça l’exciterait plus. Ca, c’est pour quand je suis seule avec moi-même, et pour moi seule : je me regarde et je me trouve plate et j’aime pas c’est tout. Moi et personne d’autre ».

Ceci n’est qu’un extrait absolument génial de deux femmes dont la vision du corps est totalement opposée, du moins en apparence…

Ainsi donc, Seins et oeufs est un roman étrange qui interroge la féminité et le désir de – se – plaire. Un roman à la fois doux et surprenant qui est assez inclassable mais m’a beaucoup plu. Si vous tombez dessus un jour, penchez-vous donc dessus ! (l’ouvrage est actuellement épuisé au moment où j’écris ces lignes – janvier 2025).

Okuribi – Renvoyer les morts – Hiroki Takahashi – Belfond

Quel roman étrange et sombre ! Okuribi est un mélange entre l’enfance avec son inhérente innocence et – très paradoxalement – une illustration de notre part de noirceur. Le plus dérangeant dans ce roman, c’est que quasiment tous les personnages principaux sont des préadolescents, à peine sortis de l’enfance.

Nous sommes dans une petite ville rurale du Japon, où l’on va suivre le jeune Ayumu qui vient de quitter la capitale. Il découvre son école, ses nouveaux camarades qui ont l’air plutôt sympathiques… et Akira. La forte tête de l’école, celui qui moleste ceux qui ne lui conviennent pas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que enfants comme enseignants le craignent… Mais étonnament, Ayumu semble passer au travers de la violence lattente d’Akira. Du moins, pour le moment.

Quoi qu’il en soit, j’ai adoré l’ambiance et j’aurais même aimé que l’auteur aille plus loin dans le développement de ses personnages, c’était un peu trop court (et c’est un peu cher 20€ les 110 pages, non ?). Un direct poche ou un semi-poche aurait pu être plus acceptable.

Ainsi, l’amosphère de ce roman est réussie, il nous entraîne on ne sait où tout en sachant que c’est vers l’obscurité… la question est plutôt de savoir comment, et non pas si…

Par contre, même si je comprends la référence à Battle Royale, elle me paraît un peu poussive de la part de l’éditeur, de plus, ils ont fait une énorme faute sur la quatrième de couverture en se trompant sur le prénom du personnage principal… c’est un peu dommage. Plutôt à présenter comme un roman noir sociétal que comme la terrible dystopie qu’est Battle Royale.

L’affaire Midori – Karyn Nishimura – Picquier

Pour continuer à découvrir le Japon par un biais plus sociétal, L’affaire Midori sera parfait. Comment un infanticide peut-il être une conséquence du drame de Fukushima ? C’est ce que tente d’expliquer l’autrice au travers de son roman inspiré directement de faits réels.
L’affaire Midori, c’est l’histoire fictive (mais inspirée de faits réels) d’une femme qui n’a pas su quoi faire quand elle est devenue mère célibataire. La honte était trop forte, le retour à la maison impossible et les aides sociales presque inexistantes. Pire encore, la honte que la société lui impose continuellement a grignoté le peu de confiance en elle que cette femme aurait pu avoir…
L’histoire nous est contée du point de vue d’une journaliste qui n’est pas l’autrice (mais qui pourrait car elle travaille elle-même comme correspondante au Japon pour la presse).

Mais comment peut-on justifier un acte aussi terrible qu’un infanticide ? On ne peux pas, mais ce n’est pas ce que cherche à faire l’autrice:journaliste. Son but est d’expliquer ce qui a mené cette femme à l’acte le plus terrible qu’une mère puisse commettre, et la société est bien loin d’être innocente.

Par exemple, saviez-vous que pour obtenir un test de grossesse précocre au Japon vous devez fournir vos coordonnées complètes ? Peu de femmes non mariées sont prêtes à le faire et préfèrent donc attendre… au risque de perdre un temps précieux.

Ou encore que le gouvernement japonais a beaucoup « joué » avec les chiffres pour que la catastrophe de Fukushima paraisse beaucoup moins terrible qu’en réalité ? Ils ont relevé le seuil d’exposition radioactive pour cela. Il est désormais acceptable d’être exposé à vingt millisieverts par an pour la population, soit le seuil maximal imposé aux travailleurs du nucléaire ! Grâce à ce petit tour de passe-passe, seulement 2,7% de la surface de la Préfecture de Fukushima est inhabitable.

Qu’au Japon, l’image que l’on donne de nous est plus importante que tout le reste ? Que notre bien-être passe après ? Que l’on doit toujours montrer une face positive même si c’est éreintant ?

C’est là tout le paradoxe passionnant de ce pays, à la limite de la schyzophrénie. Comme le dit si justement l’autrice en fin d’ouvrage :

« J’aurais tant aimé me défaire de ces obsessions, par moments au moins, profiter de l’autre face du Japon, la plus importante, la plus visible, la plus agréable, celle du Japon de la politess, de la fidélité, de la serviabilité, de la gentillesse, du civisme, de la propreté, de la ponctualité, de la qualité, et même de la perfection ».

Mais aimer le Japon, c’est accepter son versant très sombre et rigide jusqu’à la cruauté dans certains cas, comme dans cette fameuse « affaire Midori ».

Ce texte est pour moi entre l’essai, le roman journalistique et l’introspection. Un mélange qui nous donne à voir une partie moins connue du Japon et pourtant essentielle. Une sorte de face cachée et sombre qui fait partie intégrante de ce Japon adoré et parfois même fantasmé.

Chronique : La mystérieuse bibliothèque de Blackwood Abbey

Hester Fox est une autrice américaine à temps plein. Elle est spécialisée en histoire et en archéologie. La mystérieuse bibliothèque de Blackwood Abbey est son second roman à paraître en France.
Son premier roman, La berceuse des sorcières, était paru chez Faubourg Marigny avant de paraître en poche aux éditions J’ai Lu.

Un étrange héritage…

La jeune Ivy Radcliffe, 23 ans, a tout perdu durant les horreurs de la première guerre. Mais il semblerait que le destin lui sourie enfin. Elle vient de recevoir le courrier d’un notaire, et ce qu’elle va découvrir lors de son entretien dépasse tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Ivy vient d’hériter d’un domaine dans la campagne anglaise. La seule condition pour en jouir étant d’y habiter de façon permanente. Ayant perdu parents et frère durant la Grande Guerre, Ivy part sans un regard en arrière.

Mais à peine arrivée dans ce qui est maintenant son domaine, Ivy sent l’ambiance pesante de l’abbaye. Elle qui adore les livres, elle découvre que le bâtiment est doté d’une des plus belles bibliothèques de la région… Mais même cela ne suffit pas à enlever à Ivy qu’il se passe quelque chose d’étrange…

Mystères et ambiance feutrée

De façon générale, j’aime beaucoup les parutions des éditions Faubourg Marigny. Elles mettent en avant des héroïnes qui traversent différents grand moments de l’Histoire. Ici, ont retrouve l’élan habituel des romans de la maison, mais pas tout au long du livre…

J’ai été transportée positivement toute la première moitié de l’ouvrage, mais passé la seconde partie, j’ai trouvé le tout très long. Impossible de me concentrer sur le destin d’Ivy qui perd peu à pied, qui mélange passé, présent, souvenirs et rêves… Mais à partir du dernier tiers du roman, j’ai trouvé l’intrigue trop facile.
Pour moi, la qualité première de ce roman était son ambiance. Sombre comme il faut, avec une introduction mystérieuse et bien équilibrée, mais ces qualités se délitent peu à peu, à l’image de la santé mentale d’Ivy.

Je n’en dirait pas plus pour ne pas déflorer l’intrigue, mais j’ai trouvé le roman très bon dans sa première moitié, mais il est extrêmement dommage que la suite ne soit pas à la hauteur. L’ambiance poussiéreuse et mystérieuse qui recèle de l’ouvrage est réussie, mais cela n’est pas suffisant, et c’est bien dommage.

Pour moi, c’est presque un rendez-vous manqué. Je n’ai jamais été déçue par un roman de cette maison d’édition, et je comprends pourquoi il a été choisi. La mystérieuse bibliothèque de Blackwood Abbey coche toutes les cases du catalogue de la maison : Histoire, héroïne féminine, mystère, héritage surprenant, secrets de famille… Mais quel dommage que tous ces éléments ne donnent pas un tableau final plus original et exaltant !

Ainsi donc, ce roman d’Esther Fox m’a laissée sur ma faim, mais je ne m’avoue pas vaincue. Il est prévu que je lise La berceuse des sorcières, peut-être y trouverais-je ce qui m’a fait défaut ici.

AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique YA : Dragonfly Girl

Le nom de Marti Leimbach vous dit peut-être vaguement quelque chose ? C’est possible puisque l’autrice a déjà sorti un livre en France, intitulé Le choix d’aimer. Il y en a même eu une adaptation cinématographique en 1992. Avec Dragonfly Girl, elle nous propose un roman YA renversant et original qui est une véritable ode aux sciences… et à l’art du contournement.

Un prix gagné de façon illégitime

Kira est une lycéenne surdouée qui tente de survivre dans son difficile quotidien. Elle vit seule avec sa mère atteinte d’un cancer, et la vie est difficile. Ne travaillant pas, la mère de Kira accumule les dettes pour ses soins ou même pour de simples courses… A tel point qu’elle doit une belle somme a des personnes peu recommandables.
Mais heureusement (ou pas), Kira a un don incroyable : elle a la fibre scientifique dans l’âme. Grâce à sa seule ténacité et son intelligence, elle a réussit à remporter un prestigieux prix qu’elle doit récupérer en Suède (non ce n’est pas le Nobel !). Mais pour cela, elle doit mentir sur son âge et son parcours professionnel encore inexistant. Ce qu’elle n’hésite pas à faire, car en plus de la renommée, le prix et accompagnée d’une généreuse dotation pouvant effacer les dettes médicales de sa mère.

Mais Kira a beau être d’une intelligence remarquable, elle n’arrive pas à passer assez inaperçue, et son travail ainsi que ses découvertes vont éveiller l’attention de personnes extrêmement dangereuses…

Ne vous fiez pas aux apparences !

La première fois que j’ai vu la couverture de Dragonfly Girl, j’ai cru qu’il s’agissait d’un texte de romantasy : une jeune fille portant une belle robe éthérée, le terme de Dragonfly (qui veut dire libellule en anglais) qui a une connotation un peu féérique… C’est vrai qu’il y a quand même ce couloir sombre et bien glauque en arrière plan dont on ignore la teneur.
En réalité, on ne sait pas trop où on met les pieds en regardant cette couverture, mais à aucun moment on ne pense que ça va traiter de sciences ! Et quand je dis que ça parle de sciences, ce n’est pas un thème de fond qu’on ne voit que durant quelques pages, non, ce roman ne parle QUE de sciences, et de façon passionnant qui plus est !

Vous pouvez voir à droite la couverture américaine, qui est selon moi beaucoup trop austère. Alors, oui cette fois-ci on comprend qu’il y a des sciences, mais d’un point de vue esthétique je passe mon tour. N’y avait-il pas un moyen de réaliser une couverture qui fasse comprendre d’un regard que l’on va parler de sciences avant tout et que la romance n’est que très secondaire dans tout cela ? La couverture française donne l’effet inverse avec une jeune fille glamour et aucun indice sur la partie scientifique du roman. C’est très dommageable car je pense que beaucoup de lecteurs.ices potentiels n’ont pas trop compris ce dont il était question (comme moi). Et je crains que cet excellent roman n’ait pas trouvé son lectorat à cause d’un problème de couverture…

Mais alors, qu’en est-il de l’intrigue ? L’histoire de Kira est passionnante. Oui, elle est douée et même plus que cela, mais ce que j’ai aimé dans Dragonfly Girl, c’est que l’on découvre les dessous du travail en laboratoire. Kira ne fait pas plupart du temps que très peu d’expériences, elle est confinée aux tâches ingrates telles que nettoyer les paillasses, s’occuper des animaux qui vont faire l’objet d’expériences et donc peut-être mourir, et surtout apprendre de nombreux process. Car non, le travail de recherche n’est pas aussi sexy qu’on pourrait le croire au premier abord. Il y est surtout beaucoup question de protocole, d’expériences à faire, et refaire pour prouver qu’elles fonctionnent. Et dans ce roman, c’est tout cela que l’on découvre et plus encore !

La partie des interactions entre les personnages est elle aussi primordiale. En effet, Kira est extrêmement peu appréciée par certains de ses nouveaux collègue au vu de son très jeune âge. Toutes les basses-oeuvres lui sont dédiées, mais également les répliques cinglantes, la jalousie sous-jacente, etc. J’ai trouvé cette partie très intéressante car elle nous montre une héroïne extrêmement normale mais résiliente car motivée par son amour des sciences et bien entourée.
Et pour celleux qui se demandent, oui, il y a bien une romance, mais elle est si peu nécessaire à l’intrigue qu’il ne faut pas lire Dragonfly Girl pour cela.

Oui, Dragonfly Girl traite avant tout de sciences et de découvertes majeures que l’on pourrait faire d’ici quelques décennies (ou certaines existent peut-être déjà…), mais l’ouvrage est plus fin que cela. Il parle surtout de comment une découverte scientifique majeure pourrait être manipulée, changée, dénaturée par de mauvaises personnes. Comment la politique se mêle à la science, neutre par nature, comment l’argent et les menacent réussissent à corrompre absolument tout. Ce roman, c’est tout cela est bien plus !

Alors, faut-il lire Dragonfly Girl ? Pour moi c’est un immense oui, un énorme coup de cœur totalement imprévu comme on aime en avoir. Passez outre cette couverture et plongez dans un roman 100% scientifique qui réussit à sortir de certains clichés… et ce jusqu’à la fin ! Marti Leimbach s’est énormément documentée pour ce roman, et elle donne d’ailleurs ses nombreuses sources en fin d’ouvrage, c’est passionnant et donne envie d’en savoir plus ! Dès 14 ans.

Chronique jeunesse : Hilda et le peuple caché

Connaissez-vous la série de BD Hilda ? L’ouvrage que je vous chronique ici est issu de la série elle-même issue de la BD. Il nous conte les aventures d’une petite fille évoluant dans un monde étrange et magique au graphisme magnifique ! La série de livres est en trois tomes, le premier étant paru chez Casterman en octobre 2018. C’est le genre d’ouvrage parfait pour un #pumpkinautomnchallenge ou un #coldwinterchallenge ! 

Entre mignonitude et aventure

Bienvenue dans le petit monde calme et rassurant d’Hilda, une jeune fille curieuse et courageuse qui vit avec sa maman dans la forêt. Elles sont au calme, il n’y a aucune ombre au tableau, sauf que… Un soir, elles se font attaquer par des forces invisibles et mystérieuses ! Leurs revendications ? Qu’elle quitte leur maison sur le champ pour ne plus jamais revenir ! Pourquoi cela ? C’est ce que va tenter de découvrir Hilda… 

Un premier tome empli de jolies choses et d’humour

En quelques pages, il est facile de se baigner dans l’univers doux et rassurant d’Hilda. Clairement d’inspiration nordique avec des trolls qui prennent vie une fois le soleil couché ! Des géants mystérieux et doux, et d’autres créatures nées de l’imagination des deux auteurs. Les graphismes sont rassurants mais rien dans cette histoire n’est niais, à aucun moment. 

On pourrait même qualifier la jeune Hilda de baddass, elle n’a pas peur de sauter du toit pour chevaucher d’étranges créatures volantes ou de parler à l’oreille des géants, et même convoquer le roi des elfes ! 

Son histoire est prenante en très peu de pages, et le fait que ce soit une novélisation ne m’a absolument pas gênée. Les dessins ont été réalisés spécialement pour l’ouvrage et ne sont pas issus de capture d’écran hasardeuses comme c’est le cas dans beaucoup d’adaptations. Non, ici, il y a un réel travail éditorial et cela se voit. 

Parmi les très nombreux personnages attachants de cette histoire, ma préférence va à l’étrange petit bonhomme de bois à la tête de noix de coco. Il est mignon, bizarre, adore les livres et se comporte comme un chameau avec Hilda ! Il m’a beaucoup fait rire tant il est déconnecté de la réalité et s’incruste comme un rustre chez les autres. 

J’ai donc énormément aimé ce premier tome de la trilogie Hilda que je vais sûrement continuer car elle sait réserver son petit lot de surprises ! Et surtout, l’univers m’a énormément plu. Cela m’a d’ailleurs un peu fait penser à Adventure Time dans le graphisme, mais avec une cible clairement jeunesse ici.

Cela m’a tellement plu que je vais d’ailleurs poursuivre l’expérience en regardant la série Netflix (j’ai commencé et c’est très chouette, notamment la BO). Il ne me restera ensuite plus qu’à découvrir les BD !

Chronique jeunesse : Zoom sur la collection jeunesse Le Grand Bain chez Seuil Jeunesse

La promesse de la collection ? « Des romans illustrés pour se jeter dans le grand bain de la lecture, avec ou sans bouée !« 

Marie-Aude Brosse – Denis Baronnet & Roxanne Lumeret

Une jeune fille découvre que l’univers de son jeu vidéo préféré : Diego 3D Mundo débarque dans son quotidien. C’est assez difficile à croire au premier abord, mais elle accepte rapidement ce postulat. Ainsi, la vie ordinaire se retrouve assortie de choses étranges, de bonus, et évidemment boss de fin de niveau.
Outre le jeu de mot du titre en référence au célèbre plombier de Nintendo, ce roman est une également une référence à Alice au Pays des merveilles : entre rêve burlesque et réalité étrange.

J’ai trouvé ce roman franchement bizarre et trop déstabilisant à mon goût. Je m’interroge fortement sur le fait que les jeunes lecteurs trouvent leur compte dans cette histoire. Trop délurée, trop illogique et débridée pour moi en tout cas. Je l’ai lu en entier, mais je n’en ait rien retiré et j’ai même eu du mal à me rappeler du contenu… Dès 9 ans.

Mission aventure – Gauthier David & Marie Caudry

Cette fois-ci, les parents de Julie et Théodore en ont plus que marre. Il faut bien se l’avouer, le frère et la sœur de ce roman son particulièrement détestables l’un en vers l’autre. Jamais avares de vacheries et de coups bas en tous genre… Sauf qu’ils n’avaient pas prévu que leurs parents en aient marre au point de les laisser en pleine forêt. Ainsi débute Mission Aventure, sorte de réécriture de Hansel et Gretel contemporaine un peu loufoque.

Encore une fois, j’ai eu un peu de mal avec la narration et le côté très débridé de l’histoire. Je n’ai eu aucun attachement pour ces enfants insupportables, de même que pour leurs folles aventures. Et encore une fois, cette lecture ne m’a laissé que très peu de souvenirs, expliquant mon très court avis à son sujet. Dès 9 ans.

Pétunia – Karen Hottois & Lili Scratchy

Voici l’histoire de Pétunia, une jeune fille… pétulante ! Et pour ajouter à l’originalité de ce petit personnage, il y a également Koto, sono ami imaginaire. Koto est tout petit, il se cache dans un poche ou dans sa trousse quand c’est nécessaire, et surtout, il ajoute une pointe de distraction à sa vie !

Des trois romans de la collection Le Grand Bain que j’ai lu, c’est celui qui m’a le plus paru potentiellement plaisant aux enfants. Entre quotidien, amitié et humour, le tout illustré joliment par Lili Scrtachy, le tout fonctionne bien. Le tout est mignon, tout en rondeurs aussi bien graphiquement que narrativement. Je n’en garde pas un souvenir impérissable mais toutefois plaisant.
Comme les autres titres, il serait parfait à découvrir dès 9 ans.

Le pire Noël n’existe pas – Suzanne Bogeat & Edith Chambon

Thomas est un doux rêveur, mais passé un certain âge, ce qui est était vu comme une qualité devient une caractéristique ostracisante. La preuve, son air naïf et ses souhaits hérissent tout le monde… Alors quand un de ses camarades de classe trouve son carnet avec des dessins du père noël, ça ne rate pas : il obtient des ricanements. Mais Thomas est bien décidé à prouver à tous et à toutes que si l’on souhaite le meilleur, voir l’impossible, il peut survenir ! Et que la magie de noël existe, quel que soit l’âge que l’on a…

Ce texte est pour moi le plus abouti des quatre titres de la collection que j’ai pu lire. Il est clair, avec un déroulé logique, tout trouve un sens à la fin de l’ouvrage (et cela de façon poétique). Là où j’ai trouvé les autres ouvrages décousus et parfois même complètement délirants (dans le mauvais sens du terme), Le pire noël n’existe pas fonctionne parfaitement.
Du début à la fin, on suit avec un petit sourire les aventures de Thomas pour reboucher le trou de la cour de récré et prouver à tous que voir le verre à moitié plein peut changer la donne.

Mignon et agréable à lire. Il sera parfait à découvrir pour les enfants entre 9 et 11 ans.

Ainsi donc, j’ai pu lire quatre titres dans la collection Le grand bain. Et pour être honnête, en dehors d’une excellente lecture, le reste m’a laissée fort dubitative. Ce n’est pas une collection que je suivrais à l’avenir. On peux toutefois saluer l’originalité du format proposé : des ouvrages de petite taille avec jaquette au papier de qualité. C’est rare de voir un aussi beau travail de fabrication pour des romans jeunesse dits « middle-grade« .
En ce qui concerne le contenu, il ne m’a pas convaincue, mais le mieux est encore que chacun.e se fasse son propre avis !

Chronique bd : 109 rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile

Parue initialement en 2019, la série de bd 109 rue des soupirs est une série de bd pour la jeunesse scénarisée par Mr Tan (rien d’autre que le créateur et illustrateur de Mortelle Adèle) et dessinée par Yomgui Dumont (La brigade des cauchemars, qui a remporté le Prix des lycéens d’Angoulême).

109 rue des soupirs est une bd qui a eu son petit succès, l’éditeur Casterman y croit beaucoup, et a décidé de refaire toutes les couvertures de la série. Ainsi, j’ai pu découvrir l’ancienne édition ! Les nouvelles versions seront en couleur à l’intérieur (et non plus en bichromie) et les couvertures beaucoup plus distinguables. Dans l’ancienne version elles étaient toutes les mêmes, et seule les couleurs changeaient. Dans la nouvelle version elles sont toutes différentes et beaucoup plus colorées.

Une nouvelle maison pour une nouvelle vie

Le jeune Elliott déménage au 109 rue des soupirs avec ses parents, et très vite c’est le désenchantement. Il pensait que ce nouveau lieu de vie allait changer les mauvaises habitudes prises par ses parents, mais il n’en est rien. Au lieu d’être présents pour leur fils dans cette nouvelle étape de leur vie, ils le quittent précipitamment car débordés de travail.
C’est ainsi qu’Elliott se retrouve seul avec des monceaux de cartons de déménagements à ouvrir… Et des fantômes pas très ravis d’être dérangés dans leur immortelle tranquillité…

Parfait pour les fans d’histoires surnaturelles pas trop flippantes

Dans le genre bd facile à lire et dans un format un peu plus grand qu’un BD Kids, 109 rue des soupirs est sympathique. L’histoire de cet enfant totalement délaissé par ses parents et cajôlé par des fantômes est assez originale. J’ai passé un agréable moment à cette lecture, même si ce n’est pas un coup de coeur.

Ainsi, c’est la lecture idéale pour les enfants entre 8 et 11 ans qui aiment le fantastique et l’humour dans une ambiance à la Ghostbusters ! Ce gigantesque manoir à l’allure gothique est un théâtre parfait pour quantité d’aventures surnaturelles…

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique : Légendes du vieux Prague

Où comment découvrir un pays par le biais de ses légendes…

Voici un petit ouvrage passionnant que vous ne trouverez pas en France mais uniquement à Prague. Pourquoi ? Tout simplement car il est édité Tchéquie même s’il est écrit en Français. Vous pouvez le trouver dans quantité de boutiques à Prague, et cela dans quantité de langues : anglais, espagnol, italien, chinois… et français !
Ce recueil de contes et légendes qui entourent Prague et ses monument est ainsi réalisé par Magdalena Wagnerova d’après les légendes populaires. Elles nous propose parfois de découvrir plusieurs légendes différentes qui entourent un même bâtiment. Ainsi, c’est l’ouvrage idéal pour qui se passionne pour la capitale de la Tchéquie.

Une ode aux contes et légendes qui font Prague…

Vous avez toujours rêvé de voir la grande horloge astronomique de Prague, mais connaissez-vous son histoire ou la légende qui se cache derrière sa beauté ? De même, savez-vous quelle histoire se cache derrière certaines statues du Pont Charles ? Ou encore la tour poudrière de Prague ? C’est ce que l’ouvrage se propose de faire découvrir aux lecteurs curieux qui visitent la ville.

Ainsi, au détour de monuments plus ou moins connus, on en apprend beaucoup sur l’histoire et surtout les légendes qui ont participé à assoir Prague dans les plus belles et passionnantes villes du monde.

Clairement, cet ouvrage est avant-tout destiné aux touristes, ne serait-ce que par la façon dont il est construit. En effet, l’ouvrage est composé d’un plan de la ville, et le mieux est encore d’aller surplace découvrir les endroits mentionné à l’intérieur. Pour quelqu’un qui n’est jamais allé à Praque, l’ouvrage revêt immédiatement moins d’intérêt car il y a des réérences constantes à la géographie des lieux. Mais pour ceux et celles qui y sont ou qui y ont été, cette lecture les ramènera à de beaux souvenirs.

J’ai donc fait la lecture de cet ouvrage plus d’un an après avoir visité Prague, et j’ai désormais très envie d’y retourner. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’ouvrage mentionne des endroits que je n’ai pas visités, des lieux cachés, des histoires passionnantes… J’y avais été la toute première fois grâce à un ouvrage de l’américaine Laini Taylor, Fille des chimères, l’histoire m’avait tant subjuguée que j’avais fait de ce voyage un rêve à accomplir. C’est chose faite, mais si j’y retourne un jour, j’aimerais pouvoir approffondir certains lieux et passages de la vieille ville. M’y balader de nuit en me remémorant les histoires que j’ai découvertes dans cet ouvrage…

Ainsi, si vous aimez Prague et que les contes et légendes vous passionne, je vous conseille vivement l’acquisition de ce petit ouvrage quand vous serez surplace. La narration des contes est parfois un peu scolaire, mais ça reste intéressant pour ajouter un peu de magie à une ville qui en est déjà fort imprégnée…

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique fantastique : Piranèse

Un roman aussi étrange que labyrinthique… trop labyrinthique peut-être ? 

Susanna Clarke est une autrice d’origine brittanique qui a peu d’ouvrages à son actif, mais qui a su se faire remarquer dès la parution du premier : Jonathan Strange et Mr Norrell en 2007. 

Piranèse signe son grand retour et était très attendu aussi bien en France que dans son pays d’origine. Il a paru aux éditions Robert Laffont en fin d’année 2021 et est traduit par Isabelle D. Philippe. 

Où et quand ? 

Bienvenue dans un monde à nul autre pareil, une enfilade infinie de portes, de voutes, de caches et de pièces en pleine mer sans rien d’autre à l’horizon… C’est le lieu étrange et inexplicable où vit Piranèse. Il catalogue tout ce qu’il croise et découvre dans des dizaines de journaux qu’il tient très précisément à jour. 

Ce roman est en fait son journal le plus récent et nous conte les dernières découvertes en date de Piranèse. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il en fait beaucoup, et que certaines sont extrêmement dérangeantes… 

Mais quel est le but de Piranèse ? Où se trouve-t-il exactement ? Et quand ? Et qui est son mystérieux comparse que l’on ne voit que très peu et qui lui pose quantité de questions aussi précises qu’étranges sur les immenses salles que fouille au quotidien Piranèse ?

Une expérience de lecture plus qu’un roman 

Lire Piranèse c’est accepter de ne pas tout comprendre de ce qu’on va lire, du moins au début. C’est assez expérimental et j’avais d’énormes attentes sur cette lectures car il y a eu énormément d’avis positifs sur les réseaux sociaux à propos de l’ouvrage… Cela d’autant plus que cela faisait plus d’une décennie que Susanna Clarke n’avait rien écrit. Et comme pour Mexican Gothix, je me suis fait avoir… beaucoup de teasing, d’attente et… tout est retombé comme un soufflet pour moi. 

Malgré le côté étrange et hypnotique du roman, cela n’a pas suffit, j’ai eu beaucoup de difficultés à apprécier Piranèse. L’ouvrage m’a d’ailleurs laissé un goût d’inachevé très persistant. Je me suis dit : « tout ça pour ça ? ». Ce fut une grande déception pour moi que de comprendre la finalité du roman… qui ne réserve que peu de surprises pour qui lit régulièrement du fantastique. 

Piranèse est ainsi plus un texte d’ambiance et de style qu’un roman d’intrigue. Si vous partez de ce principe, il y a moins de chances que vous soyez déçu.e je pense. J’ai apprécié l’atmosphère de ce palais gigantesque offrant une successions de salles à l’infini, mais quand peu à peu les révélations se font connaître, c’est un peu léger à se mettre sous la dent… 

A découvrir pour les plus curieux.ses qui veulent s’initier à une expérience littéraire originale mais dont l’intrigue ne se hisse pas au niveau. Dommage.

Photo prise dans le cadre d’une sélection spéciale lectures étranges et/ou effrayantes. Piranèse entrant clairement dans la catégorie bizarre/inclassable/inquiétant à la limite du Lovecraftien.
GENRE : Fantastique
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : La trilogie La maison des Jeux de Claire North

Claire North est une autrice anglaise à l’œuvre encore assez rare, mais remarquée. L’un des plus connus est Les quinze premières vies d’Harry August, qu’elle a écrit en 2014. De son véritable nom Catherine Webb, elle a écrit plusieurs ouvrages, mais c’est sous le nom de Claire North qu’elle réserve la partie imaginaire de son œuvre… Pour notre plus grand plaisir

Une étrange maison de jeux qui apparaît au fil du temps et des lieux

Le premier tome de cette trilogie de novellas (très courts romans) se déroule à Venise, au 17ème siècle. Mais ne vous y trompez pas. La Maison des Jeux est bien plus ancienne que cela et survit à toutes les époques et à tous les virages simportants de l’humanité. Dans ce tome-ci donc, nous suivons une jeune femme – Thene – mariée à un joueur invétéré qui peu à peu va tout perdre. Mais Thene, sous ses apparences de femme soumise à son mari est bien plus que cela.
Peu à peu, elle va prendre goût au jeu également, mais ce qu’elle va miser et gagner vaudra bien plus que ce que son diable de mari n’a jamais rêvé avoir…

Autre temps, autre lieu, dans le second tome nous sommes dans le Bangkok du vingtième siècle. Une sorte de jeu du chat et de la souris (en plus étendu et élaboré) va avoir lieu. Cette fois-ci, nous ne verrons pas Thene, mais un tout autre personnage : Remy Burke. Il a parié beaucoup sur cette partie qui semble déséquilibrée… Chose normalement impossible car la Maison des Jeux veille.

Dans l’opus final, le tableau prend enfin forme. Nous sommes à notre époque, en tous lieux, et certains personnages vus précédemment refont surfance… de manière inattendue.

Une trilogie à la fois mystérieuse et géniale

J’ai adoré dès les premières pages cette trilogie de Claire North. En très peu de temps, on est dans une ambiance enveloppante qui allie mystère, étrangeté et Histoire. Mon tome préféré de la trilogie restera le premier opus car j’ai trouvé le personnage de Thene et l’époque dans laquelle elle évolue absolument parfaits. Claire North écrit à merveille, et nous avons la chance d’avoir une très bonne traduction assurée par Michel Pagel.

Il est difficile de développer sur l’univers de La Maison des Jeux, car une grande partie de l’intérêt de cette histoire réside dans son mystère latent. Je vais donc rester en surface dans cette chronique censée vous venter les mérites de la trilogie.

Premièrement, elle se dévore. Les trois tomes font chacun à peine cent-cinquante pages chacun. Cela se lit vite, bien, avec un plaisir de lecture évident.

Deuxièmement, je n’avais jamais lu un texte de SFF qui mélange à la fois fantastique, géopolitique et technologie et… autre chose. C’est un mélange étrange qui fonctionne à merveille, mais même si cela a l’air simple au premier abord, Claire North a réalisé un travail titanesque. Elle réusit à nous abreuver de détails, de nuances et d’une atmosphère particulière sans jamais nous perdre. Et pourtant, bien que courts, les ouvrages sont très denses en informations. Beaucoup de symboliques, de savoirs et de données sensibles actuelles se mélangent pour donner quelque chose de plus grand encore.

Troisièmement, les personnages sont incroyables. Même les plus calculateurs pourrons vous sembler géniaux tant ils anticipent les coups. C’est la partie la plus plaisante des romans pour moi : le calcul. La prise de risque. Les enjeux qui montent en puissance au fil des tomes. Vous découvrirez ainsi que La Maison des Jeux permet de parier à peu près tout sauf de l’argent, bien trop vulgaire.

Ainsi, j’ai vraiment adoré cette trilogie fantastique qui brasse différentes catégories de l’imaginaire. C’est original, délectable, malin, un véritable plaisir de lecture qui change vraiment de ce qu’on peux lire habituellement en SFFF.

Chronique YA : Vortex – Tome 1 – Le jour où le monde s’est déchiré

Il est paru lors de la rentrée littéraire ado, en août 2022, et gageons qu’il reste longtemps dans les rayonnages des librairies. Voici le premier roman d’Anna Benning à paraître en France. Lors de sa sortie allemande, l’ouvrage s’est vendu à plus 100 000 exemplaires en quelques semaines. Certes, les ventes ne sont pas gage de qualité, mais c’est tout de même révélateur d’un intérêt certain de la part des lecteurs.ices ! Et ce succès est-il mérité ? La suite dans cet article !

De multiples déchirures dans le monde

Le monde tel qu’on le connaît n’existe plus depuis des décennies, plus précisément depuis le Grand Amalgame et la survenue des Vortex. Ces portails apparus mystérieusement permettent de voyager à travers le monde instantanément. Mais se placer à travers les vortex n’est pas donné à tout le monde et ceux qui s’y risquent ont eu une formation très spéciale. Et même parmi les plus entrainés, il y a des disparitions, des blessés et des morts. Les voyages en vortex sont donc très risqués et nécessitent une maîtrise de tous les instants.
C’est dans ce monde que vit Elaine, 14 ans et bientôt participante à la grande Course de Vortex. Son classement déterminera son avenir dans cette société très hiérarchisée et qui fait la chasse aux Amalgamés (aussi nommés Splits). Qui sont-ils ? Des êtres humains dangereux qui lors du Grand Amalgame ont fusionné avec la nature : la Terre, l’Eau ou encore le Feu. Les Vortex sont la seule façon de les poursuivre efficacement. Il faut donc qu’Elaine soit dans les premiers si elle veut devenir une coureuse de vortex et venger la mort de sa mère, tuée par des Splits.

Addictif en peu de pages

En quelques courts chapitres, on plonge dans l’intrigue originale et maline de l’autrice. Au premier abord, on peut la trouver assez classique (ce qui est le cas), mais très vite il n’est plus seulement question de vortex qui déplacent d’un point A à un point B, et ça devient autrement plus captivant, pour ne pas dire renversant par moments.

Dès lors que l’on voyage en quatre dimensions, c’est une lecture assez exaltante qui sait surprendre son lectoat même si certains éceuils ne sont pas évités. Ce n’est pas gênant en soi car l’autrice a su créer son propre style et univers. Parmi ses nombreuses bonnes idées, je retiens surtout celle de la ville de Sanctum. Magnifique de beauté et sylvestre dans chaque aspect de son existence. C’est beau, et les images qu’on se fait à cette lecture sont tout simplement magiques.

Il y a quelques bonnes révélations bien efficaces qui sont savament disséminées et bien dosée, ce qui rend l’intrigue de plus en plus dingue au fil des chapitres. Mais à aucun moment on a un sentiment de précipitation comme dans certains romans dits haletants où tout est balancé en fin d’ouvrages. Ici, Anna Benning pose quelques petites « bombes » qui rendent l’intrigue à la fois surprenante et surtout durable. On ne sait pas toujours quand ça va nous tomber dessus, et rien que pour cela c’est agréable.

La notion de bien est de mal semble par ailleurs très claire dans Vortex, qui est écrit entièrement du point de vue d’Elaine. Mais peu à peu, les questionnements vont affluer, aussi bien pour elle que pour nous lecteurs, qui avons une vision très partiale de son univers. Quoi qu’il en soit, ça fonctionne à merveille !

A découvrir dès l’âge de 14 ans, pour ceux qui aiment les dystopies à la façon de Divergente et La Faucheuse ! On y retrouve le côté addictif de ces deux séries emblématiques du genre. A confirmer avec le second tome, mais le premier est pour le moins très prometteur.