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Chronique : Tétraméron

TétraméronUn ouvrage aux symboliques foisonnantes mais au contenu déconcertant et dérangeant…

Peut-être connaissez-vous José Carlos Somoza, un auteur espagnol à l’œuvre surnaturelle et prolifique. On lui doit notamment : La théorie des cordes, Clara et la pénombre, La dame n°13, L’appât

Avec Tétraméron paru en février 2015, José Carlos Somoza signe un récit étrange et initiatique où la jeune Soledad va se retrouver confrontée à un groupe se contant des histoires très curieuses, et malsaines…

Disparue dès les premières pages

Soledad est une jeune fille solitaire. Pas de réels amis, mais pas d’ennemis non plus : elle est transparente, et c’est encore pire. Mais en ce jour de sortie scolaire Soledad est devenue tellement invisible qu’elle disparaît littéralement, y compris aux yeux de ses professeurs. Elle quitte son groupe et se rend dans les tréfonds de l’édifice qu’ils sont venus visiter.

Soledad descend une infinité de marches jusqu’à se retrouver devant une lourde porte qui cache un groupe de quatre personnes aux habitudes étranges. Elle ne le sait pas encore, mais elle est tombée sur le Trétraméron, et cette rencontre va changer définitivement son avenir.

De contes étranges en récits pernicieux

Quand on lit le résumé que fait l’éditeur de Tétraméron, on s’attend à un roman aux inspirations entre Les Mille et une nuits et Alice au pays des merveilles, c’est effectivement le cas, mais pas seulement.

En effet, ce roman de José Carlos Somoza est un récit à part dans tous les sens du terme : plein de bizarreries, d’étrangetés et de symboliques (trop), on nage dans les délires de chaque conteur et conteuse. Ils sont quatre, et chacun d’entre eux a deux histoires à raconter. Pour eux-même, mais aussi pour Soledad, afin de la faire grandir, l’initier… elle qui a disparu aux yeux du monde devient le centre de l’attention de ce cénacle.

Mais justement, qu’en est-il de ces fameux récits à la sémiologie singulière ? On passe d’un conte ayant pour personnage l’esprit de Marie Curie à une histoire extravagante où une famille entière est décimée à cause d’une photo… et autres joyeusetés incompréhensibles. On sent que José Carlos Somoza a inclus un nombre incalculable de symboliques dans ses courtes histoires qui font le roman, mais impossible au lecteur lambda de les saisir et encore moins de les comprendre.

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Trop élitiste, trop peu décryptable et surtout rempli de non-sens (voulus par l’auteur mais inaccessibles pour de simples mortels), il est extrêmement difficile d’apprécier Tétraméron. On comprend de façon générale qu’il s’agit d’un rite de passage à l’âge adulte pour Soledad, mais la façon dont elle s’en acquitte est énigmatique, de même que les contes du conclave sont sibyllins…

C’est fort dommage d’avoir un texte aussi peu abouti et nébuleux alors que l’ambiance gothique et mystérieuse est si magnifiquement installée dès les premières pages. La couverture illustre quant à elle parfaitement les étapes que va affronter Soledad. Le texte ne suit pas, c’est regrettable…

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Le pacte – Tome 2 – Mensonges

Le pacte 02Plus méchant, plus machiavélique, l’étau se resserre sur le trio de demoiselles vengeresses…

Coécrit par Jenny Han et Siobhan Vivian – deux auteurs à succès aux Etats-Unis – le second tome de la trilogie Le Pacte est paru en mars dernier, toujours dans la collection Scarlett aux éditions Panini. L’intrigue se corse quand nous reprenons l’histoire où nous l’avons laissée, après l’incident du Bal. Les trois adolescentes sont en danger, ainsi que leur secret…

Surtout, rester discrètes

Suite directe de Vengeance, le roman Mensonges nous replonge dans la tourmente du Bal de fin d’année qui ne s’est pas franchement déroulé comme prévu… Lillia a été élue Reine du Bal, coupant l’herbe sous le pied de Rennie, ce qui n’était pas au programme, même si cela rend la vengeance encore plus accomplie. Mais le plus grave reste l’accident de Reeve : personne ne sait s’il pourra rejouer au foot un jour, et ça non plus ça n’était pas prévu.

En bref, la vengeance s’est quelque peu transformée en carnage en partie involontaire… et certaines personnes autant, voir plus sournoises que Lillia, Mary et Kat sont sur leur piste.

Plus mesquin et surtout beaucoup plus captivant

Avec Mensonges, on monte très vite en puissance en termes de suspense, de tension et de révélations. Les choses se précipitent à une vitesse folle, d’autant que certains membres du trio ne souhaitent pas en rester là… Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu et la vengeance va devenir plus ardue au fil des pages, en particulier pour l’une de nos narratrices.

On en apprend plus sur la personnalité et surtout le mode de vie de certaines d’entres elles, en particulier concernant Kat dont le passé n’est guère rose. En ce qui concerne Mary, des choses de plus en plus étranges se passent autour d’elle : sa tante a des réactions étranges en sa présence, et certains événements inexpliqués dans le premier tome trouvent enfin une réponse.

En fait, vous trouverez toujours autant de mauvais esprit, et même plus encore qu’avant. Nos trois anti-héroïnes ne sont pas les seules à faire de sales coups, et elles vont bientôt devoir répondre de certains  de leurs actes…

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Pour terminer cette chronique je dirais que ce second tome est très riche, beaucoup plus dense et enfin plus intéressant que le premier tome. En effet, dans Vengeance, on en était à un stade de « rodage », mais avec Mensonges, le potentiel du récit prend enfin de l’ampleur.

Ce second tome est plus vif, moins gentillet et surtout beaucoup plus incisif que le premier et il était temps d’y aller franchement. Alors délectez-vous bien de chaque phrase et cueillez le moindre indice que les auteurs on bien voulu nous laisser. Et surtout, restez bien assises quand vous atteindrez les dernières pages… vous risquerez d’avoir un choc !

Il va sans dire que le troisième et dernier tome est attendu avec une énorme impatience. Pas  encore de date de prévue en France, mais ça y est, je suis addict !

Chronique : La Maison Sans-Pareil – Tome 1 – L’oiseau Noir

La maison Sans-Pareil 01Un inclassable qui laisse un sentiment à la fois curieux et plaisant

Premier roman de l’anglais Elliot Skell traduit en France, la Maison Sans-Pareil est une courte série de deux ouvrages, tous les deux parus aux éditions Flammarion.

A la fois fantastique et étrange, la Maison Sans-Pareil regorge de nombreux secrets que même ses habitants ignorent… si vous voulez les découvrir, il va falloir en pousser les portes… !

Tout commença avec un Capitaine qui débarqua…

…avec une idée et un trésor. Son idée était bien simple : faire construire un château, mais un château comme nous n’en avons jamais vu, immense, gigantesque, tellement grand que plusieurs générations ne suffiraient pas à découvrir toutes les pièces qu’il renferme. Et ce qu’il se passa. Le château fut construit, et à l’époque où l’histoire nous est contée, de nombreuses générations ont déjà passées. Le Capitaine est devenu légendaire, et ses descendants vivent encore dans l’opulence de son trésor dont on ignore la source. A chaque génération, un nouveau capitaine « gère » la famille Capelan.

Nous suivons les pas d’Omnia Capelan, une excentrique comparée à tous les autres membres de son immense famille. En effet, les Capelan ont une remarquable aptitude à la non curiosité et à la fainéantise. Alors quand le Capitaine de la Maison Sans-Pareil disparait, personne ne se pose beaucoup de question hormis « qu’y aura-t-il au prochain repas ? ». Mais Omnia sent qu’il y a plus qu’une mort naturelle derrière cette disparition et sa curiosité l’emporte sur la prudence… Et c’est seule qu’elle devra se débrouiller, tous les autres Capelan ne s’occupant bien trop que d’eux même…

La maison Sans-Pareil 01 englishUn univers atypique qui laisse un sentiment d’étrangeté

De par son style et la façon dont l’histoire est mise en valeur, la Maison Sans-Pareil nous offre un roman bien différent de ceux auxquels nous sommes habitués.

En effet, bien que l’intrigue soit déjà vue, la façon dont elle est traitée l’est beaucoup moins. On évolue dans un monde où les lois que l’on connaît n’existent pas, le monde extérieur nous reste inconnu. Les traditions étranges qui régissent la vie des Capelan font loi, et rien ne saurait les supplanter.

Il faut reconnaître que cette approche en huis-clos mais à une aussi grande échelle est assez déstabilisante. On se sent perdu dans les premiers chapitres, ne sachant absolument pas où veux nous mener l’auteur… Mais peu à peu, on prend ses marques, jusqu’au point de vouloir explorer nous-mêmes cette Maison Sans-Pareil (qui serait plutôt un château aussi grand qu’une montagne).

Belles descriptions, fourmillement d’anecdotes et de faits aussi inutiles que fascinants, vous saurez pourquoi le plancher d’une des salles est penché, ou encore pourquoi certaines sont condamnées. On aurait apprécié une ébauche de plan concernant cet édifice, même si il semble assez rapidement être difficile à cartographier.

La Maison Sans-Pareil mélange avec efficacité deux genres qui plairont sans trop de difficulté à un jeune public (dès 11-12 ans), le tout avec une écriture de qualité. Le côté policier résidant dans la fameuse disparition du Capitaine et d’autres découvertes en tiroir ; le fantastique étant dans l’existence même de ce château incroyable.

Même après avoir apprivoisé ce premier tome, impossible de se départir de ce sentiment de mystère qui nous enveloppe. C’est à la fois plaisant, tout en laissant une impression diffuse et difficile à expliquer, en tout cas, le but est atteint : c’est unique. Affaire à suivre avec le second et dernier tome : L’homme au masque, où l’on espère avoir les réponses aux milliers de questions qu’ont suscité ce livre.

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Chronique : Black Eden – Tome 1

Black Eden - tome 1Une fois n’est pas coutume ce roman ne nous vient pas des États-Unis ou d’Angleterre, mais d’Espagne ! Avouons qu’avoir des traductions d’autres pays change un peu de ce que l’on peut croiser très (voir trop) régulièrement dans le paysage éditorial.

Avec Black Eden dans la collection Macadam, Milan se lance dans une grande série : huit tomes parus en Espagne (contre deux en France), vous voilà prévenus. Écrite par Ana Alonso et Javier Pelegrín, Black Eden n’est pas la seule saga écrite par le duo.

Avec un premier tome totalement inclassable, préparez-vous à entrer dans le monde de Black Eden, où les apparences sont trompeuses….

De l’ADN comme passeport pour une vie meilleure

Dans la société où vit Martin, tout est contrôlé, surveillé, géré par les autorités. Durant un cours de biologie, le jeune homme est amené à se prélever un peu de sang afin d’apprendre à faire des analyses simples… mais il y a deux choses qu’il ignore : le matériel de biologie de l’école est relié aux bases de données des autorités en place ; et…son sang est l’une des choses les plus précieuses au monde car son système immunitaire est inviolable.

Autant dire que l’une des plus grosses entreprises pharmaceutiques du monde ne le laissera pas en paix avant de l’avoir « recruté » comme cobaye de gré ou de force…

Mais qui dirais non à une vie entière sur une île paradisiaque en échange de quelques examens sanguins quotidiens ?

Etrange, fascinant et définitivement hors des sentiers battus

Publier Black Eden, c’est un joli petit pied de nez aux titres qui sortent et se ressemblent dernièrement dans le de l’anticipation et/ou de la dystopie. Cette nouvelle série apporte une fraicheur bienvenue en ces temps où le conformisme semble faire loi.

Dans cette société totalitaire où les états ont étés remplacés par des corporations tentaculaires surpuissantes, Martin ne fait guère le poids et va donc exécuter ce qu’on exige de lui.

Nous nous retrouvons donc sur la fameuse île paradisiaque dont certains rêvent mais qui n’en a que l’apparence…

Nous découvrons rapidement que Martin n’est pas le seul à faire les affaires de la grande entreprise pharmaceutique l’ayant recruté. Ainsi faisons-nous la connaissance de Cassandre, Selena et Josh, des jeunes particuliers et réservés qui vont devoir apprendre à faire confiance au nouveau venu.

Au fil des jours qui passent, Marin va remarquer une foule de petites choses étranges qui seules ne semblent rien signifier de particulier, mais qui une fois mises bout à bout vont révéler un tableau effrayant.

Le plus génial, c’est de découvrir ce premier tome, de le lire, et de se rendre compte au fil des pages que ce que l’on prenait pour un roman de science-fiction assez traditionnel est en fait beaucoup plus que cela. Pour les plus curieux, il est toujours possible de regarder ce que signifie le titre original de la série : La llave del tiempo… !

Black Eden - tome 2Immersif et très surprenant, le voyage que vous ferrez à travers ce premier opus ne vous laissera pas indifférent.  Vous serrez plutôt songeur et terriblement curieux d’en apprendre plus sur le parcours de ces adolescents à l’organisme hors du commun et aux origines nébuleuses.

Chronique du second tome de Black Eden – La sphère de la Méduse ici.

Chronique : Miss Peregrine et les enfants particuliers

Miss Peregrine et les enfants particuliersUn roman étrange et fascinant où le surnaturel rejoint le monde connu…

Premier roman de Ransom Riggs paru en France, Miss Peregrine et les enfants particuliers est sorti en mai dernier aux éditions Bayard. Son auteur, de nationalité américaine, est né en Floride. Après des études d’anglais il est passé à celle des films. Il vit désormais à Los Angeles, et vous pouvez trouvez ses courts métrages sur le lien ci-joint : www.youtube.com/ransriggs.

Déjà traduit dans plus d’une trentaine de langues et promis à une adaptation cinématographique dont Tim Burton a déjà acquis les droits, une chose est sûr, c’est un petit phénomène qui débarque en France. Rabats, fin pelliculage sur l’ensemble de l’ouvrage, il faut l’avouer Miss Peregrine est un très beau livre à faire trôner dans sa bibliothèque. Mais qu’en est-il de son histoire ?

Nous suivons Jacob Portman, un adolescent des plus communs… jusqu’au jour où son grand-père est tué par une mystérieuse créature. Bouleversé, les souvenirs que son grand-père lui contait remontent à la surface… et prennent vie jusqu’à l’amener sur une petit île perdue du pays de Galles…

Un passé étrange et surréaliste.

Selon les dires du grand-père de Jacob, ce dernier aurait vécu dans un établissement spécial où les enfants étranges vivaient en reclus afin de les protéger. De ces enfants, nommés « particuliers », le grand-père de Jacob possède de nombreuses photos, mais personne à part le jeune homme ne songe à la possibilité que ça soient de vrais clichés.

Mais depuis la mort brutale de son grand-père, Jacob est à la fois obsédé est terrifié : qui sont ces fameux Monstres dont il doit absolument se protéger ? Qui sont les enfants particuliers et qu’ont-ils de si spécial ? Ont-ils vraiment existés ou est-ce une affabulation de son grand-père ?

Un concept intéressant et original

Le force du roman Miss Peregrine réside avant tout dans l’originalité de sa mise en scène plus que dans son intrigue. En effet, la chose la plus fascinante est de savoir que toutes les photos utilisées par Ransom Riggs sont toutes issues de collections privées et authentiques (certaines ont subi de légères retouches, mais ne sont pas truquées). Dignes de monstres de foires, certaines images recèlent une ambiance singulière, parfois à faire froid dans le dos. Les pouvoirs des enfants sont quand à eux intéressant (et parfois même aussi ravissants qu’inutiles), mais leur personnalité l’est encore plus !

Boucles temporelles et autres étrangetés pour éviter la persécution

On le comprend rapidement, Miss Peregrine traite avant tout d’une histoire qui transcende plusieurs générations. La thématique de la persécution étant très présente à deux niveaux : celle de la persécution des Nazis envers les Juifs (ce qu’a subit le grand-père de notre héros), mais également la persécution surnaturelle dont font l’objet les tous les enfants particuliers.

Ce mélange de deux thématiques très différentes fonctionne, même si l’on aurait aimé en savoir encore plus sur ces fameux monstres. Leur genèse est développée par l’auteur, mais juste assez pour que l’on comprenne l’enjeu de l’histoire, guère plus, nous laissant dans l’expectative.

En somme, ce premier opus nous ouvre les portes d’un monde étrange et à nul autre pareil. A la fois séduisant et troublant, ce roman aura le mérite de donner un regain d’originalité au genre fantastique en nous offrant une mise en scène originale et une intrigue sympathique.

Une série dont la qualité reste à confirmer avec l’apparition d’une suite qui devrait prendre un certain temps avant de débarquer en France. En effet, le second tome est prévu pour juin 2013 aux Etat-Unis.

Actualité éditoriale : Le mystérieux Cercle Benedict… une nouveauté Bayard qui éveille la curiosité.

mysterious-benedict-society-01A paraître aux éditions Bayard Jeunesse le 14 février prochain, Le mystérieux Cercle Benedict annonce l’arrivée d’une série au charme certain et à l’ambiance surannée… zoom sur cette nouveauté.

Illustrations fourmillantes de détails, atmosphère digne des meilleurs romans anglais, et bien sûr intrigue attrayante, la trilogie aura de quoi donner le change à sa sortie. Mais qu’elle est donc l’histoire de cet ouvrage qui intrigue ? En voici le résumé de l’éditeur…

« Quand cette annonce bizarre paraît dans les journaux, des dizaines d’enfants se présentent pour participer à une série de tests loufoques et cornéliens. Seuls candidats sélectionnés, Reynie, Kate, Sticky et Constance font la connaissance de l’étrange recruteur, Mr Benedict, qui leur confie ses plans. Ils doivent s’infiltrer d’urgence dans une pension soupçonnée d’abriter les agissement d’un sangereux savant  mégalomane. Le Mystérieux Cercle Benedict est né !

Envoyés sur l’île qui abrite l’institut, les quatre nouveaux amis y découvrent une discipline absurle, qui impose une consommation effrénée de télévision en guise de devoirs. Tous les élèves sont sous l’emprise de M. Curtain l’atroce directeur, et de son « murmureur », une formidable machine à décerveler. D’ici peu, elle sera capable de manipuler les consciences du monde entier…

Il est grand temps d’agir ! C’est ainsi que nous prenons connaissance de l’histoire bien sympathique de la Benedict Society. Une seule hâte à avoir, rencontrer les personnages : Constance Contraire, Reynie Muldoon, George Washington (si, si) et Kate Wetherall.

Il n’y a maintenant plus qu’à prendre son mal en patience pour voir débarquer le premier opus en France. Pour les plus curieux, sachez que la suite est déjà programmée par l’éditeur : tome 2 en octobre 2013 et tome 3 en avril 2014.

Une chronique sera sur le site à parution de l’ouvrage. Et pour la sortie du premier tome, un site internet dédié sera mis en ligne. En voici l’adresse : www.lemysterieuxcerclebenedict-lelivre.fr

Miss Peregrine et les enfants particuliers… une parution chez Bayard Jeunesse diaboliquement tentante.

Miss Peregrine et les enfants particuliers

Déjà traduit dans plus d’une trentaine de langues, voici le nouvel enjeu des éditions Bayard qui débarquera en librairie le 31 mai : Miss Peregrine et les enfants particuliers. Le titre à lui seul attise et intrigue, et il y a de quoi. Miss Peregrine, écrit par Ransom Riggs, est un ouvrage à l’univers sombre, mystérieux dont l’ambiance se rapproche de celle des  foires aux monstres qui avaient lieu au début du siècle dernier. Avec sa bande-annonce (voir ci-dessous) et ses anciennes photographies aux allures surnaturelles, dont certaines très inquiétantes, le ton du livre est très vite donné.

C’est dans une grande maison réunissant des enfants aux capacités étranges que va se dérouler l’intrigue. Alors… tenté par le mystère et les frissons que promet cette nouveauté ?

Enfin, une information intéressante et pas des moindres : Tim Burton a racheté les droits audiovisuels et travaille actuellement sur une possible adaptation au cinéma. Il serait actuellement en négociation avec la Fox. Il est vrai qu’aux vues du style du roman, l’univers collerait parfaitement au style gothique et également étrange de Burton. Et bien évidemment prochainement, la chronique.

Miss Peregrine inside 02

Chronique : Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables

Le haut-lieuUn recueil à la qualité certaine mais parfois inégale 

Serge Lehman, de son vrai nom Pascal Fréjean est actuellement critique au Monde des Livres et a écrit bon nombre de romans de science-fiction. Parmi ses oeuvres remarquables, il a notamment coécrit avec Fabrice Colin La Brigade Chimérique qui fut un beau succès et qui a même été adapté en jeu de rôle. Il a également remporté le Grand Prix de l’imaginaire et le Prix Rosny aîné pour son roman F.A.U.S.T. maintenant épuisé.

Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables est un recueil de nouvelles de mêlant science-fiction et fantastique, il a été publié aux éditions Denoël dans la collection Lunes d’encre en 2008 avant de paraître il y a quelques mois en poche aux éditions Folio SF. Il est doté d’une préface signée Xavier Mauméjean qui a l’avantage d’expliquer certains points obscurs des nouvelles si l’on passe à côté.

Un recueil de nouvelles de qualités inégales

L’ouvrage débute par la nouvelle qui a donné son nom à l’anthologie : Le Haut-Lieu, qui se trouve être, selon moi, la meilleure de toutes. On se retrouve dans un huis-clos avec un artiste américain richissime et une agente immobilière qui tente de lui vendre un magnifique appartement en plein Paris : une affaire en or. Mais la visite, d’abord normale, va vite tourner à l’angoisse. Il semblerait que les pièce de l’appartement disparaissent une à une sans aucune explication plausible et réaliste.

L’écriture de cette nouvelle fait beaucoup penser à une mise en scène théâtrale. La façon dont Serge Lehman présente et développe ses personnages, mais aussi la description faite du décor contribuent à cette impression. A la fois énigmatique, pernicieuse et très noble, on se laisse hypnotiser par le charme dangereux de cet appartement parisien voulant « capturer » ses visiteurs.

Les autres nouvelles proposées ensuite sont beaucoup plus confuses et difficiles à appréhender pour le lecteur. Comme la nouvelle Le gouffre au chimère nous raconte l’histoire d’un homme recevant un colis qu’il ne doit absolument pas ouvrir. Cet homme a en fait été repéré par un service spécial français qui traque les « réifications », un phénomène qui touche les êtres étant à deux doigts de faire une grande découverte. Le but de ce service étant de permettre audits individus de réussir à matérialiser leur idée ou invention, sensée changer nombre de destins. Même si on comprend l’objet de la nouvelle, son développement est toutefois assez brouillon, tout comme la nouvelle Superscience.

La seconde nouvelle de qualité du recueil est selon moi la très courte et incisive La chasse aux ombres molles qui apporte une réflexion sur le statut des grandes entreprises. Et Serge Lehman va plus loin encore dans le malaise en remettant en question leur existence même, mais aussi leur utilité dans la société. Une invitation à la réflexion dans notre monde où l’Entreprise, la grande institution toute-puissante se dévore elle-même jusqu’à la suppression de sa propre raison d’être.

Il y a également Origami : l’histoire d’un journaliste qui se retrouve à intégrer pour une semaine une mystérieuse organisation. Son but : faire assimiler une vérité scientifique absolument effarante que peu d’initiés connaissent, cette dernière va changer sa vision de la vie et de l’univers. Très sympathique, à l’ambiance feutrée et glaçante.

La régulation de Richard Mars est une nouvelle assez sympathique, bien qu’un peu floue, qui traite du sujet de l’immortalité et du bon usage des corps d’emprunt. Richard Mars est un pauvre que tout abandonne, sa femme l’a quitté, sa vie est plate, jusqu’au jour où il rencontre une entité qui lui donne un pouvoir infini… mais que va-t-il en faire ?

Au final, ce recueil recèle quelques belles petites surprises qui s’équilibrent finalement avec les autres nouvelles d’une qualité plus faible, et mérite donc d’être découvert. Le Haut-Lieu est vraiment un incontournable, tout comme deux ou trois autres courts récits. C’est en tout cas une belle manière de faire une première incursion dans le monde étrange et feutré de Lehman dont l’écriture charme, séduit et subjugue. On ne peux en ressortir indemne.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

6.5/10

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Chronique : Comme des fantômes

comme des fantomesUn faux ouvrage posthume sauvé des flammes…

Fabrice Colin, auteur français très prolifique (surtout dans le domaine fantastique) notamment connu pour ses romans adultes : Confessions d’un automate mangeur d’opium, Le syndrome Godzilla, et également pour ses romans jeunesse : la série Les étranges sœurs Wilcox, ou encore le Projet oXatan.

Comme des fantômes, précédemment publié aux éditions des Moutons Electriques, et maintenant publié en poche aux éditions Folio SF, est une compilation d’idées, de nouvelles, dont certaines épuisées, et fait aussi office de faux ouvrage posthume.

Dans le monde foisonnant et déconcertant de Fabrice Colin

Difficile de parler de ce recueil si abondant de nouvelles et dont chacune a son univers propre. On passe du steampunk, à l’histoire vampirique tout en faisant un détour par le fantastique et la fantasy urbaine. On croise aussi de courts textes ainsi que des dialogues, réels et fictifs, sur la vie passée de Fabrice Colin, ses relations avec les autres auteurs, les éditeurs.

Beaucoup de genres et de styles se confondent pour donner un recueil intéressant et surtout très hétéroclite. Nous n’allons évidemment pas traiter de toutes les nouvelles contenue dans ce livre, car elles sont très nombreuses (plus d’une vingtaine), mais uniquement de celles qui sont, selon moi, les plus marquantes et les plus appréciables.

Intervention forcée en milieu crépusculaire est sans doute la plus poétique des nouvelles, mais aussi la plus étrange. Le lecteur se retrouve plongé dans un monde mourant, pourrissant, coincé avec le personnage principal dans une pièce où s’affrontent du regard deux hommes inspirés des héros de Jules Verne. Etrange, direz-vous… et vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

Passer la rivière sans toi, nouvelle aux échos féeriques très touchants séduira par son écriture intimiste. Elle nous raconte l’histoire d’une jeune femme vivant à New York qui a des ascendances féeriques. Tiraillée entre ses origines et le monde où elle a toujours vécu, la jeune femme trouvera un moyen de concilier (douloureusement) les deux. Magnifique.

Arnastapi, très belle nouvelle sur l’oubli et la maladie est aussi un beau clin d’œil à l’œuvre de Caroll, car la vieille Miss Liddell n’est autre qu’Alice, et son chat semant des sourires dans toute la pièce est bien plus qu’un simple matou… mais Miss Liddell a tout oublié, hormis certains épisodes de sa jeunesse.

Seul témoin de la longue descente d’Alice : le jeune homme qui la garde et qui prend soin d’elle et dont elle écorche en permanence le nom. L’écriture de cette nouvelle est simple, percutante, empreinte d’une triste et douce poésie.

« Je pose mes lèvres sur sa peau. J’ai l’impression d’embrasser un vieux livre ».

Vous l’aurez remarqué, ce recueil de nouvelles est rempli d’hommages à des classiques de la littérature, Alice au pays des merveilles, Jules Verne ou encore Peter Pan, Fabrice Colin se joue des codes et des références.

Mais vous trouverez aussi nombre de récits « originaux » tels que Retour aux affaires, une histoire de fantômes et d’arnaques bien tournée et d’autres histoires étranges dont une vampirique très réussie.

Alors, bien sûr, parmi la vingtaine de nouvelles que contient Comme des Fantômes, tout n’est pas bon à prendre, mais la majorité des écrits qui nous sont offerts ici sont plaisants et feront passer un très agréable moment à tout amateur de fantastique et de belle plume.

Cette chronique a été réalisée pour la site ActuSF

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Chronique : 0.4

0.4Une bizarrerie littéraire qui ne laissera pas indifférent

0.4 est le premier livre de Mike A. Lancaster publié en France dans la collection Blast (collection pour ados des éditions Nathan), cet auteur a été inspiré depuis son enfance par des lectures telles que les voyages de Gulliver ou encore les voyages extraordinaires de Jules Verne, et c’est donc tout naturellement qu’il s’est tourné vers les littératures de l’imaginaire.

Quatre personnes hypnotisées et une foule d’interrogations

Ils sont quatre, deux adolescents et deux adultes à être hypnotisés lors du spectacle annuel de la petite ville de Millgrove (mille habitants). Et ce sont les seuls à percevoir les changements qui ont eu lieu pendant leur hypnose, les gens sont devenus « différents »… à moins qu’ils n’aient pas quitté leur état de transe hypnotique ?

Un récit court, précis, haletant

Ce roman est en fait le témoignage sur cassettes d’un des quatre individus hypnotisées : Kyle. On ne sait pas vraiment à quelle époque se situe son témoignage, ni d’où proviennent toutes les petites annotations qui complètent les paroles de Kyle.

0.4 insideTout ce qu’on sait, c’est qu’apparemment, il s’est passé quelque chose de grave lors de la petite fête du village, quelque chose qui transfiguré Millgrove excepté « Les Quatre ».

Les chapitres sont courts, et jouent à fond la carte du suspense avec un découpage qui donne envie de se jeter sur le prochain. Et le pire c’est que plus on avance dans l’intrigue, moins on y comprend quelque chose, et quand on commence à ne serait-ce qu’envisager les faits, il se dessine un schéma inquiétant pour le lecteur… (voir aussi image ci-dessous).

Vous l’aurez deviné, 0.4 fait partie de ces livres peu descriptibles dans les faits mais qui donne envie de s’y plonger. Lire 0.4, c’est modifier la vision de notre monde d’une façon complètement surprenante, un voyage dont on ressort changé.

La suite de ce roman est parue en langue originale sous le titre 1.4, mais il semble qu’elle ne sera jamais traduite en France…

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