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Mes idées de livres à offrir pour Noël 2017 – Albums Jeunesse

Voici venu le temps des listes de Noël ! Comme tous les ans, pour la troisième fois, voici mes suggestions de cadeaux livresques. Attention, ce sont tous d’immense coups de cœur, et je nie toute responsabilité dans vos dépenses de Noël….

Ils ont tous été testés et approuvés par de nombreux clients à la librairie, donc vous pouvez y aller les yeux fermés (ou presque, il faut quand même que vous admiriez les ouvrages).

Voici donc la sélection des albums pour les enfants, de 2 ans jusqu’à 6 ans environ ! Au programme, des histoires toutes mignonnes, un repas avec des méchants, un livre/enquête et un magnifique imagier, et d’autres choses encore !

Dou et son doudou – Johan Leynaud – Sarbacane

Voici un nouveau petit héros pour les enfants dès l’âge de 2 ans environ… voici Dou ! C’est un ornithorynque, tout mimi, tout doux, que l’on a envie de câliner. L’histoire de Dou et son doudou est simple : Dou doit aller au lit, mais il ne pourra jamais s’endormir sans son doudou ! Et c’est ainsi que Dou va mettre sans dessus dessous sa chambre pour trouver le fameux doudou… le trouvera-t-il ? Où était-il donc ?

Si vous cherchez une histoire mignonne et douce pour les enfants dès l’âge de 2 ans, cet album tout-carton est parfait ! Les dessins de Johan Leynaud sont aussi simples que doux, les couleurs pastel ajoutent au côté reposant de l’histoire… C’est une petite réussite !

Et la très bonne nouvelle, c’est que Dou et son doudou est le premier ouvrage d’une série… le second est à paraître en janvier, toujours aux éditions Sarbacane.

Imagier caché – Véronique Joffre – Éditions Thierry Magnier

Si vous cherchez un joli imagier pour les petits dès l’âge de 2 ans et des poussières (sous surveillance !), Imagier caché sera le livre idéal. A la fois imagier, petit bestiaire, livre animé (avec des volets à soulever – d’où le besoin de surveillance, sinon il sera en miettes !), c’est un magnifique album. Les feuilles sont cartonnées, vous trouverez un petit volet à soulever à chaque page, les dessins sont très esthétiques, épurés… En bref, c’est un album beau et original à offrir aux enfants !

Pour ceux qui tomberaient sous le charme de cet album, sachez qu’il y en a d’autres dans la même collection qui sont tout aussi beaux : Imagier mouvementé et Imagier mouillé.

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Le festin des affreux – Xavier Salomó – Seuil Jeunesse

Voici un magnifique album jeunesse pour les enfants dès l’âge de 4/5 ans ! Au menu, une histoire de monstres qui vont manger à l’Asperge Pourrie… un restaurant de renom pour les monstres. Chacun a un plat bien spécial, et bien immonde à manger pour nous humain. Certains mangent des mets pourris, d’autres adorent compléter leur repas d’asticots bien croustillants….

Au repas, vous rencontrerez une momie, un loup, une sorcière, un fantôme (qui a de la Dame Blanche en dessert, je trouve ça génial !). Mais, un petit garçon va s’inviter au repas ! Et son menu à lui a de quoi effrayer le pire des affreux… avec au menu des spaghettis, un hamburger et autres régals que les humains adorent !

Cet album est un véritable coup de cœur à lire sans modération aux enfants ! Vous avez un volet à soulever pour chaque monstre (une cloche cachant leur repas) et un descriptif du menu très… détaillé. Les dessins sont superbement fouillés, l’histoire est drôle, l’album est donc un incontournable à avoir dans sa bibliothèque !

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Je ne suis pas ta maman – Marianne Dubuc – De la Martinière Jeunesse

Énorme coup de cœur pour cette histoire douce et tendre d’un écureuil qui découvre une boule étrange et pleine de piquants devant sa maison… et qui éclot ! Dedans, un étrange bonhomme tout poilu et très attachant qui pense que l’écureuil est sa maman.

C’est ainsi que débute une très belle histoire d’amour filial et d’amitié qui sort des sentiers battus. Adapté dès l’âge de 4 ans environ. Vous pouvez retrouver la chronique complète et des photos de l’intérieur de l’album dans le lien ci-dessous.

Yokai ! – Le monde étrange des monstres japonais – Fleur Daugey et Sandrine Thommen – Actes Sud Junior

Si il y a bien un album documentaire qui m’a tapé dans l’œil cette année, c’est celui-là. En grande fan de littérature nippone et de culture japonaise au sens large, je ne pouvais pas passer à côté… Illustrations sublimes, présentation agréable et très intéressante, mythes et croyances japonaises expliquées, tout y est.

Si vous connaissez un enfant (ou même un adulte) passionné de contes et de légendes, le pays du soleil levant en a des milliers. Saviez-vous par exemple qu’il existe quasiment un yokai pour chaque objet du quotidien ? De la tasse de thé en passant par les sandales ou un meuble, tout peut se transformer en yokai si l’objet est délaissé ou malmené et qu’il a plus de cent ans.

Cet album documentaire est donc une idée de cadeau idéal à faire aux enfants dès l’âge de 9 ans environ. Il a le mérite de nous apprendre une foule de choses tout en nous fascinant par ses dessins à la fois mystérieux et réalistes.

Une histoire d’amour – Gilles Bachelet – Seuil Jeunesse

Le dernier Gilles Bachelet est arrivé, et comme d’habitude, il ne manque pas de créativité ni d’imagination ! Cette fois-ci, l’histoire est celle de Georges et Josette, deux gants en plastique qui vont tomber amoureux à la piscine (comprendre le lavabo, quand on fait la vaisselle). Découvrez leur vie commune au travers de ses hauts et ses bas, des enfants et des bobos (il n’y a que la scène où l’on découvre que Georges a trompé Josette qui m’a laissé perplexe car je la juge inutile pour la construction de l’histoire…). Bref, la vie de tous les jours transposée avec des gants très attachants !

Comme toujours, les dessins de Gilles Bachelet sont extraordinaires. Inventifs, regorgeant de détails, impossible de ne pas tomber sous le charme… Et à force de le lire et de le relire, vous découvrirez des références que vous n’aviez pas vues avant. Il y a même des clins d’œil faits à ses anciens ouvrages. Dès 5 ans.

Qui est le coupable ? – Le manoir – Aurore Damant et Pascal Prévot – Milan

Dans le genre livre-enquête qui fait participer les enfants à fond, la collection Qui est le coupable ? chez Milan est géniale ! Le concept est simple et fait beaucoup penser au jeu Qui est-ce ? En deux pages seulement, vous devez trouver qui a commis un méfait ! 15 personnages sont des coupables potentiels, et si vous êtes bien attentif, vous pourrez deviner qui se cache derrière chaque forfait ! (il y a la solution à la fin de chaque mini enquête). Personnellement, j’ai testé le manoir, mais il y a aussi l’école, les pirates ou encore le château.

C’est simple, bien mené, et c’est adapté au enfants dès l’âge de 6/7 ans environ (avec un peu d’aide), et cela jusqu’à 9 ans. Et dernière petite info qui est un vrai plus : chaque personnage peut être caché par un petit volet intégré à la couverture. Ainsi, quand vous éliminez un suspect, il n’est plus visible ! (comme dans le Qui est-ce ?). Le concept est donc aussi simple qu’efficace et demande aux lecteurs de faire preuve d’attention. C’est excellent et c’est à offrir aux enfants sans réserve. C’est l’un de mes albums préférés de cette année.

Chronique album jeunesse : Il était trop de fois

il-etait-trop-de-foisEt si la narration de cet album se retrouvait perturbée par une sorte de contrôle parental intempestif ?

Il vient tout juste de sortir en librairie, voici un tout nouvel album signé par Muriel Zürcher à la plume et Ronan Badel au dessin.

Vous connaissez peut-être déjà Muriel Zürcher, auteur Suisse, elle a écrit la trilogie dystopique Le Tourneur de Page. Mais elle a également écrit de nombreuses histories destinées aux jeunes lecteurs sous forme d’albums, de romans… : Toile de dragon, Soléane, Robin des graffs

Ronan Badel quant à lui est illustrateur pour la jeunesse. Il y a de très grandes chances que vous ayez déjà croisé l’un de ses ouvrages : Tout ce que la maîtresse ne dira jamais, J’adore le jus de rat !, Cucu la praline, toute la série des Emile chez Gallimard Jeunesse également.

Il était trop trop trop de fois

« Il était une fois un loup, grand et méchant. NON ! PAS DE LOUP ! Pensez aux pauvres petits lecteurs si sensibles qui risquent de faire des cauchemars… ».

Ainsi commence l’histoire qui va aller de réécritures en interdictions diverses… Et ça ne va pas en s’arrangeant car rien ne semble convenir au co-narrateur, véritable dictateur, qui veut TOUT interdire…

Un album court, flashy, spontané  et drôle

Adapté aux enfants dès l’âge de 3 ans, cet album est un beau petit objet. Format à l’italienne de petite taille (21×11 cm), maniable, couverture cartonnée d’un rose magnifiquement flashy (j’adore !), l’intérieur est en bichromie avec uniquement du noir… et encore ce joli rose qui pète !

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L’histoire est très drôle, et pour une fois, elle ne prend pas du tout les enfants pour des idiots. Il y a encore trop peu d’albums dans ce genre, et en découvrir un comme ça, c’est plaisant.

L’idée d’un second narrateur en contradiction avec le premier m’a fait penser à l’album L’histoire perdue (au Seuil Jeunesse) où le narrateur et l’illustrateur sont en contradiction totale.

C’est une façon originale et très amusante de traiter une histoire surtout quand les interdictions ressemblent à des interdictions parentales !

Et oui car dire que les pigeons sont sales et qu’il ne faut pas les toucher, insister lourdement sur le fait qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour ou encore que les bonbons sont mauvais pour les dents, ce sont des remarques typiques de parents. Alors voir cet album en rire en s’en moquer gentiment, ça fait bien plaisir…

J’ai absolument adoré les illustrations très expressives de Ronan Badel. Le dessin de son caniche mangeant son navet vaut tout l’or du monde ! De même, les réactions du pigeon sont excellentes également (notamment sous la douche ou quand il vérifie la propreté de ses pattes…).

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il-etait-trop-de-fois-interieurEn somme, cette découverte qui sort très largement des sentiers battus est parfaite à faire découvrir aux petits dès l’âge de 3 ans. C’est vivant, drôle, dynamique, et la lecture à haute voix – si on y met bien le ton – peut donner quelque chose de génial pour les petits lecteurs…

Je trouve juste l’ouvrage un tout petit peu cher pour le format, car il est tout de même à 10,90€. Après, je suis certaine qu’il promet de longues séances de lecture et de re-re-re-re-lecture, les enfants étant des grands adeptes de la répétition !

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Chronique : Le grand projet de Domenico Maccari dit le Copiste, peintre sans talent

Le grand projet de Domenico Maccari dit le copiste sans talentUn mystérieux roman ayant pour lieu d’intrigue un village italien battu continuellement par les vents…

Tout juste paru dans la catégorie roman à destination des adultes chez Thierry Magnier, voici un ouvrage aussi étrange qu’inclassable : Le Grand Projet de Domenico Maccari dit le copiste, peintre sans talent. Son auteure, Gaïa Guasti est déjà connue sur la scène littéraire pour sa série ado La voix de la meute (trois tomes), elle a également écrit d’autres romans indépendants.

Avec ce nouveau roman, on navigue entre le récit historique, le merveilleux, l’étrange, le social… C’est un mélange de genres qui nous amène à découvrir l’histoire d’une petite ville où le vent ne cesse jamais et où les habitants on adapté leur mode de vie à cette étrangeté météorologique. C’est aussi un lieu où le temps ne semble pas s’écouler de la même manière que partout ailleurs…

Une tramontane incessante dans un village insignifiant en apparence

Bienvenue à Santamutine, petit village italien sans prétentions… mais dont l’histoire est aussi étrange qu’originale. Tirant sa source sur de très nombreuses générations, vous découvrirez l’histoire des fondateurs de Santamutine, mais aussi de leurs très nombreux descendants. Des familles qui se nouent, se déchirent, des rencontres inattendues, l’Histoire qui s’en mêle…

Sans oublier cette étrange et puissante tramontane qui oblige les enfants du village à être lestés de poids pour se déplacer sous peine de s’envoler pour un voyage sans retour… Voici l’histoire d’une ville sur plusieurs générations, et elle est pour le moins hors du commun.

Une histoire prometteuse…

Il faut avouer que tout les éléments concourent à donner envie de lire ce récit. Une présentation très accrocheuse, un récit à très forte connotation historique, une foule de mystères à élucider au fil des générations… Un peu de magie, de sciences, d’énigmes, d’histoires d’amour improbables et surtout une foule de secrets.

De même, la couverture de Joëlle Jolivet correspond parfaitement à l’ambiance étrange du récit : entre réalisme et merveilleux… sans oublier une once de mystère. Et pourtant, la lecture de ce nouveau roman de Gaïa Guasti m’a laissée sur ma faim. Explications.

… qui malheureusement s’essouffle peu à peu car trop entremêlée

Une fois plongé dans l’univers de Santamutine au bout de quelques dizaines de pages, on s’habitue aux chapitres extrêmement courts (pas plus de quatre ou cinq pages), mais un peu moins aux changements d’époques brutaux. Il n’est pas évident, de faire l’association entre un personnage et une époque. Parfois, le temps de cerner l’époque concernée, le chapitre se termine déjà.

De plus, les personnages sont confondent trop facilement pour nous lecteur, ce qui gêne la lecture car on se reporte très (trop) régulièrement à l’arbre généalogique en fin d’ouvrage (heureusement qu’il était là, sinon, la compréhension générale du récit aurait été beaucoup plus laborieuse). Tous les noms sont à consonance italienne et rend le tout très délicat pour savoir qui est qui : Francesco Torre, Cosimella Salvetti, Marina Santassi, Antonio Torre, Marco Guardonovo…

En ce qui concerne l’arbre généalogique, bien qu’il soit extrêmement utile, il revêt un défaut de taille : il nous révèle trop tôt certains éléments clés de l’intrigue. Mais on ne peut pas tout avoir…

Par ailleurs, en tant que libraire, je me pose une vraie question quant à ce livre : où le ranger en librairie ? Dans le rayon littérature adulte généraliste ? Dans le rayon imaginaire ? En historique ? (moins plausible selon moi, mais c’est une piste). Son graphisme fait penser à de la littérature jeunesse ou ado, et j’aime cette façon, de bousculer les codes, surtout en littérature générale, où les chartes graphiques des éditeurs sont très policées, trop rigides. Mais ce roman-ci m’oblige à me poser une foule de questionnements concernant sa place en librairie, car à quel type de lecteurs pourra-t-il plaire ? Et où son public potentiel pourra-t-il avoir les meilleures chances de le trouver ?

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Et en ce qui concerne le fameux projet de ce cher Domenico Maccari, à vous d’en juger, mais j’ai trouvé que le final était assez décevant. Tout s’articule autour de ce fameux rêve de Domenico (qui y consacrera sa vie et plus encore) et pourtant… on reste sur notre faim. C’est dommage, d’autant que l’univers créé par Gaïa Guasti est absolument bien campé, et décrit avec talent.

Son ambiance et ses nombreuses curiosités m’on beaucoup fait penser à l’univers des Ferailleurs d’Edward Carey mais aussi à la saga jeunesse La Maison Sans-Pareil d’Elliot Skell. Cet univers était le vrai point positif de ce récit, mais il ne suffit pas pour apprécier pleinement les (trop) nombreuses intrigues de l’histoire.

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Chronique : Ma vie à la baguette

Ma vie à la baguetteAttention, nouvelle pépite en vue !

Paru aux éditions Thierry Magnier en août 2015, voici Ma vie à la baguette, le tout premier roman de Chloé Cattelain ! Et le moins que l’on puisse dire concernant ce premier ouvrage, c’est qu’il est maîtrisé de main de maître… L’auteur aime la Chine et la connaît comme personne : elle a appris le mandarin, est partie vivre en Chine quelque temps, et a même eu le temps de devenir championne du monde de karaoké en 2003 !

Dans ce roman, vous découvrez le monde Kevin, un jeune français aux origines chinoises, tiraillé entre le pays dans lequel il est né et où il vit au quotidien et celui auquel il doit ses origines…

Une famille soudée, mais qui cache de nombreux secrets

Kévin a beau être né en France, ça n’est pas plus évident ou plus simple pour lui. Il serait né en Chine puis arrivé en France, cela aurait été pareil… Des remarques, des blagues sur son physique et sa culture éminemment asiatiques. Au quotidien, c’est fatiguant et quelque peu décourageant également…

Et puis, il y a Laura, la jolie et surprenante camarade de Kévin, qui en pince énormément pour elle. Mais rien n’est simple à l’adolescence, et cela d’autant plus lorsque l’on se sent tiraillé par ses origines chinoises et bloqué par un père qui ne voit que la réussite scolaire comme échappatoire pour ses enfants.

Ajoutez à cela le mystère d’une mère défunte qui a laissé derrière elle de nombreux secrets sur sa famille et ses actes passés en République Démocratique de Chine et vous aurez un aperçu du tableau dépeint avec art par Chloé Cattelain.

Hautement recommandable

Ce tout premier roman est une véritable merveille ! On navigue entre deux pays, deux cultures, deux modes de pensée radicalement différents. Le solide bagage culturel que Chloé Cattelain s’est créé en allant en Chine y est sans aucun doute pour quelque chose. Le personnage de Kévin, tout comme elle, parle couramment le mandarin. Son petit frère se débrouille également, mais un peu moins bien.

Alors quand il s’agit pour la famille Zhang de se rendre en Chine à chaque vacances, ils sont parfaitement immergés ! Mais au fil du temps, la partie de la famille restée en Chine répond de moins en moins aux questions curieuses et pressantes de Kévin concernant certains points obscurs sur sa famille. Il sait qu’il a besoin de mieux connaître sa mère et son passé pour avancer et choisir son propre avenir, mais tout semble se liguer contre lui.

Cette histoire destinée aux adolescents est une magnifique ode à la découverte d’une autre culture que la nôtre et pousse également à la réflexion. Que l’on soit tiraillé par nos différentes origines ou non, ce roman est de ces textes qui parlent et qui résonnent dans les pensées du lecteur. C’est ainsi que nous sommes également ballotés entre la France et la Chine au gré des chapitres.

Mais Ma vie à la baguette n’est pas seulement un récit sur l’adolescence et l’identité, c’est aussi un roman qui permet de mieux comprendre ce qu’est la Chine, et à quel point la censure y est encore très présente.

On y traite notamment des manifestations de la place Tian’anmen de 1989 (ou plutôt des massacres), mais également de la politique de désinformation toujours d’actualité en Chine… Par exemple si vous tapez Tian’anmen sur le Google chinois, jamais vous ne trouverez les images de chars écrasant un étudiant qui on fait le tour du monde. En effet, la Chine bloque toutes les recherches gênantes pour proposer aux internautes une version édulcorée ou même aucune information du tout.….

C’est aussi cela la Chine : un pays complexe et fascinant aux mœurs et à la politique qui le sont tout autant. Ce n’est pas pour rien que ce cher Kévin Zhang lui-même s’y perd et que l’on suit ses pas avec enchantement et curiosité ! Après une telle lecture, on ne peut souhaiter qu’une seule chose : que Chloé Cattelain réitère l’exploit et nous fasse découvrir une autre facette de la Chine dans un prochain roman, qui sait ? Quoi qu’il en soit, c’est une merveilleuse lecture qu’il ne faut rater sous aucun prétexte !