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Chronique : La Maison Sans-Pareil – Tome 1 – L’oiseau Noir

La maison Sans-Pareil 01Un inclassable qui laisse un sentiment à la fois curieux et plaisant

Premier roman de l’anglais Elliot Skell traduit en France, la Maison Sans-Pareil est une courte série de deux ouvrages, tous les deux parus aux éditions Flammarion.

A la fois fantastique et étrange, la Maison Sans-Pareil regorge de nombreux secrets que même ses habitants ignorent… si vous voulez les découvrir, il va falloir en pousser les portes… !

Tout commença avec un Capitaine qui débarqua…

…avec une idée et un trésor. Son idée était bien simple : faire construire un château, mais un château comme nous n’en avons jamais vu, immense, gigantesque, tellement grand que plusieurs générations ne suffiraient pas à découvrir toutes les pièces qu’il renferme. Et ce qu’il se passa. Le château fut construit, et à l’époque où l’histoire nous est contée, de nombreuses générations ont déjà passées. Le Capitaine est devenu légendaire, et ses descendants vivent encore dans l’opulence de son trésor dont on ignore la source. A chaque génération, un nouveau capitaine « gère » la famille Capelan.

Nous suivons les pas d’Omnia Capelan, une excentrique comparée à tous les autres membres de son immense famille. En effet, les Capelan ont une remarquable aptitude à la non curiosité et à la fainéantise. Alors quand le Capitaine de la Maison Sans-Pareil disparait, personne ne se pose beaucoup de question hormis « qu’y aura-t-il au prochain repas ? ». Mais Omnia sent qu’il y a plus qu’une mort naturelle derrière cette disparition et sa curiosité l’emporte sur la prudence… Et c’est seule qu’elle devra se débrouiller, tous les autres Capelan ne s’occupant bien trop que d’eux même…

La maison Sans-Pareil 01 englishUn univers atypique qui laisse un sentiment d’étrangeté

De par son style et la façon dont l’histoire est mise en valeur, la Maison Sans-Pareil nous offre un roman bien différent de ceux auxquels nous sommes habitués.

En effet, bien que l’intrigue soit déjà vue, la façon dont elle est traitée l’est beaucoup moins. On évolue dans un monde où les lois que l’on connaît n’existent pas, le monde extérieur nous reste inconnu. Les traditions étranges qui régissent la vie des Capelan font loi, et rien ne saurait les supplanter.

Il faut reconnaître que cette approche en huis-clos mais à une aussi grande échelle est assez déstabilisante. On se sent perdu dans les premiers chapitres, ne sachant absolument pas où veux nous mener l’auteur… Mais peu à peu, on prend ses marques, jusqu’au point de vouloir explorer nous-mêmes cette Maison Sans-Pareil (qui serait plutôt un château aussi grand qu’une montagne).

Belles descriptions, fourmillement d’anecdotes et de faits aussi inutiles que fascinants, vous saurez pourquoi le plancher d’une des salles est penché, ou encore pourquoi certaines sont condamnées. On aurait apprécié une ébauche de plan concernant cet édifice, même si il semble assez rapidement être difficile à cartographier.

La Maison Sans-Pareil mélange avec efficacité deux genres qui plairont sans trop de difficulté à un jeune public (dès 11-12 ans), le tout avec une écriture de qualité. Le côté policier résidant dans la fameuse disparition du Capitaine et d’autres découvertes en tiroir ; le fantastique étant dans l’existence même de ce château incroyable.

Même après avoir apprivoisé ce premier tome, impossible de se départir de ce sentiment de mystère qui nous enveloppe. C’est à la fois plaisant, tout en laissant une impression diffuse et difficile à expliquer, en tout cas, le but est atteint : c’est unique. Affaire à suivre avec le second et dernier tome : L’homme au masque, où l’on espère avoir les réponses aux milliers de questions qu’ont suscité ce livre.

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Chronique Jeunesse : La malédiction des cornichons

La malédiction des cornichonsConserverie et secrets de famille ne font pas bon ménage…

Siobhan Rowden est une auteure de nationalité anglaise, mère de trois enfants elle vit avec son mari dans la ville de Hove, près de Brighton.

La malédiction des cornichons est son tout premier roman, il paraît en France dans la collection jeunesse Witty et nous conte l’histoire de famille du jeune Barnabé, dont le père a disparu dans d’étranges circonstances… Une suite est déjà sortie Outre-manche sous le titre The Revenge of the Ballybogd.

Les illustrations sont quand à elle signées de la main de Mark Beech, dont la patte n’est pas sans rappeler celle des plus grands illustrateurs pour la jeunesse. Il a notamment réalisé les illustrations des romans pour la jeunesse Drôles de trolls chez Folio Cadet.

Le royaume de la saumure à ses pieds…

Cornichons, oignons, bocaux, vinaigre, conserves… tout ce vocabulaire peu ragoutant est celui du monde de la conservation alimentaire. Et qui donc est à la tête du plus grand empire de spécialité vinaigrées en tout genre ? : Mamie Lebeurk, la grand-mère de notre héros Barnabé.

Le rêve de mamie Lebeurk ? Que son petit-fils reprenne l’entreprise familiale, sa fille ayant décidé de croire aux produits frais et vivant de la récolte des petits pois avec son mari, Barnabé est son dernier espoir de relève…

Mais le jeune homme a autre chose en tête que la conservation en saumure, en effet, son père a mystérieusement disparu. Barnabé soupçonne de plus en plus Mamie Lebeurk qui n’a pas l’air le moins du monde inquiète de cet état de fait, et semble même s’en réjouir… L’enquête commence, mais pour cela il falloir pénétrer dans les locaux de l’entreprise Lebeurk et en découvrir les sombres aspects…

Comment mélanger efficacement humour, fantastique et suspense

Un bon mélange de genres, c’est ce qu’est la malédiction des cornichons. On retrouve tous les ingrédients incontournables qui font un bon livre pour la jeunesse : un humour à toute épreuve, des dessins typiquement jeunesse (à la Quentin Blake ou à la Tony Ross) et surtout un mystère à élucider.

Typiquement anglo-saxon et surfant sur des valeurs sûres, ce roman arrive à sortir son épingle du jeu et ne tombe (presque) pas dans l’imitation. En effet, même si l’on pourrait penser à Charlie et le Chocolaterie pour le côté « grosse usine alimentaire mystérieuse », ce roman semble vouloir en être le parfait contraire.

Ici, point de nourriture aux fumets exaltants mais des aliments répugnants tels des oignons aux vinaigre, des cornichons en bocaux ou même… des mucosités en conserve ! Dégoutant… et fascinant ! Il y a donc de l’humour certes, mais avec un côté plus « sombre » que ce à quoi on peut être habitués, et c’est très bien comme ça.

En conclusion, ce premier roman de Siobhan Rowden est une sympathique découverte, parfaite dès l’âge de neuf ans. On appréciera l’univers décalé dans un style qui l’est déjà à la base. Les personnages hauts en couleurs (et un peu fous) dont regorge le livre participent à cette atmosphère si particulière et plaisante. On attend donc avec curiosité les nouvelles aventures de Barnabé et de son étrange famille.

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Chronique : L’étonnante disparition de mon cousin Salim

L'étonnante disparition de mon cousin SalimUn roman jeunesse à l’écriture simple et captivante… avec un mystère surprenant à élucider.

Paru en poche chez Folio Junior en avril dernier, L’étonnante disparition de mon cousin Salim a été écrit par l’anglaise Siobhan Dowd, disparue en 2007 des suites d’un cancer.

Le héros du roman, le jeune Ted, autiste de son état, décide d’enquêter sur la disparition incroyable de son cousin dans le fameux London Eye (la grande roue de Londres). Car chose étrange, Salim y est entré mais n’en est jamais ressorti…

Siobhan Dowd a inspiré l’histoire de Quelques minutes après minuit qu’a repris Patrick Ness après sa disparition soudaine des suites d’un cancer. Elle a en tout cinq romans à son actif, tous parus en France Chez Gallimard : Où vas-tu Sunshine ?, La parole de Fergus (elle a d’ailleurs reçu la Carnegie Medal à titre posthume pour cet ouvrage) et Sans un cri. Son œuvre prend souvent racine dans ses origines irlandaises.

Salim manque à l’appel…

Pour Ted et sa sœur Kat, quand Salim ne redescend pas au bout des trente minutes du tour de la roue, l’inquiétude commence à poindre… puis au fil des minutes qui s’écoulent c’est carrément la panique. Mais où a-t-il pu passer ? C’est ainsi que commence l’enquête de Ted, aidé de sa sœur Kat. Passionné de météorologie, de chiffres, de prévisions et de statistiques, Ted a élaboré neuf théories, et pour une fois son cerveau qui fonctionne différemment de celui des autres sera un atout de poids.

Une ambiance simple, vive et plaisante

L’écriture de ce roman est à l’image de la famille de Ted : chaleureuse, drôle, apaisante et franche. Dès les premières lignes, l’auteur réussi à instaurer une relation de confiance avec son lecteur. Siobhan Dowd a adapté son intrigue à des lecteurs âgés d’environ 10 ans, mais jamais elle ne les sous-estime.

Au fil des pages, on ne peut s’empêcher de penser à un autre roman d’enquête ayant pour personnage principal un jeune autiste ; il s’agit du Bizarre incident pendant la nuit de Mark Haddon. Cette façon d’utiliser une autre réflexion tout en nous faisant paraître le personnage tout à fait normal est menée avec talent par les deux auteurs. Mais la similitude s’arrête cependant là, le roman de Mark Haddon s’adressant à des lecteurs d’au moins treize-quatorze ans, ainsi qu’aux adultes.

Venons-en à l’enquête, cette dernière est simple mais ingénieuse. L’intrigue peu même sembler être un prétexte pour nous dépeindre une famille anglaise normale avec des problèmes très quotidiens (hormis la fameuse disparition), la rendant ainsi très attachante.

Les personnages que l’on pouvait penser superficiels s’étoffent au fur et à mesure (je pense notamment à la fameuse tante Glo), faisant d’eux des personnes à la psychologie bien pensée et loin d’être simplette. Enfin Ted et ses blocages sur certains aspects simples de la vie sont très vite attachants, car loin d’être bête, c’est en fait un excès de logique qui le perd…

Sa façon d’écrire également est très « vraie », Ted ne comprenant pas bien les expressions des visages et des corps, il a besoin d’aide pour savoir quelles sont les intentions de son interlocuteur… :

« Mon Dieu ! S’est-elle exclamée. Laissons-les se débrouiller et allons manger une pizza ! ». C’est ce que nous avons fait. Je ne voyais pas le rapport entre la pitié et la pizza, mais toujours est-il que nous en avons commandé quatre, énormes, à la pizzeria du quartier ».

En somme, ce roman de Siobhan Dowd est d’une belle simplicité et mérite d’être découvert pour sa façon d’aborder différemment (et positivement) des thématiques très courantes telles que la famille, la disparition d’un être cher, la maladie, mais aussi le courage et l’amour…

Chronique : The Lying Game – tome 1 – Tu es moi

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Comment réagiriez-vous si vous découvriez que vous avez une sœur jumelle ?

Sara Shepard est déjà bien connue chez les adolescents, en particulier les jeunes filles, pour sa série Les Menteuses, publiée chez Fleuve Noir il y a de cela quelques années maintenant. Cette fois encore, la nouvelle série de l’auteure a pour thème de fond le mensonge et les dangers qui en découlent…

Tu es moi, au titre subtilement explicite, est le premier tome d’une série qui comptera au moins quatre tomes (le quatrième sort en juillet 2012 aux Etats-Unis), il est publié chez Territoires, la collection dédiée aux adolescents de Fleuve Noir.

Deux sœurs jumelles que tout oppose réunies par… un meurtre

Emma est une adolescente qui n’a pas vraiment eu de chance dans la vie pour le moment. Abandonnée par sa mère quand elle était petite, elle est depuis trimballée d’une famille d’accueil à l’autre. Sa dernière en date est relativement sympathique, jusqu’au moment où le fils de la famille l’accuse de vol… et montre à sa mère d’accueil une vidéo sur laquelle Emma offre un visage très différent de celui qu’elle affiche habituellement.

Seul problème, cette jeune fille sur la vidéo n’est pas Emma mais quelqu’un qui lui ressemble trait pour trait, dans ce cas difficile pour elle de nier quoi que ce soit…

Expulsée de sa nouvelle famille à la veille de sa majorité, Emma décide alors de retrouver cette fille qui lui ressemble tant… après quelques recherches sur les réseaux sociaux il s’avère que cette mystérieuse fille n’est autre que la sœur jumelle d’Emma : Sutton.

Et comme la suite des événements va le montrer, les deux sœurs ont eu une vie radicalement différente, d’autant que Sutton est morte et qu’Emma va prendre sa place malgré elle.

Une intrigue diabolique dans la jeunesse dorée américaine

Le jeunes américains riches ont tout ou presque pour les satisfaire. Mais c’est justement cette vie opulente qui les pousse à chercher ce qu’ils ne possèdent pas, ils cherchent les frissons et ce parfois de manière extrême… ainsi est né le jeu du mensonge de Sutton.

La sœur jumelle d’Emma va devoir en découvrir les règles vite si elle veut comprendre les amis de Sutton et s’intégrer parfaitement dans son rôle.

Un soupçon de fantastique est mêlé à cette intrigue ancrée dans le réel : le fantôme de Sutton suit Emma dans ses moindres faits et gestes. Mais cette dernière n’a aucun moyen de communiquer avec sa sœur jumelle et ne se souvient de rien ou presque de son ancienne existence d’adolescente insupportable et gâtée.

Le mystère du meurtre de Sutton devient une affaire personnelle pour Emma, malgré le fait qu’elle n’a jamais connu cette sœur.

C’est ainsi que l’on découvre tous les trésors de cruautés que sont capables de développer entre eux les adolescents. Une véritable descente aux enfers pour Emma qui découvre peu à peu qui était sa sœur… et que le fait d’être aussi populaire et sollicitée que l’était Sutton est étouffant : dans tous les sens du terme.

Un vrai bon polar pour ados…filles

Ne nous leurrons pas, cette série est surtout destinées aux adolescentes, on y parle mode, petites robes, instituts de beauté et premier amour parmi toute cette noirceur. On peu donc qualifier cet ouvrage de polar girly.

La psychologie des personnages a évidement ici une place primordiale, ces derniers étant tous des suspects potentiels aux yeux d’Emma… de la famille Sutton en passant par ses meilleures amies. Ces soupçons constants de la part de notre narratrice se traduisent par la description de détails que l’on pourrait considérer comme anodins voire inutiles mais qui peuvent prendre une nouvelle dimension par la suite, au lecteur de faire le tri dans les nombreuses informations et de mener l’enquête de son côté.

Mais bien évidemment, ça n’est pas dans ce tome introductif que nous trouverons la solution.

Enfin, la façon qu’a Sara Shepard de terminer ses chapitres par des twists nous oblige à enchaîner sous peine de rester cruellement sur sa faim. En somme, une intrigue extrêmement efficace, même si elle n’est que peu réaliste, on ne peut s’empêcher de se projeter à la place d’Emma : qu’aurions nous fait à sa place ?

The Lying Game sera parfait pour toutes celles qui veulent s’immerger dans un polar très bien ficelé et surtout, qui tien en haleine jusqu’à la fin (que l’on peut certainement qualifier de frustrante) en attendant le second tome. Dès 14 ans.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

Chronique BD : Horologiom – Tome 6 – Le ministère de la peur

Horologiom tome 06Une bd au récit futuriste et merveilleusement original d’une qualité certaine

 Sixième opus de la saga Horologiom paru en septembre dernier aux éditions Delcourt, Le ministère de la peur est un tome à part qui ne nécessite pas d’avoir lu les précédent pour comprendre et apprécier cet univers si particulier. Le scénario et le dessin sont signés par Fabrice Lebeau, la colorisation Florence Breton.

Cette suite apparaît après plus de dix ans d’absence dans le monde de la bd, et c’est un très beau retour. L’éditeur a d’ailleurs profité de le cette nouveauté pour rééditer les cinq autres ouvrages.

Dans le monde mécanique et parfait de la cité d’Horologiom

La cité d’Horologiom est hors du temps et vous un culte au « Grand Rouage ». Ainsi commence l’œuvre où en deux pages est expliquée aux néophytes et aux connaisseurs la façon dont fonctionne cet univers.

L’émotion n’a pas droit d’existence, et pour que chaque habitant soit le plus efficient possible dans le travail qui lui a été attribué, une clef lui a été implantée dans le crâne (comme les clef des jouets mécaniques) ; mais pour qu’il n’y ait pas de déviance dans ce monde parfait, chacun doit faire remonter régulièrement sa clef, pour cela il y a des « remonteurs ». Et plus la clef d’un individu a une rotation rapide, plus son rôle dans la hiérarchie d’Horologiom est élevé.

Mais malgré cette perfection et cette peur du dérèglement, certaines déviances n’ont pu être maîtrisées. Pendant la nuit, il y a eu un meurtre dans la ville, et c’est au major Meursy d’élucider les problèmes et les mystères qui vont en découler…

La recherche de perfection n’est-elle pas pire que ce contre quoi elle lutte ?

Cette bd futuriste nous montre tous les travers possibles d’une société qui devrait normalement être parfaite. La cité d’Horologiom est une véritable utopie, ou du moins s’y essaie avec plus ou moins de succès, mais c’est en creusant un peu que l’on se rend compte que la peinture si parfaite, s’écaille.

Les hommes, même mécanisés, sont faillibles et possèdent les mêmes faiblesses que ceux auxquels ils essayent de ne pas ressembler. Dans cette aventure en un tome, c’est une faille du système lui-même qui va le mettre en danger (on retrouve certains échos d’une nouvelle de Philip K. Dick ; Rapport Minoritaire). Et l’on s’immerge dans cette intrigue politique, policière et philosophique avec enthousiasme.

Horologiom tome insideUn dessin caractéristique à la hauteur d’un univers aussi singulier

Fabrice Lebault a la chance d’être aussi doué sur le plan scénaristique que graphique, nous offrant un ouvrage de qualité tout en beauté.

Les traits anguleux et stricts (parfois sévères et sans émotions) des personnages sont en accord parfait avec le régissement du monde d’Horologiom où tout est calculé pour être parfait, et où chacun à un rôle bien défini.

Les dessins sont foisonnants de petits détails, de particularités graphiques fort intéressantes. Tous les robots, téléphones, chaises, et autres objets du quotidien ont l’étrange spécificité d’être anthropomorphes. Chose amusante quand on voit que l’humain essaye à tout prix de  se rapprocher de la machine, comme s’il cherchait une symbiose avec cette dernière, mais ne l’aurais pas encore atteinte.

Pour conclure, cet ouvrage est parfait pour découvrir le monde fascinant et curieux d’Horologiom, car pour ma part, c’était ma première incursion. Ce dernier opus donne très envie de découvrir les précédents. A lire d’urgence, que l’on soit un amoureux de la bande-dessinée ou non.

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Chronique : Inconnu à cette adresse

inconnu a cette adresseUn roman épistolaire court et percutant aux prémices de la seconde Guerre Mondiale.

Inconnu à cette adresse est un roman connu de nombre de personnes et ce en majorité grâce au fait qu’il soit prescrit depuis des années dans les écoles française pour traiter le sujet des deux Guerres Mondiales. Ce texte a été écrit aux États-Unis par Kathrine Kressman Taylor en 1938 et publié en 1939 sous le titre Adress unknow, dès sa sortie, le livre connaît un immense succès (vendu à plus de 50 000 exemplaires aux États-Unis). En France, le texte n’a été découvert qu’en 1999 par les éditions Autrement et a rencontré l’immense succès qu’on lui connaît maintenant.

L’histoire est celle de deux vieux amis, Max et Martin ; le premier est juif et vit à San Francisco, aux États-Unis, le second est Allemand et réside à Munich en Allemagne. Nous sommes en 1932 quand notre histoire épistolaire commence. Max et Martin sont associés et gèrent ensemble une galerie d’art prospère à San Francisco.

Au fur et à mesure que les deux amis correspondent, un malaise nait entre eux. Max s’inquiète de la nouvelle politique Allemande avec Hitler à la tête du gouvernement. Martin dément les craintes de ce dernier en s’éloignant peu à peu de lui et en commettant plus tard l’irréparable.

Je n’ai jamais eu l’occasion de lire ce livre à l’école, et il était tant d’y remédier. La force du texte, des courts échanges entre les deux personnages est poignant. La montée en puissance de l’oppression se fait sentir de façon prenante, presque viscérale, jusqu’à l’apogée de la dernière page.

Je ne noterais pas ce texte, qui est tout simplement incontournable. Cependant, vous avez la possibilité de donner votre avis sur ce livre en votant ou en commentant cet article.

Chronique : L’affaire Amanda – Tome 1 – Invisible

affaire amanda 01Mais qui est Amanda ? Et ou est-elle ?

L’affaire Amanda est une série de romans pour adolescents étrange et fascinante : mêlant suspense, histoires d’amitiés entre filles mais aussi problèmes de famille de façon très subtile c’est une sorte d’O.V.N.I. dans son genre (le seul genre de livre qui pourrait lui ressembler serait le best-seller Cathy’s Book, un livre-enquête édité lui aussi chez Bayard). Chaque tome est écrit par un auteur différent, le premier est écrit par Stella Lennon, mais il s’agit d’un pseudonyme… et également d’un indice pour le lecteur…

Tout commence quand Callie, Hal et Nia sont convoqués au bureau du proviseur sans aucune raison : ils ne se connaissent que de vue et sont accusés d’avoir vandalisé la voiture du proviseur… mais ce ne sont pas eux. Par la force des choses (ou plutôt par le fait d’Amanda), ils se retrouvent à enquêter sur la disparition de celle-ci ; qui leur a semé une foule d’indices pour avoir une idée de où la trouver. Mais pourquoi a-t-elle disparu du jour au lendemain ?

Au fil des pages, ont entrevois quelque chose de plus grand encore que la disparition de leur amie, une sorte de mise en abîme d’enquêtes, mais sans en dire plus, je pense qu’il faut plusieurs lectures du livre pour remarquer en tant que lecteur tout les indices semés à foison dans ce premier tome (eh oui, encore une saga !). Tout commence par une voiture, puis des symboles gravés, puis des tatouages puis… etc.

La saga a été prévue en huit tomes, c’est énorme, mais aux vues des nombreux mystères qui apparaissent déjà, ça ne sera pas forcément de trop. J’ai vraiment hâte de lire la suite qui nous promet beaucoup en espérant qu’elle soit à la hauteur de cette introduction. Aux Etats-Unis, les trois premiers tomes sont sortis, voici la couverture du second tome, Signal for Afar, en attendant sa sortie française début 2011 !

Et pour les fans et curieux, voici le lien qui vous mènera au site officiel de l’Affaire Amanda avec un forum où les lecteurs émettent toutes leur suppositions sur l’enquête, il y a aussi une page de test pour savoir quel est son totem (cf dans le livre).

Chronique : The Agency – Tome 1 – Le pendentif de jade

the agency 01Un très bon début de série policière aux élans féministes plaisants

Bienvenue à Londres, à l’époque des gentlemens et des jeunes filles de bonne société. Dans cet univers convenable et plein de paillettes se cache un univers beaucoup plus dur : celui de Mary, une jeune orpheline, condamnée à être pendue pour tentative de cambriolage. Mais elle va être sauvée in extremis par une société un peu particulière…The Agency, qui ne recrute que des femmes, afin d’en faire des espionnes au service de la couronne, si bien entendu, elles y consentent.

Un roman jeunesse où les femmes sont à l’honneur

A cette époque machiste, le statut d’une femme ne vaut pas grand-chose, elle doit surtout se contenter d’être jolie et de plaire à ses messieurs. Saviez-vous par exemple qu’à cette période, si une femme écrivais un livre, les droits ainsi que l’argent gagnés ne lui revenaient pas, mais étaient remis à son mari, qui en disposais selon son bon vouloir.

Une enquête en huis-clos

L’Agency est une société secrète qui lutte aussi contre la position de la femme dans la société, à sa manière. Le fait d’introduire des femmes espionnes est tellement improbable pour la majorité des gens, qu’elles peuvent exercer leurs activités avec un minimum de sécurité.

C’est ainsi que Mary, élevée selon des préceptes de courage et d’honnêteté va finalement accepter de rejoindre l’Agency pour sa première mission. Elle va devoir s’infiltrer dans une famille bourgeoise afin de découvrir quelle est la source de leurs revenus aussi élevés et de plus en plus « suspects ».

Mais au fil des pages, une autre enquête vient se superposer à celle déjà en cours… celle des origines de Mary qui fera des rencontres plus qu’inattendues…

Premier tome d’une série d’enquêtes, à l’image d’Enola Holmes chez le même éditeur, Le pendentif de jade annonce une bonne série à mettre entre toutes les mains (surtout féminines, il faut l’avouer) dès 12-13 ans. Car en plus d’en apprendre plus sur la société de l’époque, l’enquête est bien menée, et réserve quelques bonnes petites surprises. En somme, un moment fort sympathique à passer en compagnie de notre nouvelle héroïne : Mary, ou Miss Quinn.

 

Chronique Jeunesse : Apolline et le chat masqué

apolline et le chat masquéApolline et le chat masqué est le premier livre réalisé uniquement par Chris Riddell (illustration et histoire) que je lis, est il n’est pas mal du tout ! Il nous raconte avec humour et et tendresse les aventure d’Apolline, une petite fille qui vit seule chez elle avec une créature des marais de Norvège ; Mr Munroe, une boule de cheveux longs dont on n’aperçois à peine les yeux.

Pourquoi Apolline vit-elle seule me direz-vous ? Eh bien pour la simple et bonne raison que ses parents sont des explorateurs, qu’ils font des fouilles à travers le monde et ne peuvent pas consacrer leur temps à leur chère fille. Mais ça ne les empêche pas de prendre soin d’elle malgré la distance. Ainsi, tout les jours des entreprises de service sonnent à la porte d’Apolline : « Le Dragon Souriant (pliage des vêtements) », « Smith et Smith (techniciens et rapetasseurs d’oreillers et tireurs de rideaux) », « 1000 Watts (Changeur d’ampoules électriques) » sont autant d’entreprises qui prennent soin d’Apolline y compris la « Compagnie Un repas comme à la maison ».

Mais Apolline ne passe pas son temps à la maison, du moins pas tout le temps. Sa passion est de résoudre des énigmes, et elle est très forte pour ça Apolline. L’affaire qui l’occuperas ici est celle de mystérieux vols et de chiens disparus… quel est le lien ? Apolline vous le dira !

Sachez en tout cas que j’ai beaucoup apprécié ce livre pour sa beauté autant au niveau du toucher (papier épais, couverture cartonnée avec un de jolies dorures et un glaçage sélectif) qu’au niveau visuel (illustrations en noir et rouge clair) et textuel : Chris Riddell ne sait pas uniquement faire de beaux dessins, il peux aussi nous créer une histoire vraiment sympathique avec des personnages attachants.

Apolline est bien sur le personnage maître de la série (un autre livre est prévu Apolline et le fantôme de l’école, qui est déjà sorti en Angleterre sous le titre Ottoline goes to school), mais Monsieur Monroe, son inséparable compagnon, est pour moi encore plus attachant qu’Apolline. Il fait montre d’une grande affection pour Apolline et lui autorise même à lui brosser les cheveux (chose qu’il déteste le plus au monde). Il l’a connu toute sa vie, puisque c’est lui qui la gardait déjà quand elle était encore un bébé.

Ainsi Chris Riddel nous donne plusieurs choses précieuses dans un livre : l’humour, l’attachement, la notion d’amitié, et la confiance. Vivement la suite, et bonne lecture pour tous !

Note : 9.5/1

Chronique : 10 façons d’assassiner notre planète

10 façon assassiner notre planète originalCe livre pour jeune public (environ 11 ans) est on ne peut plus pertinent dans l’état actuel de l’Écologie, et ce au niveau mondial. La démarche est simple : 10 auteurs nous content chacun une catastrophe de type « post-apocalyptique » (l’auteur ne nous raconte pas l’événement apocalyptique en lui-même mais ce qui arrive après, ce qui est d’autant plus marquant et percutant). On passe de la pandémie à la guerre contre les robots intelligents, sans oublier la fameuse et incontournable explosion nucléaire.

Chaque nouvelle est précédée d’un petit en-tête d’une page environ dans lequel l’auteur détaille l’une des facettes de la crise écologique qui nous est contemporaine : il nous explique ainsi pourquoi son récit n’est peut-être pas aussi surréaliste que l’on pourrait le croire… de quoi faire froid dans le dos ! Mais peut-être de quoi réveiller les consciences, et ce quel que soit l’âge. Dans tous les cas, il ne faut pas vous attendre à des happy-end : c’est une vision froide et dure de notre futur qui nous est ici contée…

  • GlaciationLe petit lapin tondu (Danielle Martiginol) : Cette nouvelle est absolument géniale, je crois que c’est la meilleure de celles présentées dans ce recueil.
  • Innondations Aquella (Donald A. Wollheim) : Très bien faite elle aussi, cette nouvelle nous montre ce que pourrait bien devenir notre planète si toute les glaces fondaient, quelle serait la vie après la catastrophe, et comment cacher cet horrible secret : la honte d’avoir ainsi ruiné notre planète…

  • Pollution Les Oiseaux (Thomas Disch) : L’histoire est belle, mais trop poignante pour moi : je l’ai trouvée d’une horrible tristesse. Au moins, elle a le mérite de marquer les esprits…

  • 10 façon d'assassiner notre planeteSurpopulationDans le silence du soir (Lee Hoffman) : La meilleure nouvelle après celle de la glaciation, même si elle reste un peu dure à encaisser. Le problème de la surpopulation n’est pas celui auquel on penserait spontanément, mais il reste un cas relativement intéressant à traiter. Cette nouvelle suscite en effet de nombreuses interrogations, telles que : « Que serait une société qui limite le nombre de naissances ? » en y apportant une réponse claire et précise : « Quelque chose d’horrible en n’en pas douter… » Et pourtant, il nous est possible actuellement de citer l’exemple de quelques pays comme la Chine, où la politique d’État a entrainé une vague massive d’infanticides en supprimant des avantages aux familles possédant plus d’un unique enfant… Des plus horribles, n’est-ce pas ?

  • Guerre AtomiqueLe jour de lève (Robert Bloch) – Cette nouvelle retranscrit avec beaucoup de précision l’horreur que pourrait engendrer une guerre nucléaire. Cependant, malgré le caractère très envisageable d’une telle tragédie, elle reste malheureusement cloitrée à une description : l’intrigue est quasi-inexistante, et l’histoire possède quelques incohérences qu’il est ma foi difficile d’ignorer.

  • Disparition de la faune et de la floreHomo Jardinus (Christophe Lambert) : Drôle et alarmante à la fois : un « petit vieux » d’Angleterre se retrouve surpris un matin par la disparition d’un carré de son gazon ! Histoire à suivre…

  • Maladies, pandémies, manipulations génétiquesDans le regard des miens (Pierre Bordage) : Un thème des plus intéressant, un réel talent d’écriture : ce texte est un mélange réussi de peur, d’horreur et de compassion, réalisé à partir de l’un des aspects les plus graves de la bêtise humaine : notre manie de jouer avec les lois de la nature… Généticiens, gare à vous !!!

  • Guerre avec les machines Que la lumière soit (Horace B. Fyfe) : Sujet récurrent, repris tellement souvent qu’il en est usé, cette nouvelle a beaucoup de mal à accrocher son lecteur. Malgré un réel talent de plume pour la description, l’auteur n’a pas fait de moi sa plus grande fan…

  • Guerre avec les insectesLe Sacrifié (Philip K. Dick) Sortez les insecticides, nous sommes envahis !!! Cette excellente nouvelle à pour thème principal nos invisibles compagnons aux pattes multiples : les insectes. En effet, ces derniers, de par leur nombre, leur capacité d’organisation, leur rapidité de propagation et de reproduction, auraient le potentiel requis pour dominer le Monde et renverser l’espèce humaine. Il ne reste plus qu’à nos chers scientifiques à trouver comment leur injecter l’idée…

  • Les déchets La grande Décharge (Rita Kraus) – Les chiffres sont les suivants : « Chacun d’entre nous produit en moyenne 400 kg de déchets par an. Nos poubelles s’enflent de plus en plus avec des produits au packaging plus élaboré plus coûteux et plus volumineux…en France, ce sont ainsi 865 millions de tonnes de déchets qu’il faut gérer chaque année… » Vous ne rêvez pas, nous avons ici à faire à une nouvelle parlant d’amour ! Un amour si fort qu’il peut briser les barrières. Sauf qu’ici, la barrière est juste constituée de… quelques milliers de tonnes de déchets !