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Chronique : De larmes et d’écume

Stéphane Michaka est un auteur français rare, mais à l’œuvre toujours mémorable. Il a écrit la duologie Cité 19 (PKJ, 2015) ou encore le roman dystopique poétique La mémoire des couleurs (PKJ, 2018). Il change encore une fois de style littéraire avec De larmes et d’écume, un roman historique documenté et passionnant.

Comment le Mary Céleste s’est-il transformé en vaisseau fantôme ?

Nous sommes à la fin du 19ème siècle, où nous suivons les pas du jeune Spotty, qui vient de trouver un emploi à la City. Il travaille pour une compagnie d’assurance maritime sous l’égide d’un dénommé Basil Huntley. Un jour, le jeune homme et son supérieur font la rencontre d’un corsaire qui prétend avoir des écrits issus de la Mary Céleste… Le problème, c’est que le bateau a disparu il y a 11 ans avec tout son équipage avant de réapparaitre totalement vidé de ses occupants. Les papiers du vieux corsaire sont-ils authentiques ? Et si c’est bien le cas, vers quoi va les mener cette incroyable découverte qui a déjà fait couler énormément d’encre dans les journaux du monde entier ? Et surtout, pourquoi la disparition de la Mary Céleste obsède-t-elle tant Basil ?

Passionnant et riche en émotions

Encore une fois, Stéphane Michaka réussit à nous surprendre. Il s’était déjà frotté au roman historique avec Cité 19 (bien qu’il soit d’un genre particulier, il vous faudra le lire pour comprendre !) avant de prendre un virage et de pencher pour la dystopie avec La mémoire des couleurs. Avec De Larmes et d’écume, l’auteur replonge dans l’Histoire, et a dû se passionner à faire des recherches pour les besoins de son roman. Et ça se voit.

L’ouvrage est savamment dosé entre le roman d’enquête, le récit historique (bien qu’avec une grande partie de personnages fictifs) et l’aventure. Dès les premières pages, on est dans l’histoire, car il faut avouer que le mystère de ce bateau retrouvé vide de toute vie est incroyable. Dès que vous aurez tous les éléments de départ en votre possession, vous ferez comme Spotty, vous échafauderez toutes les possibilités. C’est le genre de fait divers qui retourne le cerveau, qui vous fait penser à mille et unes hypothèses.

La réponse que propose Stéphane Michaka à ce mystère est passionnante, elle est semble-t-il la plus crédible de toutes les hypothèses échafaudées. Pour cela, l’auteur s’est beaucoup documenté, notamment avec l’ouvrage Ghost Ship : The Mysterious True Story of the Mary Celeste and Her Missing Crew de Brian Hicks (Random House, non traduit en français). Si vous souhaitez creusez le sujet en français, le titre Le fantôme de la Mary Celeste de Valérie Martin a été édité chez Albin Michel.

Si vous voulez être surpris.e par l’intrigue, je vous déconseille fortement de lire la page Wikipédia concernant la Mary Celeste, ce serait gâcher votre plaisir. Mais après lecture du roman, vous verrez à quel point l’auteur s’est attaché à de nombreux détails historiques avérés.

Ce que nous propose ici l’auteur, c’est une version romancée de ce qui semble être l’hypothèse la plus probable expliquant la tragédie. C’est narré avec passion, tout en ménageant énormément de suspense. C’est simple, le roman se lit comme un bon policier. Ou comme une belle histoire d’amour (qui m’a mis les larmes aux yeux). De plus, il y a tant de détails historiques passionnants que cette

lecture recèle encore d’autres qualités. On en découvre beaucoup sur le fonctionnement des assurances en pleine mer (oui, les assurances existaient déjà) ou encore sur comment un mystère devient légende à l’aide de langues déliées et de journaux voulant écouler de nombreux tirages.

Et comme toujours avec cet auteur, c’est très bien écrit. Il y a un style certain, une plume qui utilise un vocabulaire simple, mais pas simpliste. C’est très difficile de rendre une telle atmosphère historique avec autant d’érudition sans perdre les lecteurs. Ici, c’est entièrement réussi !

De larmes et d’écumes est donc un véritable bijou de lecture. En quelques pages les faits passés vont vous accrocher comme une ancre arrimée profondément. En quelques chapitres vous allez vous attacher aux personnages plus vrais que nature… Et enfin, vous saurez. A dévorer dès 14 ans, puis sans aucune limite d’âge ! Ce roman pourrait très bien sortir en littérature ado ET en littérature blanche quand il sortira en poche (si quelqu’un me lit… ).

Mise à jour de l’article : ET OUI, c’est bien arrivé puisque De larmes et d’écume et passé en poche chez Pocket adulte ! Une excellente nouvelle.

Chronique YA : Les soeurs Hollow

Un one-shot young-adult détonnant, terrible, et inclassable qui saura vous surprendre !

Si vous ne connaissez pas encore l’œuvre de Krystal Sutherland, c’est l’occasion de faire sa connaissance avec Les soeurs Hollow. Elle a déjà deux romans de parus précédemment en France, mais qui ont fait moins de battage sur les réseaux que Les soeurs Hollow chez Rageot. Ses précédents ouvrages se nomment Nos coeurs en désaccord et Un jour plus que parfait, tous deux parus chez PKJ.

La disparition d’une figure mythique du monde du luxe et de la mode

La jeune Grey Hollow est devenue en très peu d’année une véritable star, à tel point qu’elle est même sa propre égérie. Elle est à la fois créatrice de mode, artiste, élevée au rang de déesse par ses fans. Elle ne peux pas dire ou faire la moindre chose sans que ce soit immédiatement relayé, copié, adulé. Alors, quand Grey Hollow disparaît, c’est un drame à l’échelle mondiale. Et cette histoire terrible et angoissante nous est contée par l’une de ses soeurs, la plus jeune : Iris Hollow.

Qu’est devenue Grey ? Que cache son incroyable charisme ? Pourquoi tout est altéré dans son sillage ? Les réponses que va trouver peu à peu Iris ne vont pas lui plaire, mais vont lui permettre de peut-être retrouver sa trace…

Dérangeant, étrange et fascinant !

Quand j’ai lu les premiers chapitres de ce roman, j’avoue ne pas avoir compris immédiatement à quoi j’avais à faire. Roman fantastique ? Horrifique même ? Autre chose ? Les soeurs Hollow est une sorte d’hybride de tout cela, entre le roman creepy et l’intrigue policière, le tout parsemé de légendes écossaises et croyances anciennes.

Le tout est savamment dosé, on bascule doucement du suspense vers l’étrange avec toutes ces fleurs et boutures qui poussent sur le corps d’Iris (un nom parfaitement trouvé). Et de l’étrange, on tombe d’une traite dans l’horreur et une course-poursuite angoissante.

Je ne dirais rien de plus sur le contenu de l’intrigue, je ne veux pas que vous perdiez une miette de cette histoire aussi bizarre que fascinante. Tout y est malaisant et fascinant à la fois, à l’image de Grey Hollow. Et si vous arrivez à deviner la conclusion de cette histoire, je vous tire mon chapeau. Personnellement, je n’ai rien vu venir et et j’ai adoré. Pour une fois, on a affaire à une histoire qui n’est pas trop classique ou cousue de fil blanc, et ça fait plaisir.

Mon seul reproche sera au niveau de la rythmique du roman, vers la seconde partie, il y a quelques longueurs et incohérences qui auraient pu être évitées. Cela alourdi le texte inutilement et fait perdre en dynamique, ce qui est dommage. Mais en dehors de cela, l’ambiance est réussie, et l’intrigue saura vous surprendre !

Alors si vous aimez les histoires glauques et les légendes écossaises, foncez sur ce roman inclassable et génial. Il a été longtemps plébiscité sur les réseaux américains, et je comprends pourquoi il a rencontré un tel succès ! C’est du jamais lu, et ça propose quelque chose de très différent de la (sur)production d’œuvres YA qui parfois se ressemblent un peu toutes. A découvrir dès l’âge de 14/15 ans. Et n’oubliez pas d’accrocher bien fermement votre petit cœur pour ne pas qu’il tombe en cours de lecture.

Chronique : Appuyez sur étoile

Un magnifique roman sur la perte de nos aînés que l’on ne veut pas laisser partir… Une version de Les étoiles s’éteignent à l’aube version ado : sublime et triste tout à la fois.

Paru en 2017 aux éditions Sarbacane, Appuyez sur étoile est un roman ado signé par Sabrina Bensalah. Elle écrit peu, mais à chaque fois ses romans se font remarquer : Billie Fossette (collection Pépix chez Sarbacane), Vers le bleu (son premier et magnifique roman chez Exprim’ lui aussi) et plus récemment Diabolo Fraise en 2019, toujours chez Sarbacane.
J’avais déjà lu Billie Fossette, que j’avais apprécié, mais c’est la première fois que je découvre son œuvre pour ados avec Appuyez sur étoile. Et grand bien m’en a pris !

Comment dire au revoir quand ce n’est pas prévu au programme ?

Ils sont rares les romans pour la jeunesse ou les ados qui traitent de la vieillesse et de la mort, et pourtant c’est un sujet auquel nous sommes tous confronté à un moment. Pourquoi si peu d’ouvrages sur ce thème ? Ce n’est pas vendeur ? Il ne faut pas en parler car la mort est un sujet encore trop tabou ? J’imagine que c’est en partie pour cela, mais quand des livres comme Appuyez sur étoile tombent entre nos mains, impossible de ne pas être touché. Le sujet est traité avec tant d’humour et de justesse qu’il n’est plus question de pudeur ou de tabou : la mort fait partie du quotidien, et il vaut mieux l’affronter et aider l’autre à partir du mieux possible.

Un dernier rêve à accomplir

Pour la mémé d’Avril, son objectif est « simple » : finir ses jours dans la montagne et voir les étoiles en fermant une dernière fois les yeux… C’est ainsi que le but de sa grand-mère va devenir SON but. L’aider à franchir les dernières marches qui la mèneront ailleurs, loin de sa douce et folle petite-fille.
Mais avant tout cela, il y a de nombreuses étapes à franchir telles que le déni, la négation de l’état de sa grand-mère, ne pas voir le problème pour le faire disparaître… Mais ça ne marche qu’un temps.

Plus que l’histoire d’une perte, Appuyez sur étoile est avant tout une ode aux amitiés qui durent. Au fait que vieillir n’est pas le début de la fin mais le commencement d’une autre façon de vivre. Toutes les mémés dont s’occupe la douce Avril en les coiffant ont leurs particularité. On semble parfois oublier qu’elles ont été jeunes et qu’elles aussi ont fait des folies… Sabrina Bensalah est là pour nous le rappeler !
Et quand vous saurez quel était le métier de la grand-mère de la jeune femme, vous n’en reviendrez pas ! Ce métier si particulier lui a offert des amitiés incroyables et des sœurs indéfectibles.

Tout est touchant dans ce roman, mais jamais niais. Avril est un personnage d’une vivacité incroyable avec un grain de folie qu’on ne peux qu’aimer. De même, son sens de la répartie est aussi savoureux… Elle est d’ailleurs si lumineuse qu’elle n’attire que des personnes comme elle. Outre une belle image de la vieillesse, ce roman nous montre ce que de belles amitiés peuvent créer. De même que la solidarité entre les générations.

Appuyez sur étoile est un roman ado magnifique au message fort. Les passages les plus étranges y sont aussi les plus émouvants : ceux où la grand-mère d’Avril parle à quelqu’un au téléphone. Mais tout se passe dans sa tête, alors qui est-ce ? Si vous avez envie d’une belle histoire de vie et d’émotion tout à la fois, ce roman est parfait. Il est idéal à découvrir dès l’âge de 13 ans environ, mais pourrait tout à fait se savourer dans une édition de poche adulte !

Chronique jeunesse : Foxcraft – Tome 1 – Les possédés

Les renards, héros de cette saga de fantasy animalière pour la jeunesse

Paru aux éditions Albin Michel Jeunesse en 2016, Foxcraft est une trilogie de fantasy animalière mettant en scène des renards. La série est écrite par Inbali Iserles, qui est familière de ce sous-genre si particulier puisqu’elle a écrit des volumes de La Guerre des Clans (LA série de fantasy animalière à succès chez les enfants).
Ici, nous suivons tout un nouvel univers mettant en scène une jeune renarde poursuivie par ses congénères pour une mystérieuse raison…

La vie sauvage dans la ville est-elle possible ?

Isla est une jeune renarde qui a toujours connu le cocon familial. Entourée de ses parents, son frère et sa grand-mère, son enfance a été heureuse… Mais un jour qu’elle rentre au terrier, tout le monde a disparu ! Elle découvre alors que son frère Pirie est recherché par un groupe de renards aux yeux rouges. Où sont-ils tous passés ? Et surtout, pourquoi Pirie attire-t-il autant l’attention de ce groupe de renards malfaisants ? Autant de questions qui vont rester sans réponses pour le moment…

En effet, Isla est encore une toute jeune renarde et elle ne sait même pas encore chasser par elle-même. Il lui faudra donc d’abord survivre avant de pouvoir partir à la recherche de sa famille…

Une histoire très (trop ?) classique mais qui saura séduire les jeunes lecteurs amoureux des animaux

Les possédés est un premier tome qui saura plaire aux lecteurs et lectrices fans de fantasy animalière. En effet, on y retrouve tout ce qui fonctionne dans un roman jeunesse fantastique : de l’action, du mystère, beaucoup de questions sans réponses, et un soupçon de magie (ici, la Foxcraft).
C’est à la fois la qualité et le défaut de ce roman d’ailleurs. C’est tellement familier et déjà lu que Foxcraft n’apporte pas grand chose si ce n’est contenter notre amour des renards… L’intrigue est cousue de fil blanc et traîne assez en longueur pour en faire une trilogie. En effet, même si il y a beaucoup d’action et de courses-poursuite dans ce premier tome, il ne s’y passe guère de choses au final.

La seule spécificité intéressante de l’univers de Foxcraft est sa magie, qui donne d’ailleurs son nom à la saga. En effet, la jeune Pirie va découvrir qu’il lui est nécessaire de maîtriser la Foxcraft et ses nuances si elle veut survivre. Ce qui nous amène à découvrir un vocabulaire créé pour l’occasion et assez bien pensé (et traduit !) : l’évanouiscence (pour se rendre invisible aux yeux des ennemis), Wa’akkir (pour prendre la forme d’une autre créature pourvue qu’elle soit de la famille des canidés)… Il y a encore d’autres expressions et termes magiques créés pour l’occasion, je vous laisserait les découvrir !

De même, le vocabulaire que les renards utilisent pour parler de nous, humains, est bien pensé. Nous sommes ainsi nommés les peaux-nues, les voitures sont des broyeuses et la route se nomme La rivière de la mort… Quant à la ville, il s’agit de La Grande Rumeur étant donné que même la nuit, le cœur d’une ville continue de battre.

En fait, Foxcraft réussit à plaire de part son univers bien pensé et amené de façon logique, subtile. Ce roman suit une trame narrative éculée, certes, mais ça fonctionne malgré tout. A réserver toutefois à des lecteurs assez jeunes qui n’auraient pas encore lu des romans plus denses ou plus originaux, sinon ils seront assez déçus. A découvrir donc dès l’âge de 10 ans environ.

PS : Pour ceux que Foxcraft intrigue, sachez que les trois ouvrages sont désormais épuisés… La collection Wiz d’Albin Michel avait un beau catalogue, mais peu à peu il semble disparaître au détriment de nouveautés toujours plus nombreuses… C’est fort dommage.

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Chronique album jeunesse : Le petit robot de bois et la princesse bûche

Un magnifique album jeunesse attendrissant et magique par sa beauté et son originalité… Plongez dans l’univers unique de Tom Gauld !

Voici un véritable événement dans la sphère éditoriale, l’illustrateur de génie Tom Gauld sort son tout premier album pour la jeunesse ! Connu avant tout pour ses courtes planches de bd à l’humour caustique, Tom Gauld est surtout connu Outre-Atlantique. Il a cependant déjà sorti des ouvrages en France, mais cela est resté à une échelle assez confidentielle.
Avec Le petit robot de bois et la princesse bûche, voici venu l’heure de Tom Gauld, il va être connu par des milliers de lecteurs et lectrices ! Pourquoi ? Tout simplement car cet album est une merveille de créativité tant au niveau visuel que narrativement… L’ouvrage arrive le 15 septembre prochain en librairie… préparez-vous !

Un roi et une reine heureux, mais sans enfants

Voici donc l’histoire d’un royaume où un couple royal règne dans la paix, l’harmonie. Mais ils n’ont pas d’enfants. C’est ainsi que le roi va consulter l’inventrice royale tandis que la reine s’adresse à la sorcière de la forêt. Grâce à ces deux femmes, le roi et la reine ont maintenant un petit robot de bois et une princesse issue d’une bûche à laquelle on insuffla la vie. Ils s’aimèrent immédiatement tous les quatre.
Mais alors, quelle est l’histoire ? L’histoire tient au fait que la princesse se transforme en bûche dès qu’elle s’endort. Et qu’il lui faut quelqu’un pour lui lancer les mots magiques qui la réveille chaque matin. Sinon, elle reste à l’état de bûche. Et c’est ainsi que l’histoire commence… le jour où le petit robot oublie de réveiller sa sœur et qu’une servante jette la bûche qui traîne dans le lit de la princesse !

Attention, beaucoup trop mignon !

Cet album est tout simplement un condensé de mignonnitude absolue. De l’histoire au graphisme si caractéristique de Tom Gauld, impossible de ne pas être sous le charme. Ce conte créé de toutes pièces reprend les codes du récit traditionnel tout en étant résolument moderne. La princesse bûche est loin d’être passive et n’attend pas d’être sauvée, le petit robot est un bijou de technologie (en bois), et les héros ne sont pas toujours où on les attend…

En ce qui concerne le dessin, il est absolument typique de ce qu’à toujours fait Tom Gauld : épuré et tout à la fois bourré de détails. Son dessin est reconnaissable entre mille. Il est à l’image de son conte, à la fois moderne et désuet. C’est un véritable bijou. Vous pourrez passer des heures avec vos enfants à farfouiller dans les détails extrêmement nombreux de certaines pages. Rien que sur la couverture, vous retrouvez tous les éléments qui font l’aventure du petit robot et de la princesse. Ils sont savamment disséminés, mais ils sont bien là !

Ainsi, je ne saurais que trop vous conseiller de découvrir cet album pour quantité de raisons mentionnés ci-dessus. Sa beauté, son originalité, la narration qui sait sortir des sentiers battu… C’est une pépite à découvrir dès l’âge de 4 ans. Et une chose est sûre, ce sera l’un des albums jeunesse à succès de cette fin d’année !

Chronique jeunesse : Kaimyo – Tome 1 – Le nom des morts

Un roman doux et touchant qui enveloppe la ville de Paris de culture japonaise au travers d’énigmes…

Paru récemment aux éditions Gulf Stream, voici Kaimyo, l’un des derniers romans en date de Bertrand Puard, un auteur très prolifique. Mais l’auteur a également d’autres cordes à son arc puisqu’il est aussi directeur de collection, scénariste ainsi qu’animateur radio.
Parmi ses nombreuses œuvres, on peut citer Les effacés (série en 6 tomes), Les aventuriers de l’étrange (10 tomes) ou encore L’Archipel (trois tomes). Il écrit pour tous les âges et a une prédilection pour l’aventure et le fantastique ! Le premier tome de Kaimyo confirme d’ailleurs cet amour pour ces deux genres…

A la découverte d’une tradition japonaise méconnue

Au Japon, quand une personne décède, on lui attribue un kaimyo, un nom honorifique. Ce nom permet à l’âme du défunt de ne pas errer parmi les vivants. Et justement, ce nom honorifique, Rieko n’a jamais eu la chance pouvoir l’offrir à ses parents. Cette blessure du passé l’ayant marqué à tout jamais, il a décidé de créer son entreprise. Une société qui offre des services très spéciaux : enquêter sur les morts mystérieuses et retracer leur contexte.
Le travail peu commun de Rieko lui a permis de faire fortune au Japon grâce à son sérieux et son excellence. A cinquante ans, il décide de s’ouvrir à de nouveaux horizons et d’exercer en France son étrange métier. Mais aura-t-on besoin de ses services dans ce pays si différent du Japon ?

Voici un roman passionnant qui se dévore, entre le genre fantastique et policier.

Une histoire étrange et belle tout à la fois

Dans l’offre pléthorique de la littérature de jeunesse, Kaimyo est un roman qui détonne. A la fois beau, onirique et très original, on se plonge en très peu de pages dans l’histoire étrange de Rieko.
Il est rare de voir un personnage de cinquante ans comme héros d’une histoire jeunesse, c’est pourtant le cas ici, et ça fonctionne à merveille ! Certes, Rieko réussit à s’entourer de la jeune Nouria, mais ce n’est pas elle le centre de cette intrigue.
Rieko est le personnage clé à tous les temps : ses enquêtes en France vont le mener vers son passé, son présent et son avenir… C’est très bien amené, tout en douceur et émotion.

J’ai énormément apprécié la partie enquête de ce roman, quand Rieko arrive sur un lieu où quelqu’un est mort et doit trouver des indices. Tout est décrit avec efficacité, pudeur, passion… c’est une réussite. La cible a beau être des lecteurs dits « jeunesse », je suis persuadée qu’un public adulte pourrait sans problème apprécier Kaimyo. L’écriture de Bertrand Puard est très belle, travaillée et sait captiver avec aisance…
Tous les ingrédients sont réunis pour que ça fonctionne, et cela d’autant plus que l’intrigue dans son ensemble est très originale. De quoi attirer les curieux qui ont déjà lu beaucoup d’histoires et qui recherchent quelque chose de différent.

Ainsi, l’intrigue est extrêmement bien pensée et saura surprendre ses lecteurs. Et surtout… c’est captivant. Je pense surtout à la conclusion du premier tome qui est insoutenable ! De plus, l’histoire d’amitié entre un homme de cinquante ans et une adolescente qui se retrouvent sur une passion commune est très belle. L’idée de la transmission, de ce qu’on laisse derrière nous quand on part… Kaimyo est un roman qui fait réfléchir à quantité de thématique peu abordées en littérature jeunesse/ado.
Il faut maintenant attendre la fin de l’année pour avoir la suite de Kaimyo… courage, ça vaut le coup ! A découvrir dès l’âge de 13 ans environ.

Mini-chroniques #8 : Un village autarcique, un repas qui tourne mal, une vie qui vaut la peine d’être vécue et des évaporés au Japon

Y a-t-il un lien entre ces différents ouvrages ? Oui, même si il est ténu. Il s’agit avant tout des spécificité d’un pays, ou d’une communauté. Qu’est-ce qui fait que le Japon est ce qu’il est ? Pourquoi un repas familial dans une famille occidentale tournerait mal ? Qu’elle position la femme peut espérer avoir dans certains lieux isolés de tout ? J’ai aimé tous ces livres et j’espère qu’il vous tenterons… Belle découverte.

Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier – Le livre de poche

Le moins que l’on puisse dire sur ce livre, c’est qu’il est très atypique. Le sujet l’est tout autant puisqu’il est question des vierges sous serment, ou vierges jurées. L’autrice a fait beaucoup de recherches avant d’écrire son roman. Et son autre spécificité qui ajoute à l’intérêt et au mystère, c’est qu’il n’est jamais daté ou géographiquement situé. Le mystère reste entier…

L’histoire est celle de Manushe, un femme qui vit dans une petite communauté basée sur le patriarcat. Elle a dû renoncer à être une femme pour pouvoir « s’élever » au rang d’homme, elle a dû jurer de rester vierge et de ne jamais avoir d’enfants…  Pourquoi une telle décision ? Le déclencheur pour Manushe a été la demande en mariage d’un homme beaucoup plus vieux qu’elle, la seule forme de refus possible en ce cas est une transition vers un statu d’homme. Rien d’autre n’est toléré.

Ce roman est très intéressant bien que contenant parfois des longueurs. L’ambiance y est pesante, mystérieuse à souhait, c’est une de ses grandes qualités. Au final, c’est une belle histoire d’amour doublement atypique qui nous est ici offerte, j’ai beaucoup aimé. La fin quant à elle mérite d’être mentionnée car elle est parfaite bien que très mélancolique… Un ouvrage curieux à lire pour se dépayser à tous points de vue.

Le discours – Fabrice Caro (ou Fabcaro pour les intimes) – Folio

Paru il y a peu au format poche, Le discours était à sa parution en grand format un grand succès de librairie. Succès dû autant au nom que s’est taillé l’auteur qu’à la qualité de son travail original et grinçant (son plus connu Zaï Zaï Zaï Zaï ou encore l’excellent Et si l’amour c’était aimer ? toutes deux des bd).

Le discours reprend l’univers toujours un peu à côté de la plaque mais plaisant de l’auteur. C’est avant tout dans la narration qu’est la grande force de Fabcaro (tout comme c’est le cas pour ses bd, le texte prime largement sur le dessin). Alors forcément, un roman semblait être la suite logique de cet auteur atypique.

Pour moi, Le discours fut un moment plaisant de lecture, pas mémorable, mais tellement grinçant qu’il fait sourire. On y retrouve toutes les caractéristiques narratives et stylistiques de Fabcaro. Donc si vous aimez ses bd, vous aimerez son roman, même si il a parfois quelques longueurs et joue un peu trop sur les mêmes ressorts. C’est le défaut du format roman, qui oblige à diluer parfois l’humour si percutant à l’origine.

Quoi qu’il en soit, on passe un bon moment de lecture même si ce ne sera pas le coup de cœur de l’année de mon côté. Parfait pour ceux qui aiment l’humour noir ou rire, tout simplement !

Dieu me déteste – Hollis Seamon – 10/18

Ce bouquin… je l’ai lu il y a tellement longtemps que je serais incapable de vous faire un résumé correct. MAIS. J’avais passé un super bon moment entre tragédie contemporaine et humour adolescent qui veut se bruler les ailes.

Tout essayer de ce que la vie a à offrir avant qu’elle se termine. Une sorte de Nos étoiles contraires un peu moins dans les clous, moins lisse, plus rock. Enfin, c’est comme ça que je le vois car je n’ai jamais lu/vu Nos étoiles contraires.

Bref, impossible à présenter, mais c’était super à lire. J’espère vous avoir donné envie avec cette mini-chronique qui ne mérite même pas le nom.

Les évaporés – Thomas B. Reverdy – J’ai Lu

Si vous vous intéressez au Japon et à ses différents phénomènes de société que l’on ne retrouve que là-bas (les hikkikomori – voir le roman éponyme sur ce sujet inhérent au Japon – ou encore les fameux évaporés), ce roman vous intéressera.

Qui sont ces fameux évaporés ? Des personnes qui ont décidé pour des motifs très différents de quitter les leurs : famille, amis, à jamais perdus. Certains parce qu’ils avaient des créances auprès d’usuriers, d’autres pour fuir une réalité difficile…

C’est ainsi que le roman débute avec Yukiko qui fait appel à Richard pour retrouver son père disparu. La police nippone ne s’intéresse pas à son cas, et il n’y aura pas d’enquête de leur part pour le retrouver… les évaporés sont monnaie courante au Japon.

Entre le roman et le document, nous voici plongé dans l’histoire sociétale d’un pays au milles fractures et mystères. J’ai adoré Les évaporés pour son atmosphère, et également pour cette facette méconnue qu’il dépeint. Un beau roman à découvrir pour toute personne désireuse de s’ouvrir à d’autres cultures et façons de penser le monde.

Chronique : Cherbourg

Une rade qui s’effondre suite une mystérieuse explosion et une flic un peu trop curieuse… que se passe-t-il dans le port de Cherbourg qui doive absolument être occulté par l’armée ?

Premier roman de l’auteur français Charles Daubas, Cherbourg est un ouvrage qui a du corps, et des personnages bien campés. Découverte d’un premier roman qui présage du meilleur pour la suite…

L’ effondrement brutal d’une construction symbolique…

La rade de Cherbourg est un monument qui a traversé les années, les guerres… mais qui n’a pas survécu à une explosion en juillet 2012. Avec pour seul témoin un adolescent de 15 ans, une flic va devoir faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé… Car il n’y a aucune trace d’explosif, ni disparition, contrairement à ce qu’affirme le jeune homme. Et quand on demande à l’enquêtrice de boucler son enquête pour laisser la place à l’armée, cette dernière décide de ne rien lâcher… quitte à sortir pas mal de choses enfouies…

Un bon premier roman

Rien ne me prédestinait à découvrir Cherbourg, mais j’ai eu envie – sur un coup de tête – de le découvrir. Il faut dire que l’ouvrage si lit rapidement avec ses presque 200 pages. Et le personnage principal qu’est l’enquêtrice Frédérique est pour le moins charismatique. Elle a beau être dans la merde jusqu’au cou, elle continue de persévérer. C’est une femme que l’on a envie de suivre et qui donne l’impression de réussir dans n’importe quelle situation d’adversité. Et pourtant… son enquête s’enlise et commence sérieusement à puer.

Car Cherbourg est une ville qui abrite un grand complexe militaire où l’on désosse notamment des sous-marins nucléaires. Autrement dit, dès que l’on touche de près ou de loin à l’Amirauté, on est certain de se griller. Et il semblerait bien que l’effondrement de la rade ait un lien avec l’armée…

Si vous aimez les bon romans mâtinés de suspense (à petite échelle, on est loin des machinations d’ordre mondial) où vous apprendrez des choses – notamment sur le nucléaire militaire – vous êtes au bon endroit. On y découvre les différents niveaux de secrets-défense, notamment le niveau Très Secret Diamant – fascinant. Ou encore comment sont faites les datation au Carbone 14, ou les dangers du tritium pour votre santé même si sa portée est très faible…

Ce mélange de policier entremêlé de vie quotidienne – car on suit en pointillés la vie de cette femme flic un peu indécise dans sa vie personnelle – est très bien mené. Mon seul regret, c’est la conclusion, qui m’a un peu déçue il faut l’avouer. Je m’attendais à quelque chose de plus retentissant, mais c’est plus dramatique et touchant.

Si vous êtes à la recherche d’un bon polar, Cherbourg ne vous sera pas nécessairement destiné. Cependant, si vous aimez les histoires qui vous tiennent et qui possèdent des personnages bien trempés, ce roman pourrait vous convaincre. Pour un premier ouvrage, je l’ai trouvé très bien. Je vous conseille donc de surveiller les prochaines parutions de Charles Daubas, il sait tenir son lecteur en mélangeant savamment les genres. Et surtout, on apprend beaucoup de choses diverses en le lisant, et c’est ce que je recherche dans une lecture !

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Chronique : La vie inachevée d’Addison Stone

Un roman à la conception très originale : témoignages, articles de presse, peintures, photos, récits… Découvrez toutes les facettes d’Addison Stone pour comprendre sa disparition…

Adele Griffin est une auteure américaine. Deux de ses ouvrages sont parus en France, et tous deux tournent autour du monde si particulier de l’Art. Dans La vie inachevée d’Addison Stone, nous découvrons un roman aux allures de jeu de piste très particulier…

L’ouvrage est paru en France en 2015 dans une très belle version reliée à la couverture rigide éditée par Castelmore (le label pour ados des éditions Bragelonne).

Son autre roman s’intitule Les autres Shepard, il est paru chez Thierry Magnier en 2012. Lui aussi se passe à New York dans le milieu artistique.

Une vie décousue et mystérieuse

Couverture d’un magazine fictif où Addison est à la une.

Addison Stone est une adolescente qui n’a rien d’ordinaire. Dès ses jeunes années, des gens ont cru en elle et lui ont permis de s’épanouir… et ce n’étaient pas ses parents.

Addison Stone a toujours été dans son monde, dans son Art. Constamment en représentation, personne ne sait si elle a été réellement elle-même avec quelqu’un ou si elle a perpétuellement jouée son propre rôle… Elle est un mystère pour tous ceux qui l’ont côtoyée.

Peu à peu, elle a réussit à trouver sa voie artistique, ses tableaux se vendent des milliers de dollars. L’argent ne devient plus un problème pour sa famille et donc pour elle. Encore adolescente, elle quitte sa ville natale pour New York et ses folies nocturnes. Mais l’Art restera tout aussi important pour Addison.

Addison avait tout pour réussir, d’ailleurs elle avait réussit. Pourquoi parler d’Addison au passé ? Car elle est morte. Accident ? Meurtre ? Autre chose ? Le recoupement de tous les articles de presse, témoignages, photos vous aideront peut-être à y voir plus clair, pour enfin comprendre le mystère qu’était Addison Stone.

Un roman inclassable qui réussit à captiver

Sans introduction ni préparation, ce roman commence immédiatement par un article du Daily News, un journal New Yorkais et une photo pleine page d’Addison Stone. Déstabilisant ? Oui. Et ce n’est que le début.

Vous ne trouverez aucune partie romancée dans cet ouvrage. Uniquement des extraits, des citations, des témoignages, de nombreuses potos et coupures de presse. Une fois que vous aurez tout lu, vous connaitrez la vérité sur la fin d’Addison. Pourquoi elle est tombée alors qu’elle exposait à plusieurs mètres du sol en pleine nuit l’une de ses œuvres.

Une des nombreuses œuvres d’Addison Stone

On se demande comment une adolescente aux réactions parfois enfantines a pu devenir une personnalité aussi incontournable de la scène artistique. Mais au fil des pages, le portrait qui se profile devant nous explique comment Allison est devenue Addison. Ses erreurs de jugement, sa personnalité envahissante et parfois tyrannique avec ses proches… rien ne vous sera caché.

Ce roman est aussi original que très intéressant. Du début à la fin, on est captivé par le concept et la façon dont les éléments découlent les uns des autres. On découvre la vois de ses parents de son frère, de sa meilleure amie, de ses ex petits amis… Chacun d’entre eux dépeint une Addison différente, parfois inquiétante. La frontière entre le génie et la folie est parfois extrêmement poreuse…

Est-ce donc un bon roman ? Oui. Cependant, j’avoue que la conclusion m’a un peu déçue, je l’ai trouvé bien trop facile. C’est dommage car pour moi tout le reste collait à la perfection. Je garde cependant un excellent souvenir de cette lecture… A vous d’interpréter la fin comme vous le souhaitez.

Ainsi, ce roman est parfait à lire dès l’âge de 15 ans environ, ne serait-ce que par son traitement très original. On n’avait pas vu ça depuis Cathy’s Book ou encore L’Affaire Amanda (Bayard Jeunesse). Pour celles et ceux qui souhaitent lire un autre type de roman, ce sera l’idéal !

Chronique Jeunesse : Miss Pook et les enfants de la lune

Un roman jeunesse très étrange, presque trop, même si vous aimez le bizarre et l’inclassable !

On ne présente plus (si ?) Bertrand Santini, le papa du Journal de Gurty, de Hugo de la nuit, ou encore du Yark. Il revient cette fois-ci avec un conte plongé dans le Paris du début du XXème Siècle… mais en fait pas du tout ! Mais qui est donc Miss Pook ? Quel est son but ? Qui sont les enfants de la lune ? Quel est cet étrange dragon chinois en couverture ? L’ouvrage est paru aux éditions Grasset Jeunesse en novembre 2017.

Une gouvernante merveilleuse

Les parents d’Élise sont à la recherche de LA gouvernante parfaite, celle qui remplira son rôle et plus encore. Et Miss Pook remplit parfaitement cet office, elle est compétente, drôle, apporte de la fraicheur et de la vie dans leur morne quotidien… en bref, c’est une perle !

Jusqu’à ce qu’elle décide de manigancer et de faire croire des choses saugrenues et même terribles à Élise et ses parents… tout ça l’amenant à partir sur la lune ! Comment ? Pourquoi ? N’ayez crainte, tout vous sera expliqué dans ce premier tome de la série Miss Pook.

Un roman extrêmement original, parfois même un peu trop

Se plonger dans le Paris du XXème Siècle, c’est un rêve. L’ambiance, les habits de l’époque, les coutumes, tout concoure à nous émerveiller. Surtout quand le talent de l’auteur nous dépeint avec talent l’époque et son ambiance.

Alors, pourquoi Miss Pook et les enfants de la lune partait très bien mais qu’il m’a finalement semblé trop déluré ? Parce que ça part littéralement dans tous les sens. Sans vous dévoiler toute l’histoire, j’ai trouvé l’histoire trop foisonnante et décousue : on part sur la lune, on croise des faunes, des sorcières, on découvre des choses terribles, on rencontre également des extraterrestres… C’est franchement trop.

Même si Bertrand Santini réussit à justifier tout (assez bien je dois dire), j’ai trouvé que c’était bien trop brouillon. C’est dommage car l’ambiance de départ m’a énormément plu, mais ce qui est fait en milieu de roman enlève beaucoup de son intérêt à l’histoire.

La fin sauve un peu le tout, l’auteur trouvant effectivement une parade qui fonctionne, mais qui est trop rapidement développée. J’ai par contre beaucoup aimé la fin qu’il propose pour l’héroïne qu’est Élise.

C’est là que réside la force des écrits de Bertrand Santini, il s’autorise toutes les libertés pour malmener ses héros. Les rendant très sombres, désespérés même (comme dans Hugo de la nuit), et ça, c’est très plaisant car non consensuel.

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Alors, Miss Pook et les enfants de la lune est pour moi un roman intéressant même si il se perd franchement en milieu d’intrigue. C’est dommage car cette ambiance de début à la Mary Poppins me plaisait énormément, mais oubliez le côté gentil et merveilleux ! Place plutôt au bizarre et à l’étrange… sans oublier un soupçon de choses horribles. Le mélange fonctionne, c’est juste un peu trop fourre-tout et débridé comme roman. Il manque un liant qui aurait donné une vraie consistance à l’histoire selon moi. A découvrir dès l’âge de 10 ans (minimum).