Chronique littérature : Le grand magasin des rêves

Premier roman de l’autrice sud-coréenne Lee Mi-ye à paraître en France, Le grand magasin des rêves a fait une arrivée remarquée en librairie. Il faut dire que sa couverture et son titre ont de quoi intriguer, si ce n’est attirer… Ce roman est un premier tome, la suite étant prévue pour l’année 2025 au minimum en France (depuis la rédaction de cet article, le second tome est paru !). Mais il est tout à fait lisible de façon indépendante. Le roman est traduit par Choi Kyungran et Pierre Bisiou, comme souvent dans les translations du coréen vers le français, les traducteurs sont deux. 

Un magasin, des étages entiers de rêves à vendre… 

Penny est une jeune fille qui souhaite ardemment travailler dans le Grand Magasin des Rêves, alors quand elle décroche un entretien avec le propriétaire historique de ce commerce de légende M. Dollagoot, elle flotte sur un petit nuage. C’est ainsi que commence cette belle et douce histoire, où tout comme Penny, nous allons découvrir le fonctionnement presque magique du Grand Magasin des Rêves…

De la douceur à l’état pur 

Si vous avez envie d’une lecture rassurante et étrange tout à la fois, ce roman pourrait être parfait. En effet, Le grand magasin des rêves est un doux inclassable, mais il pourra contenter les lecteurs.ices qui ont aimé Tant que le café est encore chaud (Albin Michel/Le livre de poche) ou encore Les miracles du bazar Namiya (Actes Sud/Babel). 

Comme dans les deux romans précédemment cités, on retrouve à la fois de la douceur, un univers surnaturel aux règles strictes bien que fascinantes et un personnage qui les découvre de façon initiatique. Comme Penny, les lecteurs que nous sommes vont pouvoir s’émerveiller du fonctionnement de ce grand magasin. 

Les dessous en sont absolument fascinants et étranges. Il y a par exemple la façon dont les clients payent, qui n’est pas en espèces sonnantes et trébuchantes mais en Palpitation, Merveille ou encore Curiosité ! Et je ne parle même pas de la balance à paupières et autres subtilités oniriques. 

Car il ne faut pas oublier une chose, l’endroit où se trouve le fameux magasin n’est sur aucune carte d’aucune sorte, et on ne peut s’y rendre qu’en dormant… 

Quatre jours et trois nuits au Maldives, Récupérer de sa fatigue, Sept jours au Tibet, tous ces noms sont ceux de rêves en vente au Grand Magasin ! Et comme toute boutique, il y a des best-sellers, des ruptures et des clients assoiffés de nouveautés, ou des habitués qui se procurent toujours le même rêve. Il y a même tout un étage dédié aux animaux qui eux aussi ont droit à leurs rêves ! 

La partie qui m’a fait penser au Voyage de Chihiro, c’est le fait que chaque étage avait son responsable et son propre univers. Certains chefs de rayons sont durs à satisfaire, d’autres appliquent une discipline efficace teintée de bienveillance. Chacun apporte ses compétences au Grand Magasin, augmentant son prestige et ses bénéfices, un peu comme les bains dans Chihiro. 

Ainsi naviguons-nous au travers des rayonnages et étages, et comme Penny on s’émerveille de ce que l’on découvre. Si vous avez envie de dépaysement et que vous êtes prêt.e à accepter de lire un roman inclassable, ce livre pourra certainement vous plaire. 

C’est à la fois doux et mélancolique, le tout mâtiné de fantastique, et surtout c’est le genre de lecture qui met du baume au cœur… Je n’ai qu’une hâte, retourner au plus vite au pays des rêves et retrouver les fabuleux personnages dépeint par Lee Mi-ye, mais il va falloir attendre avant de lire la suite !

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