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11 romans pour découvrir le Japon

Et si les chats disparaissaient du monde – Genki Kawamura – Pocket

Si vous êtes à la recherche d’un texte étrange, doux et original, celui-ci devrait taper dans le mille. Voici l’histoire d’un homme qui va faire une rencontre peu commune. Il se sait condamné, son médecin vient de lui annoncer qu’il lui reste extrêmement peu de temps à vivre. C’est alors que le Diable fait irruption dans sa vie et lui propose un étrange marché : faire disparaître une chose définitivement de la terre en échange d’un jour de vie supplémentaire.
Ainsi le narrateur accepte-t-il de faire disparaître les montres, les téléphones… mais peu à peu les choses se corsent et le diable lui propose des choix de plus en plus cornéliens. Jusqu’où le narrateur est-il prêt à survivre avant de cesser ces terribles marchés qui rendent le monde moins savoureux ?

J’ai absolument adoré ce roman que je trouve mémorable et d’une beauté inouïe. Comme toujours avec les romans japonais, le style est simple mais de toute beauté. L’histoire peut sembler très triste au premier abord, mais il n’en est rien bien au contraire. Ce très court texte d’à peine plus de cent-cinquante pages est une ode aux plaisirs simples de la vie.

J’ai trouvé sa conclusion absolument parfaite. Aussi belle que douce-amère comme les auteurs nippons savent si bien faire.

Genki Kawamura est plus qu’un auteur reconnu au Japon, il est également producteur. C’est notamment grâce à lui qu’ont pu naître les magnifiques longs-métrage d’animation Le garçon et la bête ou encore Les enfants loups. Son roman Et si les chats disparaissaient du monde… s’est vendu à plus de 1,3 millions d’exemplaires au Japon.

Attention : ce texte est paru précédemment chez Fleuve éditions sous le titre Deux milliards de battements de cœur.

Nââândé !? – Eriko Nakamura – Pocket

Pas vraiment roman mais plutôt un témoignage humoristique sur les différences culturelles entre le Japon et la France, Nââânde est écrit par une japonaise qui vit à Paris.
Et le moins que l’on puisse dire c’est que les deux cultures sont diamétralement opposées. A côté des mesures raffinées et attentionnées des japonais, nous passons pour des rustres ! Pas toujours à juste titre, mais parfois il faut dire que c’est bien mérité.

Ainsi, Eriko Nakamura raconte ses expériences les plus marquantes de japonaise devant se faire à la vie parisienne. J’insiste sur ce point car le point de vue qu’elle a étendu à la France entière est parfois typiquement parisien. Ou alors tout simplement un problème d’éducation concernant la personne qu’elle a rencontré et non pas une spécificité française… Je pense notamment à son mari qui se permet d’ouvrir un paquet de gateau avant le passage en caisse. Ce n’est pas français, ni parisien, c’est malpoli !

Mais la société japonaise a beau être respectueuse, extrêmement codifiée voir prude par certains aspects, nous ne sommes pas prêts à découvrir les fameux « batsu game » (ou jeux punitifs). Au Japon, ces émissions sont absolument culte. Le but ? Ridiculiser le plus possible les candidats au travers d’épreuves terribles. Il y en a notamment une où les candidats sont tirés sur les fesses par un tracteur sur un terrain recouvert de gravillons… « A la fin, leur derrière ressemblait à un steak haché ! » nous raconte l’autrice.
On peut également citer le Takeshi Castle, véritable mélange entre Fort Boyard et Interville à la sauce japonaise. Ou encore « Tunnels no Mina-san no Okagedeshita », une adaptation du jeu vidéo Tetris avec des candidats devant prendre des formes improbables pour passer les murs.
Parallèlement à cela, en France ça ne nous gêne pas de mettre une femme dans le plus simple appareil pour vendre… du fromage. Et effectivement, c’est choquant ! Et ça ne devrait pas l’être uniquement pour Eriko Nakamura…

L’autrice nous parle également de certains phénomènes de société typiquement nippons tels que les Japanese Lolitas, véritable fantasmes aux yeux de quantité de japonais. Elle nous parle également de ses dérives… saviez-vous qu’il est possible d’acheter des uniformes ou des culottes non lavés de jeunes filles ? Disponible dans des sex-shop… et dans des distributeurs automatiques ! Certains japonais sont tellement accros qu’ils vont même jusqu’à escalader les murs pour voler des culottes qui sèchent sur les balcons. Voilà de quoi choquer nous, français !

Et cette sélection d’annecdotes que je vous ait présentées ici ne sont que peu de choses, il y a encore quantité de différences notables entre les deux pays. C’est intéressant de découvrir le point de vue japonais sur notre culture. Mais attention, il est parfois fortement biaisé car l’autrice ne connaît que la vie parisienne et voit les choses par un prisme parfois extrêmement privilégié… Quoi qu’il en soit, on passe un excellent moment, on apprend des choses et c’est tout ce qu’on demande à cet ouvrage. Nââândé !? et aussi et surtout une déclaration de l’autrice à son mari français et à son pays d’adoption, et ça se voit !

Soie – Alessandro Baricco – Folio

Et si c’était un italien qui retranscrivait le mieux l’ambiance du Japon d’antant, le tout sous la forme aux allures de conte initiatique ? C’est ce qu’à réussit à faire Alessandro Baricco avec Soie, un très court roman à la fois hypnotique et sublime qui nous entraîne dans un amour interdit sur fond de commerce de vers à soie…

Suite à une maladie qui touche les vers à soie d’occident, Hervé Joncour va devoir s’approvisionner au Japon, le pays où la soie produite est d’une qualité exceptionnelle. Nous sommes à la fin du 19ème siècle, et le Japon fait montre d’un grand protectionnisme, si grand que vendre des vers à soie à des étrangers et passible d’une peine capitale pour les contrevenants. C’est dans ce contexte délicat et dangereux que Hervé Joncourt met pour la première fois le pied au Pays du Soleil Levant, et ce qu’il va y découvrir va le subjuguer et le forcer à y retourner années après années… et ce n’est pas seulement l’exceptionnelle qualité de la soie issus des vers japonais qui l’attire à chaque fois.

Ce roman aux allures de conte est devenu en quelques mois après sa sortie en 1996 un texte culte. Nous sommes en 2025, et je viens seulement de découvrir ce magnifique texte… Et je comprends pourquoi il est devenus aussi indispensable dans les fonds des librairie. Il possède une narration hypnotique, et nous entraîne dans un pays qui était encore entouré de quantité de mystères à l’époque où se déroule l’intrigue. Et c’est justement cette atmosphère mystérieuse et superbe qu’Alessandra Baricco réussit à retranscrire et à nous faire toucher du doigt.

Un texte parfait donc pour découvrir le Japon autrement et à travers un regard occidental.

Le passe-partout – Masako Togawa – Folio Policier

Pile entre l’étrange Nagasaki et son invité non désiré et l’ambiance inclassable des Belles endormies de Kawabata, il y a Le passe-partout. Véritable intrigue à tiroirs, l’aura de mystère qui entoure ce livre ne s’évapore jamais vraiment… Nous sommes dans la résidence K, habitée uniquement par des femmes seules. Surveillée par deux gardiennes qui se relayent, la Résidence K allie sécurité et autonomie pour chacune de ces femmes que la vie a laissées seules (qu’elles soient célibataires, veuves, jeunes ou retraitées…). Chacune possède la clé de son propre petit appartement, mais un passe-partout existe pour le cas où il y aurait une perte d’un jeu de clés… Sauf que, quand c’est le passe-partout lui-même qui disparaît, que faut-il faire ?

Véritable roman noir aux nombreuses énigmes, Le passe-partout est un de ces romans qui vous mènent en bateau du début à la fin : disparition, meurtre, vol d’un bien précieux, dérives sectaires, manipulation… toutes ces affaires ont un point commun, la fameuse résidence K. Et il n’y a que nous, lecteurs, qui aurons enfin toutes les réponses à ces nombreux mystères.

Outre l’intrigue bâtie de main de maître, c’est avant tout l’ambiance étrange et sombre de la résidence K qui est extrêmement réussie. On se croirait vraiment dans cet immeuble à la fois protecteur et austère, dont la dualité perdure tout au long du roman. C’est une très bonne lecture qui saura vous surprendre, d’autant que ce texte n’est pas une nouveauté et a été écrit en 1962. Ce n’est qu’en 2022, soit soixante ans plus tard, qu’on le découvre en France grâce aux éditions Denoël. Au Japon, Le passe-partout est d’ailleurs devenu un classique du roman policier et a même remporté le plus précieux des prix dédié au genre : le prix Edogawa Ranpo.

Son autrice, Masako Togawa a écrit par la suite plus d’une trentaine de romans à succès (pourvu qu’ils arrivent un jour en France !) est devenue actrice, scénariste, patronne de boîte de nuit et une icône féministe gay. Une femme incroyable dont le parcours nous est totalement méconnu en France !

Et pour l’anecdote, Masako Togawa était chanteuse de cabaret avant de devenir autrice. Le passe-partout a d’ailleurs été écrit pendant les pauses entre ses passages sur scène.

Les belles endormies – Yasunari Kawabata – Le Livre de poche

Voici un des textes les plus emblématiques de la littérature nippone, il est également l’un des plus étranges et des plus malaisants… L’histoire est bien simple : imaginez une maison un peu particulière qui n’est ni un hôtel, ni une vulgaire maison de passe. Non, ici, vous pouvez dormir toute une nuit à côté d’une adolescente endormie sous l’effet de puissants narcotiques. Les règles sont aussi simples que strictes, vous pouvez certes les toucher et les serrer dans vos bras, mais il est totalement interdit d’aller plus loin.

C’est ainsi que nous découvrons le vieil Eguchi, qui va passer la porte de cet étrange établissement pour la première fois. Il est assez sceptique au début, mais une première nuit va lui faire redécouvrir des souvenirs et sensation enfouies depuis des décennies… Mais certaines questions vont le tarauder tout au long du roman, ces jeunes demoiselles sont elles consentantes ? Pourquoi sont-elles déjà plongées dans les bras de Morphée quand il arrive ? Et pourquoi faut-il réserver des jours à l’avance ? Et comment l’établissement peut-il être sûr que les pensionnaires d’une nuit vont bien respecter les règles ?

Que de questions et très peu de réponses. Lire Les belles endormies, c’est avant tout découvrir une écriture surannée, une atmosphère bien spéciale dûe à la fois à une époque, et à une littérature qui lève très peu le voile sur ce qu’elle conte.
C’est un roman à la fois hypnotique et passionnant qui nous aide à mieux comprendre le passage du temps, les regrets et la beauté parfois futile des jeunes années… Mais se prendre d’affection pour le vieil Eguchi (de presque 80 ans) s’avère pour moi difficile. Il a des côtés franchement détestables et gênants, mais je trouve que cette expérience de lecture est à faire pour découvrir un versant important de la littérature nippone.

Pour moi, c’est l’une des oeuvres japonaises les plus dérangeantes que j’ai pu lire car son narrateur est imprévisible… Elle me marquera durablement malgré le fait que je n’ai pas été à l’aise avec le concept même de ces fameuses belles endormies…

Nagasaki – Eric Faye – J’ai Lu

L’ouvrage n’est certes pas écrit par un auteur japonais, mais il a selon moi toute sa place dans cette sélection. Il nous aide à découvrir un pan de la société nippone intéressant voir même fascinant. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que Nagasaki est tiré d’un fait divers incroyable. Eric Faye s’est inspiré de cette histoire vraie relaté dans les journeaux nippons en 2008 pour écrire ce court roman. J’ai découvert par hasard ce roman, mentionné dans l’ouvrage La gueule-du-loup de Eric Pessan, un auteur pour la jeunesse et les ados qui a déjà écrit sur le Japon.

Nagasaki a paru en 2010 aux éditions stock et a remporté le prestigieux Grand Prix du roman de l’Académie Française la même année.

Quelle est donc l’histoire qui se cacher derrière Nagasaki ? Celle d’un homme qui découvre au fil des jours que des objets sont déplacés dans sa maison. Yaourts manquants, niveau du jus de fruits qui baisse… L’homme décide d’installer une webcam à son domicile pour comprendre ces mystérieuses disparitions et déplacements. Ce qu’il va découvrir dépasse l’entendement : une femme vit chez lui à son insu depuis presque une année…

Eric Faye se propose ici de nous plonger dans la psychologie des deux personnages, comme deux facettes de cette maison occupée alternativement par l’un et l’autre. L’ouvrage se concentre avant tout sur cet homme qui pense avoir des hallucinations au début et qui peu à peu réalise qu’il se passe autre chose sans savoir expliquer quoi. On voit ses tatonnements, ses interrogations, mais également ses états d’âme car il va regretter un de ses gestes.
Le dernier tiers de l’ouvrage est quant à lui consacré à la femme qui a habité clandestinement chez lui. On y découvre son cheminement (romancé par l’auteur ou réel ? je ne sais point), son parcours de vie et ce qui l’a amenée à vivre chez un autre en se cachant chaque jour.

Nagasaki est une belle et triste histoire comme le Japon en a plein, avec son lot de regrets, de mélancolie et de beauté malgré tout. Quant à Eric Faye, il a su capter l’esprit nippon et ses étrangetés du quotidien… Seul bémol, j’ai parfois trouvé les personnages un peu trop vulgaires par rapport à ce que j’ai déjà pu lire dans la littérature japonaise, il est extrêmement rare de les voir aussi nerveux/familliers dans leur langage. Mais à part ça, on est dans l’ambiance.

PS : Pour aller plus loin, sachez que Nagasaki a été adapté en bd (one-shot) aux excellentes éditions du Lézard Noir. Je vais très certainement me pencher sur cette version illustrée du roman dont l’histoire me fascine de façon durable.

Le tambour Ayakashi – Yumeno Kyûsaku – Picquier

Si vous aimez les histoires sur fond de légendes et de malédiction, Le tambour Ayakashi est pour vous ! L’auteur est un habitué des romans étranges s’inspirant d’anciennes malédiction reportée sur des personnes inconséquentes. L’un des plus grand livre de la littérature japonaise est d’ailleurs écrit par Yumeno Kyûsaku, il s’agit du labyrinthique et inclassable Dogra Magra écrit en 1935 (rien que le nom, on dirait une formule magique). Dogra Magra est un livre que j’ai lu il y a une quinzaine d’années, elle compte l’histoire d’un homme qui lit un manuscrit qui rend fou. J’avoue que je n’avais pas compris grand chose…
Ici, on retrouve les thématiques chères à l’auteur : l’étrange, les légendes, les malédictions qui poursuivent les hommes qui ne savent pas retenir leur avidité… Et ce court roman fonctionne à merveille.

Le tambour Ayakashi a été traduit en France en 2003 seulement, et ce n’est que maintenant en 2025 qu’il est remit au goût du jour par Picquier. Et qu’elle bonne idée ! Là où Dogra Magra est complexe et parfois même incompréhensible, on retrouve ici la quintessence des thématiques chères à Yumeno Kyûsaku. Et clairement, c’est une histoire qui fonctionne ! Le texte a été écrit en 1926, et pourtant il est d’une belle modernité.

Clairement, ce court roman m’a réconciliée avec l’oeuvre de Yumeno Kyûsaku. J’étias restée pendant une quinzaine d’années sur une note assez négative, ayant tellement peiné à lire et encore plus à comprendre Dogra Magra. Pour moi, Le tambour Ayakashi est une sorte de préquelle plus simple et plus pure des idées que souhaite porter l’auteur. On est dans un Japon historique aux traditions et aux croyances prégnantes, et c’est passionnant !

A découvrir pour l’ambiance historique très bien développée, de même que pour la partie tragique et assez reconnaissable qu’aime mettre l’auteur dans son oeuvre. En clair, c’est à découvrir !

La librairie Tanabe – Miyabe Miyuki – Picquier

Si vous aimez les librairies poussiéreuses et un peu surannées, ce recueil policier doux et mystérieux pourrait bien vous plaire. Il a beau être actuellement épuisé, il est encore facilement trouvable sur le réseau d’occasion. Au programme, cinq histoires policières qui ont toutes un point commun : il s’agit du libraire qui résout les mystères grâce à un sens de l’observation peu commun.

Pour moi, c’est à classer entre La librairie Morisaki de Satoshi Yagisawa et Un café maison de Keigo Higashino. Ces cinq nouvelles sont vraiment immersives, douces, malgré des crimes ou des mystères omniprésents et très plaisantes.

Les histoires sont courtes, à peine une quarantaine de pages chacune, et à chaque fois, Monsieur Iwa est le point commun de toutes ces petites affaires irrésolues ou étrange.
Un squelette découvert, une mort étrange qui laisse des indices très bizarres où il est question d’un livre et de circulation routière, et d’autres affaires plus ou moins corsées.
Monsieur Iwa, le libraire, pose les bonnes questions, est doté d’une culture encyclopédique et d’un sens de la déduction peu commun.

Ce recueil est ainsi un véritable petit plaisir littéraire. Sans prétention, fort érudit, amusant, parfois sombre et poussiéreux, La librairie Tanabe est doté d’une ambiance délectable. Parfait pour les fans de cosy crime et de Japon, un mélange pas si souvent rencontré dans les étagères des librairies ou des bibliothèques…

Petit plus culture : Chose fascinante, saviez-vous qu’au Japon certains ouvrages étaient vendus avec une garantie de remboursement ? Le dernier quart des pages du livre était scellé dans une enveloppe. Si le lecteur renvoyait à l’éditeur le livre sans avoir touché à l’enveloppe, cela signifiait qu’il ne l’avait pas trouvé suffisament intéressant pour le terminer et on le remboursait. Malin !

Seins et oeufs – Mieko Kawakami – Actes Sud, Babel

Il y a souvent dans les romans japonais quelque chose d’assez réucurent : les conclusions étranges ou ouvertes. C’est bien le cas ici de Seins et oeufs. Ce que l’on peux trouver frustrant ou inaccompli d’un point de vue occidental est pourtant chose courrante dans les romans nippons (entre autres). Cela illustre parfaitement à quel point ce n’est pas la destination qui compte mais le voyage littéraire que l’on fait. Et une chose est sûre, Seins et Oeufs est un roman étrange qui interroge la perception qu’ont les femmes japonaises d’elles-même.

L’histoire est celle de Makiko, dont l’obsession est de se faire refaire les seins. Pourquoi ? Elle ne le sait pas vraiment elle-même, mais elle va absolument tout faire pour mener son projet à bien. Sa fille d’une douzaine d’années ne comprend quant à elle pas du tout ce besoin impérieux de changer d’apparence, d’autant qu’elles n’ont pas les moyens de financer ce genre d’opération. Alors, crise de la quarantaine ? Besoin de sentir à nouveaut belle et/ou désirée ? Diktat de la société de l’apparence ? Quoi qu’il en soit, Makiko désole sa fille et sa soeur, mais leur permet au passage d’avoir un autre regard sur elles-mêmes…

J’ai beaucoup aimé cet étrange et inclassable roman bien qu’il n’ait pas de véritable conclusion. Il y a dedans des réflexions de la fille de Makiko, devenue muette volontaire car en conflit permanent avec sa mère. Il y a également des dialogues très réussis et bien envoyés où les femmes font face à leurs nombreux paradoxes (vouloir être belle pour soi, est-ce une réalité ou cela passe-t-il nécéssairement pas le regard des hommes ?).

« Ouais, ben je m’excuse mais elle ne me saute pas aux yeux la différence. Ce que je sais, c’est que je ne suis pas heureuse avec mes petits pois, et que j’ai bien le droit de rêver d’en avoir de gros nibards si je veux, c’est mon problème à moi, point barre ! C’est toi qui vient tout compliquer avec tes histoires de mentalité masculine ! Ce ne serait pas plutôt toi qui est garantie cent pour cent pure mentalité masculine ? Parce que je vais te dire, moi, quand je couche avec un garçon, même s’ils sont tout petits, je pense à autre chose qu’à regretter de ne pas en avoir de plus gros sous prétexte que ça l’exciterait plus. Ca, c’est pour quand je suis seule avec moi-même, et pour moi seule : je me regarde et je me trouve plate et j’aime pas c’est tout. Moi et personne d’autre ».

Ceci n’est qu’un extrait absolument génial de deux femmes dont la vision du corps est totalement opposée, du moins en apparence…

Ainsi donc, Seins et oeufs est un roman étrange qui interroge la féminité et le désir de – se – plaire. Un roman à la fois doux et surprenant qui est assez inclassable mais m’a beaucoup plu. Si vous tombez dessus un jour, penchez-vous donc dessus ! (l’ouvrage est actuellement épuisé au moment où j’écris ces lignes – janvier 2025).

Okuribi – Renvoyer les morts – Hiroki Takahashi – Belfond

Quel roman étrange et sombre ! Okuribi est un mélange entre l’enfance avec son inhérente innocence et – très paradoxalement – une illustration de notre part de noirceur. Le plus dérangeant dans ce roman, c’est que quasiment tous les personnages principaux sont des préadolescents, à peine sortis de l’enfance.

Nous sommes dans une petite ville rurale du Japon, où l’on va suivre le jeune Ayumu qui vient de quitter la capitale. Il découvre son école, ses nouveaux camarades qui ont l’air plutôt sympathiques… et Akira. La forte tête de l’école, celui qui moleste ceux qui ne lui conviennent pas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que enfants comme enseignants le craignent… Mais étonnament, Ayumu semble passer au travers de la violence lattente d’Akira. Du moins, pour le moment.

Quoi qu’il en soit, j’ai adoré l’ambiance et j’aurais même aimé que l’auteur aille plus loin dans le développement de ses personnages, c’était un peu trop court (et c’est un peu cher 20€ les 110 pages, non ?). Un direct poche ou un semi-poche aurait pu être plus acceptable.

Ainsi, l’amosphère de ce roman est réussie, il nous entraîne on ne sait où tout en sachant que c’est vers l’obscurité… la question est plutôt de savoir comment, et non pas si…

Par contre, même si je comprends la référence à Battle Royale, elle me paraît un peu poussive de la part de l’éditeur, de plus, ils ont fait une énorme faute sur la quatrième de couverture en se trompant sur le prénom du personnage principal… c’est un peu dommage. Plutôt à présenter comme un roman noir sociétal que comme la terrible dystopie qu’est Battle Royale.

L’affaire Midori – Karyn Nishimura – Picquier

Pour continuer à découvrir le Japon par un biais plus sociétal, L’affaire Midori sera parfait. Comment un infanticide peut-il être une conséquence du drame de Fukushima ? C’est ce que tente d’expliquer l’autrice au travers de son roman inspiré directement de faits réels.
L’affaire Midori, c’est l’histoire fictive (mais inspirée de faits réels) d’une femme qui n’a pas su quoi faire quand elle est devenue mère célibataire. La honte était trop forte, le retour à la maison impossible et les aides sociales presque inexistantes. Pire encore, la honte que la société lui impose continuellement a grignoté le peu de confiance en elle que cette femme aurait pu avoir…
L’histoire nous est contée du point de vue d’une journaliste qui n’est pas l’autrice (mais qui pourrait car elle travaille elle-même comme correspondante au Japon pour la presse).

Mais comment peut-on justifier un acte aussi terrible qu’un infanticide ? On ne peux pas, mais ce n’est pas ce que cherche à faire l’autrice:journaliste. Son but est d’expliquer ce qui a mené cette femme à l’acte le plus terrible qu’une mère puisse commettre, et la société est bien loin d’être innocente.

Par exemple, saviez-vous que pour obtenir un test de grossesse précocre au Japon vous devez fournir vos coordonnées complètes ? Peu de femmes non mariées sont prêtes à le faire et préfèrent donc attendre… au risque de perdre un temps précieux.

Ou encore que le gouvernement japonais a beaucoup « joué » avec les chiffres pour que la catastrophe de Fukushima paraisse beaucoup moins terrible qu’en réalité ? Ils ont relevé le seuil d’exposition radioactive pour cela. Il est désormais acceptable d’être exposé à vingt millisieverts par an pour la population, soit le seuil maximal imposé aux travailleurs du nucléaire ! Grâce à ce petit tour de passe-passe, seulement 2,7% de la surface de la Préfecture de Fukushima est inhabitable.

Qu’au Japon, l’image que l’on donne de nous est plus importante que tout le reste ? Que notre bien-être passe après ? Que l’on doit toujours montrer une face positive même si c’est éreintant ?

C’est là tout le paradoxe passionnant de ce pays, à la limite de la schyzophrénie. Comme le dit si justement l’autrice en fin d’ouvrage :

« J’aurais tant aimé me défaire de ces obsessions, par moments au moins, profiter de l’autre face du Japon, la plus importante, la plus visible, la plus agréable, celle du Japon de la politess, de la fidélité, de la serviabilité, de la gentillesse, du civisme, de la propreté, de la ponctualité, de la qualité, et même de la perfection ».

Mais aimer le Japon, c’est accepter son versant très sombre et rigide jusqu’à la cruauté dans certains cas, comme dans cette fameuse « affaire Midori ».

Ce texte est pour moi entre l’essai, le roman journalistique et l’introspection. Un mélange qui nous donne à voir une partie moins connue du Japon et pourtant essentielle. Une sorte de face cachée et sombre qui fait partie intégrante de ce Japon adoré et parfois même fantasmé.

Chronique jeunesse : Les plantes carnivores font mouche

Katia Astafieff est une autrice et conférencière spécialisée dans la vulgarisation scientifique. Biologiste de formation, elle allie aujourd’hui ses deux passions : l’écriture et le voyage. 

Elle a déjà écrit deux autres ouvrages, mais pour les adultes : La fille qui voulait voir l’ours (Arthaud, 2022) ainsi que Mauvaises Graines (Dunod, 2021). Elle travaille actuellement au Jardin botanique de Nancy. 

L’illustration de ce roman original est quant à elle assurée par Gilles Macagno, qui est également professeur de sciences et vies de la terre. Il a déjà publié deux ouvrages : Mauvaise réputation et Je t’aide, moi non plus chez Delachaux et Niestlé. 

Encore du pain sur la planche pour la brigade moustiquaire…

Bienvenue dans le monde méconnu et pourtant passionnant des insectes, mais aussi de leurs (très nombreux) prédateurs. Perrick le moustique se voit coller deux affaires de disparition bien opaques. A lui de trouver ce qui est arrivé à Esmeralda, une mignonne petite mouche, ainsi qu’à Elvis, un moustique artiste. 

Les affaires ne sont pas liées et les possibilités très nombreuses dès lors qu’il s’agit d’insectes portés disparus. Surtout quand il va découvrir avec son coéquipier que la liste des suspects s’allonge à cause d’un congrès faisant venir de loin des plantes… carnivores. 

Extrêmement original, drôle et instructif

J’ai adoré lire ce roman policier bourré d’humour et de références qui possède différents niveaux de lecture ! Beaucoup de titres de chapitres sont des références à la culture populaire, les enfants ne les verrons pas, mais les adultes oui : La mort aux mousses, Les dents de la tourbière ou encore Le barbecue était presque parfait. Et encore, le texte en lui-même est également rempli d’autres références qu’un oeul adulte savourera. 

Quant aux jeunes lecteurs, ils dévorerons l’intrigue efficace et extrêmement originale de ce roman. Créer un roman policier pour faire découvrir les plantes carnivores aux enfants, il fallait y penser ! Certaines fin de chapitre ont ainsi quelques informations sur lesdites plantes carnivores (leur provenance, leur mode de « chasse », l’origine de leur nom, etc.). J’ai beaucoup apprécié ces encarts documentés, à tel point que j’aurais aimé en avoir beaucoup plus dans le roman (note aux auteurs et à l’éditeur, si vous faites un second tome). 

Outre l’intrigue policière, classique bien que chez les insectes, on appréciera la complémentarité des illustrations de Gilles Macagno. Ses dessins sont indispensables pour mieux comprendre les plantes carnivores et leur fonctionnement à part. Elles sont d’une créativité sans bornes quand il s’agit de piéger une proie : goutelettes séduisantes à l’apparence de l’eau, odeur entêtante qui attire les insectes, parois glissantes dont il est impossible de remonter… 

Ainsi, oui j’ai adoré ce roman qui se lit très vite, dont les chapites sont courts et efficaces et à la thématique géniale. C’est malin, drôle, décalé, rempli de suspense. Un livre idéal à faire découvrir dès l’âge de 10/11 ans minimum, puis sans restrictions car il y a très peu voir aucun roman jeunesse sur ce sujet qui pourtant passionne les enfants ! Ils adorent le bizarre et l’étrange, ça tombe bien, la nature en regorge ! 

Chronique jeunesse : Compte les étoiles

Lois Lowry est un auteur américain pour la jeunesse et les ados à l’œuvre prolifique. Il écrit beaucoup, et nombre de ses ouvrages valent le détour. On peux notamment citer Les Willoughby, ou encore Sacrées souris ! Il a également écrit une quadrilogie intitulée Le Quatuor qui a marqué durablement le paysage de la littérature jeunesse et qui comprend le roman Le passeur ainsi que l’Elue pour ne citer qu’eux. 

Savant dosage entre émotion et narration passionnante, tous les romans de Lois Lowry ont quelque chose à nous apporter, et celui-ci en fait partie. Compte les étoiles est d’ailleurs régulièrement prescrit dans les écoles, qu’elle soient françaises ou américaines. 

Le Danemark : petit pays, grande résistance

Nous sommes en 1943, le Danemark vit des heures très sombres car l’ombre des nazis plane sur la capitale et le pays tout entier. La population juive de la ville doit porter un brassard étoilé, les commerces juifs ferment les uns après les autres, des quartiers entiers se vident de leurs habitants… 

C’est dans ce terrible contexte historique que l’on fait la connaissance de la famille Johansen. Les Johansen font du mieux qu’ils peuvent, comme des milliers d’autres familles pendant l’occupation allemande. Faire profil bas, respecter le couvre-feu, ne surtout pas se faire remarquer… Les enjeux sont de taille pour les Johansen, qui vont cacher chez eux l’une des meilleures amies de leur fille Annemarie. Elle est en danger de mort car juive. Mais il est difficile de comprendre tous les enjeux gravissimes de l’époque quand on est une fillette qui n’a même pas dix ans… 

L’occupation vue à travers des yeux d’enfant 

En débutant ce roman, je pensais lire un roman intéressant sur la seconde guerre, mais pas à un tel point. Déjà, le lieu de l’intrigue en lui-même est passionnant. En effet, la Seconde Guerre est souvent contée soit en France, en Angleterre ou encore en Allemagne même. Mais je n’avais jamais lu d’intrigue se déroulant au Danemoark à cette époque. Et pourtant, il y a tant de choses à en dire ! 

Saviez-vous que quand les nazis sont arrivés en 1943 pour soumettre le peuple danois, ces derniers ont préféré détruire leur flotte que de la livrer à l’ennemi ? Que le roi Christian sortait sans aucun garde pour le protéger afin de montrer qu’il n’avait pas peur sous l’occupation ? Ou encore que les scientifiques danois on travaillé d’arrache-pied pour aider à la fuite des juifs hors du pays ? 

Ce que nous raconte Compte les étoiles, c’est à quel point les danois ont résisté d’une facçon à la fois brillante et détournée, un véritable mélange d’astuce et de courage. Tout cela et plus encore nous est conté brillament par la petite Annemarie. Elle ne comprend pas tous les tenants et aboutissants, mais elle sait que son silence dans certaine ssituations est capital. Ce roman, c’est la découverte progressive de ce qu’il se passe à l’échelle de son entourage qui est peu à peu transposé à des enjeux plus grands. 

Pour celleux qui aiment les romans historiques, Compte les étoiles est un indispensable. Touchant et vif en émotions, ce roman est une merveille qui pourrait également plaire à des adultes passionnés par cette période. A découvrir dès l’âge de 11/12 ans environ.

Chronique : La mystérieuse bibliothèque de Blackwood Abbey

Hester Fox est une autrice américaine à temps plein. Elle est spécialisée en histoire et en archéologie. La mystérieuse bibliothèque de Blackwood Abbey est son second roman à paraître en France.
Son premier roman, La berceuse des sorcières, était paru chez Faubourg Marigny avant de paraître en poche aux éditions J’ai Lu.

Un étrange héritage…

La jeune Ivy Radcliffe, 23 ans, a tout perdu durant les horreurs de la première guerre. Mais il semblerait que le destin lui sourie enfin. Elle vient de recevoir le courrier d’un notaire, et ce qu’elle va découvrir lors de son entretien dépasse tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Ivy vient d’hériter d’un domaine dans la campagne anglaise. La seule condition pour en jouir étant d’y habiter de façon permanente. Ayant perdu parents et frère durant la Grande Guerre, Ivy part sans un regard en arrière.

Mais à peine arrivée dans ce qui est maintenant son domaine, Ivy sent l’ambiance pesante de l’abbaye. Elle qui adore les livres, elle découvre que le bâtiment est doté d’une des plus belles bibliothèques de la région… Mais même cela ne suffit pas à enlever à Ivy qu’il se passe quelque chose d’étrange…

Mystères et ambiance feutrée

De façon générale, j’aime beaucoup les parutions des éditions Faubourg Marigny. Elles mettent en avant des héroïnes qui traversent différents grand moments de l’Histoire. Ici, ont retrouve l’élan habituel des romans de la maison, mais pas tout au long du livre…

J’ai été transportée positivement toute la première moitié de l’ouvrage, mais passé la seconde partie, j’ai trouvé le tout très long. Impossible de me concentrer sur le destin d’Ivy qui perd peu à pied, qui mélange passé, présent, souvenirs et rêves… Mais à partir du dernier tiers du roman, j’ai trouvé l’intrigue trop facile.
Pour moi, la qualité première de ce roman était son ambiance. Sombre comme il faut, avec une introduction mystérieuse et bien équilibrée, mais ces qualités se délitent peu à peu, à l’image de la santé mentale d’Ivy.

Je n’en dirait pas plus pour ne pas déflorer l’intrigue, mais j’ai trouvé le roman très bon dans sa première moitié, mais il est extrêmement dommage que la suite ne soit pas à la hauteur. L’ambiance poussiéreuse et mystérieuse qui recèle de l’ouvrage est réussie, mais cela n’est pas suffisant, et c’est bien dommage.

Pour moi, c’est presque un rendez-vous manqué. Je n’ai jamais été déçue par un roman de cette maison d’édition, et je comprends pourquoi il a été choisi. La mystérieuse bibliothèque de Blackwood Abbey coche toutes les cases du catalogue de la maison : Histoire, héroïne féminine, mystère, héritage surprenant, secrets de famille… Mais quel dommage que tous ces éléments ne donnent pas un tableau final plus original et exaltant !

Ainsi donc, ce roman d’Esther Fox m’a laissée sur ma faim, mais je ne m’avoue pas vaincue. Il est prévu que je lise La berceuse des sorcières, peut-être y trouverais-je ce qui m’a fait défaut ici.

AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : La petite boutique aux poisons

Sarah Penner est autrice américaine, La petite boutique aux poisons est son tout premier roman, et dès sa parution il fut remarqué aussi bien dans son pays d’origine qu’en France. Tout concoure à attiser la curiosité : un titre mystérieux, une couverture jolie et intrigante… et une histoire qui donne envie de s’y plonger !
L’autrice a également écrit, toujours chez Faubourg Marigny : Le cercle occulte des gentlemens.

Une vie bouleversée et à la croisée des chemins

Caroline Parcewell est une femme mariée, heureuse, du moins le croyait-elle avant de découvrir que son mari la trompe. Alors qu’ils devaient tous deux s’envoler à Londres pour leur anniversaire de mariage, la jeune femme décide de partir seule. Tout ce qu’elle a toujours souhaité dans sa vie : une maison, un travail stable, l’amour… est en train de voler en éclats. Et si ce voyage à Londres était l’ocassion de se poser les bonnes questions sur sa vie de couple et sur sa vie de femme ? Quels rêves a-t-elle mis de côté pour son couple ?

En parallèle, nous suivons l’histoire d’une petite boutique d’apothicaire, dans une ruelle sombre de Londres. Elle ne paie pas de mine, et seuls les initiés ont vent de son existence… Et pour cause, la boutique propose des « remèdes » un peu spéciaux, dont certains sont létaux. Et la clientèle de cette boutique est aussi particulière que sa propriétaire, pour en découvrir les secrets, il va falloir mieux comprendre son histoire…

Une lecture enrichissante et distrayante tout à la fois

J’adore les romans qui savent doser à la fois un peu de savoir et d’érudition avec une intrigue accaparante. C’est ici parfaitement le cas de bout en bout. L’autrice nous fait alterner les époques à chaque chapitre, ainsi navigue-t-on entre le 18ème siècle et notre ère. Et chacune à sa façon à quelque chose à nous apprendre et nous tien en haleine.

Du côté de Caroline, certes la jeune femme a de gros problèmes de couple, mais il n’y a pas que cela à narrer. Durant l’une de ses ballades dans la capitale, elle découvre un hobby londonnien étrange est passionnant : le mudlarking. Cette étrange passion consiste à draguer les fonds de la Tamise et y débusquer d’anciens objets que l’on peux conserver par la suite. En cela, le fleuve est un prodigieux conservateur des choses du passés, c’est ainsi que Carole va tomber sur une petite fiole étrange dotée d’une gravure intriguante… Qui va bouleverser sa vie et précipiter sa réflexion sur le sense de sa vie et sa vocation première : l’étude de l’Histoire.

Pour la partie se déroulant dans le Londres du 18ème, c’est tout aussi passionnant. Peu à peu, on en apprend plus sur la fameuse petite boutique perdue dans les méandres d’une ruelle peu fréquantée. La façon dont les clients font leur commande est en elle-même très secrète et on découvre peu à peu les stratagèmes mis en place par la propriétaire pour satisfaire sa clientèle sans se mettre en danger.
Vous apprécierez de découvrir toutes les herbes, poudres et autres ingrédients qui servent à la décoction des nombreux remèdes et poisons. Il y a même de la poudre d’insectes dans certaines compositions ! Tout est soigneusement rangé et catalogué, entrer dans les arcanes de la boutique est un vrai plaisir. A tel point qu’on apprend quantité de choses sans s’en rendre compte…

Mais quel lien y -a-t-il entre ces deux femmes que deux siècles séparent ? Il n’y a pas que le petit flacon trouvé dans les eaux boueuses de la Tamise, comme vous allez pouvoir le constater !
C’est en cela que la magie de Sarah Penner opère… elle nous offre des portraits de femmes fortes, courageuses et qui osent se confronter aux obstacles que la vie a mis sur leur chemin.

Bien que la moitié du roman soit ancré au 18ème siècle, il reste très actuel dans ses thématiques : sororité, féminisme, quête de sens et secrets teintés d’un soupçon d’étrange qui frise le merveilleux… Un mélange diablement efficace qui fait que les quatre cent pages qui composent l’ouvrage se dévorent en très peu de temps !

Pour celleux qui hésitent encore à découvrir ce très bon texte, sachez qu’une édition collector magnifique vient tout juste de sortir en ce début d’octobre 2025 :

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, son troisième roman sort également début octobre : La Malédiction des Sorcières de la Mer, toujours chez Faubourg Marigny.

Chronique jeunesse : Hilda et le peuple caché

Connaissez-vous la série de BD Hilda ? L’ouvrage que je vous chronique ici est issu de la série elle-même issue de la BD. Il nous conte les aventures d’une petite fille évoluant dans un monde étrange et magique au graphisme magnifique ! La série de livres est en trois tomes, le premier étant paru chez Casterman en octobre 2018. C’est le genre d’ouvrage parfait pour un #pumpkinautomnchallenge ou un #coldwinterchallenge ! 

Entre mignonitude et aventure

Bienvenue dans le petit monde calme et rassurant d’Hilda, une jeune fille curieuse et courageuse qui vit avec sa maman dans la forêt. Elles sont au calme, il n’y a aucune ombre au tableau, sauf que… Un soir, elles se font attaquer par des forces invisibles et mystérieuses ! Leurs revendications ? Qu’elle quitte leur maison sur le champ pour ne plus jamais revenir ! Pourquoi cela ? C’est ce que va tenter de découvrir Hilda… 

Un premier tome empli de jolies choses et d’humour

En quelques pages, il est facile de se baigner dans l’univers doux et rassurant d’Hilda. Clairement d’inspiration nordique avec des trolls qui prennent vie une fois le soleil couché ! Des géants mystérieux et doux, et d’autres créatures nées de l’imagination des deux auteurs. Les graphismes sont rassurants mais rien dans cette histoire n’est niais, à aucun moment. 

On pourrait même qualifier la jeune Hilda de baddass, elle n’a pas peur de sauter du toit pour chevaucher d’étranges créatures volantes ou de parler à l’oreille des géants, et même convoquer le roi des elfes ! 

Son histoire est prenante en très peu de pages, et le fait que ce soit une novélisation ne m’a absolument pas gênée. Les dessins ont été réalisés spécialement pour l’ouvrage et ne sont pas issus de capture d’écran hasardeuses comme c’est le cas dans beaucoup d’adaptations. Non, ici, il y a un réel travail éditorial et cela se voit. 

Parmi les très nombreux personnages attachants de cette histoire, ma préférence va à l’étrange petit bonhomme de bois à la tête de noix de coco. Il est mignon, bizarre, adore les livres et se comporte comme un chameau avec Hilda ! Il m’a beaucoup fait rire tant il est déconnecté de la réalité et s’incruste comme un rustre chez les autres. 

J’ai donc énormément aimé ce premier tome de la trilogie Hilda que je vais sûrement continuer car elle sait réserver son petit lot de surprises ! Et surtout, l’univers m’a énormément plu. Cela m’a d’ailleurs un peu fait penser à Adventure Time dans le graphisme, mais avec une cible clairement jeunesse ici.

Cela m’a tellement plu que je vais d’ailleurs poursuivre l’expérience en regardant la série Netflix (j’ai commencé et c’est très chouette, notamment la BO). Il ne me restera ensuite plus qu’à découvrir les BD !

Chronique : De larmes et d’écume

Stéphane Michaka est un auteur français rare, mais à l’œuvre toujours mémorable. Il a écrit la duologie Cité 19 (PKJ, 2015) ou encore le roman dystopique poétique La mémoire des couleurs (PKJ, 2018). Il change encore une fois de style littéraire avec De larmes et d’écume, un roman historique documenté et passionnant.

Comment le Mary Céleste s’est-il transformé en vaisseau fantôme ?

Nous sommes à la fin du 19ème siècle, où nous suivons les pas du jeune Spotty, qui vient de trouver un emploi à la City. Il travaille pour une compagnie d’assurance maritime sous l’égide d’un dénommé Basil Huntley. Un jour, le jeune homme et son supérieur font la rencontre d’un corsaire qui prétend avoir des écrits issus de la Mary Céleste… Le problème, c’est que le bateau a disparu il y a 11 ans avec tout son équipage avant de réapparaitre totalement vidé de ses occupants. Les papiers du vieux corsaire sont-ils authentiques ? Et si c’est bien le cas, vers quoi va les mener cette incroyable découverte qui a déjà fait couler énormément d’encre dans les journaux du monde entier ? Et surtout, pourquoi la disparition de la Mary Céleste obsède-t-elle tant Basil ?

Passionnant et riche en émotions

Encore une fois, Stéphane Michaka réussit à nous surprendre. Il s’était déjà frotté au roman historique avec Cité 19 (bien qu’il soit d’un genre particulier, il vous faudra le lire pour comprendre !) avant de prendre un virage et de pencher pour la dystopie avec La mémoire des couleurs. Avec De Larmes et d’écume, l’auteur replonge dans l’Histoire, et a dû se passionner à faire des recherches pour les besoins de son roman. Et ça se voit.

L’ouvrage est savamment dosé entre le roman d’enquête, le récit historique (bien qu’avec une grande partie de personnages fictifs) et l’aventure. Dès les premières pages, on est dans l’histoire, car il faut avouer que le mystère de ce bateau retrouvé vide de toute vie est incroyable. Dès que vous aurez tous les éléments de départ en votre possession, vous ferez comme Spotty, vous échafauderez toutes les possibilités. C’est le genre de fait divers qui retourne le cerveau, qui vous fait penser à mille et unes hypothèses.

La réponse que propose Stéphane Michaka à ce mystère est passionnante, elle est semble-t-il la plus crédible de toutes les hypothèses échafaudées. Pour cela, l’auteur s’est beaucoup documenté, notamment avec l’ouvrage Ghost Ship : The Mysterious True Story of the Mary Celeste and Her Missing Crew de Brian Hicks (Random House, non traduit en français). Si vous souhaitez creusez le sujet en français, le titre Le fantôme de la Mary Celeste de Valérie Martin a été édité chez Albin Michel.

Si vous voulez être surpris.e par l’intrigue, je vous déconseille fortement de lire la page Wikipédia concernant la Mary Celeste, ce serait gâcher votre plaisir. Mais après lecture du roman, vous verrez à quel point l’auteur s’est attaché à de nombreux détails historiques avérés.

Ce que nous propose ici l’auteur, c’est une version romancée de ce qui semble être l’hypothèse la plus probable expliquant la tragédie. C’est narré avec passion, tout en ménageant énormément de suspense. C’est simple, le roman se lit comme un bon policier. Ou comme une belle histoire d’amour (qui m’a mis les larmes aux yeux). De plus, il y a tant de détails historiques passionnants que cette

lecture recèle encore d’autres qualités. On en découvre beaucoup sur le fonctionnement des assurances en pleine mer (oui, les assurances existaient déjà) ou encore sur comment un mystère devient légende à l’aide de langues déliées et de journaux voulant écouler de nombreux tirages.

Et comme toujours avec cet auteur, c’est très bien écrit. Il y a un style certain, une plume qui utilise un vocabulaire simple, mais pas simpliste. C’est très difficile de rendre une telle atmosphère historique avec autant d’érudition sans perdre les lecteurs. Ici, c’est entièrement réussi !

De larmes et d’écumes est donc un véritable bijou de lecture. En quelques pages les faits passés vont vous accrocher comme une ancre arrimée profondément. En quelques chapitres vous allez vous attacher aux personnages plus vrais que nature… Et enfin, vous saurez. A dévorer dès 14 ans, puis sans aucune limite d’âge ! Ce roman pourrait très bien sortir en littérature ado ET en littérature blanche quand il sortira en poche (si quelqu’un me lit… ).

Mise à jour de l’article : ET OUI, c’est bien arrivé puisque De larmes et d’écume et passé en poche chez Pocket adulte ! Une excellente nouvelle.

Chronique roman américain : Dans la forêt des larmes

Glendy Vanderah est une autrice américaine qui était ornithologue avant de se lancer dans l’écriture. Elle vit actuellement en Floride, dans un lieu où la nature est centrale dans son quotidien… tout comme dans ses romans.
Son premier roman Là où les arbres rencontrent les étoiles a été traduit dans plus de trente langues et vendu à plus d’un million d’exemplaires.
Dans la forêt des larmes est son second ouvrage à paraître en France, et comme dans son premier titre, la nature y trouve une place centrale, elle est même un personnage à part entière. Le roman est paru chez Charleston pour la rentrée littéraire 2023.

Un choc émotionnel qui fait tout basculer

Nous sommes aux Etats-Unis, une femme vient de découvrir que son mari la trompait. Cette femme, c’est Viola, elle a toujours aimé la nature et décide d’aller s’aérer l’esprit avec ses trois enfants pour tenter de digérer autant que possible la nouvelle… Mais bien évidemment, une simple ballade en forêt n’y suffira pas. Pire, lorsqu’elle quitte les bois et reprend la voiture elle se rend compte qu’elle a oublié l’un de ses enfants. Elle fait demi-tour mais il est déjà trop tard : sa petite fille nouvellement né a disparu. Suite à ce double trauma, la vie de Viola devient un enfer, elle s’enfonce dans la dépression et les médicaments. Jugée par sa famille et ses proches, il semble que rien ne puisse l’aider à s’en remettre.

Mais Viola va prendre une décision radicale voir violente pour remonter la pente. Ce roman est son histoire, celui d’une blessure béante qui avec le temps va guérir, mais que seules les années qui passent pourront résorber…

Beau et fort en émotions

Si vous aimez à la fois la Nature et les romans forts en émotions, Dans la forêt des larmes pourrait bien vous plaire. Les débuts de ce roman sont très durs d’un point de vue émotionnel. En effet, la façon sont Viola va tenter de cheminer vers la rédemption est pour le moins très radical… Mais ça n’en rend l’ouvrage que plus beau et cathartique.

C’est le genre de roman à découvrir pour goûter à une littérature à la croisée de plusieurs genres : drame famillial, nature writing, suspense. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fonctionne à merveille. On a très envie de découvrir le destin de Viola qui a tout perdu pour renaître.

Les amoureux de la nature et de ses petites merveilles aurons d’ailleurs leur content de forêts et de rivières. Tous les personnages ou presque gravitent autour des arbres et de la nature sauvage. C’est à la fois beau et reposant, et c’est clairement le genre d’ouvrage qu »on a envie de lire dans un chalet perdu au fond des bois…

Mon seul bémol pour moi et la fin, un peu trop idéalisée pour que l’illusion du romanesque perdure. Je n’en dis pas plus, mais un peu plus de nuances aurait apporté du crédit à cette conclusion.

Ainsi, ce roman est l’un de mes gros coups de cœur de la Rentrée Littéraire 2023. Les éditions Charleston confirment encore et toujours la qualité de leurs choix de romans, de même que leur passion pour nous offrir de magnifiques textes. Je n’ai qu’une envie maintenant, découvrir le premier texte de Glendy Vanderah : Là où les arbres rencontrent les étoiles… Et oui, encore des forêts au rendez-vous !

Chronique jeunesse : Zoom sur la collection jeunesse Le Grand Bain chez Seuil Jeunesse

La promesse de la collection ? « Des romans illustrés pour se jeter dans le grand bain de la lecture, avec ou sans bouée !« 

Marie-Aude Brosse – Denis Baronnet & Roxanne Lumeret

Une jeune fille découvre que l’univers de son jeu vidéo préféré : Diego 3D Mundo débarque dans son quotidien. C’est assez difficile à croire au premier abord, mais elle accepte rapidement ce postulat. Ainsi, la vie ordinaire se retrouve assortie de choses étranges, de bonus, et évidemment boss de fin de niveau.
Outre le jeu de mot du titre en référence au célèbre plombier de Nintendo, ce roman est une également une référence à Alice au Pays des merveilles : entre rêve burlesque et réalité étrange.

J’ai trouvé ce roman franchement bizarre et trop déstabilisant à mon goût. Je m’interroge fortement sur le fait que les jeunes lecteurs trouvent leur compte dans cette histoire. Trop délurée, trop illogique et débridée pour moi en tout cas. Je l’ai lu en entier, mais je n’en ait rien retiré et j’ai même eu du mal à me rappeler du contenu… Dès 9 ans.

Mission aventure – Gauthier David & Marie Caudry

Cette fois-ci, les parents de Julie et Théodore en ont plus que marre. Il faut bien se l’avouer, le frère et la sœur de ce roman son particulièrement détestables l’un en vers l’autre. Jamais avares de vacheries et de coups bas en tous genre… Sauf qu’ils n’avaient pas prévu que leurs parents en aient marre au point de les laisser en pleine forêt. Ainsi débute Mission Aventure, sorte de réécriture de Hansel et Gretel contemporaine un peu loufoque.

Encore une fois, j’ai eu un peu de mal avec la narration et le côté très débridé de l’histoire. Je n’ai eu aucun attachement pour ces enfants insupportables, de même que pour leurs folles aventures. Et encore une fois, cette lecture ne m’a laissé que très peu de souvenirs, expliquant mon très court avis à son sujet. Dès 9 ans.

Pétunia – Karen Hottois & Lili Scratchy

Voici l’histoire de Pétunia, une jeune fille… pétulante ! Et pour ajouter à l’originalité de ce petit personnage, il y a également Koto, sono ami imaginaire. Koto est tout petit, il se cache dans un poche ou dans sa trousse quand c’est nécessaire, et surtout, il ajoute une pointe de distraction à sa vie !

Des trois romans de la collection Le Grand Bain que j’ai lu, c’est celui qui m’a le plus paru potentiellement plaisant aux enfants. Entre quotidien, amitié et humour, le tout illustré joliment par Lili Scrtachy, le tout fonctionne bien. Le tout est mignon, tout en rondeurs aussi bien graphiquement que narrativement. Je n’en garde pas un souvenir impérissable mais toutefois plaisant.
Comme les autres titres, il serait parfait à découvrir dès 9 ans.

Le pire Noël n’existe pas – Suzanne Bogeat & Edith Chambon

Thomas est un doux rêveur, mais passé un certain âge, ce qui est était vu comme une qualité devient une caractéristique ostracisante. La preuve, son air naïf et ses souhaits hérissent tout le monde… Alors quand un de ses camarades de classe trouve son carnet avec des dessins du père noël, ça ne rate pas : il obtient des ricanements. Mais Thomas est bien décidé à prouver à tous et à toutes que si l’on souhaite le meilleur, voir l’impossible, il peut survenir ! Et que la magie de noël existe, quel que soit l’âge que l’on a…

Ce texte est pour moi le plus abouti des quatre titres de la collection que j’ai pu lire. Il est clair, avec un déroulé logique, tout trouve un sens à la fin de l’ouvrage (et cela de façon poétique). Là où j’ai trouvé les autres ouvrages décousus et parfois même complètement délirants (dans le mauvais sens du terme), Le pire noël n’existe pas fonctionne parfaitement.
Du début à la fin, on suit avec un petit sourire les aventures de Thomas pour reboucher le trou de la cour de récré et prouver à tous que voir le verre à moitié plein peut changer la donne.

Mignon et agréable à lire. Il sera parfait à découvrir pour les enfants entre 9 et 11 ans.

Ainsi donc, j’ai pu lire quatre titres dans la collection Le grand bain. Et pour être honnête, en dehors d’une excellente lecture, le reste m’a laissée fort dubitative. Ce n’est pas une collection que je suivrais à l’avenir. On peux toutefois saluer l’originalité du format proposé : des ouvrages de petite taille avec jaquette au papier de qualité. C’est rare de voir un aussi beau travail de fabrication pour des romans jeunesse dits « middle-grade« .
En ce qui concerne le contenu, il ne m’a pas convaincue, mais le mieux est encore que chacun.e se fasse son propre avis !

Chronique bd : 109 rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile

Parue initialement en 2019, la série de bd 109 rue des soupirs est une série de bd pour la jeunesse scénarisée par Mr Tan (rien d’autre que le créateur et illustrateur de Mortelle Adèle) et dessinée par Yomgui Dumont (La brigade des cauchemars, qui a remporté le Prix des lycéens d’Angoulême).

109 rue des soupirs est une bd qui a eu son petit succès, l’éditeur Casterman y croit beaucoup, et a décidé de refaire toutes les couvertures de la série. Ainsi, j’ai pu découvrir l’ancienne édition ! Les nouvelles versions seront en couleur à l’intérieur (et non plus en bichromie) et les couvertures beaucoup plus distinguables. Dans l’ancienne version elles étaient toutes les mêmes, et seule les couleurs changeaient. Dans la nouvelle version elles sont toutes différentes et beaucoup plus colorées.

Une nouvelle maison pour une nouvelle vie

Le jeune Elliott déménage au 109 rue des soupirs avec ses parents, et très vite c’est le désenchantement. Il pensait que ce nouveau lieu de vie allait changer les mauvaises habitudes prises par ses parents, mais il n’en est rien. Au lieu d’être présents pour leur fils dans cette nouvelle étape de leur vie, ils le quittent précipitamment car débordés de travail.
C’est ainsi qu’Elliott se retrouve seul avec des monceaux de cartons de déménagements à ouvrir… Et des fantômes pas très ravis d’être dérangés dans leur immortelle tranquillité…

Parfait pour les fans d’histoires surnaturelles pas trop flippantes

Dans le genre bd facile à lire et dans un format un peu plus grand qu’un BD Kids, 109 rue des soupirs est sympathique. L’histoire de cet enfant totalement délaissé par ses parents et cajôlé par des fantômes est assez originale. J’ai passé un agréable moment à cette lecture, même si ce n’est pas un coup de coeur.

Ainsi, c’est la lecture idéale pour les enfants entre 8 et 11 ans qui aiment le fantastique et l’humour dans une ambiance à la Ghostbusters ! Ce gigantesque manoir à l’allure gothique est un théâtre parfait pour quantité d’aventures surnaturelles…

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