Chronique BD : Rouge Tagada

Rouge TagadaUne histoire touchante aux sentiments en demi-teinte.

Avec Charlotte Bousquet au scénario et Stéphanie Rubini à l’illustration, voici Rouge Tagada, le premier titre de la collection Les Graphiques, aux éditions Gulf Stream paru en janvier dernier.

Charlotte Bousquet est une auteur française prolifique aux univers multiples. On lui doit notamment Venenum (Gulf Stream), Le dernier ours (Rageot Thriller), ou encore La peau des Rêves  (L’Archipel, collection Galapagos). Ici, c’est un tout autre style encore dans lequel elle se lance, car il s’agit d’un ouvrage réaliste qui nous parle de la découverte de l’homosexualité par une adolescente, mais pas seulement.

Stéphanie Rubini, l’illustratrice, travaille quant à elle régulièrement pour le magazine Causette, mais également pour la presse jeunesse.

Les deux auteures ont déjà travaillé ensemble pour l’ouvrage Précieuses, pas ridicules, paru aux éditions Gulf Stream.

A la découverte de ses propres sentiments

Notre héroïne fait la rencontre de Layla à la rentrée. Elle ne se connaissent pas, mais leur goût en commun pour le théâtre va les rapprocher. Sans le savoir, notre narratrice se découvre une véritable passion pour Layla, une passion qui se transforme doucement en un amour naissant :

Un regard chocolat, des fossettes sur les joues, un parfum de pain d’épice, un sourire plein de malice et une peau tiède, si lisse que j’avais envie de la toucher tout le temps, de la respirer, de m’y rouler comme un gros chat.

Ainsi commence l’ouvrage, et la lente ascension des sentiments envers Layla. De fil en aiguille, une amitié naît, puis une complicité, des éclats de rire… mais tout cela va-t-il durer ? Tant que notre narratrice ne dit rien, en tout cas, tout se passe bien. Elle vit chaque instant passé avec Layla comme un merveilleux moment de bonheur partagé… mais pas pour les mêmes raisons.

Une questionnement sur l’homosexualité et les sentiments dans leur globalité 

Rouge Tagada parle de façon simple et totalement décomplexée de l’homosexualité chez les adolescents, mais aussi des sentiments amoureux de façon générale ; eux qui se posent tant de questions sur leur envies, leur besoins, leur façon d’être.

Sans vouloir le présenter comme un crédo, l’intrigue amoureuse qui se déroule sous nos yeux est normale, elle n’est d’ailleurs même pas détaillée dans la quatrième de couverture, elle est là, mais discrète. C’est ainsi au fil des pages que l’on découvre qui est amoureuse de Layla.

Rouge Tagada insideLes illustrations de Rouge Tagada sont originales et touchantes à leur manières. Sans partir dans des dessins complexes et très détaillés, Stéphanie Rubini nous fait des portraits quotidiens réalistes aux couleurs éclatantes et aux traits simples.

A la fin de cette jolie histoire on se sent un peu comme notre narratrice, que l’on a suivie depuis le début : satisfait d’avoir accompli quelque chose, mais aussi triste de ne pas être comblé… Un ouvrage qui parle de choses encore souvent tabou, malgré l’époque dans laquelle nous vivons et qui a le mérite de le faire sans complexes !

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