Chronique : Quelques minutes après minuit

Quelques minutes après minuit

Une œuvre bouleversante est sublime qui offre une autre vision de la maladie.

Patrick Ness est un auteur pour ados qui a déjà connu un franc succès avec sa trilogie Le chaos en marche (Gallimard Jeunesse/Pôle Fiction). Quelques minutes après minuit a une histoire particulière, les circonstances de sa création étant différentes de ce qu’elles auraient dû être.

En effet, l’idée de ce roman vient de l’auteure anglaise Siobhan Dowd. Cette dernière, emportée par le cancer n’a pas eu le temps de développer son œuvre. Ses personnages étaient déjà créés, elle avait déjà une ébauche d’histoire… Cet ouvrage aurait été son cinquième. C’est dans ces circonstances que Patrick Ness s’est vu proposé l’écriture du roman en faisant un hommage à cette auteure hors du commun dont les œuvres ont influencé les lecteurs anglais…

Ce roman est donc l’occasion de découvrir à la fois la magnifique plume de Patrick Ness, mais aussi une auteure à l’œuvre fascinante (tous ses ouvrages ont étés traduits en France). Les illustrations aussi sublimes qu’inquiétantes sont quand à elles signées Jim Kay. Son travail est grandement influencé par son expérience passée dans les Jardins botaniques royaux de Kew.

 La vie est un cauchemar…

Jeune sans histoires, Connor est un garçon qui voit la vie s’acharner sur lui sous toutes ses formes possibles : la séparation de ses parents, le harcèlement à l’école, la maladie à la maison… en effet, la mère de Connor est atteinte du cancer.

Ainsi, chaque journée est un combat aussi bien pour sa mère que pour lui. Surprotégé par ses professeurs, Connor en ressent une injustice maladive, lui qui voudrait être traité de la même manière que tout le monde.

Mais une nuit, sa vie se retrouver bouleversée par une rencontre aussi extraordinaire qu’inattendue. A minuit sept, le monstre arrive, sorte d’arbre humanoïde. Connor n’a pas eu peur, il était plutôt curieux. En effet ce monstre expose rapidement une requête très étrange au jeune homme : il lui racontera trois histoires, à l’issue desquelles Connor devra raconter la sienne : la vérité.

Connor ne voit pas du tout de quoi veux parler le monstre de branches, ou du moins fait semblant de ne pas comprendre. Mais inexorablement, au fil des nuits qui passent, le monstre lui conte ses trois histoires à la morale étrange… viendra bientôt le moment pour Connor de conter la sienne…

Un conte contemporain sublime et poignant

Loin de laisser indifférent, la descente aux enfers de Connor ne peux que toucher son lecteur avec un récit de vie aussi cruel que réaliste.

Les contes du monstre et leur sens caché sont singuliers par leur beauté et leur conclusion étrange pour qui ne lit pas entre les lignes. Car ces histoires étranges sont au final une façon de nous montrer que le bien et le mal ne sont que très rarement dissociables, tout comme va nous le montrer l’histoire de Connor.

Les personnages qui vivent sous la plume de Patrick Ness sont d’une humanité extrême, leurs faiblesses n’en étant que plus belles. De la mère de Connor, souriante mais « un peu fatiguée par ses traitements », à sa grand-mère, que l’on pourrait prendre une femme tyrannique et détestable mais qui est juste aussi perdue que Connor, voir plus.

Enfin, la façon qu’a le fantastique de s’immiscer dans le normal le plus sordide et le plus déprimant est absolument extraordinaire. Le tour de force étant certainement d’avoir créé un conte contemporain qui trouve sa solution dans la vie de tous les jours…

En conclusion, Quelques minutes après minuit est plus qu’un indispensable, c’est un futur classique qui a de quoi marquer des générations de lecteurs adolescents et adultes par sa force et sa simplicité. Un roman sur le courage et l’acceptation qui s’inscrira dans la durée. Sublime.

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