Chronique : Le testament d’un enfant mort

Le testament d'un enfant mortOu le déclin de l’humanité…

Les éditions du passager clandestin lancent depuis janvier une nouvelle collection : les Dyschroniques. Elle réunira des nouvelles de science-fiction ou d’anticipation écrites par des auteurs du genre.

En janvier, les trois premiers livres issus de cette collection de nouvelles sont sortis en librairie : Le testament d’un enfant mort de Philippe Curval, La tour des damnés de Brian Aldiss, Un logique nommé Joe de Murray Leinster et Le mercenaire de Mack Reynolds.

Dans le testament d’un enfant mort (paru pour la première fois en 1978 dans l’anthologie Pardonnez-nous vos enfances) nous découvrons le futur tragique qui va rattraper l’humanité… Son auteur, Philipe Curval, est une des références de la science-fiction française et ce depuis le début des années 50. On lui doit notamment : Cette chère humanité, Lothar Blues ou encore L’homme qui s’arrêta : journaux ultimes.

La vie vaut-elle la peine d’être vécue ?

Dans un futur proche, l’humanité a un gros problème : les naissances régressent peu à peu, cela à un niveau tel que l’effet commence à inquiéter sérieusement de nombreux scientifiques et autres autorités. Pour déterminer quel est ce fléau qui empêche l’humanité d’être pérenne, un scientifique décide d’étudier un enfant à naître et va tenter de comprendre quel mécanisme empêche des milliers de nouveau-nés de voir le jour…

Il apparaît rapidement que la vie telle qu’elle est perçue par les bébés à naître ou à peine nés ne vaut tout simplement pas la peine. En effet, quel intérêt que de vivre dans un monde sans avenir ? Où il faut être en lutte constante ? Pourquoi sortir de cette matrice où l’on est si bien pour atteindre un monde froid et grand ?

Une nouvelle sombre qui invite à la réflexion

Le testament d’un enfant mort nous explique à travers les pensées désordonnées d’un nouveau-né (retranscrites par le médecin qui l’étudie) pour quelles raisons se dernier décide de na pas s’accrocher à la vie, mais plutôt de « l’accélérer », de la brûler par les deux bouts pour en finir au plus vite. Ce phénomène est nommé hypermaturité.

L’écriture de cette nouvelle peu paraître déstabilisante au premier abord, en effet elle est issue des travaux de retranscription des pensées chaotiques du nouveau-né. Le monde n’est centré que sur lui-même, jusqu’à en oublier ses enfants.

L’enfant qui nous écrit ces lignes est à la fois désespéré et vindicatif, sa soif de disparaître de cette terre devenant aussi puissante que sont besoin d’être reconnu… L’humanité se développe de plus en plus jusqu’à en oublier paradoxalement ses enfants, ces derniers n’étant qu’un moyen pour s’étendre, le sentiment d’amour disparaissant… alors à quoi bon vivre dans un monde aussi laid et morne que celui-ci ?

Portrait d’une société qui se délite à son niveau le plus primaire, cette courte nouvelle nous offre un portrait sinistre de l’humanité future. Une nouvelle aussi étrange que fascinante qui plaira à tous les amateurs d’apocalypses sociales ou la fin s’annonce aussi lente qu’inexorable… Le genre de texte qui ne s’oublie pas facilement, et c’est tant mieux. Site de l’auteur : www.quarante-deux.org. Chronique rédigée pour le site ActuSF.

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