Chronique : Tuff

Comment s’en sortir quand on ne connaît que les difficultés et la violence de la rue à New York ? Voici l’histoire de Tuffy un roman atypique écrit avec verve !

Paru initialement aux éditions Cambourakis, Tuff est sorti en poche chez 10/18 en juin 2019. L’occasion pour moi de découvrir un auteur à part dans le vaste univers de la littérature américaine : Paul Beatty. Il a notamment écrit Slumberland, American Prophet ou encore Moi contre les Etats-Unis d’Amérique. Il est également poète en plus d’écrivain, et a même été couronné champion de slam.

Que faire quand on vient de survivre par inadvertance à une fusillade ?

Tuff est un afro-américain que tout le monde respecte dans le quartier. Il est obèse, n’a pas sa langue dans sa poche, et vit de menus trafics. Sa carrure imposante l’oblige à faire des boulots de videurs ou d’homme de main pour des revendeurs de drogues… C’est donc ce qu’il fait, car il a une femme et un bébé à nourrir et qu’il faut bien faire quelque chose. Mais malgré son physique qui impose le respect, Tuffy a une peur bleue des flingues. Alors, quand des types viennent régler leur comptes à son patron, il s’évanouit de peur… et devient le seul et unique survivant de ce carnage…

La boisson préférée de Tuffy.

Prise de conscience ? Oui, mais à la façon Tuff. Pour lui, les trafics foireux c’est fini, il veut trouver un travail moins dangereux, et ou il pourrait gagner assez pour subvenir aux besoins de ses proches… Mais il est difficile de s’extirper de tout ce merdier quand on a toujours connu que la rue, la violence, les parents négligents et maltraitants… Mais Tuff a un projet qu’il compte mener à bien…

Un portrait social dépeint avec réalisme et vivacité

Impossible de s’ennuyer en découvrant peu à peu ce qui constitue l’entourage et l’histoire de Tuff. Un père ex-Black-Panther, une mère totalement déconnectée de son rôle, des mauvais souvenirs qui remontent parfois… Tuff n’a pas grandit dans l’amour, et pourtant à sa façon il se construit un nid d’amour avec sa copine (avec qui il s’est marié par téléphone lorsqu’il était en prison) et son bébé. Mais les habitudes ont la vie dure, et il va falloir à Tuff beaucoup d’aide pour qu’il croie ne serait-ce qu’en lui-même.

A la fin de ce roman, nous n’aurons pas toutes les réponses quant à l’évolution possible de Tuff, personnage haut en couleurs. Mais ce n’est pas le plus important. On le voit peu à peu changer, prendre ses responsabilités – parfois – et faire encore des conneries – souvent.

  » « C’est ton fils ? Comme il est mignon, je peux le prendre ? » Winston lui tourna le dos et éloigna la poussette. « Impossible. Aucun Blanc l’a touché. Et si c’était le cas, je serais obligé de le buter comme une maman lapin quand un humain touche ses gosses. »  « 

Souvent drôle et cynique, ce roman est assez inclassable, mais il a réussit à me séduire. J’avoue avoir eu du mal au début à comprendre où j’étais et quels étaient les enjeux de l’histoire – la narration de Paul beatty étant assez dense – mais une fois dedans, c’est un régal !

Alors, si vous aimez New York et ses petites frappes, vous pourrez aimer Tuff. Drôle, agaçant, surprenant, vulgaire et réussit tout à la fois.

LIEN : Le site officiel de l’éditeur pour découvrir les autres ouvrages de Paul Beatty.

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