Chronique : Pickpocket

PickpocketLa descente aux enfers d’un artiste de la subtilisation dans le Tokyo d’aujourd’hui

Pickpocket fut le premier roman du japonais Fuminori Nakamura à paraître en France. Son second roman, Revolver est paru il y a peu aux éditions Picquier. La spécialité de l’auteur est le roman policier, il a d’ailleurs remporté le prix Kenzaburō Ōe pour son roman Pickpocket.

Un quotidien de voleur des rues

Il subtilise sans efforts, et sans même se souvenir de tout ce qu’il a dérobé dans la journée… voici un personnage et atypique : le pickpocket.

Si le vol de passants était un art reconnu, ce personnage en en serait très certainement le maître tant sa dextérité et son aisance sont belles. On découvre son quotidien très décousu, qui se fait au gré des portefeuilles trouvés et des rencontres. Jusqu’au jour où le pickpocket fait la rencontre d’un petit garçon qui par nécessité doit voler sa nourriture dans les supermarchés. Ses mouvements sont trop lents, ses actes trop visibles… si il ne l’aide pas, le garçonnet ne s’en sortira pas tout seul. La compassion n’est pas inconnue à notre voleur des rues et c’est ainsi qu’une belle et étrange relation se tisse entre l’enfant et lui… Mais certaines variables incontrôlables vont s’immiscer dans cette routine en marge de la société…

Un bon roman à tendance policière

Comme dans de nombreux récits asiatiques, on ne sait gère où l’auteur veut mener ses personnages et le lecteur qui le suit… et c’est appréciable. En effet de pérégrinations en rencontres imprévues, notre détrousseur nippon fait face à beaucoup de situations déroutantes.

Chantages, cambriolages, gang de yakuzas, l’engrenage inextricable est lancé pour le meilleur et pour le pire…

L’ambiance du début du roman n’est pas sombre, mais très en demi-teinte, mélancolique, triste aussi. Mais plus on avance dans l’histoire plus on se rend compte que les rencontres que font ce gentil pickpocket (oui, il est très doux, très attachant malgré son étrange métier, d’ailleurs, il a pour principe de ne détrousser que les riches) ne sont pas toujours pour son bien. Et cette mère qui profite de son enfant pour voler notre « héros » n’est qu’une toute petite partie de ces rencontres de trop…

On s’attache énormément au narrateur au fil des chapitres très courts du récit (qui sont écrits au présent, à la première personne). Le rythme est à la fois lent et très rapide. En effet, on s’attache à quelques menus détails, on découvre le rythme de vie de notre héros, et puis tout se précipite. Les rencontres se densifient, la malchance prend ses aises… et on suit la spirale dans laquelle plonge à corps perdu ce personnage détonnant et original.

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En somme, Pickpocket est un roman unique et très bien rythmé. On se laisse prendre au jeu des hasards et des accidents qui parsèment la vie du narrateur. Le danger est omniprésent, et c’est plaisant à lire… A découvrir pour lire un roman très gracieux, qui peux aussi bien se classer en policier ou en littérature généraliste.

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