Chronique : Le pense-bête

L’humanité a-t-elle vraiment besoin d’être assistée par tout et pour tout ?

Fritz Leiber est un auteur très prolifique dans le domaine de l’imaginaire. Il a écrit une grande quantité de textes, dont une grande partie est de la fantasy pure (comme Le Cycle des épées) ou encore Lankhmar.

Son nom n’est pas extrêmement connu en France, et pourtant, son œuvre est aussi prolifique qu’impressionnante : 27 prix littéraires remportés, 8 prix Hugo, 4 Nebula raflés…  Il fait partie des auteurs absolument incontournables de l’imaginaire.

Avec Le pense-bête (paru dans la collection Dyschroniques au Passager Clandestin), Fritz Leiber signe une nouvelle de science-fiction intéressante aux intonations inquiétantes en soulevant une question : la machine est-elle l’avenir de l’homme ? Ou l’inverse ?

Une idée qui semblait lumineuse au premier abord…

L’avenir. Les États-Unis sont en guerre, l’humanité se terre des kilomètres en-dessous de la surface, les missiles dans le ciel sont chose courante. Seuls quelques téméraires comme Gussy, inventeur génial de métier, ainsi que sa femme et ses enfants vivent à la surface.

Il est régulièrement visité par l’un de ses amis, Fey. Ce dernier lui demande très souvent conseil pour des idées d’inventions qui pourraient révolutionner le monde pour la firme qui l’emploie. Et justement… sans le savoir, Gussy va suggérer une idée géniale : celle d’inventer une machine qui rappellerait à l’homme tout ce qu’il doit faire. De l’émission tv à enregistrer en passant par les courses, les factures. Tout. Et malheureusement pour l’homme, cette invention géniale va devenir fort populaire, voir addictive…

Une nouvelle d’anticipation à l’ambiance unique

Bien que très classique dans sa façon d’être développée, Le pense-bête revêt une qualité indéniable : elle fait froid dans le dos. Une scène en particulier reste marquante, elle a lieu quelque temps après l’invention de ce fameux pense-bête. Sans en dire beaucoup plus, on sent une réelle maîtrise de l’atmosphère pat Fritz Leiber, effrayent de simplicité, froid, mécanique

Cette histoire revêt également une dimension prémonitoire (le texte a été publié en 1962 dans la revue Galaxie) inquiétante. Quand on voit à quel point certains sont dépendants de leurs téléphones et autres applications, la lecture de cette nouvelle force à mettre les choses en perspectives. Alors, certes le texte a un peu vieillit, mais il s’apprécie sans mal.

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En somme, cette courte nouvelle de Leiber est agréable bien que pas nécessairement indispensable. A réserver aux fervents amateurs de science-fiction des années 60.

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