Chronique Manga : Bye bye, my brother

Bye bye, my brotherMagnifique et émouvant, un manga qui touche au cœur.

Paru en janvier 2013 aux éditions Casterman, Bye bye my brother est un manga signé par Yanagawa Yoshihiro, il s’agit de son premier paru en France, et c’est un one-shot.

Grâce à ce manga très personnel, l’auteur a d’ailleurs remporté le Prix IKKI Manga après de nombreuses épreuves avant d’être publié : refus d’éditeurs, problèmes de santé… son œuvre aura traversé beaucoup d’embûches avant d’atteindre ses lecteurs.

Une perte insurmontable

Nido, était un fabuleux boxeur qui avait tout pour réussir jusqu’au jour où la perte de sa jambe dans un accident va tout remettre en cause. C’est ainsi que la misère s’installe dans son quotidien et celui de son petit frère, qu’il cherche à tout prix à protéger. Mais les efforts de Nido seront vains, et sa vie se transforme peu à peu en longue descente aux enfers… son petit frère en sera la première victime collatérale.

Nido pourra-t-il refaire surface après la suite de drames que constitue sa vie ? Un jeune chat prénommé Jirô lui donne en tout cas cet espoir…

Des personnages anthropomorphes pleins de tendresse

Paradoxal que de trouver autant de tendresse dans un manga qui a pour sujet de fond la boxe. Mais les sentiments prônés tout au long du récit et les personnages félins réussissent sans mal à nous faire verser une petite larme (en particulier sur une scène d’une force terrible).

Bien plus qu’une simple histoire de coming-back sportif, ce manga traite de valeurs universelles : la combativité, la foi en les autres…

Les dessins exacerbent le côté dramatique des scènes avec des dessins à la fois doux et percutants. On retrouve les codes graphiques d’un manga qui tire sur des ficelles très sentimentales : larmoyant (dans le bon sens du terme), scènes figées et nébuleuses centrées sur des actions dramatiques…

Bye bye, my brother insideLe fait d’utiliser des chats au comportement humain à la place de personnages traditionnels ajoute à la touche poétique de l’ouvrage. Ils son beaux et attendrissants à souhait : impossible de ne pas fondre devant la bouille du petit frère de Nido qui écrase sa figure contre la vitrine d’un magasin…

Outre les personnages anthropomorphes, il est à noter que la notion de mort y est personnifiée (en la personne d’un chat habillé tel un baron, haut-de-forme compris) et que le Destin fait partie intégrante de l’intrigue du manga. Le fantastique est donc présent, mais par petites touches.

Toutefois, le côté humain et très réaliste des personnages – ces derniers luttant au quotidien pour leur vie – fait beaucoup penser à l’ambiance misérable des romans de Charles Dickens tels qu’Oliver Twist. Ce charme désuet achève de parfaire cette œuvre unique en son genre.

Bye bye my brother est donc une belle histoire de destins croisés, de route toute tracée qui va dévier, et de sentiments nobles, mais pas toujours, à l’image de la vie.

À destiner à un lectorat adulte pour son approche très philosophique. Ce type de manga peut ne pas plaire à tout le monde pour son côté très sentimental, mais je trouve qu’il a ce quelque chose qui touche au cœur son lecteur. Impossible de ne pas se sentir bouleversé et ultra-sensible à la fin de cette lecture. Yanagawa Yoshihiro dit lui-même avoir mis toute son âme dans ce récit, et ça se sent.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

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